Œuvres complètes de lord Byron, Tome 13 Comprenant ses mémoires publiés par Thomas Moore

Part 21

Chapter 213,795 wordsPublic domain

25.»Car dans son corps il préparait un pur temple de justice pour tous les âges;

26.»Et c'est en lui que, quand nous croyons, nous sommes sauvés.

27.»Sachez donc que ces hommes sont, non pas les enfans de la justice, mais les enfans de la colère;

28.»Lesquels éloignent d'eux la compassion de Dieu;

29.»Lesquels disent que ni les cieux ni la terre ne furent les oeuvres produites par la main du père de toutes choses.

30.»Mais ces hommes maudits ont la doctrine du serpent.

31.»Mais vous, par la grâce de Dieu, retirez-vous loin d'eux, et bannissez loin de vous la doctrine des méchans.

32.»Car vous n'êtes pas les enfans de la rebellion, mais les fils de l'église bien-aimée.

33.»Et c'est pour cela que le tems de la résurrection est prêché à tous les hommes.

34.»Donc ceux qui affirment qu'il n'y a pas de résurrection de la chair, ne sont point appelés à la vie éternelle;

35.»Mais c'est pour être jugé et condamné que l'incrédule ressuscitera en chair;

36.»Car à ce corps qui renie la résurrection du corps, la résurrection ne sera pas accordée, puisqu'il y a des hommes qui repoussent la résurrection.

37.»Mais vous, Corinthiens! vous avez appris, d'après l'exemple du blé et des autres semences;

38.»Qu'un grain tombe dans la terre, et d'abord y meurt;

39.»Et puis renaît, par la volonté de Dieu, avec le même corps;

40.»Et, en vérité, il ne renaît pas qu'avec le même corps, mais il renaît multiple, et comblé de bénédictions.

41.»Mais nous citons l'exemple, non-seulement des semences, mais des honorables corps des hommes.

42.»Vous aussi avez entendu parler de Jonas, fils d'Amathi.

43.»Parce qu'il tarda d'aller prêcher à Ninive, il fut englouti dans le ventre d'un poisson durant trois jours et trois nuits;

44.»Et après trois jours, Dieu entendit la supplication de Jonas, et le retira du profond abîme;

45»Aucune partie de son corps n'était corrompue, ni son sourcil ne s'était abaissé.

46.»Et à combien plus forte raison serez-vous ressuscités, ô hommes de peu de foi!

47.»Si vous croyez en notre Seigneur Jésus-Christ, il vous ressuscitera, comme il est lui-même ressuscité.

48.»Si les os du prophète Élisée ranimèrent le mort qui les toucha[113],

49.»A plus forte raison, vous, qui êtes soutenus par la chair, le sang et l'esprit du Christ, vous vous releverez en ce grand jour avec un corps accompli?

50.»Le prophète Élie, en embrassant le fils de la veuve[114], le ressuscita d'entre les morts:

51.»A plus forte raison Jésus-Christ vous ranimera, en ce jour, avec un corps accompli, comme il est lui-même ressuscité.

[Note 113: L'Écriture dit qu'un mort, ayant été jeté dans le tombeau d'Élisée, ressuscita en touchant les os de ce prophète. (_Note du Trad._)]

[Note 114: Élie multiplia l'huile de la veuve de Sarepta, et ressuscita son fils. (_Note du Trad._)]

52.»Vous n'admettrez pas d'autres choses en vain.

53.»Désormais personne ne peut plus m'inquiéter, car je porte sur mon corps ces fers;

54.»Pour obtenir le Christ; et je souffre avec patience ces afflictions, pour devenir digne de la résurrection d'entre les morts.

55.»Et vous qui avez reçu la loi des mains des bienheureux prophètes et du saint évangéliste, gardez-la tous fermement;

56.»Jusqu'à la fin du monde, afin que vous soyez récompensés dans la résurrection de la chair, et dans la possession de la vie éternelle.

57.»Mais si quelqu'un de vous meurt dans l'incrédulité, il sera jugé avec les pécheurs, et puni avec ceux qui ont une fausse foi.

58.»Car c'est une race de vipères, ce sont les enfans des dragons et des basilics.

59.»Retirez-vous loin d'eux, et fuyez avec l'aide de notre Seigneur Jésus-Christ.

60.»Et la paix et la grâce du fils bien-aimé soient avec vous. Ainsi-soit-il.»

* * * * *

_Fait en anglais par moi, en janvier-février 1817, au couvent de San-Lazaro, à l'aide du texte arménien expliqué par le père Pascal Aucher, moine arménien_.

BYRON.

Venise, 10 avril 1817.

_J'eus aussi le texte latin, mais il est en plusieurs endroits fort altéré, et il y a de grandes omissions_.

LETTRE DE M. TURNER, RELATIVE A L'EXPLOIT DE LÉANDRE.

Huit mois après la publication de mon _Tour dans le Levant_, il parut dans le _London Magazine_, puis dans la plupart des journaux, une lettre de feu Lord Byron à M. Murray.

J'éprouvai sur-le-champ le désir de repousser une accusation d'erreur si directement portée contre moi; mais je pensai, et les amis que je consultai pensèrent avec moi, que je ferais mieux d'attendre une occasion plus favorable que celle fournie par les journaux pour défendre mon opinion, qu'une autorité aussi imposante que la lettre de Lord Byron n'ébranlait pas, et qui, j'ose dire, reste encore inébranlable.

Je dois cependant regretter d'avoir résisté au premier mouvement qui me portait à répondre sur le champ. Le bras de la mort a enlevé Lord Byron de son trône littéraire et poétique, et je ne puis que me garder de l'imputation illibérale d'attaquer les morts puissans, dont le talent m'eût fait trembler de lutter avec eux de leur vivant, en me bornant scrupuleusement aux faits et aux éclaircissemens qui sont strictement nécessaires pour détruire l'accusation d'erreur, de faux rapport et de présomption, griefs dont tout écrivain doit souhaiter de se montrer innocent.

Lord Byron commença par dire: «_Le courant_ n'était pas en notre faveur», et ajouta «ni moi ni personne à bord de la frégate n'avions connaissance d'une différence de courant sur la rive asiatique; je n'en entendis jamais parler jusqu'à ce moment». Sa seigneurie avait probablement oublié que Strabon décrit distinctement la différence de courant dans les termes suivans:

[Grec: «Dio kai eupetesteron ek tês Sêstou diairousi parallaxamenoi mikron epi ton tês Erous pyrgon, kakeithen aphientes ta ploia symprattontos tou rou pros tên peraiôsin. Tois d' ex Abydou peraioumenois parallakteon esti epi tynantia, oktô pou stadious epi pyrgoy tina kat' antikru tês Sêstou, epeita diairein palgion, kai mê teleôs echousin enantion ton roun.»]--«_Ideòque_ facilius à Sesto trajiciunt _paululùm deflexâ navigatione ad Herus turrim, atque indè_ navigia dimittentes adjuvante etiam fluxu trajectum. _Qui ab Abydo trajiciunt, in contrariam flectunt partem ad octo stadia ad turrim quamdam è regione Sesti: hinc_ obliquè _trajiciunt, non_ prorsùs _contrario fluxu_[115].»

[Note 115: Strabon, liv. XIII, édition d'Oxford.]

L'auteur dit clairement que le courant assiste ceux qui partent de Sestos, et les mots [Grec: aphientes ta ploia],--_navigia dimittentes_:--«laissant leurs barques aller d'elles-mêmes,» montrent combien l'assistance du courant était considérable; tandis que les mots [Grec: plagion],--_obliquè_,--et , [Grec: teleôs]--_prorsùs_, prouvent nettement que ceux qui venaient d'Abydos étaient obligés de traverser le détroit dans une direction _oblique_, ou qu'ils auraient eu le courant _tout-à-fait_ contre eux.

De cette ancienne autorité, qui, je l'avoue, me paraît incontestable, passons aux modernes. Le baron de Tott, qui, ayant résidé quelque tems sur les lieux en qualité d'ingénieur pour la construction des batteries, doit être supposé pleinement instruit sur ce point, s'est exprimé en ces termes:--

«La surabondance des eaux que la mer Noire reçoit, et qu'elle ne peut évaporer, versée dans la Méditerranée par le Bosphore de Thrace et la Propontide, forme aux Dardanelles des courans si violens, que souvent les bâtimens, toutes voiles dehors, ont peine à les vaincre. Les pilotes doivent encore observer, lorsque le vent suffit, de diriger leur route de manière à présenter le moins de résistance possible à l'effort des eaux. On sent que cette étude a pour base la direction des courans, qui, _renvoyés d'une pointe à l'autre_, forment des obstacles à la navigation, et feraient courir les plus grands risques si l'on négligeait ces connaissances hydrographiques».--_Mémoires de Tott_, IIIe partie.

A ces citations j'ajouterai l'opinion de Tournefort, qui, dans sa description du détroit, exprime avec ironie son peu de foi à la réalité de l'exploit de Léandre; et pour montrer que les plus récens voyages s'accordent avec les anciens, je terminerai par une phrase de M. Madden, qui vient de revenir du lieu même. «Ce fut en partant de la rive européenne que Lord Byron nagea _avec_ le courant, dont la vitesse est d'environ quatre milles à l'heure. Mais je crois qu'il eût trouvé le trajet totalement impraticable en allant d'Abydos en Europe».--_Voyages de Madden_, vol. I.

Il y a dans la lettre de Lord Byron deux autres observations que je crois nécessaire de rappeler.

«M. Turner dit: «_Tout ce qu'on jette dans le courant de ce point de la côte européenne arrive nécessairement à la rive asiatique_». Cela est si loin d'être vrai, que les objets jetés arrivent nécessairement dans l'Archipel, s'ils sont abandonnés au courant,--quoiqu'un vent violent de la côte d'Asie[116] puisse avoir quelquefois cet effet».

[Note 116: «C'est évidemment une méprise de l'écrivain ou de l'imprimeur. Sa seigneurie doit avoir voulu dire un vent violent de la côte d'Europe, puisque nul vent de la côte d'Asie ne pourrait avoir l'effet de porter un objet à cette côte.»

Je crois qu'il est à propos de remarquer que c'est M. Turner qui a commis ici la méprise dont il accuse autrui; les mots employés par Lord Byron étant, non comme cite M. Turner, «de la côte d'Asie» (_from the asiatic side_); mais «dans la direction asiatique» (_at the asiatic direction_). (_Note de Moore_.)]

Ici Lord Byron a raison, et je n'hésite point à avouer que j'eus tort. Mais j'eus tort selon la lettre, et non suivant l'esprit. Tout objet jeté de la rive européenne dans le courant, serait entraîné dans l'Archipel, parce qu'après être arrivé à une distance assez courte de la rive asiatique pour qu'un homme pût y avoir pied ou peu s'en faut, il serait de nouveau éloigné de la côte par le courant qui part du promontoire asiatique. Mais ce serait chose indifférente pour un nageur, qui, étant si près de terre, gagnerait le bord, sinon en marchant, du moins par un léger effort.

Lord Byron ajoute, dans son _post-scriptum_: «Le détroit, toutefois, n'est point extraordinairement large, même dans sa plus grande dimension au-dessus et au-dessous des forts». Ici je me hasarderai à exprimer un sentiment contraire, avec défiance toutefois, mais avec une défiance diminuée par la facilité avec laquelle ce fait peut être vérifié. Le détroit s'élargit si considérablement au-dessus des forts par la baie de Maytos, et par la baie opposée sur la côte d'Asie, que l'espace à traverser à la nage en ce sens serait, suivant mon pauvre jugement, trop grand pour être franchi par qui que ce fût d'Asie en Europe, avec un tel courant à vaincre.

Je conclus en énonçant comme mon humble opinion, que personne n'est obligé de croire à la possibilité de l'exploit de Léandre, jusqu'à ce que le trajet ait été fait par un nageur, au moins d'Asie en Europe. Le sceptique est même en droit d'exiger, comme condition de sa foi, que le détroit soit traversé, comme Léandre est dit l'avoir fait, dans les deux sens au moins dans l'espace de quatorze heures.

W. TURNER.

EXPOSÉ DE LA CONSULTATION, PAR M. MILLINGEN.

Comme l'exposé de M. Millingen diffère totalement de celui du docteur Bruno, il est à-propos que le lecteur voie les propres paroles de Millingen:--

«Le matin (18 février) on se décida à faire une consultation à laquelle le docteur Lucca-Vega et le docteur Freiber, mes aides, furent invités. Le docteur Bruno et Lucca proposèrent d'avoir recours aux antispasmodiques et autres remèdes employés dans la dernière période du typhus. Freiber et moi nous soutînmes que ces moyens ne pourraient que hâter la fatale terminaison; que rien n'était plus empirique que de courir d'un extrême à l'autre; que si, comme nous le pensions tous, le mal était dû à la métastase de l'inflammation catarrhale, les symptômes actuels ne dépendaient que du progrès rapide et considérable qu'il avait fait dans un organe auparavant si affaibli et si irritable. Les antiphlogistiques ne pouvaient être nuisibles dans ce cas; ils seraient inutiles, il est vrai, si la désorganisation était déjà opérée; mais alors, puisque tout espoir serait anéanti, quels moyens ne seraient pas superflus? Nous recommandâmes l'application de nombreuses sangsues aux tempes, derrière les oreilles, et le long du trajet de la veine jugulaire, un large vésicatoire entre les épaules, et les sinapismes aux pieds, comme moyens offrant les dernières chances de succès, si faibles qu'elles fussent. Le docteur Bruno, comme médecin ordinaire du malade, eut voix prépondérante, et prépara la potion antispasmodique que le docteur Lucca et lui étaient d'avis d'administrer; elle était composée d'une forte infusion de valériane, d'éther, etc. Après l'administration de la première dose, le mouvement convulsif et le délire s'accrurent; mais, malgré mes représentations, une seconde dose fut donnée une demi-heure après. Après avoir articulé conformément quelques phrases entrecoupées, le patient tomba bientôt dans un sommeil comateux, qui le lendemain se termina par la mort. Il expira le 19 avril, à six heures du soir.»

TESTAMENT DE LORD BYRON, EXTRAIT DU REGISTRE DE LA COUR DE CANTORBÉRY.

Moi, George Gordon, lord Byron, baron Byron, de Rochdale, dans le comté de Lancastre, signifie mes dernières volontés par le testament suivant:--Je donne et lègue mon susdit fief de Rochdale, dans le dit comté de Lancastre, avec jouissance entière des droits, prérogatives, dépendances et appartenances d'icelui, et toutes mes terres, métairies, héritages et immeubles situés dans la paroisse, ou seigneurie susdite de Rochdale, et tous mes autres domaines, terres, héritages et immeubles quelconques, à mes amis John Cam Hobhouse, ci-devant du collége de la Trinité, à Cambridge, esquire, et John Hanson, membre de la chancellerie, à Londres, esquire, pour qu'ils en usent et disposent, eux, leurs héritiers et légataires, suivant l'intention par moi déclarée que les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson; et en cas de décès du survivant, et les héritiers et légataires du survivant, vendent et cèdent, aussitôt qu'on pourra le faire convenablement après mon décès, le susdit fief et les susdits immeubles au plus haut prix possible, soit par contrat fait de gré à gré ou par vente publique à l'enchère, soit en un seul lot ou en plusieurs, comme mes susdits fondés de pouvoir le jugeront à propos; et pour faciliter cette vente ou ces ventes, j'entends que le reçu ou les reçus de mes susdits fondés de pouvoir, ou du survivant, ou des héritiers et légataires d'icelui, soient une bonne et suffisante quittance à l'acheteur ou aux acheteurs de mes susdits immeubles, et d'une ou plusieurs parties d'iceux, pour autant d'argent que ces reçus reconnaîtront; et que l'acheteur ou les acheteurs, et leurs héritiers et légataires ne soient plus en aucune façon responsables du prix d'achat, ni obligés de surveiller l'emploi de ces fonds: et je veux et entends que mes susdits fondés de pouvoir demeurent en possession de tout l'argent à retirer de la vente de mes susdits immeubles comme dépôt destiné et consacré à l'accomplissement des intentions et volontés que je manifeste et déclare ci-après concernant iceux. Et tandis que j'ai, par certains actes passés par-devant notaire lors de mon mariage avec ma présente femme, cédé la totalité de mon fief et domaine de Newstead, dans les paroisses de Newstead et de Linley, comté de Nottingham, à des fondés de pouvoir, à condition de vendre le susdit domaine ou fief, et d'appliquer la somme de soixante mille livres sterling, partie de l'argent à provenir de cette vente, à l'exécution de mon contrat de mariage: aujourd'hui je donne et lègue par le présent acte tout le reste du prix de la vente de mon susdit domaine de Newstead, et la totalité des susdites soixante mille livres sterling, ou telle part d'icelles qui ne sera point payée et payable pour mon susdit contrat de mariage, aux susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, à leurs exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, comme dépôt destiné à l'accomplissement des intentions et volontés que je manifeste ci-après sur le reste de ma fortune personnelle. Je donne et lègue à chacun de mes exécuteurs testamentaires, les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, la somme de mille livres sterling. Je donne et lègue tout le reste, résidu ou reliquat de ma fortune personnelle aux susdits John Cam Hobhouse et John Hanson, à leurs exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, à cette fin que les deux susdits fondés de pouvoir ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, se mettent en possession de tous les restes et reliquats de ma fortune personnelle, et de tout l'argent à provenir de la vente de mes immeubles à eux légués ci-dessus, et de tout ce qui reste disponible sur le prix de vente de mon susdit fief de Newstead, après le paiement de mes dettes et de mes legs, pour remplir mes volontés et intentions ci-après déclarées, c'est-à-dire, pour que mes susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, placent les susdites sommes sur les fonds publics, ou sur le trésor, ou sur hypothèques, avec pouvoir de varier, changer et transposer ces placemens durant la vie de ma soeur Augusta-Marie Leigh, épouse de George Leigh, esquire, d'en toucher les intérêts, dividendes et produits annuels, au fur et à mesure que ces intérêts, dividendes et produits annuels écherront et deviendront payables, et de verser les susdits intérêts, dividendes et produits annuels entre les propres mains de la dite Augusta-Marie Leigh, pour son usage et bénéfice particulier, sans que les susdits intérêts, dividendes et produits annuels puissent jamais être atteints par le contrôle, les dettes ou les engagemens du mari actuel ou à venir de ladite Augusta-Marie Leigh, ou entre les mains de la personne ou des personnes que ma dite soeur désignera chaque fois, par un écrit de sa main, nonobstant son mariage présent ou un mariage à venir; et pour que, immédiatement après le décès de ma dite soeur, mes susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou les exécuteurs testamentaires et mandataires du survivant, donnent et transfèrent tous mes biens ci-dessus mentionnés et à eux confiés en dépôt, ou les titres de rentes, capitaux ou immeubles, en lesquels ou sur lesquels les susdits biens auront été convertis ou hypothéqués, à l'enfant ou, s'il y en a plus d'un, aux enfans de ma dite soeur, suivant telles répartitions, distributions et proportions, et cela en intérêts ou en principal à telle époque ou telles époques, et avec telles conditions, clauses et restrictions, que ma dite soeur aura déterminées et réglées de son vivant, à quelque époque que ce soit, en puissance de mari ou non, par un ou plusieurs actes, notariés ou non, dressés par écrit, avec ou sans pouvoir de révocation, et scellés et délivrés en présence de deux témoins honorables ou plus, ou par ses dernières volontés exprimées dans un testament écrit, ou par toute pièce écrite en guise de testament; et au cas que ma dite soeur meure sans testament ou de mon vivant, je veux que mes deux susdits fondés de pouvoir, ou le survivant, ou ses exécuteurs testamentaires, mandataires et légataires, donnent et transfèrent tous les biens mobiliers et immobiliers à eux confiés à l'enfant, ou, s'il y en a plus d'un, aux enfans de ma dite soeur, par portions égales, et cela, suivant le cas, à l'unique enfant mâle ou à chacun des enfans mâles, à l'époque de sa vingt-et-unième année, et à la fille unique ou à chacune des filles à l'époque de sa vingt-et-unième année, ou de son mariage s'il a lieu avant sa vingt-et-unième année; et au cas qu'un enfant meure, si c'est un garçon, sans avoir atteint l'âge de vingt-et-un-ans, et si c'est une fille, sans avoir atteint le même âge de vingt-et-un ans ni s'être mariée, je veux et ordonne que la part ou les parts du décédé, ou des décédés, reviennent à l'enfant ou aux enfans survivans. Et j'entends que mes susdits fondés de pouvoir emploient et consacrent les intérêts et dividendes des parts de chacun des susdits enfans à leur entretien et à leur éducation durant leur minorité; mais que les intérêts et dividendes qui n'auront pas été ainsi employés s'accumulent et grossissent le capital. Or je nomme, établis et désigne les susdits John Cam Hobhouse et John Hanson pour exécuteurs de ce testament. Et je veux et entends que mes susdits fondés de pouvoir ne soient pas responsables l'un pour l'autre, mais que chacun ne soit responsable que de ses actes, contrats, reçus ou malversations, et que mes susdits fondés de pouvoir soient autorisés à retenir et à prélever sur les fonds qui viendront en leurs mains d'après les dispositions ci-dessus mentionnées, tous les frais et toutes les dépenses qu'ils auront à payer et à soutenir en exécution des clauses ci-dessus mentionnées. Je fais les susdites dispositions en faveur de ma soeur et de ses enfans, parce que ma chère femme lady Byron et tous les enfans que je puis avoir sont amplement pourvus; et, enfin, je révoque tous les testamens antérieurement faits par moi, et je déclare celui-là seul comme valable. En foi de quoi j'ai, sur ce testament, contenu dans trois feuilles de papier, apposé ma signature aux deux premières feuilles, et ma signature et mon sceau à cette troisième et dernière feuille, ce 29e jour de juillet, en l'an de grâce 1815.

BYRON (L. S.)

Signé, scellé, publié et déclaré par ledit testateur Lord Byron, comme son dernier testament, en notre présence; et, à sa requête, en sa présence, et en présence les uns des autres, nous avons signé comme témoin.

THOMAS-JONES MAWSE, EDMUND GRIFFIN, FREDERICK JERVIS, _Clercs de chancellerie_.

CODICILLE.--Je soussigné, très-honorable George Gordon, Lord Byron, ajoute ce codicille à mon testament. Je donne et lègue à Allégra Byron, enfant d'environ vingt mois, élevée par moi, et résidant maintenant à Venise, la somme de cinq mille livres sterling, que je charge mes exécuteurs testamentaires de lui payer à l'époque de sa vingt-et-unième année, ou le jour de son mariage, s'il a lieu avant cette époque, à condition qu'elle ne se mariera pas avec un natif de la Grande-Bretagne. Et je charge mes susdits exécuteurs testamentaires de placer, aussitôt que possible après mon décès, ladite somme de cinq mille livres sterling sur le gouvernement ou sur bonne hypothèque, et d'en employer le revenu annuel à l'entretien et à l'éducation de la susdite Allégra Byron, jusqu'à ce que la susdite ait atteint l'âge de vingt-et-un ans, ou se soit mariée, comme il est dit plus haut; mais au cas qu'elle meure avant d'atteindre ledit âge et sans s'être mariée, alors je veux que ladite somme de cinq mille livres sterling fasse partie du reste de ma fortune personnelle; et, sous tous autres rapports, je confirme mon testament, et déclare y ajouter ce codicille. En foi de quoi j'ai mis ici ma signature et mon sceau, à Venise, ce 17e jour de novembre, l'an de grâce 1818.

BYRON (L. S.).

Signé, scellé, publié et déclaré par ledit Lord Byron, comme codicille ajouté à son testament, en notre présence; et à sa requête, en sa présence, et en présence l'un de l'autre, nous avons signé comme témoins.

NEWTON HANSON. WILLIAM FLETCHER.

Confirmé à Londres (avec un codicille), le 6 juillet 1824, par-devant l'honorable Étienne Lushington, docteur ès-lois, et substitut, par les sermens de John Cam Hobhouse et de John Hanson, esquires, à qui l'exécution du testament a été confiée, lesquels ont juré qu'ils l'exécuteraient fidèlement.

NATHANIEL GRISKINS, GEORGE JENNER, CHARLES DYNELEY,

_Greffiers_.

FIN.

INDEX ALPHABÉTIQUE DES PERSONNAGES MENTIONNÉS DANS LES OEUVRES POÉTIQUES DE LORD BYRON[117].

[Note 117: Le chiffre romain indique le volume; le chiffre arabe, la page.]

A.