Un tournoi à Romans en 1484

Chapter 2

Chapter 23,771 wordsPublic domain

Zizim eut dans ce séjour toute la liberté qu'il désirait, et dans ses courses il fit la connaissance de Philippine de Sassenage dont il devint éperdument amoureux à ce point de demander sa main et d'offrir de se faire chrétien. Mais peu de temps après, au mois d'octobre 1484, il fut conduit à Bourganeuf en Auvergne, par Merlo de Piozazo, prieur de Lombardie, Guy de Rochefort, commandeur de Monterolz, et le chevalier Guillaume de Rochechinard, députés par le Grand maître de l'Ordre auprès de Zizim. Le baron du Bouchage et Barachin Alleman tinrent à accompagner ce prince, mais le quittèrent bientôt après. Quoique réclamé par le pape Innocent VIII, les choses traînèrent en longueur et ce n'est que par lettres patentes du 3 février 1488 que le baron du Bouchage fut autorisé à conduire le prince ottoman à Rome où il fut reçu avec les plus grands honneurs: le pape lui fit faire une entrée magnifique. Mais plus tard, par ordre du pape Alexandre VI,[95] il fut enfermé dans le château Saint-Ange où il demeura longtemps prisonnier. Le roi Charles VIII étant entré en Italie, le demanda au pape qui le lui envoya; mais cet infortuné sultan mourut peu après à Capoue d'une maladie d'entrailles assez violente pour faire supposer qu'il avait été empoisonné: crime qui, dit-on, fut payé 200,000 ducats par Bajazet. Les deux fils que Zizim avait laissés en Caramanie périrent avec toute sa famille par ordre de l'empereur des Turcs.

C.--PHILIPPINE DE SASSENAGE, surnommée Hélène, à cause de sa merveilleuse beauté, était la reine d'un essaim d'autres beautés au nombre desquelles figuraient ses trois jeunes soeurs: Françoise, qui épousa Jean Robe, seigneur de Miribel, Huguette et Isabeau. «Elle avait un visage à demi ovale une petite bouche, des yeux bien fendus, noirs et remplis d'esprit, une physionomie heureuse et un caractère surprenant.» Elle n'avait alors que seize ans et sortait du monastère de Saint-Just où elle avait été élevée. À son retour au château de la Bâtie en Royans qu'habitait sa famille, elle eut une foule d'adorateurs parmi lesquels Saint-Quentin, le baron de Bressieu, Philibert de Clermont, le jeune d'Hostun, la seigneur de Claveyson, celui de Murinais et plusieurs autres. Le prince Zizim, qui était alors interné au château de Rochechinard, vint bientôt augmenter ce nombre et mettre aux pieds de la belle Philippine sa fierté ottomane.

Comme le lui avait prédit la fée Mélusine, Philippine eut trois maris. D'abord le baron de Bressieu qu'elle épousa dans le mois de septembre 1484, qui mourut peu après sans postérité. Son second mari fut Puisieux, qui en eut deux filles, et après lui Jacques de Montbel, sieur d'Entremont, qui n'en eut pas d'enfant. En somme, cette merveille de beauté fit plus de malheureux qu'elle ne fit d'heureux, tout en restant vertueuse.

Philippine de Sassenage décéda le 6 août 1533. Le martyrologe des Frères mineurs de Chambéry fait mention d'elle avec éloge, l'appelant illustre et généreuse dame.

Elle était fille de Jacques, baron de Sassenage, et de Jeanne de Comiers, dame d'honneur de la reine Charlotte, femme de Louis XI.

D.--La terre de ROCHECHINARD était avant 1316 jointe à la seigneurie de Saint-Nazaire. En 1317, Guigues dauphin, en récompense des grands services que lui avait rendus Girin Courtet, son écuyer, ayant promis de lui assigner dix livres de rente en cens perpétuelle dans la paroisse de Rochechinard et n'ayant pas accompli son engagement, Jean, son frère, comte de Vienne et d'Albon, donna audit Girin les château et forteresse de Rochechinard. Ce dernier en jouit paisiblement jusqu'en 1340, époque à laquelle Humbert II ratifia la vente de ce château à Aymar Alleman et à dame Guillette, qui avait été la nourrice dudit dauphin.

Dans le château de Rochechinard résida, comme il a été dit, le Sultan Zizim que le Grand maître de Rhodes avait confié à la garde de Barachin Alleman, oncle de Charles Alleman, commandeur de l'Ordre de Saint-Jean de Jérusalem.

Cette seigneurie fut achetée en 1540 par Charles Mosnier, sergent d'armes, dans la famille duquel elle resta jusqu'au 10 février 1699 qu'elle fut vendu, au prix de 78,000 livres, à Félicien de Marcoux par Marguerite Mosnier, fille de Charles, sieur de Crévecoeur, ancien premier consul de Romans. Rochechinard passa ensuite, vers 1740, en la possession de Charles-Gabriel-Justin de Barral, conseiller au Parlement de Grenoble. Cette terre seigneuriale, aujourd'hui morcelée, a été vendue dernièrement aux enchères.

De l'antique château, il reste aujourd'hui quelques ruines consistant en deux énormes tours séparées par une cour et une terrasse.

E.--Plusieurs membres des diverses branches de l'ancienne et puissante famille de Sassenage, ces Montmorency du Dauphiné, figurent dans le récit. Les notes généalogiques et bibliographiques suivantes ne seront donc pas ici sans utilité.

La maison de Sassenage paraît descendre des comtes de Forez. Girard, l'un de ces comtes, ayant aidé Isarn, évêque de Grenoble, à chasser les Sarrasins de son diocèse, (vers 950), reçut en récompense de ses services, les terres restées vacantes de _Sassenage_ et de _Royans_. Au XIe siècle, Hector fut seigneur souverain de Sassenage et Ismïdon Bérenger fut prince de Royans. En 1319, François de Sassenage reçut l'hommage de quatre-vingt quatre gentilshommes et prouva qu'il pouvait lever plus de deux cents hommes d'armes, sans compter les vassaux, etc.

F.--JACQUES, baron de Sassenage, fils de François III et de Philippine Alleman de Champ, fut chambellan et premier écuyer de Louis XI. Il commanda, en 1465, l'arrière-ban du Dauphiné à la bataille de Montlhéry où il formait l'avant-garde et comptait dans ses rangs 350 lances et 600 archers à cheval (environ 2,000 hommes). Les braves dauphinois firent des prodiges de valeur et perdirent 54 gentilshommes. Jacques de Sassenage dans son dévouement patriotique aliéna, en 1478, la terre de Pont-en-Royans pour lever des troupes contre le duc de Savoie et défendre la place de Saluces. En récompense, il fut fait en 1465, gouverneur de la principauté d'Orange. Il mourut en 1490, ayant eu cinq filles et deux fils, Louis et Antoine qui figurèrent dans le tournoi.

G.--SIDONIE était la fille de Hector de la Tour-Sassenage. C'était, dit Chorier, une fille à qui rien ne manquait pour être mise au rang des plus excellentes, qu'un peu plus de sévérité. Le baron de Sassenage l'aima avec une passion aussi violente que coupable, car il était son oncle à la mode de Bretagne et père de famille; c'est pour elle qu'il prit cette devise: UNE SUR TOUTES. Elle répondit d'abord aux aveux de son parent:

Accusez les dieux Qui m'ont faite si belle Mais non pas mes yeux.

Au reste la belle Sidonie partagea bientôt la passion qu'elle avait inspirée. Elle eut même une affection extrême pour les enfants du baron. Elle les caressait quand elle les voyait et souvent elle les envoyait visiter, quoiqu'elle eut elle-même deux enfants naturels entre autres Claude pour qui elle fit bâtir la maison de la Rochette, dans la seigneurie de Sassenage.

Sidonie avait pour la servir une fille nommée Eléonor qui devint éperdument amoureuse de sa maîtresse et qui considérant comme un rival le baron de Sassenage, lui voua une haine mortelle et le brouilla sans retour avec Sidonie.[96]

H.--IMBERT DE BATERNAY naquit vers 1438, d'Artaud, seigneur de Baternay et de Vangris, et de Catherine de Gaste. Il eut plusieurs frères et soeurs, au nombre desquels: 1° Antoine, fils aîné, d'abord échanson de Louis XI. Il épousa la fille de Houllefort, bailli de Caen, conseiller et chambellan du roi, et mourut en 1492 laissant deux filles, 2° Jacques, évêque de Valence et de Die, 3° Gastonne qui fut, en 1473, la VIIIe abbesse de l'abbaye de Saint-Just, etc.

Imbert de Baternay fut d'abord page et favori de Louis XI, qui le fit ensuite conseiller et chambellan, baron du Bouchage, capitaine du Mont-Saint-Michel. Il épousa, de gré ou de force, malgré l'opposition de son père, Georgette de Montchenu, fille de Falques et de Louise de Graco, le 25 avril 1463. Ce mariage forcé parait cependant avoir bien tourné. Imbert fut le meilleur des époux, il eut plusieurs enfants: Jeanne qui fut mariée, en mars 1490, à Jean, fils d'Aymar de Poitiers, seigneur de Saint-Vallier, sénéchal de Provence. Le contrat fut passé devant deux notaires, dont l'un était Pierre Perrier, notaire de Romans. La dot fut de 200,000 écus d'or (un million). Le 2 septembre 1499, elle mit au monde celle qui fut la célèbre Diane de Poitiers. Un fils d'Imbert de Baternay, François, épousa le 24 janvier 1507, Françoise de Maillé. Madame de Baternay mourut à Blois, au mois d'août 1511, et son mari décéda, le 12 mai 1523, au château de Montrésor où existe encore un magnifique tombeau de cette famille. À la troisième génération, cette illustre maison tomba en quenouille.[97]

I.--MARGUERITE DE SASSENAGE, tante de Philippine, était veuve d'Amblard de Beaumont, seigneur de Montfort, «encore fort jeune et fort belle». Elle fut long temps très aimée du dauphin qui en eut deux filles qu'il reconnut. L'aînée épousa le batard de Bourbon, amiral de France, et la seconde fut mariée au seigneur de Saint-Vallier de la maison de Poitiers.

J.--Le baron D'URIAGE était le cinquième fils de sa maison, depuis que celle de Sassenage était tombée en quenouille. Il était devenu baron de Sassenage à cause de Béatrix, sa quatrième aïeule, héritière des biens et du nom de Sassenage.

Louis et François furent ses deux fils: le premier se distingua à la bataille de Guinegate.

[1] _Zizimi, prince ottoman, amoureux de Philippine-Hélène de Sassenage. Histoire dauphinoise_: À Grenoble, chez Nicolas, M.DC.LXXIII.--in 16. de X et 389 p.

[2] Zizimi ... p. 284 et suiv.

[3] Chef de la justice.

[4] Gardes à cheval.

[5] Gardes à pied.

[6] Le gouverneur de la ville de Romans était alors Berton de Bocsozel.

[7] _Fulgebat inter minora sidera_. Hor.

[8] Damien de Rostaing, de Chevrières, fils de Jean et d'Antoinette de La Porte. Il épousa Marie Rigaud.

_D'or, à la bande d'azur chargée de trois corneilles d'or, soutenue d'un filet de gueules._

[9] Louis d'Arces, sieur du Molard, et Artaud d'Arces, sieur de Réaumont, se signalèrent à la journée d'Anthon.

_D'azur, au franc quartier d'or._

Devise: Un essaim d'abeilles et ces mots: M'A PIQUÉ LA PLUS BELLE.

[10] Jean de Lattier, maître d'hôtel du roi.

_D'azur, à trois lacs d'amour d'argent; au chef de même._

Devise: POUR TROIS. Cri: La Foy, le Roy, la Loy.

[11] Gabriel de La Poype de Saint-Jullien, capitaine de cavalerie, puis de cent hommes d'armes.

_De gueules, à la fasce d'argent._

Devise: NEC TEMERE, NEC TIMIDE.

[12] Louis de Sassenage, fils du baron Jacques et de Jeanne de Comiers et frère de la célèbre Philippine, suivit Charles VIII dans son expédition de Naples et fut fait prisonnier à Fornoue. Il mourut en 1521 laissant cinq fils et trois filles d'Anne de Montlaur.

_Burelé d'argent et d'azur de dix pièces, au lion de gueules, armé, lampassé et couronné d'or, brochant sur le tout._

Cimier: primitivement un lion, plus tard une _mélusine_.

Supports: une mélusine se baignant dans une cuvette, tenant de la main droite l'écu des Sassenage, de la gauche celui des Bérenger avec ces mots: SI FABULA, NOBILIS EST.

[13] Claude Iseran, seigneur de La Grange.

_De gueules, au griffon d'argent; au chef cousu de gueules._

Cimier: Une tête de cerf posée de front portant entre ses cornes une longue croix.

Devise: MAGIS INSITA CORDI.

[14] Pierre de Rivoire, seigneur de la Bâtie-Montgascon, fils de Louis, seigneur de Romagnieu et d'Aigline, combattit à Azincourt.

_Fascé d'argent et de gueules de six pièces, à la bande de France._

[15] Aynard de Gramont, seigneur de Vachères; famille qui a fourni des gouverneurs de la tour de Crest et a fini par Emmanuel-Ludovic de Gramont, duc de Caderousse, né en 1834.

_D'or, au lion d'azur, armé et lampassé de gueules._

[16] Laurent de Beaumont, seigneur de Saint-Quentin, fils de Jacques et de Madeleine de la Tour-Sassenage, fut d'abord page du Dauphin. Etant allé faire une visite à sa tante Aymonette de Beaumont, qui était religieuse à l'abbaye de Saint-Just, il y vit la jeune Philippine de Sassenage dont la grande beauté le rendit amoureux. Bientôt il eut pour rivaux plusieurs autres gentilshommes, particulièrement Philibert de Montoison avec lequel il eut un duel dans lequel ils furent blessés grièvement tous les deux. Saint-Quentin se distingua ensuite dans les guerres d'Italie où il fut fait prisonnier. Il épousa une fille de la maison de Dreux.

_De gueules, à la fasce d'argent chargée de trois fleurs de lis d'azur._

Devise: IMPAVIDUM FERIENT RUINAE.

[17] Lanthelme de Montaynard, fils de Raymond Aynard. Ayant été envoyé à la cour, il y vit sa parente Diane de Murinais, qui était au service de la Reine: «il ne put se défendre de lui donner son coeur.» Il eut entre autres rivaux Jean d'Urre de Venterolle dont le roi Louis XI aimait la soeur Polie d'Urre; ce qui fut cause que le roi fit arrêter Montaynard par quatre gardes pour l'empêcher de se battre en duel avec Venterol. Après la mort de la reine Charlotte, Diane revint dans sa famille en Dauphiné où Monteynard eut occasion de la voir et de lui parler de son amour et particulièrement à Romans, tout le temps que dura le Tournoi: «mais ce fut toujours inutilement pour ses prétentions; il ne put jamais obliger Diane de Murinais de l'épouser.» De bonne Alleman, qui fut sa femme, il eut une fille nommée Anne qui épousa Jean de Poitiers, seigneur du Passage.

_De vair; au chef de gueules, chargé d'un lion issant d'or._

Devise: PRO DEO, FIDE ET REGE.

Cri: Plutost mourir.

[18] Aynard de Moreton, seigneur de Chabrillant, fut tué à la bataille de Ravenne en 1512.

_D'azur, à une tour crénelée de cinq pièces, sommée d'un donjon, le tout d'argent, à la patte d'ours touchant à la porte de la tour_.

Devise: ANTES QUEBRAR QUE DOBLAR.

[19] Voy. la note G.

[20] Philippe de la Tour-Sassenage, seigneur de Vatillieu, frère de la belle Sidonie dont la notice suivra. Il descendait de Henri de Sassenage et de Huguette de La Tour.

Il se distingua à la bataille de Marignan, fut lieutenant du roi en Bourgogne. Il se maria avec Louise de Sassenage de laquelle il n'eut qu'un fils, mort sans enfant.

_De gueules, à la tour d'or, senestrée d'un avant mur de même._

[21] François Pape, seigneur de Saint-Auban. Il s'unit, en 1476, à Claudine d'Auban, fille du seigneur de Vinsobre. Il testa en 1512.

_D'or, à la croix d'argent._

[22] Aymon d'Arvillars, seigneur de la Bâtie. Cette famille comptait parmi ses membres Humbert d'Arvillars, bâtard de Savoie, qui épousa Andrée.

_D'or, à l'aigle d'azur, membré, becqué et couronné de gueules._

Devise: NUBE ALTIUS.

[23] Amédée de Viennois était fils naturel du Dauphin Humbert II. Marie-Thérèse-Alexandrine-Émilie de Viennois, dernière de sa maison épousa, le 16 mars 1802, le marquis d'Albon à qui elle apporta la terre de Septême.

_D'or, au dauphin d'azur, crêté, oreillé et barbelé de gueules, brisé d'une barre de même._

[24] Les armes des Buffévent étaient des ailes de moulin à vent; mais André de Buffévent ayant accompagné le comte d'Auxerre à la croisade de 1279, remplaça ces armes par une _croix vidée et fleuronnée d'or._

[25] Antoine de Pelloud, seigneur de l'Ile d'Abeau.

_D'or, fascé de gueules_. Devise: CONTRA AUDENTIOR ITO.

[26] Il y a eu un Bernardin de Clermont, vicomte de Tallard, née le 3 juillet 1519, qui fut chambellan de François Ier.

Cimier: _Deux clefs d'église surmontées d'une thiare papale d'or, doublée de gueules_ (Concession de Calixte II).

Devise: SI OMNES EGO NON.

[27] Claude de Marsanne

_De gueules au lion d'or; au chef de même, chargé de trois roses du champ._

[28] Imbert de Vaux, seigneur de Milieu, écuyer et maître d'hôtel de Bayard. Il se distingua à Fornoue et à Marignan, puis fut tué à la défense de Mézières. «Tous ceux de sa race sont vaillants.»

_De gueules, au lion passant d'argent._

[29] L'illustre et ancienne famille de Comiers se divisa en onze branches. Lancelot, seigneur de la Roche, portait: _D'argent au sautoir d'azur, cantonné de quatre roses de gueules._

Devise: SUB PENNIS SPERABO.

[30] Georges Arbalestier.

_De gueules, au chevron d'argent chargé de cinq pommes de pin renversées de sinople, accompagnées de trois étoiles d'or._

[31] Louis d'Hières descendait de Guyonnet, qui combattit à Marignan, en 1515. Il testa en 1585.

_D'azur; à trois bandes de lierre d'or entrelacées._

[32] Guy d'Orgeoise fut gouverneur du château de Voiron en 1479. Il épousa Isabelle de Gottafred. Son fils, Pierre, combattit à Pavie et fut tué en Italie.

_De gueules, à trois fleurs de lis d'argent, rangées en fasce; au chef de même chargé d'un chêne de sinople englanté d'or._

[33] Pierre de la Porte, famille divisée en trois branches.

_De gueules à la croix d'or._

Devise: POUR ELLE TOUT MON SANG.

Cri: Nul n'enfonce la porte.

[34] Charles de Chaponay, famille divisée en quatre branches.

_De gueules, au coq d'or._

Devise: GALLO CANENTE SPES REDIT.

[35] Guillaume de Genas, sieur d'Arguille, dans le Viennois.

_D'or, à un genet de sinople à quatre branches passées en sautoir, fleuri d'or._

[36] Aymar de Grolée, dit le Renard, baron de Bressieu, frère de Jean et de Béatrix de Mévouillon, lequel épousa Philippine de Sassenage que le sultan avait aimée pendant son séjour à Rochechinard. Louis de Grolée se maria à Catherine de Montchenu, belle-soeur de Imbert de Baternay, qui la dota de 2,500 écus.

_Gironné d'or et de sable de 8 pièces._ Supports: deux anges au naturel.

[37] Antoine de Theys, sieur de la Bayette, se signala dans les guerres d'Italie sous Charles VIII.

_De gueules, à deux fasces engrelées d'argent._

Devise: DE TOUT ME TAIS.

[38] Georges de Torchefelon, seigneur de Montcarra, le Châtelard de Cossieu, Monferrat en Dauphiné. Il fonda, le 14 juin 1517, la Chapelle de Notre-Dame de Cessieu. Il épousa Marguerite de Paladru et testa en 1519.

_De gueules; au chef d'azur chargé de trois bandes d'argent chargées de trois mouchetures d'hermine de sable._

Devise: POTIUS MORI QUAM FAEDARI.

[39] Charles d'Hostun.

_De gueules, à la croix engrelée d'or._

[40] Olivier du Mottet testa en 1527 en faveur de son fils Bernard, chevalier de l'Ordre du roi, lieutenant des gardes de sa porte, armé chevalier sur le champ de bataille par Henri II, au camp de Renti, en 1554.

_De gueules, à l'aigle d'argent becqué et membré d'or; au chef de même._

Devise: TOUT DROIT.

[41] Jean de Briançon, seigneur de Varces.

_D'azur, à la croix d'or._

[42] Raymond de Durand, de Châteaudouble, se distingua dans les armées des rois Louis XI et Charles VIII. Ce dernier prince lui confia la garde du château de Perpignan.

_Parti de sable et d'or, au chevron de l'un en l'autre; au chef d'argent, chargé de 3 têtes de lion léopardé de gueules._

[43] Fouquet du Puy, seigneur de Montbrun, d'une famille divisée en sept branches.

_D'or, au lion de gueules, armé, paré et lampassé d'azur._

Devise: LEO VICIT.

[44] Antoine de Rachais, IIme du nom, seigneur de Montferrat, testa en 1518, laissant deux fils de Jeanne de Rogemont.

_D'azur, à la bande d'or, chargée d'un lion de gueules._

[45] Pierre de Voissanc.

_De gueules, à la bande d'or accompagnée en pointe d'une étoile cometée de même; au chef cousu d'azur, chargé d'un croissant montant d'or._

[46] Pierre de Vesc, IIIme du nom, seigneur d'Anconne, sa famille a fourni douze branches. Il était fils de Rostaing de Vesc, seigneur de Montjoux, et de Delphine Arnaud. Étienne fut sénéchal de Beaucaire, sous Louis XI.

_Pallé d'argent et d'azur de six pièces; au chef d'or._

[47] Antoine d'Arzac, fils de Simon et de Marie de la Chapelle. Il fut père de Humbert et de Jacques.

_D'argent, à trois bandes de gueules; au chef d'or chargé d'un aigle de sable._

[48] Antoine Blanc de la Côte Saint-André, anobli par Charles VIII. Branche tombée en quenouille.

_Ecartelé en sautoir d'argent et d'azur._

Supports et Cimier: Des Hermines.

Devise: SINE MACULA.

[49] Hugues de Monts fut marié deux fois: 1° avec Isabeau Rabot, 2° avec Michelle d'Urre: il combattit et se distingua aux guerres d'Italie. Il testa le 24 février 1521.

_Bandé d'or et de sable de dix pièces._

[50] Etienne de Poisieu, seigneur de Septême, Hauterives et autres places. Conseiller et chambellan du roi, bailli des montagnes du Dauphiné. Il acquit beaucoup de réputation contre le duc de Bourgogne.

_De gueules, à deux chevrons d'argent surmontés d'une fasce en devise de même._

[51] Ferrand de Pracomtal (_de Prato commitali_), seigneur d'Ancône, fils de Guichard et de Béatrix de La Roche.

_D'or; au chef d'azur chargé de trois fleurs de lys d'or._

Devise: PARTOUT VIT ANCONNE.

[52] Guigues de Guiffrey, dit le chevalier de Boutiéres; d'abord archer dans la compagnie de Bayard; devint lieutenant général de l'ordre du roi, gouverneur de Turin, commanda en Italie et se couvrit de gloire aux batailles de Pavie et de Cérisoles.

_D'or, à la bande de gueules, chargée d'un griffon d'argent, becqué et onglé de sable._

Devise: HUC QUID OBSTAT.

[53] Barachin Alleman, seigneur de Rochechinard, dans le château duquel le prince Zizim fut interné pendant plus d'une année. Il acquit, le 21 mai, 1484, le château et le mandement de Damptezieu. Il servit en Italie et mourut dans Navarre qu'assiégeait Ludovic Sforce. Il ne fut point marié. La famille Alleman était très ancienne, très nombreuse et très unie, d'où le dicton: _Gare la queue des Alleman!_

_De gueules, semé de fleurs de lys d'or, à la bande d'argent brochant sur le tout._

Devise: TOT IN CORDE QUOT IN ARMIS.

[54] Gabriel de Grolée, seigneur de Viriville, famille originaire du Bugey. Elle a fourni de nombreuses branches. André, seigneur de Leyssins, signa pour Imbert de Baternay, le 31 janvier 1488, la prise de possession du château d'Anthon.

_Gironné d'or et de sable de huit pièces._

Cimier: une queue de paon.

Supports: deux anges au naturel.

[55] Antoine de Bocsozel, seigneur de Chastelard. Berton était gouverneur de la ville de Romans en 1466. Il fut accusé de malversations dans l'exercice de ses fonctions. Peyraud de Chastelard, à l'âge de 25 ans, paya de sa tête son amour pour la reine Marie Stuart.

_D'or, échiqueté d'argent et d'azur de deux traits._

Devise: QUOY QU'IL ADVIENNE.

[56] François de Langon, d'une famille de Saint-Marcellin.

_De gueules, à la tour d'argent crénelée de quatre pièces, maçonnée, fenestrée et portillée de sable._

[57] Aymon de Salvaing, seigneur de Boissieux; famille dont Vulson de la Colombières a donné une généalogie qui a été réfutée par M. Alfred de Terrebasse.

_De l'Empire, à la bordure de France._

Cimier: une aigle naissante d'or, à deux têtes.

Devise: À SALVAING LE PLUS GORGIAS.--QUE NE FERAI-JE POUR ELLE.

[58] François de Sassenage, surnommé le _Petit Bayard_. Il n'eut point d'enfant d'Hélène de Sassenage, fille d'André, seigneur de Montrigaud.

Mêmes armes et même cimier que son frère Louis.

[59] Hector de Montaynar, fils de Raymond, lieutenant au gouvernement de Dauphiné en 1493. Il fut ensuite chambellan du roi et gouverneur du comté et de la ville d'Asti. Il épousa Marguerite, fille légitime du marquis de Montferrat. Il fut assassiné à Milan par le marquis de Ceva.

_De vair; au chef de gueules chargé d'un lion issant d'or._

Devise: PRO DEO, FIDE ET REGE.

Cri: Plutost mourir.

[60] Claude Falcoz était mistral de Vourey, en 1486.

_D'azur, au faucon d'argent, les gets et les sonnettes de même._