Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 19

Part 13

Chapter 132,976 wordsPublic domain

Page 61, ligne 18, lever _jusqu'au déjeuner, du déjeuner jusqu'au dîner, et du dîner_ jusqu'au...

Page 63, ligne 22, sens, _de bon sens_ vulgaire...

Page 65, ligne 3, sur _une_ banquette...

Page 66, ligne 25, a _rudement_ de...

Page 67, ligne 9, instants _comme avait fait Marowsko la veille au soir_, puis...

Page 67, ligne 13, étonnant _s'il_ te...

Page 70, ligne 10, il _vit_ Madame...

Page 72, ligne 15, bouquet _plein_ de...

Page 73, ligne 10, déjeuner _sur l'herbe_ dont...

Page 74, ligne 5, lune, _avec une mimique_ si plaisante...

Page 74, ligne 21, plus _morne_, répondit...

Page 79, ligne 2, membres. _Elle_ se...

Page 79, ligne 10, leva _pour_ porter...

Page 79, ligne 27, moi _et pour_ mon...

Page 80, ligne 4, rien _à dire_.

Page 81, ligne 11, maison _presque_ tous...

Page 81, ligne 23, il s'_était couché_, vers minuit, l'esprit confus et la tête lourde. Et il _avait dormi_ comme...

Page 89, ligne 15, Lorsqu'il _entra_ dans...

Page 92, ligne 27, premier, _puisqu'il_ fut...

Page 97, ligne 19, _à un_ meuglement _de_ taureau...

Page 97, ligne 26, _poussé_ lui-même...

Page 100, ligne 11, tendre avec...

Page 103, ligne 2, avait _laissé_ toute sa fortune à l'_autre_ enfant.

Page 103, ligne 16, le _voir_ rien...

Page 107, ligne 5, le _hurlement_ de...

Page 107, ligne 7, recula _à pas rapides_ jusqu'au...

Page 108, ligne 6, les _lieux_. Oh!...

Page 109, ligne 9, par _s'endormir_.

Page 110, ligne 1, _Pierre dormit peu d'un sommeil troublé._ Quand...

Page 114, ligne 6, et _s'attristaient_ ensemble...

Page 114, ligne 20, ressemblances _qui révèlent deux corps faits de la même chair_, une de ces...

Page 122, ligne 21, c'était _l'heure_ du...

Page 128, ligne 11, s'agit _du_ caractère...

Page 129, ligne 11, lui _ressemblait pas_, ne lui...

Page 130, ligne 12, l'avait _sorti_ de...

Page 130, ligne 16, l'as _tiré d'un_ tiroir...

Page 132, ligne 22, un _petit_ cadre...

Page 135, ligne 2, mettait _presque_ toujours...

Page 136, ligne 21, fut _découverte_, et...

Page 138, ligne 1, survint _dans la famille_ Roland...

Page 138, ligne 8, d'enterrement _depuis quelque temps_? Le docteur répondit...

Page 140, ligne 25, trouver mal. _Elle balbutiait en faisant un effort énergique pour respirer et reprendre ses sens._ Non, non...

Page 145, ligne 24, voiture _qui roulait_ au...

Page 146, ligne 19, appelle _encore_ la belle Alphonsine, _en souvenir des jours anciens_, s'en vint...

Page 147, ligne 12, monde _même les dames_ passerait...

Page 156, ligne 1, prendre, _à cause_ de la...

Page 156, ligne 4, et _saisissant_ entre...

Page 166, ligne 10, afin _de jouir de la surprise_ quand...

Page 166, ligne 13, _Quand on fut_ dans le...

Page 171, ligne 17, se _retourna_ vers...

Page 171, ligne 20, Jean _aussi_ s'était...

Page 173, ligne 10, qu'il _tenait l'arme empoisonnée_...

Page 173, ligne 21, qui _sentait_ porter...

Page 174, ligne 13, jaloux! _tu rends la maison inhabitable parce que tu es jaloux_, tu cherches...

Page 176, ligne 5, douleur _par ce que_ j'ai deviné d'abord et _ce que_ je sais...

Page 179, ligne 27, et, _comme il ne voyait rien_, il...

Page 180, ligne 22, plein de _larmes_ et un fils...

Page 183, ligne 4, rien, _plus rien_ pour...

Page 184, ligne 21, Non, mon enfant.

_--Si maman.

Puis s'écartant un peu, mais toujours à genoux devant elle:

--«Écoute, je te jure, moi, que, pas une fois je ne penserai à ce que tu m'as dit tout à l'heure.

--Tu ne pourrais pas?

--Je pourrai. Et puis... et puis... et puis je t'aime plus que tu ne crois. Jure.

--Non.

--Écoute, maman, permets-moi..._

Page 187, ligne 7, impossible de te _faire comprendre_.

Page 187, ligne 8, _parlait d'une_ voix...

Page 187, ligne 12,--Laisse-moi _parler.--Eh bien, mon enfant, malgré cela, malgré tout ce que je viens d'endurer depuis le jour où tu as hérité de cet argent jusqu'à ce soir, et ce soir surtout... ce soir,... tu comprends... malgré cela je ne regrette rien de ce que j'ai fait... Tu veux que je reste. Je resterai si tu me le dis encore quand tu m'auras écouté jusqu'au bout...

Je ne regrette rien. Si tu m'aimes assez pour me garder, il faut que tu gardes avec moi le souvenir et l'amour de ton père, de ton vrai père... et que tu acceptes d'être son fils comme j'accepte, moi, d'avoir été sa maîtresse... Laisse-moi parler... Si je t'aime tant,... toi... toi... toi... plus que ton frère... c'est que tu es son fils, à lui... Écoute... j'ai épousé un homme dont je ne voulais pas, parce que mon père et ma mère m'y ont forcée... j'ai dormi dans son lit et pleuré de dégoût dans ses bras... Et je serais morte sans avoir goûté un instant de bonheur, et je ne t'aurais pas, toi, si je n'avais point rencontré ton père. Tout ce que j'ai eu de bon, de doux, de cher, de chaud, mes pauvres rêves, les quelques jours clairs de mon existence, c'est à lui que je les dois. Je lui dois. Je lui dois tout, d'avoir pensé, d'avoir aimé, même d'avoir pleuré et d'avoir souffert. Et je l'aime encore, tout mort qu'il est, je l'aime presque autant que toi, mon petit Jean. Comprends-tu, dis, comprends-tu? On m'avait donnée à quelqu'un... Est-ce que je savais? Je me suis reprise et donnée à un autre, et je ne veux pas le renier, même aujourd'hui. Toi, maintenant, tu es tout ce qui me reste de lui, et si je t'aime tant, c'est pour ça.

Faut-il rester, ou faut-il partir? Je ferai ce que tu voudras.

Il dit, d'une voix douce:

--Reste, maman.

--Alors, tu veux bien être son fils?

Il ne répondit pas et l'embrassa.

Elle l'étreignit longtemps. Puis, redevenue soudain la femme d'ordre et de chiffres qu'elle avait été toute sa vie:

--Écoute, puisque tu veux bien--je pense à tout--puisque tu veux bien, tu garderas ton héritage, n'est-ce pas?

Il fit un mouvement de révolte, n'ayant point prévu cette conséquence.

Elle reprit avec angoisse: «Oui, tu le garderas, puisque tu es son fils, ça n'est pas possible autrement. Et qu'est-ce qu'on dirait maintenant, si tu le refusais? Et puis, comment le refuserais-tu, puisque tu es son fils, et que tu le sais, et que tu veux bien?

Il répondit pour la calmer:

--Nous parlerons de ça plus tard.

Elle ne voulait pas.

--Non... non... aujourd'hui, tout de suite.

Et, avec un entêtement tout féminin, acharnée à cette idée nouvelle, réglant comme une question d'intérêt commercial, par une combinaison ingénieuse, cette délicate affaire d'intérêt sentimental, elle raisonna tendrement.

--Voici, mon petit Jean. Comprends-moi bien. Maintenant que tu connais ton père, tu ne voudrais rien accepter de M. Roland, n'est-ce pas, ni aujourd'hui, ni plus tard? Donc tu n'aurais rien, jamais, puisqu'on ne m'a pas donné de dot, à moi. Alors je dirai à mon mari de laisser toute notre fortune à Pierre en faisant valoir que tu n'en as pas besoin, toi, puisque tu es riche de ton côté. Et ce sera très juste ainsi. Ton frère aura l'argent de son père et toi l'argent du tien.

Elle trouvait cela très juste: et c'était très juste en effet, et Jean fut sans réponse, sans arguments et sans résistance.

Il reprit après un court silence:

--Comme tu vas souffrir en te retrouvant en face de Pierre?

Elle répondit en l'embrassant:

--Oh, maintenant, puisque tu m'aimes!

Mais il comprit avec un sentiment plus précis de la réalité qu'elle ne pouvait, tous les jours, affronter le regard et les allusions terribles du fils aîné.

--Non, non, dit-il, il faut trouver quelque chose. Mets ton chapeau, je vais te reconduire, et nous parlerons de cela, demain.

Une volonté énergique, née soudain en lui, du besoin de secourir sa mère, et une résolution d'agir sans tarder et sans hésiter.

--Je ferai ce que tu voudras, dit-elle avec un abandon enfantin, tendre et reconnaissant, et elle essaya de se lever._

Mais la secousse...

Page 192, ligne 14, entendue _rentrer_.

Page 193, ligne 1, VIII. _Roland entra à l'heure ordinaire, le lendemain, dans la salle à manger pour déjeuner. Le couvert était mis, mais personne ne paraissait.

Il s'assit et attendit, puis, au bout de cinq minutes, furieux de ce retard, il ouvrit la porte et cria:_

--On ne mange donc...

Page 199, ligne 3, est au _salon_ avec...

Page 199, ligne 6, Louise? _Au bout d'une demi-minute, Mme Roland répondit_:--Quoi? mon ami...

Page 199, ligne 12, ami, nous _descendons_. Et elle _parut presque aussitôt_, suivie de Jean. Roland s'écria: «Tiens...

Page 199, ligne 20, _Jean_ s'avança...

Page 200, ligne 8, Et le jeune homme sortit.

_Il ne s'était point couché, et n'avait pas dormi. Après avoir quitté sa mère, quand son âme se fut calmée, quand sa pensée se fut éclaircie ainsi qu'une eau battue et remuée, il accepta la situation nouvelle qu'on venait de lui révéler. Le choc reçu par sa sensibilité avait été si fort qu'il emportait, dans un irrésistible attendrissement, tous les préjugés établis et toutes les revendications de la morale naturelle. D'ailleurs, il n'était pas un homme de longue résistance; il n'aimait lutter contre personne, et encore moins contre lui-même, il se résigna donc et, par un penchant instinctif, par un amour inné du repos, de la vie douce et tranquille, il s'inquiéta aussitôt des perturbations qui allaient surgir autour de lui et l'atteindre du même coup. Il les pressentait inévitables et terribles, et pour les écarter il se décida à des efforts surhumains d'énergie et d'activité. Il fallait que tout de suite, dès le lendemain, la difficulté fût tranchée, car il avait aussi, par instants, ce besoin impérieux des solutions immédiates qui constitue toute la force des faibles, incapables de vouloir longtemps. Son esprit d'avocat, habitué d'ailleurs à démêler et à étudier les situations compliquées, les questions d'ordre intime dans les familles troublées, découvrit immédiatement toutes les conséquences prochaines de l'état d'âme de son frère.

Malgré lui, il envisageait les suites d'un point de vue presque professionnel, comme s'il eût réglé les relations possibles de clients après une catastrophe d'ordre moral. Certes, un contact continuel avec Pierre lui devenait impossible. Il l'éviterait facilement en restant chez lui, mais il était encore plus inadmissible que leur mère continuât à demeurer sous le même toit que son fils aîné. (Transposition.)

Et longtemps il marcha de long en large dans son salon, imaginant et rejetant des combinaisons, ne trouvant rien qui pût le satisfaire, car au fond de son cœur, une autre préoccupation secrète était cachée qu'il ne s'avouait pas à lui-même, celle de ne pas compromettre son mariage.

Il faisait grand jour quand il trouva ce moyen si longtemps cherché. Il se leva, s'habilla, sortit pour s'assurer que l'exécution en était possible; et maintenant il allait sonder adroitement les intentions de son frère, en déjeunant._

Il montait l'escalier, avec la résolution...

Page 203, ligne 4, Ah! ah! _Qui ça?_

Page 203, ligne 24, tard, _très, très utiles_ parmi...

Page 204, ligne 6, _six_ mille, et le médecin _reçoit_ cinq mille de fixe.

Page 206, ligne 23, recommandations _médiocres_.

Page 209, ligne 1, _Comment veux-tu_, j'y...

Page 209, ligne 4, _Oh! maintenant c'est impossible, j'ai fait trop de mal à mon pauvre Pierre._ Elle se tut...

Page 210, ligne 2, d'émotion _reçue_ la...

Page 210, ligne 19, mobilier _de son_ salon...

Page 210, ligne 22, achetés, _sur sa demande_, par...

Page 215, ligne 23, ayant _peur_ de sa maison _maintenant_.

Page 216, ligne 20, droit, _elle murmura_:--_Mon enfant, je te l'ai apporté, tu le cacheras bien et tu le regarderas de temps en temps._

Et _de l'autre main elle lui offrait_ un petit objet.

Page 216, ligne 25, Qu'est-ce que c'est?

_Elle répondit tout bas: «Tu le verras quand je ne serai plus ici._

_Alors il_ comprit en reconnaissant la forme du cadre.

Page 217, ligne 1, _Mais avant de lui remettre le portrait de son père, dont elle se séparait pour toujours, elle posa sur l'enveloppe un long baiser d'adieu, car elle avait dramatisé cette rupture en se jurant, comme on fait pour briser un lien d'amour, de ne plus revoir jamais la figure peinte de son ami.

Lorsque son fils eut enfermé cette image à double tour dans le tiroir de son bureau_, elle essuya...

Page 218, ligne 14, _La lettre_ qui l'en...

Page 220, ligne 12, Il _se rendit_ après...

Page 221, ligne 3, la _puissante_ rumeur des...

Page 227, ligne 21, temps _de causer_ aujourd'hui.

Page 228, ligne 6, vers _le port_. En...

Page 229, ligne 19, qui _lui dit_ d'une voix...

Page 230, ligne 18, Roland _répéta_:--Mais oui, mais oui _certainement_. N'est-ce...

Page 231, ligne 12, était _couché_ dans...

Page 233, ligne 15, planches ou grouillant...

Page 236, ligne 7, et il _déclara_:

Page 236, ligne 20, lui _prit_ le bras...

Page 238, ligne 14, Mme Roland _tira_ son mouchoir _de_ sa...

Page 239, ligne 24, elle _va passer_.

Page 240, ligne 11, des baisers.

Page 241, ligne 21, trop troublée _pour prendre des précautions de langage_, elle ajouta: «_Tu sais qu'il va épouser_ Mme Rosémilly». Le bonhomme fut stupéfait.--_Ah bah! mais vous ne m'en avez rien dit.--Non, Jean voulait être sûr d'être accepté.--Ah! très bien, c'est une bonne idée qu'il a eue là; moi, je l'approuve tout à fait._ Comme ils allaient quitter le quai et prendre le boulevard François-Ier, _elle_ se retourna...

Page 242, ligne 16, légère qu'_elle semblait un nuage_.

OPINION DE LA PRESSE

SUR

_PIERRE ET JEAN_.

_Le Temps_, 15 janvier 1888 (Anatole France), _La Vie littéraire_, II, C. Lévy, éditeur.

«La théorie de M. de Maupassant, si je l'ai bien comprise, revient à ceci: Il y a toutes sortes de manières de faire de bons romans; mais il n'y a qu'une seule manière de les estimer. Celui qui crée est un homme libre, celui qui juge est un ilote...

«Laissez-la donc libre [la critique], puisqu'elle est innocente. Elle a quelque droit, ce semble, aux franchises que vous lui refusez si fièrement quand vous les accordez avec une si juste libéralité aux œuvres dites _originales_. N'est-elle point fille de l'imagination comme elles? N'est-elle pas, à sa manière, une œuvre d'art?...

«Eh bien, sans me faire la moindre illusion sur la vérité absolue des opinions qu'elle exprime, je tiens la critique pour la marque la plus certaine par laquelle se distinguent les âges vraiment intellectuels... Je la tiens pour un des plus nobles rameaux dont soit décoré, dans l'arrière-saison, l'arbre chenu des lettres.

«Maintenant, M. Guy de Maupassant me permettra-t-il de dire, sans suivre les règles qu'il a posées, que son nouveau roman, _Pierre et Jean_, est fort remarquable et décèle un bien vigoureux talent?... La vérité est que M. de Maupassant a traité ce sujet ingrat avec la sûreté d'un talent qui se possède pleinement. Force, souplesse, mesure, rien ne manque plus à ce conteur robuste et magistral. Il est vigoureux sans effort. Il est consommé dans son art... Quant à la langue de M. de Maupassant, je me contenterai de dire que c'est du vrai français, ne sachant donner une plus belle louange.»

_Revue Bleue_, 14 janvier 1888 (Maxime Gaucher).

«Pourquoi ce roman _très bien fait_--que l'auteur ne proteste pas, lui qui s'indigne contre les romans _bien faits_!--est-il précédé d'une préface absolument inutile?... La seule chose que je veux retenir de cette préface, c'est qu'il n'y aurait aucun signe auquel pût se reconnaître un roman bien fait; c'est que ça n'existe pas un roman bien fait.--Eh bien, si, et le roman bien fait, c'est _Pierre et Jean_.

_L'Écho de Paris_, 16 janvier 1888 (Edmond Lepelletier).

...................................................................... «Tout ce que nous pouvons constater, c'est que tenants de la nouvelle ou partisans du roman seront obligés de tomber d'accord sur ce point, que _Pierre et Jean_ est un livre excellent, d'un style pur, aux mailles solides, forgé sur la bonne enclume et fait de main d'ouvrier...

«Lisez et relisez _Pierre et Jean_, lecteurs. Contentez-vous de lire la préface.»

_L'Illustration_, 21 janvier 1888 (L. P.).

«... C'est une étude d'âme, mais où l'auteur ne songe pas à se montrer psychologue. Les personnages en sont tous bien vivants, d'une vie bien intense où le corps aussi tient sa place.

«Avec M. Guy de Maupassant, on ne risque guère de tomber dans l'abstraction. Il a le don de la vie, et ce don il le possède aussi bien dans son style que dans ses personnages... Mais n'allons-nous pas mériter les sévérités de M. de Maupassant à l'égard des critiques, lesquels, le plus souvent, nous dit-il, gourmandent à faux les artistes, ou les complimentent sans réserve et sans mesure? Cela est à craindre...»

_Revue des Deux-Mondes_, Bulletin bibliographique, 15 janvier 1888.

...................................................................... «Il faut lire ce petit roman, car l'auteur nous fait assister avec beaucoup de talent à tous les combats qui se livrent dans l'esprit de Pierre...

«On peut regretter que M. de Maupassant mette dans la bouche de ses personnages quelques expressions que l'on penserait ne pas y rencontrer, et il nous semble que le récit aurait gagné quelque chose à cette épuration; mais il paraît que l'école à laquelle appartient M. Guy de Maupassant tient absolument à cette manière de dire.»

_Journal des Débats_, 11 février 1909 (André Heurteau).

«... Pour nous, et peut-être aussi pour beaucoup de lecteurs, l'effet produit par la lecture de _Pierre et Jean_, ce n'est pas seulement un malaise et une tristesse, c'est aussi une sorte de dépression morale...

«Toute une portion de l'humanité, qui ne se compose pas uniquement d'artistes et d'esthéticiens, trouve ce langage un peu rude. Elle souhaiterait qu'on lui parlât de ses souffrances, de ses infirmités et même de ses vices, sur un autre ton, avec un autre accent. Un très grand talent, une plume très habile, un style puisé aux meilleures sources de la langue, vigoureux et ferme, d'une souplesse admirable--M. de Maupassant possède tous ces dons--suffisent peut-être aux jouissances d'un dilettantisme raffiné. Certaines grossièretés voulues flattent sans doute le goût moins délicat d'un public moins restreint. D'autres lecteurs, en assez grand nombre, demandent encore autre chose qu'ils ne trouvent point dans la dernière œuvre, si remarquable, d'ailleurs, de M. de Maupassant.»

_L'Événement_, 19 janvier 1888 (Charles Viguier).

«Parmi les écrivains de quarante ans, ceux qu'on appelle les jeunes à succès, M. de Maupassant vaut d'être placé premier avec quelques pas d'avance. Des académiciens me l'ont dit, avec eux maints esthètes un peu râblés, et je le pense aussi. Les cent pages qui commencent _Une Vie_, trois ou quatre de ses nouvelles frisent le chef-d'œuvre.

«Cette qualité essentielle au romancier digne de ce nom, cette qualité majeure qui permet de créer en dehors de soi, c'est-à-dire non à la semblance de soi, des personnages _doués de vie_, M. de Maupassant la possède. Il excelle, sinon à restituer dans son intégrité la vie de ses personnages, du moins à offrir l'apparence de la vie. Je veux dire que l'auteur de l'histoire émouvante et simple de _Pierre et Jean_ se préoccupe surtout de définir ses personnages par une série d'actes congrus et qu'il néglige--volontairement, je crois--d'expliquer le mobile de ces actes...»

* * * * *

Errata:

Page 57: «ses» remplacé par «ces» (--Ah! ces sacrés médecins)