Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 6/8)

Part 37

Chapter 373,336 wordsPublic domain

_Rue du Mont-Saint-Hilaire_ ou _du Puits-Certain_. Cette rue donne d'un côté dans les rues Saint-Jean-de-Beauvais et Chartière, de l'autre dans celles des Carmes et des Sept-Voies. Elle n'étoit d'abord désignée le plus souvent que sous le nom général de _clos Bruneau_: c'étoit celui du territoire sur lequel elle est située; mais dès le treizième siècle on lui donnoit déjà le nom qu'elle porte aujourd'hui. On l'appelle aussi vulgairement _rue du Puits-Certain_, à cause du puits public situé à l'entrée de cette rue, lequel fut construit par les soins et aux dépens de Robert Certain, curé de Saint-Hilaire. Du reste cette rue doit son dernier nom à l'église paroissiale qu'on y avoit élevée[469].

[Note 469: Dans cette rue est un cul-de-sac appelé _Bouvard_: c'étoit, dans l'origine, un chemin qui descendoit de la Montagne dans la rue des Noyers, et qui coupoit le clos Bruneau en deux parties. Quoi qu'en dise l'abbé Lebeuf (t. I, p. 206), il paroît que cette ruelle n'existoit pas dans le treizième siècle, Guillot et le rôle des taxes de ce temps-là n'en parlent pas. Dans les siècles suivants on la trouve désignée d'abord sous le nom de _Longue-Allée_, ensuite sous ceux de _Josselin_, _Jousselin_, _Jusseline_, _Saint-Hilaire_. Jaillot pense que son dernier nom de _Bouvard_, ainsi, que celui de la _cour des Boeufs_, qui n'en est pas très-éloigné, est dû aux bouchers de la Montagne, qui mettoient leurs boeufs dans ces deux endroits. (Ce cul-de-sac est aujourd'hui fermé.)]

_Rue Jacinthe._ Elle traverse de la rue Galande dans celle des Trois-Portes. Elle a même été long-temps confondue avec cette dernière sur les plans et dans les censiers de Sainte-Geneviève. On l'a aussi appelée _ruelle Augustin_.

_Rue Saint-Jacques._ Elle commence au coin des rues Saint-Séverin et Galande, et finit à l'ancienne porte, au coin des rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques. Au douzième siècle cette rue n'avoit point de nom particulier: on l'appeloit simplement _vicus Magnus_, _Major vicus_, _major vicus parvi Pontis_. Dans le siècle suivant, une chapelle de Saint-Jacques lui fit prendre le nom de cet apôtre, et le donna également aux religieux qui s'y établirent. Elle reçut aussi dans ses diverses parties les noms des églises qui en étoient les plus voisines. On trouve en 1263[470]: _Magnus vicus Sancti Jacobi Prædicatorum_; en 1250, 1258 et 1268, _Magnus vicus Sancti Stephani de Gressibus_; en 1273, _magnus vicus prope Sanctum Benedictum le Bestournet_; en 1298, _Magnus vicus ad caput ecclesiæ Sancti Severini_; _grant rue_, _grant rue outre le Petit-Pont_, _grant rue vers Saint-Mathelin_, _grant rue Saint-Benoît_, etc.; enfin _grand rue Saint-Jacques_.

[Note 470: Cartul. Sorb., fol. 28.]

_Rue du Faubourg-Saint-Jacques._ Elle fait la continuation de la rue Saint-Jacques depuis les rues Saint-Hyacinthe et des Fossés-Saint-Jacques jusqu'à la barrière et au nouveau boulevard[471].

[Note 471: Cette rue étoit anciennement traversée par plusieurs rues, et contenoit quelques culs-de-sacs, qui, même avant la révolution, ne subsistoient plus qu'en partie.

1º. La _rue de Paradis_. Elle étoit située à côté du passage qui conduisoit aux Ursulines. Son premier nom étoit _rue Notre-Dame-des-Champs_[471-A]; on la nomma ensuite _ruelle Jean-le-Riche_ et _Neuve-Jean-Richer_[471-B], _des Poteries_, _de Saint-Séverin_. Le nom de Paradis vient d'une enseigne. (Cette rue, élargie maintenant par la démolition du couvent qui en étoit voisin, est appelée rue des Ursulines.)

2º. Les culs-de-sac des Ursulines et des Feuillantines: c'étoient deux passages qui conduisoient aux monastères de ces religieuses. Le premier est entré dans la nouvelle rue des Ursulines, l'autre est détruit sans qu'il en reste aucune trace.

3º. La _rue des Marionnettes_. Elle étoit ouverte en face du passage des Carmélites, et aboutissoit à la rue de l'Arbalète. On la trouve dans les censiers de Sainte-Geneviève sous les noms du _Mariollet_ et du _Marjollet_. Jaillot pense que ce nom lui vient d'un marmouzet placé sur la porte d'une grande maison qui servoit de boucherie. Ce marmouzet étoit appelé la Tête-Noire. Les jardins de cette maison, composés de cinq arpents, entrèrent dans le territoire des Feuillantines; la rue fut fermée, et la partie qui donnoit dans celle de l'Arbalète fut accordée par la ville aux filles de la Providence. (Il ne reste plus de vestiges de cette rue.)

4º. Le cul-de-sac ou passage des Carmélites, qui se prolongeoit ci-devant jusque dans la rue d'Enfer.

5º. La _rue des Samsonnets_. Cette rue, partant du coin des murs du Val-de-Grâce, alloit aboutir dans la rue des Bourguignons, au champ des Capucins. On la trouve sous les noms de _rue du Samsonnet-à-la-Croix_ et _du Puits-de-l'Orme_. En 1636 elle s'appeloit _rue de l'Égout_, parce qu'elle servoit en effet à cet usage. Vers cette époque, les protestants avoient dans cette rue un prêche, qu'on appeloit vulgairement _Temple de Jérusalem_[471-C]. Elle étoit fermée depuis long-temps, et est aujourd'hui entièrement détruite.

6º. Enfin la _ruelle Saint-Jacques-du-Haut-Pas_, qui traversoit de la rue du Faubourg dans celle d'Enfer: ce passage se fermoit la nuit par deux portes grillées.]

[Note 471-A: Sauval, t. I, p. 255.]

[Note 471-B: Cens. de S. Genev.]

[Note 471-C: Reg. de la ville, fol. 238.]

_Rue des Fossés-Saint-Jacques._ Cette rue, qui commence à l'endroit où étoit l'ancienne porte qui sépare la ville des faubourgs, aboutit à l'Estrapade. Son nom vient des fossés sur lesquels elle a été bâtie.

_Rue Jean-de-Beauvais._ Elle aboutit d'un côté à la rue des Noyers, de l'autre à celles de Saint-Jean-de-Latran et du Mont-Saint-Hilaire. Sans nous arrêter à relever l'erreur de Sauval[472], qui la confond avec la rue de Beauvais située près du Louvre, nous dirons qu'elle prit d'abord le nom d'un ancien clos de vignes appelé dans les titres _clausum Brunelli_, _clos Burniau_, _Brunel_ et _Bruneau_, au travers duquel elle fut percée, et qu'elle le portoit encore au milieu du quinzième siècle; celui de Beauvais n'est pas si ancien, et a excité de longues discussions parmi les antiquaires. Les uns veulent qu'il vienne de la chapelle de Beauvais, dédiée sous l'invocation de saint Jean-Baptiste; l'autre d'un libraire nommé Jean de Beauvais, dont la maison étoit située au coin de cette rue. Cette question est si peu importante, que nous ne voulons ni exposer les raisons alléguées pour et contre, ni faire un choix dans ces deux opinions[473].

[Note 472: T. I, p. 125.]

[Note 473: Il y avoit autrefois dans cette rue un passage qu'on nommoit _petite ruelle de Saint-Jean-de-Latran_, et qui conduisoit à l'enclos de la maison du même nom.]

_Rue Saint-Jean-de-Latran._ Elle aboutissoit d'un côté au haut de la rue Saint-Jean-de-Beauvais, de l'autre à la place Cambrai. On l'appeloit anciennement _rue de l'Hôpital_, à cause des _Hospitaliers_ qui s'y établirent au douzième siècle. C'est par la même raison qu'au quatorzième elle étoit désignée sous les noms de _rue Saint-Jean-de-l'Hôpital_, _Saint-Jean-de-Jérusalem_ et enfin _Saint-Jean-de-Latran_.

_Rue Judas._ Elle traverse de la rue des Carmes à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Ce nom est ancien; les cartulaires de Sainte-Geneviève de 1243 et 1248 indiquent déjà cette rue, _vicus Jude_. On peut présumer qu'il y demeuroit des Juifs au douzième siècle.

_Rue-Saint-Julien-le-Pauvre._ Elle aboutit d'un côté à la rue Galande, de l'autre à celle de la Bûcherie. Ce seroit une des plus anciennes de Paris, si, dès l'origine, on avoit donné ce nom au chemin qui conduisoit à l'église Saint-Julien; mais il n'y avoit, dans ces temps reculés, que quelques maisons éparses de ce côté, qui depuis, s'étant multipliées et rapprochées, ont enfin formé la rue dont nous parlons.

_Rue des Lavandières._ Cette rue donne d'un côté dans la rue des Noyers, et aboutit de l'autre à la place Maubert. Elle devoit son nom aux lavandières que la proximité de la rivière avoit engagées à se placer dans ce quartier. Les titres en font mention, dans le treizième siècle, sous les noms de _vicus et ruella Lotricum_[474]. Guillot et le rôle des taxes de 1313 l'appellent _rue à Lavandières_ et _aux Lavandières_. Ce nom n'a pas varié.

[Note 474: Cart. de S. Genev. de 1243; Cart. Sorbon. de 1259.]

_Rue des Lionnois._ Elle aboutit d'un côté à la rue des Charbonniers, et de l'autre à celle de Lourcine. Cette rue fut percée au commencement du dix-septième siècle.

_Rue Maillet_[475]. Cette rue, ouverte depuis 1780, donne d'un côté dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques, de l'autre dans celle d'Enfer.

[Note 475: Elle se nomme maintenant _rue Cassini_.]

_Rue des Noyers._ Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à la place Maubert. Le nom qu'elle porte lui fut donné à cause de quelques noyers plantés au bas du clos Bruneau, dans l'endroit où elle est située. Sauval[476] prétend qu'elle a porté le nom de Saint-Yves, et n'en donne aucune preuve: on la trouve, au contraire, dans tous les titres sous sa première dénomination, qu'elle paroît avoir toujours conservée. Elle est appelée successivement, dès le treizième siècle, _vicus de Nuceriis_ et _Nucum_; _vicus Nucium_; _vicus de Nucibus_[477].

[Note 476: T. I, p. 153.]

[Note 477: Cart. de S. Genev. de 1243.]

_Rue de l'Observatoire_[478]. Elle règne le long de l'enceinte dans laquelle on a construit le monument auquel elle doit sa dénomination. Ce n'étoit encore, au siècle dernier, qu'un chemin sans nom: ce n'est que depuis peu d'années qu'on a enfin inscrit à ses extrémités celui qu'elle porte aujourd'hui.

[Note 478: Cette rue est maintenant fermée d'un côté. La partie qui donne dans la rue du Faubourg-Saint-Jacques forme un cul-de-sac nommé de _Longue Avoine_.

À côté de ce cul-de-sac on a percé une rue nouvelle qui aboutit au boulevard. Elle se nomme _rue Le Clerc_.]

_Rue du Plâtre._ Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Jacques, de l'autre à celle des Anglois, et doit son nom à une plâtrière qu'on y avoit ouverte dès le treizième siècle. Il n'a varié jusqu'à présent que dans la manière de l'écrire, et non dans sa signification. En 1247 et 1254 on trouve _vicus Plastrariorium... Domus Radulphi Plastrarii_; _vicus Plastrariorium_ et _Plasteriorum_ en 1250; _rue de la Platrière_, en 1300; _à Plastriers_ et _des Plastriers_ au même siècle; enfin _rue du Plastre_ au quinzième et depuis[479].

[Note 479: Cart. Sorb., fol. 64 et 123.--Pastor. A, p. 709.--Nécrol. de N. D., 16 juin.]

_Rue du Petit-Pont._ Elle commence au Petit-Châtelet, et finit au bout des rues Galande et Saint-Séverin. Quoiqu'elle portât très-anciennement ce nom, et que, dans tous les actes des douzième et treizième siècles qui la concernent, on lise _vicus Parvi Pontis_, Jaillot cependant la trouve désignée, en 1230, sous celui de _rue Neuve_, _vicus Novus_[480].

[Note 480: Arch. de S. Germ.-des-Prés.]

_Rue des Trois-Portes._ Elle aboutit d'un côté à la rue des Rats, de l'autre à celle du Pavé-de-la-Place-Maubert. Elle portoit ce nom dès le treizième siècle; on lui donna depuis celui d'_Augustin_, et le censier de Sainte-Geneviève l'indique ainsi: _Ruelle Augustin, dite des Trois-Portes_. L'abbé Lebeuf a donné de ce dernier nom une étymologie qui ne semble pas juste; Jaillot qui la combat, prouve que la véritable origine de cette dénomination vient de ce qu'il n'y avoit que trois maisons dans cette rue, et par conséquent trois portes. Les autorités qu'il cite à ce sujet paraissent sans réplique[481].

[Note 481: Quart. S. Ben., p. 197.]

_Rue des Postes._ Elle commence à l'Estrapade, et finit à la rue de l'Arbalète. Son premier nom étoit _rue des Poteries_; et l'étymologie de ce nom, qui a fort exercé les antiquaires, nous semble avoir été heureusement expliquée par Jaillot[482]. «Dans tous les titres de Sainte-Geneviève, dit-il, l'endroit où cette rue est située est nommé _le clos des Poteries_, _le clos-des-Métairies_. Il étoit planté en vignes qui _avoient été baillées, à la charge de payer_ le tiers-pot _en vendange de redevance seigneuriale_.» Voilà donc la véritable origine du nom de clos des Poteries. On le lui donnoit encore, quoique les vignes eussent été arrachées, et qu'on y eût bâti des maisons. Les terres labourées qu'on substitua aux vignes lui firent donner celui de _clos des Métairies_. Quant à la rue, dès le seizième siècle son nom primitif étoit altéré, car, dans le terrier du roi de 1540, elle est appelée _rue des Poteries_, et maintenant _des Postes_[483].

[Note 482: Quart. S. Ben., p. 198.]

[Note 483: Il y avoit autrefois dans cette rue deux ruelles qui y aboutissoient, et qui ne subsistent plus. On les appeloit _Chartière_ et _de la Sphère_.

Il y avoit aussi deux autres rues, changées depuis en cul-de-sac. La première se nommoit anciennement _Saint-Séverin_, _des Poteries-des-Vignes_ et _de la Corne_. Sa situation entre les murs de plusieurs communautés et des rues désertes en ayant rendu le passage extrêmement dangereux, on la fit fermer, et elle prit alors le nom de _cul-de-sac de Coupe-Gorge_. Plusieurs accidents qui y arrivèrent encore depuis ce changement déterminèrent enfin à la détruire tout-à-fait, et le terrain en fut donné à ceux dont les jardins y aboutissoient. Ce cul-de-sac s'étendoit autrefois jusqu'à la rue des Marionnettes, et comprenoit la _rue du Puits-de-la-Ville_, qui avoit été en partie cédée aux filles de la Providence.

Le second cul-de-sac, qui formoit une rue, laquelle aboutissoit à la précédente, existe encore, et se nomme le _cul-de-sac des Vignes_. Cette rue traversoit celle des Postes, et s'étendoit du côté opposé jusqu'à la rue Neuve-Sainte-Geneviève. Elle devoit son nom au clos de vignes sur lequel elle avoit été ouverte. Cependant on lit dans un terrier de Sainte-Geneviève, de 1603, qu'auparavant on l'appeloit _rue Saint-Étienne_, _Neuve-Saint-Étienne_, _clos des Poteries_; et qu'alors il y avoit un cimetière destiné aux pestiférés.]

_Rue du Pot-de-Fer._ Elle traverse de la rue des Postes dans la rue Moufetard. Le terrier de Sainte-Geneviève de 1603 l'appelle _rue du Bon Puits_, à présent dite _du Pot-de-Fer_. Plus anciennement elle se nommoit _rue des Prêtres_. Son dernier nom lui vient d'une enseigne. Sauval et d'autres disent qu'elle s'appeloit autrefois _rue du Bon-Qutto_[484]; c'est sans doute une faute d'impression.

[Note 484: T. I, p. 159.]

_Rue des Poules._ Elle aboutit à la Vieille-Estrapade et à la rue du Puits-qui-Parle. Elle fut nommée ainsi en 1605[485]; auparavant on l'appeloit _rue du Châtaignier_. C'étoit dans cette rue que les protestants avoient autrefois leur cimetière. Un contrat passé en 1635 l'indique sous le nom de _rue du Mûrier_, dite _des Poules_.

[Note 485: Cens. de Ste. Genev., fol. 103.]

_Rue des Prêtres._ Elle traverse de la rue Bordet au carré Sainte-Geneviève. En 1248 on l'appeloit _vicus Monasterii_. Guillot la nomme _petite ruellette Saint-Geneviève_. On la trouve aussi sous le nom de _rue du Moutier_. Enfin on l'a nommée rue des Prêtres, et ces deux noms sont relatifs à l'église où elle conduit, et aux prêtres qui s'y sont logés.

_Rue du Puits-qui-Parle._ Elle aboutit d'un côté à la rue Neuve-Sainte-Geneviève, et de l'autre à celle des Postes. On lui a donné le nom qu'elle porte à cause du puits d'une maison qui fait le coin de cette rue et de celle des Poules, lequel formoit un écho. Les censiers de Sainte-Geneviève l'indiquent sous ce nom dès 1588. Rien ne prouve qu'anciennement elle ait été appelée _rue des Rosiers_, comme l'avancent Sauval et quelques autres[486].

[Note 486: T. I, p. 160.]

_Rue-du-Puits-de-la-Ville._ Elle est depuis long-temps fermée à ses deux extrémités. Nous venons de dire que c'étoit la continuation de la rue de la Poterie et de celle des Vignes. Elle devoit ce nom à un _regard_ pour les eaux qu'on y avoit pratiqué.

_Rue des Rats._ Cette rue donne d'un côté dans la rue Galande, de l'autre dans celle de la Bûcherie. Guillot la désigne sous le nom de _rue d'Arras_; et le plus ancien censier de Sainte-Geneviève, sous celui des Rats. Ainsi elle est antérieure au règne de Charles VI, sous lequel Sauval prétend qu'elle fut ouverte[487]. Son dernier nom lui vient d'une enseigne.

[Note 487: _Ibid._]

_Rue de Reims._ Elle aboutit d'un côté à la rue des Sept-Voies, de l'autre à celle des Cholets. On l'appeloit, au commencement du treizième siècle, _rue au duc de Bourgogne_; et on la trouve encore désignée sous le même titre dans le censier de Sainte-Geneviève de 1540.

_Rue de la Santé._ Elle commence au champ des Capucins, et aboutit à la barrière. On ne la connoissoit autrefois que sous le nom de _chemin de Gentilli_. Elle doit celui qu'elle porte aujourd'hui à l'hôpital qui y étoit situé.

_Rue des Sept-Voies._ Cette rue donne d'un côté dans la rue Saint-Étienne-des-Grés, et de l'autre dans celle du Mont-Saint-Hilaire; dès le douzième siècle on la nommoit ainsi: _apud Septem vias_[488]. On trouve en effet sept rues qui aboutissent au milieu ou aux extrémités de celle-ci. Guillot l'appelle _rue de Savoie_; c'est sans doute pour la rime, car on ne trouve aucun titre qui fasse mention d'un hôtel ou de quelque autre propriété des ducs de Savoie en cet endroit[489].

[Note 488: Cart. S. Gen., p. 83.]

[Note 489: Dans cette rue est un passage nommé _cour des Boeufs_, qui communique de la rue des Sept-Voies à celle de la Montagne-Sainte-Geneviève. Au seizième siècle on l'appeloit _rue aux Boeufs_. Cette rue existoit dès le quatorzième, mais ne portoit alors aucun nom. La demeure de quelques bouchers, et les étables dans lesquelles ils mettoient leurs boeufs lui ont fait donner cette dénomination, qui n'a pas varié.]

MONUMENTS NOUVEAUX

_Et réparations faites aux anciens monuments depuis 1789._

_Église Sainte-Geneviève._ Ce monument sacré, dont les révolutionnaires avoient fait le temple de la déesse _Raison_ et les catacombes de leurs grands hommes, vient enfin d'être rendu à sa destination primitive. Les emblèmes hideux dont ses murs étoient couverts ont été effacés; la croix brille sur le sommet de son dôme et décore son fronton.

Dans l'intérieur elle ne présente encore que des murs entièrement nus et des autels dépouillés d'ornements: espérons qu'on reconnoîtra qu'il est impossible de la laisser long-temps encore dans un tel état sans manquer à toutes les convenances. Cette église est maintenant desservie par les prêtres des missions de France.

_Église Saint-Étienne-du-Mont._ Cette église a été décorée de deux nouveaux tableaux: la lapidation de saint Étienne, par M. Abel Pujol, très-beau morceau, qui a commencé sa réputation; un tableau de M. Grenier, représentant un des actes de la vie de sainte Geneviève. L'un et l'autre ont été donnés par la ville à cette église, en 1819.

_Le Séminaire Saint-Magloire._ On a démoli l'église, augmenté les bâtiments destinés aux sourds-muets, et élargi le passage qui communique avec la rue d'Enfer, pour y pratiquer une rue nouvelle.

_Saint-Jacques-du-Haut-Pas._ Cette église a obtenu de la munificence de la ville un nouveau tableau représentant un Christ au tombeau. Le dessin en est médiocre; mais la manière dont il est peint rappelle la grande école des peintres italiens, que son auteur paroît vouloir imiter. Ce tableau a été donné en 1819.

_L'Observatoire._ En avant de ce bâtiment, ont été construits deux pavillons qui servent de logement au concierge. De l'un à l'autre de ces pavillons règne une grille de fer qui sert d'entrée; et une avenue plantée d'arbres se prolonge depuis cette grille jusqu'à celle du jardin du Luxembourg.

_Collége de Henri IV._ Il a été placé dans les bâtiments de Sainte-Geneviève, auxquels on a ajouté de nouvelles constructions, principalement du côté de la rue _Clovis_.

_Filles de la Présentation de Notre-Dame._ Les bâtiments de cette communauté qui, depuis quelques années, ont été considérablement augmentés, sont occupés par le nouveau collége de Sainte-Barbe, aujourd'hui l'un des plus florissants de l'Université.

_Marché des Carmes._ Sur le terrain qu'occupoient l'église et le couvent de ces religieux, on a élevé un nouveau marché destiné à remplacer l'ancien marché de la place Maubert.

Ce monument forme un carré long, percé de grandes arcades, dont trois sont ouvertes sur chaque face, et servent d'entrée. On en compte extérieurement treize sur les grands côtés, onze sur les petits; intérieurement sept sur cinq, formant également un carré long qui sert de cour, et au milieu duquel on a élevé une fontaine. La composition en est simple: un bassin circulaire reçoit l'eau d'un socle carré sur lequel on a sculpté en creux deux navires antiques, deux cornes d'abondance, des guirlandes de fruits, des caducées. Sur l'une des faces est écrit le mot _Abondance_, sur l'autre le mot _Commerce_. Un double Hermès offrant deux têtes qui supportent un panier de fruits, couronne cette composition.

Au-dessus des arcades ont été pratiquées des ouvertures carrées-longues pour aérer le bâtiment. Le toit, qui a peu d'élévation, est couvert de tuiles rondes; l'ensemble de cette construction a le caractère qu'il doit avoir: c'est un très-beau morceau d'architecture.

RUES NOUVELLES.

_Rue Cassini._ Voyez rue _Maillet_.

_Rue Clovis._ Elle est percée sur une partie du terrain qu'occupoit l'ancienne église Sainte-Geneviève.

_Rue Jean-Hubert._ Voyez rue _des Chiens_.

_Rue Leclerc._ Voyez rue de _l'Observatoire_.

_Rue Méchin._ Voyez rue _des Capucins_.

_Rue d'Ulm._ Elle commence à la rue de la Vieille-Estrapade, et aboutit à celle des Ursulines.

_Rue des Ursulines._ Elle a été formée de l'ancien cul-de-sac qui portoit le même nom; et s'ouvrant sur la rue du Faubourg Saint-Jacques, elle vient aboutir à la rue d'Ulm, avec laquelle elle forme un équerre.

_Rue du Val-de-Grâce._ Elle est percée en face du portail de l'église de ce couvent, et communique de la rue du Faubourg-Saint-Jacques à la rue d'Enfer.

QUARTIER S.-ANDRÉ-DES-ARCS.

Ce quartier est borné à l'orient par les rues du Petit-Pont et Saint-Jacques exclusivement; au septentrion par la rivière, depuis la place qu'occupoit le petit Châtelet jusqu'au coin de la rue Dauphine; à l'occident par la rue Dauphine inclusivement; et au midi par les rues Neuve-des-Fossés-Saint-Germain-des-Prés, des Francs-Bourgeois et des Fossés-Saint-Michel ou de Saint-Hyacinthe exclusivement, jusqu'au coin des rues Saint-Jacques et Saint-Thomas.

On y comptoit, en 1789, quarante-sept rues, trois culs-de-sac, trois églises paroissiales, cinq communautés d'hommes, treize colléges dont douze sans exercice, la Sorbonne, l'Académie royale de chirurgie, etc.

ORIGINE DU QUARTIER.