Œuvres de P. Corneille, Tome 07

Part 34

Chapter 343,315 wordsPublic domain

Je vois ce que pour tous ses vertus ont de charme, 1430 Et puis craindre pour lui ce qu'on voit craindre à tous, Ou d'un maître en colère, ou d'un rival jaloux. Ce n'est point toutefois l'amour qui m'intéresse, C'est.... Je crains encor plus que ce mot ne vous blesse, Et qu'il ne vaille mieux s'en tenir à l'amour, 1435 Que d'en mettre, et sitôt, le vrai sujet au jour.

ORODE.

Non, Madame, parlez, montrez toutes vos craintes: Puis-je sans les connoître en guérir les atteintes, Et dans l'épaisse nuit où vous vous retranchez, Choisir le vrai remède aux maux que vous cachez? 1440

EURYDICE.

Mais si je vous disois que j'ai droit d'être en peine Pour un trône où je dois un jour monter en reine; Que perdre Suréna, c'est livrer aux Romains Un sceptre que son bras a remis en vos mains; Que c'est ressusciter l'orgueil de Mithradate, 1445 Exposer avec vous Pacorus et Phradate[484]; Que je crains que sa mort, enlevant votre appui, Vous renvoie à l'exil où vous seriez sans lui: Seigneur, ce seroit être un peu trop téméraire. J'ai dû le dire au prince, et je dois vous le taire; 1450 J'en dois craindre un trop long et trop juste courroux; Et l'amour trouvera plus de grâce chez vous.

ORODE.

Mais, Madame, est-ce à vous d'être si politique? Qui peut se taire ainsi, voyons comme il s'explique. Si votre Suréna m'a rendu mes États, 1455 Me les a-t-il rendus pour ne m'obéir pas? Et trouvez-vous par là sa valeur bien fondée A ne m'estimer plus son maître qu'en idée, A vouloir qu'à ses lois j'obéisse à mon tour? Ce discours iroit loin: revenons à l'amour, 1460 Madame; et s'il est vrai qu'enfin....

EURYDICE.

Laissez-m'en faire, Seigneur: je me vaincrai, j'y tâche, je l'espère; J'ose dire encor plus, je m'en fais une loi; Mais je veux que le temps en dépende de moi.

ORODE.

C'est bien parler en reine, et j'aime assez, Madame, 1465 L'impétuosité de cette grandeur d'âme: Cette noble fierté que rien ne peut dompter Remplira bien ce trône où vous devez monter. Donnez-moi donc en reine un ordre que je suive. Phradate est arrivé, ce soir Mandane arrive; 1470 Ils sauront quels respects a montrés pour sa main Cet intrépide effroi de l'empire romain. Mandane en rougira, le voyant auprès d'elle; Phradate est violent, et prendra sa querelle. Près d'un esprit si chaud et si fort emporté, 1475 Suréna dans ma cour est-il en sûreté? Puis-je vous en répondre, à moins qu'il se retire?

EURYDICE.

Bannir de votre cour l'honneur de votre empire! Vous le pouvez, Seigneur, et vous êtes son roi; Mais je ne puis souffrir qu'il soit banni pour moi. 1480 Car enfin les couleurs ne font rien à la chose; Sous un prétexte faux je n'en suis pas moins cause; Et qui craint pour Mandane un peu trop de rougeur Ne craint pour Suréna que le fond de mon cœur. Qu'il parte, il vous déplaît; faites-vous-en justice; 1485 Punissez, exilez: il faut qu'il obéisse. Pour remplir mes devoirs j'attendrai son retour. Seigneur; et jusque-là point d'hymen ni d'amour.

ORODE.

Vous pourriez épouser le prince en sa présence?

EURYDICE.

Je ne sais; mais enfin je hais la violence. 1490

ORODE.

Empêchez-la, Madame, en vous donnant à nous; Ou faites qu'à Mandane il s'offre pour époux. Cet ordre exécuté, mon âme satisfaite Pour ce héros si cher ne veut plus de retraite. Qu'on le fasse venir. Modérez vos hauteurs: 1493 L'orgueil n'est pas toujours la marque des grands cœurs. Il me faut un hymen: choisissez l'un ou l'autre, Ou lui dites adieu pour le moins jusqu'au vôtre.

EURYDICE.

Je sais tenir, Seigneur, tout ce que je promets, Et promettrois en vain de ne ne le voir jamais, 1500 Moi qui sais que bientôt la guerre rallumée Le rendra pour le moins nécessaire à l'armée.

ORODE.

Nous ferons voir, Madame, en cette extrémité, Comme il faut obéir à la nécessité. Je vous laisse avec lui.

SCÈNE II.

EURYDICE, SURÉNA.

EURYDICE.

Seigneur, le Roi condamne 1505 Ma main à Pacorus, ou la vôtre à Mandane; Le refus n'en sauroit demeurer impuni: Il lui faut l'une ou l'autre, ou vous êtes banni.

SURÉNA.

Madame, ce refus n'est point vers lui mon crime; Vous m'aimez: ce n'est point non plus ce qui l'anime. Mon crime véritable est d'avoir aujourd'hui Plus de nom que mon roi, plus de vertu que lui; Et c'est de là que part cette secrète haine Que le temps ne rendra que plus forte et plus pleine. Plus on sert des ingrats, plus on s'en fait haïr: 1515 Tout ce qu'on fait pour eux ne fait que nous trahir. Mon visage l'offense, et ma gloire le blesse. Jusqu'au fond de mon âme il cherche une bassesse, Et tâche à s'ériger par l'offre ou par la peur, De roi que je l'ai fait, en tyran de mon cœur; 1520 Comme si par ses dons il pouvoit me séduire, Ou qu'il pût m'accabler, et ne se point détruire. Je lui dois en sujet tout mon sang, tout mon bien; Mais si je lui dois tout, mon cœur ne lui doit rien, Et n'en reçoit de lois que comme autant d'outrages, 1525 Comme autant d'attentats sur de plus doux hommages. Cependant pour jamais il faut nous séparer, Madame.

EURYDICE.

Cet exil pourroit toujours durer?

SURÉNA.

En vain pour mes pareils leur vertu sollicite: Jamais un envieux ne pardonne au mérite. 1530 Cet exil toutefois n'est pas un long malheur; Et je n'irai pas loin sans mourir de douleur.

EURYDICE.

Ah! craignez de m'en voir assez persuadée Pour mourir avant vous de cette seule idée. Vivez, si vous m'aimez.

SURÉNA.

Je vivrois pour savoir 1535 Que vous aurez enfin rempli votre devoir, Que d'un cœur tout à moi, que de votre personne Pacorus sera maître, ou plutôt sa couronne! Ce penser m'assassine, et je cours de ce pas Beaucoup moins à l'exil, Madame, qu'au trépas. 1540

EURYDICE.

Que le ciel n'a-t-il mis en ma main et la vôtre, Ou de n'être à personne, ou d'être l'un à l'autre!

SURÉNA.

Falloit-il que l'amour vît l'inégalité Vous abandonner toute aux rigueurs d'un traité!

EURYDICE.

Cette inégalité me souffroit l'espérance. 1545 Votre nom, vos vertus valoient bien ma naissance, Et Crassus a rendu plus digne encor de moi Un héros dont le zèle a rétabli son roi. Dans les maux où j'ai vu l'Arménie exposée, Mon pays désolé m'a seul tyrannisée. 1550 Esclave de l'État, victime de la paix, Je m'étois répondu de vaincre mes souhaits, Sans songer qu'un amour comme le nôtre extrême S'y rend inexorable aux yeux de ce qu'on aime. Pour le bonheur public j'ai promis; mais, hélas! 1555 Quand j'ai promis, Seigneur, je ne vous voyois pas. Votre rencontre ici m'ayant fait voir ma faute, Je diffère à donner le bien que je vous ôte; Et l'unique bonheur que j'y puis espérer, C'est de toujours promettre et toujours différer. 1560

SURÉNA.

Que je serois heureux! Mais qu'osé-je vous dire? L'indigne et vain bonheur où mon amour aspire! Fermez les yeux aux maux où l'on me fait courir: Songez à vivre heureuse, et me laissez mourir. Un trône vous attend, le premier de la terre, 1565 Un trône où l'on ne craint que l'éclat du tonnerre, Qui règle le destin du reste des humains, Et jusque dans leurs murs alarme les Romains.

EURYDICE.

J'envisage ce trône et tous ses avantages, Et je n'y vois partout, Seigneur, que vos ouvrages; 1570 Sa gloire ne me peint que celle de mes fers, Et dans ce qui m'attend je vois ce que je perds. Ah! Seigneur.

SURÉNA.

Épargnez la douleur qui me presse; Ne la ravalez point jusques à la tendresse; Et laissez-moi partir dans cette fermeté 1575 Qui fait de tels jaloux[485], et qui m'a tant coûté.

EURYDICE.

Partez, puisqu'il le faut, avec ce grand courage Qui mérita mon cœur et donne tant d'ombrage. Je suivrai votre exemple, et vous n'aurez point lieu.... Mais j'aperçois Palmis qui vient vous dire adieu, 1580 Et je puis, en dépit de tout ce qui me tue, Quelques moments encor jouir de votre vue.

SCÈNE III.

EURYDICE, SURÉNA, PALMIS.

PALMIS.

On dit qu'on vous exile à moins que d'épouser, Seigneur, ce que le Roi daigne vous proposer.

SURÉNA.

Non; mais jusqu'à l'hymen que Pacorus souhaite, 1595 Il m'ordonne chez moi quelques jours de retraite.

PALMIS.

Et vous partez?

SURÉNA.

Je pars.

PALMIS.

Et malgré son courroux, Vous avez sûreté d'aller jusque chez vous? Vous êtes à couvert des périls dont menace Les gens de votre sorte une telle disgrâce, 1590 Et s'il faut dire tout, sur de si longs chemins Il n'est point de poisons, il n'est point d'assassins?

SURÉNA.

Le Roi n'a pas encore oublié mes services, Pour commencer par moi de telles injustices: Il est trop généreux pour perdre son appui. 1595

PALMIS.

S'il l'est, tous vos jaloux le sont-ils comme lui? Est-il aucun flatteur, Seigneur, qui lui refuse De lui prêter un crime et lui faire une excuse? En est-il que l'espoir d'en faire mieux sa cour N'expose sans scrupule à ces courroux d'un jour, 1600 Ces courroux qu'on affecte alors qu'on désavoue De lâches coups d'État dont en l'âme on se loue, Et qu'une absence élude, attendant le moment Qui laisse évanouir ce faux ressentiment?

SURÉNA.

Ces courroux affectés que l'artifice donne 1605 Font souvent trop de bruit pour abuser personne. Si ma mort plaît au Roi, s'il la veut tôt ou tard, J'aime mieux qu'elle soit un crime qu'un hasard; Qu'aucun ne l'attribue à cette loi commune Qu'impose la nature et règle la fortune; 1610 Que son perfide auteur, bien qu'il cache sa main, Devienne abominable à tout le genre humain; Et qu'il en naisse enfin des haines immortelles Qui de tous ses sujets lui fassent des rebelles.

PALMIS.

Je veux que la vengeance aille à son plus haut point: 1615 Les morts les mieux vengés ne ressuscitent point, Et de tout l'univers la fureur éclatante En consoleroit mal et la sœur et l'amante.

SURÉNA.

Que faire donc, ma sœur?

PALMIS.

Votre asile est ouvert.

SURÉNA.

Quel asile?

PALMIS.

L'hymen qui vous vient d'être offert. 1620 Vos jours en sûreté dans les bras de Mandane, Sans plus rien craindre....

SURÉNA.

Et c'est ma sœur qui m'y condamne! C'est elle qui m'ordonne avec tranquillité Aux yeux de ma princesse une infidélité!

PALMIS.

Lorsque d'aucun espoir notre ardeur n'est suivie, 1625 Doit-on être fidèle aux dépens de sa vie? Mais vous ne m'aidez point à le persuader, Vous qui d'un seul regard pourriez tout décider? Madame, ses périls ont-ils de quoi vous plaire?

EURYDICE.

Je crois faire beaucoup, Madame, de me taire; 1630 Et tandis qu'à mes yeux vous donnez tout mon bien, C'est tout ce que je puis que de ne dire rien. Forcez-le, s'il se peut, au nœud que je déteste; Je vous laisse en parler, dispensez-moi du reste: Je n'y mets point d'obstacle, et mon esprit confus.... C'est m'expliquer assez: n'exigez rien de plus.

SURÉNA.

Quoi? vous vous figurez que l'heureux nom de gendre, Si ma perte est jurée, a de quoi m'en défendre, Quand malgré la nature, en dépit de ses lois, Le parricide a fait la moitié de nos rois, 1640 Qu'un frère pour régner se baigne au sang d'un frère, Qu'un fils impatient prévient la mort d'un père? Notre Orode lui-même, où seroit-il sans moi? Mithradate pour lui montroit-il plus de foi[486]? Croyez-vous Pacorus bien plus sûr de Phradate? 1645 J'en connois mal le cœur, si bientôt il n'éclate, Et si de ce haut rang, que j'ai vu l'éblouir[487], Son père et son aîné peuvent longtemps jouir[488]. Je n'aurai plus de bras alors pour leur défense; Car enfin mes refus ne font pas mon offense; 1650 Mon vrai crime est ma gloire, et non pas mon amour: Je l'ai dit, avec elle il croîtra chaque jour; Plus je les servirai, plus je serai coupable; Et s'ils veulent ma mort, elle est inévitable. Chaque instant que l'hymen pourroit la reculer 1655 Ne les attacheroit qu'à mieux dissimuler; Qu'à rendre, sous l'appas d'une amitié tranquille, L'attentat plus secret, plus noir et plus facile. Ainsi dans ce grand nœud chercher ma sûreté, C'est inutilement faire une lâcheté, 1660 Souiller en vain mon nom, et vouloir qu'on m'impute D'avoir enseveli ma gloire sous ma chute. Mais, Dieux! se pourroit-il qu'ayant si bien servi, Par l'ordre de mon roi le jour me fût ravi? Non, non: c'est d'un bon œil qu'Orode me regarde; 1665 Vous le voyez, ma sœur, je n'ai pas même un garde: Je suis libre.

PALMIS.

Et j'en crains d'autant plus son courroux: S'il vous faisoit garder, il répondroit de vous. Mais pouvez-vous, Seigneur, rejoindre votre suite? Êtes-vous libre assez pour choisir une fuite? 1670 Garde-t-on chaque porte à moins d'un grand dessein? Pour en rompre l'effet, il ne faut qu'une main. Par toute l'amitié que le sang doit attendre, Par tout ce que l'amour a pour vous de plus tendre....

SURÉNA.

La tendresse n'est point de l'amour d'un héros: 1675 Il est honteux pour lui d'écouter des sanglots; Et parmi la douceur des plus illustres flammes, Un peu de dureté sied bien aux grandes âmes.

PALMIS.

Quoi? vous pourriez....

SURÉNA.

Adieu: le trouble où je vous voi Me fait vous craindre plus que je ne crains le Roi. 1680

SCÈNE IV.

EURYDICE, PALMIS.

PALMIS.

Il court à son trépas, et vous en serez cause, A moins que votre amour à son départ s'oppose. J'ai perdu mes soupirs, et j'y perdrois mes pas; Mais il vous en croira, vous ne les perdrez pas. Ne lui refusez point un mot qui le retienne, 1685 Madame.

EURYDICE.

S'il périt, ma mort suivra la sienne.

PALMIS.

Je puis en dire autant; mais ce n'est pas assez. Vous avez tant d'amour, Madame, et balancez!

EURYDICE.

Est-ce le mal aimer que de le vouloir suivre?

PALMIS.

C'est un excès d'amour qui ne fait point revivre. 1690 De quoi lui servira notre mortel ennui? De quoi nous servira de mourir après lui?

EURYDICE.

Vous vous alarmez trop: le Roi dans sa colère Ne parle....

PALMIS.

Vous dit-il tout ce qu'il prétend faire? D'un trône où ce héros a su le replacer, 1695 S'il en veut à ses jours, l'ose-t-il prononcer? Le pourroit-il sans honte? et pourrez-vous attendre[489] A prendre soin de lui qu'il soit trop tard d'en prendre? N'y perdez aucun temps, partez: que tardez-vous? Peut-être en ce moment on le perce de coups; 1700 Peut-être....

EURYDICE.

Que d'horreurs vous me jetez dans l'âme!

PALMIS.

Quoi? vous n'y courez pas!

EURYDICE.

Et le puis-je, Madame? Donner ce qu'on adore à ce qu'on veut haïr, Quel amour jusque-là put jamais se trahir? Savez-vous qu'à Mandane envoyer ce que j'aime, 1705 C'est de ma propre main m'assassiner moi-même?

PALMIS.

Savez-vous qu'il le faut, ou que vous le perdez?

SCÈNE V.

EURYDICE, PALMIS, ORMÈNE.

EURYDICE.

Je n'y résiste plus, vous me le défendez. Ormène vient à nous, et lui peut aller dire Qu'il épouse.... Achevez tandis que je soupire. 1710

PALMIS.

Elle vient toute en pleurs[490].

ORMÈNE.

Qu'il vous en va coûter! Et que pour Suréna....

PALMIS.

L'a-t-on fait arrêter?

ORMÈNE.

A peine du palais il sortoit dans la rue, Qu'une flèche a parti d'une main inconnue; Deux autres l'ont suivie; et j'ai vu ce vainqueur, 1715 Comme si toutes trois l'avoient atteint au cœur, Dans un ruisseau de sang tomber mort sur la place[491].

EURYDICE.

Hélas!

ORMÈNE.

Songez à vous, la suite vous menace; Et je pense avoir même entendu quelque voix Nous crier qu'on apprît à dédaigner les rois. 1720

PALMIS.

Prince ingrat! lâche roi! Que fais-tu du tonnerre, Ciel, si tu daignes voir ce qu'on fait sur la terre? Et pour qui gardes-tu tes carreaux embrasés, Si de pareils tyrans n'en sont point écrasés? Et vous, Madame, et vous dont l'amour inutile, 1725 Dont l'intrépide orgueil paroît encor tranquille, Vous qui brûlant pour lui, sans vous déterminer, Ne l'avez tant aimé que pour l'assassiner, Allez d'un tel amour, allez voir tout l'ouvrage, En recueillir le fruit, en goûter l'avantage. 1730 Quoi? vous causez sa perte, et n'avez point de pleurs!

EURYDICE.

Non, je ne pleure point, Madame, mais je meurs. Ormène, soutiens-moi.

ORMÈNE.

Que dites-vous, Madame?

EURYDICE.

Généreux Suréna, reçois toute mon âme.

ORMÈNE.

Emportons-la d'ici pour la mieux secourir. 1735

PALMIS.

Suspendez ces douleurs[492] qui pressent de mourir, Grands Dieux! et dans les maux où vous m'avez plongée, Ne souffrez point ma mort que je ne sois vengée!

FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.

[483] Dans l'édition de Voltaire (1764): «qu'on voit y succéder.»

[484] Voyez ci-dessus, p. 498, notes 465 et 466.

[485] Thomas Corneille (1692) a ainsi modifié cet hémistiche:

Qui fait tant de jaloux....

[486] Voyez plus haut, p. 498, note 466.

[487] Les deux éditions publiées du vivant de Corneille (1675 et 1682) portent: «Que j'ai vu éblouir,» ce qui fait un non-sens et un hiatus.

[488] «Hyrodes, après auoir perdu son fils Pacorus en vne bataille, où il fut desfait par les Romains, deuint malade d'vne maladie qui se tourna en hydropisie; et son second fils, Phraates, luy cuydant auancer ses jours, luy donna à boire du jus de l'aconite. La maladie recent le poison, de sorte qu'ilz se chasserent l'vn l'autre hors du corps: à l'occasion de quoy Phraates voyant que son pere commenceoit à se mieux porter, pour auoir plus tost fait, l'estrangla luy-mesme.» (Plutarque, _Vie de Crassus_, XXXIII.)

[489] Voltaire (1764) a changé le futur en un conditionnel: «et pourriez-vous attendre.»

[490] C'est ici seulement que Voltaire termine la scène IV.

[491] «Hyrodes feit mourir Surena pour l'envie qu'il porta à sa gloire.» (Plutarque, _Vie de Crassus_, XXXIII.)

[492] L'édition de 1692 a changé _ces douleurs_ en _les douleurs_.

TABLE DES TRAGÉDIES

CONTENUES DANS LES SEPT VOLUMES

DU THÉATRE DE CORNEILLE[493].

SUJETS MYTHOLOGIQUES OU DES TEMPS HÉROÏQUES.

PSYCHÉ Tome VII, p. 277

ANDROMÈDE Tome V, p. 243

LA TOISON D'OR Tome VI, p. 221

MÉDÉE Tome II, p. 327

ŒDIPE Tome VI, p. 101

SUJETS HISTORIQUES, RANGÉS SUIVANT L'ORDRE CHRONOLOGIQUE.

HORACE Tome III, p. 243

AGÉSILAS Tome VII, p. 1

SOPHONISBE Tome VI, p. 447

NICOMÈDE Tome V, p. 495

RODOGUNE Tome IV, p. 397

SERTORIUS Tome VI, p. 351

SURÉNA Tome VII, p. 455

POMPÉE Tome IV, p. 1

CINNA Tome III, p. 359

OTHON Tome VI, p. 565

TITE ET BÉRÉNICE Tome VII, p. 183

POLYEUCTE Tome III, p. 463

THÉODORE Tome V, p. 1

PULCHÉRIE Tome VII, p. 371

ATTILA Tome VII, p. 97

HÉRACLIUS Tome V, p. 113

PERTHARITE Tome VI, p. 1

LE CID Tome III, p. 1

[493] A la page IX du tome I du _Théâtre des Grecs_ du P. Brumoy (édition de 1785), on trouve un _Arrangement des tragédies suivant l'ordre historique des sujets_. Il nous a semblé qu'une table du même genre ne serait pas sans utilité pour les pièces de Corneille, et qu'elle contribuerait peut-être à faire ressortir l'intérêt historique de quelques-uns de ses derniers ouvrages, qui, au point de vue littéraire, n'en présentent pas un bien grand.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE SEPTIÈME VOLUME.

AGÉSILAS, tragédie 1

Notice 3

Au lecteur 5

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes d'_Agésilas_ 7

AGÉSILAS 9

ATTILA, roi des Huns, tragédie 97

Notice 99

Au lecteur 103

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes d'_Attila_ 107

ATTILA 109

TITE ET BÉRÉNICE, comédie héroïque 183

Notice 185

Extrait de Xiphilin 197

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de _Tite et Bérénice_ 199

TITE ET BÉRÉNICE 201

PSYCHÉ, tragédie-ballet 277

Notice 279

Le libraire au lecteur 287

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de _Psyché_ 289

PSYCHÉ 291

PULCHÉRIE, comédie héroïque 371

Notice 373

Au lecteur 376

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de _Pulchérie_ 379

PULCHÉRIE 381

SURÉNA, GÉNÉRAL DES PARTHES, tragédie 455

Notice 457

Au lecteur 460

Liste des éditions qui ont été collationnées pour les variantes de _Suréna_ 461

SURÉNA 463

Table, suivant l'ordre chronologique, des tragédies contenues dans les sept volumes du théâtre de Corneille 535

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES.

PARIS.--IMPRIMERIE DE CH. LAHURE

Rue de Fleurus, 9