Œuvres de Napoléon Bonaparte, Tome I.
Chapter 4
«Indépendamment de la réunion des conjectures, qui vient d'être établie par ce qui précède, nous croyons être encore à même de prouver que Touquin d'Oddo et ses descendans remontent sans nul doute à Buonaparte gibellin, ainsi que nous l'avons déjà avancé plusieurs fois. Nos conjectures sont d'autant plus fondées, que nous trouvons dans un ancien registre de la famille des exposans, du commencement de l'année 1518, avant l'érection de la principauté, à la page 20, une note dont copie authentique se trouvera à la suite de la présente instruction. La vérité qui jaillit de cette note émane d'une personne respectable; elle a eu lieu également dans un temps non suspect; il faut donc en conclure que ce document mérite la plus grande confiance, quoiqu'il ne soit an surplus qu'un complément des preuves de noblesse que nous sommes en état de donner. Il faut en conclure également que cette même noblesse est établie et confirmée par probabilités ou vraisemblances qui peuvent être rangées au nombre des choses légales et authentiques. Ces probabilités, outre les raisons précédemment alléguées, dérivent incontestablement de trouver réunis, à la même époque et dans le même grade, d'une part, le colonel messire Jacopo di Giorgio, jusqu'à Buonaparte gibellin, et de l'autre, notre colonel Giovanni di Jaccopo jusqu'au même Buonaparte: En suivant même la proportion des temps, il ne paraîtrait pas impossible que lesdits Jacopo et Gio soyent tous les deux descendans du même Buonaparte, et cette probabilité, disons plus, cette vérité, se fortifie par l'apparition seule des personnes, qui, ayant lieu dans le même temps, leur fait assigner avec beaucoup de vraisemblance une origine commune. «Mais quand même cette noble origine ne serait pas établie, comme elle l'est, n'y a-t-il pas lieu de reconnaître, en passant a l'examen de la seconde proposition, que la famille Buonaparte se trouve liée aux familles les plus considérées de Florence, en ligne directe. Son séjour ancien et habituel dans cette dernière ville, ses armoiries, en un mot, c'est-à-dire le râteau rouge avec la fleur de lys d'or, armoiries données aux familles nobles par le roi Charles Ier, ainsi que la croix du peuple florentin, dont elle est depuis long-temps en possession, sont des preuves de sa noblesse qui attestent même qu'elle remonte au temps des gibellins. «A la vérité, les marques de noblesse données par le peuple ne s'accordèrent qu'aux familles d'un rang élevé, et le plus souvent, comme chacun le sait, à celles des mêmes familles qui s'empressèrent d'abjurer le parti des gibellins pour acquérir de la popularité. Quelques-uns des nôtres ont fait cette abjuration au moment même où ils recevaient les armoiries,. d'autres, depuis la décapitation du susdit Leonardi. «Privée des honneurs populaires, cette famille s'est considérée comme déchue de sa grandeur, et fut en butte à toutes sortes de mauvais traitemens, jusqu'à l'érection de la principauté. Alors seulement, voulant ne pas laisser perdre une illustration justement acquise, elle a relevé pour elle-même des faits qui avaient été tenus secrets, non pas tant, peut-être, pour en dissiper l'odieux que pour prouver qu'elle ne renonçait pas à ses droits, comme l'ont fait nombre d'autres familles, en refusant les armoiries et les alliances qui les auraient rendues agréables au peuple, en suivant l'impulsion du pays.
«Venons à l'autre point de notre exposé. Il est fondé sur ce que nous venons de dire, qu'en 1571, le chevalier Fausto Beltramini de Siena, voulant prendre la croix de St.-Étienne, non par grâce, mais d'après justice, établit le quartier de noblesse de Buonaparte par Catherina sa mère, fille de Gio, fils de notre Benedetto Buonaparte. Il prouva de même la noblesse d'Attavanti par la mère de Catherina, et en remontant jusqu'au premier grade de noblesse de Buonaparte à Florence, dans le temps même de la république, preuves qui émanent des documens des magistrats de San-Miniato depuis 1570 jusqu'à 1571, où ils s'expriment ainsi qu'il suit, au sujet des auteurs des exposans: «_c'est bien volontairement qu'ils s'en sont abstenus, à cause de leur droit de cité à Florence_,» et comme l'atteste plus clairement encore le témoignage de messire Antonio de Gucci de San-Miniato.
«_Premier témoin_. Il se rappelle avoir vu ledit Gio-Buonaparte, père de ladite Catherina, icelle mère dudit Fausto, en qualité de gentilhomme et homme d'armes de M.Valerio Orsini, aux appointemens de la république de Florence. Sur ces documens généraux, a été accordé le quartier de noblesse à Buonaparte par le conseil de Pise, avec une mention honorable sur le rapport qui en a été fait au sérénissime grand-maître.
«Les motifs de ce rapport ont été, que la famille de Buonaparte a joui du droit de cité à Florence et à Lucques; que plusieurs membres de cette famille avaient rempli l'emploi de _vedut_ du collège, que d'autres ont eu des emplois au dehors; mais comme dans le temps San-Miniato n'avait pas de siège épiscopal, et que par conséquent ces familles ne pouvaient, en vertu des statuts de l'ordre, être admises aux preuves judiciaires, à l'effet de prendre l'habit, d'après le chapitre 3 du même statut, «_le candidat doit être de la nation et né dans la ville_,» malgré l'application de ce principe aux autres quartiers de noblesse, la justice ne put les étendre jusqu'au quartier de Buonaparte, c'est-à-dire à l'ancienne et noble origine de Buonaparte gibellin et à ses auteurs, quoiqu'ils fussent dès lors considérés comme grands.
«On voit en second lieu que la jouissance des emplois des collèges mentionnée au susdit rapport, avec l'approbation du saint ordre militaire, qui l'admettait même comme preuve judiciaire, concession semblable à celle faite a la famille Jeppi, ne peut s'expliquer autrement que par les preuves fournies par la famille Buonaparte et par Beltramini, de la possession des prérogatives du grade noble de Florence. Or, suivant les lois réglementaires de ce corps de noblesse, elle doit être placée au rang des patriciens.
«Mais pour éclaircir davantage ce qui vient d'être exposé, nous donnerons l'assurance que les preuves des titres des Buonaparte, faites par Beltramini dans la personne de Catherina di Gio di Benedetto Buonaparte, l'auteur commun, furent faites comme de famille florentine, sanctionnées par le saint ordre militaire. Ceci fit reconnaître judiciairement le quartier de Buonaparte à Ridolfi, soixante-dix ans après les preuves de Beltramini. Si tel a été l'effet des preuves de Beltramini, à plus forte raison les Buonaparte ont le droit de demander à être, comme les Ridolphi, reconnus nobles et de famille florentine.
«En résumant aux yeux de leurs seigneuries illustrissimes ce qui vient d'être examiné et discuté, la famille Buonaparte a le droit d'être classée parmi les grands ou gibellins, d'après le §10 de l'instruction de la loi sur la noblesse, ou d'être reconnue judiciairement pour famille florentine aux ordres nobles, suivant le §5 de la même loi. Mais dans l'un comme dans l'autre cas, leurs seigneuries illustrissimes ne peuvent manquer de reconnaître le droit de cette même famille au patriciat florentin, ce qu'elle attend de leur bienveillance et de leur justice, se faisant du reste un honneur de les avoir pour juges.»
À la suite de cette pièce, s'en trouvait une autre contenant le dessin et la description des armoiries de Bonaparte.
«Les armes de la famille de Bonaparte sont un champ rouge avec deux raies blanches en bandes, et deux étoiles également blanches, l'une dessous, l'autre au-dessus des bandes. Au chef de l'écu, dans un champ d'azur, est un rateau rouge et deux fleurs de lys d'or. Au milieu du rateau, un champ blanc avec croix rouge.
«On voit de ces armes en beaucoup d'endroits à Florence, dans le cloître du St.-Esprit, au lieu de leur sépulture, et dans divers endroits de la ville de San-Miniato. Elles se trouvent aussi parmi les procédures faites au sujet de la profession de religion de St.-Etienne, par le chancelier Fausto Beltraroini, chevalier judiciaire de cet ordre militaire et sacré en l'année 1671, lesquelles procédures prouvent le quartier maternel de la famille Buonaparte.
«Les armes de la branche des Franchini de San-Miniato sont un champ d'or, et un pin au milieu. Au chef de l'ecu, est un rateau rouge dans un champ d'azur, avec trois fleurs de lys d'or.»
L'Arbre généalogique de la famille Buonaparte, dressé d'après les pièces produites, venait ensuite et était suivi:
1°. De renseignemens concernant la personne de Buonaparte gibellin et de ses fils exilés.
2°. D'autres documens concernant Leonardo d'Antonio, décapité comme gibellin.
3°. D'un Mémoire de Jules, fils de Jean Buonaparte, extrait d'un ancien livre de la famille des exposans.
4°. D'un document qui établit que Moccio Buonaparte est fils d'Oddo.
5°. D'un arbre des décimes de la famille.
6°. D'une attestation des gabelles et autres documens concernant les mariages et lignées de l'une et l'autre branche des Buonaparte. 7°. D'une attestation de l'office des traites, comme dépendance du collège et d'autres bureaux également pour les deux susdites branches.
8°. De preuves que leurs parens, depuis 1738, se sont surnommés Buonaparte, avec la jouissance du priorat.
9°. D'extraits de baptême des auteurs de la requête.
10°. D'un document sur le patrimoine ancien et actuel de la famille;
Sur les personnes constituées en dignités dans ladite famille;
Sur les nobles et anciens tombeaux de cette même famille dans San-Miniato et a Florence.
11°. D'un acte de notoriété de San-Miniato pour la famille de Buonaparte en 1571.
12°. D'une enquête sur leur famille, pour prouver judiciairement leur quartier, à l'ordre de Saint-Etienne, comme famille florentine.
13°. Des motifs des chevaliers rapporteurs pour accorder ledit quartier.
14°. Des motifs d'autres chevaliers rapporteurs auprès des grands-maîtres dudit ordre, pour octroyer judiciairement ledit quartier à d'autres Buonaparte.
15°. De preuves de l'établissement dans San-Miniato de l'ancienneté de la famille de messire Jacopo, fils de messire Giorgio Buonaparte.
Ces pièces, d'un intérêt secondaire, établissent cependant d'une manière authentique l'ancienneté de l'origine de cet homme extraordinaire, dont la naissance fut sans doute le moindre mérite. Il appartient tout entier au domaine de l'histoire: l'équitable postérité établira d'une manière invariable le rang qu'il mérite, et que ne peuvent aujourd'hui lui assigner ni l'enthousiasme ni la haine.
PRÉCIS CHRONOLOGIQUE ET HISTORIQUE DE LA VIE DE NAPOLÉON BONAPARTE.
1769
15 _août_.--Naissance de Napoléon Bonaparte à Ajaccio, dans l'île de Corse: son père, Charles Bonaparte; sa mère, Letitia Ramolini; son parrain, le célèbre Paoli, dont l'exemple contribua puissamment au développement des facultés de Napoléon.
1777.
_Septembre_.--Elevé d'abord au collège d'Autun, le jeune Bonaparte est reçu par la protection de M. de Marboeuf, gouverneur de l'Ile de Corse, à l'école royale militaire de Brienne en Champagne.
1784.
Bonaparte est compris dans la promotion d'élèves qui passent de Brienne à l'école de Paris.
1787.
Après des examens brillans, il est nommé sous-lieutenant d'artillerie au régiment de Lafère.
1788.
Il part de Paris avec Paoli pour se rendre en Corse.
1789.
Nommé lieutenant-colonel de la garde nationale d'Ajaccio, il seconde le général Paoli et perfectionne sous lui ses études de l'art militaire.
1792.
Banni de l'île de Corse par les factieux qui se disputaient l'autorité, Bonaparte revient en France, débarque à Marseille, et reprend presque aussitôt un service actif dans les armées de la république.
1793 (an 1er de la république.)
26 _juillet_ (8 thermidor.)--Commandant en sa qualité de lieutenant l'artillerie du corps d'armée du général Carteaux, qui faisait la guerre aux Marseillais insurgés contre la convention, il reprend Avignon, dont ceux-ci s'étaient emparés.
28 _juillet_ (10 thermidor.)--Il s'empare de Beaucaire, aussi occupée par les Marseillais.
Employé ensuite au siège de Toulon, dans l'armée du brave général Dugommier, Bonaparte est nommé chef de bataillon, commande l'artillerie pendant l'absence du général Dommartin, il y est blessé; se fait distinguer par les représentans du peuple dans toutes les affaires qui eurent lieu durant ce siège mémorable, contribue puissamment à la reprise de cette ville livrée aux Anglais, et jette d'une manière solide les premiers fondemens de cette gloire militaire qui devait avoir tant d'éclat.
1794 (an II.)
29 _avril_. (10 floréal.)--Bonaparte, envoyé après le siège de Toulon à l'armée d'Italie, commandée par le général Dumerbion, se distingue de nouveau à la prise de Saorgio, dans le comté de Nice. Il est nommé général de brigade par les représentans du peuple. Devenu suspect peu de temps après, il est le premier officier de l'armée d'Italie contre lequel le comité de sûreté générale décerna un mandat d'arrêt. Arrêté aux avant-postes de l'armée, il est conduit au fort carré d'Antibes.
1795(an III.)
En butte à la haine du représentant Aubry, qui dirigeait la partie militaire dans le comité de salut public, Bonaparte est destitué, réintégré, destitué de nouveau, puis emprisonné; ayant enfin obtenu sa liberté et recouvré des protecteurs, il est nommé commandant de l'artillerie en Hollande; mais retenu par Barras, il ne se rend point à sa destination.
3 _octobre_ (11 vendémiaire an IV.)--Barras le fait nommer commandant de l'artillerie à Paris.
5 _octobre_ (13 vendémiaire.)--Bonaparte réduit les sections insurgées contre la convention.
10 _octobre_ (18 vendémiaire.)--Il est récompensé du service qu'il a rendu à la convention par sa nomination au commandement en second de l'armée de l'intérieur et de Paris.
30 _octobre_ (8 brumaire.)--Commandant en chef de la même armée en remplacement de Barras, démissionnaire, il reçoit en outre la fonction de veiller à la police de Paris.
1796 (an IV.)
23 _février_ (4 ventose.)--Nommé par le directoire commandant en chef de l'armée d'Italie, en remplacement du général Schérer.
8 _mars_ (18 ventose.)--Bonaparte épouse Joséphine Tascher de la Pagerie, veuve du vicomte de Beauharnais.
11 _mars_ (21 ventose.)--Il part de Paris pour se rendre en Italie, et passe par Marseille pour y visiter sa famille.
20 _mars_ (30 ventose.)--Il prend à Nice le commandement de l'armée d'Italie, qu'il trouve dans le dénuement le plus complet; en peu de jours, elle fut par ses soins pourvue d'habillemens et de subsistances. Bonaparte n'avait alors que 26 ans.
10 _avril_ (21 germinal.)--Il commence les hostilités contre l'armée autrichienne, commandée par le général Beaulieu.
11 _avril_ (22 germinal.)--Bataille et victoire de Montenotte.
14 _avril_ (25 germinal.)--Bataille et victoire de Millesimo. Dans ces deux batailles, qui avaient pour but de séparer les deux armées piémontaise et autrichienne, le jeune général français bat complètement deux vieux guerriers consommés, les généraux Colli et Beaulieu.
16 _avril_. (27 germinal.)--Combat de Dego.
17 _avril_. (28 germinal.)--Prise du camp retranché de Ceva.
22 _avril_ (3 floréal.)--Bataille de Mondovi. Le général Beaulieu est défait de nouveau.
25 _avril_ (6 floréal.)--Prise de Cherasco.
28 _avril_ (9 floréal.)--Bonaparte conclut un armistice avec le général piémontais Colli, et se fait céder les forteresses de Coni, Tortone et Ceva.
6 _mai_ (17 floréal.) Le général Bonaparte demande au directoire des artistes pour recueillir les monumens des arts que ses conquêtes mettent à la disposition du gouvernement français.
7 _mai_ (18 floréal.)--Passage du Pô par l'armée française, et combat de Fombio.
9 _mai_ (20 floréal.)--Armistice conclu entre Bonaparte et le duc de Parme.
11 _mai_ (22 floréal.)--Passage du pont de Lodi, et déroute de l'armée de Beaulieu.
12 _mai_ (23 floréal.)--Prise de Pizzighitone.
15 _mai_ (25 floréal.)--Entrée triomphale du général Bonaparte à Milan, capitale de la Lombardie.
22 _mai_ (3 prairial.)--Prise de Pavie.
29 _mai_ (10 prairial.)--Passage du Mincio et victoire de Borghetto.
3 _juin_ (15 prairial.)--Prise de Vérone, où Louis XVIII se trouvait quinze jours auparavant.
4 _juin_ (16 prairial)--Arrivée de Bonaparte devant Mantoue, et premier investissement de cette place fameuse.
15 _juin_ (27 prairial.)--Armistice conclu par Bonaparte entre la France et le roi de Naples.
19 _juin_ (1er messidor.)--Prise de Bologne et de Modène.
23 juin (5 messidor.)--Armistice accordé au pape par Bonaparte.
29 _juin_ (11 messidor.)--Prise de Livourne.
7 _juillet_ (19 messidor.)--Combat de la Bocchetta di Campion.
18 _juillet_ (30 messidor.)--Combat de Migliaretto.
20 _juillet_ (2 thermidor.)--Première sommation faite à Mantoue; siège régulier de cette place.
29 _juillet_ (11 thermidor.)--Combat de Salo; le général Bonaparte apprenant qu'une armée autrichienne, commandée par le maréchal Wurmser, est en marche pour lui faire lever le siège de Mantoue, se porte lui-même avec toutes ses forces à la rencontre de son nouvel ennemi.
3 _août_ (16 thermidor.)--Bataille de Castiglione et combat de Lonato; l'armée du général Wurmser est mise en déroute.
6 _août_ (19 thermidor.)--Combat de Peschiera.
11 _août_ (24 thermidor.)--Combat de la Corona, reprise de toutes les lignes sur le Mincio, et continuation du siège de Mantoue.
24 _août_ (7 fructidor.)--Combat de Borgoforte et de Goveruolo.
3 _septembre_ (17 fructidor.)--Combat de Serravalle.
4 _septembre_ (18 fructidor.)--Combat de Roveredo.
5 _septembre_ (19 fructidor.)--Prise de Trente.
7 _septembre_ (21 fructidor.)--Combat de Covolo.
8 _septembre_ (22 fructidor.)--Combat de Bassano.
12 _septembre_ (26 fructidor.)--Combat de Cerca.
13 _septembre_ (27 fructidor.)--Prise de Legnago; le même jour, le général Wurmser ne pouvant plus se maintenir en campagne, se jette dans Mantoue pour y chercher un refuge.
14 _septembre_. (28 fructidor.)--Combat de Due-Castelli.
15 _septembre_ (29 fructidor.)--Combat de St.-Georges.
1796 (an V.)
8 _octobre_ (17 vendémiaire.)--Bonaparte se fait livrer la ville de Modène.
19 _octobre_ (28 vendémiaire.)--Une division française commandée par le général Gentili, et envoyée par Bonaparte, descend dans l'île de Corse, alors occupée par les Anglais.
22 _octobre_ (1er brumaire.)--L'île de Corse, conquise par les soldats de Bonaparte, redevient partie intégrante de la république française.
27 _octobre_(6 brumaire.)--Prise de Bergame.
6 _novembre_ (16 brumaire)--Combat sur la Brenta.
11 _novembre_ (21 brumaire.)--Combat de Caldiero.
15, 16, 17 _novembre_ (25, 26, 27 brumaire.)--Bataille d'Arcole; une troisième armée autrichienne, envoyée par la cour de Vienne, et commandée par le général Alvinzi, est mise en fuite.
18 _novembre_ (28 brumaire.)--Bonaparte donne son approbation à la constitution rédigée par le sénat de Bologne pour la république cisalpine.
1797 (an V.)
14 _janvier_ (20 nivose.)--Bataille de Rivoli; les Autrichiens sont mis en pleine déroute, et le général Alvinzi qui les commandait parvient à peine à se sauver.
15 _janvier_ (26 nivose.)--Combat d'Anghiari.
16 _janvier_ (27 nivose.)--Combat de St.-Georges.
26 _janvier_ (6 pluviose.)--Bonaparte stipule avec le marquis de Manfredini l'évacuation de la Toscane. Décret qui accorde, à titre de récompense, aux généraux Bonaparte et Augereau, les drapeaux pris par eux à la bataille d'Arcole sur les bataillons ennemis.
26 _janvier_ (7 pluviose.)--Combat de Carpenedolo.
27 _janvier_ (8 pluviose.)--Combat de Derumbano.
30 _janvier_ (11 pluviose.)--Les gorges du Tyrol sont forcées et les Français font leur entrée dans Trente.
1er _février_ (13 pluviose.)--Bonaparte rompt l'armistice accordé au pape, et fait envahir la Romagne par ses troupes.
3 _février_ (15 pluviose.)--Capitulation du général Wurmser, et reddition de Mantoue. Bonaparte, blâmé par ses généraux d'avoir accordé à Wurmser des conditions trop avantageuses, leur fait cette réponse mémorable: _J'ai voulu honorer en lui la vieillesse et la valeur guerrière malheureuse_. Les rivaux de Napoléon ont mal suivi cet exemple donné par Bonaparte.
4 _février_ (16 pluviose.)--Défaite des troupes du pape sur le Sinio.
9 _février_ (21 pluviose.)--Prise d'Ancône.
10 _février_ (22 pluviose.)--Prise de Lorette; Bonaparte s'empare de la fameuse statue de la vierge qui y était adorée depuis des siècles, et l'envoie au directoire.
12 _février_ (24 pluviose.)--Le pape Pie VI écrit à Bonaparte, pour lui demander la paix; le même jour, les Français parviennent jusqu'à Macerotte, à quarante lieues de Rome.
19 _février_ (1er ventose.)--Traité de paix conclu par Bonaparte, entre la république française et le pape Pie VI; celui-ci renonce à toutes ses prétentions sur Avignon et sur le comtat venaissin, cède à perpétuité à la république française Bologne, Ferrare et la Romagne; il cède en outre tous les objets d'art demandés par Bonaparte, tels que l'Apollon du Belvédère, la Transfiguration de Raphaël, etc., etc., rétablit l'école française à Rome, et paye à titre de contribution militaire treize millions en argent ou en effets précieux.
22 _février_ (4 ventose.)--Bref du pape Pie VI au général Bonaparte, dans lequel, entr'autres titres, il lui donne celui de _son cher fils_.
26 _février_ (2 ventose.)--Bonaparte envoie au corps législatif les trophées de Mantoue.
2 _mars_ (12 ventose.)--Combat de Monte-di-Sover.
10 _mars_. (20 ventose.)--Combat de Bellune.
12 _mars_ (22 ventose.)--Combat de San-Salvador.
13 _mars_ (23 ventose.)--Combat de Sacile.
16 _mars_ (26 ventôse.)--Bataille du Tagliamento, entre les Autrichiens commandés par le prince Charles, et les Français aux ordres de Bonaparte; l'armée autrichienne est mise en déroute.
19 _mars_ (29 ventôse.)--Combat de Gradisca.
22 _mars_ (2 germinal.)--Combat et prise de Bolzen.
23 _mars_ (3 germinal.)--Prise de Trieste.
31 _mars_ (11 germinal.)--Lettre de Bonaparte à l'archi duc Charles, dans laquelle il invite le prince autrichien à s'unir à lui pour arrêter le fléau de la guerre.
2 _avril_ (i3 germinal.)--Combat de Neumarck.
7 _avril_(18 germinal.)--Armistice conclu à Indinbourg, entre le général Bonaparte et le prince Charles; l'armée française n'était qu'à trente lieues de Vienne.
13 _avril_ (24 germinal.)--Jour où expirait l'armistice, Bonaparte enveloppe l'armée autrichienne.
15 _avril_ (26 germinal.)--Le général en chef Bonaparte, au nom de la république française, et les généraux Belgarda et Nubbewed, au nom de l'empereur, signent à Léoben les préliminaires de la paix.
24 _avril_ (5 floréal.)--Prise de Vérone, qui, à l'instigation des Vénitiens, s'était révoltée contre les Français. Bonaparte fait envahir tous les états de terre-ferme de la république de Venise.
3 _mai_ (14 floréal.)--Manifeste du général Bonaparte, dans lequel il expose la conduite du gouvernement vénitien, et lui déclare la guerre.
11 _mai_ (22 floréal.)--L'armée française étant campée sous les murs de Venise, la noblesse prend la fuite, le doge abdique, une horrible anarchie s'établit dans la ville; les meilleurs citoyens appellent les Français pour la faire cesser.
16 _mai_ (27 floréal.)--Les Français prennent possession de la ville et des forts de Venise.
3 _juin_ (15 prairial.)--Bonaparte envoie au directoire les drapeaux pris sur les Vénitiens.
6 _juin_ (18 prairial.)--Convention de Montebello entre le général Bonaparte et les députés de Gènes.
9 _juillet_ (21 messidor.)--La république cisalpine est instituée sous l'influence du général Bonaparte.
26 _juillet_ (7 thermidor,)--Bonaparte réunit la Romagne à la république cisalpine.
22 _août_ (5 fructidor.)--Bonaparte part de Milan pour se rendre au congrès d'Udine.
1797 (an VI.)