Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir
Part 33
[267] «C'est au célèbre bibliophile Jean Grollier (_sic_) que semble de droit appartenir l'honneur d'avoir créé la reliure française.» (P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 2.).
[268] On écrit aussi Derome ou Deromme: l'orthographe donnée par JAL, _Dictionn._, pp. 1082-1084, est de Rome, les de Rome.
[269] Outre les ouvrages déjà cités dans ce chapitre, voir sur l'historique de la reliure: ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France aux derniers siècles_;--OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne artistique et fantaisiste_;--HENRI BOUCHOT, _les Reliures d'art à la Bibliothèque nationale_, _passim_;--JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les livres_, pp. 161-186;--LUDOVIC LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 282-291;--et les ouvrages de MM. LÉON GRUEL, ÉMILE BOSQUET, MARIUS MICHEL, etc.
[270] La peau de morue a donné en reliure de très bons résultats. (Renseignement fourni par la maison de reliure Engel.)
[271] Voir _Intermédiaire des cherch. et cur._, 30 nov. 1900, col. 917-918.
[272] Journal _la Halle aux cuirs_, in _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 avril 1886, col. 202.--Mais les avis diffèrent, et le même _Intermédiaire_, dans son numéro du 30 décembre 1900, col. 1111, affirme, par la plume de M. MARCELLIN PELLET, que «la peau humaine n'est pas belle en reliure; il est très difficile, sinon impossible, de la dégraisser complètement».
[273] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.--Un autre médecin anglais, le célèbre John Hunter (1728-1794), fit relier de même en peau humaine un traité sur les maladies de la peau. (_Dictionn. de la Conversation_, art. Reliure.)
[274] _Revue encyclop._, 11 juin 1898, p. 542.
[275] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mai 1879, col. 295, et 10 juillet 1882, col. 396; et _Revue encyclop._, _loc. cit._
[276] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[277] _Ibid._
[278] _Revue encyclop._, _loc. cit._, p. 542; et ALFRED FRANKLIN, _les Anciennes Bibliothèques de Paris_, t. I, p. 297.
[279] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[280] _Ibid._
[281] _Revue encyclop._, _loc. cit._
[282] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 octobre 1883, col. 585-586, et _Revue encyclopéd._, _loc. cit._
[283] LALANNE, _loc. cit._, p. 288.
[284] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 233.
[285] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 402.
[286] BLANCHON, _loc. cit._, p. 128. On lit dans la _Revue universelle_ (ex-_Revue encyclopédique_) du 13 avril 1901, p. 337: «Ce fut à Mme Drouet qu'il (Victor Hugo) donna _les Châtiments_ reliés en maroquin pourpre, avec, sur le plat, enchâssée dans le cuir, une abeille du manteau impérial de Napoléon III, prise par M. Jules Claretie, lors du sac des Tuileries.»
[287] _Ibid._
[288] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 348.
[289] P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 19.
[290] _Loc. cit._, pp. 68-69.
[291] A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851_, Rapport du XVIIe jury, pp. 72-73.
[292] Pages 346 et 359.
[293] Une des meilleures couleurs usitées en reliure est la couleur dite _Lavallière_ (ou _La Vallière_:--allusion à la robe de Carmélite de Mlle de la Vallière [cf. LITTRÉ, _Dictionn._, supplém.];--mais, dans cette acception, on écrit le plus souvent ce nom en un seul mot). C'est une couleur de gamme assez étendue, allant du brun clair au brun foncé.
[294] BLANCHON, _loc. cit._, p. 123. «On donne ce nom (de _reliures jansénistes_) aux reliures qui n'ont aucun ornement extérieur, _pas même un simple filet_, et pas d'autre dorure que le titre du livre sur le dos,» dit M. A. CLAUDIN, _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juin 1875, col. 348.
[295] BOUCHOT, _le Livre_, pp. 284 et 286.
[296] ÉD. FOURNIER, _l'Art de la reliure en France_, in _Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 mars 1879, col. 190.
[297] «Rien de plus commun que l'S barré dans les lettres, manuscrits et reliures, de 1560 environ à 1640. Il est possible qu'on en ait fait parfois un rébus (_fermesse_ [S fermé], c'est-à-dire _fermeté_), ou un monogramme; mais c'est la plupart du temps... une fioriture, un paraphe, et, sur les reliures ou les panneaux, un ornement.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 25 avril 1881, col. 281; et 25 mai 1888, col. 297 et suiv.)
[298] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 241-242.
[299] Ou plutôt il devrait y avoir, car cette règle ne s'observe plus toujours, et ces deux modes de reliure, cartonnage et emboîtage, finissent par se confondre.
[300] MAIRE, _loc. cit._, pp. 296-297. D'autres font remonter l'existence et l'invention du relieur Bradel jusqu'à la seconde moitié du XVIIIe siècle. «Bradel avait, fin XVIIIe siècle, son atelier rue d'Écosse (Paris, Ve arrondissement), en une maison appartenant au collège Sainte-Barbe... Cet atelier fut ensuite occupé par Chichereau, aussi relieur, qui s'y trouvait encore en 1792.» (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 22 juin 1901, col. 1073.)
[301] GRAESEL, _loc. cit._, p. 373.
[302] LESNÉ, _la Reliure_, notes, p. 131.
[303] ÉMILE DEBRAUX, _Chansons complètes_, t. III, p. 61, les Relieurs. (Paris, s. n. d'édit., imprim. P. Baudoin, 1836, 3 vol. petit in-32.)
[304] OCTAVE UZANNE, _la Reliure moderne, artistique et fantaisiste_, chapitre: Des cartonnages à la Bradel, p. 252.
[305] «Un livre qui n'a pas été suffisamment battu s'ouvre facilement, bâille et devient ainsi un réceptacle à poussière et à vermine.» (GRAESEL, _loc. cit._, p. 374.)
[306] Voir _supra_, p. 129.
[307] Ne pas confondre le mot «charnière» ainsi employé avec la _charnière_--synonyme de _mors_--du plat des livres, dont il a été question ci-dessus, p. 128.
[308] «La grecque..., méthode pernicieuse, qui gâte presque autant de livres qu'on en relie.» (LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.) Cf. aussi LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 130; BLANCHON, _loc. cit._, p. 39; LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Reliure; etc.
[309] Sur la couture _à point arrière_ et _à point devant_, cf. _Magasin pittoresque_, septembre 1874, p. 284.
[310] Page 129.
[311] _Loc. cit._, p. 130. Voir aussi LESNÉ, _loc. cit._, note 6 du chant I, p. 115, où les mêmes remarques se trouvent formulées à peu près dans les mêmes termes.
[312] Non pas «malgré», mais conformément à ces recommandations. Cette tricherie est admise et pratiquée ostensiblement dans tous les ateliers de reliure. (A. C.)
[313] Je regrette de ne pouvoir citer, parmi ces inventeurs, aucun nom français; mais, comme on l'a remarqué avant moi, nos mécaniciens-constructeurs semblent «se désintéresser de la fabrication des machines à l'usage des relieurs, et ne paraissent pas se rendre compte des besoins et des nombreux vides à combler... S'ils faisaient pour la reliure» ce qu'on a fait et ce qu'on fait journellement pour l'imprimerie, «nul doute que notre outillage tiendrait actuellement la première place, et que nos praticiens ne seraient pas forcés de demander à l'étranger ce qui leur est parfois indispensable.» (BOSQUET, _la Reliure_, p. 26, note 1.)
[314] Renseignements fournis par la maison de reliure Engel.
[315] MAIRE, _loc. cit._, p. 99, n. 1.
[316] _Loc. cit._, notes, pp. 116 et 135.
[317] LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 371. Cf. aussi BLANCHON, _loc. cit._, p. 43.
[318] _Loc. cit._, p. 125.
[319] Page 68.
[320] GRAESEL (_loc. cit._, p. 363), estime que, «pour un train d'une importance moyenne, quinze jours, au maximum, sont largement suffisants». Cela dépend de ce qu'il faut entendre par «importance moyenne». En France, la plupart des relieurs trouveraient certainement ce délai insuffisant pour un train composé seulement de vingt ou trente volumes. Bien que s'appliquant en partie à des reliures de luxe, les considérations de M. JULES LE PETIT (_l'Art d'aimer les livres_, p. 182) me semblent plus justes: «En général, il faut que vous ayez la patience d'attendre au moins six mois à un an pour des reliures pleines en maroquin, bien faites, et au moins deux mois pour des demi-reliures. En voici la raison: les bons relieurs n'ont pas autant d'ouvriers que les relieurs de commerce... Ensuite ils commencent leurs reliures par séries d'un même genre,» etc.
[321] Je rappelle qu'il n'est question ici que d'une bibliothèque particulière et fermée, ne servant qu'à une seule personne. Pour une bibliothèque publique, il est préférable, voire indispensable, que chaque tome soit relié séparément, afin d'éviter d'en immobiliser deux en même temps dans la même main.
[322] J. LE PETIT, _loc. cit._, p. 185.
[323] LESNÉ, _loc. cit._, chant IV, p. 59.
[324] LESNÉ, _loc. cit._, notes du chant IV, p. 170.
[325] ID., _ibid._, mêmes notes, p. 172.
[326] C'est également le conseil donné par l'_Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires_: «N'admettre la rognure que pour les ouvrages usuels; interdire de rogner pour les autres, en les faisant seulement rogner et jasper en tête, pour les préserver de la poussière.» (_Ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 445.)
[327] _Ap._ ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 88.
[328] Le bibliophile JACOB (Paul Lacroix), _ap._ ROUVEYRE, _loc. cit._, p. 87.
[329] Page 37.
[330] Préservés en queue et sur les marges extérieures, mais non en tête: la tête, comme nous l'avons dit il y a un instant, doit toujours être rognée, pour empêcher autant que possible l'intrusion de la poussière.
[331] Lorsque ces excédents de marge ont été laissés par mégarde dans le cours d'un livre, par suite du pli accidentel d'un feuillet, ils portent le nom de _larrons_. Les relieurs sont tenus d'éviter les _larrons_, qui sont des défauts, tandis que les _témoins_, toujours laissés à dessein, sont un des détails des reliures artistiques.--On appelle aussi _larron_ en typographie tout «morceau de papier qui, se trouvant sur la feuille à imprimer, reçoit l'impression» (la prend en quelque sorte comme un voleur, un larron) «et laisse un blanc» (LITTRÉ); et encore tout «pli qui se trouve dans une feuille de papier mise sous la presse, et qui cause une défectuosité dans l'impression». (ID.)
[332] Sur les couvertures imprimées des livres brochés, voir _l'Intermédiaire des chercheurs et curieux_, 1879 et 1886, _passim_. Au XVIe et au XVIIe siècle, les livres se vendaient presque toujours reliés; les rares livres non reliés s'appelaient livres _en blanc_. (Cf. L. DELISLE, _Catalogue général des livr. impr. de la Biblioth. nation._ Introduct., t. I, p. IV, n. 4.)
[333] «Une attention à laquelle les bibliophiles sont sensibles, c'est que le prénom de l'écrivain ne soit pas séparé de son nom, lorsque la gloire ou la notoriété ont rendu le nom et le prénom inséparables. Un relieur qui mettrait sur le titre de _la Légende des siècles_: V. HUGO (au lieu de VICTOR HUGO), serait un barbare.» (CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, p. 360.)
[334] La peau servant à faire des _pièces_ a très peu d'épaisseur; c'est de la basane sciée: on sait que certaines peaux, et la basane est du nombre, se divisent, se scient aisément dans le sens de leur longueur.
[335] «La règle est que les pièces ne doivent jamais être plus claires que le dos. Toutefois, quelques amateurs, et je suis de ceux-là, aiment une pièce verte ou rouge ou bleue sur un dos noir.» (JULES RICHARD, _loc. cit._, p. 60.) Le même bibliographe recommande (_loc. cit._, p. 62) de «ne pas oublier de faire toujours placer la date de l'édition en bas du dos de la reliure, sous le dernier nerf. Cela a tout à fait bon air,» ajoute-t-il. Il dit encore (_ibid._) qu'il convient de joindre aux volumes qu'on fait relier tout ce qui peut en augmenter le prix, par exemple, «un portrait de l'auteur, soit en gravure, soit en photographie; s'il se peut, un autographe; des suites de gravures faites pour d'autres éditions, soit avant la lettre, soit en divers états...» Mais ce sont là des conseils quelque peu en dehors de notre programme, et qui s'adressent plus aux fastueux et fantaisistes collectionneurs qu'aux dévoués mais modestes amis des livres et de l'étude.
[336] Cf. chap. III, p. 76.
[337] Supplément au nº 3 du journal _la Reliure_, «organe et propriété du syndicat patronal des relieurs, brocheurs, cartonneurs, doreurs sur cuir, doreurs sur tranches et marbreurs,» 7, rue Coëtlogon, Paris. Je donne ces chiffres, parce qu'ils émanent d'un journal qui fait autorité dans la question, d'un document quasi officiel; mais je ne dois pas dissimuler que ces prix sont de beaucoup majorés, et que les reliures auxquelles ils se rapportent, faites convenablement et chez de bons relieurs, coûtent environ 20 pour 100 moins cher. Il faut donc diminuer ces chiffres de cette somme, pour avoir le prix réel et acceptable.
[338] Voir SÉNÈQUE, _De la tranquillité de l'âme_, IX, 9. (Pour abréger, je me dispense, ici et plus bas, de citer le texte latin.) «Avoir des livres sans les lire, c'est avoir des fruits en peinture,» disait Diogène. (_Ap._ FERTIAULT, _les Légendes du livre_, p. 156.)
[339] Voir SÉNÈQUE, _Lettres à Lucilius_, lettre II. Cf. _l'Ecclésiaste_, XII, 12: «Ne recherchez rien davantage, mon fils. Il n'y a point de fin à multiplier les livres.»
[340] PLINE LE JEUNE, _Epist._, VII, 9.
[341] _Non legendos libros, sed lectitandos._ (_Epist._, II, 17.)
[342] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 137.
[343] _Ap._ FERTIAULT, _loc. cit._, p. 20.
[344] Pages IX et 7.
[345] VOLTAIRE, _Articles de journaux_, I, Conseils à un journaliste... (_Œuv. compl._, t. IV, p. 615. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.)
[346] _Manuel du biblioph._, t. I, p. 11.
[347] _Loc. cit._, p. 312.
[348] _Ap._ SAINTE-BEUVE, _Nouveaux Lundis_, t. IV, p. 403. Cf. le mot de Royer-Collard à Alfred de Vigny: «Je ne lis plus, monsieur, je relis». (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XI, p. 524.)
[349] En 1886, dans le journal _l'Estafette_: voir LAROUSSE, _Grand Dictionn._, 2e supplément, art. Larousse.
[350] _Ap._ DEROME, _le Luxe des livres_, p. 59.
[351] A. DE BOISLISLE, _Mémoires de Saint-Simon_, Avertissement, t. I, p. LXXI (Collect. des _Grands Écrivains de la France_).
[352] A. DE BOISLISLE, _loc. cit._
[353] Elle comprend actuellement (1901) 31 volumes et s'arrête au XVe siècle.
[354] GUYOT-DAUBÈS, _l'Art de classer les notes..._, chap. X, pp. 108-109.
[355] «... les bibliothèques ne pouvans mieux estre comparées qu'au pré de Sénèque où chaque animal trouve ce qui luy est propre: _Bos herbam, canis leporem, ciconia lacertum._» (GABRIEL NAUDÉ, _Advis pour dresser une biblioth._, chap. III, p. 24.)
[356] Voir SAINTE-BEUVE, _Portraits littér._, t. II, p. 437.
[357] _Loc. cit._, p. 120.
[358] _Loc. cit._, p. 121.
[359] Parmi ces réclamations, je rappellerai celle du bibliographe A.-A. Renouard, dans cette description de sa propre bibliothèque, qu'il a publiée sous le titre de _Catalogue de la bibliothèque d'un amateur_: «Il faudrait destiner nos imprimeries à l'emploi qui de tous me semble le plus utile et aussi le plus honorable, la fabrication très soignée d'éditions presque de luxe, quoique d'un prix à peu près ordinaire; de livres à l'usage de ceux qui, sans être curieux amateurs, ni possédés du démon de la bibliomanie, savent cependant très bien distinguer et préférer l'édition la plus nette et la plus élégante.» (RENOUARD, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 181.) Voilà un programme excellent en tous points: malheureusement, ce n'est qu'un programme.
[360] «Jouaust était de la famille des grands éditeurs, hommes de goût et véritablement hommes de lettres par le soin qu'ils prennent de faire valoir les œuvres qu'ils publient, et de les présenter aux amateurs sous le séduisant aspect qu'assurent un papier de choix, des types élégants et bien lisibles, une correction impeccable, illustrées de gravures finement en harmonie avec le texte, et d'autant plus précieuses qu'elles sont moins encombrantes. Son nom sera cité dans l'histoire de son art à la suite des maîtres qui en ont fait la gloire à travers les âges.» (G. BERARDI, _l'Indépendance belge_, in _Ultima_, notes et chroniques, p. 9. Paris, imprim. Jouaust, 1891. In-18, 78 pp.)--«Pendant trente ans, il (Jouaust) a fait la joie des lettrés; il leur a donné de fins joyaux, que les amateurs du siècle prochain se disputeront avec passion...» (AD. BRISSON, _les Annales politiques et littér._, _ibid._, pp. 14-15.)--«Il (Jouaust) a été un lettré et un artiste avant d'être un commerçant. Il avait recueilli et il a su continuer parmi nous les traditions des Elzevir et des Plantin Moretus...» (J. CORNELY, _le Matin_, _ibid._, p. 18.)
[361] Cette très intéressante collection est continuée par l'éditeur Ernest Flammarion, qui y a récemment ajouté _les Confessions_ de J.-J. Rousseau.
[362] Sur la collection Jannet-Picard, voir _supra_, chap. II, p. 38.
[363] Cf. LOUISY, _le Livre_, p. 270.
[364] Voir _supra_, chap. II, p. 43.
[365] Cf. _supra_, chap. V, p. 158.
[366] M. GABRIEL HANOTAUX, dans l'avant-propos de son livre _la Seine et les quais, promenades d'un bibliophile_ (p. III), a très justement et joliment dit: «Paris est la seule ville du monde qui ait sa bibliothèque en plein air. Les boîtes des quais font partie de nos perspectives. Elles accompagnent les profils du Louvre et font un premier plan aux galeries et aux tours de Notre-Dame.»
[367] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _les Amateurs de vieux livres_, p. 56.
[368] Paris, Furne, 1857 (et 1864). 1 vol. in-16.
[369] _Loc. cit._, pp. 3-4. Glissons ici à ce propos cette touchante réflexion de S. DE SACY (_Variétés littér._, t. I, p. 250, Catalogue de la biblioth. de J.-J. de Bure): «Je deviendrais aveugle que j'aurais encore, je le crois, du plaisir à tenir dans mes mains un beau livre. Je sentirais du moins le velouté de sa reliure, et je m'imaginerais le voir. J'en ai tant vu!»
[370] Voir dans _les Amateurs de vieux livres_, par P. L. JACOB, p. 34, un curieux portrait du marchand bouquiniste-étalagiste: «... L'_étalagiste_ est d'ordinaire Normand, comme le vendeur de salade; il connaît mieux le prix des pommes que celui des livres; il ne juge guère sa marchandise que d'après le premier venu qui la marchande; il surprend dans vos yeux l'envie qui vous émeut à la vue de ce livre, et il le taxe à proportion de cette envie, qu'il démêle dans un geste d'empressement, même dans une indifférence composée. Le seul _Manuel du libraire_ qu'il étudie, c'est la physionomie des acheteurs: l'un sourit, l'autre soupire, celui-ci fronce les sourcils, celui-là pince les lèvres; un cinquième, plus exercé, touchera vingt volumes avant de mettre la main sur le volume qu'il lorgne; tous enfin se trahissent d'une façon particulière, qui n'échappe pas à l'_étalagiste_, aussi fin, aussi astucieux qu'un diplomate du cabinet de Saint-James.»--En général, comme l'a remarqué L. DEROME (_le Luxe des livres_, p. 66), les livres anciens coûtent moins cher chez les libraires parisiens de la rive gauche que chez ceux de la rive droite, «qui ont une clientèle princière et la confiance des riches amateurs étrangers, tandis que les marchands de la rive gauche sont réduits à celle des savants et des lettrés, qui connaissent mieux la valeur des livres et ne peuvent se permettre certaines folies». Etc.
[371] En revanche, il faut reconnaître qu'il y a de ces catalogues qui sont très bien faits et dignes d'intéresser tous les amateurs de livres, par exemple, les catalogues de la librairie ancienne A. Claudin, qui paraissent actuellement (1901, 14e année, neuvième série) tous les mois, sous le titre d'_Archives du bibliophile_.
[372] Chap. III, pp. 27-30. (Trad. de H. Cocheris.)
[373] _Musæi sive biblioth..._, Lugduni, 1635, in-4, lib. III, p. 468, _ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 65-66. Cf. _infra_, chap. VIII, p. 257.
[374] _Loc. cit._, p. 139. Cf. _supra_, chap. V, p. 123.
[375] L'appréciation est de M. JULES LE PETIT, _l'Art d'aimer les livres_, p. 40.
[376] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 14.--A propos des ouvrages nouveaux, JULES JANIN (_ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 109) donne aussi ce conseil: «N'achetez que le livre dont vous avez fait la lecture cinq ou six semaines auparavant,»--c'est-à-dire le livre dont vous avez eu loisir de vérifier et éprouver la valeur. «En ce temps de réclame, combien ont pu expérimenter la sagesse de ces paroles!» ajoute Mouravit.
[377] JULES JANIN, _loc. cit._, p. 15.
[378] _Loc. cit._, p. 40.
[379] _Loc. cit._, pp. 40-41.
[380] _Essais_, III, 3: t. III, p. 366. (Paris, Charpentier, 1862.)
[381] Il s'appelait Boulard (Antoine-Marie-Henri) (1754-1825). Il fut l'exécuteur testamentaire de La Harpe, et c'est par ses soins que fut publiée la partie du _Cours de littérature_ relative à la philosophie du XVIIIe siècle. Il ne faut pas le confondre avec son homonyme Boulard (Sylvestre), imprimeur, libraire et écrivain (1750-1819?), auteur d'un _Traité élémentaire de bibliographie_. (Paris, Boulard, 1804. In-8. 140 pp.)
[382] «Une biographie ne lui en accorde que 280 000; mais un autre renseignement va jusqu'à notre chiffre de 600 000 (volumes). La différence est importante. Les deux documents sont-ils précis? On peut choisir.» (FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 107.)
[383] Cf. _le Cousin Pons_, principalement chap. II, p. 11 (Paris, Michel Lévy, Librairie nouvelle, 1870): «... Il possédait son musée pour en jouir à toute heure, car les âmes créées pour admirer les grandes œuvres ont la faculté sublime des vrais amants; ils éprouvent autant de plaisir aujourd'hui qu'hier; ils ne se lassent jamais, et les chefs-d'œuvre sont, heureusement, toujours jeunes... Vous tous qui ne pouvez plus boire à ce que, dans tous les temps, on a nommé _la coupe du plaisir_, prenez à tâche de collectionner quoi que ce soit (on a collectionné des affiches!), et vous retrouverez le lingot du bonheur en petite monnaie.»
[384] «J'aime mes livres comme je les aimais à vingt ans; je les aime peut-être même avec plus d'ardeur, car, tout bien considéré, je les connais mieux, et il n'arrive point, dans l'amour des livres, ce qui arrive, hélas! trop souvent dans l'autre amour, savoir que, lorsqu'on est parvenu à bien connaître l'objet de sa flamme, on est tenté de l'aimer un peu moins... Parmi les goûts si divers que la Providence a départis aux humains, l'amour des livres est celui qui, après avoir donné, pendant la prospérité, les plus grandes, les plus véritables jouissances, ménage, pour toutes les peines de la vie, les plus douces, les plus pures, les plus durables consolations.» (TENANT DE LATOUR, _Mémoires d'un biblioph._, pp. 250-252.)
[385] Cf. LALANNE. _Curiosités bibliogr._, p. 146 ;--PAUL LACROIX, ÉD. FOURNIER et F. SERÉ, _Histoire de l'imprimerie_, p. 42;--BOUCHOT, _le Livre_, pp. 79, 258 et 268;--LOUISY, _le Livre_, p. 191;--_Grande Encyclop._, art. Bibliothèque, t. VI, p. 667, fig. 7;--etc.
[386] Cf. BOUCHOT, _loc. cit._, p. 268.