Part 13
«Il n’existe, il ne peut exister dans toute la masse encéphalique un seul lobe, une seule cellule, une seule molécule qui ne change pas. Un arrêt de mouvement, de circulation, de transformation, serait un arrêt de mort. Le cerveau ne subsiste et ne sent qu’à la condition de subir, comme tout le reste du corps, les transformations incessantes de la matière organique qui constituent le circuit vital.
«Ce n’est donc pas, ce ne peut donc pas être dans une certaine matière cérébrale, dans un certain groupement de molécules que réside notre personnalité, notre identité, notre moi individuel, notre moi qui acquiert et conserve une valeur personnelle, scientifique et morale, grandissante avec l’étude, notre moi qui est et se sent responsable de ses actes accomplis il y a un mois, un an, dix ans, vingt ans, cinquante ans, durée pendant laquelle le groupement moléculaire le plus intime a été _changé_ plusieurs fois.
«Les physiologistes qui affirment que l’âme n’existe pas ressemblent à leurs ancêtres qui affirmaient ressentir la douleur au doigt ou au pied. Ils sont un peu moins loin de la vérité, mais en s’arrêtant au cerveau et en faisant résider l’être humain dans les impressions cérébrales, ils s’arrêtent sur la route. Cette hypothèse est d’autant moins excusable que ces mêmes physiologistes savent parfaitement que la sensation personnelle est toujours accompagnée d’une modification de la substance. En d’autres termes, le moi de l’individu ne persiste que si l’identité de sa matière ne persiste pas.
«Notre principe de sensibilité ne peut donc être un objet matériel; il est mis en relation avec l’univers par les impressions cérébrales, par les forces chimiques dégagées dans l’encéphale à la suite de combinaisons matérielles. Mais il est autre.
«Et perpétuellement se transforme notre constitution organique sous la direction d’un principe psychique.
«Telle molécule, qui est maintenant incorporée dans notre organisme, va s’en échapper par l’expiration, la transpiration, etc., appartenir à l’atmosphère pendant un temps plus ou moins long, puis être incorporée dans un autre organisme, plante, animal ou homme. Les molécules qui constituent actuellement votre corps n’étaient pas toutes hier intégrées à votre personne, et aucune n’y était il y a quelques mois. Où étaient-elles?--Soit dans l’air, soit dans un autre corps. Toutes les molécules qui forment maintenant vos tissus organiques, vos poumons, vos yeux, votre cerveau, vos jambes, etc., ont déjà servi à former d’autres tissus organiques.... Nous sommes tous des morts ressuscités, fabriqués de la poussière de nos ancêtres. Si tous les hommes qui ont vécu jusqu’à cette époque ressuscitaient, il y en aurait cinq par pied carré sur toute la surface des continents, et obligés pour se tenir de monter sur les épaules des uns des autres; mais ils ne pourraient ressusciter tous intégralement, car bien des molécules ont successivement servi à plusieurs corps. De même, nos organes actuels, divisés un jour en leurs dernières particules, se trouveront incorporés dans nos successeurs.
«Chaque molécule d’air passe donc éternellement de vie en vie et s’en échappe de mort en mort: tour à tour vent, flot, terre, animal ou fleur, elle est successivement incorporée à la substance des innombrables organismes. Source inépuisable où tout ce qui vit prend son haleine, l’air est encore un réservoir immense où tout ce qui meurt verse son dernier souffle: sous son absorption, végétaux et animaux, organismes divers naissent, puis dépérissent. La vie et la mort sont également dans l’air que nous respirons et se succèdent perpétuellement l’une à l’autre par l’échange des molécules gazeuses; la molécule d’oxygène qui s’exhale de ce vieux chêne va s’envoler aux poumons de l’enfant au berceau; les derniers soupirs d’un mourant vont tisser la brillante corolle de la fleur ou se répandre comme un sourire sur la verdoyante prairie; et ainsi, par un enchaînement infini de morts partielles, l’atmosphère alimente incessamment la vie universelle déployée à la surface du monde.
«Et si vous imaginiez encore quelque objection, j’irais plus loin et j’ajouterais que nos vêtements eux-mêmes sont, aussi bien que nos corps, composés de substances qui, primitivement, ont toutes été gazeuses. Prenez ce fil, tirez-le, quelle résistance! Que de tissus, de batiste, de soie, de toile, de coton, de laine, l’industrie a formés à l’aide de ces trames et de ces chaînes! Pourtant, qu’est-ce que ce fil de lin, de chanvre ou de coton? des globules d’air juxtaposés et qui ne se tiennent que par leur force moléculaire. Qu’est-ce que ce fil de soie ou de laine? une autre juxtaposition de molécules. Convenez-en donc, nos vêtements eux-mêmes, c’est encore de l’air, du gaz, des substances puisées en principe dans l’atmosphère, oxygène, azote, carbone, vapeur d’eau, etc.»
--Je vois avec bonheur, reprit le peintre, que l’art n’est pas aussi loin de la science qu’on le suppose dans certaines sphères. Si votre théorie est, pour vous, purement scientifique, pour moi c’est de l’art, et du meilleur. Et puis, d’ailleurs, est-ce que dans la nature toutes ces distinctions existent? Non: il n’y a dans la nature ni art, ni science, ni sculpture, ni peinture, ni décoration, ni musique, ni physique, ni chimie, ni météorologie, ni astronomie, ni mécanique. Voyez ce ciel, cette mer, ces contreforts des Alpes, ces nuages roses du soir, ces perspectives lumineuses vers l’Italie: tout cela est un. Tout est un. Et puisque la physique moléculaire nous démontre qu’il n’y a plus de corps, que dans une barre d’acier ou de platine même les atomes ne se touchent pas, au moins que les âmes nous restent: personne n’y perdra.
--Oui, c’est un fait contre lequel aucun préjugé ne saurait prévaloir: les êtres vivants sont des âmes vêtues d’air.... Je plains les mondes dépourvus d’atmosphère.»
Nous étions revenus, après une longue promenade au bord de la mer, non loin de notre point de départ, et nous passions devant le mur crénelé d’une villa, nous dirigeant de Beaulieu vers le cap Ferrat, lorsque deux dames fort élégantes nous croisèrent. C’étaient la duchesse de V... et sa fille, que nous avions rencontrées le jeudi précédent au bal de la Préfecture. Nous les saluâmes, puis disparûmes sous les oliviers. Inconsciente fille d’Ève, la jeune fille se retourna vers nous, et il me sembla qu’une rougeur subite avait empourpré son visage; c’était sans doute le reflet des rayons du soleil couchant.
«Vous croyez peut-être, fit l’artiste en se retournant aussi, avoir diminué mon admiration pour la beauté? Eh bien! je l’apprécie mieux encore, je salue en elle l’harmonie, et, vous l’avouerai-je? le corps humain, considéré ainsi comme la manifestation sensible d’une âme directrice, me paraît acquérir par là plus de noblesse, plus de beauté et plus de lumière.»
VI
AD VERITATEM PER SCIENTIAM
Je travaillais, dans ma bibliothèque, à une étude sur les conditions de la vie à la surface des mondes gouvernés et illuminés par plusieurs soleils de grandeurs différentes, lorsqu’en levant les yeux vers la cheminée je fus frappé de l’expression, je dirais presque de l’animation, du visage de ma chère Uranie. C’était la même expression gracieuse et vivante qui jadis--oh! que la Terre tourne vite et qu’un quart de siècle dure peu!--qui jadis--et il me semble que c’était hier!--qui jadis, en ces jours d’adolescence si rapidement envolés, avait séduit ma pensée et enflammé mon cœur. Je ne pus me défendre de la regarder encore et d’y reposer mes yeux. Vraiment, elle était toujours aussi belle, et mes impressions n’avaient pas changé. Elle m’attirait, comme la lumière attire l’insecte. Je me levai de ma table pour m’approcher d’elle et revoir ce singulier effet de l’illumination du jour sur sa changeante physionomie, et je me surpris debout devant elle, oublieux de mon travail.
Son regard semblait flotter au loin, mais pourtant il s’animait, il se fixait. Sur quoi? Sur qui? J’eus l’impression intime qu’elle voyait vraiment, et suivant la direction de ce regard fixe, immobile, solennel, quoique non sévère, mes yeux rencontrèrent le portrait de Spero, suspendu là, entre deux bibliothèques.
En vérité, Uranie le regardait fixement!
Tout d’un coup, le portrait se détacha du mur et tomba en brisant son cadre.
Je me précipitai. Le portrait gisait sur le tapis, et la douce figure de Spero était tournée vers moi. En le relevant, je trouvai un grand papier jauni, qui occupait toute l’étendue du tableau, et qui était écrit, des deux côtés, de l’écriture de Spero. Comment n’avais-je jamais remarqué ce papier? Il est vrai qu’il avait pu rester caché sous la garniture de l’encadrement, dissimulé sous le carton protecteur. En effet, lorsque je rapportai cette aquarelle de Christiania, je n’eus point la pensée d’en examiner l’agencement. Mais qui donc avait eu l’idée bizarre de placer ainsi cette feuille? Ce n’est pas sans une vive stupéfaction que je reconnus l’écriture de mon ami et que je parcourus ces deux pages. Selon toute apparence, elles avaient été écrites le dernier jour de la vie terrestre du jeune penseur, le jour de son ascension vers l’aurore boréale, et sans doute, le père d’Icléa avait-il voulu conserver plus sûrement ces dernières et suprêmes pensées en les encadrant avec le portrait de Spero. Il avait oublié de m’en parler lorsqu’il m’offrit ensuite comme souvenir cette image si chère, lors de mon pèlerinage à la tombe des deux amants.
Quoi qu’il en soit, tout en plaçant avec précaution l’aquarelle sur ma table, j’éprouvai la plus vive émotion en reconnaissant chaque détail de cette figure aimée: c’étaient bien ces yeux si doux et si profonds, toujours énigmatiques, ce front vaste, si calme en apparence, cette bouche fine et d’une sensualité réservée, cette coloration claire du visage, du cou et des mains; ses regards me suivaient, de quelque côté fût tourné le portrait, et ils se dirigeaient aussi vers Uranie, et ils étaient dirigés en même temps vers toutes les directions. Étrange idée de l’artiste! Je ne pus m’empêcher alors de penser aux yeux de la déesse, qui m’avaient paru caresser douloureusement l’image de son jeune adorateur. Comme le crépuscule vient assombrir un jour serein, une tristesse divine s’épandait sur le noble visage.
Mais je songeai au feuillet mystérieux. Il était écrit d’une écriture nette, précise, sans aucune rature. Je le transcris ici tel que je l’ai trouvé et sans y modifier un mot, une virgule, car il semble être la conclusion toute naturelle des récits qui font l’objet de cet ouvrage.
Le voici, textuellement.
Ceci est le testament scientifique d’un esprit qui, sur la Terre même, a fait tous ses efforts pour rester dégagé du poids de la matière et qui espère en être affranchi.
Je voudrais laisser, sous forme d’aphorismes, le résultat de mes recherches. Il me semble qu’on ne peut arriver à la Vérité que par l’étude de la nature, c’est-à-dire par la science. Voici les inductions qui me paraissent fondées sur cette méthode d’observation.
I
L’univers visible, tangible, pondérable, et en mouvement incessant, est composé d’atomes invisibles, intangibles, impondérables et inertes.
II
Pour constituer les corps et organiser les êtres, ces atomes sont régis par des forces.
III
La Force est l’entité essentielle.
IV
La visibilité, la tangibilité, la solidité, la dureté, le poids, sont des propriétés relatives, et non des réalités absolues.
V
L’infiniment petit:
Les expériences faites sur le laminage des feuilles d’or montrent que dix mille de ces feuilles tiennent dans une épaisseur d’un millimètre.--On est arrivé à diviser un millimètre, sur une lame de verre, en mille parties égales, et il existe des infusoires si petits que leur corps tout entier, placé entre deux de ces divisions, ne les touche pas; les membres, les organes de ces êtres sont composés de cellules, celles-ci de molécules, celles-ci d’atomes.--Vingt centimètres cubes d’huile étendue sur un lac arrivent à couvrir 4000 mètres carrés, de sorte que la couche d’huile ainsi répandue ne mesure qu’un deux-cent-millième de millimètre d’épaisseur.--L’analyse spectrale de la lumière décèle la présence d’un millionième de milligramme de sodium dans une flamme.--Les ondes de la lumière sont comprises entre 4 et 8 dix-millièmes de millimètre, du violet au rouge. Il faut 2300 ondes de lumière pour emplir un millimètre. Pendant la durée d’une seconde, l’éther, qui transmet la lumière, exécute sept cent mille milliards d’oscillations, dont chacune est mathématiquement définie.--L’odorat perçoit 1/64 000 000 de milligramme de mercaptan dans l’air respiré.--La dimension des atomes doit être inférieure à un millionième de millimètre de diamètre.
VI
L’atome, intangible, invisible, à peine concevable pour notre esprit accoutumé aux jugements superficiels, constitue la seule vraie matière, et ce que nous appelons matière n’est qu’un effet produit sur nos sens par les mouvements des atomes, c’est-à-dire une possibilité incessante de sensations.
Il en résulte que la matière, comme les manifestations de l’énergie, n’est qu’un mode de mouvement. Si le mouvement s’arrêtait, si la force pouvait être anéantie, si la température des corps était réduite au zéro absolu, la matière telle que nous la connaissons cesserait d’exister.
VII
L’univers visible est composé de corps invisibles. Ce que l’on voit est fait de choses qui ne se voient pas.
Il n’y a qu’une seule sorte d’atomes primitifs; les molécules constitutives des différents corps, fer, or, oxygène, hydrogène, etc., ne diffèrent que par le nombre, le groupement et les mouvements des atomes qui les composent.
VIII
Ce que nous appelons matière s’évanouit lorsque l’analyse scientifique croit le saisir. Mais nous trouvons comme soutien de l’univers et principe de toutes les formes, la force, l’élément dynamique. Par ma volonté, je puis déranger la Lune dans son cours.
Les mouvements de tout atome, sur notre Terre, sont la résultante mathématique de toutes les ondulations éthérées qui lui arrivent, avec le temps, des abîmes de l’espace infini.
IX
L’être humain a pour principe essentiel l’âme. Le corps est apparent et transitoire.
X
Les atomes sont indestructibles.
L’énergie qui meut les atomes et régit l’univers est indestructible.
L’âme humaine est indestructible.
XI
L’individualité de l’âme est récente dans l’histoire de la Terre.--Notre planète a été nébuleuse, puis soleil, puis chaos: alors aucun être terrestre n’existait. La vie a commencé par les organismes les plus rudimentaires; elle a progressé de siècle en siècle pour atteindre son état actuel, qui n’est pas le dernier. L’intelligence, la raison, la conscience, ce que nous appelons les facultés de l’âme, sont modernes. L’esprit s’est graduellement dégagé de la matière; comme--si la comparaison n’était pas grossière--le gaz se dégage de la houille, le parfum de la fleur, la flamme du foyer.
XII
La force psychique commence à s’affirmer, depuis trente ou quarante siècles, dans les sphères supérieures de l’humanité terrestre; son action n’est qu’à son aurore.
Les âmes, conscientes de leur individualité ou encore inconscientes, sont, par leur nature même, en dehors des conditions d’espace et de temps. Après la mort des corps comme pendant la vie, elles n’occupent aucune place. Quelques-unes vont peut-être habiter d’autres mondes.
N’ont conscience de leur existence extra-corporelle et de leur immortalité que celles qui sont dégagées des liens matériels.
XIII
La Terre n’est qu’une province de la patrie éternelle; elle fait partie du Ciel; _le Ciel est infini_; tous les mondes font partie du Ciel.
XIV
Les systèmes planétaires et sidéraux qui constituent l’univers sont à des degrés divers d’organisation et d’avancement. L’étendue de leur diversité est infinie; les êtres sont partout en rapport avec les mondes.
XV
Tous les mondes ne sont pas actuellement habités. L’époque actuelle n’a pas une importance plus grande que celles qui l’ont précédée et celles qui la suivront. Tels mondes ont été habités dans le passé, il y a des milliards de siècles; tels autres le seront dans l’avenir, dans des milliards de siècles. Un jour il ne restera rien de la Terre, et ses ruines mêmes seront ruinées.
XVI
La vie terrestre n’est pas le type des autres vies. Une diversité illimitée règne dans l’univers. Il est des séjours où la pesanteur est intense, où la lumière est inconnue, où le toucher, l’odorat et l’ouïe sont les seuls sens, où le nerf optique ne s’étant pas formé, tous les êtres sont aveugles. Il en est d’autres où la pesanteur est à peine sensible, où les êtres sont si légers et si ténus qu’ils seraient invisibles pour des yeux terrestres, où des sens d’une délicatesse exquise révèlent à des esprits privilégiés des sensations interdites à l’humanité terrestre.
XVII
L’espace qui existe entre les mondes répandus dans l’immense univers ne les isole pas les uns des autres. Ils sont tous en communication perpétuelle les uns avec les autres par l’attraction, qui s’exerce instantanément à travers toutes les distances et qui établit un lien indissoluble entre tous les mondes.
XVIII
L’Univers forme une seule unité.
XIX
Le système du monde physique est la base matérielle, l’habitat du système du monde moral ou spirituel. L’astronomie doit donc être la base de toute croyance philosophique et religieuse.
Tout être pensant porte en soi le sentiment, mais l’incertitude de l’immortalité. C’est parce que nous sommes les rouages microscopiques d’un mécanisme inconnu.
XX
L’homme fait lui-même sa destinée. Il s’élève ou il tombe suivant ses œuvres. Les êtres attachés aux intérêts matériels, les avares, les ambitieux, les hypocrites, les menteurs, les fils de Tartufe, demeurent, comme les pervers, dans les zones inférieures.
Mais une loi primordiale et absolue régit la Création: la loi du Progrès. Tout s’élève dans l’infini. Les fautes sont des chutes.
XXI
Dans l’ascension des âmes, les qualités morales n’ont pas moins de valeur que les qualités intellectuelles. La bonté, le dévouement, l’abnégation, le sacrifice épurent l’âme et l’élèvent, comme l’étude et la science.
XXII
La création universelle est une immense harmonie dont la Terre n’est qu’un fragment insignifiant, assez lourd et incompris.
XXIII
La nature est un perpétuel devenir. _Le Progrès est la loi._ La progression est éternelle.
XXIV
L’éternité d’une âme ne serait pas suffisante pour visiter l’infini et tout connaître.
XXV
La destinée de l’âme est de se dégager de plus en plus du monde matériel, et d’appartenir définitivement à _la vie uranique_ supérieure, d’où elle domine la matière et ne souffre plus. La fin suprême des êtres est l’approche perpétuelle de la perfection absolue et du bonheur divin.
Tel était le testament scientifique et philosophique de Spero. Ne semble-t-il pas avoir été dicté par Uranie elle-même?
Les neuf Muses de l’antique mythologie étaient sœurs. Les conceptions scientifiques modernes tendent à leur tour à l’unité. L’astronomie ou la connaissance du monde, et la psychologie ou la connaissance de l’être, s’unissent aujourd’hui pour établir la seule base sur laquelle puisse être édifiée la philosophie définitive.
* * *
P. S.--Les épisodes qui précèdent, les recherches et les réflexions qui les accompagnent, se trouvent réunis ici dans une sorte d’_Essai_ dont le but est d’apporter quelques jalons à la solution du plus grand des problèmes qui puissent intéresser l’esprit humain. C’est à ce titre que le présent ouvrage s’offre à l’attention de ceux qui, quelquefois au moins «au milieu du chemin de la vie» dont parle Dante, s’arrêtent, se demandent où ils sont et ce qu’ils sont, cherchent, pensent et rêvent.
TABLE DES MATIERES
PREMIÈRE PARTIE LA MUSE DU CIEL
I. Rêve d’Adolescence. 1
II. La Muse du Ciel. Voyage parmi les Univers et les Mondes. Les humanités inconnues. 9
III. Variété infinie des êtres. Les métamorphoses. 25
IV. L’Infini et l’Éternité. Le Temps, l’Espace et la Vie. Les horizons célestes. 33
V. La lumière du passé. Les révélations de la Muse. 45
DEUXIÈME PARTIE GEORGES SPERO
I. La Vie. La Recherche. L’Étude. 57
II. L’Apparition. Voyage en Norvège. L’Anthélie. Une rencontre dans le ciel. 71
III. To be or not to be. Qu’est-ce que l’être humain? La Nature, l’Univers. 85
IV. Amor. Icléa. L’attraction. 105
V. L’Aurore boréale. Ascension aérostatique. En plein ciel. Catastrophe. 123
VI. Le Progrès éternel. Séance magnétique. 133
TROISIÈME PARTIE CIEL ET TERRE
I. Télépathie. L’Inconnu d’hier. Le «Scientifique». Les apparitions. Phénomènes inexpliqués. Les facultés psychiques. L’âme et le cerveau. 141
II. Iter extaticum cœleste. 187
III. La planète Mars. Apparition de Spero. Les communications psychiques. Les habitants de Mars. 205
IV. Le point fixe dans l’univers. Le dynamisme. 233
V. Ame vêtue d’air. 255
VI. Ad Veritatem per scientiam. Le Testament scientifique de Spero. 275
Paris.--Imp. Lahure, rue de Fleurus, 9.