Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir
Part 31
[154] LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII, p. 150, col. 3.--Ajoutons qu'on se sert actuellement en Angleterre d'un papier également très mince, analogue au papier pelure, mais suffisamment opaque pour supporter l'impression. Il est connu sous le nom de _papier indien_, et sort de la papeterie de l'Université d'Oxford (à Wolvercote, près d'Oxford). Par son peu d'épaisseur, son extrême ténuité, ce papier convient particulièrement aux livres dont on a besoin de réduire le plus possible la masse et le poids (volumes contenant un très grand nombre de pages et qu'on ne peut scinder; dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vade-mecum, etc.). Le papier indien d'Oxford, qu'on cherche en ce moment à propager en France, est malheureusement d'un prix assez élevé.
[155] LECLERC, _loc. cit._, p. 551.
[156] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 307.
[157] ID., _ibid._
[158] ID., _loc. cit._, p. 308.
[159] Numéro du 12 juillet 1900, p. 398. Voir aussi numéro du 29 novembre 1900, p. 633.
[160] In _la Nature_, 29 décembre 1894, p. 74.
[161] C'est à peu près ce qu'a dit l'éminent administrateur de notre Bibliothèque nationale, M. LÉOPOLD DELISLE, dans son discours d'ouverture du Congrès international des Bibliothécaires, tenu à Paris en 1900: «C'est par milliers qu'il faut compter les volumes modernes que la mauvaise qualité du papier a voués fatalement à une mise hors d'usage dans un avenir plus ou moins rapproché.» (_Courrier des bibliothèques_, 28 février 1901, p. 52.)
[162] _Revue biblio-iconographique_, in _Intermédiaire des cherch. et cur._, 15 février 1900, col. 275-278. On a proposé aussi, dans une intention analogue, de demander aux ministères et établissements publics de ne comprendre sur leurs listes d'achat que les ouvrages tirés sur bon papier et convenablement édités.
[163] _Cosmos_, Revue des sciences et de leurs applications, 15 septembre 1900, p. 320; et _Revue biblio-iconographique_, avril 1901, pp. 206-207.--Le _Mémorial de la librairie française_, 29 août 1901, p. 492, indique le procédé suivant pour distinguer du papier confectionné à la machine le papier fabriqué à la main: «Découper des rondelles de six à huit centimètres dans le papier à essayer et faire ensuite flotter ces rondelles sur l'eau d'une cuvette: le papier à la machine s'enroulera de deux côtés dans la direction du centre de la rondelle, tandis que les rondelles du papier à la main se relèveront en forme de bords d'assiette.»
[164] LITTRÉ, _Dictionn._, art. Format.
[165] _Dictionn._, art. Tome.
[166] Cf. L. DELISLE, _Instructions élémentaires et techniques pour la mise et le maintien en ordre des livres d'une bibliothèque_, p. 14.
[167] L. DELISLE, _loc. cit._, p. 14, n. 1.
[168] _Loc. cit._, p. 297.
[169] Voir sur ce mot _infra_, pp. 107-109
[170] Cf. _Catalogue de la librairie Hachette_, Littérature générale, février 1901, p. 41: «_Histoire de la littérature française..._, 5e édition... (_Vingt-cinquième mille_)..., par M. G. Lanson...»
[171] Bien que nous ne nous occupions pas des livres rares et des curiosités de bibliophiles, quelques renseignements sommaires sur les incunables ne paraîtront sans doute pas ici superflus.
On appelle _incunables_ (du latin _incunabulum_, berceau), ou encore, mais plus rarement, _paléotypes_ (παλαιός, ancien, et τύπος, modèle, type), les livres imprimés depuis l'origine de l'imprimerie (1450 environ) jusqu'en l'an 1500 inclusivement.
Les incunables ont pour caractères distinctifs:
1º L'épaisseur, l'inégalité et la teinte jaunâtre du papier.
2º L'irrégularité et la grossièreté des caractères typographiques, très frappantes notamment dans les types romains sortis des presses italiennes; mais ces défauts ne subsistèrent pas longtemps et les caractères acquirent bientôt un degré de perfection qui n'a pas été surpassé.
3º L'absence de signes de ponctuation.
4º L'absence de _signatures_, de _réclames_ (voir _infra_, pp. 70 et 78-79, la signification de ces mots), de pagination, et, dans les plus anciens incunables, de _registre_, c'est-à-dire de la table indicatrice des cahiers composant l'ouvrage: ces cahiers étaient indiqués par les premiers mots de leur première page.
5º L'absence de titre séparé ou frontispice (Frontispice: «Titre orné de figures gravées ou imprimées»). [LITTRÉ.] (Voir _infra_, pp. 115-116.): le titre, ou plutôt le sujet du livre, se trouvait énoncé au début du texte, dans ce qu'on nomme la _suscription_ ou l'_incipit_; c'est par ce dernier mot, ou par son équivalent: _Cy commence..._ que commençait le plus souvent le texte.
6º L'absence du nom de l'imprimeur, du lieu et de la date de l'impression: ces indications ne tardèrent pas à figurer à la dernière page des volumes dans un paragraphe final appelé _souscription_ ou _explicit_ (qui signifie finit, se termine, est déroulé; sous-entendu le mot volume, et par allusion aux anciens manuscrits, qui avaient la forme de rouleaux: c'est par ce mot _explicit_ ou _Cy finist..._ que ce dernier paragraphe commençait d'ordinaire), opposé à _suscription_ et à _incipit_; la souscription porte aussi les noms d'_adresse_ et de _colophon_ (κολοφών, achèvement). M. BOUCHOT (_le Livre_, pp. 33, 36, 56, 103) et après lui M. ROUVEYRE (_Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit., t. II, p. 204) emploient aussi dans ce sens le mot _signature_, qui, en bibliographie, désigne spécialement les lettres ou chiffres placés en pied de la première page de chaque feuille, et peut, par conséquent, prêter ainsi à confusion.
7º La quantité d'abréviations: un _z_ pour la conjonction _et_; une sorte de 3 ou de 9 pour la particule latine _cum_ ou la particule française _con_, et pour la finale de certains mots: _neqʒ_, _neque_; _quibʒ_, _quibus_; _no9_, nous; _vo9_, vous; etc.; le _q_ avec la partie inférieure traversée par un trait en forme de croix pour signifier _quam_ ou _quod_; la fréquente suppression de certaines lettres: _bōs_ pour bons, _presēt_ ou même _pr̅s̅t_ pour présent, _leq̄l_ pour lequel, _Dn̄s_ pour _Dominus_, etc. Ces modes d'abréviation provenaient des manuscrits, où ils étaient en nombre bien plus considérable encore. Une partie des syllabes, parfois toutes les lettres d'un mot, sauf la première, étaient supprimées. Ainsi, dans un manuscrit connu sous le nom de _Virgile d'Asper_, qu'on date du XIe siècle et actuellement à la Bibliothèque nationale, le texte est écrit de telle sorte qu'il faut, pour le lire, le connaître par cœur. Le premier vers des _Bucoliques_ y est représenté sous cette forme:
Tityre, t. p. r. s. t. f.
pour:
Tityre, tu patulæ recubans sub tegmine fagi.
Ces abréviations, où une ou deux lettres initiales servent à exprimer un mot entier, portent le nom de _sigles_ (de _siglæ_, contracté de _singulæ_: _singulæ litteræ_. Les sigles étaient très fréquemment usités non seulement dans les manuscrits, mais dans les inscriptions lapidaires, sur les médailles, etc. Quant aux _notes tironiennes_, ce sont aussi de simples lettres, initiales ou médianes, employées pour figurer des mots entiers et abréger l'écriture. Ce nom vient de Tullius Tiro, affranchi de Cicéron, qui perfectionna ce système de sténographie. (Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 46 et suiv.).
8º La rareté des alinéas et des chapitres.
9º L'absence de lettres capitales au commencement des chapitres ou divisions: dans les premiers temps, les imprimeurs laissaient en blanc la place de ces grandes lettres, qui étaient mises à la main par des calligraphes et _rubricateurs_ (_rubricare, rubrum facere_ [Ducange], peindre en rouge; de _rubrica_, rubrique, sanguine, craie rouge, etc.).
10º Des traits obliques au lieu de points sur les _i_.--Etc.
Les anciens imprimeurs avaient tous des _marques_ typographiques, allégoriques le plus souvent, dont ils ornaient les titres et frontispices de leurs livres. Beaucoup d'éditeurs d'aujourd'hui ont des marques analogues, monogrammes ou vignettes, qu'ils placent au-dessus de leur _firme_ (de l'angl. _firm_ [du bas-latin _firma_, convention], maison de commerce, raison sociale. DAUPELEY-GOUVERNEUR, in _le Compositeur et le Correcteur typographes_, p. 180, écrit à tort «le firme»; ce mot est du féminin: cf. LITTRÉ, _Dictionn._, Supplément), c'est-à-dire du nom et de l'adresse de leur maison.
Il n'est pas inutile non plus de connaître les principales de ces marques des anciens imprimeurs:
Les Alde Manuce avaient pour marque une _Ancre_, autour de laquelle était enroulé un dauphin;
Les Elzevier, un _Arbre_ ou une _Minerve_;
Rigault avait pour emblème un _Arrosoir_;
Wechel, un _Caducée_;
Nicolas Chesneau, un _Chêne_;
Nivel et Cramoisy, une _Cigogne_;
Les Plantin, un _Compas_;
Lean Lecoq, un _Coq_;
Etienne Dolet, une _Doloire_ (sorte de hachette);
Antoine Vérard, un _Écusson_ fleurdelisé supporté par deux anges;
Simon de Colines, des _Lapins_;
Simon Vostre, deux _Léopards_ à tête de lévrier;
Jehan Ghèle, des _Lévriers_;
Thielman Kerver, deux _Licornes_;
Galiot du Pré, une _Galée_ ou _Galère_;
Les Gryphe, un _Griffon_;
Philippe Le Noir, trois _Nègres_;
Robert Estienne, un _Olivier_;
Guiot Marchant, une _Portée de plain-chant_ et _deux Mains entrelacées_;
Geoffroy Tory, un _Pot cassé_;
Vascosan, une _Presse typographique_;
Gilles Corrozet, une _Rose dans un Cœur_;
Philippe Pigouchet, deux _Sauvages_ (homme et femme);
Ulrich Gering, un _Soleil_;
Jehan Temporal, le _Temps_ armé de sa faux;
Etc., etc.
(Cf. SILVESTRE, _Marques typographiques..._;--P. DELALAIN, _Inventaire des marques d'imprimeurs et de libraires_;--BRUNET, _Manuel du libr._, principalement t. V, col. 1569 et suiv.;--A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 736 et suiv.;--E.-D. GRAND, _Grande Encyclop._, art. Bibliographie, t. VI, pp. 598 et suiv.;--etc. Voir surtout le grand ouvrage de Mlle PELLECHET, «chef-d'œuvre de la nouvelle école bibliographique», a dit M. L. DELISLE (_Catalogue général des livr. imprim. de la Biblioth. nation._, Introduction, t. I, p. LXXVI), _Catalogue général des incunables des bibliothèques de France_, dont le tome I a paru chez A. Picard en 1897.
[172] On appelle _feuillet_ «chaque partie d'une feuille de papier formant deux pages», recto et verso (Littré). La feuille, par conséquent et comme on va le voir, donne toujours un nombre de pages double du chiffre indicatif du format.
[173] Voir sur ces termes _supra_, p. 44.
[174] «Lorsque _in-4_, _in-8_, _in-12_, etc., sont abrégés, on ne les fait pas suivre d'un º supérieur.» (_Règles typographiques..._ _Hachette_, p. 51.) «L'usage moderne, que nous adoptons, préfère supprimer l'º dans _in-4_ et _in-8_.» (DAUPELEY-GOUVERNEUR, _loc. cit._, p. 101.) Voir aussi LECLERC, _Typographie_, p. 162.
[175] L'in-24 est un format «assez incertain et qu'on peut confondre avec l'in-32. Pour le déterminer sûrement, il faut voir si la _signature_ se trouve à la page 49 ou à la page 65.» (J. COUSIN, _loc. cit._, p. 97.) Si elle se trouve à la page 49 (48 + 1), le format est in-24; à la page 65 (64 + 1), il est in-32.
[176] Cela est si vrai que, depuis quelque temps, de fortes maisons d'édition, la maison Hachette, entre autres, ont imaginé d'employer, pour les ouvrages qu'elles font tirer à très grand nombre, des papiers d'un format particulier et de vastes dimensions, dit format _drap de lit_, dont chaque feuille peut contenir, par exemple, 96 pages in-8 cavalier. Grâce à une _imposition_ spéciale (c'est-à-dire au rangement dans la forme ou châssis des pages composées et prêtes à être tirées, rangement effectué dans un ordre particulier, de façon qu'après l'impression et le pliage ces pages se suivent selon leurs numéros d'ordre), on n'a ensuite qu'à sectionner ces grandes feuilles _drap de lit_ et à procéder au pliage: on obtient pour chacune d'elles six feuilles in-8 (96 pages = 16[ = 8 × 2] × 6), portant toutes leur respective _signature_ et paraissant avoir toujours été séparées, indépendantes les unes des autres.
[177] C'est ce que demande M. Édouard Rouveyre (voir _infra_, p. 85), et ce qui se fait sur les fiches dressées selon les règles de la classification décimale (voir chap. VIII, _De la classification_, p. 313).
[178] _Barêmes ou Devis de travaux de reliure_, Annexe: Tableau des formats en usage dans la librairie française.--Ce tableau, où sont tracées les dimensions de la plupart des formats, offre un bon moyen de déterminer immédiatement le format d'un livre; il suffit d'appliquer les bords de ce livre sur les lignes délimitatrices du format qui s'y rapporte: le nom et les dimensions sont inscrits sous l'une de ces lignes. Je dois prévenir néanmoins que les chiffres donnés par M. Bosquet ne sont pas toujours théoriquement exacts.
[179] Les chiffres de ce tableau sont obtenus de la manière suivante, qui est des plus simples. Il suffit de diviser les dimensions de la feuille de papier (dimensions qui sont inscrites respectivement en tête de chaque colonne) par le nombre des plis de cette feuille dans le format que l'on veut déterminer. Ainsi la feuille colombier ayant pour dimensions 0,63 × 0,90, et la feuille in-folio étant pliée en 2 une seule fois, pour connaître la dimension du format _in-folio colombier_, on divisera par 2 le nombre 0,90, et l'on aura: 0,63 × 0,45, ou, puisque, comme nous l'avons dit p. 52, il est de règle de placer le plus petit nombre le premier: 0,45 × 0,63. La feuille in-4 étant pliée en 2 d'un côté et en 2 de l'autre (4 = 2 × 2), le format _in-4 colombier_ sera de (0,63 ÷ 2 et 0,90 ÷ 2) 0,315 × 0,45. La feuille in-8 étant pliée en 4 d'un côté et en 2 de l'autre (8 = 4 × 2), le format _in-8 colombier_ sera de (0,90 ÷ 4 et 0,63 ÷ 2) 0,225 × 0,315. La feuille in-12 étant pliée en 4 d'un côté et en 3 de l'autre (12 = 4 × 3), le format _in-12 colombier_ sera de (0,63 ÷ 4 et 0,90 ÷ 3) 0,158 × 0,30. Si, par hypothèse, cette feuille in-12 était pliée en 6 d'un côté et en 2 de l'autre, on calculerait de même ces nouvelles dimensions. La feuille in-18 étant pliée en 6 d'un côté et en 3 de l'autre (18 = 6 × 3), on aura pour le format _in-18 jésus_ (0,70 ÷ 6 et 0,55 ÷ 3) 0,117 × 0,183; etc. Pour tout ce qui touche les différents modes de pliage des feuilles et le nombre de ces modes, ou, ce qui revient au même, les différentes dispositions des pages dans les châssis selon les formats, c'est-à-dire l'_imposition_, voir TH. LEFEVRE, _Guide pratique du Compositeur_, t. I, pp. 299-418, où se trouvent de nombreux tableaux graphiques d'impositions. Voir aussi DARUTY DE GRANDPRÉ, _Vade-mecum du biblioth... Instruction raisonnée sur le format des livres_, pp. 27-64.--Nous rappelons ce que nous avons dit p. 53 (Tableau des papiers) que le format actuel de la couronne servant aux _labeurs_ (impressions de livres) est un peu plus grand (0,37 × 0,47) que celui de la couronne destinée aux cahiers et registres (0,36 × 0,46).
[180] Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 327.
[181] Au début de l'imprimerie, l'_imposition_ était des plus simples, ou plutôt elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par suite des petites dimensions des presses, on ne pouvait tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs suivaient donc l'exemple des copistes; ils pliaient en deux un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la feuille 1 était formée des deux premières pages et des deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille 2, composée des pages 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1; et la feuille 3, comprenant les pages 5, 6, 7 et 8, entrait dans la feuille 2. Ce premier cahier portait pour signature, au bas, à droite, la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement pour signatures les lettres B, C, D... En outre, afin d'éviter les confusions et de faciliter le placement des feuilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées d'un numéro d'ordre en chiffres romains, placé à côté de la signature. Ainsi la 1re page du premier cahier portait Aj; la 3e page Aij; la 5e Aiij; la 7e Aiv. On avait de même pour le deuxième cahier: Bj, Bij, Biij, Biv, etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi les chiffres arabes: A, A2, A3, A4, etc. (Cf. LECLERC, _loc. cit._, p. 285; et DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 25, n. 1.)
[182] Certains _cartons_ ou _encarts_, plus longs que larges, «formant une bande relativement étroite», portent le nom de _feuilletons_. (DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, p. 20.) On donne encore le nom de _cartons_ à des feuillets supplémentaires d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot: cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, s'appelle _onglet_ (LECLERC, _loc. cit._, p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle (cf. _infra_, chap. V, _De la reliure_, p. 151). Enfin on donne aussi le nom de _cartons_ aux cartes de détail placées dans les angles d'une grande carte géographique.
[183] Pour plus de développements, voir TH. LEFEVRE, _loc. cit._, t. I, p. 433, et chap. IX, Plan des impositions, pp. 299-418;--DESORMES, _loc. cit._, pp. 45 et suiv.;--LECLERC, _loc, cit._, pp. 215 et suiv., et 329 et suiv.;--et DARUTY DE GRANDPRÉ, _loc. cit._, pp. 27-64. Rien que pour le format in-18, Lefevre indique treize modes différents d'imposition; Leclerc en donne sept: 1º en 1 cahier sans coupure; 2º en 1 cahier avec coupure en longueur; 3º en 1 cahier avec coupure en largeur; 4º en 2 cahiers, chacun sans coupure; 5º en 2 cahiers avec coupure et carton dedans; 6º en 3 cahiers, chacun sans coupure; 7º en 3 cahiers avec coupure et carton dedans.
[184] On remarquera que les lettres J et U, qui anciennement se confondaient avec l'I et le V, ne figurent pas parmi les signatures.
[185] Page 197.
[186] _Instruction générale relat. au service des biblioth. universitaires ap._ MAIRE, _loc. cit._, p. 433.
[187] ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 5e édit., t. II, p. 52.
[188] Voir _infra_, chap. VIII, p. 313.
[189] «Au début de l'imprimerie, les formats employés étaient généralement l'in-folio et l'in-quarto, et certains auteurs ont supposé qu'aucun livre, avant 1480, n'avait été imprimé sous un format plus petit.» (Trad. de l'_Encyclop. Britannica_, t. III, p. 652, col. 1.) Néanmoins, PEIGNOT, dans son _Dictionnaire raisonné de bibliologie_, art. Format, mentionne des éditions des plus petits formats antérieures à 1480; mais on peut considérer ces «petits livres» comme des exceptions.
[190] Cf. LALANNE, _Curiosités bibliogr._, p. 293.
[191] ID., _Ibid._
[192] BOUCHOT, _le Livre_, p. 110.
[193] Cf. BOUCHOT, _ibid._;--LECLERC, _loc. cit._, p. 289. En 1513, le pape Léon X accorda à Alde Manuce un privilège analogue d'une durée de quinze ans, «... sous les peines d'excommunication et d'amende de cinq cents ducats d'or envers les contrefacteurs». (CRAPELET, _Études prat. et litt. sur la typographie_, t. I, pp. 65-66.)
[194] _Loc. cit._, p. 170.
[195] LALANNE, _loc. cit._, p. 293.
[196] Tome II, p. 130.
[197] _Loc. cit._, t. II, p. 421.
[198] Constantin est moins exclusif. «Celui, écrit-il, qui veut se former une bibliothèque de quelques centaines de volumes seulement, fera bien de les prendre tous du même format. Une pareille collection d'une reliure de bon goût, et renfermée dans un corps de bibliothèque élégant, fait un très joli objet d'ameublement, et est d'un usage commode. Il n'est pas difficile de trouver dans la librairie un bon choix d'ouvrages de 300 à 800 volumes imprimés d'une manière uniforme, in-8, in-12 ou in-18.» (_Bibliothéconomie_, p. 48.)
[199] _Loc. cit._, p. 294.
[200] Cf. WERDET, _De la librairie française_, p. 177.
[201] Voir sur ces termes _infra_, p. 107.
[202] Nous rappelons ce que nous avons dit p. 76, que nous entendons toujours par in-18 l'in-18 jésus (0,117 × 0,183), et par in-8 l'in-8 cavalier (0,155 × 0,23).
[203] Cf. BOLLIOUD-MERMET, _De la bibliomanie_, pp. 48-49 (Paris, Jouaust, s. d.). Cette référence est indiquée par Mouravit, mais il est à noter que le texte de l'opuscule de Bollioud-Mermet, en cet endroit ou ailleurs, ne se rapproche que bien vaguement de la remarque de Mouravit sur le choix et la convenance des formats.
[204] MOURAVIT, _loc. cit._, p. 197.
[205] Cf. _supra_, pp. 87 et suiv., les appréciations que nous avons citées à propos de l'in-8, et les motifs qui nous font préférer l'in-18.
[206] LECLERC, _loc. cit._, p. 288.--Nous avons déjà noté plus haut (p. 76) que certains in-12, in-16 et in-18 ont les mêmes dimensions, et peuvent être considérés comme «synonymes». Inutile de faire observer que, dans les deux citations précédentes de Mouravit et de M. Leclerc, les formats mentionnés manquent de précision, qu'il eût été bon de dire de quel in-4, de quel in-8, in-12, in-16, etc., il s'agit, puisqu'un in-4 peut être plus petit qu'un in-8 (in-4 écu < in-8 colombier), un in-8 plus petit qu'un in-12, etc. (voir _supra_, p. 76 et le tableau de la page 77). Mais, encore une fois, l'usage est fréquent de désigner les formats par le nombre seul des plis de la feuille, sans faire connaître les dimensions de cette feuille, la _sorte_ de papier employée: jésus, raisin, colombier, etc., et de ne donner ainsi de ces formats qu'une idée approximative.
[207] L'invention du point typographique est due à Pierre-Simon Fournier, _alias_ Fournier le Jeune (vers 1737); mais la mesure initiale dont s'était servi cet imprimeur et graveur était conventionnelle, partant sujette à discussions et à erreurs (cf. LECLERC, _Typographie_, pp. 40 et 42). Le «point Fournier» fut modifié en 1753 par F.-Ambroise Didot, qui prit pour base la mesure légale d'alors, le _pied de roi_, dont il divisa la ligne en six parties égales, en six points. Un caractère d'imprimerie ayant exactement pour longueur ces six points se nomme le _six_; s'il a un point de plus, c'est-à-dire sept points, le _sept_; huit points, le _huit_; etc. (Cf. A.-F. DIDOT, _Encyclop. moderne_, art. Typographie, t. XXVI, col. 846.)--C'est Fournier le Jeune qui a dit que «la théorie d'un art si utile (l'imprimerie) ne devrait être ignorée d'aucun de ceux à qui l'usage des livres est familier», et qu'«il serait à souhaiter que tout homme de lettres fût en état de juger sainement de la mécanique de ses productions.» (_Manuel typographique_, t. I. p. IX.)
[208] LECLERC, _loc. cit._, p. 48.
[209] ID., _ibid._, p. 46.