Une journée à Pise : guide historique, artistique et commercial

Chapter 2

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Douze autels, ouvrage de _Stagio Stagi_, dont le dessin est attribué à Michel-Ange, avec de belles peintures, se trouvent placés le long des parois latérales du bras principal de la croisée, et l'un d'eux, celui qui est derrière la chaire, a un beau tableau d'_Andrea del Sarto_. On voit aussi sur les murs plusieurs toiles représentant des Bienheureux Pisans, tels que, en rentrant par une des 3 grandes portes, à gauche, le martyre du bienheureux Signoretto Alliata, par _Benvenuti_; la fondation de l'Hospice des Enfants Trouvés par le Bienheureux pisan Dominique Vernagalli, du peintre _Gaetano Gandolfi_; l'arrivée du Bienheureux Baudouin, archevêque pisan, en Sardaigne, au moment où il repousse le féroce juge d'Arborée, du peintre _Joseph Collignon_, le baptême de Lambert, fils du roi des Baléares, par _Laurent Pêcheux de Lyon_. A côté de ce tableau, se trouve l'autel dit des Anges, avec une très jolie peinture de _Ventura Salimbeni_; et dans le tableau qui le suit, la tête de saint Torpè sauvée des flots, par _G. Bettino Ciguaroli_, puis le martyre du même saint pisan, par _Placide Costanzi_. Revenant aux 3 portes principales, on voit à droite la prise d'habit de sainte Bona, pisane, par _A. Cavallucci_; sainte Ubaldesca, pisane, qui soigne une infirme pendant la nuit, éclairée par un flambeau, sujet peint avec une rare habileté par _Dominique Calvi de Viterbo_; le Serment de Richard Coeur de Lion, en faveur des Pisans, près de Tolémaïde, par _Gius Bezzuoli_; Eugène III célébrant la messe devant les évêques orientaux, par _Jean Tempesti_, pisan; le Bienheureux Pierre Gambacorti, pisan, devant le Pape Urbain IV, du peintre _Sébastien Conca_; et le même Bienheureux qui fonde l'ordre des Ermites de Saint-Jérôme, par _Franç. Mancini_. Dans l'autel contigu reposent les corps des saints martyrs Nicodème, disciple de J.-C., Gamaliele, maître de l'apôtre saint Paul, et Abibone, donnés aux Pisans par Godefroy de Bouillon, en 1100. Cet autel a été édifié sur un dessin de Michel-Ange. En face est un autre autel en marbre, travail de _Lino_.

Dans le transept Nord, on voit la Nativité, la Circoncision, l'Adoration des Mages, l'Aveugle-né, par _Aurèle Lomi_; la Dispute dans le Temple, par _Pierre Torri_, et une Vierge de _Dom. Cresti_. A l'extrémité de ce transept, est l'autel du Très-Saint Sacrement, qui a des gradins en argent, avec le précieux tabernacle, aussi en argent, dessiné par _G.-B. Foggini_, et exécuté par _Séb. Tamburini de Pise_, en 1692.

Derrière l'autel sont les statues de la Vierge, de l'Archange Gabriel, d'Adam et d'Eve, et plusieurs bas-reliefs de _Franç. Mosca_, dit le _Moschino_.

Les autres ouvrages en marbre sont du _Stagi_. Dans le haut, se trouvent la mosaïque de l'Annonciation, oeuvre de _Gaddo Gaddi_, et la Foi et la Charité, d'_Antoine Marini_. En face des plus petites nefs, on voit deux statues de _Fancelli_: sainte Marie-Madeleine et sainte Christine.

De ce bras du transept, on vient, en tournant à gauche, à l'autel de la Madone de Sous-les-Orgues, pour laquelle on a une vénération particulière, et dont l'effigie, de style byzantin, ne se découvre que dans de graves circonstances.

Sur le mur latéral est peinte la Nativité de la Vierge Marie, par _Giacinto Corrado_.

Nous voici au choeur. Le maître-autel, érigé en 1774, est composé de marbres très rares. Son grand Crucifix en bronze est de _Jean de Bologne_.

De chaque côté des deux chaires épiscopales, on voit des tableaux d'_Andrea del Sarto_.

Derrière l'autel, dans le pourtour de l'abside, sont disposées en plusieurs rangs des peintures d'excellents artistes tels que: le _Beccafumi_, _De Labrugia_, _Sogliani_, _Sodoma_, _Salimbeni_, _Bélivert_, _Lomi_, _Guidotti_, _Rosselli_, _Manetti_, _Riminaldi_, _Gamberucci_, _Vannini_ et le _Cinganelli_. Ces tableaux représentent des sujets bibliques. Les peintures les plus élevées, des arcs au plafond, sont à fresque et représentent des scènes de la vie de la Vierge Marie, par _Maruscelli_; mais les prophètes sont du _Poccetti_.

Il faut aussi admirer les stalles du choeur, beau travail de marqueterie par _Julien de Majano_, par _Jules de S. Gallo_, par le _Serravallino_, par _Dom de Mariotto_ et par _Jean B. Cervelliera_. La balustrade qui entoure le choeur est décorée d'ornements et d'arabesques avec marqueteries, jaspes, lapis-lazulis et d'autres marbres précieux. Les deux anges de bronze qui s'appuient sur cette balustrade sont de _Jean de Bologne_.

Dans l'autre bras du transept S. à gauche, se trouve le gracieux petit autel de S. Biagio, du _Stagi_. La porte très ancienne et de style grec est en bronze, les toiles représentent des scènes de la vie de S. Ranieri, pisan, protecteur de Pise, dont le corps sacré repose au fond de la chapelle, dans la précieuse urne de marbre vert de polsevera, oeuvre de _Faggini_. Le grand-duc Cosme III la fit édifier; il fit aussi décorer de marbre toute cette chapelle. Les statues et les bas-reliefs de l'Assomption sont du _Mosca_.

L'antique mosaïque de la haute niche est du _Gaddi_, et les peintures du _Marini_. Les toiles où sont peintes encore des scènes de la vie de S. Ranieri représentent sa prise d'habit, du peintre _Ben. Luti_; la délivrance de la Possédée, par _Dom. Muratori_; la mort du Saint, par _Gius. Melani de Pise_; et le miracle de l'enfant ressuscité, commencé par le peintre _Torelli_ et achevé par _Lucie Casalina_.

Sur l'autel latéral qui fait face à la porte, est une Madone entourée de Saints, par _Pierino del Vaga_, lequel peignit aussi les deux petits enfants qui sont en haut sur la muraille.

En rentrant par l'autel de saint Ranieri, le bénitier entre la porte et le choeur, sur lequel s'élève une Vierge avec l'Enfant Jésus, a été fait d'après un modèle de Michel-Ange. Les deux autres, près des trois portes, l'un surmonté du Rédempteur, l'autre de saint Jean Baptiste, sont en bronze, modelés par _Jean de Bologne_, fondus par _Félix Palma de Masse_.

Plus de cent fenêtres, la plupart aux vitraux coloriés, donnent une douce et faible clarté très convenable à la majesté de ce lieu. L'église primatiale pisane fut endommagée par un déplorable incendie dans la nuit du 25 octobre 1595. Une grande quantité des merveilles d'art qu'elle renfermait furent alors détruites. Sa restauration est due à la munificence de Ferdinand Ier et à la générosité des citoyens.

Cette auguste basilique fut consacrée avec une grande solennité, par le pape Gélase II, le 26 septembre 1119. C'est là que le pape Clément fut élu et couronné, on y tint aussi un grand Concile en 1409.

L'_Archivio del Duomo_ renferme des chartes fort anciennes.

Quand Napoléon Ier vint à Pise, il s'empara d'un tableau du _Sodoma_ représentant le Sacrifice d'Isaac, qui était dans la Cathédrale, et le porta à Paris; mais en 1815 on dut le restituer parce que la Toscane le demanda et obtint de le ravoir au moyen d'un traité. Une copie de ce tableau est à Paris au Louvre; mais l'original est ici.

V

BAPTISTÈRE

Devant la façade de la Cathédrale s'élève majestueusement le Baptistère (pl. 15 B 1), de forme ronde, décoré à l'extérieur de deux rangs de colonnades: l'un, formé de vingt colonnes; l'autre, qui lui est superposé, a une plus grande quantité de colonnes sur lesquelles s'élèvent d'élégants arcs surmontés d'aiguilles. D'autres aiguilles dominent de grandes croisées qui forment le dernier tour que surmonte enfin le dôme, au sommet duquel est placée la statue de saint Jean-Baptiste. Quatre portes donnent accès au Baptistère, qui, dans l'intérieur, est partagé en deux ordres d'architecture: le premier a 12 arcades à plein cintre soutenues par 8 grandes colonnes et par 4 piliers.

Dans l'épaisseur de la muraille sont construits deux escaliers par lesquels on peut commodément monter aux galeries supérieures et aux secondes voûtes.

Au milieu, s'élèvent les Fonts Baptismaux de forme octogone, en marbre sculpté.

La statue en bronze de saint Jean, qui était autrefois au milieu de l'édifice, est placée maintenant au-dessus de la porte au couchant.

L'oeuvre qui appelle davantage l'attention est la superbe chaire de _Nicolas de Pise_, qui est à juste titre regardée comme une des plus belles productions de l'art. Elle est de forme hexagonale, toute en fin marbre statuaire, soutenue par neuf colonnes, dont plusieurs sont appuyées sur le dos d'animaux féroces et sur des figures humaines groupés ensemble. Les chapiteaux et les arcs sont élégamment travaillés. Sur le soubassement sont sculptées cinq histoires évangéliques. On lit sur une bande de marbre l'éloge du grand artiste. Une chose digne d'observation, c'est que le plus léger bruit est renforcé par la répercussion que produisent les voûtes elliptiques et forme un écho admirable.

Ce remarquable monument fut commencé en l'an 1152.

VI

CAMPOSANTO

Ce grandiose édifice (pl. 16, B 1), oeuvre de génie du célèbre sculpteur et architecte _Jean de Pise_, fut élevé par les soins de la République pisane en 1278, dans le lieu où se trouvait, au temps du paganisme, le temple d'Adrien, comme on le voit sur un ancien plan de Pise, fait par l'_architecte Bonanno_, l'an 800.

Le Camposanto (Cimetière) est de forme rectangulaire et renferme au centre une pelouse destinée autrefois à ensevelir les gens du peuple. Il est ouvert tous les jours du matin au soir sans excepter les jours de fête. (Sonner à la porte à gauche. Donner un pourboire au gardien.) Il est long de 135 m., large de 43 m. et haut de 15. Il a, à l'extérieur, 43 arcades reposant sur 44 pilastres dont les chapiteaux sont décorés de figures.

Cet enclos contient 53 galères de terre sainte provenant du Mont Calvaire, transportée de Jérusalem à Pise par les Pisans en 1192, comme raconte notre historien Tronci. Cette terre avait la propriété (on ne sait si par nature ou par prodige) de consumer les cadavres dans l'espace de 24 heures, et l'on croit que les trois cadavres peints au fond du tableau de _l'Orgagna_, dit le _Triomphe de la Mort_, représentent les trois états successifs du changement de ces corps: leur putréfaction, leur dissolution et leur réduction en poussière dans ce court espace de temps.

Quatre galeries avec 62 fenêtres en ogive et des colonnettes de style gothique entourent en long et en large ce champ sépulcral.

Dans les galeries se trouvent les tombeaux d'une grande quantité d'illustres citoyens dont les noms sont gravés sur chacun des monuments funéraires. On voit à droite et à gauche, le long de la muraille, des sarcophages, des urnes cinéraires, des statues mutilées et d'autres objets précieux par leur antiquité, qui rendent ce cimetière un _vrai et noble Musée_, comme il fut appelé par la reine Suédoise _Christine-Alexandrine_.

On y entre par deux portes ouvertes dans la façade antérieure ornée de piliers et d'arcs, lesquelles portes sont placées dans la perspective de la Cathédrale et du Baptistère. En entrant par la porte la plus rapprochée de ce dernier monument, on trouve à gauche les fresques de _Giotto_, qui représentent la pitoyable histoire de Job. Les derniers tableaux de cette histoire sont, dit-on, de _Nello de Vanni_, non de _François de Volterra_ comme d'autres le prétendent. A l'aile occidentale, on voit l'histoire d'Esther, peinte par _Augustin Ghirlanda de Carrare_, et celle de Judith, par _Paul Guidotti_, lucquois. Il faut remarquer, sous la première peinture, le monument des comtes Boniface de la Gherardesca, de _Donoratico_, ouvrage de l'école pisane du XIVe siècle; et celui de l'empereur Henri VII de Luxembourg, protecteur de Pise, appartenant au parti Gibelin, qui mourut à Buonconvento le 24 août 1313, et fut enseveli à Pise. On voit au-dessus, de grosses chaînes suspendues à la muraille, ce sont les chaînes du port Pisan enlevées en 1362, par les Florentins et les Génois, restituées à Pise par la commune de Florence en 1848, et par celle de Gênes en 1860.

Nous voilà dans la longue galerie septentrionale. La première peinture nous présente la _Mappemonde céleste_, c'est-à-dire une série de sphères l'une dans l'autre, la Terre dans le centre et le Créateur qui les soutient. Cet ouvrage est établi selon le système de Ptolémée. Au bas sont les effigies de deux Docteurs: saint Augustin et saint Thomas. Cette peinture est de _Pietro di Puccio d'Orvieto_, elle a été attribuée à _Buffalmacco_. Vient ensuite l'histoire de la Genèse depuis Adam jusqu'à Noé, par _Pierre d'Orvieto_ et _Benozzo Gozzoli_; de ce dernier sont aussi les sujets de l'Ancien Testament jusqu'à la prise de Jéricho, ainsi que les peintures de l'Annonciation et de l'Adoration des Mages de la première chapelle, dans laquelle est une fresque de l'école de _Giotto_ et un buste de saint Pierre, par _Luca della Robbia_. Il y a aussi une Madone de Taddeo Gaddi. Cette chapelle renferme encore le monument du professeur Ammannati (1359), par _Giovanni Pisano_.

A propos de la susdite peinture de l'adoration des Mages, il faut dire que, dans le jeune homme à cheval qui a la tête couverte d'un capuchon, Benozzo a voulu, à ce que l'on prétend, reproduire sa propre image.

Sur le sarcophage marqué du n° XVIII est un bas-relief de _Nicolas de Pise_, représentant la naissance de J.-C. A côté, est un autre sarcophage contenant les cendres d'Aldobrando del Bondo, surmonté d'un buste représentant Isotta, célèbre peintre de Rimini, oeuvre de _Nino de Fiesole_. Le sarcophage n° XX renferme les cendres de Béatrix de Canossa, mère de la célèbre comtesse Mathilde, toutes deux bienfaitrices de notre basilique. Le mythe d'Hippolyte et de Phèdre est sculpté sur ce superbe monument d'art grec, qui a servi d'étude à Nicola Pisano. On voit aussi, sculptée sur le sarcophage n° XXX, la chasse de Méléagre.

Près de la porte de la chapelle Aulla, se trouve le tombeau du peintre Benozzo, que les Pisans, pour l'honorer, firent placer sous le tableau qui représente l'histoire de Joseph.

A l'aile orientale, on voit l'hippogriffe en bronze, qui était autrefois à l'Est du sommet de la cathédrale; sur sa croupe sont gravés des animaux et des inscriptions cophtes exprimant des souhaits de bonheur aux possesseurs du griffon.

A l'autre extrémité orientale, nous avons devant nous les peintures qui représentent des scènes delà vie du roi Ozias et le fameux festin de Balthazar, exécutées en 1666, par _Zacharie Rondinosi_.

Sous cette peinture se trouve le monument de Philippe Decio, qui a été professeur à Pise, oeuvre de _Stagio Stagi de Pietrasanta_ (1500).

On croit que la statue assise sous l'histoire de Moïse est le portrait de Henri VII ou de Frédéric Ier entouré de 4 conseillers.

La chapelle majeure surmontée d'une coupole fut élevée par l'archevêque dal Pozzo (c'est pourquoi on la dit Puteana). Le tableau représentant le saint titulaire, saint Jérôme, est d'_Aurèle Lomi_.

On voit, dans le pourtour de cette chapelle, un crucifiement sur panneau, de _Giunta Pisano_; un saint Jean du _Clementone_; la Nativité, par _Corrado_; le Nazaréen avec Marthe et Madeleine, par _Rosselli_; un crucifiement sur parchemin, d'_Appolonius_, grec (XIIIe siècle); un autre crucifiement avec deux têtes, de _Giunta Pisano_; et quelques copies d'autres peintures, parmi lesquelles celle du Sacrifice d'Abraham, par _Razzi_, dont l'original est dans la cathédrale, copie qui fut exécutée par _Guillemont_.

Au sortir de la chapelle, on remarque à gauche l'Ascension, la Résurrection, attribuées à _Antoine Vite de Pistoie_, et le Christ en croix qui est de _Buffalmacco_.

Prenant ensuite la grande galerie méridionale, on voit à droite: le _Triomphe de la Mort_, le _Jugement universel_, peints par _André Orgagna_, et l'Enfer, par son frère _Bernard_. Sous le même tableau du Triomphe de la Mort, on voit encore les fameux cénotaphes Pisans, avec l'inscription sur marbre de deux décrets concernant la Colonie Julia obséquieuse (nom que porta Pise sous les Romains). L'un annonce la mort de Lucius César et l'autre celle de Caïus César, tous deux fils d'Auguste; ils ordonnent à la ville de Pise un deuil profond. Ces cénotaphes ont été décrits et appréciés par de savants écrivains et dernièrement par M. Clément Lupi[1].

[Note 1: Voir son livre imprimé à la typ. Mariotti, en 1879.]

Il faut observer, dans le tableau représentant le Jugement, le roi Salomon qui, sortant de son tombeau, paraît indécis et semble se demander de quel côté il sera placé, le peintre ayant ainsi voulu figurer l'opinion incertaine où l'on est concernant le salut de ce roi.

Viennent ensuite les _Anachorètes de la Thébaïde_, par _Pierre Laurati_, puis l'Assomption, par _Simon Memmi_, sur la porte d'entrée.

La vie et les miracles du patron de Pise, S. Ranteri, et les exploits du martyr de Sardaigne, saint Ephèse, d'une admirable exécution, occupent le reste de la muraille jusqu'à l'autre porte par laquelle on est entré dans le Camposanto.

Le même _Simon Memmi_ et _Antoine Veneziano_, en 1386, peignirent supérieurement les tableaux qui se rapportent à saint Ranieri, et _Spinello Aretino_, en 1390, ceux qui représentent des scènes de la vie de saint Potitus et les combats ainsi que le martyre de saint Ephèse; mais ils sont pour la plupart endommagés.

Le long de cette galerie méridionale se trouvent encore de précieux bas-reliefs, des urnes et des statues des écoles grecques, romaines et pisanes des temps antiques.

Mais à cause de la brièveté qui m'est imposée je ne puis les décrire minutieusement. Je ferai cependant connaître les monuments modernes, et, commençant à gauche de la porte d'entrée, je les nommerai par ordre.

N° i.--Monument érigé au célèbre oculiste André Vacca Berlinghieri, professeur de chirurgie à l'Université de Pise, mort en 1826, par _Albert Thorwaldsen_, danois, qui y a sculpté l'histoire de Tobie.

N° 2.--Monument consacré à Joseph Morosi de Ripafratta, célèbre mécanicien, mort en 1840. La Renommée qui y est sculptée est l'ouvrage de _Fraccaroli Veronese_.

N° 3.--Monument érigé à Vincent Marulli des ducs d'Ascoli, patricien napolitain, mort à Pise en 1808, par Michel Van Lint. Un Génie qui montre les oeuvres du défunt est sculpté sur ce monument.

N° 4.--Inscription et effigie de l'avocat J.-B. Fanucci, pisan, auteur de l'histoire des trois célèbres peuples maritimes d'Italie, mort en 1834 par _François Storni_.

N° 5.--Un buste consacré à la mémoire de F. A. Puccinelli, par _Paul Folini de Pietrasanta_.

N° 6.--Monument représentant Thérèse des Comtes Wratislow de Prague, veuve Pozzo di Borgo (morte en 1830); son attitude indique qu'elle donne ses vêtements aux pauvres qui l'entourent. Par _Henri Van Lint de Pise_.

N° 7.--Monument représentant le Comte F. Del Testa del Tignoso, mort en 1824, par _Thomas Masi de Pise_.

N° 8.--Souvenir commémoratif pour les Pisans morts à Cortatone et à Montanara en 1848, par _Bilancini de Florence_.

N° 9.--Monument où est représentée l'Astronomie avec les signes du Zodiaque, par _Dupré_, dédié à Octave Fabrice Mossotti, professeur d'Astronomie à l'Université de Pise, né à Novare, et mort à Pise en 1863.

N° 10.--Monument érigé à Marie Selvaggia Borghini, célèbre poète pisan, morte en 1781, par _Henri Van Lint_.

N° 11.--Monument consacré à la mémoire du général de Villarej, mort à la bataille de Custosa, en 1866.

N° 12.--La statue de Giovanni, fils de Niccola Pisano, architecte du Camposanto, par le professeur _Salvino Salvini_.

N° 13.--Le buste du Comte Cavour, par le professeur _Vela de Milan_.

N° 14.--Monument consacré au professeur de physique Charles Matteucci (mort le 24 juin 1868), par _Dupré_.

N°15.--Sculpture représentant le professeur Georges Regnoli, par _Bilancini_ (1860).

N°16.--Tombeau de la Comtesse Anastasie Schouwaloff de Saint-Pétersbourg, représentée sous l'emblème de la Mansuétude invoquant le secours du ciel. Sur le devant trois petites statues: la Foi, l'Espérance et la Charité, par _Michel Van Lint_.

N°17.--Monument consacré au peintre J.-B. Tempesti, mort en 1804, avec une statue qui représente l'Amitié, par le professeur _Thomas Masi_.

N°18.--Monument érigé au Philosophe-Historien-Fabuliste, Laurent Pignoni d'Arezzo, mort en 1812. La statue qui est sur le monument représente un génie tenant d'une main un flambeau renversé, de l'autre, une couronne, par _Stefano Ricci_, florentin.

N°19.--Monument consacré à Pierre Cuppari, professeur d'Agronomie, mort le 3 février 1870, par le professeur _Pio Fedi de Florence_.

N° 20.--Buste du chev. Bruno Antonio Scorzi, marguillier de la Primatiale de Pise, à qui on doit les restaurations faites à cette église en 1826 et en 1830, mort en 1838, par _François Stornì de Pise_.

N° 21.--Monument de Joseph Orosi, célèbre chimiste, mort le 14 décembre 1873, par _Hugue Cambi de Florence_.

N° 22.--Monument consacré au professeur Paul Mazzolo de Padoue, mort en 1868, par _Natale Sanavio de Padoue_.

N° 23.--Monument d'Alexandre Doveri, né à Livourne, professeur à Pise, où il est mort en 1872, par _Ange Blondi_.

N° 24.--Buste du Docteur J.D. Anguillesi, mort en 1833, par _Louis Pampaloni de Florence_.

N° 25.--Monument du professeur Montanelli, mort à Fucecchio en 1862. Un bas-relief représente la proclamation de la Constitution à Livourne, en 1848, par _P. Romanelli de Florence_.

N° 26.--Statue de Léonard Fibonacci qui apporta les chiffres arabes en Europe, par _G. Paganucci de Florence_ (1862).

N° 27.--Monument d'Alexandre Gherardesca, architecte pisan, par le prof. _Santarelli de Florence_ (mort en 1852).

N° 28.--Le tombeau du Comte Mastiani Brunacci, mort en 1839, par le prof. _Bartolini de Florence_. Plus on regarde la statue qui est sur le tombeau (l'Inconsolable), plus on lui trouve une expression navrante.

Nº 29. Monument où est représentée la Loi, dédié à Vincent Salvagnoli, né à Corniola d'Empoli, mort à Pise en 1861, par le prof. _Fantacchiotti de Florence_.

N° 30.--Monument d'Angélique Catalani, célèbre cantatrice, morte à Paris en 1849, par le prof. _Costali de Florence_. Ce monument forme un groupe remarquable de 3 statues de grandeur naturelle. La plus élevée représente sainte Cécile patronne des musiciens. L'ange, assis dans une attitude pensive, a une sublime expression vitale.

N° 31.--Statue de Niccola Pisano, père de l'architecte du Camposanto et sculpteur de la superbe chaire du Baptistère, par le prof. _Salvino Salvini_.

Nº 32.--Monument de César Camille Borghi, noble pisan, mort en 1847, par le prof. _Tommaso Masi_.

Nº 33.--Monument élevé à la mémoire d'Alexandre Morrona, auteur de «Pisa illustrata nell' arte del disegno», mort en 1824.

N° 34.--Monument consacré à la mémoire de Antoine Franceschi Quarantotto, mort en 1793.

Nº 35.--Effigie de l'Architecte--Ingénieur Rodolphe Castinelli, par _Rigìnaldo Bilancini_.

N° 36.--Monument élevé à la mémoire du poète Ranieri Tempesti, mort en 1819.

Nº 37.--Buste du chevalier Gaétan Savi, professeur d'Histoire Naturelle, mort en 1844, par _Jérôme Marconi de Pise_.

Nº 38.--Souvenir commémoratif dédié à Jacopo Barzelletti, professeur de médecine, mort en 1843, par _Benedetto Mori Aretino_.

Le Camposanto est visible tous les jours du matin au soir, même les jours de fête. On n'a qu'à sonner à la porte à gauche (un pourboire au gardien). Une chose qui mérite d'être vue, c'est l'intérieur de cet édifice par un beau clair de lune. L'effet produit est ravissant. Si l'on veut assister à ce spectacle nocturne, il sera bon d'avertir à l'avance le gardien auquel on donnera un pourboire. Et, sans en dire plus long, nous reviendrons sur la place du Dôme, pour aller visiter la fameuse Tour penchée.

VII

CAMPANILE

Ce surprenant édifice (pi. 22. B. I), fut commencé, en 1174, par l'architecte _Bonnanno de Pise_, et fut continué par _Jean d'Inspruck_, par _Jean Ennipotentano_, allemands, et par _Thomas de Pise_, lequel, à la moitié du XIVe siècle, ajouta la dernière spire où sont les cloches.