Un aventurier au XVIII siècle: Le chevalier d'Éon (1728-1810)
Part 21
Nous devons renouveler l'hommage respectueux de notre amour au père tendre, au monarque citoyen qui met toute sa gloire et son bonheur dans celui de ses peuples.
Pour mettre le dernier sceau à nos engagements sacrés, appelons sur nous la protection toute-puissante du Dieu de paix, que des cœurs purs invoquent avec confiance pour le soutien d'une si sainte et si juste cause.
Et puisque l'Éternel l'a naturellement gravé dans le cœur de tous les hommes, puissent les Français ne jamais perdre de vue la sublimité de leur constitution, la considérer comme un dogme national, et y demeurer toujours fidèles! Ce sont les vœux ardents de mon cœur au nom de la liberté, pour laquelle il serait beau de mourir et sans laquelle il serait affreux de vivre.
En même temps que se tenait l'assemblée française, six cent cinquante Anglais se réunissaient sous les auspices et la présidence de lord Stanhope pour célébrer de leur côté le glorieux anniversaire et émettre «le vœu d'une alliance éternelle entre les nations anglaise et française pour assurer à toujours la paix, la liberté et le bonheur du monde entier».
D'Éon, retenu au milieu de ses compatriotes, n'assistait pas au meeting anglais; mais il y avait envoyé un présent dont l'arrivée suscita le plus ardent enthousiasme: «une pierre de la Bastille faisant partie du cintre d'une des principales portes de ce château, qui a essuyé le feu de la mousqueterie de nos braves Parisiens[266].»
[266] La chevalière d'Éon à lord Stanhope, le 14 juillet 1790. (_Papiers inédits de d'Éon._)
Dès le lendemain, il recevait les remerciements émus de lord Stanhope:
Mansfield Street, 15 juillet 1790.
Madame,
J'ai bien des grâces à vous rendre pour votre présent précieux et pour la lettre obligeante que vous m'avez fait l'honneur de m'écrire.
Nous nous sommes assemblés hier au nombre de six cent cinquante-deux amis des droits imprescriptibles des hommes pour célébrer la victoire éclatante que la Liberté vient de remporter en France sur le Despotisme et la Tyrannie. Nous avons exprimé par une résolution unanime le désir qui nous anime, depuis votre glorieuse Révolution, de nous lier avec la France. Rien ne nous manquait hier qu'une pierre de la Bastille; nous avons senti ce qui nous manquait lorsque nous eûmes le plaisir de la recevoir de votre part et notre satisfaction a été sensiblement augmentée de l'avoir reçue d'une personne si renommée dans l'histoire.
J'ai l'honneur d'être, etc.[267].
[267] Lord Stanhope à la chevalière d'Éon, le 15 juillet 1790. (_Papiers inédits de d'Éon_.)
Par toutes ces preuves de civisme, d'Éon pensait bien attirer vers lui l'attention des patriotes français. Il avait du reste envoyé son neveu offrir ses services à l'Assemblée législative et l'avait chargé de présenter une pétition. La «citoyenne d'Éon» y exposait que, bien qu'elle portât des habits de femme depuis quinze ans, elle n'avait pas cependant oublié qu'elle était autrefois un soldat; que depuis la Révolution elle sentait revivre son ardeur militaire et que, prête à abandonner son bonnet et ses jupes, elle réclamait son casque, son sabre, son cheval et son rang dans l'armée:
Dans mon excessive impatience, écrivait-elle, j'ai perdu tout, sauf mon uniforme et l'épée que je portais dans ma première guerre. De ma bibliothèque il ne me reste qu'un manuscrit de Vauban que j'ai conservé comme une offrande à l'Assemblée nationale pour la gloire de mon pays et l'instruction des braves généraux employés à la défendre.
Cette lecture fut interrompue à diverses reprises par des applaudissements répétés et, mention en ayant été faite au procès-verbal, la pétition de la citoyenne d'Éon fut renvoyée au comité de la guerre, où elle devait rester d'ailleurs à tout jamais enterrée.
Mais si d'Éon sollicita vainement la République d'accepter ses services, il fut par contre vivement pressé lui-même de se rallier au parti du roi et de rejoindre à l'armée de Coblentz ces émigrés parmi lesquels la Convention ingrate l'avait inscrit. Il reçut d'un des royalistes fidèles qui avaient suivi les princes au delà des frontières la curieuse lettre suivante:
A Tournay, le 23 novembre 1791.
Serait-il possible, ma très chère héroïne, que vous tardiez plus longtemps à vous réunir à toute la noblesse française qui se rassemble depuis Coblentz jusqu'à Houdenarde: au moment où je vous écris il ne reste plus en France que les vieux nobles infirmes et les enfants; que diront tous les autres s'ils ne nous voient pas arriver soit à Tournay, où je suis, ou bien à Mons, Ath, Bruxelles et Coblentz? Oui, ma chère héroïne, si vous tardez beaucoup, vous n'arriverez donc qu'après le temps où vous pouvez acquérir beaucoup de gloire, et alors tous les braves chevaliers français vous diraient comme Henri Quatre à Crillon: «Pends-toi, brave Crillon!» Beaucoup sont surpris de ne pas vous voir où le vrai honneur conduit, et dans le nombre de ceux qui ne vous connaissent pas il en est qui disent que vous êtes démagogue: sur ce mauvais propos j'ai mis la main sur l'épée que vous m'avez fait faire et leur ai dit que je leur répondais sur ladite arme que je tenais de vous qu'avant peu ils vous verraient, et que si cela n'était pas, ladite épée vous serait envoyée avec une quenouille. Je ne vous dis pas cela, ma chère héroïne, pour vous exciter, parce que je vous crois trop bien pensante pour avoir besoin de l'être, mais bien pour vous assurer que je suis et veux être votre chevalier envers et contre tous.
En arrivant à Coblentz, où je vais, adressez-vous à M. de Preaurot, mon ami, auquel les princes ont donné leur confiance pour recevoir tous ceux qui arrivent. Oui, ma chère héroïne, avant peu tout ce qui est de gens honnêtes ne resteront en France que parce qu'ils ne peuvent pas faire autrement, à cause de leurs infirmités et de leur mauvaise fortune; il en est beaucoup au secours desquels viennent ceux qui le peuvent. Oui, je pense que nous voilà au moment que vous pourrez effacer la pucelle d'Orléans: quelle gloire pour notre bonne ville de Tonnerre, où l'on m'a marqué que l'on s'attendait des bons principes qui sont en vous que vous n'abandonneriez pas la cause de l'honneur.
Et plus bas, d'une autre écriture:
La baronne de l'autre monde ne peut rien ajouter au style du brave chevalier qui écrit cette lettre que le désir qu'elle a de voir arriver son héroïne; elle la prie d'adresser sa réponse à M. Mazorel, poste restante à Tournay, où elle sera bien reçue[268].
[268] _Papiers inédits de d'Éon._
D'Éon a écrit en marge de cette lettre qu'il n'y a fait aucune réponse. Mais en vain évitait-il de se compromettre avec les royalistes et les aristocrates, le loyalisme de ses sentiments républicains ne lui valut pas le rétablissement par la Convention de la pension que lui faisait la royauté et dont les quartiers ne lui étaient plus payés depuis 1790[269]. Il dut se faire une sorte de gagne-pain de l'épée qu'il ne lui était plus permis de mettre au service de son pays et se vit réduit à prendre part à des assauts publics. A défaut de la gloire du champ de bataille, il y gagna du moins une véritable renommée. Il eut pour adversaires les meilleurs escrimeurs de l'Angleterre, le chevalier de Saint-Georges lui-même, et les battit plus d'une fois. D'Éon n'était point d'ailleurs novice en cet art: déjà vers 1750, lorsque tout jeune avocat au Parlement de Paris il écrivait pour se faire remarquer d'érudits traités d'histoire ou d'économie politique, il s'y était distingué. Il n'avait fait que développer cette science des armes au cours de sa vie aventureuse et durant sa carrière à l'armée; aussi son âge déjà avancé ne l'empêcha-t-il pas de faire honneur à une réputation que son nouveau sexe rendait tout à fait piquante et extraordinaire. Bien qu'il reprît d'ordinaire pour tirer en public son ancien uniforme des dragons, d'Éon fit plusieurs fois assaut sous un costume mi-féminin et mi-masculin. Au mois de septembre 1793, il prit part dans ce bizarre accoutrement à un tournoi que le prince de Galles présida lui-même; il y remporta sur un officier anglais un brillant succès, et des estampes, qui sont aujourd'hui fort recherchées, fixèrent le souvenir de cette curieuse solennité. Le profit que lui procurait ce précieux talent le détermina même à entreprendre hors de Londres de véritables tournées. Les gazettes anglaises relatent les succès qu'il obtint à Douvres, à Canterbury, à Oxford. Ce fut au cours d'une de ces tournées, à Southampton, qu'arriva, le 26 août 1796, le malencontreux accident qui devait mettre une brusque fin aux succès d'escrimeur que la chevalière d'Éon remportait encore à l'âge de soixante-neuf ans. Le fleuret de son adversaire se cassa, lui faisant une sérieuse blessure. D'Éon fit publier dans les journaux le certificat des médecins qui l'avaient soigné et une adresse où, remerciant le public des marques d'intérêt qui lui avaient été données, il déclarait avec amertume qu'il serait réduit désormais à «couper son pain avec son épée».
[269] L'ambassade de France était seulement intervenue au mois de janvier 1792 pour empêcher la vente aux enchères des papiers relatifs à ses anciennes négociations que d'Éon avait remis en gage au libraire Duval.
Sa blessure le cloua au lit pendant quatre mois; dès qu'il fut transportable, on le ramena à Londres, où il eut encore à subir une longue convalescence. Il fut recueilli par une vieille dame anglaise, son amie, mistress Mary Cole, qui devait l'entourer et le soigner jusqu'à la fin de sa vie avec un touchant dévouement. La carrière aventureuse de d'Éon était bien finie désormais et son existence devait se terminer le plus platement du monde. Lui-même le constatait avec mélancolie: «Ma vie se passe à manger, boire, dormir; à prier, à écrire et à travailler avec mistress Cole à raccommoder le linge, les robes et les bonnets.»
Toutefois, en dépit de l'âge et de la maladie, d'Éon ne se résigna jamais entièrement à sa triste condition et, demeurant jusqu'à la fin aussi indomptable dans son énergie que tenace dans son espoir d'une meilleure fortune, se reprit à préparer et à solliciter son retour en France. Il sut intéresser à sa cause le citoyen Otto, commissaire de la République à Londres, et par son entremise envoya, le 18 juin 1800, à Talleyrand, ministre des relations extérieures, une longue requête, où il racontait ses services et exposait ses infortunes:
J'ai combattu le bon combat; j'ai 73 ans, un coup de sabre sur la tête, une jambe cassée et deux coups de bayonnette. En 1756 j'ai le plus contribué à la réunion de la France avec la Russie. En 1762 et 1763 j'ai travaillé avec succès, jour et nuit, au grand ouvrage de la paix de la France avec l'Angleterre. Depuis 1756 j'ai été en correspondance directe et secrète avec Louis XV jusqu'à sa mort. Je ne compte pour rien tout ce que j'ai fait pour ma patrie. Ma tête appartient au département de la guerre, mon cœur à la France et ma reconnaissance au citoyen Charles Max Talleyrand, digne ministre des relations étrangères, qui me rendra justice. Il ne me laissera pas périr de faim et de désespoir[270]...
[270] _Papiers inédits de d'Éon._
Le désespoir n'était guère dans le caractère de d'Éon, car au moment où il envoyait cette lettre lamentable il s'occupait à préparer une édition d'Horace et un Anglais lui proposait en vue de cet ouvrage une collection de toutes les éditions anciennes du poète latin de 1476 à 1789. Sa misère cependant était telle qu'il en était réduit à engager chez un joaillier de Londres sa croix de Saint-Louis et ses bijoux; mais en même temps il se faisait délivrer par le citoyen Otto un passeport pour Paris et Tonnerre[271]. Les amis qu'il avait en France ne manquaient point de l'encourager d'ailleurs dans ses projets de retour et lui promettaient leur appui.
[271] Nous avons retrouvé dans les papiers de d'Éon une copie de ce curieux document, daté du 25 brumaire de l'an onze de la République française une et indivisible. Le signalement qui s'y trouve porté est le suivant: Née à Tonnerre, âgée de 76 ans, cheveux et sourcils gris, yeux gris, front haut, nez ordinaire, menton large, visage ovale.
Barthélemy, l'ancien chargé d'affaires à Londres pendant la Révolution, devenu sénateur et bien vu par Bonaparte, s'offrait à présenter au tout puissant Premier Consul la chevalière, jadis illustre, qui plus d'une fois avait fait avec lui les honneurs de l'ambassade de France. C'est ce que lui écrivait son ami Falconnet, le 13 septembre 1802:
Mais vous, mon illustre amie, qu'allez-vous faire néanmoins? Je vous conseille toujours de partir. Plus vous attendrez et moins vous en aurez la facilité. Souvenez-vous de l'homme d'Horace:
Rusticus expectat dum defluat amnis; at ille Labitur, et labetur in omne volubilis ævum.
Faites un paquet des choses précieuses, emportez-le. Disposez des autres pour qu'elles vous suivent au fur et à mesure. Mme Cole se chargera de les faire partir et tout cela vous arrivera. Le sénateur Barthélemy ne demandera pas mieux que de vous présenter au Premier Consul, et je ne doute point que vous n'obteniez sinon toute, au moins partie de votre pension. Quand vous serez en présence, tout s'arrangera. De loin, rien n'ira comme il faut. Venez pour le premier moment loger en hôtel garni; cette circonstance même peut n'être pas indifférente à vos succès. On s'apitoiera plus aisément sur le sort d'une héroïne à laquelle aucun parti n'a de reproche à faire, quand on la verra à son âge privée de toute ressource.
Mais soit que l'âge et la maladie l'empêchassent de se mettre en route, soit que découragé par tant d'efforts inutiles il n'attendît plus rien du changement, d'Éon demeurait à Londres. Il y connut des jours de noire misère, bien que plusieurs de ses anciens amis ou même certaines personnes de la société anglaise aient continué jusqu'à la fin de sa vie à lui porter intérêt et à le secourir. La marquise de Townshend, le duc de Queensberry, mistress Crawford lui envoyaient régulièrement quelque argent. Ses infirmités l'obligèrent à rester au lit pendant les deux dernières années de sa vie et il fut pendant toute cette triste période affectueusement soigné par la compagne dont il partageait le logis, Mme Cole. Il fit appeler plusieurs mois avant sa mort un Français, le docteur Élisée, ancien médecin des Pères de la Charité de Grenoble. Celui-ci, lorsque survint, le 21 mai 1810, la mort de d'Éon, ne fut pas moins étonné que Mme Cole du véritable sexe de l'étrange personnage qui, malgré l'âge, la misère et la maladie, avait mis son amour-propre à tenir son rôle jusqu'au bout. Un procès-verbal d'autopsie, rédigé par le chirurgien Copeland, permit d'enregistrer officiellement le mot du singulier problème qui, quarante ans durant, avait éveillé tant de curiosités et suscité tant de polémiques; mais, publié à une époque où l'attention publique était sollicitée par tant de grands événements contemporains, ce document qui fixait définitivement un point de la chronique du siècle passé ne fut guère remarqué. C'est seulement de nos jours que de patients érudits l'ont exhumé de l'obscurité des archives anglaises. Aucun mystère ne plane donc plus sur l'énigme que n'avait pu percer la sagacité même d'un Voltaire ou d'un Beaumarchais.
Délivrée du travestissement qu'elle s'était imposé et que la tradition, aujourd'hui encore, lui conserve fidèlement, la chevalière d'Éon de la légende doit reprendre sa véritable physionomie sous les traits de l'audacieux et brillant aventurier que son orgueil affola et perdit, mais dont la vie restera comme l'un des plus étranges défis que l'histoire ait jamais portés au roman.
TABLE DES MATIÈRES
PRÉFACE I
CHAPITRE I
Enfance et jeunesse de d'Éon.--Ses premiers succès et ses premiers protecteurs.--Entrée dans la diplomatie.--Le «Secret du roi».--Mission en Russie.--Les négociations du chevalier Douglas et l'alliance avec la Russie.--Retour triomphant de d'Éon. 1
CHAPITRE II
D'Éon va rejoindre en Russie le marquis de L'Hospital. --Ambassade du baron de Breteuil.--D'Éon revient en France, porteur de l'accession de la Russie au traité de 1758.--Il quitte la diplomatie pour l'armée et est nommé aide de camp du maréchal de Broglie.--Sa belle conduite pendant la guerre de sept ans.--Il rentre dans la diplomatie pour accompagner à Londres le duc de Nivernais. 34
CHAPITRE III
Le duc de Nivernais, ambassadeur de France à Londres. --Difficile négociation de la paix de 1763.--D'Éon est chargé par le gouvernement anglais de porter à Paris les ratifications du traité.--Il reçoit la croix de Saint-Louis. --Le comte de Guerchy est désigné pour succéder au duc de Nivernais, et d'Éon, nommé ministre plénipotentiaire, fait l'intérim de l'ambassade.--Le chevalier d'Éon mène à Londres un train d'ambassadeur et n'entend pas «d'évêque redevenir meunier».--Sa querelle avec le duc de Praslin et le comte de Guerchy. 54
CHAPITRE IV
Arrivée à Londres du comte de Guerchy.--Le chevalier d'Éon est disgracié et se venge.--Il accuse l'ambassadeur d'avoir voulu l'assassiner; l'affaire Vergy.--Mission de Carrelet de la Rozière.--Le duc de Choiseul cherche à faire revenir d'Éon et le roi à obtenir la restitution de ses papiers.--L'extradition de d'Éon est refusée par le cabinet anglais.--Lettre de d'Éon à sa mère. 77
CHAPITRE V
Lutte acharnée du chevalier d'Éon contre le comte de Guerchy; guerre de libelles; publication à Londres des _Lettres, Mémoires et Négociations_.--Louis XV envoie à d'Éon des émissaires; arrestation d'Hugonnet à Calais; le secret exposé à être découvert.--Procès intenté par d'Éon au comte de Guerchy; condamnation de l'ambassadeur de France par le jury anglais.--Le roi accorde une pension au chevalier d'Éon, qui se décide à rester en Angleterre. 101
CHAPITRE VI
D'Éon continue à être l'agent secret du roi en Angleterre; sa correspondance avec le comte de Broglie.--Il offre ses services au nouveau roi de Pologne, Stanislas Poniatowski; Louis XV s'oppose à son projet.--Popularité de d'Éon à Londres; les paris sur son sexe.--Il s'enfuit et parcourt l'Angleterre sous un faux nom.--Le chevalier d'Éon se détermine à se faire passer pour femme. 131
CHAPITRE VII
Services secrets rendus par d'Éon au roi de France et à Mme du Barry: affaire de Morande; négociations de Beaumarchais.--Les «Loisirs du chevalier d'Éon».--Le roi se désintéresse du secret, qui est surpris par les ministres: Favier et Dumouriez en prison; le comte de Broglie en exil.--Mort de Louis XV.--Louis XVI liquide le bureau secret; le comte de Broglie fait valoir les services du chevalier et lui obtient une pension. --Nouvelles prétentions de d'Éon. 156
CHAPITRE VIII
Louis XVI refuse de céder aux exigences du chevalier.--Les créanciers poursuivent d'Éon, qui remet ses papiers secrets en gage chez son ami lord Ferrers.--Les embarras d'argent ramènent d'Éon à l'idée de se faire passer pour femme.--Son aveu à Beaumarchais.--Il consent à négocier et à signer un traité en bonne forme.--Le comte de Vergennes écrit à la chevalière d'Éon et lui envoie un sauf-conduit pour revenir en France. 181
CHAPITRE IX
Arrivée de la chevalière d'Éon en France.--Réception qui lui est faite par la ville de Tonnerre.--Son installation à Versailles et sa présentation à la Cour.--Impressions et réflexions de sa famille, de ses amis, des contemporains. --Popularité de la «nouvelle héroïne» en France et à l'étranger; ses succès dans le monde de la Cour et la société de Paris; sa volumineuse correspondance.--Nouvelle querelle avec Beaumarchais.--D'Éon, ayant quitté ses habits de femme, est appréhendé par ordre du roi et conduit au château de Dijon. 203
CHAPITRE X
Captivité de la chevalière d'Éon.--Son élargissement et son exil à Tonnerre.--Nouvelles démarches: l'armement de _la Chevalière-d'Éon_.--D'Éon séjourne à Paris pendant l'hiver 1780-1781.--Il revient à Tonnerre et y mène une existence tranquille et fêtée.--Il quitte la France à la fin de 1785 pour aller régler ses affaires à Londres. 260
CHAPITRE XI
D'Éon retourne à Londres pour payer ses créanciers.--Il y retrouve sa popularité d'autrefois.--Il cherche à vendre ses collections et manuscrits.--Premières nouvelles de la Révolution: la citoyenne Geneviève d'Éon se signale par son ardent jacobinisme.--Pétition à l'Assemblée nationale.--Pour gagner sa vie, d'Éon donne des assauts publics: il est blessé.--Maladie et vieillesse de d'Éon.--Il meurt à Londres le 21 mai 1810. 285
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