Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 8/8)

Part 33

Chapter 333,722 wordsPublic domain

_Rue de Verneuil._ Elle donne d'un bout dans la rue des Saints-Pères, de l'autre dans celle de Poitiers. Elle doit ce nom à Henri de Bourbon, duc de Verneuil, abbé de Saint-Germain, et fut percée sur le grand Pré-au-Clercs vers 1640.

_Rue de l'Université._ Elle aboutit à la rue des Saints-Pères et à l'extrémité du Gros-Caillou. Plusieurs plans lui donnent le nom de _Sorbonne_, que porte la rue Saint-Dominique dans quelques titres. Jaillot pense que cette double dénomination vient peut-être de ce que le peuple, confondant assez ordinairement l'Université avec la Sorbonne, a pu l'appeler indifféremment des deux manières, parce qu'effectivement elle fut bâtie sur le Pré-aux-Clercs que l'Université aliéna en 1639. Anciennement et même encore en 1529 ce n'étoit qu'un chemin nommé le chemin _des Treilles_, parce qu'il conduisoit à l'île des Treilles, dite depuis l'île _Maquerelle_ ou _aux Cygnes_.

_Rue de Wertingen_, voyez _rue de Furstenberg_.

QUAIS.

_Quai de Conti._ Il commence au bout du pont Neuf, et finit au pavillon du collége Mazarin, près de la rue de Seine. Au dix-septième siècle on l'appeloit quai _Guénégaud_, à cause de l'hôtel que M. de Guénégaud, secrétaire d'état y avoit fait construire: auparavant on le nommoit quai _de Nesle_, parce que l'hôtel de Nesle y étoit situé.

_Quai Malaquais._ Il fait la continuation du quai de Conti depuis la rue de Seine jusqu'à celle des Saints-Pères. Tous les titres de l'abbaye portent que l'espace qu'il occupe se nommoit le _port Malaquest_; et l'on trouve que l'endroit où étoit établi le bac, remplacé depuis quelques années par le pont des Arts, s'appeloit en 1530 _le Heurt du port aux Passeurs_. Jaillot dit avoir vu qu'en 1641 il étoit désigné sous le nom de quai de _la Reine Marguerite_.

_Quai des Théatins._ Ce quai doit son nom aux religieux qui s'y sont établis; et, commençant à la rue des Saints-Pères, vient finir à la rue du Bac. Nous avons souvent parlé du grand Pré-aux-Clercs sur lequel il a été construit. (Il se nomme maintenant quai _de Voltaire_.)

_Quai d'Orsai._ Avant l'établissement des Théatins, tout l'espace qui s'étend jusqu'à la rue du Bac faisoit la continuation du quai Malaquais et en portoit le nom. Les bâtiments qui s'élevèrent successivement le long de la rivière et au delà du pont Royal, commencèrent à former un autre quai, qui devoit se prolonger jusqu'à l'avenue des Invalides. Cet espace auquel sa situation marécageuse avoit fait donner le nom de _la Grenouillère_, qu'il portoit encore à la fin du siècle dernier, offroit un point de vue très désagréable au jardin des Tuileries situé vis-à-vis. M. Boucher d'Orsai, prévôt des marchands, fut autorisé, par arrêt du conseil du 18 octobre 1704, «à faire continuer le quai de la Grenouillère, de ligne droite de dix toises de largeur, dans toute son étendue depuis le pont Royal et l'encoignure de la rue du Bac jusqu'à la rencontre du boulevart, etc.» Des obstacles suspendirent l'exécution de ce projet qu'un second arrêt fit revivre en 1707. On y fixoit la largeur du trottoir à huit pieds, et la longueur du quai à quatre cents toises ou environ; et le roi y déclaroit que le quai seroit nommé quai _d'Orsai_. En conséquence, M. d'Orsai, accompagné du corps de ville, en posa la première pierre le 3 juillet 1708. Toutefois, malgré ces deux arrêts, l'ouvrage demeura imparfait jusqu'au commencement de la révolution[395].

[Note 395: On l'achève en ce moment, et le projet paroît être de prolonger ce quai, jusque vis-à-vis l'École militaire.]

RUES DU GROS-CAILLOU.

Le Gros-Caillou est coupé dans sa longueur par les rues Saint-Dominique, de l'Université et de Grenelle; et dans sa largeur par quatre autres rues:

_Rue de la Boucherie._ Elle est ainsi nommée, parce qu'elle conduit à la boucherie des Invalides[396].

[Note 396: Entre cette rue et l'esplanade des Invalides, est une rue nouvelle appelée rue _de Nicolet_, qui donne sur le bord de l'eau.]

_Rue Neuve-de-l'Église._ Elle a été percée vis-à-vis de l'église à laquelle elle conduit.

_Rue Saint-Jean_ ou _des Cygnes_. Elle avoit été ouverte devant le pont qui servoit de communication avec l'île des Cygnes[397].

[Note 397: Entre cette rue et celle de la Boucherie est un cul-de-sac nommé _de_ l'_Étoile_. En face de la même rue on en a ouvert une autre qui se nomme rue _de la Pompe_, et qui aboutit également à la rivière.]

_Rue de la Vierge._ Elle est voisine de la chapelle qui porte ce nom[398].

[Note 398: Une nouvelle rue, percée à peu de distance de celle-ci, se nomme rue _du Vert-Buisson_. Il y a encore dans ce quartier deux rues nommées grande et petite rue _Chevert_, et plusieurs autres rues jusqu'à présent sans nom.]

_Rue de la Comète._ C'est une rue nouvelle ouverte depuis 1780, laquelle donne d'un bout rue Saint-Dominique, de l'autre rue de Grenelle, près de la boucherie.

AVENUES DES INVALIDES ET DE L'ÉCOLE MILITAIRE.

_Avenue de la Bourdonnaie._ Elle commence à celle de la Motte-Piquet, à l'angle de l'École Militaire, longe la partie orientale du Champ-de-Mars, et vient finir sur le quai.

---- _De Breteuil._ Commençant au point central de l'église des Invalides, elle vient aboutir à la rue de Sèvres.

---- _De Lowendal._ Elle prend naissance à l'avenue de Tourville, longe la partie méridionale de l'École Militaire, et se termine à la barrière qui porte le nom de ce monument.

---- _De la Motte-Piquet._ Elle commence à l'esplanade des Invalides, est interrompue par le Champ-de-Mars, et va finir de l'autre côté à des jardins potagers.

---- _De Saxe._ Elle commence au centre méridional de l'École Militaire, traverse la place de Breteuil, et finit à la rue de Sèvres.

---- _De Ségur._ De même que l'avenue de Breteuil, elle prend naissance au point central de l'église des Invalides, et suivant une direction divergente, vient aboutir à l'avenue de Saxe.

---- _De Suffren._ Elle commence à l'avenue de Lowendal, longe la partie occidentale de l'École Militaire, et vient finir sur le quai.

---- _De Tourville._ Commençant au boulevart des Invalides, elle longe la partie méridionale de l'hôtel, et vient aboutir à l'angle de l'École Militaire.

---- _De Villars._ Elle commence, comme les avenues de Breteuil et de Ségur, au point central de l'église des Invalides, et va aboutir, en divergeant, au boulevart qui porte le même nom.

MONUMENTS NOUVEAUX

ET RÉPARATIONS FAITES AUX ANCIENS MONUMENTS, DEPUIS 1789.

ÉGLISE SAINT-GERMAIN-DES-PRÉS.

Ce monument, qui tient une place si importante parmi les antiquités de Paris, menaçoit ruine, il y a quelques années, et à un tel point, qu'il y avoit lieu de craindre qu'il ne s'écroulât, et que le danger parût assez grand pour y suspendre le service divin; on assure même qu'il fut mis en question si on ne le démoliroit pas, pour le remplacer par un autre édifice: un meilleur avis a heureusement prévalu. L'antique édifice, étayé de toutes parts par une opération de charpente des plus ingénieuses et des plus hardies, a pu être repris en sous-oeuvre jusque dans ses fondations; et l'église de Saint-Germain, scrupuleusement restaurée dans son ancienne forme et dans tous les détails de ses constructions[399], se trouve ainsi conservée pour plusieurs siècles.

[Note 399: On a seulement abattu les deux petites tours carrées qui s'élevoient des deux côtés de l'église, vers la croisée, parce que la voûte en étoit trop surchargée.]

DÉCORATIONS NOUVELLES.

Les deux autels des chapelles pratiquées dans les croisées ont été enrichies de colonnes en marbre; on a également élevé un nouvel autel dans la chapelle de la Vierge qui occupe le rond-point de l'église. La nef est décorée de plusieurs peintures, parmi lesquelles il faut remarquer le très beau tableau de M. Steuben, représentant saint Germain qui distribue des aumônes.

Dans les diverses chapelles, ont été replacés quelques-uns des tombeaux qu'on y voyoit avant la révolution, ceux de Casimir, roi de Pologne, des deux Douglas, de Louis de Castellan; plusieurs tables de marbre noir portant des inscriptions latines y ont été élevées à la mémoire de Nicolas-Boileau Despréaux, de Jean Mabillon, de Bernard de Montfaucon, etc.

LES PETITS AUGUSTINS.

On sait que l'église et le cloître de ce couvent ont servi, pendant la révolution, de dépôt aux tombeaux et autres monuments de sculptures que l'on avoit enlevés aux églises, et que c'est ainsi que ces monuments ont été préservés d'une entière destruction. Depuis la restauration, presque tous ont été rendus aux saintes demeures qui en avoient été dépouillées; quelques-uns ont été transportés au cimetière du Père-la-Chaise; et ce qui en reste encore sera, dit-on, déposé dans la salle des Thermes, que l'on restaure à cet effet.

L'Académie de peinture, sculpture et architecture, est maintenant établie dans ce couvent.

PALAIS DE LA CHAMBRE DES DÉPUTÉS.

La façade de ce palais, qui remplace, du côté de la rivière, l'ancienne façade si mesquine du palais Bourbon, se compose d'une décoration de douze colonnes avec fronton, imitée, comme tant d'autres, du célèbre monument d'Agrippa[400]. On critiqua beaucoup, dans le temps, la hauteur prodigieuse du perron, l'espace trop resserré des entre-colonnements, et les portes trop étroites qui en étoient la conséquence nécessaire: ces critiques qui sont justes n'empêchent pas que ce monument, dû à feu M. Poyet, ne soit d'un bel effet.

[Note 400: Le Panthéon.]

Les sculptures du fronton représentoient, dans le principe, Buonaparte à cheval, au milieu d'un groupe de personnages indiquant le commerce et les arts. Cette figure a été remplacée par une statue colossale qui nous semble être celle de _la Loi_; elle est accompagnée, d'un côté, par la Justice qui tient un glaive à la main, de l'autre par la Force, sous les traits d'Hercule armé de sa massue. Les figures symboliques du commerce, des arts, des deux principales rivières de Paris, la Seine et la Marne, se groupent autour de ces trois principales figures.

SAINT-THOMAS D'AQUIN.

Cette église a été décorée de deux nouveaux tableaux: Saint-Thomas d'Aquin apaisant une tempête par ses prières, par M. Scheffer; une descente de croix par M. Guillemot. Ce sont des morceaux fort remarquables; ils lui ont été donné par la ville, le premier en 1723, le second en 1719.

ÉGLISE DES INVALIDES.

Tous les ornements intérieurs du dôme ont été redorés à neuf, depuis quelques années. Dans la nef de l'église, sont deux tombeaux; celui du comte de Guibert, mort en 1786: il se compose d'une pyramide ornée d'un trophée d'armes; celui du maréchal duc de Coigni, mort en 1821: il offre un cippe accompagné de lances, d'épées, de guirlandes de cyprès.

ÉGLISE DE SAINT-PIERRE.

Cette église, commencée avant la révolution, dans la partie de la rue Saint-Dominique qui traverse le Gros-Caillou, et ensuite démolie, vient d'être rebâtie sur son ancien emplacement. La façade se compose de six colonnes d'ordre toscan, dont quatre forment un porche, élevé sur cinq marches et supportant un fronton. La porte de l'église se trouve placée entre les deux dernières colonnes, et sur un second plan. Un campanille en bois, que surmonte une croix dorée, couronne cet édifice, dont l'aspect est d'une élégante simplicité.

L'intérieur offre, de chaque côté, sept arcades que soutiennent six colonnes également d'ordre toscan, et auxquelles correspondent autant de pilastres, qui supportent les arcs-boutants des voûtes de la nef. Dans le choeur, dont la forme est circulaire, est placé le seul autel qui existe dans cette église. La voûte est ornée de caissons peints, imitant la pierre.

NOUVEL HÔTEL DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES.

Ce grand et bel édifice, élevé jusqu'à la moitié du second rang des colonnes, et dont les travaux ont été interrompus depuis quelques années, se doit composer, du côté de la rue de Bourbon où est son entrée, d'un portique en arcades qui embrassera toute la largeur de la cour principale, et se liera à d'autres portiques dont cette cour sera entourée; à droite et à gauche des cours de service donneront des dégagements commodes sur les rues de Belle-Chasse et de Poitiers. La disposition et la distribution du plan sont combinées de manière que les voitures puissent arriver jusqu'aux pieds des escaliers qui conduiront aux appartements du ministre, et dans les diverses divisions du ministère.

La façade d'entrée, sur la rue de Bourbon, se développe sur une longueur de 115 mètres; elle se compose de deux avant-corps, qui font saillie sur la partie du milieu, occupée par le portique dont nous venons de parler.

Du côté du quai, l'autre façade présente un avant-corps de 90 mètres, et deux arrière-corps reculés, de 20 mètres. Dans cet avant-corps, doivent être pratiqués: au rez-de-chaussée les cabinets de travail et un vaste appartement de réception, au premier étage le logement du ministre et de sa famille.

Les deux parties, en arrière-corps, semblent avoir été conçues, pour tenir éloignées du reste et en quelque sorte isolées, toutes les pièces destinées à la représentation, aux cabinets et bureaux particuliers du ministre, et celles qui composent ses appartements.

Les deux façades auront la même hauteur dans tout le pourtour de l'édifice, et seront couronnées du même entablement. Leur décoration sera formée par deux ordres d'architecture, disposés à peu près comme les deux premiers de la cour du palais Farnèse: et l'on voit que l'intention de l'architecte a été de rappeler, dans sa composition, le caractère de ces grandes et somptueuses habitations dont la Rome moderne est ornée.

MANUFACTURE ROYALE DES TABACS.

Elle est située au Gros-Caillou, sur le quai et près de la pompe à feu. C'est un bâtiment qui n'a rien de remarquable.

HOSPICE LE PRINCE.

Cet hospice, situé au Gros-Caillou, presque en face de l'église Saint-Pierre, et qui a reçu le nom de son fondateur, a été créé en 1819 pour un certain nombre de femmes âgées et infirmes. En remplissant les deux conditions de payer une modique somme d'argent et d'apporter un petit mobilier, elles y sont nourries et entretenues, leur vie durant. La maison est administrée par des Soeurs de la Charité.

HÔPITAL MILITAIRE DE LA GARDE.

Il est situé dans la rue Saint-Dominique.

HOSPICE D'ENGHIEN.

Il est situé dans la rue de Babylone.

FONTAINES.

FONTAINE DES INVALIDES.

Elle se compose d'un piédestal carré, qui s'élève au milieu du bassin circulaire, et sur lequel on avoit placé le lion de Saint-Marc. Ce monument ayant été rendu à la ville de Venise, le piédestal a été démoli et remplacé par une gerbe de fleurs-de-lys dorées, par laquelle l'eau jaillit dans le bassin.

FONTAINE DE LA RUE DE SÈVRES.

Elle a été construite, près des incurables, par M. Bralle. Cette fontaine se compose d'un massif à parois inclinés, couronné de l'entablement ordinaire des temples d'Égypte; au milieu est une figure égyptienne, dans l'attitude symétrique de l'Antinoüs, et qui verse de l'eau de deux vases qu'elle tient, dans chacune de ses mains. Cette figure a été exécutée par M. Beauvallet.

FONTAINE DE MARS.

Cette fontaine qui s'élève, vis-à-vis l'hôpital militaire de la garde, offre d'un côté la figure en pied de ce dieu, de l'autre celle d'Hygie, ou la déesse de la santé. Ces deux figures sont encore de M. Beauvallet.

RUES ET PLACES NOUVELLES.

_Rue de l'Abbaye._ Elle longe le côté septentrional de l'église, et aboutit, d'un côté à la rue Saint-Germain-des-Prés, de l'autre à la rue Bourbon-le-Château.

_Rue des Acacias._ Elle commence à la rue de Vaugirard, et vient aboutir à la rue Plumet.

_Rue Amélie._ Cette rue, percée presque en face de la rue Saint-Jean, aboutit, d'un côté à la rue Saint-Dominique, de l'autre, à la rue de Grenelle[401].

[Note 401: Des lettres-patentes du 6 septembre 1772, enregistrées au parlement de Paris le 23 août 1774, avoient ordonné l'ouverture de cette rue, par suite de cessions de terrain faites à cet effet. Elle fut donc ouverte, et l'on y construisit quelques habitations; mais, long-temps encore, elle ne forma qu'un cul-de-sac, dont l'entrée étoit dans la rue Saint-Dominique: à son autre extrémité, le propriétaire l'avoit fait fermer par des barricades en planches.

Ce ne fut qu'en 1822, et sur la requête de M. Pilian de Laforest, qui venoit d'acquérir une maison dans cette rue, qu'un arrêt du préfet de la Seine ordonna qu'elle seroit achevée. Depuis son ouverture, autorisée en 1772, jusqu'à son entier achèvement en 1824, elle n'étoit indiquée, sur les plans de Paris, que sous le nom de rue _projetée_.

Ce fut à cette époque qu'elle reçut celui d'_Amélie_, l'un des prénoms de la fille de ce même M. Pilian de Laforest, à qui l'on en doit l'ouverture. On se plut à accorder cet honneur à la mémoire de cette jeune personne, morte en 1823, à la fleur de son âge, et dont la vie si courte avoit été un modèle de toutes les vertus chrétiennes.]

_Rue Barthélemy._ Elle longe le côté méridional de l'Abattoir de Grenelle.

_Rue Bayard._ Elle fait la continuation de la rue Duguesclin, au côté nord de la caserne de la poudrière.

_Rue Neuve Belle-Chasse._ Elle aboutit d'un côté à la rue Saint-Dominique, de l'autre à la rue de Grenelle.

_Place de Breteuil._ C'est le nom que l'on a donné à l'espace circulaire où se croisent les deux avenues, qui commencent, l'une en face de l'hôtel des Invalides, l'autre en face de l'École Militaire.

_Rue de la Bourdonnaie._ Elle longe le côté septentrional de l'École Militaire.

_Passage Dauphine._ Ce nouveau passage percé dans la rue Dauphine, en face de la rue Christine, vient aboutir dans la rue Mazarine.

_Rue Duguesclin._ Elle longe le côté nord de la caserne de la poudrière, et vient donner dans la rue Bayard, avec laquelle elle fait un angle.

_Place Dupleix._ C'est ainsi que l'on nomme le carré pratiqué devant l'ancienne poudrière.

_Rue Dupleix._ Elle commence à la barrière de Grenelle, et aboutit à l'avenue de Suffren.

_Rue d'Estrées._ Elle commence à la place de Fontenoy, et vient finir au boulevard des Invalides.

_Place de Fontenoy._ C'est l'espace demi-circulaire qui a été pratiqué devant l'École Militaire.

_Place Saint-Germain-des-Prés._ Elle est située devant l'église qui porte le même nom.

_Rue Saint-Germain-des-Prés._ Elle aboutit d'un côté à la place ci-dessus mentionnée, de l'autre à la rue des Petits-Augustins.

_Rue Kléber._ Elle commence au bord de l'eau, vers la barrière des Cunettes, et finit près de l'École Militaire.

_Rue Malar._ Elle est ouverte dans la rue Saint-Dominique, à peu de distance de l'église du Gros-Caillou, et vient aboutir dans la rue de l'Université.

_Rue des Paillassons._ Elle traverse les Marais, et aboutit à la barrière du même nom.

_Rue Pérignon._ Elle longe le côté nord de l'abattoir de Grenelle.

_Passage du Pont-Neuf._ Il été ouvert, depuis peu, rue Mazarine, en face de la rue Guénégaud, et vient aboutir dans la rue de Seine.

_Place Saint-Thomas d'Aquin._ Elle a été pratiquée devant l'église qui porte ce nom.

_Rue Saint-Thomas d'Aquin._ Elle aboutit d'un côté à cette place, de l'autre à la rue Saint-Dominique.

_Rue Saint-Vincent de Paul._ Elle donne d'un bout sur la place Saint-Thomas d'Aquin, de l'autre dans la rue du Bac[402].

[Note 402: Les marais situés à l'extrémité de ce quartier sont traversés par plusieurs ruelles _sans nom_, où sont éparses quelques petites habitations. L'une donne sur la place Dupleix, une autre dans l'avenue de Suffren, deux dans l'avenue de Lowendal, une autre sur la place de Fontenoy, deux dans l'avenue de Saxe.]

ABATTOIRS DE PARIS.

Les opérations sanglantes des bouchers se faisoient, il y a encore peu d'années, dans l'intérieur même de Paris; et l'on appeloit _tuerie_ l'endroit où l'on assommoit et égorgeoit le bétail, et où il étoit coupé par quartiers, avant d'être distribué au public. La police de Paris, à laquelle il faut accorder de s'être extrêmement perfectionnée, dans tout ce qui touche à l'ordre matériel et à la salubrité de cette ville immense, a pensé, avec juste raison, qu'il convenoit de rejetter, si non hors de son enceinte, du moins à ses extrémités, ces foyers d'infection, et le spectacle dégoutant de ce carnage. Des emplacements aérés ont donc été choisis sur divers points très rapprochés des barrières; et sur ces emplacements, se sont élevés, sous le nom d'_abattoirs_ (mot nouveau inventé pour des établissements d'une espèce toute nouvelle) d'immenses boucheries, où, sous les yeux de quelques préposés, les bouchers amènent le bétail qu'ils ont acheté, l'_abattent_ et le partagent pour la consommation journalière, mettent leurs cuirs en réserve, et fondent leurs suifs, avant de les livrer au commerce.

Ces édifices sont au nombre de cinq; et leurs dimensions, qui ne sont pas les mêmes, ont été déterminées, d'après les besoins des diverses parties de la ville auxquelles ils correspondent. Les abattoirs du Ménil-Montant et de Montmartre sont les plus considérables; après, vient celui de Grenelle; ceux de Mousseaux et de Villejuif sont d'une moindre étendue.

Tous ayant été conçus dans un même système, et offrant ainsi, dans l'ensemble et dans les détails, beaucoup de ressemblance, il suffira d'en décrire un seul, pour donner une idée exacte des autres: nous choisirons celui du Ménil-Montant.

Cet abattoir est situé sur un terrain incliné, dont la pente, quoique douce et presque insensible, contribue cependant beaucoup, et à la salubrité de cet établissement, et à l'effet général des fabriques dont il se compose. Tout l'espace compris entre les quatre rues, au milieu desquelles il est isolé, forme un trapézoïde, dans lequel est inscrit un parallélogramme de 215 mètres de face sur 190 de profondeur, l'architecte ayant judicieusement négligé quelques irrégularités qu'il lui sera facile de masquer, soit par des plantations, soit par quelques bâtimens de service. Une grille, de plus de 100 pieds de développement, appuyée sur deux pavillons où sont placés les bureaux de l'administration, forme l'entrée principale de cet édifice. Elle s'ouvre sur un espace libre, dont l'aspect est moins celui d'une cour que d'une place publique; et en effet, du centre de cet espace, l'oeil embrasse la totalité des bâtimens qui, au nombre de vingt-trois, composent l'ensemble de l'abattoir.

À droite et à gauche de cette cour immense, large de 97 mètres, et sur ses grands côtés dont la longueur est de 146, s'élèvent quatre bâtiments doubles, séparés par une voie qui traverse tout le terrain, parallèlement à la façade principale. Ce sont ces bâtiments qui ont reçu plus particulièrement le nom d'_Abattoirs_: ils ont, chacun, 47 mètres de longueur sur 32 de largeur. Une cour dallée en pente pour l'écoulement des immondices, les sépare dans le sens de leur longueur, en deux corps semblables, qui, l'un et l'autre, renferment huit abattoirs à l'usage des bouchers. Chaque abattoir reçoit l'air et le jour par deux grandes arcades, percées, l'une vis-à-vis de l'autre, dans les murs de face. Au dessus, on a ménagé de vastes abris, pour y sécher les peaux et y déposer les suifs en branche; et afin que ces lieux, quoique extrêmement aérés, demeurâssent toujours frais, on a donné une projection considérable à la saillie des toitures plates, dont ils sont recouverts.

On trouve, derrière ces abattoirs, deux bergeries qui leur sont parallèles, et à leur extrémité, en retour d'équerre, deux étables. Ces bâtiments renferment, chacun, un abreuvoir particulier, leur grenier à fourrage, et complètent, de chaque côté de la cour, les deux principales masses d'édifices qui forment l'établissement.

Au fond de cette cour, dans laquelle on a construit un abreuvoir commode, et pratiqué deux parcs pour la première distribution du bétail, s'offrent deux pavillons isolés, destinés à la fonte des suifs. Ils sont traversés, dans leur longueur, par un large corridor qui donne accès à quatre fonderies séparées, au-dessous desquelles sont des caves voûtées, servant de rafraîchissoirs. Dans ces mêmes pavillons sont placées les _échauderies_, pour les têtes et pieds de moutons.