Œuvres complètes de Chamfort (Tome 4) Recueillies et publiées, avec une notice historique sur la vie et les écrits de l'auteur.

Part 20

Chapter 202,896 wordsPublic domain

Quel spectacle à mes yeux se présente? Almasie éperdue et mon sceptre brisé! Punissons, punissons une audace insolente: Vengeons mon pouvoir méprisé. Ministres de mes lois, venez, servez ma rage; Paraisses, enchaînez l'ennemi qui m'outrage.

SCÈNE IV.

TROUPE DE GÉNIES, LE GÉNIE, ALMASIE, ZÉNIS.

CHŒUR DE GÉNIES.

Nous t'obéissons, Tu connais le crime. Nous en frémissons, Frappe ta victime.

ALMASIE.

Juste ciel!

LE GÉNIE.

Tu devrais mieux cacher ta douleur, Voilà donc le rival qui règne dans ton âme? C'est lui qui m'enlève ton cœur, Et qui fait mépriser mes bienfaits et ma flâme.

ALMASIE.

Ah! seigneur, écartez des soupçons odieux.

LE GÉNIE.

Quel est donc son projet? et quel pouvoir suprême L'a fait pénétrer en ces lieux?

ALMASIE.

Hélas! je l'ignore moi-même.

LE GÉNIE.

Je te soupçonne, j'en gémis; Mais s'il n'est pas l'objet de ton amour extrême, Prends ce fer; frappes... tu frémis!

(_Il lui donne un poignard._)

Ah! perfide, tu me trahis.

ALMASIE.

M'oses-tu proposer un forfait que j'abhorre? Pour calmer ta fureur, j'immolerais Zénis!... J'immolerais ce que j'adore!

ZÉNIS.

Ah! cet aveu me venge, et je brave le sort.

LE GÉNIE.

Et toi, tu m'offenses encore: C'est donc à moi de te donner la mort.

ALMASIE.

Barbare... arrête: S'il faut du sang pour t'appaiser, Donne; ma main est toute prête:

(_Elle veut arracher le poignard, pour s'en frapper._)

C'est le mien que je vais verser.

LE GÉNIE, _faisant signe aux Génies de se retirer_.

C'est assez. Il est temps de me faire connaître. Tendres amans, vos tourmens sont finis. J'ai su vous éprouver. Ton courage, Zénis, Annonce à l'univers le sang qui l'a fait naître.

(_à Almasie._)

Et vous, de votre cœur je connais tout le prix; Soyez heureuse enfin, vous méritez de l'être; Pardonnez-moi vos maux, je vous donne mon fils.

ALMASIE.

Votre fils!...

ZÉNIS.

Vous mon père! Ah! pourquoi si long-temps m'en avoir fait mystère!

LE GÉNIE.

Ma tendresse, mon fils, m'en imposa la loi. La nature toujours rend la naissance égale. Ce n'est qu'en s'illustrant qu'on met un intervale Entre tous les mortels et soi. S'ils ne gravent leur nom au temple de mémoire, Les enfans des héros sont dans l'obscurité; C'est par sa propre gloire Que l'on détruit l'égalité.

ZÉNIS.

Amour, voilà l'effet de tes divins oracles.

LE GÉNIE.

Ils n'étaient dictés que par moi. J'ai voulu t'opposer des dangers, des obstacles; J'ai vu ton âme incapable d'effroi, Et je viens partager mon empire avec toi.

ZÉNIS.

A vos bienfaits déjà mon cœur ne peut suffire. Almasie est à moi. Puis-je former des vœux? Mon père, en couronnant mes feux, Vous avez fait bien plus que me donner l'empire.

LE GÉNIE.

Votre bonheur, mon fils, est tout ce que je veux.

ALMASIE, ZÉNIS.

Triomphe, Amour, règne sur nous sans cesse, Dans nos cœurs lance tous tes traits; Que chaque jour notre bonheur renaisse, Nous le devons à tes bienfaits.

LE GÉNIE.

(_La fête commence._)

Chantez l'Amour; célébrez sa victoire; Il est le plus charmant des dieux: Il soutient son empire, en comblant tous vos vœux, C'est le plaisir qui prend soin de sa gloire.

LE CHŒUR.

Chantons l'amour, etc.

LE GÉNIE.

Esprits sous mes lois réunis, Pour votre roi, reconnaissez mon fils. Qu'il déchaîne les vents, qu'il lance le tonnerre, Qu'il soulève et calme les mers, Qu'il règne sur tout l'univers, Et soit l'arbitre de la terre.

ZÉNIS.

Mon pouvoir va me rendre heureux. Devenez immortelle, adorable Almasie; Que vos attraits, que votre vie Durent autant que l'excès de mes feux.

ALMASIE.

Si vous m'êtes fidèle, Que mon bonheur sera parfait! Mon immortalité ne peut être un bienfait, Qu'en vous voyant brûler d'une amour éternelle.

ZÉNIS.

Partagez mes suprêmes droits, Et régnez dans les Cieux, sur la terre et sur l'onde. Il est plus doux d'obéir à vos lois, Que d'en pouvoir donner au monde.

ALMASIE.

(_On danse._)

Les traits que l'amour lance Sont toujours des traits vainqueurs; Il règne sur tous les cœurs, Pourquoi lui faire résistance? Cédons au plus charmant des dieux; L'effort qu'on fait pour se défendre Ne sert qu'à rendre Son triomphe plus glorieux. Les traits, etc.

ALMASIE, _alternativement avec le chœur_.

Est-il sans aimer, Des biens qu'un cœur désire? Non: l'amour seul peut charmer; Doit-on s'alarmer Des transports qu'il inspire? Non, laissons-nous enflammer.

CHŒUR.

Est-il sans aimer, etc.

ALMASIE.

Dans ces lieux il choisit son empire; L'air qu'on y respire Est rempli de ses feux; Au tendre délire, Aux soins amoureux, Cédons, ici tout conspire Pour nous rendre heureux.

CHŒUR.

Est-il sans aimer, etc.

ALMASIE.

Dans ses chaînes, S'il est quelques peines, Les soupirs Font naître les plaisirs. Aimons, sans nous contraindre; Doit-on craindre, Sous ses lois, Quand on fait un bon choix? Que nos voix Célèbrent son empire; Qu'on entende dire Mille et mille fois:

CHŒUR.

Est-il sans aimer, Des biens qu'un cœur désire? Non, l'amour seul peut charmer; Doit-on s'alarmer Des transports qu'il inspire? Non, laissons-nous enflammer.

(_Ballet général._)

FIN DE ZÉNIS ET ALMASIE.

PALMIRE,

BALLET HÉROIQUE EN UN ACTE, REPRÉSENTÉ DEVANT LEURS MAJESTÉS, A FONTAINEBLEAU, LE 24 OCTOBRE 1755.

PERSONNAGES.

LE GRAND-PRÊTRE DE L'AMOUR. ZÉLÉNOR, Prince de Chypre. PALMIRE, Reine d'Amathonte. L'AMOUR. L'ORACLE. CHŒUR. PEUPLES. BERGERS ET BERGÈRES.

_La scène est à Amathonte._

PALMIRE,

BALLET HÉROIQUE.

_On voit au fond du théâtre les portes du temple de l'Amour._

SCÈNE PREMIÈRE.

LE GRAND PRÊTRE, _seul_.

Zélénor va paraître annoncé par la gloire, Sa valeur a sauvé le temple de l'Amour. Hélas! faut-il voir, en ce jour, La reine devenir le prix de sa victoire?

CHŒUR DE PEUPLE, _derrière le théâtre_.

Régnez, aimez, jeune vainqueur, Que la gloire et l'amour partagent votre cœur!

LE GRAND PRÊTRE.

Ces chants redoublent mes alarmes. Dieux! que c'est un destin fatal D'être forcé d'admirer son rival! Mais de son sort je troublerai les charmes. Fatal hymen! funeste jour! Pour mon cœur déchiré, ta pompe est un outrage! J'éteindrai tes flambeaux dans les mains de l'amour! Ils ne s'allumeront que du feu de ma rage!

SCÈNE II.

LE GRAND PRÊTRE, ZÉLÉNOR, PALMIRE, PEUPLES.

CHŒUR.

Régnez, aimez, jeune vainqueur, Que la gloire et l'amour partagent votre cœur!

ZÉLÉNOR.

Ministre du dieu dont l'empire S'étend sur tout ce qui respire, Présentez-lui deux cœurs qui chérissent ses fers. Quels hommages lui sont plus chers Que les sentimens qu'il inspire!

PALMIRE.

L'oracle de l'Amour doit approuver mon choix; Daignez l'interroger, qu'il nous dicte ses lois.

ZÉLÉNOR.

Si j'en crois les transports de mon âme ravie, Déjà j'entends ce dieu vous consacrer ma vie. Quel sera mon bonheur, Si j'en crois les transports de mon âme ravie!

PALMIRE.

L'oracle de l'Amour est écrit dans mon cœur.

CHŒUR.

Que leurs chaînes soient éternelles! Puissant Amour! remplis leurs vœux: Rends ces amans heureux Autant qu'ils sont fidelles.

LE GRAND PRÊTRE.

Allons prier ce dieu d'approuver leur ardeur; Qu'il les unisse l'un et l'autre; Lui demander de faire leur bonheur, C'est former des vœux pour le vôtre.

SCÈNE III.

ZÉLÉNOR, PALMIRE.

ZÉLÉNOR.

L'excès de ma félicité Répand l'ivresse dans mon âme; Mes yeux vous expriment ma flâme, Les vôtres sont garans de ma fidélité.

PALMIRE.

Au plus tendre penchant je me laissai conduire; Quand je vous vis, je commençai d'aimer: J'ignorais le bonheur; mais mon cœur sut m'instruire: Vous avez le don de charmer, Et les autres mortels n'ont que l'art de séduire. Ah! l'Amour me devait un si parfait amant.

ZÉLÉNOR.

Que l'Amour est un dieu charmant, Quand il fait partager les transports qu'il inspire!

PALMIRE.

Cher Zélénor!

ZÉLÉNOR.

Adorable Palmire

ENSEMBLE.

Je vous aimerai toujours, Je veux passer tous mes jours A répéter l'aveu du serment qui nous lie, Et vous redire encore, en terminant ma vie: Je vous adorerai toujours.

(_On entend un bruit de symphonie champêtre._)

PALMIRE.

Le son charmant de ces musettes Annonce ici les bergers de ces lieux.

ZÉLÉNOR.

Ils quittent leurs retraites, Pour offrir à vos yeux L'hommage le plus pur et le plus précieux.

PALMIRE.

L'Amour se plaît à les entendre; Pour notre hymen c'est un présage heureux.

ZÉLÉNOR.

Pour un cœur embrasé de l'ardeur la plus tendre, Le vrai présage est celui de ses feux.

SCÈNE IV.

Les Précédens, BERGERS, BERGÈRES.

(_On danse._)

ZÉLÉNOR.

Bergers, chantez une reine si belle.

PALMIRE.

Bergers, chantez la gloire de mon choix.

CHŒUR.

Chantons une reine si belle; Chantons la gloire de son choix.

PALMIRE.

Vous chérirez ses loix.

ZÉLÉNOR.

Je les recevrai d'elle.

CHŒUR.

Chantons, etc.

(_On danse._)

ZÉLÉNOR.

Éclatez, transports d'allégresse, Consacrez l'ardeur de mes feux; Témoins de toute ma tendresse, Chantez l'amant le plus heureux.

Éclatez, transports d'allégresse, Consacrez l'ardeur de mes feux; Ah! qu'il est doux de lire, Dans tous les yeux, Le souverain empire De l'objet de ses feux.

Éclatez, transports d'allégresse, Consacrez l'ardeur de mes feux.

(_On danse._)

SCÈNE V.

Les Précédens, LE GRAND PRÊTRE.

LE GRAND PRÊTRE.

Viens, Amour, dicte tes arrêts, Fais le bonheur d'un amant qui t'implore: Ne triomphe d'un cœur, et n'y lance tes traits Que pour l'unir à l'objet qu'il adore!

LE CHŒUR.

Viens, Amour, dicte tes arrêts; Triomphe, prononce tes décrets.

LE GRAND PRÊTRE.

Le dieu m'entend, il va prononcer ses décrets; Que du plus saint respect votre âme soit saisie!

L'ORACLE.

Palmire, ce n'est pas aux profanes mortels Que l'Amour destine ta vie: Tu ne dois être unie Qu'au ministre de ses autels.

PALMIRE.

Quel oracle fatal!

ZÉLÉNOR.

Quel désespoir extrême! L'Amour lui-même, hélas! veut donc nous séparer?

LE GRAND PRÊTRE.

Le dieu vient de se déclarer; Vous devez respecter sa volonté suprême: C'est un crime d'en murmurer.

PALMIRE.

Dieu barbare! quelle est la rigueur de tes chaînes? Tu ne te plais qu'à voir couler nos pleurs. Si pour les tendres cœurs tu réserves les peines, Sur moi seule du moins épuise tes rigueurs.

LE GRAND PRÊTRE.

Chaque instant vous rend plus coupables, L'Amour condamne votre ardeur; Ses arrêts sont irrévocables: Venez à ses autels, prévenez sa fureur.

ZÉLÉNOR.

Peuples, opposez-vous à cette barbarie.

ZÉLÉNOR AVEC LE CHŒUR.

Non, non, { je ne souffrirai } pas { nous ne souffrirons } Qu'elle { me } soit ravie. { te } Frémissez, ministres ingrats; Et craignez les transports de ma juste furie. Non, non, etc.

LE GRAND PRÊTRE ET SA SUITE.

Amour, on méprise tes lois; Viens effrayer la terre; Soutiens ta puissance et { mes } droits, { ses } Du souverain des dieux emprunte le tonnerre.

(_On entend le tonnerre._)

PALMIRE ET ZÉLÉNOR.

Hélas! nous nous voyons pour la dernière fois.

SCÈNE VI.

Les Précédens, L'AMOUR.

L'AMOUR.

En vain à mes projets, voulez-vous mettre obstacle; Pour les faire accomplir, je descends en ces lieux. Tremblez, mortels audacieux! Et soumettez-vous à l'oracle.

LE GRAND PRÊTRE.

Qu'entends-je?

PALMIRE ET ZÉLÉNOR.

Juste Ciel!

L'AMOUR.

Et toi, de mes autels Ministre coupable et parjure, Je vais faire éclater tes complots criminels, Je vais punir ton imposture: Tu trompas ces amans par un oracle faux; Il va servir à faire ton supplice. Pour augmenter ta honte et terminer leurs maux, Je veux que l'hymen les unisse. Zélénor, présidez dans ce temple sacré; L'oracle est accompli, je vous joins à Palmire.

LE GRAND PRÊTRE.

O rage! ô désespoir! quel rigoureux martyre!

PALMIRE ET ZÉLÉNOR, _ensemble et alternativement_.

Quelle félicité! Nos chaînes seront éternelles. Pour te servir avec sincérité, Tu ne pouvais choisir deux amans plus fidelles, Ni plus remplis de ta divinité. Quelle félicité! Nos chaînes seront éternelles; L'amour vient de combler nos vœux; C'est l'amour qui nous rend heureux. Quelle félicité! Nos chaînes seront éternelles.

SCÈNE VII ET DERNIÈRE.

LE GRAND PRÊTRE, ZÉLÉNOR, PALMIRE, L'AMOUR, SUITE DE L'AMOUR.

L'AMOUR.

Vous qui brûlez d'une si belle flâme, Tendres amans, livrez-vous aux désirs; Vous ressentirez dans votre âme Que je suis le Dieu des plaisirs; Le bonheur vous rendra fidelles; Formez des vœux, je les remplirai tous; Je suis le tyran des jaloux; Mais je suis l'esclave des belles. Volez, plaisirs, rassemblez-vous; Dans vos jeux retracez l'histoire De la déesse des forêts: Célébrez à jamais Ma plus éclatante victoire.

(_Le théâtre change et les plaisirs exécutent un ballet pantomime_).

LA VENGEANCE DE L AMOUR, OU DIANE ET ENDIMION,

PANTOMIME HÉROÏQUE, EN TROIS ACTES, EXÉCUTÉE DEVANT LEURS MAJESTÉS, A FONTAINEBLEAU, A LA SUITE DE PALMIRE.

LA VENGEANCE DE L'AMOUR,

OU

DIANE ET ENDIMION,

PANTOMIME HÉROÏQUE.

ACTE PREMIER.

_Le théâtre représente une forêt. Plusieurs forges, galamment ornées, sont placées dans des buissons._

Une troupe d'Amours entre sur la scène sous la conduite de leur chef. Les uns travaillent, sur des enclumes, à forger des fers et des flèches; d'autres les aiguisent; d'autres arrondissent des arcs; quelques-uns les tendent, et essaient leurs traits en tirant à des blancs suspendus aux arbres. La fatigue assoupit successivement les Amours. Ils tombent, les uns après les autres, sur le gazon, pour y prendre du repos. Lorsqu'ils sont endormis, on voit paraître quelques Nymphes de Diane. Elle marquent de la crainte en apercevant les Amours. Quelques-unes avancent avec timidité; elles fuyent au moindre bruit qu'elles croient entendre, au moindre mouvement que font quelques Amours en dormant.

Enfin, elles font signe à leurs compagnes d'approcher; elles vont au-devant d'elles, et reviennent toutes ensemble pour s'encourager mutuellement. Peu à peu elles s'enhardissent; elles approchent, et profitent du sommeil des Amours pour les désarmer et pour briser leurs arcs et leurs flèches. Devenues encore plus hardies par ce succès, une d'entre elles va allumer une torche de branchages au feu des forges, tandis que les autres, font un monceau des armes brisées auquel elles mettent le feu, et se retirent précipitamment.

Les Amours se réveillent. Ils voient avec douleur le ravage que les Nymphes ont fait. Un d'entre eux trouve un trait échappé à leur fureur; il s'en saisit; il le remet à l'Amour principal qui le montre à la troupe comme l'instrument d'une vengeance prochaine. Ils sortent tous de la scène, pour se mettre en embuscade dans différens endroits de la forêt.

Diane vient avec ses Nymphes, qui lui font remarquer les débris des armes qu'elles ont brisées. La déesse leur ordonne d'aller tendre des filets aux environs. Les Nymphes s'éloignent pour exécuter ses ordres. Quelques-unes restent auprès de Diane, pour la féliciter de l'avantage qu'on vient de remporter sur les Amours.

On aperçoit un grand mouvement dans les filets; toutes les Nymphes y courent. Diane attend avec impatience qu'on lui amène sa proie. Les nymphes retiennent et conduisent Endimion enchaîné avec des guirlandes de feuilles. Il paraît leur demander grâce. Il sollicite en vain leur pitié; ses prières ne font qu'irriter leur barbarie. Une d'entr'elles veut le percer de son javelot; Diane le saisit et fait entendre qu'elle veut elle-même punir le téméraire. Les Nymphes se retirent.

Diane se dispose à immoler la victime; Endimion implore sa clémence. La déesse paraît inexorable. Il se jette à ses pieds; elle détourne ses regards, et cependant suspend le coup fatal. Enfin, elle fixe les yeux sur Endimion, et lui tend la main pour le relever; il lui témoigne sa reconnaissance; elle paraît le voir avec plaisir; ils dansent un pas de deux, et les regards de la déesse expriment au jeune berger les sentimens les plus flatteurs.

Les Nymphes reviennent; elles paraissent surprises de la clémence de Diane. Un nuage dérobe Endimion à leur colère.

FIN DU PREMIER ACTE.

ACTE II.

_Le théâtre représente une grotte, au fond de la forêt._

L'Amour, porté par des Faunes sur un trône de fleurs, entre en triomphe sur la scène, accompagné d'une troupe d'amours, de bergers et de bergères, qui célèbrent, par leurs danses, la victoire de ce dieu.

La grotte s'ouvre aux ordres de l'Amour. On y voit Endimion endormi. Le silence, le mystère et les songes l'environnent.

Les songes forment des danses d'enchantement. Un pas de deux amans que l'Amour enchaîne et que le mystère couronne, peint à Endimion la gloire qui lui est destinée.

Diane survient à son approche: toute la troupe se retire; et les amours se cachent dans les environs. Diane touche Endimion de son arc; il s'éveille; il court avec empressement à la déesse, qui, dans un pas de deux, exprime toute sa tendresse et annonce le rang glorieux auquel elle va l'élever.

FIN DU SECOND ACTE.

ACTE III.

_Le théâtre représente le palais de la Lune, préparé pour célébrer l'hymen de Diane et d'Endimion._

La déesse est sur son trône brillant avec Endimion, et environnée de toute sa cour, à laquelle s'est jointe la troupe des amours et les suivans d'Endimion, unis aux Nymphes de Diane. Tous ensemble célèbrent, par leurs danses, la victoire de l'Amour et le bonheur d'Endimion; ce qui forme le divertissement général, à la fin duquel la déesse vient elle-même se joindre, pour danser avec Endimion, qu'elle couronne d'une guirlande d'étoiles brillantes.

FIN DU TROISIÈME ACTE.

TABLE DES MATIÈRES

CONTENUES DANS LE QUATRIÈME VOLUME.

pages.

ÉBAUCHES D'UNE POÉTIQUE DRAMATIQUE 1

--De la Tragédie chez les anciens _Ibid._ --Chœur 20 --De la Comédie chez les anciens 24 --Théâtre français 29 --Mystères 35 --Sotties 37

OBSERVATIONS GÉNÉRALES SUR L'ART DRAMATIQUE 39

--Salle de spectacle 40 --Action théâtrale 41 --Poème dramatique 50 --Pièces de théâtre 53 --Plan _ibid._ --Canevas 54 --Sujet 58 --Roman 59 --Fable _ibid._

DIVISION DRAMATIQUE 63

--Prologue _ibid._ --Protase 66 --Épitase, Exposition 69 --Épisode 76 --Catastase 81 --Épilogue 81 --Récit dramatique 82 --Monologue, et monodie 86 --Dialogue 96 --Aparté 107

CONDUITE DE L'ACTION DRAMATIQUE 110

--Intérêt _ibid._ --Unité d'Intérêt 116 --De l'Intérêt propre à la Comédie 118 --Gradation d'Intérêt 119 --Nœud 121 --Développemens 127 --Coups de théâtre 135 --Délibération 143 --Tirades 148 --Caractères 149 --Amour 164 --Amour conjugal 173 --Amitié 176 --Combats du cœur 178 --Nuances 185 --Terreur 190 --Pitié 194 --Horreur 196 --Admiration 198 --Personnages principaux dans la Tragédie 200 --Confidens et subalternes 201 --Genre comique 204 --Ridicule 210 --Opéra 214 --Poème lyrique 219 --Opéra italien 231

Mustapha et Zéangir, tragédie 235 La Jeune Indienne, comédie 317 Le Marchand de Smyrne, comédie 353 Zénis et Almazis, ballet héroïque 385 Palmire, ballet héroïque 399 La Vengeance de l'Amour, pantomime héroïque 413

FIN DE LA TABLE DES MATIÈRES DU QUATRIÈME VOLUME.