Une bibliothèque L'art d'acheter les livres, de les classer, de les conserver et de s'en servir

Part 30

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[66] _De l'éducation qu'on se donne à soi-même_, in _Revue des Cours littér._, t. III, 24 mars 1866, pp. 281-288. Voir aussi d'ÉD. LABOULAYE une conférence sur les _Bibliothèques populaires_, _loc. cit._, 30 décembre 1865, pp. 83-88; et in _Revue des Deux Mondes_, 1er septembre 1859, pp. 212-224, un très intéressant article sur _la Manie des livres, à propos d'un catalogue_ (le catalogue de la bibliothèque du trop fameux «collectionneur» G. Libri).

[67] _Poésies_, t. I, préface, p. 7. (Paris, Lemerre, 1890.) Cf. PONSARD, _l'Honneur et l'Argent_, III, VI:

L'art, ce consolateur des misères humaines!

[68] Remarquons en passant que Sainte-Beuve a soin d'écrire Lettres (dans le sens de connaissances que procure l'étude des livres) avec une majuscule: homme de Lettres, gens de Lettres, la république des Lettres, les Belles-Lettres, etc. (Cf. _Caus. du lundi_, 3e édit., t. VI, pp. 463 et 474; t. VIII, p. 112; etc., etc.)

[69] _Caus. du lundi_, t. XV, p. 362.

[70] Tome III, pp. 54-55.

[71] Ils font partie de l'_Épître à Horace_ (1772). (VOLTAIRE, _Œuv. compl._, t. VI, p. 575. Paris, édit. du _Siècle_, 1867-1870.)

[72] Page 410. (Paris, Lemerre, 1889.)

[73] _Grammaire des arts décoratifs_, p. 336. (Paris, Laurens, s. d.)

[74] Cette même sentence se rencontre sous la plume d'un autre historien, critique et polygraphe, M. JULES CLARETIE, et avec les légitimes restrictions suivantes: «_Dis-moi ce que tu lis, et je te dirai qui tu es._ L'axiome peut être vrai pour un particulier qui choisit selon ses goûts, pour un amateur qui se compose une bibliothèque comme on composerait un bouquet... mais la vérité n'est plus stricte lorsqu'il s'agit d'un homme de lettres, tenu à tout garder, après avoir tout lu.» (_Causerie sur ma bibliothèque_, in _Annales littéraires des bibliophiles contemporains_, 1890, p. 5.) C'est dans la même _Causerie_ (p. 21) que se trouve cette très belle profession de foi, que je me reprocherais de passer sous silence: «J'aime les Lettres, je les aime uniquement, profondément, passionnément, et je les aime par-dessus tout. Je les aime sous toutes leurs formes, avec toutes leurs luttes, toutes leurs rancœurs, tous leurs déboires. Elles consolent même des tristesses qu'elles font naître, comme cette lance d'Achille qui guérissait les blessures qu'elle pouvait faire. «La littérature mène à tout, disait Villemain, à la condition qu'on en sorte.» Quel paradoxe! La littérature peut ne mener à rien, mais elle rendra heureux jusqu'à la fin celui qui l'adore, à la condition qu'il n'en sorte jamais.»

[75] Ou le marquis d'Argenson? Dans ses _Mémoires_ (t. V, p. 255.--Paris, P. Jannet, 1857-1858), il s'attribue la même proposition de la même plaisante devise: _Multi vocati, pauci lecti_.

[76] _Ap._ MOURAVIT, _le Livre_, pp. 170-172.

[77] _L'Art de former une biblioth._, pp. 152-153.

[78] Paris, Aug. Aubry, s. d.--LORENZ (_Catalogue général_, t. VI, p. 309) donne 1870 comme date de publication, et ajoute que ce livre n'a été tiré qu'à 200 exemplaires. C'est ce qui en explique le peu de diffusion et la rareté.

[79] Pages 3-4.

[80] _Loc. cit._, pp. 403-404.

[81] _Ibid._, pp. 341-342.

[82] _Ibid._, p. 362.

[83] Cardinal Bessarion, Lettre au doge et au sénat de Venise (1468).--Cf. _supra_, p. 10.

[84] _Bulletin du bibliophile_, 17e sér., p. 323.

[85] _Ibid._, pp. 356-357.

[86] Parmi les écrivains modernes qui ont le mieux célébré le livre et l'amour de la lecture, il nous faudrait citer encore: GOETHE, _Entretiens avec Eckermann_;--ALEXANDRE VINET, _Études sur la littérature française_, etc., et X. DOUDAN, _Mélanges et Lettres_, etc. (deux noms peu connus, mais chers à tous les amis des Lettres);--CHARLES ASSELINEAU, dont l'opuscule _le Paradis des Gens de Lettres_ contient un vrai chant de triomphe du livre;--ERNEST LEGOUVÉ, _l'Art de la lecture_ et _la Lecture en action_;--Mgr LANDRIOT, _Conférences sur l'étude des Belles-Lettres_, etc.;--ANTONY MÉRAY, _les Diverses Façons d'aimer les livres_ (in _Annuaire du bibliophile_, 1861, pp. 142-157);--FRANÇOIS FERTIAULT, _les Amoureux du livre_, sonnets d'un bibliophile; _les Légendes du livre_ (autre recueil de sonnets); _Drames et Cancans du livre_, anecdotes bibliographiques, dont le meilleur chapitre est intitulé: Comment j'aime mes livres;--GABRIEL HANOTAUX, _la Seine et les Quais, promenades d'un bibliophile_;--ALBERT COLLIGNON, _la Vie littéraire_, notes et réflexions d'un lecteur;--etc.

[87] Et tant de fois altérée et faussée, car cette admirable page a eu le sort des _Provinciales_ et des _Pensées_ de Pascal, «qu'on tronque toujours quand on le cite», selon la piquante réflexion de M. FERDINAND BRUNETIÈRE (_Histoire et Littérature_, t. I, p. 314). Comme exemples de ces inexactitudes et déformations, cf. FONTAINE DE RESBECQ, _Voyage litt. sur les quais de la Seine_, p. 134;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. II, pp. 163-164;--etc. Le pieux JEAN DARCHE a fait mieux: il s'est approprié le texte, l'a démarqué et rebaptisé, puis l'a terminé en sermon: «Mais, ô mon Dieu! rien n'est stable en ce monde! et ce sera bien ma faute si... Amen!» (_Essai sur la lecture_, pp. 374-375.)--Cet article de SILVESTRE DE SACY a paru dans le _Journal des Débats_ du 25 octobre 1853, et il fait partie des _Variétés littéraires, morales et historiques_ de cet écrivain (Paris, Didier-Perrin, 1884; 2 vol. in-12; 5e édit.: la 1re édit. est de 1858), t. I, pp. 242-255. «L'article mémorable... chef-d'œuvre de M. de Sacy, a été celui du mardi 25 octobre 1853, sur le _Catalogue de la bibliothèque de feu J.-J. de Bure_.» (SAINTE-BEUVE, _Caus. du lundi_, t. XIV, p. 191.)

[88] Cf. le mot du sage Valincour (1653-1730), à qui Boileau a dédié sa satire XI, sur _l'Honneur_. Ayant perdu sa bibliothèque, détruite par un incendie, Trousset de Valincour répondait à ses amis qui le plaignaient: «Je n'aurais guère profité de mes livres, si je n'avais appris d'eux à m'en passer». (Cf. CHARLES NODIER, _Mélanges tirés d'une petite bibliothèque_, Préface, p. III; et SAINTE-BEUVE, _Caus. du Lundi_, t. XII, p. 465.)

[89] CHEVILLIER, _Origine de l'imprimerie de Paris_, p. 60.

[90] _Loc. cit._, pp. 158-159.

[91] MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 162-163.

[92] Dans son récit _la Nouvelle Ecbatane_, in _Bagatelles_, par le Comité de la Société des Gens de Lettres, p. 302. (Paris, Dentu, 1892.)

[93] Cf. les journaux de février 1896, principalement _l'Événement_ du 19, et _l'Éclair_ du 23 février. Cf. aussi la _Revue scientifique_ du 4 février 1899, pp. 153-154, les _Papiers dangereux_ et leur désinfection. Voici un extrait de ce dernier article: «Le _Bulletin mensuel de l'Œuvre des enfants tuberculeux_ nous apprend que la Caisse d'épargne de Bruxelles vient d'installer un service pour la désinfection des livrets et autres papiers qui affluent dans l'établissement. Tous les documents sont exposés maintenant pendant quelques heures aux vapeurs de l'aldéhyde formique... Mais il est un danger de contamination beaucoup plus grand encore, et dont le public ne semble pas s'émouvoir: c'est celui que présentent les livres des bibliothèques publiques ou des cabinets de lecture. Tel roman populaire, tel bouquin à succès passe par mille ou quinze cents paires de mains, avant d'être absolument trop crasseux ou trop fripé pour être hors d'usage. Dans ce nombre de lecteurs, il y a des convalescents, des malades, des tuberculeux. Or le papier est un excellent véhicule à microbes, et un livre, passant de main en main, peut apporter dans une famille un choix très complet de maladies transmissibles, depuis la rougeole, la scarlatine et la variole, jusqu'au choléra asiatique et la peste, en passant par le typhus, le croup et la diphtérie, la coqueluche, la gale, le charbon, les septicémies, les affections puerpérales et la tuberculose pulmonaire. Il y a là des mesures à prendre d'urgence, et nous nous étonnons que les services compétents n'y aient pas encore songé, d'autant plus que le remède est d'application facile, comme le prouve l'expérience de la Caisse d'épargne de Bruxelles.» Nous reparlerons, dans le chapitre IX, de l'emploi de l'aldéhyde formique (p. 325), et des risques de propagation de la tuberculose par les livres (pp. 371-373).

[94] Larcher, qui travaillait alors à sa traduction d'Hérodote, reçut un jour un ouvrage des plus rares, et précieux pour ses études, que Langlès venait d'acquérir et qu'il s'empressait de lui communiquer. Se retournant vers le porteur du message et lui rendant le livre avec humeur: «Remportez cet ouvrage, dit le docte bibliomane: apprenez que je n'ai pas l'habitude de travailler avec «des livres qui ne sont pas ma propriété». (MOURAVIT, _loc. cit._, pp. 125-126.)

[95] Cf. LALANNE, _loc. cit._, p. 286.

[96] _Le Livre_, p. 264.

[97] GUSTAVE BRUNET, _Fantaisies bibliogr._, p. 293, donne: _Ingratis servare nephas_.

[98] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col 402.

[99] Cf. GUSTAVE BRUMET, _loc. cit._, pp. 271 et 296. De même, M. J. Gomez de la Cortina, dont plusieurs volumes se trouvent à la bibliothèque universitaire de Douai, faisait graver sur le plat de ses livres, au-dessus de ses armoiries: _J. Gomez de la Cortina et amicorum_, et au-dessous: _Fallitur hora legendo_. (Cf. JULES COUSIN, _De l'organisation... des biblioth._, p. 160, n. 1.) Et Jacques Denyau, bibliophile angevin: _Sum Jacobi Denyau et amicorum, non omnium_. (_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 390.)

[100] Cf. PEIGNOT, _Dictionn. raisonné de bibliol._, t. II, p. 361. C'est en l'honneur de Michel Bégon et en souvenir du bon accueil qu'avait reçu de lui le botaniste Plumier que celui-ci donna le nom de _bégonia_ à un genre de plantes d'Amérique.

[101] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401.

[102] Cf. GUSTAVE BRUNET, _Dictionn. de bibliol._, col. 519.

[103] UZANNE, _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I. p. 37.

[104] _Loc. cit._, p. 71.

[105] FERTIAULT, _Drames et Cancans du livre_, p. 264.

[106] _Du prêt des livres_, in _Miscellanées bibliogr._, t. I, pp. 35-40.

[107] UZANNE, _loc. cit._, pp. 38-39.

[108] _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 août 1893, col. 127.

[109] L'épithète est de M. OCTAVE UZANNE, _loc. cit._, p. 36.

[110] Cf. UZANNE, _ibid._;--JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 41;--ÉDOUARD FOURNIER, _l'Esprit des autres_, p. 295 (5e édit.);--_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 juillet 1879, col. 401;--etc.

[111] Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet: JULES JANIN, _l'Amour des livres_, pp. 60-61;--ROUVEYRE, _Connaissances nécessaires à un biblioph._, 3e édit., t. I, p. 92;--YVE-PLESSIS, _Petit Essai de biblio-thérapeutique_, p. 20;--etc. Sur la paternité de Colletet, voir l'_Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 et 25 février 1878, col. 65 et 122. A part une épître _A un jeune Polonais exilé en Sibérie_, Condorcet, qui s'est surtout occupé de science et de politique, n'a jamais écrit de vers.

[112] «Un volume une fois sorti de l'intérieur d'une bibliothèque est exposé à toutes les chances, sinon de perte, du moins de dégradation et d'avarie, de la part des maladroits, des négligents et des malpropres; il ne rentre ordinairement qu'à la volonté de l'emprunteur, qui le garde pendant des années et souvent même tout à fait, parce que le principe que _garder un livre n'est pas un vol_ est malheureusement adopté par beaucoup de personnes.» (CONSTANTIN, _Bibliothéconomie_, p. 68.)

[113] TALLEMANT DES RÉAUX, _Historiettes_, Du Moustier, t. III. p. 139. (Paris, Techener, 1862. 6 vol. in-18.)

[114] _Ap._ JULES JANIN, _loc. cit._, pp. 59-60.

[115] _Loc. cit._, p. 61.

[116] P. L. JACOB (Paul Lacroix), _Mélanges bibliogr._, p. 5.

[117] _Mélanges d'histoire et de littérature_, _ap._ LALANNE, _Curiosités bibliogr._, pp. 302-303.

[118] Cf. JULES RICHARD, _l'Art de former une biblioth._, p. 30; etc.

[119] Page 13.

[120] Page 37.

[121] _Catalogue de la librairie A. Lemerre_, 1899, pp. 20-21.

[122] J. DARCHE, _Essai sur la lecture_, p. 15. Comme nous le verrons plus loin (p. 106), un autre roi de France, Louis XII, usait de la même hyperbole en parlant de l'imprimerie, d'origine «plus divine qu'humaine», elle aussi.

[123] Et cette fabrication ou plutôt ces essais de fabrication multiples remontent assez loin, puisqu'«on voit au British Museum un livre écrit en langue hollandaise et publié en 1772, imprimé sur 72 sortes de papiers provenant d'autant de matières différentes». (CH. LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier.)

[124] _Magasin pittoresque_, avril 1860, p. 135.

[125] Cf. PAUL CHARPENTIER, _le Papier_ (t. X de l'_Encyclopédie chimique_ publiée sous la direction de M. Fremy), _passim_;--DELON, _Histoire d'un livre_, pp. 105 et suiv.;--MAIRE, _Manuel prat. du biblioth._, pp. 371 et suiv.;--ÉMILE LECLERC, _Typographie_ (Manuels Roret), pp. 542 et suiv.;--LAROUSSE, _Grand Dictionn._, art. Papier, t. XII et 2e supplément;--CH. LABOULAYE, _loc. cit._;--etc.; et _passim_, _le Magasin pittoresque_, _la Nature_, la _Revue des bibliothèques_, la _Revue biblio-iconographique_, etc.--«La science a découvert de belles et grandes choses, et elle en a inventé aussi de bien jolies; entre autres, la fabrication rapide du papier à très bon marché. Elle l'extrait aujourd'hui du bois et de la paille; demain, elle le tirera de la houille; elle trouvera bientôt un moyen de le façonner avec la terre où pourriront nos corps. C'est sur cette ordure qu'on vous imprime, et voilà une fameuse leçon pour l'orgueil de nos constructeurs de monuments! Ces feuilles faites avec rien se décomposent en quelques années, se tachent, s'usent, se déchirent, redeviennent poussière et cendre et rentrent avec avidité dans le néant dont elles n'auraient jamais dû sortir.» (PAUL STAPFER, _Quatre Consolations aux auteurs_, in _Bibliothèque universelle_. Lausanne, janvier 1901, p. 111.) Cf. aussi VOLTAIRE, _la Guerre civile de Genève_, poème héroïque, chant IV:

Tout ce fatras fut du chanvre en son temps; Linge il devint par l'art des tisserands, Puis en lambeaux des pilons le pressèrent; Il fut papier: cent cerveaux à l'envers De visions à l'envi le chargèrent; Puis on le brûle, il vole dans les airs, Il est fumée, aussi bien que la gloire. De nos travaux, voilà quelle est l'histoire; Tout est fumée, et tout nous fait sentir Ce grand néant qui doit nous engloutir.

[126] En termes d'imprimerie, on appelle aussi _maculatures_ (du lat. _maculare_, tacher) les feuilles de papier qui ont reçu un excédent d'encre et qu'on a mises au rebut pour servir de sous-main ou d'enveloppe.--LAROUSSE (_Grand Dictionn._, art. Papier, 2e supplément, p. 1671) dit qu'en Angleterre et en Amérique on recueille les vieux papiers «beaucoup plus soigneusement qu'en France», et qu'après un lessivage au sel de soude et autres opérations, on en fabrique un papier «d'excellente qualité».

[127] BOUANT, _Dictionn. des sciences usuelles_, art. Papier.

[128] LECLERC, _loc. cit._, p. 546. Voir aussi _la Nature_, 27 mars 1897, p. 270: «Dans un volume de l'«Encyclopédie Léauté», _les Succédanés du papier_, M. V. Urbain, répétiteur à l'École centrale, montre avec quelle intensité on défriche pour se procurer la pâte à papier. «Pendant le cours de l'année 1895, dit-il, on a constaté que la France et l'Angleterre avaient manufacturé plus de 400 000 tonnes de pâte chimique, avec des bois importés de Suède et de Norvège. Ce chiffre doit attirer l'attention des économistes, car il représente le rendement en cellulose de pins ou de sapins, âgés de trente ans au moins. Un pin de trente-cinq à quarante ans de belle venue ne cube pas plus de 1 mètre cube. Lorsqu'il aura été ébranché, écorcé, etc., il ne pourra donc former plus de 150 kilogrammes de pâte mécanique, propre à la papeterie. Il en résulte qu'un journal à grand tirage absorbe, à lui tout seul, une centaine d'arbres par numéro, en attribuant à son papier moitié de pâte de bois chimique et moitié de pâte de bois mécanique. Dans un demi-siècle, si l'on n'y prenait garde, toutes les forêts d'Europe seraient fauchées et imprimées à fond; le bocage serait sans aucun mystère et les rossignols de muraille seraient le dernier souvenir de leur poétique espèce. Au point de vue statistique, la consommation du papier, dans le monde entier, a atteint, en 1895, 1 500 000 000 de kilogrammes. Le chiffon est devenu une rareté, et il faut recourir à la paille, à l'alfa, à l'aloès et à l'ortie.»

Un article de _l'Illustration_, analysé dans le _Mémorial de la librairie française_ (22 novembre 1900, p. 622), prétend, au contraire, que cette disparition des forêts et leur transformation totale en papier n'est nullement à redouter. «Les forêts du Canada, lit-on dans cet article, sont avec celles de la Sibérie les plus vastes du monde. On les trouve partout, du Pacifique à l'Atlantique, et, se renouvelant tous les vingt ans, elles sont pour ainsi dire inépuisables. Une des régions de la province de Québec peut, à elle seule, fournir plus de 500 000 tonnes de papier par an et cela pendant un temps indéfini.»

C'est être vraiment trop optimiste, et l'opinion précédente nous semble plus juste. D'abord il faut plus de vingt ans à une forêt pour se renouveler et se reconstituer; ensuite la bouteille inépuisable est tout aussi chimérique que le mouvement perpétuel.

[129] «... Les feuillets sortis de leurs presses (des anciens imprimeurs) se montrent tout brillants de jeunesse, à côté de nos impressions ternes, à demi éclipsées sur les pages jaunies de nos livres nés d'hier.» (MOURAVIT, _le Livre_, p. 191.)

[130] Cf. A.-F. DIDOT, _l'Imprimerie, la Librairie et la Papeterie à l'Exposit. univers. de 1851_, p. 86.

[131] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--HENRI BOUCHOT, _le Livre_, chap. VII, pp. 253 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 106 et suiv.;--etc.

[132] _Frisquette_ est aussi un terme d'imprimerie désignant le châssis qui, au moment du tirage, s'applique sur les marges du papier pour les maintenir d'aplomb et les empêcher de se maculer.

[133] Le mot «_flotre_ est une altération de _feutre_». (LITTRÉ, _Dictionn._, art. Flotre.)

[134] LALANNE, _loc. cit._, p. 108.

[135] Cf. P. CHARPENTIER, _loc. cit._, _passim_;--LECLERC, _loc. cit._, pp. 544 et suiv.;--DELON, _loc. cit._, pp. 114 et suiv.;--RENEL, _la Fabrication actuelle du papier_, in _la Nature_, 18 janvier et 15 février 1890, pp. 99-103 et 167-170;--V. MORTET, _le Papier_, et _le Papier au moyen âge_, in _Revue des bibliothèques_, 1891, pp. 195-207, et 1892, pp. 349-350;--etc.

[136] BOUILLET, _Dictionn. universel des sciences..._ Nouvelle édit., refondue sous la direction de MM. J. Tannery et É. Faguet, art. Papier.

[137] Cf. RENEL, _loc. cit._, in _la Nature_, 18 janvier 1890, p. 102. Voir aussi P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 112.

[138] On fait souvent de papier _brouillard_ le synonyme absolu de papier _buvard_ (cf. LITTRÉ, HATZFELD, LAROUSSE, _Dictionn._). On désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier _brouillard_ un papier non collé mais calandré, d'ordinaire plus mince et plus léger que le papier _buvard_ habituel, et d'ordinaire aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s'emploie en pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le nom de _papier gris_.

[139] P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 173.

[140] Glacé après l'opération dont il va être question, après le _couchage_.

[141] Voir sur le _papier couché_ le _Mémorial de la librairie française_, 26 juillet 1900, p. 420.

[142] Nº du 3 juin 1899, p. 696.

[143] Pas toujours: voyez les elzeviers. (A. C.)

[144] Cf. _Intermédiaire des cherch. et cur._, 10 décembre 1898, col. 808-809.

[145] _La Nature_, 13 décembre 1890, p. 30.

[146] «Les reflets verts étant facilement supportés par les yeux, on conseille aux hommes d'étude de les préférer à tout autre (tentures, rideaux, abat-jour verts), par suite emploi du papier vert pour écrire, comme a l'habitude de le faire l'un de nos écrivains les plus féconds, M. Claretie, de l'Académie française. Ce papier a cependant un inconvénient, c'est de faire paraître l'écriture rougeâtre et peu distincte quand on a à se relire. Les papiers _jaunes_ font admirablement ressortir l'écriture et ont des reflets plus doux que ceux du papier blanc. Plusieurs mathématiciens, notamment l'amiral Jonquière, font usage de papier jaune, lorsqu'ils ont à effectuer des calculs longs et compliqués. Les autres couleurs: bleu, rouge, violet, ne donnent pas de bons résultats.» (_La Nature_, 13 décembre 1890. p. 30.)

[147] Ces chiffres ne sont pas toujours rigoureusement fixes, et présentent parfois, dans la réalité, de légères différences en plus ou en moins, comme on peut s'en convaincre en consultant: P. CHARPENTIER, _loc. cit._, pp. 259-260;--DESORMES, _Notions de typogr._, p. 499;--LECLERC, _loc. cit._, p. 286;--MUNIER, _Nouveau guide illustré de l'imprimerie..._, p. 10;--MAIRE, _loc. cit._, p. 375, où se trouve un «Tableau des dimensions et des poids des papiers de France établis avant le système décimal en pouces et en lignes»;--etc. M. Manquest, de la maison Darblay, a bien voulu me fournir aussi d'utiles renseignements sur les dimensions et les modes d'emploi des papiers. J'ai eu recours également, pour tout ce qui touche le _papier_, le _format_ et l'_impression_, à la compétence de M. Lebreton, chef du service des impressions de la librairie Flammarion.--Pour exprimer les dimensions des papiers, il est d'usage de mentionner le plus petit nombre le premier; ex.: Raisin = 0,50 × 0,65 (et non 0,65 × 0,50).

[148] On a conservé l'habitude d'écrire _Whatman_ avec une majuscule.

[149] Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le papier _Canson_: c'est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique à Annonay.

[150] Et aussi à sa légèreté. (A. C.)

[151] _Le Livre du bibliophile_, pp. 32-33. (Paris, Lemerre, 1874.)

[152] Sur la fabrication du papier du Japon, voir CH. LABOULAYE, _Dictionn. des arts et manufactures_, art. Papier;--_le Magasin pittor._, avril 1877, pp. 114 et 122;--_la Nature_, 5 octobre 1889, p. 291;--P. CHARPENTIER, _loc. cit._, p. 249;--MAIRE, _loc. cit._, p. 373.

[153] Sur le parchemin ordinaire et proprement dit, voir _infra_, chap. V, p. 131.