Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome IV.
Chapter 39
_Lettre de Sa majesté impériale et royale au président du sénat._
Monsieur le comte Garnier, président du sénat, la satisfaction que nous fait éprouver l'heureuse grossesse de l'impératrice, notre très-chère et bien aimée épouse, nous porte à vous écrire cette lettre pour que vous fassiez part, en notre nom, au sénat de cet événement aussi essentiel à notre bonheur, qu'à l'intérêt et à la politique de notre empire. La présente n'étant à autre fin, nous prions Dieu qu'il vous ait, monsieur le comte Garnier, président du sénat, en sa sainte et digne garde.
NAPOLÉON.
Paris, l0 décembre 1810.
_Message de Sa Majesté impériale et royale au sénat._
Sénateurs,
J'ordonne à mon ministre des relations extérieures de vous faire connaître les différentes circonstances qui nécessitent la réunion de la Hollande à l'empire.
Les arrêts publiés par le consul britannique en 1806 et 1807, ont déchiré le droit public de l'Europe. Un nouvel ordre de choses régit l'univers; de nouvelles garanties m'étant devenues nécessaires, la réunion des embouchures de l'Escaut, de la Meuse, du Rhin, de l'Ems, du Wéser et de l'Elbe à l'empire, l'établissement d'une navigation intérieure avec la Baltique, m'ont paru être les premières et les plus importantes.
J'ai fait dresser le plan d'un canal qui sera exécuté avant cinq ans, et qui joindra la Baltique à la Seine.
Des indemnités seront données aux princes qui pourront se trouver froissés par cette grande mesure, que commande la nécessité, et qui appuie sur la Baltique la droite des frontières de mon empire.
Avant de prendre ces déterminations, j'ai fait pressentir l'Angleterre; elle a su que le seul moyen de maintenir l'indépendance de la Hollande était de rapporter ses arrêts du conseil de 1806 et 1807, ou de revenir enfin à des sentimens pacifiques; mais cette puissance a été sourde à la voix de de ses intérêts comme au cri de l'Europe.
J'espérais pouvoir établir un cartel d'échange des prisonniers entre la France et l'Angleterre, et par suite profiter du séjour des deux commissaires, à Paris et à Londres, pour arriver à un rapprochement entre les deux nations. Mes espérances ont été déçues. Je n'ai reconnu dans la manière de négocier du gouvernement anglais qu'astuce et que mauvaise foi.
La réunion du Valais est une conséquence prévue des immenses travaux que je fais faire depuis dix ans dans cette partie. Lors de mon acte de médiation, je séparai le Valais de la confédération helvétique, prévoyant dès-lors une mesure si utile à la France et à l'Italie.
Tant que la guerre durera avec l'Angleterre, le peuple français ne doit pas poser les armes.
Mes finances sont dans l'état le plus prospère. Je puis fournir à toutes les dépenses que nécessite cet immense empire, sans demander à mes peuples de nouveaux sacrifices.
NAPOLÉON.
Paris, 11 mars 1811. _Réponse de S. M. à différentes députations.
A la députation du département de Gènes._
«Mes peuples de Gènes connaissent la prédilection que j'ai eue pour eux dès le premier moment où j'ai paru à la tête de mes armées en Italie. Ils peuvent aussi se vanter avec raison de m'avoir été constamment fidèles, et leur attachement n'a fait qu'acquérir une nouvelle chaleur toutes les fois que la fortune de mes armes a été incertaine. Ils fournissent aujourd'hui un grand nombre de matelots à mes escadres, et lorsque mes amiraux m'ont rendu compte du zèle et du bon esprit qui les animaient, mon coeur en a été vivement ému.
Les momens ne sont pas éloignés où je vous mettrai à même de surpasser la gloire qu'ont acquise vos pères sur toutes les côtes de la Méditerranée.»
_A la députation de Marengo._
«Je vous remercie de ce que vous me dites. Les grands travaux que, depuis dix-huit ans, je fais faire à Alexandrie, rendent cette ville l'une des plus fortes de l'Europe: je compte sur la fidélité et la bravoure de mes peuples de Marengo.»
_A la députation de Tarn-et-Garonne._
«J'agrée vos-sentimens; j'en connais la sincérité. Lors de mon dernier voyage, j'ai été satisfait de tout ce que j'ai vu dans vos belles contrées, et spécialement dans ma bonne ville de Montauban. Comptez toujours sur mon affection.»
_A la députation de la Vendée._
«Tout ce que vous me dites dans votre adresse, je l'ai éprouvé lors de mon dernier voyage dans votre pays. Le spectacle que m'ont offert vos villages, dix ans après la guerre, m'a paru horrible. J'ai fait la guerre dans les trois parties du, monde, Je crois avoir des droits à la reconnaissance des peuples que j'ai vaincus; car, six mois après la guerre terminée, il n'en restait plus de traces sur leur territoire. J'ai été touché des sentimens que mes peuples de la Vendée m'ont témoignés. Ils ont raison de compter sur l'amour que je leur porte. Faites disparaître promptement ces traces de nos malheurs domestiques. J'ai mis, cette année, à la disposition de mon ministre de l'intérieur de nouveaux moyens pour vous y aider. Lorsque vous relevez une ruine, que vous rebâtissez une de vos maisons, songez que vous faites la chose qui m'est le plus agréable; c'est une manière sûre de me plaire. La première fois que vous reviendrez ici, dites-moi que toutes vos villes et villages sont entièrement rebâtis, et que mes peuples de la Vendée sont logés comme le comporte la fertilité de leur sol.»
Paris, 17 mars 1811.
_Réponse de l'empereur à une députation des villes de Hambourg, Lubeck et Brême._
«Messieurs les députés des villes anséatiques de Hambourg, Brême et Lubeck, vous faisiez partie de l'empire germanique: votre constitution a fini avec lui. Depuis ce temps votre situation était incertaine. Je voulais reconstituer vos villes sous une administration indépendante, lorsque les changemens qu'ont produits dans le monde les nouvelles lois du conseil britannique, ont rendu ce projet impraticable il m'a été impossible de vous donner une administration indépendante, puisque vous ne pouviez plus avoir un pavillon indépendant.
Les décrets de Berlin et de Milan sont la loi fondamentale de mon empire. Ils ne cessent d'avoir leur effet que pour les nations qui défendent leur souveraineté et maintiennent la religion de leur pavillon. L'Angleterre est en état de blocus pour les nations qui se soumettent aux arrêts de 1806, parce que les pavillons qui se sont ainsi soumis aux lois anglaises, sont dénationalisés; ils sont Anglais. Les nations, au contraire, qui ont le sentiment de leur dignité, et qui trouvent, dans leur courage et dans leurs forces, assez de ressources pour méconnaître le blocus par notification, vulgairement appelé _blocus sur le papier_, et aborder dans les ports de mon empire, autres que ceux réellement bloqués, en suivant l'usage reconnu et les stipulations du traité d'Utrecht, peuvent communiquer avec l'Angleterre, L'Angleterre n'est pas bloquée pour elles. Les décrets de Berlin et de Milan, dérivant de la nature des choses, formeront constamment le droit public de mon empire pendant tout le temps que l'Angleterre maintiendra ses arrêts de 1806 et 1807, et violera les stipulations du traité d'Utrecht sur cette matière. «L'Angleterre a pour principe de saisir les marchandises appartenant à son ennemi sous quelque pavillon qu'elles soient. L'empire a dû admettre le principe de saisir les marchandises anglaises ou provenant du commerce de l'Angleterre, sur quelque territoire que ce soit. L'Angleterre saisit les marchands, les voyageurs, les charretiers de la nation avec laquelle elle est en guerre sur toutes les mers. La France a dû saisir les voyageurs, les marchands, les charretiers anglais sur quelque point du continent qu'ils se trouvent et où elle peut les atteindre; et si dans ce système il y a quelque chose de peu conforme à l'esprit du siècle, c'est l'injustice des nouvelles lois anglaises qu'il faut en accuser.
Je me suis plu à entrer dans ces développemens avec vous, pour vous faire voir que votre réunion à l'empire est une suite nécessaire des lois britanniques de 1806 et 1807, et non l'effet d'aucun calcul ambitieux. Vous trouverez dans mes lois civiles une protection que, dans votre position maritime, vous ne sauriez plus trouver dans les lois politiques. Le commerce maritime, qui a fait votre prospérité, ne peut renaître désormais qu'avec ma puissance maritime. Il faut reconquérir à la fois les droits des nations, la liberté des mers et la paix générale. Quand j'aurai plus de cent vaisseaux de haut-bord, je soumettrai dans peu de campagnes l'Angleterre. Les matelots de vos côtes et les matériaux qui arrivent aux débouchés de vos rivières me sont nécessaires. La France, dans ses anciennes limites, ne pouvait construire une marine en temps de guerre: lorsque ses côtes étaient bloquées, elle était réduite à recevoir la loi. Aujourd'hui, par l'accroissement qu'a reçu mon empire depuis six ans, je puis construire, équiper et armer vingt-cinq vaisseaux de haut-bord par an, sans que l'état de guerre maritime puisse l'empêcher ou me retarder en rien.
Les comptes qui m'ont été rendus du bon esprit qui anime vos concitoyens, m'ont fait plaisir; et j'espère, avant peu, avoir à me louer du zèle et de la bravoure de vos matelots.»
Paris, 22 mars 1811.
_Réponse de l'empereur à une députation du sénat et du conseil d'état, envoyée pour le féliciter sur la naissance de son fils le roi de Rome.
Au Sénat._
Sénateurs,
«Tout ce que la France me témoigne dans cette circonstance va droit à mon coeur. Les grandes destinées de mon fils s'accompliront. Avec l'amour des Français, tout lui deviendra facile.
J'agrée les sentimens que vous m'exprimez.»
_Au conseil d'état._
Messieurs les conseillers d'état,
«J'ai ardemment désiré ce que la providence vient de m'accorder. Mon fils vivra pour le bonheur et la gloire de la France. Nos enfans se dévoueront pour son bonheur et sa gloire.
Je vous remercie des sentimens que vous m'exprimez.»
Saint-Cloud, 25 avril 1811.
_Lettre de l'empereur aux évêques de France, pour les inviter à se rassembler en concile._
«Monsieur l'évêque de.....les églises les plus illustres et les plus populeuses de l'empire sont vacantes; une des parties contractantes du concordat l'a méconnu. La conduite que l'on a tenue en Allemagne depuis dix ans a presque détruit l'épiscopat dans cette partie de la chrétienté: il n'y a aujourd'hui que huit évêques; grand nombre de diocèses sont gouvernés par des vicaires apostoliques; on a troublé les chapitres dans le droit qu'ils ont de pourvoir, pendant la vacance du siège, à l'administration du diocèse, et l'on a ourdi des manoeuvres ténébreuses tendantes à exciter la discorde et la sédition parmi nos sujets. Les chapitres ont rejeté des brefs contraires à leurs droits et aux saints canons.
Cependant les années s'écoulent, de nouveaux évêchés viennent à vaquer tous les jours: s'il n'y était pourvu promptement, l'épiscopat s'éteindrait en France et en Italie comme en Allemagne. Voulant prévenir un état de choses si contraire au bien de notre religion, aux principes de l'église gallicane, et aux intérêts de l'état, nous avons résolu de réunir, au 9 juin prochain, dans l'église de Notre-Dame de Paris, tous les évêques de France et d'Italie en concile national.
Nous désirons donc qu'aussitôt que vous aurez reçu la présente, vous ayez à vous mettre en route, afin d'être arrivé dans notre bonne ville de Paris dans la première semaine du mois de juin.
Cette lettre n'étant à autre fin, nous prions Dieu qu'il vous ait en sa sainte garde.»
NAPOLÉON.
Rambouillet, 18 août 1811.
_Lettre de l'empereur aux evêques._
«Monsieur l'évêque de........, la naissance du roi de Rome est une occasion solennelle de prières et de remercîmens envers l'auteur de tous biens. Le 9 juin, jour de la Trinité, nous irons nous-même le présenter au baptême dans l'église de Notre-Dame de Paris. Notre intention est que le même jour nos peuples se réunissent dans leurs églises pour assister au _Te Deum_, et joindre leurs prières et leurs voeux aux nôtres.
Concertez-vous à cet effet avec qui de droit, et remplissez nos intentions avec le zèle dont vous avez donné des preuves réitérées. Cette lettre n'étant à autre fin, nous prions Dieu, etc.»
NAPOLÉON.
Paris, 17 juin 1811.
_Discours de l'empereur à l'ouverture du corps-législatif._
«Messieurs les députés des départemens au corps-législatif,
La paix conclue avec l'empire d'Autriche a été depuis cimentée par l'heureuse alliance que j'ai contractée: la naissance du roi de Rome a rempli mes voeux et satisfait à l'avenir de mes peuples.
Les affaires de la religion ont été trop souvent mêlées et sacrifiées aux intérêts d'un état du troisième ordre. Si la moitié de l'Europe s'est séparée de l'église de Rome, on peut l'attribuer spécialement à la contradiction qui n'a cessé d'exister entre les vérités et les principes de la religion, qui sont pour tout l'univers, et des prétentions et des intérêts qui ne regardaient qu'un très-petit coin de l'Italie. J'ai mis fin à ce scandale pour toujours. J'ai réuni Rome à l'empire. J'ai accordé; des palais aux papes, à Rome et à Paris: s'ils ont à coeur les intérêts de la religion, ils voudront séjourner souvent au centre des affaires de la chrétienté; c'est ainsi que Saint Pierre préféra Rome au séjour même de la Terre-Sainte.
La Hollande a été réunie à l'empire; elle n'en est qu'une émanation. Sans elle, l'empire ne serait pas complet.
Les principes adoptés par le gouvernement anglais, de ne reconnaître la neutralité d'aucun pavillon, m'ont obligé de m'assurer des débouchés de l'Ems, du Weser et de l'Elbe, et m'ont rendu indispensable une communication intérieure avec la Baltique. Ce n'est pas mon territoire que j'ai voulu accroître, mais bien mes moyens maritimes.
L'Amérique a fait des efforts pour faire reconnaître la liberté de son pavillon. Je la seconderai.
Je n'ai qu'à me louer des souverains de la confédération du Rhin.
La réunion du Valais avait été prévue dès l'acte de médiation, et considérée comme nécessaire pour concilier les intérêts de la Suisse avec les intérêts de la France et de l'Italie.
Les Anglais mettent en jeu toutes les passions. Tantôt ils supposent à la France tous les projets qui peuvent alarmer les autres puissances; projets qu'elle aurait pu mettre à exécution s'ils étaient entrés dans sa politique: tantôt ils font un appel à l'amour propre des nations pour exciter leur jalousie; ils saisissent toutes les circonstances que font naître les événemens inattendus des temps où nous nous trouvons: c'est la guerre dans toutes les parties du continent qui peut seule assurer leur prospérité. Je ne veux rien qui ne soit dans les traités que j'ai conclus. Je ne sacrifierai jamais le sang de mes peuples pour des intérêts qui ne sont pas immédiatement ceux de mon empire. Je me flatte que la paix du continent ne sera pas troublée.
Le roi d'Espagne est venu assister à cette dernière solennité. Je lui ai accordé tout ce qui était nécessaire et propre à réunir les intérêts et l'esprit des différens peuples de ses provinces. Depuis 1809, la plupart des places fortes d'Espagne ont été prises après des sièges mémorables. Les insurgés ont été battus dans un grand nombre de batailles rangées. L'Angleterre a compris que cette guerre tournait à sa fin, et que les intrigues et l'or n'étaient plus suffisans désormais pour la nourrir. Elle s'est trouvée contrainte à en changer la nature; et d'auxiliaire, elle est devenue partie principale. Tout ce qu'elle a de troupes de ligue a été envoyé dans la péninsule: l'Angleterre, l'Écosse, l'Irlande sont dégarnies. Le sang anglais a enfin coulé à grands flots dans plusieurs actions glorieuses pour les armes françaises.........Cette lutte contre Carthage, qui paraissait devoir se décider sur les champs de bataille de l'Océan ou au-delà des mers, le sera donc désormais dans les plaines des Espagnes! Lorsque l'Angleterre sera épuisée, qu'elle aura enfin ressenti les maux qu'avec tant de cruauté elle verse depuis vingt ans sur le continent, que la moitié de ses familles sera couverte du voile funèbre, un coup de tonnerre mettra un aux affaires de la péninsule, aux destins de ses armées, et vengera l'Europe et l'Asie en terminant cette seconde guerre punique.
Messieurs les députés des départemens au corps-législatif,
J'ordonne à mon ministre de mettre sous vos yeux les comptes de 1809 et 1810. C'est l'objet pour lequel je vous ai réunis. Vous y verrez la situation prospère de mes finances. Quoique j'aie mis, il y a trois mois, cent millions d'extraordinaire à la disposition de mes ministres de la guerre, pour subvenir aux dépenses des nouveaux armemens qui alors paraissaient nécessaires, je me trouve dans l'heureuse situation de n'avoir à imposer aucune nouvelle surcharge à mes peuples. Je ne hausserai aucun tarif; je n'ai besoin d'aucun accroissement dans les impositions.»
Paris, 30 juin 1811.
_Réponse de l'empereur à une députation du corps-législatif envoyée après le baptême du roi de Rome._
«Monsieur le président et messieurs les députés du corps-législatif,
J'ai été bien aise de vous voir auprès de moi dans cette circonstance si chère à mon coeur.
Tous les voeux que vous formez pour l'avenir me sont très-agréables. Mon fils répondra à l'attente de la France; il aura pour vos enfans les sentimens que je vous porte. Les Français n'oublieront jamais que leur bonheur et leur gloire sont attachés à la prospérité de ce trône que j'ai élevé, consolidé et agrandi avec eux et pour eux: je désire que ceci soit entendu de tous les Français. Dans quelque position que la Providence et ma volonté les aient placés, le bien, l'amour de la France est leur premier devoir.
J'agrée vos sentimens.»
Paris, 18 août 1811.
_Réponse de l'empereur à deux députations, l'une du département de la Lippe et l'autre des Iles Ioniennes.
A celle de la Lippe._
«Messieurs les députés du département de la Lippe, la ville de Munster appartenait à un souverain ecclésiastique, déplorable effet de l'ignorance et de la superstition. Vous étiez sans patrie. La Providence, qui a voulu que je rétablisse le trône de Charlemagne, vous a fait naturellement rentrer, avec la Hollande et les villes anséatiques, dans le sein de l'empire. Du moment où vous êtes devenus Français, mon coeur ne fait pas de différence entre vous et les autres parties de mes états. Aussitôt que les circonstances me le permettront, j'éprouverai une vive satisfaction de me trouver au milieu de vous.»
_A celle des Iles Ioniennes._
«Messieurs les députés des Iles Ioniennes, j'ai fait faire dans votre pays de grands travaux. J'y ai réuni un grand nombre de troupes et de munitions de toute espèce. Je ne regrette pas les dépenses que Corfou coûte à mon trésor; elle est la clé de l'Adriatique.
Je n'abandonnerai jamais des îles que la supériorité de l'ennemi sur mer a fait tomber en son pouvoir. Dans l'Inde, comme dans l'Amérique, comme dans la Méditerranée, tout ce qui est et a été Français, le sera constamment. Conquis par l'ennemi, par les vicissitudes de la guerre, ou par les stipulations de la paix, je regarderais comme une tache ineffaçable à la gloire de mon règne, de sanctionner jamais l'abandon d'un seul Français.
J'agrée les sentimens que vous m'exprimez.»
FIN DU CINQUIÈME VOLUME.