Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir

Part 32

Chapter 323,393 wordsPublic domain

[210] Cf. THÉOTISTE LEFEVRE, _Guide pratique du compositeur d'imprimerie_, t. I, p. 425;--DAUPELEY-GOUVERNEUR, _le Compositeur et le Correcteur typographes_, p. 5;--E. DESORMES, _Notions de typographie_, p. 500;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 41-42. Les listes de concordance des anciens noms avec les nombres de points données par ces ouvrages offrent de fréquentes divergences.

[211] Le texte du présent livre est imprimé en caractère romain Didot corps dix petit œil; les notes sont en romain Didot corps huit, les sommaires des chapitres en romain Didot corps sept, et la préface en romain Didot corps onze.

[212] L'Imprimerie nationale a, elle, un indice spécial: ses _l_, dites _l barrées_, portent un imperceptible trait, une barre minuscule, au milieu de leur longueur (l l).

[213] Cf. BOUCHOT, _le Livre_, p. 174.

[214] Voir _supra_, p. 86.

[215] En romain Didot. Remarquez que ce romain est plus petit d'œil que l'elzevier du corps correspondant.

[216] Du nom de l'habile graveur et imprimeur français Nicolas Jenson, qui alla s'établir à Venise vers 1469. (Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 84.)

[217] Sur les _lettres grises_, cf. DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, p. 68.

[218] LECLERC, _loc. cit._, pp. 64.

[219] ID., _ibid._

[220] «... les formes arrondies de l'onciale (d'où est issue la lettre tournure).» (LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_, p. 153.) Notons encore qu'on nomme lettres _filigranées_ des initiales particulières de même aux anciens manuscrits, majuscules ornées de fioritures très déliées, d'une sorte de filigrane, «fil ténu, capricieusement enroulé et engendrant des espèces de graines ou de petites boules». (ID., _loc. cit._, pp. 154-156); lettres _dragontines_, appelées aussi _saxonnes_, d'autres initiales d'anciens manuscrits «terminées par des têtes et des queues de serpents, bordées de points, garnies, dans leurs massifs, de perles, d'entrelacs et de monstres enchevêtrés». (ID., _loc. cit._, p. 263.) Rappelons enfin que les caractères gothiques des premiers livres portent le nom de _lettres de forme_ et de _lettres de somme_, celles-ci moins anguleuses, moins hérissées de pointes que celles-là. C'est de _lettres de somme_ que se servirent Gutenberg, Fust et Schoeffer, les inventeurs de l'imprimerie. (Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 103.)

[221] La casse française renferme 54 cassetins dans le bas de casse, et 98 dans le haut de casse. Des casses moins grandes, partant moins encombrantes, et d'un seul morceau, notamment la casse dite _parisienne_, sont actuellement en usage: on en a retranché les petites capitales, relativement peu employées, et qui sont placées à part.

[222] Sur la casse, voir DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 135 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 304 et suiv.;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 70 et suiv.; etc. Je suis également redevable de nombreux renseignements typographiques à l'obligeance de M. Jattefaux, prote de l'imprimerie Lahure.

[223] Voir cette liste complète dans TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, p. 430.

[224] MAIRE, _loc. cit._, p. 353.

[225] CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, p. 145.

[226] Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 531-532.

[227] _L'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851_, p. 62.

[228] _Ibid._

[229] LOUISY, _le Livre_, p. 221. «Typographia, Deorum manus et munus, imo ipsa, cum mortuos in vitam revocet, omnino diva est.» (C. KLOCK, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, avant-propos, p. ij.) En tête de son _Manuel typogr._ (t. I, p. iv), FOURNIER LEJEUNE a inscrit--et modifié comme il suit--les vers bien connus de _la Pharsale_ de Brébeuf:

C'est de Dieu que nous vient cet art ingénieux De peindre la parole et de parler aux yeux.

Plus loin (t. I, p. vij) il dit que l'imprimerie est «regardée à juste titre comme un présent du ciel». CRAPELET, _loc. cit._, p. 2, écrit de même: «L'art typographique... cette admirable invention, qui était regardée comme l'œuvre de la Divinité même...». Et VICTOR HUGO, _Notre-Dame de Paris_, liv. V, chap. 2: «L'invention de l'imprimerie est le plus grand événement de l'histoire. C'est la révolution mère. C'est le mode d'expression de l'humanité qui se renouvelle totalement... Sous la forme imprimerie, la pensée est plus impérissable que jamais;» etc.

[230] On se sert aussi, ou plutôt on s'est servi de plâtre, pour prendre ces empreintes. Ce qui a fait préférer au clichage au plâtre le clichage dit _au papier_ ou _au flan_, c'est la rapidité d'exécution et l'économie de ce dernier procédé; mais le plâtre avait l'avantage de donner des empreintes plus complètes et meilleures. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, pp. 533-534.)

[231] Théoriquement, le mot _clichage_ est synonyme de l'ancien mot _stéréotypie_: ils signifient tous les deux l'action de «créer, d'après une composition unique formée par l'assemblage des caractères mobiles, une ou plusieurs autres planches solides et identiques». (LECLERC, _loc. cit._, p. 533.) Mais _clichage_ est l'expression moderne, actuellement en usage, et désignant l'opération dont nous venons de parler, qui débute par la prise des empreintes au moyen de plâtre ou de _flans_. La _stéréotypie_ (στερεός, solide; τύπος, type), s'applique plus particulièrement au procédé imaginé en partie par Firmin Didot vers la fin du XVIIIe siècle, et qui consistait en ceci: «Après avoir composé une page en caractères plus bas que ne le sont les caractères ordinaires, et fondus avec un alliage particulier, plus dur que les autres, on la renfermait dans un mandrin; puis, à l'aide d'un balancier, on l'enfonçait dans une plaque de plomb de même dimension, fondue et dressée avec soin. Cette opération donnait pour premier produit une matrice où la lettre est en creux; cette matrice, placée dans un mandrin et abattue au moyen d'un mouton sur de la matière en fusion, procurait un cliché saillant... sur lequel on pouvait tirer à dix, quinze ou vingt mille exemplaires sans qu'il y parût.» (LOUIS DE VILLOTTE, _De la stéréotypie_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp. 9-10.) Cf. aussi l'article _Stéréotypie_ par STARK, in _Encyclop. moderne_, Complément, t. XII, col. 438-442. Les Didot utilisèrent leur invention en publiant une nombreuse collection de petits volumes à bon marché,--la collection «stéréotype»--contenant tous les chefs-d'œuvre des littératures classiques, qui obtint une très grande vogue, et peut se comparer à la collection de la petite «Bibliothèque nationale», commencée par l'imprimeur Dubuisson en 1863, et qui se continue encore. Seulement, le papier des «stéréotypes» de Didot, qui, au bout d'un siècle, est encore intact, est de beaucoup supérieur à celui des petits volumes de Dubuisson, déjà tout piqués et jaunis.

Mentionnons encore, parmi les modes de reproduction typographique, le procédé dit _anastatique_ (ἀνάστασις, résurrection), applicable non seulement aux livres, mais aux gravures, planches, etc. Il consiste à transporter sur une plaque de métal le texte ou la gravure à reproduire; on encre ensuite cette plaque, et l'on procède au tirage. Ce transport, qui s'effectuait jadis par des moyens chimiques, imaginés en 1844 par M. Baldermus, de Berlin (cf. LAROUSSE, _Grand Dicionn._, et _Grande Encyclop._, art. Anastatique), s'opère actuellement à l'aide de la photographie. Relativement coûteux et peu expéditif, ce procédé ne convient que pour les tirages à petit nombre: on l'emploie, par exemple, pour remplacer les pages manquantes dans un ouvrage ancien, dans un livre de valeur, dont on possède un exemplaire complet.

[232] L'épithète est de JULES RICHARD, _l'Art de former une bibliothèque_, p. 6: «On n'a jamais fait de plus vilaine librairie».

[233] Relativement à l'influence du public sur la qualité des livres, voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 225-226: «Il n'est pas douteux que ceux qui ont les moyens d'acheter des livres, et qui ne considèrent que le bon marché dans leurs acquisitions, ne peuvent pas employer plus mal leur argent. Les libraires (éditeurs), entraînés par le goût du public, le servent à son gré, en épuisant toutes les combinaisons pour lui donner de la marchandise à bas prix, mais qui ne conserve pas la moindre valeur: car on n'a jamais bon marché d'un livre incorrect, altéré, tronqué, et imprimé sur du mauvais papier... Henri Estienne dit: «L'avarice, fléau plus redoutable à l'art typographique qu'à aucun autre: _Avaritia, malum in arte typographica magis quam in alia ulla formidandum_».

[234] Anciennement même «chaque ouvrage avait un correcteur particulier. Les livres de religion étaient lus par des théologiens; les livres de droit par des jurisconsultes; l'astronomie, la médecine, par ceux qui possédaient ces sciences;» etc. (CRAPELET, _loc. cit._, p. 155.) D'après le règlement donné à l'imprimerie de Paris par François Ier, en 1539, et cité par le même bibliographe (p. 181), «si les maistres imprimeurs des livres en latin ne sont sçavans et suffisans pour corriger les livres qu'ils imprimeront, seront tenus avoir correcteurs suffisans, sur peine d'amende arbitraire; et seront tenus lesdicts correcteurs bien et soigneusement de corriger les livres, rendre leurs corrections aux heures accoutumées d'ancienneté, et en tout faire leur devoir...». Ces dispositions furent confirmées et maintenues par les successeurs de François Ier. Néanmoins, le règlement de 1649 reproche à l'imprimerie de Paris d'avoir beaucoup perdu de son ancien éclat, et impose aux libraires (éditeurs) l'obligation de prendre un certificat de correction pour certains livres. (Voir CRAPELET, _loc. cit._, pp. 181-182.) D'après le règlement de 1686, les imprimeurs devaient faire imprimer les livres «en beaux caractères, sur de bons papiers et bien corrects»; on exigeait même qu'ils ne pussent ouvrir boutique à moins d'être «congrus en langue latine et de savoir lire le grec». Quiconque était empêché de vaquer à la correction de ses ouvrages devait avoir des correcteurs capables; et, ajoute l'ordonnance de 1728, les feuilles mal corrigées par eux seraient réimprimées à leurs frais.» (LOUISY, _le Livre_, p. 234.)

[235] Nous n'avons pas à nous occuper, dans cette étude consacrée à la connaissance, à l'usage et à l'amour du Livre, des rapports des auteurs avec les éditeurs et les imprimeurs. Nous ne faisons qu'effleurer ici, à propos de la netteté et de l'intégrité du texte, cette très intéressante et très complexe question: la correction des épreuves, qui a fait et fera toujours le tourment des écrivains, qui sera toujours leur «enfer»,--leur «paradis» étant de rêver à leur œuvre et de l'exécuter en imagination, et leur «purgatoire» de la coucher par écrit,--pour peu qu'ils aient la haine de l'à peu près, la passion de l'exactitude, de l'ordre et de la clarté. «Je me soucie moins que vous ne pourriez croire du succès de mes ouvrages, écrivait lord Byron à son imprimeur Murray, _mais la moindre faute de typographie me tue_... Corrigez donc si vous ne voulez me forcer à me couper la gorge.» (_Ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 304.) Nous dirons seulement aux auteurs qu'une écriture bien lisible et soignée n'est pas toujours, comme on serait tenté de le croire, une garantie du bon travail de l'imprimeur: _au contraire_, paraît-il. Un manuscrit artistement calligraphié ou seulement d'une parfaite lisibilité exige moins d'attention de la part du compositeur, qui souvent alors compose «à vue de nez». Cette opinion est confirmée par l'auteur anonyme d'un petit _Manuel du libraire_, qui adresse, après Gilles Ménage, cet «Avis aux auteurs»: «Si vous voulez qu'il n'y ait point de fautes dans les ouvrages que vous ferez imprimer, ne donnez jamais de copies bien écrites, car alors on les donne à des apprentis, qui font mille fautes; au lieu que si elles sont difficiles à lire, ce sont [les bons ouvriers ou] les maîtres qui y travaillent eux-mêmes». (_Manuel du libraire, du biblioth. et de l'hom. de let._, par un libraire. Paris, Emler, 1828, p. 142. Cf. aussi CRAPELET, _loc. cit._, pp. 289-290.) Henri de Latouche, l'auteur de _Fragoletta_, partageait l'avis de Gilles Ménage, et il affirme également que «plus le manuscrit sera clair et lisible», moins le compositeur y apportera d'attention. (Cf. CRAPELET, _ibid._) Ajoutons encore que, tout en traitant ces assertions de paradoxes, l'érudit imprimeur G.-A. Crapelet, un des écrivains qui ont le mieux connu tous les détails de la typographie et qui en ont le mieux parlé, les confirme et les appuie de sa haute autorité. «... La nécessité où se trouve l'ouvrier d'apporter une attention soutenue à la lecture des manuscrits de cette espèce (mal écrits et surchargés de ratures et de renvois) donne à sa composition un certain degré d'exactitude et de correction, quelquefois surprenant.» (_Loc. cit._, pp. 264 et 290.) Rappelons enfin, pour ne décourager personne, que la perfection, typographique ou autre, n'est pas de ce monde, et qu'_il n'existe aucun livre sans faute_, typographiquement parfait. «Un livre sans faute est une chimère...» (CRAPELET, _loc. cit._, p. 222.) _Typographica ars nimis est erroribus obnoxia._ (ANGE ROCCA, _ap._ CRAPELET, _loc. cit._, p. 221.) Ainsi le _Virgile_ in-folio, imprimé au Louvre par Pierre Didot en 1798, et qui, comme le _Racine_ de la même provenance, est réputé un des chefs-d'œuvre de la typographie, contient un j dont le point manque, s'est détaché à la pression. (Cf. A-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 858-859.)

[236] N'avoir pas de correcteurs, ou n'en employer que d'incapables, a été réputé _crime en matière d'imprimerie_ par le philologue italien, bibliothécaire du Vatican, Ange Rocca, mort en 1620. (Cf. CRAPELET, _loc. cit._, p. 176.)

[237] _L'Art de former une biblioth._ pp. 81-82.

[238] Crapelet observe que cette anecdote bien connue n'a pas grand fondement. «On rapporte, écrit-il, que Robert Estienne exposait des épreuves devant sa maison, voisine du Collège de Beauvais, et des Écoles du Droit Canon, situées rue Saint-Jean-de-Beauvais, et qu'il donnait une récompense aux écoliers qui y découvraient des fautes. Si ce moyen a été employé par Robert Estienne, il n'a pu lui sauver que des incorrections très légères, car ce savant imprimeur avait lu et relu ses épreuves avant de les exposer, et les écoliers n'étaient pas de force à découvrir des fautes graves après la lecture d'un homme aussi habile et aussi exercé dans ce genre de travail. D'ailleurs le fait en lui-même, qui n'est rapporté que comme un on-dit par Jans. Almeloveen, dans sa _Dissertatio de Vitis Stephanorum_, me paraît fort douteux, et pourrait bien n'être qu'une fiction pour enseigner qu'on ne saurait prendre trop de précautions pour assurer la correction des livres.» (CRAPELET, _loc. cit._, pp. 213-214.)

[239] _Histoire de France_, t. IX, la Renaissance, chap. XI, p. 299 (Paris, Marpon et Flammarion, 1879). Cf. aussi LAROUSSE, _loc. cit._, art. Estienne (Robert).

[240] On appelle _titre courant_ le titre, soit de l'ouvrage, soit des chapitres, qui se trouve répété et «court», pour ainsi dire, au sommet des pages. On distingue encore, comme nous allons le voir (page suivante, note 241), trois autres espèces de titres: le _faux titre_, le _titre_ ou _grand titre_, et le _titre de départ_.

[241] C'est cependant ce que font souvent les imprimeurs anglais: ils numérotent toutes les pages, excepté celles des _trois titres par lesquels tout livre débute généralement_: 1º _faux titre_ (la toute première page du livre: le titre, ordinairement abrégé, et sans nom d'auteur, est placé au milieu de cette page); 2º _titre_ proprement dit, ou _grand titre_ (titre complet, avec le nom de l'auteur, et, au bas de la page, le nom et l'adresse--la _firme_--de l'éditeur; le grand titre portait aussi autrefois le nom de _frontispice_: ce nom est aujourd'hui réservé aux titres ornés de vignettes ou d'encadrements, ou encore à la gravure placée en regard du titre--portrait de l'auteur, par exemple,--et dont le sujet se rapporte de près ou de loin à l'ouvrage); 3º _titre de départ_ (placé en haut de la page: c'est sur cette page--la première, à vrai dire,--que commence le texte de l'ouvrage);--excepté ces feuillets de début, toutes les pages de l'intérieur du volume, les pages de titre d'article et les belles pages comme les autres, sont foliotées: voir _Encyclop. britannica_, t. III, p. 173 (let. B); t. VI, p. 756 (let. D); t. VII, p. 588 (let. E), etc. Ces belles pages n'ont pas de titre courant, et leur folio se trouve placé au sommet médial. L'effet de ce foliotage n'est nullement désagréable à l'œil.

[242] F. SARCEY, _Gare à vos yeux!!_ préface, p. V. (Paris, Ollendorff, 1884).--«MM. H. Griffing et Shepherd J. Franz étudient depuis un certain temps l'influence que peuvent avoir, sur la facilité de la lecture, le format, le dessin des caractères d'imprimerie, l'intensité de la lumière, sa qualité, celle du papier, l'interlignage (c'est-à-dire l'espacement des lignes d'impression). Ils arrivent à cette conclusion que l'élément principal de la fatigue visuelle, ce sont les dimensions des caractères: il ne faudrait jamais employer des caractères de moins de 1 millimètre 1/2 de hauteur, et encore la fatigue augmente-t-elle avant même qu'on ait affaire à des lettres d'un format aussi réduit. Par rapport à ce côté de la question, l'éclairage n'est que tout à fait secondaire.» (_La Nature_, 23 juillet 1898, p. 126.)

[243] A propos des formats, p. 90.

[244] In _Musée des familles_, 1er mars 1896, p. 158.

[245] _Ap._ BOUCHOT, _le Livre_, p. 297.

[246] G. NAUDÉ, _loc. cit._, chap. V, p. 70. (Paris, Liseux, 1876.)

[247] _Loc. cit._, chap. VIII, p. 98

[248] ED. TEXIER, _ap._ MOURAVIT, _le Livre_, p. 220.

[249] LESNÉ, _loc. cit._, p. 113.

[250] _Ap._ MOURAVIT, _loc. cit._, p. 209.

[251] _Ibid._ C'est à peu près ce que dit aussi JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 139: «Un bibliophile ne conserve pas les livres qu'on lit une fois, mais seulement ceux qu'on _relit_ avec plaisir, et que, par conséquent, on _relie_ plus ou moins richement.»

[252] CHARLES BLANC, _Grammaire des arts décoratifs_, la Reliure, p. 342.--Cf. _infra_, chap. IX, p. 322.

[253] «Ce genre de reliure... permet au livre de se tenir ouvert sur une table ou sur un pupitre, parce qu'on a supprimé la résistance qu'oppose le dos de la couverture quand il adhère aux cahiers.» (ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, t. IV, p. 66.)

[254] S. LENORMAND et MAIGNE, _Manuel du relieur_ (Manuels Roret), p. 64.--«... Ouvrir complètement le volume, et à plat, ce qui ne peut se faire avec les livres reliés.» (Dr GRAESEL, _Manuel de bibliothéconomie_, p. 373.) C'est en grande partie pour ce motif, afin que le livre puisse mieux s'ouvrir, que nous conseillons, pour les volumes inférieurs à l'in-8, le cartonnage bradel.

[255] La largeur du format, voilà surtout ce qui, avec la flexibilité de la garniture du dos, permet au livre de s'ouvrir aisément et de rester de lui-même ouvert. Exemple: un volume oblong, un album. Prenez, au contraire, un livre de format étroit, comme les in-12 elzevieriens (in-12 couronne: 0,09 × 0,157) de certaines collections modernes: relié, il est indispensable de tenir ce petit volume à la main pour qu'il demeure ouvert, et il a toujours tendance à se refermer de lui-même, comme mû par un ressort. C'est que, dans le premier cas, le cas de l'album, la feuille étant plus large pèse davantage sur son extrémité libre, retombe d'elle-même, et oppose ainsi un contrepoids supérieur à la résistance de la couture et du dos; dans le second cas, pour l'étroit petit elzevier, c'est cette résistance qui l'emporte. Remarquons aussi que plus le papier est fort et rigide, plus la résistance du dos est énergique. Le papier des anciens petits elzeviers était du papier de fil, souple et peu épais: aussi ces gracieux petits volumes sont-ils autrement maniables et «complaisants» que les prétendus elzeviers modernes à papiers rigides.

[256] CHARLES BLANC, _loc. cit._, p. 337.

[257] _Loc. cit._, p. 337.

[258] Cf. BLANCHON, _l'Art et la Pratique en reliure_, p. 18.

[259] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 17.

[260] Cf. BLANCHON, _loc. cit._, p. 18; et S. LENORMAND et MAIGNE, _loc. cit._, p. 73.--Sur les reliures en cuir de Russie, cf. _infra_, chap. IX, pp. 368 et 369.

[261] Sur la fabrication et l'emploi du parchemin, voir de curieux renseignements dans LECOY DE LA MARCHE, _les Manuscrits et la Miniature_, pp. 27-36. Voir aussi MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 377-378; et BLANCHON, _loc. cit._, p. 18.

[262] Cf. _supra_, chap. II, p. 55.

[263] Chap. II, p. 56.

[264] Cf. MAIRE, _loc. cit._, p. 340.

[265] «A Venise, à Florence... Voilà le vrai berceau de la reliure... Les plus beaux exemplaires des reliures de ce temps se trouvaient dans la bibliothèque du célèbre bibliophile italien Maoli (Maïoli), qui a dû vivre de 1510 à 1560...» (BLANCHON, _loc. cit._, p. 117.) «Au commencement du XVIe siècle, les Italiens trouvent une voie nouvelle sous l'influence des Aldes, qui avaient probablement joint à leur imprimerie un atelier de reliure. Venise fut alors pour l'Italie l'école de la reliure, et, pour la première fois, les motifs en plein or des Aldes servirent de remplissages dans les premières reliures à entrelacs... L'Italie donne alors le ton à l'Europe. Les reliures à la Salamandre de François Ier, conservées dans nos bibliothèques publiques, sont presque toutes dans le goût italien. Les Italiens furent donc nos initiateurs; mais on ne saurait méconnaître toutefois la grande part qu'ont eue, dans l'histoire de l'art et de la reliure en particulier, les artistes français de la Renaissance, notamment Nicolas Ève et son fils Clovis, célèbres libraires-relieurs de Henri III et de Henri IV.» (SPIRE BLONDEL, _l'Art intime et le Goût en France_, pp. 318-319.)

[266] Déjà au XVIe siècle, malgré la vogue de Venise, BONAVENTURE DES PERIERS faisait dire à Mercure, au début de son _Cymbalum Mundi_ (p. 304. Paris, Delahays, 1858. Nouv. édit. avec des notes et une notice par P. L. JACOB, bibliophile [Paul Lacroix]): «Où est-ce que l'on relie le mieux? A Athènes (_id est_ en France, à Lyon, d'après le bibliophile JACOB, _ibid._), en Germanie, à Venise ou à Rome? Il me semble que c'est à Athènes.» C'est ce qui a permis au comte DE LABORDE d'avancer que «la Reliure est un art tout français». (_Le Palais Mazarin_, _ap._ P. L. JACOB, _Mélanges bibliogr._, p. 1.) «La _reliure d'art_ française occupe la première place en Europe, et, à l'appui de ce que nous avançons, nous pourrions citer les prix toujours plus hauts qu'atteignent, dans les ventes, non seulement les reliures anciennes, mais aussi les travaux modernes.» (BLANCHON, _loc. cit._, avant-propos, p. V.)