Une Pupille Genante

Chapter 12

Chapter 123,211 wordsPublic domain

— Oui, fit Mme Métaxo, soucieuse, et à ce sujet je vous dirai toute ma pensée; Mlle Mauduit doit être malade ou tourmentée par un ennui secret. J’avoue que j’ai été un peu vive avec elle, l’autre jour; je le regrette, mais ce n’est pas pour cela qu’elle quitte ma maison, car, au fond, elle doit sentir que nous l’aimons tous. Elle m’a dit un jour qu’elle voudrait mettre l’immensité entre elle et la France.

— Elle a dit cela?

— Oui, Monsieur. Ainsi ne soyons pas étonnés qu’elle ait saisi avidement l’occasion de s’expatrier.

— Ah! elle vous a aussi appris?...

— Qu’elle part pour le Sénégal, oui, certainement, elle ne me l’a pas caché. Concevez-vous une pareille idée? C’est vouloir la mort.

— L’ingrate, murmura douloureusement le jeune homme, elle ne nous a jamais aimés!

Mme Métaxo regarda Albéric Daltier d’un air étrange.

— Peut-être que si, répondit-elle, seulement vous n’avez pas pu le voir.

Et, sur ces paroles énigmatiques, la jeune femme s’éloigna, laissant l’ingénieur immobile comme pétrifié au milieu du pont.

— Que veut-elle dire? murmura-t-il en passant sa main sur son front.

Puis il s’élança à l’arrière, toujours solitaire derrière son rideau de voile goudronnée, où il avait laissé sa cousine l’instant d’auparavant.

Mais cette place était vide.

Il fouilla du regard tous les groupes de danseurs, tous les coins et recoins du yacht, de la dunette à l’entrepont, il ne vit point Mlle Mauduit, par la raison que, en ce moment, elle voguait vers la terre dans un frêle youyou en compagnie de M. et Mme Métaxo et de quelques personnes lasses de la fête.

"Je la reverrai à Marseille, se dit-il alors; n’a-t-elle pas dit qu’elle y serait demain? Là je la forcerai bien à m’ouvrir son cœur."

Et, possédé d’un pressentiment de joie indicible, il alla s’accouder à l’arrière du yacht, à la place qu’avait quittée Gilberte.

L’aube se montrait déjà; la mer était froide et tranquille, couverte d’une lueur vague. Au loin les barques de pêcheurs partaient au travail, la voile blanche déployée au vent du large.

On entendait le pas cadencé des infatigables danseurs qui frappait le plancher; l’odeur des fleurs flétries plus pénétrante encore et celle des parfums que portaient les femmes se mêlaient aux senteurs marines.

La musique envoyait ses notes amollies dans l’air demeuré tiède sous les tentes; les lumières mouraient dans les lanternes aux mille couleurs, et non loin, à l’horizon, les silhouettes dentelées des montagnes se dessinaient sur le ciel d’un gris bleuâtre.

Albéric reçut de toutes ces choses une impression vague, faite de poésie et de langueur douce.

Ainsi rêvant, il atteignit la fin du bal et partit avec la dernière chaloupe.

Il avait bien envie de rester à Cannes jusqu’au lendemain, mais il avait promis à sa mère de rentrer tout de suite à Marseille et il le fit.

D’ailleurs, c’était là qu’il voulait attendre Gilberte.

XII

C’était par une furieuse tempête d’équinoxe; la mer faisait rage dans les cinq ports de Marseille et passait jusque par- dessus les jetées.

Les bateaux de pêche ou de plaisance demeuraient amarrés au quai le plus solidement possible, et les capitaines de vaisseaux regardaient d’un œil inquiet les énormes câbles qui retenaient aux anneaux les navires monumentaux que l’on chargeait ou déchargeait au milieu d’un tapage assourdissant.

Nul n’osait s’aventurer en mer par ce temps formidable, et bien téméraire eût été le marin qui eût osé lancer sur la vague sa plus solide barque.

Le chapeau enfoncé sur les yeux, bien serré dans son paletot pour défier le mistral, Albéric Daltier passait devant la Bourse pour se rendre quai du Vieux-Port; en traversant la petite rue qui contourne les premières maisons de la Canebière, il aperçut la forme svelte d’une jeune femme en costume de voyage, qui discutait avec un homme âgé devant le bureau du rez-de-chaussée portant pour enseigne: "Compagnie générale de navigation, etc."

Cette jeune femme avait la tournure fine et distinguée de Mlle Mauduit.

L’ingénieur, au lieu de poursuivre sa route, tourna la petite rue et s’arrêta net devant le bureau, et put entendre la voix claire de Gilberte prononcer ces mots:

— Ainsi je n’aurai à m’occuper de rien? Je vous confie mes bagages, et demain matin je n’ai qu’à prendre possession de ma cabine sur le Guadiana. Combien de temps mettrons-nous à toucher Barcelone?

— Oh! oh! cela dépend, car nous voilà aux équinoxes et la mer est mauvaise, surtout dans ce maudit golfe du Lion où les tempêtes sont incessantes. Je ne dis pas cela pour vous effrayer, ma petite dame, ce ne serait pas dans l’intérêt de notre Compagnie, mais vous paraissez brave et...

Tandis que l’homme parlait, la voyageuse, touchée légèrement à l’épaule, se retournait vivement, prête à foudroyer du regard le passant assez osé pour se permettre cette familiarité.

Mais elle pâlit sous son voile de gaze grise.

— Vous?... murmura-t-elle, vous?...

— Que faites-vous ici? dit Albéric Daltier.

— Vous le voyez, je prends mes arrangements pour partir.

— Pour?...

— Pour Barcelone où m’attend Mme Lliassa que je dois accompagner au Sénégal.

— Ainsi c’était donc sérieux?

— On ne peut plus sérieux; je ne mens jamais et je ne plaisante pas non plus.

— Et, si j’ai bien entendu, le Guadiana part demain?

— Oui, demain matin, il lève l’ancre.

— Et vous partirez sans nous dire adieu, sans nous serrer la main. Mais vous nous en voulez donc bien, mon Dieu?

— J’allais, de ce pas, faire mes adieux à votre mère, à mes cousines..., dit-elle.

Il se rapprocha d’elle:

— Gilberte, fit-il, pour Dieu laissez-moi vous parler, mais pas là; cet homme nous écoute.

Il l’entraîna de l’autre côté de la rue et, sans faire attention à la foule bruyante et affairée qui allait et venait autour de la Bourse:

— Gilberte, reprit-il en suppliant, cessez cette atroce comédie.

— Je vous ai déjà dit que je ne joue pas la comédie, mon cousin. Je suis on ne peut plus sérieuse et nulle puissance humaine ne m’empêchera de partir.

Et il y avait une résolution farouche dans ses yeux sombres.

— Nulle puissance humaine?... (il se pencha tout près d’elle) hormis celle de l’amour, Gilberte. Oh! Gilberte, si je vous disais, moi, que je vous aime, que je vous ai aimée bien avant même que vous n’ayez fait attention à moi? que j’ai souffert horriblement de votre absence et que si vous partiez...

Il n’acheva pas; nerveusement, Mlle Mauduit se cramponnait à son bras pour ne pas tomber; elle avait le ciel dans le cœur, mais elle se sentait mourir.

Il la regarda et, lui voyant le visage livide, les yeux fixes et les lèvres blanches, il héla un coupé qui passait, aida la jeune fille à y monter et prit place à côté d’elle après avoir jeté son adresse au cocher.

En voiture, Gilberte ferma les yeux et laissa aller sa tête sur les coussins, murmurant seulement d’une voix inintelligible:

— Je suis heureuse... Je suis heureuse...

Ce fut un corps presque inerte que le jeune homme ingénieur retira du coupé quand il s’arrêta, rue Montgrand.

Gilberte ne reconnut ni sa tante ni ses cousines. La pauvre femme, épouvantée, la déshabilla et la coucha elle-même; puis elle la veilla en attendant le médecin.

Gilberte divaguait.

Albéric errait aux alentours de sa chambre comme un fantôme.

— Comment est-elle? demanda-t-il avidement à l’une de ses soeurs qui en sortait.

— Mal, répondit tristement la jeune fille.

— Quoi! n’a-t-elle pas recouvré ses sens?

— Oui, mais elle ne nous reconnaît pas et profère toutes sortes de paroles étranges. Maman nous a renvoyées, Marie et moi.

Et l’enfant se mit à pleurer.

— Si elle allait mourir, répétait-elle, dis donc, Albéric, si elle allait mourir!

Ces paroles sonnèrent comme un glas funèbre aux oreilles du jeune homme.

Dieu! mourir? et sans être en paix avec le ciel?...

Oui, si Dieu allait la punir de tous ses blasphèmes, de ses révoltes? Si elle ne reprenait pas connaissance, et allait passer ainsi dans l’éternité sans confession?

"O mon Dieu! mon Dieu! cria dans son cœur Albéric en s’enfuyant, faites-moi souffrir mille tourments, torturez-moi en purgatoire pendant des siècles s’il le faut, prenez-moi cette enfant que j’adore, que je ne la revoie jamais si vous le voulez, mais ne perdez pas cette pauvre âme que j’ai voulu vous donner et à laquelle je me suis attaché de toutes les forces de la mienne!"

Il alla frapper doucement à la porte de la chambre bleue, l’ancienne chambre de Gilberte.

— Mère, puis-je entrer?

— Toi? fit Mme Daltier, étonnée, en entr’ouvrant la porte.

— Oui, il faut que je la voie. Oh! mère, je vous en supplie.

— Elle souffre bien. Entre une minute, dit-elle, prenant son fils en pitié.

Gilberte s’agitait sur son lit. Ses longs cheveux dénoués encadraient sa blanche figure qui allait de droite à gauche sur l’oreiller, avec ce mouvement inconscient des malades que le délire possède.

Albéric ne peut comprendre les phrases hachées, incohérentes que prononçaient ces lèvres chéries.

Un instant il posa sa main sur le front brûlant de la jeune fille qui s’apaisa alors et le regarda fixement:

— Qui êtes-vous? dit-elle, venez-vous encore me tourmenter?

Il retira sa main et un sanglot s’étouffa dans sa gorge.

Mme Daltier leva les yeux avec effroi sur ce fils qu’elle n’avait pas vu pleurer depuis des années.

— Mère, je l’aime, dit-il, ne l’aviez-vous pas deviné?

Avant de s’éloigner, il porta à ses lèvres quelques mèches de cette chevelure superbe massée sur l’oreiller, et fit mentalement cette prière:

"Mon Dieu, qu’elle ne meure pas sans vous bénir et sans obtenir votre pardon. Je me livre à vous, faites-moi souffrir tout ce qu’il vous plaira. Je vous ferai tous les sacrifices, même, s’il le faut, celui de ne jamais l’avoir pour femme."

Le docteur arriva; quand il eut terminé son examen, il trouva dehors le jeune Daltier qui l’interrogea anxieusement:

— Mon ami, répondit le vieillard, le cerveau est gravement atteint, mais la constitution est saine et jeune. Nous la sauverons, si Dieu le permet. N’est-ce pas, il y a longtemps que cette enfant souffre?

— Docteur... je l’ignore, mais cela devait être; elle était si triste depuis bien des mois et elle changeait à vue d’œil!

— C’est cela; il y a quelque chose.

— Docteur, vous la guérirez?

— Je l’espère; d’ailleurs, elle en si bonnes mains: Mme Daltier est la meilleure des gardes-malades.

La fièvre suivit son cours. Il y eut de terribles heures d’angoisse pendant lesquelles on désespérait presque de sauver Gilberte.

Aux moments de délire, Mme Daltier seule restait auprès de sa nièce.

Elle avait enfin compris le secret de cette pauvre âme plus souffrante que le corps, et cela lui avait donné la clef de ce mystère fait de révoltes, de colères, de désespérances où elle avait vu plongée la jeune fille.

Elle comprenait comment la chère enfant, toute convertie et remplie de résolutions sincères, sentant éclore peu à peu dans son cœur un sentiment tout nouveau en elle, avait vu soudain brisés ses désirs ardents, mais sages. Pour celui qu’elle chérissait dans le silence de son âme, elle avait cru n’être qu’un objet d’indifférence, pour ne pas dire d’aversion, et elle en avait terriblement souffert.

Et elle n’avait pas de mère, pas de sœur, pas d’amie sérieuse à qui confier ce poids trop lourd pour son cœur.

De là ses rébellions contre la vie et contre le ciel, ses dégoûts amers et son désespoir, puisqu’elle ne pouvait plus s’appuyer désormais sur la main qui l’avait soutenue et guidée un an au moins.

Et pendant les interminables heures nocturnes ou celles non moins douloureuses du jour, Mme Daltier écoutait les plaintes déchirantes qui s’échappaient de ce cœur brisé.

Les larmes lui venaient aux yeux, car, à travers son délire, l’âme de Gilberte se dévoilait tout entière, c’est-à-dire pure, aimante, élevée.

Rien n’avait pu déflorer son innocence naturelle. Ce qu’elle avait entendu dans la maison de son oncle Simiès, ce qu’elle avait lu dans les romans réalistes et antireligieux qu’on lui avait mis entre les mains, elle ne l’avait pas compris.

Les vaines utopies, les sophismes dangereux, les exemples mauvais n’avaient qu’effleuré sa pensée et formé autour de son âme comme une écorce qui était tombée au premier souffle pur, pour la laisser candide et fraîche.

Cette découverte fut pour Mme Daltier un immense soulagement.

Un soir, en embrassant son fils qui quêtait de longs détails sur la malade, elle lui dit en le regardant au fond des yeux:

— Albéric, cette enfant est digne de toi.

— Comment cela, ma mère? je ne comprends pas...

— Ecoute, je sais que tu l’aimes, car tu me l’as avoué; quant à elle, je ne savais rien; maintenant j’ai compris son cœur; dans son délire, elle me l’a révélé tout entier; sans qu’elle le veuille, elle a trahi son secret. Mon fils chéri, ta tendresse est bien partagée, crois-moi. Gilberte a une nature magnifique qui ne demandait qu’un peu de bonheur et d’affection pour s’épanouir. Quand la santé et la joie en auront refait la Gilberte que nous avons connue quelque temps, avec quelle allégresse je l’appellerai ma fille!

L’ingénieur l’embrassa comme un fou:

— Mère, oh! mère, que vous êtes bonne! et qu’il me tarde de la revoir!

Le lendemain, pieds nus, le rosaire aux doigts, le jeune homme escaladait la colline de Notre-Dame-de-la-Garde et jetait sous le ciel bleu une fervente action de grâces.

Peu à peu le mal s’éloigna, la fièvre s’apaisa. Dieu n’avait pas fini son œuvre dans cette âme. Il voulait lui donner la félicité pour laquelle elle semblait faite et décharger ses épaules fragiles de la croix pesante.

Un jour vint où Gilberte put embrasser sa tante et la remercier de ses soins, ainsi que Marie et Edmée qui avaient merveilleusement secondé leur mère.

Mme Daltier s’attachait de jour en jour davantage à celle qu’elle considérait désormais comme son enfant.

M. Daltier, à son tour, se prenait pour sa nièce d’une affection d’autant plus vive qu’il lui avait témoigné jadis plus de froideur; touché des confidences que lui avait faites sa femme sur la jeune malade, il entrait souvent chez Gilberte et lui montrait une tendresse paternelle.

— Et lui, voulez-vous le voir? demanda Mme Daltier en caressant les cheveux d’or sombre de la jeune fille.

— Lui? fit-elle en ouvrant plus grands ses yeux agrandis par la maladie.

— Oui, Albéric. Puis-je lui dire que vous lui permettez d’entrer? Il attend ce moment avec tant d’impatience!

Gilberte fit un signe d’assentiment, mais sa tristesse lui était revenue, une tristesse résignée qui faisait peine à voir.

Quand elle vit son cousin se diriger vers son lit, une faible rougeur colora ses pommettes, elle lui laissa prendre sa pauvre petite main diaphane qui pendait sur la couverture.

Il la porta lentement à ses lèvres, et elle le regarda étonnée.

"J’ai donc été bien malade?" pensa-t-elle sans attacher d’autre importance à cette chose.

Mais elle aperçut deux larmes dans les yeux bleus d’Albéric.

C’est qu’il se sentait le cœur déchiré à la vue de ce visage d’albâtre, de ce corps émacié, de ces paupières creusées et cernées, de ces traits tirés, mais toujours charmants sur lesquels la douleur, morale autant que physique, avait laissé une trace.

— Albéric, embrasse ta petite fiancée, dit soudain M. Daltier derrière son fils, demande-lui si elle le permet.

Gilberte ne comprenait pas et les regardait tous avec une sorte de farouche interrogation.

— Voulez-vous être mienne, ma Gilberte aimée? dit alors Albéric en se penchant sur son front blanc pour le baiser.

Alors elle comprit.

C’était donc vrai ce qu’elle avait entendu là-bas, quand elle organisait son voyage pour un pays lointain? Elle ne les avait donc pas rêvées ces paroles auxquelles elle n’avait pu croire?

Alors c’était trop de bonheur.

— Mère, elle se trouve mal! cria soudain le jeune homme en se relevant avec terreur.

Il avait senti ce front se glacer sous ses lèvres; il voyait ces prunelles se voiler, ce visage se décomposer.

— Ne crains rien, la joie ne tue pas, répondit Mme Daltier en portant secours à la malade.

Ce ne fut qu’une courte faiblesse et Gilberte rouvrit les yeux pour jouir avec ivresse de son bonheur.

De ce jour, la convalescence marcha rapidement, et Gilberte ne regretta pas d’avoir échangé le pont mobile du Guadiana contre le toit béni des Daltier.

. . . . . . . . . . . . .

On revient d’une messe d’action de grâces à Saint-Charles où toute la famille, y compris Gilberte, a fait la communion pour remercier Dieu d’avoir non seulement guéri le corps, mais encore ramené à lui la brebis égaré.

Après le déjeuner égayé par une douce causerie et de joyeux projets d’avenir, Gilberte et Albéric s’entretiennent dans le petit salon qui a vu les premières joies pures et les premières désolations de la jeune fille.

— A quelle époque notre mariage? demande Albéric dont le visage rayonne d’une allégresse sans bornes.

— Mais pourquoi pas tout de suite, tout de suite? crie Henri qui a entendu la question.

Gilberte sourit, puis tout bas et penchant sa tête blonde:

— Mon ami, je ne suis pas encore digne de vous, je voudrais faire quelque chose pour vous mériter, pour atteindre à votre hauteur.

— Oh! Gilberte, vous êtes meilleure que moi, car vous avez dû lutter, vous, et vous étiez une pauvre brebis jetée dans la gueule du loup, tandis que moi...

— Tandis que vous, vous êtes ce que j’ai connu sur la terre de plus noble et de plus grand.

— Mais vous ne me répondez pas, Gilberte, êtes-vous donc si peu pressée d’être à moi?

Et ce mot était à la fois une caresse et un reproche.

— Quand vous voudrez, répondit doucement la jeune fille.

— Alors bientôt, cria de nouveau Henri; quand on a le bonheur sous la main, il ne faut jamais reculer le moment de le saisir!

FIN

IMPRIMERIE DU LOIRET. — ORLEANS (FRANCE)

erreurs typographiques corrigées silencieusement:

partie 1 chapitre 3: =je ne peux pas m’en empêcher.= remplacé par =je ne peux pas m’en empêcher."=

partie 1 chapitre 4: =elle me battra avec mes propres armes.= remplacé par =elle me battra avec mes propres armes."=

partie 1 chapitre 6: =Fraülen= remplacé par =Fräulen=

partie 1 chapitre 6: =Miss Gilberte, you are prud= remplacé par =Miss Gilberte, you are proud=

partie 1 chapitre 8: =on fuirait cette maison.= remplacé par =on fuirait cette maison."=

partie 2 chapitre 1: =criket= remplacé par =cricket=

partie 2 chapitre 3: =piqués çà et la d’une raillerie= remplacé par =piqués çà et là d’une raillerie=

partie 2 chapitre 8: =prêtez-le moi= remplacé par =prêtez-le- moi=

partie 2 chapitre 9: =malaise= remplacé par =malaise,=

partie 2 chapitre 10: =je ne vaux pas grand chose= remplacé par =je ne vaux pas grand’chose=