Œuvres de P. Corneille, Tome 01
Chapter 42
PHILISTE, LA NOURRICE.
PHILISTE.
Je te ferai cracher cette langue traîtresse. 515 Est-ce ainsi qu'on me sert auprès de ma maîtresse, Détestable sorcière?
LA NOURRICE.
Eh bien, quoi? qu'ai-je fait?
PHILISTE.
Et tu doutes encor si j'ai vu ton forfait[1369]?
LA NOURRICE.
Quel forfait?
PHILISTE.
Peut-on voir lâcheté plus hardie? Joindre encor l'impudence à tant de perfidie! 520
LA NOURRICE.
Tenir ce qu'on promet, est-ce une trahison?
PHILISTE.
Est-ce ainsi qu'on le tient?
LA NOURRICE.
Parlons avec raison: Que t'avois-je promis?
PHILISTE.
Que de tout ton possible Tu rendrois ta maîtresse à mes desirs sensible, Et la disposerois à recevoir mes voeux. 525
LA NOURRICE. Et ne la vois-tu pas au point où tu la veux[1370]?
PHILISTE.
Malgré toi mon bonheur à ce point l'a réduite.
LA NOURRICE.
Mais tu dois ce bonheur à ma sage conduite, Jeune et simple novice en matière d'amour, Qui ne saurois comprendre encore un si bon tour. 530 Flatter de nos discours les passions des dames[1371], C'est aider lâchement à leurs naissantes flammes; C'est traiter lourdement un délicat effet; C'est n'y savoir enfin que ce que chacun sait[1372]: Moi, qui de ce métier ai la haute science, 535 Et qui pour te servir brûle d'impatience, Par un chemin plus court qu'un propos complaisant, J'ai su croître sa flamme en la contredisant; J'ai su faire éclater, mais avec violence[1373], Un amour étouffé sous un honteux silence, 540 Et n'ai pas tant choqué que piqué ses desirs, Dont la soif irritée avance tes plaisirs.
PHILISTE.
A croire ton babil, la ruse est merveilleuse[1374]; Mais l'épreuve, à mon goût, en est fort périlleuse.
LA NOURRICE.
Jamais il ne s'est vu de tours plus assurés. 545 La raison et l'amour sont ennemis jurés; Et lorsque ce dernier dans un esprit commande, Il ne peut endurer que l'autre le gourmande: Plus la raison l'attaque, et plus il se roidit; Plus elle l'intimide, et plus il s'enhardit. 550 Je le dis sans besoin, vos yeux et vos oreilles[1375] Sont de trop bons témoins de toutes ces merveilles: Vous-même avez tout vu, que voulez-vous de plus? Entrez, on vous attend; ces discours superflus Reculent votre bien, et font languir Clarice. 555 Allez, allez cueillir les fruits de mon service: Usez bien de votre heur et de l'occasion.
PHILISTE.
Soit une vérité, soit une illusion Que ton esprit adroit emploie à ta défense[1376], Le mien de tes discours plus outre ne s'offense, 560 Et j'en estimerai mon bonheur plus parfait, Si d'un mauvais dessein je tire un bon effet[1377].
LA NOURRICE.
Que de propos perdus! Voyez l'impatiente Qui ne peut plus souffrir une si longue attente.
SCÈNE IV.
CLARICE, PHILISTE, LA NOURRICE.
CLARICE.
Paresseux, qui tardez si longtemps à venir, 565 Devinez la façon dont je veux vous punir.
PHILISTE.
M'interdiriez-vous bien l'honneur de votre vue?
CLARICE.
Vraiment, vous me jugez de sens fort dépourvue: Vous bannir de mes yeux! une si dure loi Feroit trop retomber le châtiment sur moi, 570 Et je n'ai pas failli, pour me punir moi-même.
PHILISTE.
L'absence ne fait mal que de ceux que l'on aime.
CLARICE.
Aussi, que savez-vous si vos perfections Ne vous ont rien acquis sur mes affections?
PHILISTE.
Madame, excusez-moi, je sais mieux reconnoître 575 Mes défauts, et le peu que le ciel m'a fait naître.
CLARICE.
N'oublierez-vous jamais ces termes ravalés, Pour vous priser de bouche autant que vous valez? Seriez-vous bien content qu'on crût ce que vous dites? Demeurez avec moi d'accord de vos mérites; 580 Laissez-moi me flatter de cette vanité, Que j'ai quelque pouvoir sur votre liberté, Et qu'une humeur si froide, à toute autre invincible, Ne perd qu'auprès de moi le titre d'insensible: Une si douce erreur tâche à s'autoriser; 585 Quel plaisir prenez-vous à m'en désabuser?
PHILISTE.
Ce n'est point une erreur; pardonnez-moi, Madame, Ce sont les mouvements les plus sains de mon âme. Il est vrai, je vous aime, et mes feux indiscrets Se donnent leur supplice en demeurant secrets. 590 Je reçois sans contrainte une ardeur téméraire[1378]; Mais si j'ose brûler, je sais aussi me taire; Et près de votre objet, mon unique vainqueur, Je puis tout sur ma langue, et rien dessus mon coeur. En vain j'avois appris que la seule espérance[1379] 595 Entretenoit l'amour dans la persévérance: J'aime sans espérer, et mon coeur enflammé[1380] A pour but de vous plaire, et non pas d'être aimé. L'amour devient servile, alors qu'il se dispense A n'allumer ses feux que pour la récompense. 600 Ma flamme est toute pure, et sans rien présumer, Je ne cherche en aimant que le seul bien d'aimer.
CLARICE.
Et celui d'être aimé, sans que tu le prétendes, Préviendra tes desirs et tes justes demandes. Ne déguisons plus rien, cher Philiste: il est temps[1381] 605 Qu'un aveu mutuel rende nos voeux contents. Donnons-leur, je te prie, une entière assurance; Vengeons-nous à loisir de notre indifférence, Vengeons-nous à loisir de toutes ces langueurs Où sa fausse couleur avoit réduit nos coeurs. 610
PHILISTE.
Vous me jouez, Madame, et cette accorte feinte Ne donne à mon amour qu'une railleuse atteinte[1382].
CLARICE.
Quelle façon étrange! En me voyant brûler, Tu t'obstines encore à le dissimuler; Tu veux qu'encore un coup je me donne la honte[1383] 615 De te dire à quel point l'amour pour toi me dompte: Tu le vois cependant avec pleine clarté[1384], Et veux douter encor de cette vérité?
PHILISTE.
Oui, j'en doute, et l'excès du bonheur qui m'accable[1385] Me surprend, me confond, me paroît incroyable. 620 Madame, est-il possible? et me puis-je assurer D'un bien à quoi mes voeux n'oseroient aspirer?
CLARICE.
Cesse de me tuer par cette défiance. Qui pourroit des mortels troubler notre alliance? Quelqu'un a-t-il à voir dessus mes actions, 625 Dont j'aye à prendre l'ordre en mes affections[1386]? Veuve, et qui ne dois plus de respect à personne, Ne puis-je disposer de ce que je te donne[1387]?
PHILISTE.
N'ayant jamais été digne d'un tel honneur, J'ai de la peine encore à croire mon bonheur. 630
CLARICE.
Pour t'obliger enfin à changer de langage, Si ma foi ne suffit, que je te donne en gage, Un bracelet, exprès tissu de mes cheveux, T'attend pour enchaîner et ton bras et tes voeux; Viens le querir, et prendre avec moi la journée 635 Qui termine bientôt notre heureux hyménée[1388].
PHILISTE.
C'est dont vos seuls avis se doivent consulter: Trop heureux, quant à moi, de les exécuter!
LA NOURRICE, seule.
Vous comptez sans votre hôte, et vous pourrez apprendre Que ce n'est pas sans moi que ce jour se doit prendre. 640 De vos prétentions Alcidon averti[1389] Vous fera, s'il m'en croit, un dangereux parti[1390]. Je lui vais bien donner de plus sûres adresses Que d'amuser Doris par de fausses caresses; Aussi bien, m'a-t-on dit, à beau jeu beau retour: 645 Au lieu de la duper avec ce feint-amour, Elle-même le dupe, et lui rendant son change[1391], Lui promet un amour qu'elle garde à Florange[1392]: Ainsi, de tous côtés primé par un rival, Ses affaires sans moi se porteroient fort mal. 650
SCÈNE V.
ALCIDON, DORIS.
ALCIDON.
Adieu, mon cher souci, sois sûre que mon âme Jusqu'au dernier soupir conservera sa flamme.
DORIS.
Alcidon, cet adieu me prend au dépourvu. Tu ne fais que d'entrer; à peine t'ai-je vu: C'est m'envier trop tôt le bien de ta présence. 655 De grâce, oblige-moi d'un peu de complaisance[1393], Et puisque je te tiens, souffre qu'avec loisir Je puisse m'en donner un peu plus de plaisir.
ALCIDON.
Je t'explique si mal le feu qui me consume[1394], Qu'il me force à rougir d'autant plus qu'il s'allume. 660 Mon discours s'en confond, j'en demeure interdit; Ce que je ne puis dire est plus que je n'ai dit: J'en hais les vains efforts de ma langue grossière, Qui manquent de justesse en si belle matière, Et ne répondant point aux mouvements du coeur, 665 Te découvrent si peu le fond de ma langueur. Doris, si tu pouvois lire dans ma pensée, Et voir jusqu'au milieu de mon âme blessée[1395], Tu verrois un brasier bien autre et bien plus grand[1396] Qu'en ces foibles devoirs que ma bouche te rend. 670
DORIS.
Si tu pouvois aussi pénétrer mon courage, Et voir jusqu'à quel point ma passion m'engage[1397], Ce que dans mes discours tu prends pour des ardeurs Ne te sembleroit plus que de tristes froideurs. Ton amour et le mien ont faute de paroles. 675 Par un malheur égal ainsi tu me consoles; Et de mille défauts me sentant accabler, Ce m'est trop d'heur qu'un d'eux me fait te ressembler.
ALCIDON.
Mais quelque ressemblance entre nous qui survienne, Ta passion n'a rien qui ressemble à la mienne, 680 Et tu ne m'aimes pas de la même façon.
DORIS.
Si tu m'aimes encor, quitte un si faux soupçon[1398]; Tu douterois à tort d'une chose trop claire; L'épreuve fera foi comme j'aime à te plaire. Je meurs d'impatience, attendant l'heureux jour 685 Qui te montre quel est envers toi mon amour; Ma mère en ma faveur brûle de même envie.
ALCIDON.
Hélas! ma volonté sous un autre asservie[1399], Dont je ne puis encore à mon gré disposer, Fait que d'un tel bonheur je ne saurois user. 690 Je dépends d'un vieil oncle, et s'il ne m'autorise, Je ne te fais qu'en vain le don de ma franchise[1400]; Tu sais que tout son bien ne regarde que moi, Et qu'attendant sa mort je vis dessous sa loi. Mais nous le gagnerons, et mon humeur accorte 695 Sait comme il faut avoir les hommes de sa sorte: Un peu de temps fait tout.
DORIS.
Ne précipite rien. Je connois ce qu'au monde aujourd'hui vaut le bien. Conserve ce vieillard; pourquoi te mettre en peine, A force de m'aimer, de t'acquérir sa haine? 700 Ce qui te plaît m'agrée; et ce retardement, Parce qu'il vient de toi, m'oblige infiniment.
ALCIDON.
De moi! C'est offenser une pure innocence. Si l'effet de mes voeux n'est pas en ma puissance[1401], Leur obstacle me gêne autant ou plus que toi. 705
DORIS.
C'est prendre mal mon sens; je sais quelle est ta foi.
ALCIDON.
En veux-tu par écrit une entière assurance[1402]?
DORIS.
Elle m'assure assez de ta persévérance; Et je lui ferois tort d'en recevoir d'ailleurs Une preuve plus ample ou des garants meilleurs[1403]. 710
ALCIDON.
Je l'apporte demain, pour mieux faire connoître....
DORIS.
J'en crois si fortement ce que j'en vois paroître, Que c'est perdre du temps que de plus en parler. Adieu; va désormais où tu voulois aller. Si pour te retenir j'ai trop peu de mérite, 715 Souviens-toi pour le moins que c'est moi qui te quitte[1404].
ALCIDON[1405].
Ce brusque adieu m'étonne, et je n'entends pas bien....
SCÈNE VI.
LA NOURRICE, ALCIDON.
LA NOURRICE.
Je te prends au sortir d'un plaisant entretien.
ALCIDON.
Plaisant, de vérité, vu que mon artifice Lui raconte les voeux que j'envoie à Clarice; 720 Et de tous mes soupirs, qui se portent plus loin, Elle se croit l'objet, et n'en est que témoin.
LA NOURRICE.
Ainsi ton feu se joue?
ALCIDON.
Ainsi quand je soupire, Je la prends pour une autre, et lui dis mon martyre[1406]; Et sa réponse, au point que je puis souhaiter[1407], 725 Dans cette illusion a droit de me flatter.
LA NOURRICE.
Elle t'aime?
ALCIDON.
Et de plus, un discours équivoque Lui fait aisément croire un amour réciproque. Elle se pense belle, et cette vanité L'assure imprudemment de ma captivité; 730 Et comme si j'étois des amants ordinaires, Elle prend sur mon coeur des droits imaginaires, Cependant que le sien sent tout ce que je feins[1408], Et vit dans les langueurs dont à faux je me plains.
LA NOURRICE.
Je te réponds que non. Si tu n'y mets remède, 735 Avant qu'il soit trois jours Florange la possède[1409].
ALCIDON.
Et qui t'en a tant dit?
LA NOURRICE.
Géron m'a tout conté; C'est lui qui sourdement a conduit ce traité[1410].
ALCIDON.
C'est ce qu'en mots obscurs son adieu vouloit dire. Elle a cru me braver, mais je n'en fais que rire; 740 Et comme j'étois las de me contraindre tant, La coquette qu'elle est m'oblige en me quittant. Ne m'apprendras-tu point ce que fait ta maîtresse?
LA NOURRICE.
Elle met ton agente au bout de sa finesse. Philiste assurément tient son esprit charmé: 745 Je n'aurois jamais cru qu'elle l'eût tant aimé[1411].
ALCIDON.
C'est à faire à du temps.
LA NOURRICE.
Quitte cette espérance: Ils ont pris l'un de l'autre une entière assurance, Jusqu'à s'entre-donner la parole et la foi.
ALCIDON.
Que tu demeures froide en te moquant de moi! 750
LA NOURRICE.
Il n'est rien de si vrai; ce n'est point raillerie.
ALCIDON.
C'est donc fait d'Alcidon! Nourrice, je te prie....
LA NOURRICE.
Rien ne sert de prier; mon esprit épuisé[1412] Pour divertir[1413] ce coup n'est point assez rusé. Je n'en sais qu'un moyen, mais je ne l'ose dire[1414]. 755
ALCIDON.
Dépêche, ta longueur m'est un second martyre.
LA NOURRICE.
Clarice, tous les soirs, rêvant à ses amours, Seule dans son jardin fait trois ou quatre tours.
ALCIDON.
Et qu'a cela de propre à reculer ma perte?
LA NOURRICE.
Je te puis en tenir la fausse porte ouverte[1415]. 760 Aurois-tu du courage assez pour l'enlever?
ALCIDON.
Oui, mais il faut retraite après où me sauver[1416]; Et je n'ai point d'ami si peu jaloux de gloire Que d'être partisan d'une action si noire. Si j'avois un prétexte, alors je ne dis pas 765 Que quelqu'un abusé n'accompagnât mes pas.
LA NOURRICE.
On te vole Doris, et ta feinte colère[1417] Manqueroit de prétexte à quereller son frère! Fais-en sonner partout un faux ressentiment: Tu verras trop d'amis s'offrir aveuglément, 770 Se prendre à ces dehors, et sans voir dans ton âme, Vouloir venger l'affront qu'aura reçu ta flamme. Sers-toi de leur erreur, et dupe-les si bien....
ALCIDON.
Ce prétexte est si beau que je ne crains plus rien.
LA NOURRICE.
Pour ôter tout soupçon de notre intelligence, 775 Ne faisons plus ensemble aucune conférence, Et viens quand tu pourras: je t'attends dès demain.
ALCIDON.
Adieu; je tiens le coup, autant vaut, dans ma main.
FIN DU SECOND ACTE.
[1345] Dans l'édition de 1634, au-dessous du nom de PHILISTE, on lit en titre: STANCES.
[1346] _Var._ Vos mouvements irrésolus Ont trop de flux et de reflus[1346-a], L'un m'élève et l'autre m'atterre; L'un nourrit mon espoir, et l'autre ma langueur. N'avez-vous point ailleurs où vous faire la guerre, Sans ainsi vous combattre aux dépens de mon coeur? (1634)
[1346-a] _Reflus_ paraît avoir été écrit ainsi pour la rime; car dans ce même vers le mot simple _flux_ se termine régulièrement par un _x_.
[1347] _Var._ A force de vous obéir; Mais le moyen de vous haïr? Vous venez tous deux de Clarice; Vous m'en entretenez tous deux, Et formez ma crainte et mes voeux Pour ce bel oeil qui vous fait naître. (1634)
[1348] _Var._ Et formant ma crainte et mes voeux [Pour ce bel oeil qui les fait naître,] De deux contraires flots mon esprit agité. (1648)
[1349] _Var._ Qu'elle me découvre son coeur, Je le prends pour un trait moqueur, D'autant que je m'en trouve indigne. (1634-57)
[1350] Il ne faut pas voir ici une licence poétique destinée à faciliter la rime. Cette orthographe est partout celle de Corneille et de ses contemporains.
[1351] _Var._ Avouât des flammes si basses; Et par le soin exact qu'elle a de les cacher, Apprends que si Philiste est en ses bonnes grâces, [Sa bouche à son esprit n'ose le reprocher.] (1634-57) _Var._ Avouât de si basses flammes. (1660-64)
[1352] _Var._ Par un contraire effet change un amour en haine. (1634-60)
[1353] _Var._ Je ne sais quelle humeur curieuse m'emporte. (1634-68)
[1354] _Var._ A me couler sans bruit dans la prochaine porte. (1634-57)
[1355] _Var._ Suivrons-nous cette ardeur? Suivons, à la bonne heure. (1634-57)
[1356] _Var._ Celle que notre amour cherche à se déclarer. (1634-57)
[1357] _Var._ Être veuve à mon âge, et toujours soupirer. (1634-57)
[1358] _Var._ La perte d'un mari que je peux réparer. (1634)
[1359] _Var._ Qu'en tant que votre ardeur se porte vers Philiste. (1634-57)
[1360] _Var._ Sinon qu'il est un peu plus qu'un autre importun. (1634-57)
[1361] _Var._ Il précéda Philiste en vaines dignités, Et Philiste le passe en rares qualités. (1634-57)
[1362] _Var._ Elle et moi, nous avons trop de quoi l'agrandir. LA NOURR. Hélas! si vous pouviez un peu vous refroidir. (1634-57)
[1363] _Var._ Madame, croyez-moi; j'ai vieilli dans le monde. (1634-57)
[1364] _Var._ Éloignez, s'il vous plaît, quelque temps ce charmeur. (1634-57)
[1365] _Var._ Faites en son absence essai d'un autre humeur. (1634, 44 et 48)
[1366] _Var._ Trahir ainsi mon aise! éteindre un feu si beau! (1634-57)
[1367] _Var._ Va querir mon amant: dussé-je la première. (1634-64)
[1368] _Var._ Je ne permettrai pas qu'il sorte d'avec moi. (1634-57)
[1369] _Var._ [Et tu doutes encor si j'ai vu ton forfait?] Monstre de trahisons, horreur de la nature, Viens çà que je t'étrangle. LA NOURR. Ah! ah! PHIL. Crache, parjure, Ton âme abominable et que l'enfer attend. LA NOURR. De grâce, quatre mots, et tu seras content. PHIL. Et je serai content! qui te fait si hardie D'ajouter l'impudence à tant de perfidie? (1634-57)
[1370] _Var._ Et quoi? n'est-elle pas au point où tu la veux? (1634-60)
[1371] _Var._ Flatter de vos discours les passions des dames. (1660)
[1372] _Var._ C'est n'y savoir enfin que ce qu'un chacun sait. (1654)
[1373] _Var._ J'ai su faire éclater avecque violence. (1634-57)
[1374] _Var._ Qui croira ton babil, la ruse est merveilleuse. (1634-57)
[1375] _Var._ Mais je vous parle en vain, vos yeux et vos oreilles Vous sont de bons témoins de toutes ces merveilles. (1634-57)
[1376] _Var._ Que ton subtil esprit emploie à ta défense. (1634-57)
[1377] _Var._ Si d'un mauvais dessein il tire un bon effet. (1634-57)
[1378] _Var._ Je reçois sans contrainte un amour téméraire; Mais si j'ose brûler, aussi sais-je me taire. (1634-57)
[1379] _Var._ En vain j'aurois appris que la seule espérance (1657)
[1380] _Var._ J'aime sans espérer, et je ne me promets Aucun loyer d'un feu qu'on n'éteindra jamais. L'amour devient servile, alors qu'il se propose Le seul espoir d'un prix pour son but et sa cause. (1634)
[1381] _Var._ Ne déguisons plus rien, mon Philiste, il est temps Qu'un aveu mutuel rende nos feux contents. (1634-57)
[1382] _Var._ Ne donne à mes amours qu'une moqueuse atteinte[1382-a]. (1634-54) _Var._ Ne donne à mes amours qu'une railleuse atteinte. (1660 et 63)
[1382-a] Dans l'édition de 1657, il y a _moqueuse feinte_, au lieu de _moqueuse atteinte_; mais c'est sans doute une faute d'impression.
[1383] _Var._ Tu veux qu'encore un coup je devienne effrontée, Pour te dire à quel point mon ardeur est montée: Tu la vois cependant en son extrémité, Et tu doutes encor de cette vérité? (1634-57)
[1384] _Var._ Tu le vois cependant en son extrémité. (1660)
[1385] _Var._ Oui, j'en doute, et l'excès de ma béatitude Est le seul fondement de mon incertitude. Ma reine, est-il possible, et me puis-je assurer. (1634)
[1386] _Var._ Qui prescrive une règle à mes affections. (1634-60)
[1387] _Var._ Puis-je pas disposer de ce que je te donne? (1634-57)
[1388] _Var._ Que termine bientôt notre heureux hyménée. (1663)
[1389] _Var._ Alcidon, averti de ce que vous brassez, Va rendre en un moment vos desseins renversés. (1634)
[1390] _Var._ Vous fera, s'il me croit, un dangereux parti. (1644-57)
[1391] _Var._ Elle-même le dupe, et par un contre-échange. (1634) _Var._ Elle-même le dupe, et par un contre-change. (1644-57)
[1392] _Var._ En écoutant ses voeux reçoit ceux de Florange. (1634-57)
[1393] _Var._ Eh! de grâce, ma vie, un peu de complaisance: Tandis que je te tiens, souffre qu'avec loisir. (1634-57)
[1394] _Var._ En peux-tu recevoir de l'entretien d'un homme Qui t'explique si mal le feu qui le consomme, Dont le discours est plat, et pour tout compliment N'a jamais que ce mot: «Je t'aime infiniment?» J'ai honte auprès de toi que ma langue grossière Manque d'expressions et non pas de matière. (1634-57)
[1395] _Var._ Et voir tous les ressorts de mon âme blessée. (1634-60)
[1396] _Var._ Que tu verrois un feu bien autre et bien plus grand. (1634-57)
[1397] _Var._ Pour y voir comme quoi ma passion m'engage. (1634) _Var._ Pour voir, jusqu'à quel point ma passion m'engage. (1644-60)
[1398] _Var._ Quitte, mon cher souci, quitte ce faux soupçon: Tu douterois à tort d'une chose si claire. (1634-57)
[1399] _Var._ Hélas! ma volonté sous une autre asservie. (1652-57)
[1400] _Var._ Je te fais vainement un don de ma franchise; Tu sais que ses grands biens ne regardent que moi. (1634-57)
[1401] _Var._ Si l'effet de mes voeux est hors de ma puissance. (1634-57)
[1402] _Var._ Qu'un baiser de nouveau t'en donne l'assurance. (1634-57)
[1403] _Var._ [Une preuve plus ample ou des garants meilleurs.] ALC. Que cette feinte est belle et qu'elle a d'industrie! DOR. On a les yeux sur nous, laisse-moi, je te prie. ALC. Crains-tu que cette vieille en ose babiller[1403-a]? DOR. Adieu, va maintenant où tu voulois aller. (1634-57)
[1403-a] Crains-tu que...? DOR. Cette vieille auroit de quoi parler. (1644-57)
[1404] _Var._ Qu'il te souvienne au moins que c'est moi qui te quitte. ALC. Quoi donc, sans un baiser? Je m'en passerai bien. (1634-57)
[1405] _Var._ ALCIDON, _seul_. (1660)
[1406] _Var._ Je la prends pour un autre et lui dis mon martyre. (1634, 48, 52 et 57)
[1407] _Var._ Et sa réponse, au point que je peux souhaiter. (1634)
[1408] _Var._ Cependant que le sien ressent ce que je feins. (1634-57)
[1409] _Var._ Paravant qu'il soit peu, Florange la possède. (1634-57)