Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 2/8)
Part 38
[Note 621: Il est occupé maintenant par le grand aumônier de France.]
[Note 622: Il appartient à M. de Talleyrand-Périgord, prince de Bénévent. L'empereur de Russie l'a occupé en 1814.]
JARDIN DE MOUCEAUX.
Avant l'époque de la dernière enceinte élevée sous Louis XVI, Mouceaux étoit un hameau situé hors de Paris, à l'extrémité septentrionale du quartier que nous décrivons, entre l'église paroissiale de Clichy et les dernières maisons de la ville. Il y avoit en cet endroit un château nommé _Belair_, appartenant à M. Grimod de La Reynière, fermier général; à ce château étoit attachée une petite chapelle, dédiée sous l'invocation de saint Étienne, et qui servoit de succursale à l'église de Clichy.
C'est dans cet endroit que le dernier duc d'Orléans fit planter, en 1778, le parc anglais connu aujourd'hui sous le nom de _jardin de Mouceaux_. Le dessinateur de ce délicieux paysage a trouvé le moyen de réunir dans un espace peu étendu tous les prestiges et tous les effets pittoresques qu'on peut désirer dans ce genre de plantations. Ce jardin n'a point cessé d'être entretenu avec le plus grand soin.
PÉPINIÈRES DU ROI.
Elles occupoient un terrain considérable que séparoit en deux la rue de Courcelles. On y cultivoit, en pleine terre, les arbres étrangers des espèces les plus rares.
ÉCURIES DU ROI.
Elles ont été établies dans la portion de l'hôtel Longueville qui n'a point encore été démolie.
ÉCURIES DU COMTE D'ARTOIS.
Elles sont situées sur les terrains de l'ancienne pépinière du roi[623], que ce prince avoit achetés. Commencées peu de temps avant la révolution, sur les dessins et sous la conduite de M. Bellanger son architecte, elles n'ont point été achevées, et méritoient de l'être. La partie gauche, qui seule est terminée, offre des constructions très-élégantes, qui font regretter de ne pouvoir jouir de l'ensemble d'un aussi joli monument.
[Note 623: Au coin de la rue Neuve-de-Berri et de celle du faubourg du Roule.]
HÔTEL DES ÉCURIES DU ROI.
Cet hôtel étoit situé, avant la révolution, en face du pavillon Marsan. Il a été abattu, et sur le terrain qu'il occupoit a été élevé un passage couvert et garni de boutiques, dit le passage Delorme.
FONTAINES.
_Le Château-d'Eau._
Nous ayons déjà parlé de ce monument, élevé en face du Palais-Royal par le duc d'Orléans, régent[624].
[Note 624: _Voyez_ p. 901.]
_Fontaine des Quinze-Vingts._
Elle étoit située dans l'enclos de cet hôpital, et a été abattue en même temps que ses bâtiments.
_Fontaine de Richelieu_.
Elle est située dans la rue qui porte ce nom, et au coin de la rue Traversière. On y lisoit cette inscription composée par Santeuil:
_Qui quondam magnum tenuit moderamen aquarum Richelius, fonti plauderet ipse novo._
Cette fontaine, qui rappelle les compositions incohérentes de l'ancienne école française, se compose d'une niche accompagnée de pilastres doriques, avec table renfoncée et coquilles; un fronton que surmontent des figures en relief couronne cette composition; et au-dessus s'élève un grand amortissement avec pilastres corinthiens et consoles renversées. Il n'est pas nécessaire de faire remarquer combien un semblable style est bizarre et contraire à tous les principes du bon sens et du bon goût.
_Fontaine du Diable_.
Cette fontaine, située rue de l'Échelle, à l'extrémité de celle de Saint-Louis, fut reconstruite à neuf en 1759. La composition en est agréable: elle offre une pyramide portée sur un piédestal, et ornée d'une table saillante au-dessus de laquelle sont groupées deux divinités marines qui soutiennent la proue d'un vaisseau. Ces figures sont d'un bon caractère; et celui du monument entier est d'une simplicité élégante qui peut étonner, si l'on considère l'époque à laquelle il a été construit.
_Fontaine d'Amour._
Cette fontaine, qui n'a rien de remarquable dans son architecture, est située à l'angle des rues des Moineaux et des Moulins.
_Fontaine des Capucins._
Cette fontaine, dont l'architecture ne mérite également aucune attention, est située rue Saint-Honoré, et fut construite en 1718, près de la porte du monastère de ces religieux. On y lit encore cette inscription composée par Santeuil:
_Tot loca sacra inter pura est quæ labitur unda: Hanc non impuro quisquis es ore bibas._
_Fontaine de la place Louis XV._
Cette fontaine, qui a été détruite, étoit située près de l'entrée de l'Orangerie.
BARRIÈRES.
Les limites du quartier du Palais-royal, du côté du couchant, terminent la ville de Paris dans un espace qui s'étend depuis le bord de la rivière jusqu'au-delà du jardin de Mouceaux. Il y a dans cette partie des nouvelles murailles élevées sous Louis XVI, huit barrières qui se présentent dans l'ordre suivant:
1. Barrière des Bons-Hommes. 2. -------- de Franklin. 3. -------- de Passy, ou de Ste-Marie. 4. -------- de Longchamps. 5. -------- du Réservoir, ou des Bassins. 6. -------- de Chaillot, ou de Neuilly. 7. -------- du Roule. 8. -------- de Courcelles. 9. -------- de Montmartre[625].
[Note 625: On trouvera à la fin du troisième volume de cet ouvrage une notice sur les barrières de Paris, qui sont au nombre de cinquante, et dont plusieurs sont remarquables par l'élégance et le bon style de leur architecture.]
RUES ET PLACES
DU QUARTIER DU PALAIS-ROYAL.
_Rue d'Anglade._ Elle va de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne, et doit son nom à un maître Cartier, nommé _Gilbert Anglade_, qui, en 1639, acheta un emplacement rue des Moulins, sur lequel celle-ci a été ouverte. Dans un censier de l'archevêché, de 1663, elle est nommée _Anglas_ par altération; et cette erreur a porté Sauval à lui chercher de fausses étymologies, et à rejeter la véritable. Cette rue n'est indiquée sous aucun nom sur les plans de Gomboust et de Jouvin.
_Rue d'Angoulême._ Cette rue, percée depuis 1780, aboutit d'un côté dans la rue du Faubourg du Roule, et de l'autre à celle de Ponthieu.
_Rue d'Anjou._ Elle aboutit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et à celle de la Ville-l'Évêque; elle étoit bâtie et connue sous ce nom dès l'an 1649. Elle est nommée dans un plan manuscrit _rue des Morfondus_, dite _d'Anjou_.
_Rue Sainte-Anne._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier commence au carrefour _des Quatre Cheminées_, et finit à la rue Neuve-des-Petits-Champs. Cette rue, percée en 1633, prit le nom de Sainte-Anne, en l'honneur d'Anne d'Autriche, épouse de Louis XIII. Elle n'alloit encore, en 1663, que jusqu'à la rue Clos-Georgeot, au-dessus de laquelle étoient deux moulins qui l'avoient fait appeler _rue des Moulins_, et du _Terrain aux Moulins_. Auparavant, cet endroit est nommé, dans les anciens titres de l'archevêché, _la Place au Sang et la Basse-Voirie_, parce qu'on y déposoit les boues et les immondices. Le 15 septembre 1667, quatre particuliers obtinrent, par un arrêt du conseil, l'autorisation d'aplanir la butte qui existoit en cet endroit, et d'y tracer douze rues nouvelles[626]. Elles furent couvertes de maisons dans les années suivantes, et tout cet endroit étoit bâti en 1677. C'étoit à l'entrée de cette rue qu'étoit le marché aux pourceaux, qu'on y avoit placé en 1528, et qui subsistoit encore en 1609.
[Note 626: Traité de la Pol., t. 1, p. 88.]
_Rue de l'Arcade_, ou _de la Pologne_. Elle va de la rue de la Magdeleine à celle de Saint-Lazare, vulgairement dite des Porcherons. Cette rue doit son premier nom à une arcade ou voûte qui servoit à faciliter la communication des jardins des religieuses de la Ville-l'Évêque; le second à une maison et terrain appelé la Petite Pologne, où elle conduisoit. Elle se trouve indiquée dans quelques titres de l'archevêché sous le nom d'_Argenteuil_.
_Rue d'Argenteuil._ Elle aboutit d'un côté rue des Frondeurs, de l'autre à la rue Neuve-Saint-Roch, et est ainsi nommée parce qu'elle a été bâtie sur l'ancien chemin qui conduit à Argenteuil.
Entre cette rue et celle des Moineaux et des Orties, étoit placé au dix-septième siècle le marché aux chevaux. Il y est resté jusqu'en 1667. Anciennement cet endroit s'appeloit _la Haute-Voirie du faubourg Saint-Honoré_. Il est ainsi désigné dans un titre du 12 mars 1564[627].
[Note 627: Arch. de l'archev.]
Il y a dans la rue d'Argenteuil un passage qui communique à la rue Saint-Honoré. Il règne le long de l'église Saint-Roch et y conduit. C'étoit anciennement un cul-de-sac sous le nom de Saint-Roch, qui aboutissoit à une des portes de l'église avant sa reconstruction. Il se prolonge maintenant jusqu'à la rue Saint-Honoré.
_Rue d'Astorg._ Cette rue, située dans le faubourg Saint-Honoré, et ouverte depuis 1779, donne d'un bout dans la rue Roquépine, et finit de l'autre à un carrefour où viennent aboutir les rues des Saussayes, de Surêne et de la Ville-l'Évêque. Elle doit son nom à une famille distinguée qui y avoit un hôtel.
_Rue aux Bassins._ C'est une ruelle sans maisons, située dans Chaillot, vis-à-vis la barrière de Longchamps.
_Rue des Batailles._ Cette rue, située dans Chaillot, n'a fait partie de la ville qu'à l'époque où ce village y a été renfermé. Elle fait la continuation de la grande rue de Chaillot jusqu'à la barrière de Passy, où étoit autrefois situé le couvent de la Visitation.
_Rue de Beaujolois._ Elle a été percée depuis 1780 sur l'ancien emplacement des Quinze-Vingts. Elle donne d'un bout dans la rue de Chartres, et de l'autre dans celle de Valois. Il y a une autre rue de Beaujolois qui va du passage de Radziville à l'autre extrémité de la façade du nord du Palais-Royal où elle donne dans la rue Montpensier.
_Rue de Berri._ Cette rue, également ouverte depuis 1780, donne d'un côté dans la rue du Faubourg-du-Roule, et de l'autre dans celle de Ponthieu, et sur l'avenue de Neuilly. Elle se nomme maintenant rue _Neuve de Berri_.
_Rue des Blanchisseuses._ C'est une ruelle de Chaillot qui sépare des jardins, et aboutit d'un côté à la grande rue de ce village, de l'autre à l'allée des Veuves.
_Rue des Boucheries._ Elle va de la rue Saint-Honoré dans celle de Richelieu; elle fut bâtie vers l'an 1638. Son nom lui vient de la boucherie des Quinze-Vingts, qui fut construite vis-à-vis, lorsqu'on démolit la porte Saint-Honoré pour la reporter plus loin.
_Cul-de-sac de la Brasserie_ (_Voy._ rue Traversière).
_Rue Brunette._ Cette rue donne d'un côté dans la grande rue de Chaillot et la rue des Batailles, de l'autre dans la rue Basse de Chaillot. Elle se nomme aujourd'hui rue _Gasté_.
_Rue du Carrousel._ Elle étoit ainsi nommée de la place qui est devant le château des Tuileries, et aboutissoit à la rue de l'Échelle. Elle avoit été bâtie sur l'emplacement des fossés qui régnoient le long des murailles de la ville, lorsque l'enceinte de ces murailles suivoit la rue Saint-Nicaise. Cette rue a été détruite et est entrée dans le plan de la nouvelle place du Carrousel.
_Grande rue de Chaillot._ Cette rue, qui traverse presque tout le village de ce nom, donne d'un côté dans l'avenue de Neuilly, de l'autre dans celle des Batailles.
_Rue Basse de Chaillot._ Elle donne d'un côté dans la grande rue de Chaillot, de l'autre sur le quai de la Savonnerie.
_Rue des Champs._ C'est une des petites ruelles qui sont situées en la rue des Batailles et celle de Chaillot. Il en existe encore deux autres qui sont sans nom.
_Rue des Champs-Élysées._ Elle conduit du Faubourg-Saint-Honoré aux Champs-Élysées et à la place Louis XV. Ce n'étoit jadis qu'un simple chemin sur lequel on a bâti quelques maisons au commencement du dix-huitième siècle. On la nommoit anciennement ainsi que la rue de la Magdeleine, _l'Abreuvoir-l'Évêque_. Le plan de La Caille, de 1714, est le premier qui l'indique sous le nom de la _Bonne-Morue_, qu'elle a conservé jusqu'en 1769, où celui qu'elle porte aujourd'hui lui fut donné.
[Note 628: Vis-à-vis cette rue est une rue _sans nom_, où sont les réservoirs de la pompe à feu.]
_Rue de Chartres._ Cette rue, percée depuis 1780 sur l'ancien emplacement des Quinze-Vingts, aboutit d'un côté à la place du Palais-Royal, de l'autre à la rue Saint-Nicaise.
Il y a une autre rue de Chartres qui fait suite à celle de Courcelles, jusqu'à la barrière du même nom. On la nomme aujourd'hui rue de _Mantoue_.
_Rue du Chemin Vert_ ou _Rue Verte_. Elle aboutit à la rue du Faubourg-Saint-Honoré et à celle de la Ville-l'Évêque. Ce nom lui vient sans doute de l'herbe qui croissoit des deux côtés du chemin sur lequel elle a été bâtie. On l'appeloit anciennement _rue des Marais_; elle est connue plus généralement aujourd'hui sous le nom de _rue Verte_. Il y a dans cette rue une caserne d'infanterie.
_Rue Clos-Georgeau._ Elle donne d'un bout dans la rue Sainte-Anne, de l'autre dans la rue Traversière. Quand on commença à bâtir sur la pente de la butte Saint-Roch, on ouvrit cette rue sur le jardin d'un particulier dont elle prit le nom. Plusieurs titres font mention de ce clos qui est nommé _Jarjeau_ dans les archives de l'archevêché.
_Rue du Colysée._ C'étoit un chemin qui conduisoit à une espèce d'amphithéâtre bâti vers l'an 1772, où se donnoient des fêtes et où l'on tiroit des feux d'artifice. Cet édifice a été détruit, mais la rue existe toujours. Elle donne d'un côté dans la rue du faubourg Saint-Honoré, de l'autre dans l'avenue des Champs-Élysées.
_Rue de la Corderie._ _Voyez_ rue de la Sourdière.
_Rue de Courcelles_ ou _de Villiers_. On donnoit autrefois ces deux noms à cette rue, qui n'a conservé que le premier. C'étoit alors un simple chemin qui conduisoit du faubourg Saint-Honoré près de l'église du Roule, à Villiers-la-Garenne et à Courcelles.
_Rue Daguesseau._ Elle aboutit d'un côté dans la rue de Surêne, de l'autre dans celle du Faubourg-Saint-Honoré, et doit son nom à M. Daguesseau, conseiller au parlement, qui la fit percer pour communiquer à un marché qu'il avoit eu la permission d'établir en cet endroit, et qui a été transféré depuis dans la rue du Chemin-du-Rempart.
_Marché Daguesseau._ Il est situé dans l'espace qui sépare la rue de la Magdeleine de celle du Chemin-du-Rempart, et l'on y entre par ces deux rues. Ce marché fut établi en cet endroit pour la commodité des habitants du faubourg Saint-Honoré et du Roule, par les soins de Joseph Antoine Daguesseau, conseiller honoraire au parlement de Paris. Il l'avoit d'abord placé, en 1723, sur un terrain plus éloigné qu'il avoit obtenu par échange de madame de Duras. Depuis on jugea qu'il étoit avantageux de rapprocher ce marché de la ville; et des lettres-patentes ayant été obtenues à cet effet en 1745, il fut ouvert le 2 juillet 1746, sur l'emplacement qu'il occupe aujourd'hui, lequel appartenoit à André Mol de Lurieux, avocat au conseil.
_Rue du Dauphin._ Elle donne d'un bout rue Saint-Honoré, vis-à-vis Saint-Roch; de l'autre elle aboutissoit autrefois à la porte du jardin des Tuileries, et donne aujourd'hui dans la rue de Rivoli. Cette rue s'appeloit d'abord _rue de Saint-Vincent_. Elle est ainsi indiquée en 1575[629]. On l'a ensuite appelée cul-de-sac Saint-Vincent, parce qu'on la fermoit toutes les nuits du côté des Tuileries. Elle a porté ce nom jusqu'au mois de novembre 1744, que Louis XV, à son retour de Metz, étant venu habiter quelques jours ce palais, le dauphin son fils passa par cette rue pour aller entendre la messe à Saint-Roch. Pendant le peu de temps qu'il resta à l'église, on enleva l'inscription de cul-de-sac de Saint-Vincent, pour y substituer celle de rue du Dauphin, qu'elle a conservé jusqu'en 1789, et repris depuis la restauration.
[Note 629: Cens. de l'évêché.]
_Rue du Doyenné._ Elle aboutissoit dans la rue Saint-Thomas-du-Louvre et dans le cul-de-sac du même nom. Elle étoit nommée rue du Doyenné, parce qu'elle avoit été ouverte au milieu de la maison et de la cour du doyen de Saint-Thomas, depuis Saint-Louis du Louvre. On l'appeloit dans le principe rue du _Doyenné Saint-Thomas-du-Louvre_[630].
[Note 630: Il existe encore une petite portion de cette rue, qui donne sur la place du Carrousel.]
_Rue de Duras._ Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et aboutit à l'ancien marché Daguesseau. Elle a pris son nom de l'hôtel de Duras, le long duquel elle est située.
_Rue de l'Échelle._ Elle va de la rue Saint-Honoré à la place du Carrousel. Quelques-uns ont pensé que cette rue avoit pris son nom de l'échelle patibulaire que les évêques de Paris avoient eue dans cet endroit: quoiqu'il n'y ait point de preuves suffisantes pour appuyer cette opinion, cependant il est certain qu'au milieu du dix-septième siècle la barrière des Sergents du For-l'Évêque étoit placée au coin de cette rue.
_Rue l'Évêque._ Elle va d'un bout au carrefour des Quatre-Cheminées, de l'autre à celui que forment les rues des Moineaux, des Moulins et des Orties. On présume que son nom lui vient de ce qu'elle a été ouverte sur la haute voirie qui appartenoit à l'évêque de Paris. Plusieurs titres, qui remontent au commencement du règne de Louis XIII, parlent de cette rue, et quelques-uns nous apprennent qu'elle s'appeloit anciennement rue du _Culloir_, sans nous donner l'étymologie de ce nom.
_Rue Saint-Florentin._ Elle va de la rue Saint-Honoré aux Tuileries; elle s'appeloit auparavant _Cul-de-sac de l'Orangerie_, et devoit ce nom à l'orangerie du roi qui se trouvoit au bout. Il paroît, par les titres de Saint-Éloi, que l'alignement en fut pris en 1640; et que, dès 1651, on la nommoit rue de l'Orangerie. Cependant Gomboust et Bullet ne lui donnent que le nom de _cul-de-sac_. Le duc de la Vrillière, ministre et secrétaire d'état, ayant fait bâtir un hôtel dans cette rue, elle changea de nom, et prit, le 26 janvier 1767, celui de rue Saint-Florentin, sous lequel ce ministre étoit alors connu.
_Rue des Frondeurs._ Elle aboutit à la rue Saint-Honoré et au carrefour des Quatre Cheminées. On ignore le nom que cette rue portoit anciennement; car s'il est vrai que le mot _Frondeurs_ vienne des troubles connus dans notre histoire sous le nom de _Fronde_, elle n'a pu être appelée ainsi que depuis 1648. Elle est sans nom sur les plans de Gomboust et de Bullet. On la trouve nommée pour la première fois sur celui de Rouvin, en 1697.
_Rue Sainte-Geneviève._ Voyez _rue Hébert_.
_Rue du Hasard._ Elle va de la rue Traversière à la rue Sainte-Anne; on ignore à quelle occasion elle a pris ce nom, sous lequel elle est déjà indiquée, en 1622, dans un censier de l'archevêché.
_Rue Hébert._ Nous ignorons l'étymologie de ce nom qu'a porté d'abord ce chemin, qui aboutit d'un côté à la grande rue de Chaillot, et de l'autre au terrain vague qui vient finir aux murs de la ville. On le nomme maintenant rue Sainte-Geneviève. Le chemin _sans nom_ qui descend de la barrière de Passy à cette rue vient de recevoir celui de _rue de Lubeck_.
_Rue Saint-Honoré._ La partie de cette rue qui dépend de ce quartier commence au coin de la rue des Bons-Enfants, et finit au boulevart[631].
[Note 631: Sur les changements de nom qu'elle a éprouvés, _voyez_ page 912.]
_Rue du Faubourg-Saint-Honoré._ Elle commence au boulevart, et finit à celle du Roule; on l'appeloit en 1635 _la chaussée du Roule_, parce qu'elle conduisoit au village du même nom.
_Rue de Longchamps._ C'est un chemin qui donne, comme la rue Hébert, dans la grande rue de Chaillot, et se prolonge à travers les champs jusqu'à la barrière du même nom.
_Rue Saint-Louis._ Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, et de l'autre dans celle de l'Échelle. On présume qu'elle doit son nom au voisinage de l'hôpital des Quinze-Vingts, fondé par saint Louis, ou à la rue Saint-Honoré, qui, comme nous l'avons dit (_p._ 912), s'appeloit anciennement, dans cet endroit, _Grande Rue Saint-Louis_. Gomboust et Bullet nous apprennent, dans leur plan, que cette rue se nommoit anciennement rue de _l'Échaudé_; mais avant eux on la désignoit déjà sous le nom de rue Saint-Louis; et l'ayant repris, elle l'a toujours conservé. Nous remarquerons ici que ce nom de _l'Échaudé_, que nous retrouverons dans la nomenclature des rues de Paris, étoit une dénomination générale que l'on donnoit à une masse ou _île_ de maisons de figure triangulaire; et l'on appeloit rue de l'Échaudé; celle qui faisoit la base ou l'un des côtés de ce triangle. La rue dont nous parlons est aussi indiquée sous le nom de rue des _Tuileries_, dans un censier de l'archevêché, de 1663.
_Rue de Lubeck._ Elle descend de la barrière de Passy à la rue Hébert, maintenant rue Sainte-Geneviève.
_Rue Neuve de Luxembourg._ Elle donne d'un bout dans la rue Saint-Honoré, de l'autre sur le boulevart. Elle doit son nom au maréchal duc de Luxembourg, qui avoit son hôtel sur le terrain qui forme aujourd'hui cette rue.
_Rue Magdebourg._ C'est le nom que porte aujourd'hui une ruelle située à droite de la rue des Batailles, en descendant vers celle de Chaillot.
_Rue de la Magdeleine._ Elle commence à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, et aboutissoit en 1789 à celle de l'Arcade et à l'église paroissiale dont elle a pris le nom. On l'a aussi appelée rue de _l'Évêque et de l'Abreuvoir-l'Évêque_. Elle est ainsi indiquée dans les procès-verbaux de 1637 et de 1642[632].
[Note 632: Cette rue, se prolongeant maintenant à travers les jardins qui avoisinoient l'église, vient aboutir à celle de l'Arcade, vis-à-vis la rue des Mathurins. Dans ce prolongement elle a une communication _sans nom_ avec la rue d'Anjou, laquelle est située à son couchant.]
_Rue de Mantoue._ Voyez rue de Chartres.
_Rue du Marché._ Cette rue conduisoit à un marché qui a été transféré près la porte Saint-Honoré, et c'est de là qu'elle avoit pris son nom; elle a son entrée dans la rue Daguesseau et dans celle de Surêne.
_Rue Sainte-Marie._ Elle va de la rue des Batailles dans la nouvelle rue de Lubeck.
_Ruelle Sainte-Marie._ Elle est située à l'extrémité de la rue des Batailles, du côté de la barrière.
_Rue de Marigny._ On donne ce nom à une avenue plantée d'arbres, qui aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre aux Champs-Élysées; elle est située en face de l'hôtel Beauveau, et se prolonge le long de celui que fit bâtir la marquise de Pompadour, et qui appartint depuis à son frère le marquis de Marigny. Elle fut ouverte lors des nouvelles plantations qui furent faites par ordre de ce directeur général des bâtiments, jardins, etc.
1ere _Rue de Matignon_. Elle aboutissoit, d'un côté, dans la rue des Orties, de l'autre, par un retour d'équerre, dans le cul-de-sac de Saint-Thomas-du-Louvre. Cet emplacement formoit, au quinzième siècle, l'hôtel, la place et les jardins de la Petite-Bretagne, qui avoient appartenu au duc de Bretagne. Elle devoit son nom à M. Jacques de Matignon, comte de Thorigny, qui y fit bâtir un hôtel. (Cette rue a été détruite.)
2e _Rue de Matignon_. Elle aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre aux Champs-Élysées, vis-à-vis l'allée des Veuves. C'étoit autrefois une prolongation de la petite rue Verte.
_Rue de Milan._ C'est le nom que l'on a donné depuis 1789 à un chemin sans nom situé près de la barrière de Courcelles.
_Rue de Miromesnil._ Elle a été ouverte en 1779, et aboutit d'un côté à la rue du Faubourg-Saint-Honoré, de l'autre à celle de la Pépinière; elle doit son nom au chancelier Maupeou, qui étoit de cette famille.
_Rue des Moineaux._ Elle a une de ses extrémités dans la rue Neuve-Saint-Roch, l'autre dans celle des Orties. Elle étoit connue sous ce nom dès l'an 1561[633].
[Note 633: Arch. de l'archev.]
_Rue de Montpensier._ On a donné ce nom à une partie de la rue de Valois qui donne dans celle de Rohan.
Il y a une autre rue de Montpensier qui longe le Palais-Royal, depuis le théâtre Français jusqu'à l'angle opposé.
_Rue de Mouceaux._ C'est une rue percée depuis 1780, qui donne d'un côté dans la rue du Faubourg-du-Roule, de l'autre dans celle de Courcelles.