Œuvres complètes de Guy de Maupassant - volume 17

Part 21

Chapter 213,006 wordsPublic domain

Depuis qu'il la savait accouchée il ne pouvait songer à elle sans frémir d'inquiétude; et la pensée de leur première rencontre, chaque fois qu'elle effleurait son esprit, le faisait brusquement rougir ou pâlir d'angoisse. Il songeait aussi, avec un trouble profond, à cet enfant inconnu dont il était le père, et il demeurait harcelé par le désir et la peur de le voir. Il se sentait enfoncé dans une de ces saletés morales qui tachent, jusqu'à sa mort, la conscience d'un homme. Mais il redoutait surtout le regard de cette femme qu'il avait aimée si fort et si peu longtemps.

Aurait-elle pour lui des reproches, des larmes ou du dédain? Ne le recevait-elle que pour le chasser?

Et quelle devait être son attitude à lui? Humble, désolée, suppliante ou froide? S'expliquerait-il ou écouterait-il sans répondre? Devait-il s'asseoir ou rester debout?

Et quand on lui montrerait l'enfant, que ferait-il? Que dirait-il? De quel sentiment apparent devrait-il être agité?

Devant la porte il s'arrêta de nouveau, et, au moment de toucher le timbre, il s'aperçut que sa main tremblait.

Il appuyait son doigt cependant sur le petit bouton d'ivoire et il entendit dans l'intérieur de l'appartement tinter la sonnerie électrique.

Une domestique vint ouvrir, le fit entrer. Et, dès la porte du salon, il aperçut, au fond de la seconde chambre, Christiane qui le regardait, étendue sur sa chaise longue.

Ces deux pièces à traverser lui parurent interminables. Il se sentait chanceler, il avait peur de heurter des sièges et il n'osait pas regarder à ses pieds pour ne point baisser les yeux. Elle ne fit pas un geste, elle ne dit pas un mot, elle attendait qu'il fût près d'elle. Sa main droite restait allongée sur sa robe et sa main gauche appuyée sur le bord du berceau tout enveloppé de ses rideaux.

Quand il fut à trois pas il s'arrêta, ne sachant ce qu'il devait faire. La femme de chambre avait refermé la porte derrière lui. Ils étaient seuls.

Alors il eut envie de tomber à genoux et de demander pardon. Mais elle souleva avec lenteur sa main posée sur sa robe et la lui tendant un peu:

--Bonjour, dit-elle d'une voix grave.

Il n'osait toucher ses doigts, qu'il effleura cependant de ses lèvres, en s'inclinant.

Elle reprit:

--Asseyez-vous.

Et il s'assit sur une chaise basse, près de ses pieds.

Il sentait qu'il devait parler, mais il ne trouvait pas un mot, pas une idée, et il n'osait plus même la regarder. Il finit pourtant par balbutier:

--Votre mari avait oublié de me dire que vous m'attendiez, sans quoi je serais venu plus tôt.

Elle répondit:

--Oh! peu importe! Du moment que nous devions nous revoir... un peu plus tôt... un peu plus tard?...

Comme elle n'ajoutait plus rien, il s'empressa de demander:

--J'espère que vous allez bien, maintenant?

--Merci. Aussi bien qu'on peut aller, après des secousses pareilles.

Elle était fort pâle, maigrie, mais plus jolie qu'avant son accouchement. Ses yeux surtout avaient pris une profondeur d'expression qu'il ne leur connaissait pas. Ils semblaient assombris, d'un bleu moins clair, moins transparent, plus intense. Ses mains étaient si blanches qu'on eût dit de la chair de morte.

Elle reprit:

--Ce sont des heures très dures à passer. Mais, quand on a souffert ainsi, on se sent fort pour jusqu'à la fin de ses jours.

Il murmura, très ému:

--Oui, ce sont des épreuves terribles.

Elle répéta comme un écho:

--Terribles.

Depuis quelques secondes, de légers mouvements, ces bruits imperceptibles du réveil d'un enfant endormi, avaient lieu dans le berceau. Brétigny ne le quittait plus du regard, en proie à un malaise douloureux et grandissant, torturé par l'envie de voir ce qui vivait là dedans.

Alors il s'aperçut que les rideaux du petit lit étaient clos du haut en bas avec les épingles d'or que Christiane portait ordinairement à son corsage. Il s'amusait souvent, autrefois, à les ôter et à les repiquer sur les épaules de sa bien-aimée, ces fines épingles dont la tête était formée d'un croissant de lune. Il comprit ce qu'elle avait voulu; et une émotion poignante le saisit, le crispa devant cette barrière de points d'or qui le séparait, pour toujours, de cet enfant.

Un cri léger, une plainte frêle s'éleva dans cette prison blanche. Christiane aussitôt balança la nacelle, et d'une voix un peu brusque:

--Je vous demande pardon de vous donner si peu de temps; mais il faut que je m'occupe de ma fille.

Il se leva, baisa de nouveau la main qu'elle lui tendait, et, comme il allait sortir:

--Je fais des vœux pour votre bonheur, dit-elle.

Antibes, villa Muterse, 1886.

FIN

NOTE.

Le manuscrit de _Mont-Oriol_ comprend 312 feuillets de papier grand in-8º réunis dans une reliure pleine en parchemin. La première partie est paginée de 1 à 153; la seconde de 1 à 159 avec le mot FIN. L'écriture en est rapide et sûre, les surcharges sont rares; on ne soupçonne nul effort. Quelques corrections de forme, visant à la sobriété de l'expression, troublent l'aspect régulier de chaque page.

_Mont-Oriol_ a paru en feuilleton dans le _Gil-Blas_, du jeudi 23 décembre 1886 au dimanche 6 février 1887.

Le roman fut entrepris dans l'été de 1885, durant un séjour que Maupassant fit en Auvergne. Il écrit à sa mère de Châtel-Guyon (août 1885):

«Je ne fais rien que préparer tranquillement mon roman... Ce sera une histoire assez courte et très simple dans ce grand paysage calme. Cela ne ressemblera guère à _Bel-Ami_.»

Dans une autre lettre adressée à Mme Leconte de Nouy (mars 1886), il écrit:

«Je fais une histoire de passion très exaltée, très ardente et très poétique... Les chapitres de passion sont beaucoup plus raturés que les autres. Enfin ça vient tout de même. On se plie à tout, avec de la patience; mais je ris souvent des idées sentimentales, très sentimentales et tendres que je trouve, en cherchant bien! J'ai peur que ça ne me convertisse au genre amoureux, pas seulement dans les livres, mais aussi dans la vie. Quand l'esprit prend un pli, il le garde; et vraiment il m'arrive quelquefois, en me promenant sur le cap d'Antibes,--un cap solitaire comme une lande de Bretagne,--en préparant un chapitre au clair de lune, de m'imaginer que ces histoires-là ne sont pas si bêtes qu'on le croirait.»

OPINION DE LA PRESSE SUR _MONT-ORIOL_.

_Revue des Deux-Mondes_, 1er mars 1887 (F. Brunetière).

«Avec aisance, et surtout avec une clarté parfaite, quels que soient le nombre des personnages et la diversité des épisodes, M. de Maupassant... d'un mouvement rapide nous entraîne vers le dénouement... Je me reprocherais fort de ne pas ajouter que, dans _Mont-Oriol_, la dureté coutumière de M. de Maupassant s'est singulièrement attendrie et qu'il est demeuré sans doute pessimiste, mais que son pessimisme a souri. L'émotion... voilà ce qui manquait encore à ses romans, et voilà ce que nous sommes heureux de rencontrer dans _Mont-Oriol_.»

_Journal des Débats_, dimanche 27 février 1887 (André Hallays).

«... Depuis le jour où, dans les _Soirées de Médan_, parut _Boule de Suif_, que n'a-t-on pas dit et écrit sur le robuste talent du conteur, son style vigoureux et clair, la puissante sobriété de ses descriptions, l'amertume de ses bouffonneries et le tragique de ses farces? Toutes ces qualités, on les trouve dans _Mont-Oriol_ et quelque chose de plus encore. L'observation, sans rien perdre de sa précision et de sa vigueur, est ici moins brutale, le style moins tendu, le récit plus alerte. Çà et là, des remarques presque féminines, de la grâce, de l'abandon, même de la gentillesse. L'ironie qui est au fond du conte est voilée d'une légère mélancolie. Les niaiseries sentimentales de l'amour en sont plus impitoyablement bafouées. Enfin,--et ceci est bien remarquable,--par delà la scène où se meuvent les personnages, apparaissent brusquement des lointains imprévus et des lueurs d'idées générales. Il semble que ce roman, unique dans l'œuvre de M. de Maupassant, ait été pour lui comme un délassement d'imagination; on y sent cette indulgence que donne à l'écrivain, même pessimiste, l'accomplissement d'une tâche facile, allègrement exécutée d'une main légère.»

_Revue Bleue_, 12 février 1887 (Maxime Gaucher).

«Il me semble que M. de Maupassant a le don spécial d'animer et de transformer tout ce qu'il touche de sa plume magique... Cette fois il nous transporte à Mont-Oriol,... où ne va que la bonne compagnie. Cette bonne compagnie sera d'assez mauvaise compagnie: ainsi le veut la baguette qui transforme; mais elle vivra d'une vie intense: ainsi le veut la baguette qui anime. Autre prodige: la donnée sera à peu près complètement dénuée d'intérêt, disons même tout à fait dénuée--et cependant cette lecture nous attachera et nous aurons quelque regret de voir arriver la dernière page et le mot: FIN. C'est que chacun de ses bonshommes est pris sur nature, chacun d'eux est vivant.»

_Le Figaro_, 7 février 1887 (Albert Wolff).

«Aucun de nos jeunes romanciers de valeur ne m'a donné,--au même degré que Maupassant,--la double sensation de la comédie et de la tragédie humaines... Il a ce double don, si rare chez un écrivain, d'attendrir le lecteur et de l'égayer, de le distraire et de le pousser à la méditation... Cette note attendrie, sans déclamation, venant après tant de pages où pétille l'esprit d'observation, clôt le livre sur une sensation durable.»

VARIANTES

D'APRÈS LE MANUSCRIT ORIGINAL.

Page 3, ligne 1, vitrée, _plantée dans son dos_, puis...

Page 5, ligne 25, entrée _de l'établissement_. Embusqué...

Page 19, ligne 13, ennui _pétrifiant_ des...

Page 21, ligne 27, opinions, _sans convictions_, sans...

Page 22, ligne 18, la toute _puissance_ de...

Page 22, ligne 21, plus _puissant_...

Page 25, ligne 3, mystérieuse. Il _est plus grossier qu'un camionneur, plus poilu qu'un ours, plus sale qu'un ruisseau_, et il...

Page 26, ligne 27, pantalon, _qui tenait_ ou...

Page 29, ligne 26, congé _apporte mé_ de...

Page 36, ligne 22, moins. _Il se tut, et il ajouta_: et puis...

Page 37, ligne 5, s'assit _avec beaucoup de_ peine...

Page 42, ligne 15, famille, _rien que par la famille_ et...

Page 42, ligne 23, Allons, _fieu_, faut...

Page 43, ligne 3, réveillait _le gars_; et...

Page 43, ligne 14, oui, oui, _ce sont eux_.

Page 44, ligne 9, flaira, _leva la patte, se remit à flairer_, et...

Page 47, ligne 1, à _voir_ ici.

Page 47, ligne 10, qu'il _sait prendre les choses en riant_ et qu'il ne...

Page 47, ligne 15, jamais _troublé par_ mes...

Page 48, ligne 13, aussi _dur_ et résistant...

Page 49, ligne 24, tomba _tout entier_, ce...

Page 51, ligne 4, votre _vin_! Le vieux fut flatté.--_Oh non, pour sûr, Monsieur le docteur._ Christiane _en_ avait assez et...

Page 51, ligne 20, rien _voir_, elle...

Page 73, ligne 8, leur _dos_ ventru.

Page 81, ligne 8, paralytique, _bien connu_ dans...

Page 89, ligne 10, d'une... (ici l'auteur manquant de références a laissé une ligne en blanc, pour désigner l'affection du paralytique.)

Page 95, ligne 19, nature _excitable_.

Page 95, ligne 22, des amours _orageuses_ pour...

Page 107, ligne 2, d'hôte, _ce qui choqua les dames Paille_, mais...

Page 110, ligne 15, cinq ans _et des rentes_. C'est du reste...

Page 111, ligne 2, d'Enval à _Saint-Hippolyte_.

Page 118, ligne 14, dans _l'air_ plus frais...

Page 125, ligne 26, bleue, _comme un rêve_, et si...

Page 129, ligne 3, elle _sut trouver_ toutes...

Page 129, ligne 21, murmurant _dans la nuque_ les paroles...

Page 134, ligne 6, rien _surpris de cette découverte_. Gontran...

Page 137, ligne 26, une _éclaircie_, le rivage...

Page 141, ligne 6, lieu. _Le jour finissait_, l'air...

Page 150, ligne 27, l'haleine _de soufre_ le...

Page 154, ligne 17, cherche! _Deux fois déjà j'avais cru vous revoir, je m'étais trompé, aujourd'hui, je vous ai reconnue._ Elle voulait...

Page 166, ligne 4, elle _se donnait_ à lui...

Page 168, ligne 8, bien _les eaux_ d'Enval...

Page 180, ligne 14, Gontran _inquiet_ cessa...

Page 183, ligne 19, coutume. _Gontran disait: il semble toujours courir entre deux morts..._

Page 189, ligne 29, face, _tout près l'un de l'autre_, confondant...

Page 190, ligne 4, votre _âme_...

Page 191, ligne 15, portant _au bout de ses poignets_, il la...

Page 191, ligne 18, tendres. _Elle lui dit: «Vous ne sentez plus cette bonne odeur que vous aviez.»_

_Il répondit: «Je ne veux rien garder d'autrefois. Ma vie a commencé le jour où je vous ai connue. C'était le parfum d'une autre.»_

_Ils ne parlaient de rien que d'eux-mêmes, car rien n'existait plus pour eux que leur passion. Il ne pensait qu'à elle, elle ne pensait qu'à lui; ils ne savaient plus rien de ce qui les entourait, ils n'écoutaient plus rien de ce qu'on leur disait, et s'ils répondaient quelquefois c'était sans avoir entendu. Ils gardaient, jour et nuit, l'un et l'autre, sur les lèvres le goût de leurs baisers, dans les yeux l'image de leurs visages, dans la bouche le murmure d'un nom, dans l'oreille le bruit d'un seul mot. Et dans leurs bras, sur leur cœur, dans leur chair, demeurait imprégné, vibrant, incessant et délicieux le souvenir de leur dernière étreinte et aussi le désir d'un enlacement nouveau_. S'ils s'étaient...

Page 209, ligne 3, pas, _n'osant point_ appeler...

Page 209, ligne 12, route. _Il fit quelques pas, mais ne sachant si c'était lui, elle n'osa point remuer._ Alors...

Page 209, ligne 17, bouche _à la place où la forme de la tête s'arrondissait sur le chemin_. Ainsi...

Page 213, ligne 16, ai _annoncé_ que...

Page 214, ligne 1, les _reins_; puis...

Page 215, ligne 1, la _petite_ station...

Page 216, ligne 27, de _venir passer_ quelque...

Page 229, ligne 13, Brétigny, _que le rire étouffait_, fit...

Page 259, ligne 9, bal. _On y dansait avec délire._

Page 277, ligne 15, Qu'elle _épouserait_ un notaire...

Page 285, ligne 18, franche _et plus fraîche_ que...

Page 286, ligne 11, véreuses _qu'on vend si cher aux ducs et princes_ et toutes...

Page 288, ligne 18, serait _bientôt_ la...

Page 293, ligne 22, ni _à vous rendre service_, à...

Page 296, ligne 14, leur _enleva_ leurs...

Page 299, ligne 11, annoncerait _à la porte d'un salon_, Madame...

Page 301, ligne 18, gémissante, _il avait presque pour son état le même dégoût que pour une saleté, elle devenait pour lui l'être malade, impur, à qui l'Église même ne permet plus d'être la marraine d'un nouveau-né avant d'avoir été purifiée_, et il...

Page 309, ligne 1, criant «_c'est entendu_, jeudi...

Page 309, ligne 24, groupe _qu'on avait baptisé les flambeurs_, qu'on retrouvait...

Page 325, ligne 6, misères des _bêtes_; et la...

Page 325, ligne 13, chien, _aussi maigre que l'âne_, était...

Page 326, ligne 14, misère _humaine_.

Page 347, ligne 6, oreille, _sa main étendue sur son visage_ et son...

Page 348, ligne 8, oubliez _ce que je viens de vous avouer_. Vous...

Page 358, ligne 17, visite _à ta fiancée_, et je...

Page 359, ligne 16, _drôleries_ à Louise...

Page 360, ligne 15, venait de quitter à page 363, ligne 4, Un jour comme il entrait...

Page 372, ligne 17, Il avait donc triomphé, lui! Il saisit soudain les deux mains...

Page 373, ligne 6, _Comme_ je vous aime, ma petite Charlotte, _comme_ je vous aime!

Page 373, ligne 13, Elle s'était _levée_; il se leva _et_ la saisit _au_ bras _pour l'embrasser au front_ avec emportement...

Page 377, ligne 3, apprit _par le caissier_ que...

Page 380, ligne 5, C'était une affreuse catastrophe. _Aussi quand le père Printemps annonça que le facteur réclamait la gratification promise au commencement du mois, le banquier reçut cette demande par une explosion de colère._

--_Quelle gratification? Quel facteur? Qu'est-ce qu'une exploitation pareille? On me vole de tous les côtés, mais j'en ai assez entendez-vous, j'en ai assez!_

_Le père Printemps s'expliqua_:

--_Monsieur le Président ne se rappelle pas qu'il a promis au facteur dix francs par mois pour porter toutes ses dépêches à Châtel-Guyon tant que nous n'aurions pas un télégraphe ici._

--_Je lui ai promis dix francs par mois, moi?_

--_Mais oui, Monsieur le Président._

--_C'est dix fois trop, je ne me laisserai pas piller de la sorte._

--_Mais si Monsieur le Président songe qu'il y a quatre kilomètres d'ici Châtel-Guyon, par les raccourcis, cela fait huit aller et retour. A dix francs par mois il n'a pas eu dix sous par course, allez._

_A cette pensée qu'il avait payé dix sous pour huit kilomètres faits à pied, la fureur de William Andermatt s'apaisa quelque peu sans que sa mauvaise humeur de fond se dissipât. Il commanda: «Faites entrer le facteur». L'homme parut, botté, en blouse bleue, son képi noir à la main. Le banquier lui dit_:

--_Je vous ai promis dix francs par mois pour porter mes dépêches à Châtel-Guyon quand votre service des lettres était fini._

--_Oui, Monsieur le Président._

--_Ah!... c'est bon... eh bien... eh bien... quelle remise l'administration vous fait-elle sur les timbres que vous vendez?_

--_Cinq pour cent, Monsieur le Président._

--_Cinq pour cent?_

--_Oui, Monsieur._

--_Eh bien vous allez m'apporter pour deux cents francs de timbres de quinze centimes. J'en ai l'emploi très rapidement avec la correspondance de ma maison de banque. Cela vous fera vos dix francs._

_L'homme, stupéfait, restait debout, sans bien saisir cette combinaison._

_Alors Andermatt dont les nerfs étaient frémissants, ce matin-là, s'emporta de nouveau._

--_Vous ne comprenez pas, nom d'un chien? Vous--m'apporterez--pour--deux--cents--francs--de--timbres-poste--de quinze centimes. Je vous paye--deux--cents--francs--et vous ne remettez à l'administration que--cent--quatre-vingt-dix francs,--puisqu'elle vous fait cinq pour cent de remise. C'est donc dix francs que vous gardez, dix francs que je vous donne. Hein?_

_Le facteur avait enfin compris. Il balbutia_:

--_Oui, Monsieur le Président._

_Alors Andermatt le congédia brusquement._

--_C'est bon, allez-vous-en, et apportez-moi vos timbres demain matin._

_Quand l'homme fut sorti il se retourna vers le médecin_:

--Vous devriez...

Page 385, ligne 26, _Tu sais_, mon vieux Paul, _si ça t'ennuie de raconter ta petite affaire à Christiane, je m'en chargerai bien, moi_. Leurs yeux...

Page 388, ligne 28, accouchement _prématuré_...

Page 391, ligne 6, sembla qu'elle _s'entr'ouvrait_ et que tout le dedans...

Page 402, ligne 22, quelle _digne_ femme...

Page 406, ligne 3, calme-toi, _je t'en supplie, calme-toi_, qu'est-ce...

Page 406, ligne 29, blonds _qui sortaient de son fin bonnet_, elle regardait...

Page 407, ligne 7, de _secousses_.

Page 409, ligne 29, totalement _et pour toujours_ abandonnée...

Page 410, ligne 27, yeux, _des bouches_, de...

Page 411, ligne 17, petit _être_...

Page 411, ligne 19, quelque chose _d'autre venu d'ailleurs_. Il...

Page 415, ligne 2, Geneviève; _lui préfère Geneviève_...

Page 422, ligne 6, femme, levée pour la première fois, la...

Page 424, ligne 6, interminables. _Il croyait ne pas marcher droit_, il avait peur...

Page 424, ligne 24, toucher _cette main_, qu'il...

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Liste des modifications:

Page 67: «Gontron» remplacé par «Gontran» (Gontran affirmait parfois) Page 82: «il» par «ils» (ils les enterrèrent en plaisantant) Page 128: «s'étais» par «s'était» (il s'était mis) Page 130: «elles» par «elle» (tant il avait de pensées pour elle) Page 137: «firmanent» par «firmament» (jusqu'à l'autre firmament) Page 251: «m'enbêtent» par « m'embêtent» (ces choses-là m'embêtent) : «tirez» par «tirer» (Vous ne pouvez vous tirer de là) Page 371: «être» par «êtres» (les êtres naïfs et bons) Page 378: «Andermat» par «Andermatt» (Andermatt sentit un frisson) Page 381: «l'a» par «la» (Il la trouva encore au lit) Page 394: «n'a» par «n'as» (tu n'as pas encore demandé)