Œuvres de P. Corneille, Tome 02
Part 27
La flamme disparoît, mais l'ardeur leur demeure, Et leurs habits charmés, malgré nos vains efforts, 1315 Sont des brasiers secrets attachés à leurs corps: Qui veut les dépouiller, lui-même les déchire[1155], Et ce nouveau secours est un nouveau martyre[1156].
MÉDÉE.
Que dit mon déloyal? que fait-il là dedans?
THEUDAS.
Jason, sans rien savoir de tous ces accidents, 1320 S'acquitte des devoirs d'une amitié civile A conduire Pollux hors des murs de la ville[1157], Qui va se rendre en hâte aux noces de sa soeur, Dont bientôt Ménélas doit être possesseur; Et j'allois lui porter ce funeste message. 1325
MÉDÉE lui donne[1158] un autre coup de baguette.
Va, tu peux maintenant achever ton voyage.
SCÈNE II[1159].
MÉDÉE.
Est-ce assez, ma vengeance, est-ce assez de deux morts? Consulte avec loisir tes plus ardents transports. Des bras de mon perfide arracher une femme, Est-ce pour assouvir les fureurs de mon âme? 1330 Que n'a-t-elle déjà des enfants de Jason[1160], Sur qui plus pleinement venger sa trahison! Suppléons-y des miens; immolons avec joie Ceux qu'à me dire adieu Créuse me renvoie. Nature, je le puis sans violer ta loi: 1335 Ils viennent de sa part, et ne sont plus à moi. Mais ils sont innocents; aussi l'étoit mon frère[1161]: Ils sont trop criminels d'avoir Jason pour père[1162]; Il faut que leur trépas redouble son tourment; Il faut qu'il souffre en père aussi bien qu'en amant. 1340 Mais quoi! j'ai beau contre eux animer mon audace, La pitié la combat, et se met en sa place; Puis, cédant tout à coup la place à ma fureur, J'adore les projets qui me faisoient horreur: De l'amour aussitôt je passe à la colère[1163], 1345 Des sentiments de femme aux tendresses de mère[1164]. Cessez dorénavant, pensers irrésolus, D'épargner des enfants que je ne verrai plus. Chers fruits de mon amour, si je vous ai fait naître, Ce n'est pas seulement pour caresser un traître: 1350 Il me prive de vous, et je l'en vais[1165] priver[1166]. Mais ma pitié renaît, et revient me braver[1167]; Je n'exécute rien, et mon âme éperdue Entre deux passions demeure suspendue[1168]. N'en délibérons plus, mon bras en résoudra. 1355 Je vous perds, mes enfants; mais Jason vous perdra; Il ne vous verra plus.... Créon sort tout en rage: Allons à son trépas joindre ce triste ouvrage[1169].
SCÈNE III.
CRÉON, DOMESTIQUES.
CRÉON.
Loin de me soulager, vous croissez mes tourments[1170]: Le poison à mon corps unit mes vêtements, 1360 Et ma peau, qu'avec eux votre secours m'arrache[1171], Pour suivre votre main de mes os se détache: Voyez comme mon sang en coule à gros ruisseaux[1172]. Ne me déchirez plus, officieux bourreaux: Votre pitié pour moi s'est assez hasardée; 1365 Fuyez, ou ma fureur vous prendra pour Médée. C'est avancer ma mort que de me secourir; Je ne veux que moi-même à m'aider à mourir. Quoi! vous continuez, canailles infidèles! Plus je vous le défends, plus vous m'êtes rebelles! 1370 Traîtres, vous sentirez encor ce que je puis: Je serai votre roi, tout mourant que je suis; Si mes commandements ont trop peu d'efficace, Ma rage pour le moins me fera faire place: Il faut ainsi payer votre cruel secours. 1375
(Il se défait d'eux et les chasse à coups d'épée[1173].)
SCÈNE IV.
CRÉON, CRÉUSE, CLÉONE.
CRÉUSE.
Où fuyez-vous de moi, cher auteur de mes jours? Fuyez-vous l'innocente et malheureuse source D'où prennent tant de maux leur effroyable course? Ce feu qui me consume et dehors et dedans[1174] Vous venge-t-il trop peu de mes voeux imprudents[1175]? Je ne puis excuser mon indiscrète envie, Qui donne le trépas à qui je dois la vie; Mais soyez satisfait des rigueurs de mon sort, Et cessez d'ajouter votre haine à ma mort. L'ardeur qui me dévore, et que j'ai méritée, 1385 Surpasse en cruauté l'aigle de Prométhée, Et je crois qu'Ixion, au choix des châtiments[1176], Préféreroit sa roue à mes embrasements.
CRÉON.
Si ton jeune desir eut beaucoup d'imprudence, Ma fille, j'y devois[1177] opposer ma défense. 1390 Je n'impute qu'à moi l'excès de mes malheurs, Et j'ai part en ta faute ainsi qu'en tes douleurs. Si j'ai quelque regret, ce n'est pas à ma vie, Que le déclin des ans m'auroit bientôt ravie: La jeunesse des tiens, si beaux, si florissants, 1395 Me porte au fond du coeur des coups bien plus pressants[1178]. Ma fille, c'est donc là ce royal hyménée Dont nous pensions toucher la pompeuse journée! La Parque impitoyable en éteint le flambeau[1179], Et pour lit nuptial il te faut un tombeau! 1400 Ah! rage, désespoir, destins, feux, poisons, charmes, Tournez tous contre moi vos plus cruelles armes: S'il faut vous assouvir par la mort de deux rois, Faites en ma faveur que je meure deux fois, Pourvu que mes deux morts emportent cette grâce 1405 De laisser ma couronne à mon unique race, Et cet espoir si doux, qui m'a toujours flatté, De revivre à jamais en sa postérité.
CRÉUSE.
Cléone, soutenez, je chancelle, je tombe[1180]; Mon reste de vigueur sous mes douleurs succombe: 1410 Je sens que je n'ai plus à souffrir qu'un moment. Ne me refusez pas ce triste allégement, Seigneur, et si pour moi quelque amour vous demeure, Entre vos bras mourants permettez que je meure. Mes pleurs arrouseront[1181] vos mortels déplaisirs; 1415 Je mêlerai leurs eaux à vos brûlants soupirs. Ah! je brûle, je meurs, je ne suis plus que flamme; De grâce, hâtez-vous de recevoir mon âme[1182]. Quoi! vous vous éloignez[1183]?
CRÉON.
Oui, je ne verrai pas, Comme un lâche témoin, ton indigne trépas: 1420 Il faut, ma fille, il faut que ma main me délivre De l'infâme regret de t'avoir pu survivre. Invisible ennemi, sors avecque mon sang.
(Il se tue d'un poignard[1184].)
CRÉUSE.
Courez à lui, Cléone: il se perce le flanc.
CRÉON.
Retourne: c'en est fait. Ma fille, adieu: j'expire, 1425 Et ce dernier soupir met fin à mon martyre: Je laisse à ton Jason le soin de nous venger.
CRÉUSE.
Vain et triste confort! soulagement léger! Mon père....
CLÉONE.
Il ne vit plus, sa grande âme est partie[1185].
CRÉUSE.
Donnez donc à la mienne une même sortie: 1430 Apportez-moi ce fer qui, de ses maux vainqueur, Est déjà si savant à traverser le coeur. Ah! je sens fers, et feux, et poison, tout ensemble: Ce que souffroit mon père à mes peines s'assemble. Hélas! que de douceur[1186] auroit un prompt trépas! 1435 Dépêchez-vous, Cléone: aidez mon foible bras.
CLÉONE.
Ne désespérez point: les Dieux, plus pitoyables, A nos justes clameurs se rendront exorables, Et vous conserveront, en dépit du poison, Et pour reine à Corinthe, et pour femme à Jason. 1440 Il arrive, et surpris il change de visage: Je lis dans sa pâleur une secrète rage, Et son étonnement va passer en fureur.
SCÈNE V.
JASON, CRÉUSE, CLÉONE, THEUDAS.
JASON.
Que vois-je ici, grands Dieux! quel spectacle d'horreur[1187]! Où que puissent mes yeux porter ma vue errante, 1445 Je vois ou Créon mort, ou Créuse mourante. Ne t'en va pas, belle âme: attends encore un peu, Et le sang de Médée éteindra tout ce feu; Prends le triste plaisir de voir punir son crime, De te voir immoler cette infâme victime; 1450 Et que ce scorpion, sur la plaie écrasé[1188], Fournisse le remède au mal qu'il a causé.
CRÉUSE.
Il n'en faut point chercher au poison qui me tue: Laisse-moi le bonheur d'expirer à ta vue, Souffre que j'en jouisse en ce dernier moment: 1455 Mon trépas fera place à ton ressentiment; Le mien cède à l'ardeur dont je suis possédée; J'aime mieux voir Jason que la mort de Médée. Approche, cher amant, et retiens ces transports: Mais garde de toucher ce misérable corps; 1460 Ce brasier, que le charme ou répand ou modère, A négligé Cléone, et dévoré mon père: Au gré de ma rivale il est contagieux. Jason, ce m'est assez de mourir à tes yeux: Empêche les plaisirs qu'elle attend de ta peine; 1465 N'attire point ces feux esclaves de sa haine. Ah! quel âpre tourment! quels douloureux abois! Et que je sens de morts sans mourir une fois!
JASON.
Quoi! vous m'estimez donc si lâche que de vivre? Et de si beaux chemins sont ouverts pour vous suivre! Ma reine, si l'hymen n'a pu joindre nos corps, Nous joindrons nos esprits, nous joindrons nos deux morts; Et l'on verra Charon passer chez Rhadamante, Dans une même barque, et l'amant et l'amante. Hélas! vous recevez, par ce présent charmé, 1475 Le déplorable prix de m'avoir trop aimé; Et puisque cette robe a causé votre perte, Je dois être puni de vous l'avoir offerte[1189]. Quoi! ce poison m'épargne, et ces feux impuissants Refusent de finir les douleurs que je sens! 1480 Il faut donc que je vive, et vous m'êtes ravie! Justes Dieux! quel forfait me condamne à la vie? Est-il quelque tourment plus grand pour mon amour Que de la voir mourir, et de souffrir le jour? Non, non; si par ces feux mon attente est trompée, 1485 J'ai de quoi m'affranchir au bout de mon épée; Et l'exemple du Roi, de sa main transpercé, Qui nage dans les flots du sang qu'il a versé, Instruit suffisamment un généreux courage Des moyens de braver le destin qui l'outrage. 1490
CRÉUSE.
Si Créuse eut jamais sur toi quelque pouvoir, Ne t'abandonne point aux coups du désespoir: Vis pour sauver ton nom de cette ignominie, Que Créuse soit morte, et Médée impunie; Vis pour garder le mien en ton coeur affligé, 1495 Et du moins ne meurs point que tu ne sois vengé. Adieu: donne la main; que malgré ta jalouse, J'emporte chez Pluton le nom de ton épouse. Ah! douleurs! C'en est fait, je meurs à cette fois, Et perds en ce moment la vie avec la voix. 1500 Si tu m'aimes....
JASON.
Ce mot lui coupe la parole; Et je ne suivrai pas son âme qui s'envole? Mon esprit, retenu par ses commandements, Réserve encor ma vie à de pires tourments[1190]! Pardonne, chère épouse, à mon obéissance; 1505 Mon déplaisir mortel défère à ta puissance, Et de mes jours maudits tout prêt de triompher, De peur de te déplaire, il n'ose m'étouffer. Ne perdons point de temps, courons chez la sorcière, Délivrer par sa mort mon âme prisonnière. 1510 Vous autres, cependant, enlevez ces deux corps: Contre tous ses démons mes bras sont assez forts, Et la part que votre aide auroit en ma vengeance Ne m'en permettoit pas une entière allégeance. Préparez seulement des gênes, des bourreaux; 1515 Devenez inventifs en supplices nouveaux, Qui la fassent mourir tant de fois sur leur tombe, Que son coupable sang leur vaille une hécatombe; Et si cette victime, en mourant mille fois, N'apaise point encor les mânes de deux rois, 1520 Je serai la seconde; et mon esprit fidèle Ira gêner là-bas son âme criminelle, Ira faire assembler pour sa punition Les peines de Titye à celles d'Ixion.
(Cléone et le reste emportent les corps[1191] de Créon et de Créuse, et Jason continue seul.)
Mais leur puis-je imputer ma mort en sacrifice? 1525 Elle m'est un plaisir, et non pas un supplice. Mourir, c'est seulement auprès d'eux me ranger; C'est rejoindre Créuse, et non pas la venger. Instruments des fureurs d'une mère insensée, Indignes rejetons de mon amour passée, 1530 Quel malheureux destin vous avoit réservés A porter le trépas à qui vous a sauvés? C'est vous, petits ingrats, que malgré la nature Il me faut immoler dessus leur sépulture. Que la sorcière en vous commence de souffrir: 1535 Que son premier tourment soit de vous voir mourir. Toutefois qu'ont-ils fait, qu'obéir à leur mère?
SCÈNE VI.
MÉDÉE, JASON.
MÉDÉE, en haut sur un balcon[1192].
Lâche, ton désespoir encore en délibère? Lève les yeux, perfide, et reconnois ce bras Qui t'a déjà vengé de ces petits ingrats: 1540 Ce poignard que tu vois vient de chasser leurs âmes, Et noyer dans leur sang les restes de nos flammes. Heureux père et mari, ma fuite et leur tombeau Laissent la place vide à ton hymen nouveau[1193]. Réjouis-t'en, Jason, va posséder Créuse: 1545 Tu n'auras plus ici personne qui t'accuse; Ces gages de nos feux ne feront plus pour moi De reproches secrets à ton manque de foi.
JASON.
Horreur de la nature, exécrable tigresse[1194]!
MÉDÉE.
Va, bienheureux amant, cajoler ta maîtresse[1195]: 1550 A cet objet si cher tu dois tous tes discours; Parler encore à moi, c'est trahir tes amours. Va lui, va lui conter tes rares aventures, Et contre mes effets ne combats point d'injures.
JASON.
Quoi! tu m'oses braver, et ta brutalité 1555 Pense encore échapper à mon bras irrité? Tu redoubles ta peine avec cette insolence.
MÉDÉE.
Et que peut contre moi ta débile vaillance? Mon art faisoit ta force, et tes exploits[1196] guerriers Tiennent de mon secours ce qu'ils ont de lauriers. 1560
JASON.
Ah! c'est trop en souffrir: il faut qu'un prompt supplice De tant de cruautés à la fin te punisse. Sus, sus, brisons la porte, enfonçons la maison[1197]; Que des bourreaux soudain m'en fassent la raison: Ta tête répondra de tant de barbaries. 1565
MÉDÉE, en l'air dans un char tiré par deux dragons[1198].
Que sert de t'emporter à ces vaines furies? Épargne, cher époux, des efforts que tu perds; Vois les chemins de l'air qui me sont tous ouverts: C'est par là que je fuis[1199], et que je t'abandonne Pour courir à l'exil que ton change m'ordonne. 1570 Suis-moi, Jason, et trouve en ces lieux désolés Des postillons pareils à mes dragons ailés. Enfin je n'ai pas mal employé la journée Que la bonté du Roi, de grâce, m'a donnée[1200]; Mes desirs sont contents. Mon père et mon pays, 1575 Je ne me repens plus de vous avoir trahis; Avec cette douceur j'en accepte le blâme. Adieu, parjure: apprends à connoître ta femme[1201]; Souviens-toi de sa fuite, et songe une autre fois Lequel est plus à craindre ou d'elle ou de deux rois. 1580
SCÈNE VII.
JASON.
O Dieux! ce char volant, disparu dans la nue, La dérobe à sa peine, aussi bien qu'à ma vue; Et son impunité triomphe arrogamment Des projets avortés de mon ressentiment. Créuse, enfants, Médée, amour, haine, vengeance, 1585 Où dois-je désormais chercher quelque allégeance? Où suivre l'inhumaine, et dessous quels climats Porter les châtiments de tant d'assassinats? Va, furie exécrable, en quelque coin de terre Que t'emporte ton char, j'y porterai la guerre: 1590 J'apprendrai ton séjour de tes sanglants effets, Et te suivrai partout au bruit de tes forfaits. Mais que me servira cette vaine poursuite, Si l'air est un chemin toujours libre à ta fuite, Si toujours tes dragons sont prêts à t'enlever, 1595 Si toujours tes forfaits ont de quoi me braver? Malheureux, ne perds point contre une telle audace De ta juste fureur l'impuissante menace; Ne cours point à ta honte, et fuis l'occasion D'accroître sa victoire[1202] et ta confusion. 1600 Misérable! perfide! ainsi donc ta foiblesse Épargne la sorcière, et trahit ta princesse! Est-ce là le pouvoir qu'ont sur toi ses desirs, Et ton obéissance à ses derniers soupirs? Venge-toi, pauvre amant, Créuse le commande: 1605 Ne lui refuse point un sang qu'elle demande; Écoute les accents de sa mourante voix, Et vole sans rien craindre à ce que tu lui dois. A qui sait bien aimer il n'est rien d'impossible. Eusses-tu pour retraite un roc inaccessible, 1610 Tigresse, tu mourras, et malgré ton savoir, Mon amour te verra soumise à son pouvoir; Mes yeux se repaîtront des horreurs de ta peine: Ainsi le veut Créuse, ainsi le veut ma haine. Mais quoi! je vous écoute, impuissantes chaleurs! 1615 Allez, n'ajoutez plus de comble à mes malheurs. Entreprendre une mort que le ciel s'est gardée, C'est préparer encore un triomphe à Médée. Tourne avec plus d'effet sur toi-même ton bras, Et punis-toi, Jason, de ne la punir pas. 1620 Vains transports, où sans fruit mon désespoir s'amuse, Cessez de m'empêcher de rejoindre Créuse. Ma reine, ta belle âme, en partant de ces lieux, M'a laissé la vengeance; et je la laisse aux Dieux: Eux seuls, dont le pouvoir égale la justice, 1625 Peuvent de la sorcière achever le supplice. Trouve-le bon, chère ombre, et pardonne à mes feux Si je vais te revoir plus tôt que tu ne veux[1203].
(Il se tue[1204].)
FIN DU CINQUIÈME ET DERNIER ACTE.
FOOTNOTES:
[1150] Ce jeu de scène ne se trouve pas dans l'édition de 1639.
[1151] Dans l'édition de 1692, Thomas Corneille a remplacé _attireront_ par _t'attireront_.
[1152] _Var._ [Dépêche, ou ces longueurs attireront ma haine.] Ma verge, qui déjà t'empêche de courir, N'a que trop de vertu pour te faire mourir. Garde-toi seulement d'irriter ma colère. Et pense que ta mort dépend de me déplaire. THEUD. Apprenez un effet le plus prodigieux. (1639-57)
[1153] _Var._ Cette pauvre princesse à peine l'a vêtue. (1639-60)
[1154] Il y a _s'y jette_, au singulier, dans l'édition de 1682.
[1155] _Var._ Qui veut les dépouiller, eux-mêmes les déchire, Et l'aide qu'on leur donne est un nouveau martyre. (1639-57)
[1156] Voyez la _Médée_ d'Euripide, vers 1207, 1208.
[1157] _Var._ A convoyer Pollux hors des murs de la ville, Qui court à grande hâte aux noces de sa soeur. (1639-57)
[1158] _Var._ MÉDÉE, _lui donnant_, etc. (1644-60)--Ce jeu de scène ne se trouve pas dans l'édition de 1639.
[1159] Il n'y a pas ici de distinction de scène dans l'édition de 1639.
[1160] _Ex pellice utinam liberos hostis meus Aliquos haberet!_
(Sénèque, _Médée_, vers 920, 921.)
[1161] . . . . . . . . . _Non sunt mei. . . . . . . Crimine et culpa carent; Sunt innocentes: fateor; et frater fuit._
(_Ibidem_, vers 934-936.)
[1162] _Scelus est Iason genitor._
(_Ibidem_, vers 933.)
[1163] _Var._ De l'amour aussitôt je tombe à la colère. (1639)
[1164] _Cor pepulit horror. . . . . . . . . . Pectusque tremuit; ira discessit loco, Materque tota, conjuge expulsa, redit._ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Quid, anime, titubas?_ . . . . . . . . _Variamque nunc huc ira, nunc illuc amor Diducit?_ . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . _Ira pietatem fugat, Iramque pietas._
(Sénèque, _Médée_, vers 926-928 et 937-944.)
[1165] Dans l'édition de 1682, on a imprimé _je l'en va_, pour _je l'en vais_ (_vay_).
[1166] _Jamjam meo rapientur avulsi e sinu._ . . . . . . . _Osculis percant patris, Periere matri._
(Sénèque, _Médée_, vers 949-951.)
[1167] _Var._ Mais ma pitié retourne, et revient me braver. (1639-57)
[1168] . . . . . _Anceps æstus incertam rapit._
(Sénèque, _Médée_, vers 939.)
[1169] _Var._ Allons à son trépas ajouter ce carnage. (1639)
[1170] _Var._ Loin de me secourir, vous croissez mes tourments. (1639-57)
[1171] _Var._ Et ma peau, qu'avec eux votre pitié m'arrache. (1639-57)
[1172] _Var._ Voyez comme mon sang en coule en mille lieux: Ne me déchirez plus, bourreaux officieux; Fuyez, ou ma fureur une fois débordée Dans ces pieux devoirs vous prendra pour Médée. (1639-57)
[1173] Ce jeu de scène ne se trouve pas dans l'édition de 1639.
[1174] _Var._ Ce feu qui me consomme et dehors et dedans. (1639)
[1175] _Var._ Punit-il point assez mes souhaits imprudents? (1639-57)
[1176] _Var._ Et je crois qu'Ixion, au choix des sentiments. (1639)
[1177] L'édition de 1682 a, par erreur: _devrois_, pour _devois_.
[1178] _Var._ Me porte bien des coups plus vifs et plus pressants. (1639-57)
[1179] _Var._ L'impiteuse Clothon en porte le flambeau. (1639-57)
[1180] _Var._ Cléone, soutenez, les forces me défaillent, Et ma vigueur succombe aux douleurs qui m'assaillent; Le coeur me va manquer, je n'en puis plus, hélas! Ne me refusez point ce funeste soulas, Monsieur, et si pour moi quelque amour vous demeure. (1639-57)
[1181] L'édition de 1663 est la seule qui porte _arroseront_.
[1182] _Var._ [De grâce, hâtez-vous de recevoir mon âme.] CRÉON. Ah! ma fille. CRÉUSE. Ah! mon père. CLÉONE. A ces embrassements, Qui retiendroit ses pleurs et ses gémissements? Dans ces ardents baisers leurs âmes se confondent, Et leurs tristes sanglots seulement se répondent. CRÉUSE. Hé quoi! vous me quittez? [CRÉON. Oui, je ne verrai pas.] (1639)
[1183] _Var._ Quoi! vous me refusez? (1644-57)
[1184] Ces mots ne sont pas dans l'édition de 1639.
[1185] VAR. Il ne vit plus, sa belle âme est partie. (1639)
[1186] L'édition de 1682 a seule _douceurs_, au pluriel.
[1187] _Var._ Que vois-je ici, bons Dieux! quel spectacle d'horreur! Quelque part que mes yeux portent ma vue errante. (1639-57)
[1188] _Var._ Et que ce scorpion sur ta plaie écrasé. (1639)
[1189] _Var._ [Je dois être puni de vous l'avoir offerte.] Trop heureux si sa force agissant en mes mains Eût de notre ennemie éventé les desseins, Et détournant sur moi ses trames déloyales, Mon âme eût satisfait pour deux âmes royales; Mais ce poison m'épargne, et ces feux impuissants. (1639-57)
[1190] _Var._ [Réserve encor ma vie à de pires tourments!] O honte! mes regrets permettent que je vive, Et ne secourent pas ma main qu'elle captive; Leur atteinte est trop foible, et dans un tel malheur Je suis trop peu touché pour mourir de douleur. [Pardonne, chère épouse, à mon obéissance.] (1639-57)
[1191] Il y a _le corps_, pour _les corps_, dans l'édition de 1682.--Ce jeu de scène manque dans l'édition de 1639.
[1192] _Var._ _Étant en haut sur un balcon._ (1657)--_Elle est en haut sur un balcon._ (1663, en marge.)--Cette indication manque dans l'édition de 1639.
[1193] _Var._ Laisse la place vide à ton hymen nouveau. (1639)
[1194] Voyez la _Médée_ d'Euripide, vers 1314, 1315.
[1195] _I nunc superbe, virginum thalamos pete._
(Sénèque, _Médée_, vers 1007.)
--Dans Euripide (vers 621-623) c'est avant la mort de Créuse que Médée dit à Jason: «Va, le désir de voir ta nouvelle épouse te subjugue.... Va l'épouser, etc.»
[1196] Au lieu de: _exploits_, on lit: _effets_, dans l'édition de 1682, ce qui est évidemment une faute.