Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir
Part 36
[570] Cf. _supra_, chap. V, p. 125. «Les reliures en bois, si à la mode anciennement, offraient aux vers un excellent terrain de développement, et il est encore facile de constater dans les volumes qui nous sont parvenus ainsi reliés... les dégâts qu'ils y ont causés.» (GRAESEL, _loc. cit._, p. 319.)
[571] _Loc. cit._, pp. 78 et suiv.
[572] BLADES, _loc. cit._, p. 92, où il faut lire, _germanica_, au lieu de _germinica_. (Voir Dr HENRI BEAUREGARD, _Nos Bêtes, Animaux Nuisibles_, p. 32.)
[573] Voir _Magasin pittor._, 1878, pp. 146 et suiv.: Les Ennemis des livres. (Série d'articles non signés.)
[574] _Loc. cit._, p. 93.
[575] _Loc. cit._, p. 35. Le lepisma est très dangereux pour les livres, m'assure-t-on, et d'autant plus dangereux qu'il résiste, paraît-il, aux plus énergiques insecticides.
[576] _Loc. cit._, p. 321.
[577] Actuellement (juillet 1901), trois prix, fondés durant le _Congrès international des bibliothécaires_, tenu à Paris en août 1900, sont proposés comme récompense des trois meilleurs mémoires relatifs à la destruction des insectes qui détériorent les livres. Deux de ces prix, l'un de 1000 francs, l'autre de 500, ont été institués par Mlle Marie Pellechet, bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale (décédée le 11 décembre 1900); le troisième, dit prix du Congrès des bibliothécaires, d'une valeur de 1000 francs, provient d'un donateur anonyme. (Cf. _Mémorial de la librairie française_, 4 et 11 juillet 1901, pp. 395 et 412.)
[578] GRAESEL, _loc. cit._, p. 320.
[579] GRAESEL, _loc. cit._, p. 321.
[580] R. YVE-PLESSIS, _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 11. Cf. aussi MAIRE, _loc. cit._, p. 91.
[581] _Loc. cit._, p. 14.
[582] ALKAN aîné, _les Livres et leurs ennemis_, p. 13.
[583] R. YVE-PLESSIS, _loc. cit._, pp. 54-55.
[584] Cf. GRAESEL, _loc. cit._, p. 322.
[585] LA FONTAINE, _Fables_, III, 8.
[586] In _Magasin pittor._, 1878, p. 148: Les Ennemis des livres.
[587] BOUANT, _Dictionn. des connaiss. pratiques_, art. Taches.
[588] La terre bolaire ordinaire ou bol d'Arménie est une ocre rouge qui s'extrait par le lavage de certains sables très abondants en Arménie et dans l'île de Lemnos. (Larousse, _Grand Dictionn._, art. Bol.) On sait que la principale propriété de l'argile sèche est d'absorber l'eau avec avidité. Diverses terres argileuses (les argiles _smectiques_), avides de matières grasses, sont employées au dégraissement des draps. (BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Argile.) On pourrait les employer de même au dégraissement des papiers et des livres.
[589] J. COUSIN, _De l'organisation... des biblioth..._, p. 165.
[590] Cf. RIS-PAQUOT, _Guide pratique du restaurateur de tableaux... de livres_, p. 244.
[591] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, pp. 165-166.
[592] L'humidité, avons-nous dit dans le chap. VII, p. 198, est la grande ennemie des livres: voir à cet endroit les moyens de la combattre.
[593] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.
[594] Cf. BONNARDOT, _Essai sur l'art de restaurer les estampes et les livres_, in _Magasin pittor._, 1877, p. 46. Voir aussi ANTONY MÉRAY, _Quelques moyens faciles de restaurer les vieux livres_, in _Annuaire du bibliophile_, 1862, pp. 79-92.
[595] RIS-PAQUOT, _loc. cit._, p. 244.
[596] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, pp. 84-85.
[597] Cf. J. COUSIN, _loc. cit._, p. 167.
[598] Cf. GASTON TISSANDIER, _Recettes et procédés utiles_, pp. 112-115.
[599] ANTONY MÉRAY, _loc. cit._, p. 89.
[600] ID., _ibid._
[601] _Magasin pittor._, 1877, p. 46: Conseils pour la réparation des livres.
[602] BOUANT, _loc. cit._, art. Taches.
[603] Cf. G. TISSANDIER, _loc. cit._, p. 115; et J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
[604] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
[605] ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 161.
[606] G. TISSANDIER, _la Science pratique_, p. 94.
[607] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
[608] _Annuaire du bibliophile_, 1862, p. 83.
[609] C'est-à-dire jaunâtre.
[610] J. COUSIN, _loc. cit._, p. 168.
[611] _Loc. cit._, pp. 168-169.
[612] Nous l'avons donné également: voir chap. V, p. 152.
[613] Ou mieux _serpente_. Cf. LITTRÉ, HATZFELD, etc.
[614] _Loc. cit._, p. 13.
[615] Voir chap. V, p. 141.
[616] Cf. les changements de couleur produits sur les papiers modernes par la lumière naturelle et la lumière artificielle, _supra_, chap. II, pp. 58 et suiv.
[617] BLADES, _loc. cit._, p. 33. Cf. GRAESEL, _loc. cit._, pp. 40 et 60. Si le gaz d'éclairage attaque et détruit le cuir des reliures, il semble, d'après les expériences d'un savant allemand, M. Wiesner, avoir, à distance raisonnable, peu d'action sur la constitution et la blancheur du papier. Voir un résumé de ces expériences dans le journal _la Nature_, 1er octobre 1892, pp. 286-287: «... Il (M. Wiesner) avait précédemment observé que du papier à pâte de bois, exposé pendant quatre mois à 75 centimètres d'un bec de gaz de huit bougies, n'avait pas plus été décoloré qu'après deux heures d'exposition directe au soleil. Il a exposé ce même papier, le plus répandu pour les publications actuelles, dans une chambre éclairée au gaz et mal ventilée: après 5400 heures d'exposition, la température n'ayant pas dépassé 21 degrés centigrades, il reconnut, que les gaz non brûlés, seuls ou mélangés à de l'oxygène, n'avaient eu aucune action sur le papier... M. Wiesner conclut que l'éclairage au gaz peut être maintenu, sans danger de détérioration pour les livres, dans les bibliothèques. Il va sans dire que cette conclusion n'exclut pas l'emploi de la lumière électrique, qui, sans influer plus que le gaz sur l'état physique et la coloration du papier, a sur lui l'avantage de réduire dans une très forte proportion les risques d'incendie.» Voir aussi dans le _Mémorial de la librairie française_, 29 novembre 1900, p. 633, une note analogue à la précédente, et d'où il résulte également que, relativement à l'altération de la couleur des papiers: «La lumière solaire est la plus active, le gaz l'est moins, et la lumière électrique a peu d'influence, par suite de la moindre proportion de rayons chimiques qu'elle renferme ».
[618] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p. 40.
[619] _Ap._ ROUVEYRE, _loc. cit._, t. VIII, p. 86.
[620] _Ibid._
[621] _Le Commerce des livres anciens_, in _Miscellanées bibliogr._, t. II, pp. 75-76.
[622] _Loc. cit._, p. 76.
[623] _Ibid._, pp. 76-77.
[624] La tradition accuse Henri III d'avoir découpé dans quantité de missels et manuscrits des miniatures et des lettres peintes «pour en orner de petites chapelles ou pour en former des reposoirs... Maintenant que ces livres vénérés sont réputés offrir, ce qu'ils offrent en effet, l'histoire de l'art au moyen âge et même durant la Renaissance, le mal apparaît dans ses vraies proportions et fait maudire les auteurs inconnus de ces détestables pilleries, comme on eût dit au temps de Montaigne. Plusieurs personnages de la cour (de pareils livres ne pouvaient appartenir qu'à des grands seigneurs) imitèrent, dit-on, Henri III; c'est ce qui explique bien souvent ces lacérations si douloureuses pour des yeux éclairés, alors que l'on essaye de reconstituer une histoire de l'art au moyen âge, dont ces splendides volumes sont, après tout, les uniques dépositaires.» (_Magasin pittor._, 1876, p. 27: Les Ennemis des livres.--Cf. FERDINAND DENIS, _Histoire de l'Ornementation des manuscrits_, p. 125. Paris, Curmer, 1857. In-4.)
[625] W. BLADES, _loc. cit._, p. 112.
[626] _Loc. cit._, p. 113.
[627] «Lamartine, qui en arrachait les feuillets (de ses livres), lorsqu'il avait une citation à intercaler dans ses manuscrits.» (LUCIEN DESCAVES, _le Sort des livres_, in _le Livre à travers les âges_, p. 27.)
[628] Victor Fournel est l'auteur, sous le pseudonyme d'Edmond Guérard, d'un _Dictionnaire encyclopédique d'anecdotes_ (Paris, Didot, 1872; 2 vol. in-12), et c'est sans doute pour la confection de ce recueil qu'il massacra ainsi nombre de volumes de sa bibliothèque.
[629] _L'Art de classer les notes_, p. 36.
[630] GUYOT-DAUBÈS, _loc. cit._, p. 37.
[631] Il me paraît très probable que ni le médecin Camille Falconet (1671-1762), ni le sculpteur Étienne Falconet (1716-1791), n'est coupable de ce barbare moyen de _quintessencier_ les livres, qu'on leur a confusément attribué à l'un et à l'autre. VICTOR FOURNEL (EDMOND GUÉRARD) raconte cette anecdote, précisément dans le _Dictionnaire_ (t. I, p. 147) dont nous venons de parler, mais il n'ajoute au nom de Falconet aucun prénom ni aucune épithète. Il indique comme référence Panckoucke; mais ce nom isolé est insuffisant pour nous renseigner. M. GUYOT-DAUBÈS (_loc. cit._, p. 37) accuse nettement, d'ailleurs sans preuve aucune ni indication de source, «le célèbre médecin Falconet». Pour M. FERTIAULT (_les Légendes du livre_, p. 200), le coupable serait Étienne Falconet, qui «se rappelait sans doute avec terreur les 45 000 volumes de son oncle Camille, le médecin. C'est Dalembert qui conte le fait», ajoute M. Fertiault. D'abord, ainsi que JAL le démontre (_Dictionn._, art. Falconet), rien ne prouve les relations de parenté entre Étienne et Camille Falconet; tout porte à croire, au contraire, qu'ils n'appartenaient pas à la même famille. Ensuite, si Dalembert «conte le fait», il n'en nomme pas l'auteur. Voici le texte de DALEMBERT (_Encyclopédie_, t. II, p. 228, col. 2, art. Bibliomanie): «J'ai ouï dire à un des plus beaux esprits de ce siècle qu'il était parvenu à se faire, par un moyen assez singulier, une bibliothèque très choisie, assez nombreuse, et qui pourtant n'occupe pas beaucoup de place. S'il achette (_sic_), par exemple, un ouvrage en douze volumes où il n'y ait que six pages qui méritent d'être lues, il sépare ces six pages du reste, et jette l'ouvrage au feu. Cette manière de former une bibliothèque m'accommoderait assez,» conclut Dalembert. Le médecin Camille Falconet, qui était un très obligeant érudit, possédait une «immense bibliothèque (elle renfermait 45 000 volumes, dont 11 000 entrèrent à la Bibliothèque du roi...). Elle était au service de tout le monde... Sa méthode était d'écrire ses observations sur des cartes (fiches). Il en laisse au moins 90 000, dont la plupart doivent être très curieuses.» (GRIMM, _Corresp. litt._, février 1762, t. V, pp. 46-47. Paris, Garnier, 1878.) Voir aussi DIDEROT, _Œuvres compl._, t. XIII, p. 463, _Encyclop._, art. Biblioth., Paris, Garnier, 1876.--A notre connaissance, aucun contemporain de Camille Falconet ne fait de lui un massacreur de livres, un biblioclaste, _au contraire_. Ce sont sans doute ses 90 000 fiches, soigneusement confectionnées par lui et léguées à son ami Lacurne de Sainte-Palaye (Cf. HOEFER, _Biographie génér._, art. Falconet), qui ont fait croire qu'il s'agissait, non de résumés, de réflexions ou d'extraits copiés à la main, mais d'extraits réels, de pages lacérées et enlevées. Telle la singulière confusion qui attribue à Buffon l'habitude d'écrire non seulement en jabot de dentelle et manchettes brodées,--ce qui n'offre rien d'impossible ni de bien surprenant,--mais _sur_ ses manchettes amidonnées; plutôt que l'habitude d'écrire sur les marges ou _manchettes_ de son papier tout simplement.
[632] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 253.
[633] _Annuaire du bibliophile_, 1861, p. 215.
[634] Chap. III, p. 34.
[635] Chap. VIII, pp. 100-101.
[636] _Loc. cit._, p. 105.
[637] Sur la tendance qu'ont les relieurs à trop rogner les livres, cf. _supra_, chap. V. pp. 154 et suiv.
[638] Voir _supra_, chap. I, pp. 30 et suiv.
[639] «... Comment ignorer aujourd'hui que, de siècle en siècle, des milliers de pots de confiture ont été hermétiquement fermés aux dépens des documents historiques les plus secrets ou les plus importants? La correspondance du cardinal de Granvelle (l'heureux confident de Charles-Quint), qui ne compte pas moins de quatorze gros volumes publiés par ordre de Guizot, en aurait offert plus de vingt aux âges futurs, si les ménagères d'un antique château de la Franche-Comté n'avaient pas eu plus de sollicitude pour leurs pots de conserves que pour des souvenirs diplomatiques écrits sur vieux parchemin.» (_Magasin pittor._, 1875, p. 307: Les Ennemis des livres.)
[640] Cf. in _Magasin pittor._, années 1873, 1875, 1876, 1878, cette suite d'articles anonymes humoristiques, auxquels je viens encore de faire un emprunt: Les Ennemis des Livres.
[641] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. IV, pp. 39-40, trad. Cocheris. Voici quelques versets de ce XXVe chapitre de _l'Ecclésiastique_:
«Toute malice est légère au prix de la malice de la femme: qu'elle tombe en partage au pécheur.
«La femme a été le principe du péché, et c'est par elle que nous mourons tous.
«Ne donnez point à l'eau d'ouverture, quelque petite qu'elle soit, ni à une méchante femme la liberté de se produire au dehors.
«Si vous ne l'avez comme sous votre main lorsqu'elle sort, elle vous couvrira de confusion à la vue de vos ennemis.»
En revanche, le chapitre suivant (XXVIe) de _l'Ecclésiastique_ parle très élogieusement et en fort beaux termes de la femme vertueuse, et offre ainsi la contre-partie du XXVe:
«La femme vertueuse est un excellent partage, c'est le partage de ceux qui craignent Dieu, et elle sera donnée à un homme pour ses bonnes actions.
«Qu'ils soient ou riches ou pauvres, ils auront le cœur content, et la joie sera en tout temps sur leurs visages.»
Etc., etc.
[642] O. UZANNE, _Zigzag d'un curieux_: Les Femmes bibliophiles, p. 30.
[643] P. EUDEL, _le Truquage_: Livres et Reliures, p. 275.
[644] _Bouquiniana_, pp. 36 et 94.
[645] Préface du catalogue de sa bibliothèque, in _le Temps_, 25 février 1901.
[646] _Ap._ UZANNE, _loc. cit._, p. 31.
[647] _Magasin pittor._, 1875, p. 262, _loc. cit._
[648] _Loc. cit._, p. 15.
[649] Il n'y a en effet rien d'absolu ici-bas, et il convient de rappeler, comme correctif et exemples de femmes bibliophiles, les noms d'Anne de Bretagne, de Catherine de Médicis, de la marquise de Pompadour, de la comtesse de Verrue (la dame de Volupté), de la vicomtesse de Noailles, des duchesses de Raguse et de Mouchy, de Mlle Dosne, de Mlle Marie Pellechet surtout, à qui ses importants travaux sur les incunables ont valu le titre (qui n'avait été décerné à aucune femme avant elle) de bibliothécaire honoraire à la Bibliothèque nationale; etc. (Cf. MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 43-44; _Mémorial de la librairie française_, 4 juillet 1901, p. 395; et surtout ERNEST QUENTIN-BAUCHART, _les Femmes bibliophiles de France_, Paris, Morgand, 1886; 2 vol. in-8.)
[650] D'après LORENZ, _Catalogue général_, cet ouvrage, qu'il ne faut pas confondre avec les articles anonymes publiés sous le même titre dans _le Magasin pittoresque_, a pour auteur Mulsant (Étienne).
[651] ALKAN aîné, _loc. cit._, p. 15.
[652] Pour aider au maintien de cette horizontalité, on peut glisser, sous la partie de droite du volume que l'on coupe, un livre moins épais que lui de moitié environ, livre qu'on fera ensuite passer sous la partie de gauche, lorsque celle-ci, au fur et à mesure de l'opération, diminuera d'épaisseur.
[653] 1875, pp. 262-263.
[654] Sauf, comme nous le disons plus loin, pour les volumes tirés sur papier du Japon. (A. C.)
[655] _Essai sur la lecture_, p. 364.
[656] Psaume XIV, 2.
[657] _Deutér._, chap. XXXI, § IV, 26.
[658] Allusion à ces mots: «On lui présenta le livre du prophète Isaïe, et, l'ayant ouvert, il trouva le lieu où ces paroles étaient écrites... Ayant fermé le livre, il le rendit au ministre et s'assit.» (_Évangile selon saint Luc_, chap. IV, § 11, 17 et 20.)
[659] RICHARD DE BURY, _Philobiblion_, chap. XVII, pp. 143-148, trad. H. Cocheris.
[660] GRAESEL, _loc. cit._, p. 407--A propos des livres des bibliothèques publiques et de leur malencontreux sort, on ne lira pas sans intérêt les réflexions suivantes de M. HENRI BERALDI (_Voyage d'un livre à travers la Biblioth. nation._, p. 28): ... «D'une façon générale, plaignons le livre mis en service public. On a décrit les ravages exercés sur les bibliothèques par les rats, les vers, les petites bêtes. Il faut, hélas! y joindre les désordres graves causés par ce gros microbe qui s'appelle l'homme, brutal, sans soin, et pas toujours très propre; désordres qui finissent par faire périr le livre d'une véritable cachexie de surmenage. Le _processus_ de cette redoutable affection est tel: décoloration du maroquin par exposition au grand jour, bris du dos, éraillure des nerfs, cassure des coins, salissure de la tranche de gouttière par les pouces; à l'intérieur, taches d'encre, plis et cassures du papier par un maniement sans égards; puis, sur les marges, aux passages les plus consultés, accumulation d'une noirâtre couche de crasse confluente; c'est la gangrène, précédant les accidents ultimes, les déchirures bientôt multiples que nulle chirurgie, nulle biblioplastie ne saurait réparer.»
[661] Vol. XI, nº 4, avril 1886, pp. 117-118.
[662] La traduction donnée par GRAESEL (_ibid._) est très incomplète. La _Grande Encyclopédie_ (art. Bibliophilie, t. VI, p. 644) en a publié une plus complète, mais qui n'est pas toujours exacte.
[663] _Don't stand your books on the fore-edge._
[664] Ce qui risque de casser ou de faire gauchir le dos.
[665] Recommandation contestée.--Sur les reliures en cuir de Russie, voir _supra_, chap. V, p. 131, et chap. IX, p. 338.
[666] _Grande Encyclop._, art. Bibliophilie, t. VI, p. 644.
[667] Cité par PH. DE GRANDLIEU [LÉON LAVEDAN] in _le Figaro_ du 26 août 1879, p. 1, col. 2. Je n'ai pas trouvé cette anecdote dans les historiens contemporains de saint Louis, notamment dans Joinville.
[668] Numéro de septembre 1898, p. 191.
[669] Pages 312-313.
[670] _Ibid._
[671] Cf. ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. III, p. 19.
[672] Conférence faite à Nancy par M. BROUARDEL, doyen de la Faculté de médecine de Paris, sur les causes de la propagation de la tuberculose. (_L'Indépendance de l'Est_, 26 mars 1900.)
[673] _Revue encyclop._, 14 juillet 1900 (l'Actualité), p. 110. Voir aussi ce que nous avons dit, chap. I, p. 29. à propos des cabinets de lecture.
[674] Page 77.
[675]
Eh! depuis quand un livre est-il donc autre chose Que le rêve d'un jour qu'on raconte un instant;... Un ami qu'on aborde, avec lequel on cause, Moitié lui répondant, et moitié l'écoutant?
(A. DE MUSSET, _Premières Poésies_: Namouna, I, 7, p. 335. Paris, Charpentier, 1861. In-18.)
[676] _Fantaisies bibliogr._, p. 264.
[677] SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. II, p. 170. Et cet homme qui passe pour avoir «le plus lu» et qui possédait, comme particulier, la plus vaste bibliothèque qu'on pût voir, savez-vous ce qu'il pensait des livres? «Il prétendait que tout ce qui fut jamais écrit depuis que le monde est monde pourrait tenir dans _neuf ou dix in-folio_, si chaque chose n'avait été dite qu'une seule fois. Il en exceptait les détails de l'histoire...» (ID., _ibid._)
[678] GUSTAVE BRUNET, _loc. cit._, p. 251; voir aussi pp. 266-267. Sur les «annotations manuscrites sur les livres», cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, pp. 49-56; et MAIRE, _loc. cit._, p. 286.
[679] JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 31.
[680]
Sacrés ils sont, car personne n'y touche.
(VOLTAIRE, _le Pauvre Diable_.--Œuv. compl., édit. du _Siècle_, t. VI, p. 601.)
[681] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 365-366.
[682] La brachygraphie (de βραχὺς, bref et de γράφω, j'écris) est l'art d'écrire par abréviation. Voir, pour les sigles, notes tironiennes et autres systèmes brachygraphiques anciennement en usage, le _Dictionnaire des abréviations latines et françaises usitées dans les inscriptions lapidaires et métalliques, les manuscrits et les chartes de moyen-âge_, par L.-ALPH. CHASSANT, paléographe. Paris, Aug. Aubry, 3e édit., 1866, LII-170 pp. Pour les différentes abréviations modernes dont il est question ci-après, consulter les manuels de typographie de Lefevre, Desormes, Leclerc, etc.; et les traités spéciaux: grammaire, géographie, chimie, botanique, etc.
[683] Voir sur ce mot _infra_, p. 395, note 691.
[684] Comme exemple des erreurs et bévues auxquelles peuvent donner lieu les abréviations exagérées, on cite la mésaventure arrivée à l'helléniste Gail (1755-1829), lorsqu'il composa l'index bibliographique de son édition d'Anacréon. Rencontrant dans un catalogue l'annonce d'un exemplaire des _Odes_ de ce poète, suivie de la mention _e. bro._, au lieu de traduire cette mention, ainsi qu'il le fallait, par _exemplaire broché_, il la prit pour un nom de ville, et indiqua l'édition de cet exemplaire comme imprimée à _Ébro_. De là et d'autres bourdes pareilles, des lazzis sans nombre sur le malheureux savant. Les critiques d'outre-Rhin lui décochèrent l'épithète latine de _socors_, que de mauvais plaisants traduisirent par _sot corps_, et le terrible Paul-Louis de déclarer, dans une lettre à son futur beau-père, que Gail lui «paraît trop sot pour être ridicule». (Cf. _Curiosités littéraires_, p. 286, Paris, Paulin, 1845, petit in-8, s. n. d'aut.; et P.-L. COURIER, lettre à M. Clavier, datée de Rome, du 13 octobre 1810. _Œuvres_, p. 548. Paris, Didot, 1865; in-18.
[685] Voir sur ce mode de reproduction des livres et des estampes _supra_ chap. IV, p. 108, note 231.
[686] Voir sur ce mot chap. V, p. 127.
[687] Cf. _supra_, p. 73, note 174.
[688] Ainsi que nous l'avons dit ci-dessus (p. 383, 2º), cette forme d'abréviation, quand elle se rapporte à un mot masculin singulier, devrait être rejetée comme inutile: autant vaut écrire en toutes lettres _jaspé_ que _jasp._ D'autre part, l'abréviation _jas._ «n'exprimant pas la consonne _p_, qui appartient à la syllabe non énoncée» (cf. p. 384, 3º), n'est pas régulière: resterait donc seulement comme abréviation possible de _jaspé_ la lettre _j_, qu'on peut avec grande raison considérer comme trop incertaine et vraiment insuffisante. C'est ce qui explique et ce qui justifie encore une fois (cf. p. 383, 2º) les abréviatifs _jasp._ ou _jas._ Cette remarque s'applique à plusieurs autres des abréviations ci-dessus: _lig._ pour _ligne_, _orn._ pour _orné_, _tit._ pour _titre_, etc., etc.
[689] Mentionné par ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un bibliophile_, 3e édit., t. I, p. 132; et 5e édit., t. II, p. 120.