Théologie hindoue. Le Kama soutra.

Chapter 8

Chapter 83,845 wordsPublic domain

Citons comme toujours les poètes:

Juvénal, Satire VI, _Les femmes_.

«Quelle femme peux-tu épouser sans crainte? à voir l'acteur Bathyle danse mollement la Léda, Tuccia se pâme; Appulla, comme aux bras d'un amant, roucoule de petits cris. Telle est folle d'un comédien qui la ruine; telle a tué la voix d'un ténor. Hispulla adore un tragédien.

Épouse donc et tes enfants naîtront d'une lyre, d'une flûte, d'Echion, de Glaphyre, d'Embroise.

Hippia, femme d'un sénateur, suit en Égypte un gladiateur.

Agrippine quitte la couche de Claude et court au lupanar chaud d'une vapeur fétide, où l'attend sa loge vide; nue, une résille d'or sur les seins, sous le nom de Lycisca, elle montre à qui veut s'en repaître les flancs qui ont porté Britannicus.

Elle attire ceux qui entrent, perçoit l'argent, assouvit la passion d'un grand nombre d'hommes qui se succèdent sans relâche. Quand le patron renvoie ses nymphes, elle sort, mais la dernière et malgré elle. Dévorée d'ardents prurits, les sens et les organes en feu, palpitante, rompue par les assauts soutenus, mais non rassasiée, elle porte au chevet des Césars l'âcre parfum du lupanar.»

Le lupanar où se rendait Messaline ne gardait, on le voit, les femmes que la nuit; c'était sans doute le cas général.

Le lupanar de Pompéï se compose de petites cellules disposées autour d'une cour rectangulaire. Sur la clef de voûte en relief de la porte d'entrée sur la rue, et comme pour servir d'enseigne, sont sculptés des organes virils de dimensions colossales.

Juvénal, _Mystères de la bonne déesse._

Les membres rougis de vin, elles luttent aux joutes de Vénus. La tribade Lanfulla défie les filles des lupanars. Insatiable et infatigable, elle les force à demander merci sous ses caresses. Puis elle se livre elle-même à la tribade Mesulline qu'elle adore et qui s'attache à ses flancs.

De toutes les parties de l'antre s'élève un même cri:

«Des hommes! des hommes!» c'est le moment. Chaque matrone fait courir après son amant. S'il est au lit, qu'il se couvre seulement d'un manteau et qu'il vole!

Si les amants sont absents, qu'on prenne pour les suppléer les esclaves de la maison. Si ceux-ci ont fui, redoutant les mystères, qu'on loue à tout prix des porteurs d'eau. Faute d'homme, la femme non pourvue accepte un âne.

On sait que les dames romaines se rendaient, sous un déguisement, aux lieux où les gladiateurs s'exerçaient nus par des combats préparatoires. Cachées dans une loge, elles assistaient à leurs luttes, faisaient leur choix et ensuite se faisaient amener ceux qui pouvaient le mieux les satisfaire.

Juvénal, Sat. VI.--«Il est des femmes qui aiment les timides eunuques, leurs baisers sans fougue, leurs figures imberbes. Avec eux, elles n'auront pas besoin de recourir à l'avortement, et malgré cela elles jouiront à souhait. Car elles prendront soin que leur futur gardien ne soit fait eunuque qu'après le développement complet de sa virilité. Pour les dimensions, son pieu ferait envie à Priape. Il est remarqué et universellement connu dans les bains publics. Qu'il dorme donc près de la femme de son maître; mais, ô Posthume, garde-toi de lui donner ton mignon à raser ou à épiler.»

N° 3.--Cruauté des dames Romaines, comparée à la douceur des Indiennes. Ovide, _Art d'aimer_, livre III.

«J'aime à assister à votre toilette, à voir vos cheveux dénoués sur vos blanches épaules. Mais je ne puis souffrir que vous déchiriez avec vos ongles le visage de votre femme de chambre ou que vous lui meurtrissiez le bras[27], et qu'elle mouille votre chevelure de ses pleurs et de son sang.»

[Note 27: On voit dans les musées d'antiquités une sorte de pinces qui servaient aux dames Romaines pour stimuler ou punir leurs esclaves; très acérées, elles déchiraient la chair et faisaient venir le sang.]

Martial, dans son épigramme 46, maudit Lalegée qui a maltraité cruellement sa femme de chambre pour une maladresse en la coiffant. Mais rien n'égale les traits de Juvénal, toujours dans la Satyre VI.

«Si la nuit le mari a tourné le dos à sa moitié, l'intendante est perdue; on dépouille nue la coiffeuse. Si le liburnien s'est fait attendre, on le punira du sommeil de son maître.

«Les férules éclatent par la violence des coups, le sang jaillit sous les fouets et les verges.

«On a des bourreaux à l'année. Ils frappent; l'illustre épouse se farde le visage. Ils frappent; elle tient cercle avec ses amies, elle admire les dessins d'une robe brochée d'or. Ils continuent; elle parcourt les longues colonnes d'un journal. Enfin, las de frapper, les bourreaux demandent trêve.--Sortez, crie-t-elle alors, justice est faite.

«--En croix l'esclave!--Mais quel crime a-t-il commis? demande le mari, où sont le délateur et les témoins? Qu'on entende la cause! Il n'est jamais trop tard pour faire mourir un homme.

«--Imbécile! un esclave est-il un homme? Coupable ou non, il mourra, je le veux.»

Lorsqu'un gladiateur vaincu dans l'arène attendait son sort de la décision des spectateurs, on sait que les femmes étaient toujours les plus impitoyables.

N° 4.--Ce qui, en Europe, plaît aux femmes selon leur nationalité.

En Europe, la conduite à tenir avec les femmes pour leur plaire dépend de leur caractère.

On admet généralement qu'il faut, pour les Françaises, la jovialité; avec les Anglaises, l'originalité; avec les Allemandes, le sentiment ou la sentimentalité; avec les Italiennes, la tendresse; avec les Espagnoles, la passion.

On cite les Viennoises pour leur amabilité. L'aventure de deux grandes dames de la cour, une princesse polonaise et la femme du ministre de la guerre, a couru toute l'Allemagne, il y a un demi-siècle.

Dans un pari, comme deux déesses, elles se disputèrent le prix de la beauté et prirent pour juge le public.

Fut reconnue la plus belle celle qui, dans un nombre d'heures déterminé, se fit suivre dans un lieu intime, par le plus grand nombre de jeunes gens racollés sur le trottoir du boulevard.

Lord Byron et avec lui tous les voyageurs ne tarissent pas d'admiration pour la jeune fille de Cadix. Martial dit d'elle, livre XIV, 203: «Elle a des mouvements si brusques, elle est si lascive et si voluptueuse qu'elle eût fait se masturber Hippolyte lui-même.»

TITRE IV

DES DIFFÉRENTES MANIÈRES DE SE TENIR ET D'AGIR DANS L'UNION SEXUELLE

CHAPITRE I

Classification des hommes et des femmes d'après les dimensions de leurs organes sexuels, l'intensité de leur passion et la durée de l'acte charnel.

On divise les hommes en trois classes, d'après les dimensions de leur linga.

Classe N° 1, _Le lièvre_.--N° 2, _Le taureau_.--N° 3, _L'étalon_.

On divise également les femmes en trois classes correspondantes d'après les dimensions de leur yoni.

N° 1, _La gazelle_.--N° 2, _La cavale_.--N° 3, _L'éléphant_ (Voir l'Appendice, N° 1).

Il y a ainsi trois unions égales, c'est-à-dire entre des classes qui se correspondent, et six inégales, c'est-à-dire qui ne se correspondent pas.

Les unions du N° 2 (_taureau_) avec le N° 1 (_gazelle_), et du N° 3 (_étalon_) avec le N° 2 (_cavale_), sont dites supérieures.

Celle du N° 3 (_étalon_) avec le N° 1 (_gazelle_) est dite très supérieure.

Les unions N° 1 (_lièvre_) avec N° 2 (_cavale_), et N° 2 (_taureau_) avec N° 3 (_éléphant_), sont dites unions inférieures.

Celle N° 1 (_lièvre_) avec N° 3 (_éléphant_) est dite très inférieure.

Les unions supérieures sont celles qui procurent le plus de satisfaction.

On classe de la même manière les hommes et les femmes, d'après le degré d'intensité de la passion génésique, faible, moyen et fort (Appendice N° 2).

Ce point de vue donne, pour les unions, autant de combinaisons que le précédent.

Il y a, en outre, une troisième classification semblable, d'après le temps au bout duquel se produit, chez l'homme et chez la femme, le spasme génésique, et elle donne lieu, pour les unions, aux mêmes combinaisons (Appendice N° 3).

En combinant entre eux les numéros des trois classifications, on a un très grand nombre de cas.

Il appartient aux hommes, et surtout aux maris, de prendre, dans chaque cas, les moyens les plus propres à atteindre le but de l'union (Appendice N° 4).

Dans le premier acte d'une réunion pour l'accouplement, la passion de l'homme est intense et son terme court; c'est le contraire dans les actes suivants. Chez la femme, c'est l'inverse qui a lieu.

APPENDICE AU CHAPITRE I

N° 1.--Dimensions des organes.

Beaucoup de rhétoriciens connaissent les distiques suivants:

OVIDE

Noscitur e pedibus quantum sit virginis antrum Noscitur e naso quanta sit hasta viro.

Chez une femme: petit pied, petit bijou; Chez un homme: gros nez, gros membre.

MARTIAL

Mentula tant magna est, lantus tibi, Papile nasus Ut possis, quoties arrigis, olfacere.

Littéralement: Ton nez est si long, Hapilus, et ta mentule si grande que tu peux la flairer quand elle est debout.

En vers: Jean a le nez si long et la verge si grande Qu'il peut se moucher quand il bande.

Le même, Livre XI, 71.

Lydie est aussi large que le derrière d'un cheval de bronze, qu'un vieux soulier tombé dans la boue, qu'un matelas vide de sa laine. On dit que j'ai besogné Lydie dans une piscine d'eau de mer; c'est bien plutôt une piscine que j'ai besognée.

N° 2.--Intensité de la passion.

Martial X. 60.--Sur Chloé et Phlogis.

Vous demandez laquelle de Chloé ou Phlogis vaut le mieux pour l'amour. Chloé est plus belle, mais Phlogis est un volcan qui rajeunirait Nestor. Chloé, au contraire, ne sent rien, ne dit rien. On la croirait absente ou de marbre. Dieu fasse que Phlogis ait les formes de Chloé et Chloé le feu de Phlogis.

Docteur Villemont, _Amour conjugal_.--C'est un péché plus grand de forniquer avec une laide qu'avec une belle. Se griser avec du bon vin est un péché véniel; avec du mauvais, un péché mortel.

Docteur P. Garnier.--La science repousse aujourd'hui l'ancienne théorie de la toute puissance du clitoris sur la production des désirs vénériens chez la femme et son développement exagéré n'est point la cause directe de la luxure et de la tribadie. Beaucoup de femmes sont insensibles aux titillations de cet organe puisqu'un certain nombre se masturbent en introduisant dans le vagin des corps qui ont la forme de phallus.

L'absence de l'un des organes génitaux, clitoris, vagin ou ovaire, suffit quelquefois, mais exceptionnellement, à'éteindre le désir chez la femme. Le sens génésique se trouve dans toutes les parties du système génital de la femme, il n'est exclusivement dans aucune d'elles. Certaines femmes très amoureuses n'éprouvent aucune sensibilité spéciale dans le clitoris et dans les bulbes du vagin, cette sensibilité est répandue uniformément dans tout l'appareil génital, dans les seins plus qu'ailleurs. C'est du coeur et de l'imagination qu'émanent les désirs de la femme et c'est en excitant ses sentiments qu'on peut et qu'on doit les provoquer.

La menstruation ne se développe pas seule. L'excitabilité génitale se décèle souvent avec cet âge par le prurit et la masturbation chez les petites filles et persiste encore plus souvent après chez de vieilles femmes lascives.

L'état passif de la femme dans la copulation lui rend _cet acte possible indéfiniment_, tandis que l'âge et les excès limitent l'homme étroitement à cet égard.

L'embonpoint n'éteint point le désir chez la femme, mais les femmes passionnées sont généralement très maigres.

La frigidité féminine a ses degrés et n'est souvent que relative. Malgré sa fréquence, la répulsion en est très rarement la cause; l'attraction, le plaisir font seuls défaut. Elle n'empêche que très rarement la femme de se marier, ne la rend jamais stérile ni mère imparfaite.

Il existe des hommes et des femmes qui vivent continuellement sous l'influence des organes génitaux. Ce sont ordinairement des sujets pauvres d'intelligence et des idiots.

Phacès cite un prince maure qui, en trois jours, donnait satisfaction à ses quarante femmes. On cite une femme publique qui, pendant dix ans, a reçu tous les jours dix hommes sans en souffrir.

C'est surtout chez la femme douée d'une ardente imagination que la continence provoque l'exaltation cérébrale et celle de l'organe génital.

No 3.--Durée de l'acte charnel.

Ovide, _Art d'aimer_, Livre II.

Allez doucement dans l'hyménée et ne vous hâtez pas d'atteindre le but; ne laissez pas votre maîtresse en arrière, et ne souffrez pas non plus qu'elle vous devance dans la course. Le plaisir n'est parfait que lorsque, également vaincus, l'homme et la femme rendent en même temps les armes.

J'aime à entendre la voix émue de ma maîtresse exprimer son bonheur et me prier de le faire durer.

Qu'il m'est doux de la voir se pâmer de plaisir et me demander merci.

La nature n'a point accordé cet avantage à la première jeunesse de la femme; il est réservé à l'âge qui suit le septième lustre.

A cet âge, et même à un âge plus avancé, les femmes instruites par l'expérience, qui seule forme les artistes, savent mieux tous les secrets de l'art d'aimer.

Elles rajeunissent leur corps à force de soins; par mille attitudes savantes, elles savent varier et doubler les plaisirs de Vénus; elles font goûter le plaisir sans recourir à des moyens honteux pour rallumer vos feux; la jouissance qu'elles procurent, elles la partagent également. C'est pour vous, c'est pour elles qu'elles agissent alors.

Nous emprunterons la note suivante et quelques autres au _Bréviaire de l'amour expérimental _de Jules Guyot, petit livre publié après la mort de l'auteur par trois savants très haut placés dans l'estime publique, _pour l'usage des gens du monde, même les plus chatouilleux au point de vue de la décence._

N° 4.--Simultanéité des spasmes.

Docteur Jules Guyot, 11° méditation.

La meilleure préparation pour la fécondation est la continence de l'homme.

L'époque la plus favorable à la conception est le septennaire qui suit la menstruation.

Les conditions nécessaires sont la simultanéité des deux spasmes ou, à défaut, le spasme de la femme provoqué le plus tôt possible après celui de l'homme.

L'ignorance ou la négligence de cette pratique est la cause des neuf dixièmes des unions stériles (cela explique et corrobore le conseil de Sanchez).

Cependant, par une déplorable facilité à la conception, la fécondation se produit très souvent sans que le spasme de la femme ait eu lieu.

CHAPITRE II

Positions et attitudes diverses dans l'acte sexuel qui permettent la fécondation.

Dans l'union supérieure, la femme doit se placer de manière à ouvrir l'yoni.

Dans l'union égale, elle se couche sur le dos dans la position naturelle et laisse l'homme lui faire un collier de ses bras.

Dans l'union inférieure, elle se pose de façon à rétrécir l'yoni; il est bon aussi qu'elle prenne des médicaments propres à hâter le moment où sa passion est satisfaite.

Pour la femme _Gazelle_, N° 1, couchée, il est trois positions:

PLEINEMENT OUVERTE.--Elle tient sa tête très basse, de manière à élever le milieu du corps. L'homme doit alors appliquer sur son linga ou sur l'yoni de la salive ou quelque onguent lubréfiant pour faciliter l'introduction.

BAILLANTE.--La femme lève les cuisses et les écarte.

CELLE DE L'ÉPOUSE D'INDRA.--Elle croise ses pieds sur ses cuisses, ce qui exige une certaine habitude. Cette position est très utile pour l'union très supérieure (N° 4 _étalon_, avec N° 1 _gazelle_).

Pour les unions inférieures et très inférieures, on a:

1° La position bouclante: l'homme et la femme étant couchés, ont leurs jambes étendues et appliquées directement, celles de l'un sur celles de l'autre.

La position peut être horizontale, de côté; dans cette dernière position, l'homme doit se tenir sur le côté gauche.

Cette règle doit être suivie toute les fois que l'on est couché et quelque soit le numéro typique de la femme.

POSITION DE PRESSION.--Après que la connexion s'est faite dans la position bouclante, la femme serre son amant avec ses cuisses.

POSITION ENTRELACÉE.--La femme croise, avec l'une de ses cuisses, la cuisse de l'homme.

POSITION DITE DE LA CAVALE.--La femme serre, comme dans un étau, le linga engagé dans son yoni. Cela s'apprend seulement par la pratique et se fait, principalement, par les femmes du pays d'Andra.

Souvarnanabha donne en outre:

LA POSITION MONTANTE.--Dans laquelle la femme lève ses jambes toutes droites.

LA POSITION BAILLANTE.--La femme place ses deux jambes sur les épaules de l'homme.

LA POSITION SERRÉE.--L'homme serre contre lui les deux pieds croisés et relevés de la femme; si un pied seulement est levé, la position est demi-serrée. La femme met un pied sur l'épaule de l'homme et étend l'autre jambe de côté; puis elle prend une position semblable du côté opposé, et continue ainsi alternativement.

L'ENFONCEMENT DU CLOU.--Une des jambes de la femme est sur la tête de l'homme et l'autre est étendue de côté.

LA POSITION DU CRABE.--Les deux pieds de la femme sont tirés et placés sur son estomac.

LE PAQUET.--La femme lève et croise ses cuisses.

LA FORME DU LOTUS.--Dans cette position, la femme croise ses jambes l'une sur l'autre, en tenant les cuisses écartées. Cette position est celle indiquée plus haut sous le nom de l'épouse d'Indra.

LA POSITION TOURNANTE.--L'homme, pendant la connexion, tourne autour de la femme sans se détacher d'elle, ni interrompre l'acte, tandis que la femme tient son corps embrassé; cela s'apprend seulement en s'y exerçant.

Il est facile et il convient, dit Souvernanabha, de s'unir de toutes les manières possibles étant dans le bain; mais Vatsyayana condamne toute connexion dans l'eau, comme contraire à la loi religieuse.

Quand la femme se tient sur ses mains et ses pieds comme un quadrupède, et que son amant la monte comme un taureau, cela s'appelle l'union de la vache. Dans cette position, on peut faire sur le dos toutes mignardises qui se font ordinairement sur le devant du corps. L'homme peut aussi saisir avec sa main droite les seins et avec la main gauche titiller le clitoris, tandis qu'il meut son linga dans le vagin, ce qui double la volupté de la femme ainsi caressée et peut hâter son spasme de manière à le faire coïncider avec celui de l'homme.

C'est la position où la matrice est la mieux située pour la conception, car alors son fond est plus bas que son orifice. C'est la plus naturelle et la moins voluptueuse, car le clitoris n'est point touché, à moins qu'on n'y porte la main.

APPENDICE AU CHAPITRE II

Note 1.--OVIDE, _Art d'aimer. _Livre III.

Ovide ne voit dans les attitudes diverses qu'un moyen de coquetterie pour les belles.

Que les femmes dit-il, apprennent à se connaître pour s'offrir avec tous les avantages aux combats de l'amour.

Si vous brillez par la beauté de vos traits, couchez-vous sur le dos; si vous avez une croupe élégante, présentez en aux yeux toute les richesses. Si vos jambes sont bien faites, placez les sur les épaules de votre amant, comme Mélanion posait sur ses épaules les jambes d'Alalante. Si vous êtes de petite taille, que votre amant remplisse le rôle de coursier. Celle dont la taille a des inflexions voluptueuses appuiera ses genoux sur le lit, en inclinant légèrement la tête. Celle dont les cuisses ont la ferme beauté de la jeunesse, dont les seins ont une courbure gracieuse, se couchera obliquement sur le lit de manière que son amant, debout près d'elle, la voie dans cette position charmante.

Celle dont les flancs portent les traces des travaux de Lucine combattra comme le Parthe, le dos tourné.

Vénus, la mère des amours, en sait varier les jeux de mille manières; mais la position la plus simple et la moins fatigante, est de s'étendre sur le côté droit.

Déjazet avait l'habitude de dormir sur le dos, parce que, disait-elle, «arrive qui plante!»

Note 2.--Théologiens.

Le P. Gury, art. 997.--Les fins qui rendent honnête l'acte conjugal sont:

1° La génération qui est l'une des principales;

2° Le moyen de satisfaire les obligations entre époux;

3° Le moyen de prévenir l'incontinence chez les époux;

4° Le désir d'animer ou de faire naître un amour honnête, de montrer ou provoquer l'affection conjugale.

(On peut remarquer que les deux dernières fins légitiment tous les plaisirs naturels entre époux, même stériles par le fait de leur conformation naturelle).

Art. 911.--La position tout à fait licite est celle que la nature elle-même enseigne; c'est-à-dire, la femme couchée dessous et l'homme dessus (faire la bête à deux dos, comme dit Rabelais).

Aucune position, quoique contre nature, n'est, en principe, gravement défendue, pourvu que l'acte conjugal puisse être accompli, parce qu'il n'y a pas d'obstacle à la génération.

Toute position contre nature, prise pour un motif légitime, est exempte de faute; car, parfois, ces positions sont plus commodes ou seules possibles; et toute commodité ou nécessité peut rendre légitime cette dérogation, légère en elle-même, à l'ordre naturel.

Art. 912.--Cela peut arriver pour différentes causes, même celle de la froideur, lorsqu'on est plus excité dans cette position.

Si l'homme, dit Sanchez, ne peut être amené à connaître sa femme hormis dans une certaine position, qui doutera que la femme est tenue de la prendre?

La position, quelle qu'elle soit, n'est condamnée en aucune façon, si elle est la seule possible.

C'est aussi l'opinion de saint Thomas et de plusieurs autres grands théologiens, notamment en ce qui concerne la position à retro.

Note 3.--Les hommes de l'art.

Docteur Debay, _Hygiène de l'homme et de la femme._

Toutes attitudes favorables à la fécondation sont permises, toutes celles qui y mettent obstacle doivent être proscrites. Ainsi les attitudes assises, indolentes, paresseuses éludent souvent le but de la nature. L'attitude droite est on ne peut plus fatigante, elle expose l'homme à de graves accidents, par exemple des tremblements convulsifs et des paralysies dans les jambes dans la seconde jeunesse.

La posture à retro doit être recommandée dans l'état de grossesse ou d'obésité de la femme et lorsque le membre viril n'a pas la longueur requise.

Lorsque celui-ci est trop long, il peut blesser le col de l'utérus et l'homme doit limiter son introduction à l'aide d'un bourrelet.

Aujourd'hui on applique à la racine de la verge, avant l'érection, un anneau creux en caoutchouc de la longueur nécesaire; il est aussi facile à mettre qu'à retirer. A son défaut, dit Venête (Cologne 1696), la femme pourra le remplacer agréablement par sa main.

CHAPITRE III

Attitudes qui ont pour but unique la volupté.

Lorsque l'homme et la femme s'unissent debout, appuyés l'un contre l'autre ou bien contre un mur ou un pilier, c'est _l'union appuyée._

Quand l'homme, adossé à un mur, soulève et soutient la femme assise sur ses mains jointes et entre ses bras, tandis que celle-ci, les bras entrelacés autour de son cou, l'embrasse avec ses cuisses vers le milieu du corps, et s'imprime à elle-même un mouvement, à l'aide de ses pieds qui touchent le mur auquel l'homme est appuyé, cela s'appelle la _connexion par suspension._

(Cette position est figurée dans la collection des fermiers généraux, reproduction des camées érotiques antiques).

On peut, de même, imiter l'acte du chien, du bouc, du daim, la montée et la pénétration forcée de l'âne et du chat, le bond du tigre, le frottement du verrat et la saillie de la jument par l'étalon, en opérant comme ces différents animaux avec leurs femelles.

L'UNION D'UN HOMME AVEC DEUX FEMMES.

Quand un homme caresse deux femmes dans le même moment, cela s'appelle l'union double. Elle peut se faire lorsque deux femmes se tiennent horizontalement sur le bord d'un lit, l'une sur l'autre, face à face, comme deux amants, et les jambes en dehors du lit; le linga passe alternativement d'un yoni dans l'autre, par des coups successifs, les uns à _recto_, les autres à _retro_.

L'union simultanée avec plusieurs femmes s'appelle l'union avec un troupeau de vaches.