Uvres Completes De Francois Villon Suivies D Un Choix Des Poesi
Chapter 11
Le varlet, voyant ces desbas, Leur dit: «Nul de vous ne s'esmoye; Je suis content que, par compas, Tout maintenant bandé je soye.» Les gallans en eurent grand joye, Et le bandèrent en ce lieu, Puis chascun d'eux si print la voye Pour s'en aller sans dire adieu.
Le varlet, qui estoit bandé, Tournoyoit parmy la maison. Il fut de l'escot prébendé [P. 214] Par ceste subtile achoison. Affin d'avoir provision De l'escot, l'hoste monte en hault: Quand il vit ceste intention, A peu que le cueur ne lui fault.
En montant, l'hoste fut happé Par son varlet, sans dire mot, Disant: «Je vous ay attrapé, Il faut que vous payez l'escot, Ou vous laisserez le surcot.» De quoy il ne fut pas joyeux, **************************** Cuydant qu'il fust mathelineux.
Quand le varlet se desbanda, La tromperie peut bien congnoistre: Fut estonné quand regarda, Et vit bien que c'estoit son maistre. Pensez qu'il en eut belle lettre, Car il parla lors à bas ton, Et, pour sa peine, sans rien mettre, Il eut quatre coups de baston.
Ainsi furent, sans rien payer, Les povres gallans délivrez De la maison du tavernier, Où ilz s'estoyent presque enyvrez Des vins qu'on leur avoit livrez Pour boire à plain gobelet, Que paya le povre varlet.
Et que ce soit vray ou certain, [P. 215] Ainsi que m'ont dit cinq ou six, Le cas advint au Plat d'estain Près Sainct-Pierre-des-Arsis. Bien eschéoit ung grant mercis, A tout le moins, pour ce repas, Et si ne le payèrent pas.
Aussi fut si bien aveuglé, Le povre varlet malheureux, Qui fut de tout l'escot sanglé, Et fallust qu'il payast pour eulx; Et s'en allèrent tous joyeux Les mignons, torchant leur visaige, Qui avoyent disné d'advantaige.
LA SEPTIESME REPEUE
FAICTE AUPRÈS DE MONTFAULCON.
Pour passer temps joyeusement, Raconter vueil une repeue Qui fut faicte subtillement Près Montfaulcon, c'est chose sceue, Et diray la desconvenue Qu'il advint à de fins ouvriers; Aussi y sera ramenteue La finesse des escolliers.
Quand compaignons sont desbauchez, Ilz ne cherchent que compaignie; Plusieurs ont leurs vins vendangez [P. 216] Et beu quasy jusqu'à la lye. Or advint qu'une grant mesgnie De compaignons se rencontrèrent. ****************************** ******************************
Et, sans trouver la saison chère, Chascun d'eulx se resjouyssoit Disant bons motz, faisant grant chère; Par ce point le temps se passoit. Mais l'ung d'iceulx promis avoit De coucher avec une garce, Et aux aultres le racontoit, Par jeu, en manière de farce.
Tant parlèrent du bas mestier, Que fut conclud, par leur façon, Qu'ilz yroyent ce soir-là coucher Près le gibet de Montfaulcon, Et auroyent pour provision Ung pasté de façon subtile, Et meneroyent, en conclusion, Avec eulx chascun une fille.
Ce pasté, je vous en respons, Fut faict sans demander qu'il couste, Car il y avoit six chapons, Sans la chair, que point je n'y boute. On y eust bien tourné le coute, Tant estoit grant, point n'en doubtez. Le Prince des Sots et sa routte En eussent esté bien souppez.
Deux escolliers voyant le cas, [P. 217] Qui ne sçavoyent rien que tromper, Sans prendre conseil d'advocatz, Ilz se voullurent occuper, Pensant à eux, comme atrapper Les pourroyent d'estoc ou de trenche; Car ilz voulloyent ce soir soupper Et avoir une repeue franche.
Sans aller parler au devin, L'ung prist ce pasté de façon, L'autre emporta un broc de vin, Du pain assez, selon raison, Et allèrent vers Montfaulcon, Où estoit toute l'assemblée. Filles y avoit à foyson, Faisant chère desmesurée.
Aussi juste comme l'orloge, Par devis et bonne manière, Ilz entrèrent dedans leur loge, Espérant de faire grant chière, Et tastoient devant et derrière Les povres filles, hault et bas. ***************************** *****************************
Les escolliers, sans nulle fable. Voyant ceste desconvenue, Vestirent habitz de diable, Et vindrent là, sans attendue: L'ung, ung croc, l'autre, une massue, Pour avoir la franche repue, Vindrent assaillir les gallans. *****************************
Disant: «A mort! à mort, à mort! [P. 218] Prenez, à ces chaisnes de fer, Ribaulx, putains, par desconfort, Et les amenez en enfer; Ilz seront avec Lucifer, Au plus parfond de la chauldière, Et puis, pour mieulx les eschauffer, Gettez seront en la rivière!»
L'ung des gallans, pour abbreger, Respondit: «Ma vie est finée! En enfer me fault heberger. Vecy ma dernière journée; Or suis-je bien ame dampnée! Nostre peché nous a attains, Car nous yrons, sans demourée, En enfer avec ces putains!»
Se vous les eussiez veu fouyr, Jamais ne vistes si beau jeu, L'ung amont, l'autre aval courir; Chascun d'eulx ne pensoit qu'à Dieu. Ilz s'en fouyrent de ce lieu, Et laissèrent pain, vin et viande, Criant sainct Jean et sainct Mathieu, A qui ilz feroyent leur offrande.
Noz escolliers, voyant cecy, Non obstant leur habit de diable, Furent alors hors de soulcy, Et s'assirent trestous à table; Et Dieu sçait si firent la galle [P. 219] Entour le vin et le pasté, Et repeurent, pour fin finalle, De ce qui estoit appresté.
C'est bien trompé, qui rien ne paye, Et qui peut vivre d'advantaige, Sans desbourser or ne monnoye, En usant de joyeux langaige. Les escolliers, de bon couraige, Passèrent temps joyeusement, Sans bailler ny argent ny gaige, Et si repeurent franchement.
Si vous vouliez suyvre l'escolle De ceulx qui vivent franchement, Lisez en cestuy prothocolle, Et voyez la façon comment; Mettez-y vostre entendement A faire comme ilz faseyent, Et, s'il n'y a empeschement, Vous vivrez comme ilz vivoyent.
FIN DES REPEUES FRANCHES ET DES POÉSIES ATTRIBUÉES A VLLLON.
NOTES.
_(Les chiffres renvoient aux pages du volume. V. signifie_ vers; _Pr._, Prompsault; _P. L._, M. Paul L. Jacob, bibliophile.)
P. 1. _Clément Marot aux Lecteurs._ Cette préface, avec le huitain qui l'accompagne, est en tête de l'édition de _Paris, Galiot du Pré,_ 1533, la première donnée par Marot.
P. 2, lig. 28. _Toutesfoys_... Marot dit clairement qu'il n'a pas consulté un seul manuscrit. Il n'a pas non plus eu sous les yeux toutes les éditions du XVe siècle.
P. 4, lig. 5. _Après _... Les vers que Marot dit avoir refaits sont au nombre de dix ou douze seulement, et, chose singulière, on les trouve tels quels dans les manuscrits et les anciennes éditions. (P. L.)
P. 7. _Le Petit Testament_. Ce titre, que Villon n'avait pas eu l'intention de donner à ses _lays_ (voy. p. 50, v. II), se trouve en tête des plus anciennes éditions de ses oeuvres.
P. 8-9. Les huitains IV à IX ont été publiés pour la première fois par Prompsault, d'après un mss. La Monnoye ne les a pas connus.
P. 9, huitain IX. L'invocation par laquelle Villon commence son Testament n'est qu'une affaire de simple formule. Ce n'est pas là qu'il faut chercher la preuve de ses sentiments religieux.
P. 14, huit. XXIII. Ce huitain, publié pour la première fois par Prompsault, se trouve en manuscrit dans l'exemplaire annoté de La Monnoye.
P. 17-19. Les huitains XXXVI-XXXIX, publiés pour la première fois par M. Prompsault, n'étaient pas connus de La Monnoye. C'est une satire du jargon scolastique du temps. Il n'est pas certain que Villon en soit l'auteur. J'ai conservé quelques-unes des corrections introduites dans ce texte par M. P. L.
P. 21. _Le Grand Testament_. Huit. I. _En l'an trentiesme de mon eage_... On a conclu de ce vers que Villon n'avait pas trente ans accomplis en 1461. La mesure du vers ne lui permettait pas d'être plus exact; mais dans le _Débat du corps et du coeur_ (p. 113), fait dans la prison de Meung, il dit positivement: «Tu as trente ans.» Il était donc réellement né en 1431.
P. 22, huit. V. La leçon de l'édition Prompsault est meilleure que celle de La Monnoye. La voici:
_Si prieray pour lui de bon cueur, Par l'ame du bon feu Cotard..._
C'est-à-dire que Villon jure par l'âme de son procureur Cotard (voy. ce nom au _Glossaire-index_), de prier Dieu pour Thibault d'Aussigny. La suite nous apprend ce qu'il entend par là.
P. 37-38. On a cru que dans les huitains XLIII-XLV Villon parlait de lui-même; c'est évidemment une erreur. Pour le reconnaître, il suffit de se rappeler qu'il n'avait que trente ans, et n'était pas un «pauvre vieillart.»
P. 45, huit. LIV. Je n'ai pas adopté la correction de La Monnoye, qui termine ainsi ce huitain:
_C'est pure vérité decellée: Pour une joye cent doulours_.
P. 56. Les six premiers vers de l'_Envoi_ donnent en acrostiche le nom de _Villon_, ainsi que M. Nagel l'a remarqué le premier. Il a découvert aussi que le premier huitain de la _Ballade de Villon à s'amye,_ p. 57, donne en acrostiche le nom de _Françoys._ Le second huitain donne _Martheos,_ sans doute par l'effet du hasard.
P. 90. _Lays._ Publié pour la première fois par Prompsault. En manuscrit dans La Monnoye. Il en est de même du huitain CLIII, p. 91.
P. 99. «_Et je croy bien que pas n'en ment._» Le huitain qui commence par ce vers et le reste de la ballade ont été publiés pour la première fois par Prompsault. Ils existent en manuscrit dans La Monnoye.
P. 101. _Poésies diverses_. Le titre de plusieurs éditions annonce un _Codicille_, ce qui a préoccupé quelques éditeurs plus que de raison. L'édition de Pierre Levet, 1489, et une autre édition du XV'siècle (la troisième décrite par M. Brunet), disent ce qu'il faut entendre par là. Dans celle de Pierre Levet on lit: _Cy commence le grant Codicille et Testament de maistre François Villon,_ et dans l'autre: _Sensuit le grant Testament et Codicille de maistre François Villon._ Le _Codicille_ n'est donc autre chose que le _Grand Testament,_ postérieur de cinq ans au _Petit Testament._
Les _poésies diverses_ ont été classées de différentes façons, selon le gré des éditeurs. J'ai cherché à les ranger chronologiquement. Le _quatrain_ et _l'épitaphe_ (p. 101), la _Requeste au Parlement_ (p. 103), la _Ballade de l'appel_ (p. 104), le _Dit de la naissance Marie_ (p. 105) et la _Double ballade_ (p. 107) se rapportent au procès de 1457. Je parlerai des autres pièces plus tard.
P. 105. _Le Dit de la naissance Marie_. Cette pièce et les deux suivantes se trouvent dans un très-beau manuscrit des Poésies de Charles d'Orléans, conservé à la Bibliothèque impériale. Elles ont été publiées pour la première fois par M. Prompsault.
P. 107. _Double ballade_. Cette pièce, adressée à Marie d'Orléans, fut composée longtemps après la précédente, et lorsque la princesse était déjà grande, et avait «port assuré, maintien rassis» (p. 109, v. 17).
P. 110. _Ballade Villon._ Cette pièce est incontestablement de Villon, dont elle porte le nom dans le manuscrit des poésies de Charles d'Orléans. Il n'est pas aussi certain que les deux autres pièces tirées du même manuscrit soient de lui, mais c'est on ne peut plus vraisemblable.
Cette ballade fut composée sur un sujet donné par le duc d'Orléans. On trouve dans le manuscrit de ses poésies celles qui furent composées à la même occasion par onze autres poëtes.
P. 111 _Epistre_, Cette pièce fut composée dans la prison de Meung. Elle a été publiée pour la première fois par Prompsault, mais elle existe en manuscrit, avec des variantes, dans La Monnoye.
P. 112. _Le Débat du cueur et du corps_. Composé dans la prison de Meung. Les précédents éditeurs n'ont pas remarqué que le nom de Villon se trouve en acrostiche dans les six vers qui, non compris le refrain, forment l'_envoi_.
P. 113. _La, Requeste à Monseigneur de Bourbon_. Prompsault se trompe lorsqu'il dit que Marot a fait le titre de cette ballade. On le trouve dans les éditions du XVe siècle tel qu'il est reproduit ici.
Le duc de Bourbon était Jean II, qui mourut en 1487; ce ne pouvait être Charles Ier, mort en décembre 1456, à l'époque précisément où Villon, peu connu comme poëte, se faisait fouetter publiquement.
P. 119. _Ballade des povres housseurs_. Cette pièce a été tirée du _Jardin de plaisance_ par Prompsault. Il n'est pas bien prouvé qu'elle soit de Villon. On ne sait pas au juste ce que signifie ce mot _housseurs_. Cotgrave le traduit par _balayeurs_, _ramoneurs_; M. P. L., par _batteurs de tapis_; Prompsault, par _porteurs de housseaux_ ou de bottes; M. Campeaux, par écoliers portant des _housses_, comme ceux du collège de Navarre. Son explication me paraît la meilleure, à moins que _housseurs_ ne signifie _faiseurs de housseaux_. Il y a un rapprochement à faire entre cette supposition et, d'une part, les conjectures de M. Campeaux relativement à la profession du père de Villon; d'autre part, l'affirmation très-nette de la onzième des pièces attribuées à Villon, que je publie, p. 139. «...Mon père est cordouennier.» Malheureusement ce rondeau n'est pas plus certainement de Villon que la _Ballade des povres housseurs_.
P. 120. _Problème ou Ballade_. Publié pour la première fois par Prompsault. En manuscrit dans La Monnoye.
P. 121. _Ballade contre les mesdisans de la France_. Prompsault a cru publier cette pièce pour la première fois; mais il en existe une édition en caractères gothiques, reproduite par M. A. de Montaiglon dans les _Anciennes Poésies françoises_, t. V, p. 320, qui m'a fourni de bonnes variantes. La Monnoye la connaissait. Elle existe en manuscrit dans son exemplaire annoté, avec le titre qu'elle porte ici.
P. 124. _Le Jargon ou Jobelin_. Tous les éditeurs de Villon ont reculé devant l'explication de ces ballades en argot. Je suis leur exemple; mais cela ne doit pas décourager ceux qui voudraient tenter l'entreprise. En recueillant avec soin toutes les variantes des anciennes éditions, en rapprochant les ballades de Villon des monuments assez nombreux de ce langage qui nous restent du XVe siècle et du commencement du XVIe, on arriverait probablement à quelque chose de satisfaisant.
P. 133. _Poésies attribuées à Villon_. J'ai choisi ce titre à cause de son élasticité. Je ne suis pas convaincu que ces pièces soient de notre poëte; mais je n'ai pas voulu, en les donnant comme émanant de ses disciples, lui faire tort de celles qui peuvent lui appartenir.
P. 133-143. Dix-sept pièces choisies parmi celles que M. Campeaux a tirées du _Jardin de plaisance_. On ne peut, lire son travail sans être tenté d'admettre que plusieurs de ces pièces sont réellement de Villon.
P. 144-146. Les ballades XVIII, XIX et XX ont été réunies pour la première fois aux oeuvres de Villon dans l'édition de 1723. Je ne crois pas qu'elles soient de lui.
P. 147. _Ballade joyeuse des taverniers_. Cette pièce se trouve dans toutes les éditions de _la Chasse et le Départ d'Amours,_ d'Octavien de Saint-Gelais, dont la première est de 1509. Je dois cette indication à mon ami M. Louis Moland.
P. 150. _Monologue du franc archier de Baignollet_. Réuni pour la première fois aux oeuvres de Villon en 1532, dans une édition de Galiot du Pré. Il existe de ce monologue une édition gothique, format d'agenda, qui a été reproduite dans l'_Ancien théâtre françois_, t. II, p. 326. J'en ai tiré quelques variantes.
P. 164. _Dialogue de messieurs de Mallepaye et de Baillevent_. De même que le _Monologue du franc archer_, cette pièce fut réunie pour la première fois aux oeuvres de Villon dans l'édition de Galiot du Pré, 1532. Elle est écrite, comme l'a remarqué le premier M. A. de Montaiglon, «en strophes de six vers sur deux rimes, qui s'enchaînent de telle façon que la rime placée dans une strophe au troisième et au sixième vers se répète, dans la strophe suivante, aux quatre autres vers, c'est-à-dire au premier, au second, au quatrième et au cinquième.» Je l'ai divisée selon ces indications, et l'on conviendra qu'elle y a beaucoup gagné.
Deux strophes sont incomplètes, l'une d'un vers, p. 172, et l'autre de deux, p. 177.
P. 178. _Les Repeues franches_. Ce recueil fut imprimé plusieurs fois dans le XVe siècle et la première moitié du XVIe. Il n'est pas de Villon; mais le poëte y joue un tel rôle qu'on ne peut se dispenser de le joindre à ses oeuvres, ce qu'on fait, du reste, depuis plus de trois cents ans. Il est écrit presque tout entier en strophes de huit vers, ce que les précédents éditeurs n'avaient pas assez remarqué, comme l'a dit M. A. de Montaiglon. Il y a vers la fin quelques strophes que je n'ai pu compléter, bien que j'aie consulté plusieurs éditions anciennes, y compris celle de Jean Trepperel, que je crois la première.
P. 187. _La Manière d'avoir du poisson_. Le moyen employé par Villon pour se débarrasser du _porte-pannier_ rappelle le fabliau des _Trois Avugles de Compiengne_, par Cortebarbe. Voir aussi les _Aventures de Til Ulespiègle_, chap. LXXI (_Nouvelle collection Jannet_); _Morlini_, nouv. XIII; les _Facétieuses Nuits de Straparole_, édition Jannet, _Paris_, 1857, t. Ier, p. liv.
P. 190. _La Manière d'avoir des trippes_. Voir un expédient analogue dans les _Aventures de Til Ulespiègle_, édition citée, chap. LXXII.
P. 191. _La Manière d'avoir du pain_. Imité par l'auteur des _Aventures de Til Ulespiègle_, chap. VI.
P. 192. _La Manière d'avoir du vin_. Se retrouve dans _Til Ulespiègle_, chap. LVII.
P. 206. _La Repeue franche du Souffreteux_. Imité par l'auteur de _Til Ulespiègle_, chap. LXI, et par Bonaventure Des Périers. Voy. l'édition de M. Louis Lacour, 1856. In-16, p. 122.
GLOSSAIRE-INDEX.
A----------
_A_, avec. P. 34, v. 18; p. 158, v. 12.
_A coup_, vite, tout de suite.
_A tout_, avec.
_Abandonné_, libéral, prodigue. 172.
_Abayer_, aboyer.
_Aboluz_, abolis, absous. §§.
_Aboy_ (en), aux abois, abaissé.--«Trois poulx rampans en aboy», c'est-à-dire descendant le long de la chemise, telles sont les armoiries que le seigneur de Mallepaye assigne à son ami Baillevent, P. 168.
ABSALON, 121, 122.
_Absoluz, absolz_, absous.
_Abusion_, peine inutile, fait de quelqu'un qui s'abuse. (P. 35, v. 2.)
_Acabit_, accident (?). 175.
_Accollèe, acollée_, accolade.
_Accouter_, appuyer, accoter. 47, 136.
_Acherin_, acéré, d'acier.
_Achoison, achoyson_, occasion, feinte, ruse.
_Acongnoistre_, connaître. 195.
_Accueillir_, tenir. 145.
_Acquester_, acquérir.
_Acreuz_, acquis, augmentés. 165.
_Acteur_ (l'), l'auteur. 182.
_Adextre_, adroit, habile.
_Adirer_, absenter, supprimer. 135.
_Admenez_ (en) (?), P. 38, v. 25.
_Adonc, adoncques_, alors.
_Advantaige_, voy. _avantaige_.
_Affier_, assurer, certifier.
_Affiques_, affiquets. 185.
_Affoler_, blesser. 152.
_Affuyt_, suit.
_Aguet (aller d')_, marcher avec précaution et sans bruit, c'est ce que faisaient sans doute les soldats de police à pied dont parle Villon, p. 13, v. 21.
_Aherdre_, p. 52, se trouve dans Cotgrave avec le sens de toucher, prendre.
_Ahonti_, déshonore, couvert de honte. 142.
_Aid_, aide, assiste «Ainsi m'aid Dieux!» P. 26, v. 6.
_Aignel_, agneau. 107.
_Ainçoys_, avant.
_Ains_, avant.
_Aist_, aide. «Ainsi m'aist Dieux!» 107.
_Aiz_, planche. 84.
ALENÇON. 151. Cette ville fut prise et reprise plusieurs fois par les Anglais et les Français pendant les guerres du XVe siècle. C'est en 1448 que Charles VII l'assiégea pour la dernière fois; il s'en empara, ainsi que de toutes les autres places fortes de la Normandie. (P. L.)--Le bon feu duc d'Alençon dont parle Villon (p. 36) serait, selon M. Pr., Jean Ier, tué à la bataille d'Azincourt, en 1415.
ALEXANDRE, p. 26. Cette anecdote d'Alexandre et du pirare Diomédès est, suivant Formey, rapportée par Cicéron, dans un fragment du traité _De Republica_, liv. III, que nous a conservé Nonius Marcellus. Le nom du pirare ne s'y trouve pas. Voy. 121.
ALLEMANSES, allemandes, 80.
_Alleure_ (_bonne_), promptement.
ALLYS (p. 34, v. 19), Alix de Champagne, mariée en 1160 à Louis le Jeune, roi de France, et morte en 1216. (Pr.)
_Alouer_ (_s'_), s'attacher, se dévouer. 108.
ALPHASAR, p. 121. Arphaxad, roi des Mèdes.
ALPHONSE, _le roy d'Aragon_. Alphonse V, dit le Sage, mort en 1458.
_Amant_, 165, amendement.
_Amathiste_, améthyste. 35.
_Ambagoys_, ambages, finesses. 192.
_Ambesas_, doubleas. P. 48.
_Ameçons_, hameçons. Employé au figuré, p. 185.
AMIRAL (l'), p. 152. M. P. L. suppose que c'est Prégent, seigneur de Coetivy et de Retz, créé amiral en 1439, et tué en 1450, au siège de Cherbourg.
AMMON, fils de David. Plaisant récit de son amour pour sa soeur Thamar. (P. 46, v. 15.)
_Amoureux_, agréable, bon. 195, v. 1.
_Amys_, amicts. 36.
_Ance_, anse. 15.
ANCENYS, 151.
_Ançoys_, avant.
_Ancre_, encre.
_Andoilles_, andouilles. 64.
_Ange, Angelot_, (p. 70), étaient des monnaies d'or. Deux _angelots_ valaient un grand _ange_. Villon veut que le jeune merle agisse consciencieusement, ce qui n'était sans doute pas dans ses habitudes. (Pr.)
ANGELOT L'HERBIER (l'herboriste), 85.
ANGIERS, 9. Le _Lyon d'Angiers_ (153) était sans doute l'enseigne d'une hôtellerie.
ANGLAIS, p. 151.
ANGLESCHES, anglaises, p.81, v. 3.
_Angoisseux_, plein d'angoisse.
ANGOULEVENT, p. 176. Un Prince des Sots nommé Angoulevent vivait à la fin du XVIe siècle et se fit connaître par un procès qu'il soutint pour défendre les privilèges de sa principauté. Mais ce passage prouve que le nom d'Angoulevent était générique parmi les gueux et les aventuriers dès le XVe siècle. (P. L.)
ANJOU, 157.
_Antan_, l'an passé.
_Ante_, tante. 82.
_Apasteler_, nourrir.
_Apostoles_, pape (p. 36), et, par extension, évêque, et peut-être prêtre.
_Appaillardir_, appauvrir, mettre sur la paille 172.
_Appeau_, appel. 197.
_Appoinct_, à point. 73.
_Appointé_, convenu.
_Appoinctement_, accord.
_Aprins_, appris.
_Arain_, airain, cuivre. 48
_Arbrynceaux_, arbrisseaux.
ARCHIPIADA, 34, vraisemblablement Archippa, l'amante de Sophocle. (Pr.)
ARCHITRICLIN (p. 69). Le maître d'hôtel des noces de Cana, qui conseilla de boire le bon vin le premier.
_Ardiz_, brûlai. 121, v. 2.
_Ardre_, brûler.
_Argeutis_, arguties. 18.
ARISTOTE, 18, 25.
_Armarie (montrer l')_, p. 146, paraître armé dans un tournoi. (P. L)
_Arquemie_, alchimie. «Faire l'arquemie aux dens» (p. 182 et 186), c'est vivre de vent, n'avoir rien à manger.
_Arraisonner_, interroger.
_Arrons_, aurons.
_Ars_. brûlé. 17.
_Arsure_. brûlure. 76.
_Art de la pinse et du croc_, l'art des voleurs. P. 2.
_Art de mémoire_, 11. Probablement l'_Ars memorativa_, ouvrage didactique souvent réimprimé au XVe s. avec des figures singulières. (P. L.)
ARTUS, _le duc de Bretaigne_ (p. 35, v. 10) est Artus III, le Justicier, mort en 1458.
_Asçavoir-mon_, c'est à savoir.
ASNE ROUGE, 60. Est-ce une enseigne?
_Assier_, acier. 9.
_Assouvir_, calmer, satisfaire, accomplir. 29, 89, 90, 94, 110.
_Atout_, avec.
_Attaine_, III. Atteigne, blesse. (P. L.)
_Attaintée_, 78, bien parée (Pr.),-fardée (P. L.).
_Attendue_, attente, retard.
_Attente_, intention. 49.
_Aubade_, peur. 199.
_Aucun, aucune_, quelque. 30, 120.
_Aucunement_, en quelque façon.
_Auditeux_, auditeurs.
AUGER LE DANOIS, 91.
_Aulmoire_, armoire.
AULNIS (vin d'), 60.
AUSSIGNY (_Thibault d'_), 21.
AUVERGNE (p. 36). Le dernier Dauphin de la branche héréditaire fut Beraud III, qui mourut en 1428. (P. L.)
_Avaller_, descendre, précipiter en bas.
_Avantage (vivre d')_, vivre aux dépens d'autrui. 206, 208, etc.
_Avenir_, advenir.
AVERROYS, Averrhoès. 25.
_Avoyé_, en voie, bien venu. 196.
_Ayser (s')_, se mettre à son aise, se servir librement. P. 78, v. 21.
B----------
BABYLOINE, Babylone. 79.
_Bachelette_, jeune fille. 47.
_Bachelier_, jeune galant, amoureux. 47.
_Bague_, bagage, arme.
BAIGNEUX, 193
BAIGNOLET, 150.
_Bailler_, donner.
BAILLY, 3.
_Bandon (à),_ à l'abandon.
_Barat_, tromperie.
_Barbiers_, étaient les chirurgiens du temps. 77.
_Barguigner_, marchander, hésiter.