Tableau historique et pittoresque de Paris depuis les Gaulois jusqu'à nos jours (Volume 1/8)

Part 21

Chapter 213,321 wordsPublic domain

5. Le martyre de saint Jean l'évangéliste près la porte Latine à Rome, par _C. Hallé_ père.

6. L'apparition de Jésus-Christ à saint Pierre, par _J. Sourlay_[355].

7. Saint Pierre ressuscitant la veuve, par _Louis Tetelin_.

8. Saint Paul prêchant les Gentils, par _Eustache Le Sueur_[356].

[Note 355: On croit ce tableau de _Mignard_, dont _Sourlay_ étoit l'élève.]

[Note 356: Le chef-d'oeuvre de ce grand peintre est l'un des tableaux les plus parfaits de l'école françoise.]

_À gauche en entrant._

1. Jésus-Christ chez Marthe et Marie, par _Simpol_.

2. La multiplication des pains, par _J. Christophe_.

3. La vocation de saint Pierre et de saint André, par _M. Corneille_.

4. Les Vendeurs chassés du temple, par _Claude-Guy Hallé_.

5. La guérison du Paralytique, par _Jouvenet_.

6. L'entretien de Jésus-Christ avec la Samaritaine, par _Boullogne_ jeune.

7. Jésus-Christ guérissant le Paralytique à la piscine, par _Boullogne_.

_Sur la partie du pilier qui faisoit face à la chapelle de la Vierge, laquelle étoit au côté droit de la principale entrée du choeur._

1. Le voeu de Louis XIII, par _Philippe de Champagne_.

2. À côté, et un peu plus bas, vis-à-vis la chapelle, saint Paul et Silas flagellés dans la ville de Philippes en Macédoine, par _Louis Tetelin_.

3. Au-dessus, saint André à genoux devant la croix, par _Jacques Blanchard_.

4. Sur la même ligne, en tournant, saint Jacques conduit au martyre, par _Noël Coypel_ père.

5. Immédiatement après, la guérison de la femme affligée d'un flux de sang, par _Cazes_.

6. À côté, saint Paul lapidé à Listres, par _Jean-Baptiste Champagne_ neveu.

7. Au-dessus de la chapelle, saint Pierre prêchant à Jérusalem, par _Charles Poërson_ père.

_En tournant à la croisée gauche du cloître, en face de la chapelle Saint-Denis, qui étoit également à la porte du choeur._

1. La descente du Saint-Esprit, par _Blanchard_.

2. À côté, vis-à-vis la chapelle Saint-Marcel, saint Paul guérissant un boiteux, par _Michel Corneille_.

3. Au-dessus, l'enlèvement de saint Philippe, par _Thomas Blanchet_.

4. De suite, en tournant, le martyre de saint Étienne, par _Charles Le Brun_.

5. Le martyre de saint Pierre, par _Sébastien Bourdon_.

6. Le martyre de saint André, par _Charles Le Brun_.

7. Au-dessus de la chapelle, la conversion de saint Paul, par _Laurent de la Hire_[357].

[Note 357: Ces deux chapelles, de la Vierge et de Saint-Denis, construites sur les dessins de _Decotte_, architecte du roi, avoient été magnifiquement décorées aux frais du cardinal de Noailles, inhumé au pied de celle de la Vierge. La statue en marbre de saint Denis étoit de _Coustou_ l'aîné, celle de la Vierge, de _Vassé_.]

TABLEAUX PLACÉS AU-DESSUS DES STALLES DU CHOEUR.

_À droite._

1. L'annonciation, par _Hallé_.

2. La Visitation (le _Magnificat_), par _Jouvenet_.

3. La nativité de Jésus-Christ, par _Lafosse_.

4. L'adoration des Mages, par _le même_.

_À gauche._

1. La présentation de Jésus-Christ au temple, par Louis _Boullogne_.

2. La fuite en Égypte, par _le même_.

3. Jésus-Christ dans le temple au milieu des docteurs, par _A. Coypel_.

4. L'assomption de la Vierge, par _le même_.

AU-DESSUS DU POURTOUR EXTÉRIEUR DU CHOEUR.

_En entrant par la grille de la croisée, du côté de l'archevêché._

1. La décollation de saint Jean et l'enlèvement de son corps par ses disciples, par _Cl. Audran_.

2. Saint Paul ressuscitant Eutique, par _Courtin_.

3. Le repentir de saint Pierre, par _Tavernier_.

4. Saint Paul devant Agrippa, par _Villequin_.

_En tournant du côté du sanctuaire pour passer au côté gauche._

1. Saint Paul convertissant saint Denis dans l'Aréopage, par _Cestin_.

2. Agabus prédisant à saint Paul ce qu'il doit souffrir pour Jésus-Christ, par _Chéron_.

3. Saint Jean prêchant dans le désert, par _Parrocel_ père.

4. L'adoration des rois, par _Vivien_.

CHAPELLES DES BAS-CÔTÉS AUTOUR DU CHOEUR.

_Après la petite porte de l'escalier qui conduit aux tribunes du choeur._

1. _Chapelle de Saint-Pierre et Saint-Paul._ Un tableau ovale représentant ces deux saints accompagnés de leurs disciples, par _Beaugin_, et une Descente de croix.

2. _Chapelle de Saint-Pierre martyr._ Saint Pierre guérissant les malades par son ombre, par _La Hire_. Vis-à-vis, le Naufrage de saint Paul à Malte, par _Poërson_.

3. Ensuite la sacristie renfermant le trésor[358].

4. _Chapelle de Saint-Denis et Saint-Georges._ Une Notre-Dame de Pitié, de l'école de _Vouet_; saint Pierre visité par un ange dans sa prison, par _Vouet_.

5. _Chapelle de Saint-Gérald._ La mort de la Vierge, par _N. Poussin_. Vis-à-vis, un voeu à la Vierge sur un champ de bataille.

6. _Chapelle de Saint-Remi_, dite _des Ursins_. Saint Claude, par _Galloche_. Portrait de Jouvenel des Ursins avec sa famille.

7. La _Chapelle d'Harcourt_.

8. _Chapelle de Saint-Crépin, Saint-Crépinien et Saint-Étienne._ Un Christ, l'Ascension et la Résurrection, par _Beaugin_. Hérodiade à table avec Hérode, par _L. Chéron_. Saint Pierre baptisant le Centenier, par _M. Corneille_.

9. _Chapelle de Saint-Nicaise._ Le jugement dernier, peint sur bois par _de Hery_.

10. _Chapelle de Saint-Louis et de Saint-Rigobert._ Un Christ, d'après Michel-Ange; Saint-Étienne conduit au martyre, par _Houasse_.

11. _Chapelle de la Décollation de Saint-Jean-Baptiste._ Le martyre de saint Barthélemi, par _Paillet_. La décollation de saint Jean, par _Louis Boullogne_. Une Assomption, par _Hurel_.

12. _Chapelle de Vintimille_, sous le titre de _Sainte-Foi et de Saint-Eutrope_. Saint Charles Borromée communiant les pestiférés, par _Vanloo_. Une Sainte Famille, par _Paillet_.

13. _Chapelle de Saint-Michel_, dite de _Noailles_. L'apparition de l'ange aux trois Maries, par _C. Natoire_.

14. _Chapelle de Saint-Ferréol._ Saint Michel, par _Vignon_. L'annonciation, par _Champagne_.

15. _Chapelle de Saint-Jean-Baptiste et de la Madeleine_ ou _chapelle de Beaumont_. Un Christ en croix.

16. Dans l'embrasure de la porte rouge, la mort d'Ananie et Saphire, et le centenier Corneille aux pieds de saint Pierre, par _Aubin Vouet_.

17. _Chapelle de Saint-Eustache._ La transfiguration, d'après _Raphaël_. Le voeu du marquis de Locmaria, par _Le Monnier_.

18. _Chapelle de Sainte-Agnès._ La Vierge allaitant l'enfant Jésus.

[Note 358: Cette sacristie est le bâtiment nouveau qui remplace l'ancienne galerie dont nous avons parlé page 312.]

_En redescendant des bas-côtés de la nef, du même côté._

1. _Chapelle Saint-Nicolas._ Ce saint sauvant des pénitents du naufrage, par _Thiersonnier_. Le miracle de saint Paul et de Sylas en prison, par _N. de Plattemontagne_.

2. _Chapelle de Sainte-Catherine._ Le martyre de cette sainte, par _M. Vien_.

3. _Chapelle de Saint-Julien-Zozime._ Ce saint donnant la communion à sainte Marie Égyptienne, par _Beaugin_. Les noces de Cana, par _Cotelle_.

4. _Chapelle de Saint-Laurent._ Le martyre de ce saint, par un élève de _Le Sueur_. L'apparition de Jésus-Christ aux trois Maries, par _Marot_.

5. _Chapelle de Sainte-Geneviève._ Une Vierge et l'enfant Jésus, avec saint Jean et sainte Geneviève, par _Beaugin_. La guérison des démoniaques.

6. _Chapelle de Saint-Georges et de Saint-Blaise._ Une mère de douleur consolée par les anges, par _Beaugin_. Les miracles de saint Paul à Éphèse, par _L. Boullogne_.

7. _Chapelle de Saint-Léonard._ Ce saint en habit guerrier, par _Champagne_. Le voeu de madame la Grande-Duchesse, pour sa maladie, par _Dumesnil_.

CHAPELLES DES BAS-CÔTÉS DE LA NEF.

_En entrant à droite._

1. _Chapelle de Sainte-Anne._ Sainte Anne et la Vierge, par _Vouet_. La présentation de la Vierge, par _La Hire_.

2. _Chapelle de Saint-Barthélemy et de Saint-Vincent._ Le martyre de ce dernier saint, par _Beaugin_. Notre Seigneur sur la montagne, par _Poërson_.

3. _Chapelle de Saint-Jacques._ Un Christ, par _Le Nain_. La femme adultère, par _Renaut_.

4. _Chapelle de Saint-Antoine et de Saint-Michel._ Saint Michel à genoux devant la Vierge, par _Champagne_. Jésus-Christ guérissant un possédé, par _Vernansal_.

5. _Chapelle de Saint-Thomas de Cantorbéry._ Saint Dominique et saint Thomas à genoux devant la Vierge, manière de _Lanfranc_. La résurrection du fils de la veuve de Naïm, par _Guillebaut_.

6. _Chapelles de Saint-Augustin et de Sainte-Marie-Magdeleine._ Dans la première, la Piscine, par _Alexandre_. L'aveuglement de Barjésu, par _Loir_. Dans la deuxième, l'incrédulité de saint Thomas, par _Arnould_; la résurrection de la fille de Jaïre, par _Vernansal_[359].

[Note 359: Nous ignorons ce que sont devenus la plupart de ces tableaux qui étoient conservés, dit-on, pendant la révolution, dans les divers dépôts du gouvernement. La prédication de saint Paul, par _Lesueur_, le martyre de saint Pierre, par _Bourdon_, la mort de la Vierge, par _le Poussin_, le _magnificat_, par _Jouvenet_, et quelques autres, ont été placés dans le musée du Roi: on les verroit avec plus de plaisir encore dans l'église à laquelle ils appartiennent.]

SCULPTURES[360].

[Note 360: Nous ne faisons point entrer dans ce catalogue la statue colossale de saint Christophe, que l'on voyoit au premier pilier de la nef près de la porte principale. Elle avoit été élevée par Antoine Desessarts, frère de Pierre Desessarts, surintendant des finances, qui eut la tête tranchée en 1413. Il rêva la nuit que saint Christophe rompoit les grilles de la fenêtre de sa prison, et l'emportoit dans ses bras. Ayant été déclaré innocent quelques jours après, il fit exécuter cette statue, devant laquelle il étoit représenté à genoux. Cette figure gigantesque[360-A], d'un aspect désagréable, fut abattue en 1784.]

[Note 360-A: Elle étoit haute de 28 pieds.]

L'ancien grand-autel, élevé sur les dessins de _Decotte_, étoit décoré de plusieurs statues en bronze, et surchargé d'ornements ciselés et dorés, où il y avoit plus d'éclat et de richesse que de bon style et de bon goût. On y remarquoit un bas-relief en bronze doré par _Vassé_; deux anges adorateurs par _Cayot_.

Dans le choeur, on remarquoit encore:

À gauche, la statue en marbre blanc de Louis XIII, à genoux, revêtu de ses habits royaux, offrant son sceptre et sa couronne à la Sainte-Vierge, et mettant son royaume sous sa protection, par _Coustou_ jeune.

À gauche, celle de Louis XIV, par _Coyzevoz_. Elle représentoit ce monarque revêtu pareillement de ses habits royaux et accomplissant le voeu du roi son père[361].

[Note 361: Ces deux statues étoient déposées au Musée des monuments français.]

Dans les tympans des arcades du rond-point, des anges en bas-relief représentant des vertus avec leurs attributs, savoir: la Charité et la Persévérance, par _Poultier_; la Prudence et la Tempérance, par _Frémin_; l'Innocence et l'Humilité, par _Le Pautre_; la Foi et l'Espérance, par _Le Moine_; la Virginité et la Pureté, par _Thiéry_; la Justice et la Force, par _Bertrand_. Au bas des pilastres et sur des culs-de-lampe, six anges en bronze portant les instruments de la passion, et modelés par _Hurtrelle_, _Vanclève_, _Poirier_, _Magnier_ et _Flamen_.

Au milieu du choeur, un aigle en bronze, accompagné des trois vertus cardinales, par _Duplessis_.

Aux deux portes latérales du choeur, deux chaires épiscopales, enrichies d'ornements et de bas-reliefs représentant l'histoire du martyre de saint Denis, et la guérison du roi Childebert, par l'intervention de saint Germain, évêque de Paris.

Dans la chapelle Saint-Christophe, la statue du saint, par _Gois_; celle de saint Denis, par _Mouchy_, dans la chapelle qui lui étoit consacrée; dans celle de Saint-Michel, dite _de Noailles_, saint Louis et saint Maurice, par _Rousseau_.

Sur la menuiserie des stalles du choeur, des bas-reliefs, par _Goullon_, offrant des sujets pris dans le Nouveau Testament.

TOMBEAUX ET SÉPULTURES.

Au pied du sanctuaire avoient été déposées les entrailles de Louis XIII et de Louis XIV.

Dans cette église avoient été inhumés:

Étienne II, dit _Tempier_, évêque de Paris, mort en 1279.

Simon de Bucy, évêque de Paris, mort en 1304 (enterré dans la chapelle Saint-Nicaise).

Aymérie de Magniac, cardinal et évêque de Paris, mort en 1384.

Pierre d'Orgemont, évêque de Paris, mort en 1409.

Dans la chapelle Saint-Remi, Juvénal des Ursins, chancelier de France sous Louis XI, et Michelle de Vitry sa femme, morte en 1456[362].

[Note 362: Leurs statues, d'un gothique médiocre, étoient placées sur leur tombeau; et, depuis, on a pu les voir au Musée des Petits-Augustins. On y voyoit aussi un tableau également enlevé de Notre-Dame, où ce magistrat étoit représenté avec toute sa famille. Cette peinture, plus médiocre encore que les statues, même pour le temps où elle avoit été faite, offroit une image précieuse et naïve des costumes alors en usage. La postérité masculine de ce personnage s'étant éteinte dans le seizième siècle, ses biens furent transférés dans la famille de _Harville_, qui hérita en même temps de cette chapelle, où plusieurs de ses membres étoient enterrés.]

Henri Dumoulin, évêque de Paris, mort en 1447.

Sous la croisée, Paul Émile de Véronne, chanoine de cette église et auteur d'une Histoire de France, mort en 1529.

Joachim du Belloy, chanoine et archidiacre de Paris, l'un des poètes les plus estimés de la cour de François Ier, mort en 1559.

Jean-Baptiste de Chatelier, nonce du pape, mort en 1583.

Albert de Gondi, duc de Retz, marquis de Belle-Isle, maréchal de France, mort en 1602.

Renaud de Beaune, archevêque de Bourges, de Sens, et grand-aumônier de France, mort en 1616.

Dans la chapelle de Saint-Louis et Saint-Rigobert, le cardinal Pierre de Gondi, évêque de Paris, mort en 1616[363]. Cette chapelle, magnifiquement décorée, étoit destinée à la sépulture de cette illustre famille.

[Note 363: Le cardinal y étoit représenté à genoux devant un prie-Dieu. Cette statue, d'un travail médiocre, est placée sur un entablement posé sur quatre colonnes, au milieu desquelles s'élève un grand cénotaphe en marbre noir (déposé pendant la révolution au Musée des monuments français).]

Dans la chapelle de Saint-Eustache, Jean-Baptiste Budes de Guébriant, maréchal de France, mort en 1643, et Renée de Bec-Crepin sa femme.

Pierre de Marca, archevêque de Paris, et célèbre par son traité _de Concordiâ sacerdotii et imperii_, mort en 1662.

Hardouin de Péréfixe de Beaumont, archevêque de Paris, mort en 1671.

François de Harlay, archevêque de Paris, mort en 1695.

Anne-Jules de Noailles, pair et maréchal de France, mort en 1708.

Claude Chastelin, chanoine de cette église, auteur de plusieurs ouvrages de piété, mort en 1712.

Le cardinal de Noailles, archevêque de Paris, mort en 1729.

Charles-Gaspard-Guillaume de Vintimille, archevêque de Paris, mort en 1746. Charles-François de Vintimille son frère, mort en 1740.

L'abbé de la Porte, chanoine _jubilé_[364] de cette église et l'un de ses bienfaiteurs.

[Note 364: Les chanoines _jubilés_ étoient ceux qui avoient desservi leurs prébendes pendant cinquante ans.]

Dans la chapelle d'Harcourt, le mausolée de Claude-Henri, comte d'Harcourt, mort en 1769. Ce monument avoit été exécuté par _Pigalle_, d'après un songe où madame d'Harcourt avoit vu son mari tel qu'il y étoit représenté[365].

[Note 365: Du fond d'un grand sarcophage, qu'ouvre un squelette couvert de draperies, on voit se lever le comte d'Harcourt, qui semble se débarrasser de son linceul et adresser la parole à sa femme, représentée à genoux au bas du monument; derrière, l'Hymen éploré éteint son flambeau. Ce groupe, d'une exécution maniérée, d'un dessin pauvre et incorrect, étoit aussi déposé, pendant la révolution, au musée des monuments françois.

Ce monument, et toutes les autres statues enlevées à Notre-Dame, ont été rendus à cette église.]

Lorsque l'on creusa le _crypte_ qui sert de sépulture aux archevêques de Paris, on y découvrit le tombeau d'une reine d'Angleterre dont le nom est inconnu, et celui de Louis de France, dauphin, fils de Charles VI et d'Isabeau de Bavière. Au bas des degrés du grand autel étoit déposé le coeur de Louise de Savoie, mère de François Ier.

RELIQUES ET AUTRES OBJETS PRÉCIEUX.

Derrière le choeur étoit la châsse de Saint-Marcel, en or et en vermeil, enrichie de perles fines et de pierres précieuses.

L'autel de la chapelle de Saint-Denis contenoit quatre châsses, où l'on conservoit quelques reliques inconnues.

La salle du _Trésor_ contenoit entre autres richesses:

Le chef de saint Philippe, apôtre; ce chef de vermeil étoit couvert de pierres précieuses du plus grand prix.

Une reliquaire de vermeil représentant saint Louis, et renfermant plusieurs parcelles de la sainte couronne, des fragments de l'éponge, du suaire et du tombeau de Jésus-Christ.

La tunique de Saint-Germain, renfermée dans une châsse en vermeil; des vêtements de la Vierge et une partie du crâne de saint Denis, etc., etc.; une quantité considérable de ciboires, de calices, de croix, de vases, de chandeliers, de soleils en vermeil enrichis de diamants, de pierres fines, monuments précieux de la piété des plus illustres personnages de la France, et dont le brigandage de 1793 a fait disparoître jusqu'aux moindres vestiges.

On y conservoit aussi des monuments curieux relatifs à la manière dont se faisoient les investitures par le moyen du couteau; les réparations des dommages par l'offrande d'un morceau de bois sur lequel l'acte étoit écrit, ou par celle d'une baguette d'argent, lorsque la réparation venoit d'un prince, etc., etc.

ARCHEVÊCHÉ.

La maison de l'évêque étoit située, de temps immémorial, près de Saint-Étienne[366]. Elle s'élevoit vis-à-vis de la nef de l'église d'aujourd'hui, et se terminoit à la double chapelle qui se voit encore dans la seconde cour de l'archevêché; le reste, du côté de l'orient, est une augmentation de bâtiments, dont le plus ancien n'a pas plus de deux cents ans.

[Note 366: On a prétendu qu'elle avoit été d'abord près de Saint-Landri, et que cette église en étoit la chapelle. Cette erreur vient de ce qu'effectivement les évêques possédoient une maison dans cette partie de la Cité.]

Lorsque les évêques cessèrent de faire les ordinations dans leur cathédrale, ce qui arriva vers le temps où la multiplication des offices, et surtout des fondations, les empêcha de s'y rendre aussi assidûment que les anciens l'avoient fait, ils conçurent le dessein de faire construire une ou deux chapelles dans leur maison. La principale de ces chapelles fut décorée avec la magnificence que l'on déployoit alors dans les monuments de ce genre, quand on les élevoit dans les maisons des grands seigneurs; l'autre servit aux jugements ecclésiastiques, dès qu'on eut cessé de les prononcer aux portiques des cathédrales.

Maurice de Sully, dans le temps même qu'il faisoit bâtir l'église de Notre-Dame, fit construire, sur une ligne parallèle, le palais épiscopal et la double chapelle dont nous venons de parler. Dans la chapelle basse étoient des chapelains établis par les évêques; le jeudi-saint on y lavoit les pieds des enfants de choeur, et tous les dimanches on y célébroit la messe pour les prisonniers de l'archevêché. La chapelle supérieure servoit aux ordinations, aux sacres d'évêques, à certaines thèses de théologie, et à d'autres assemblées solennelles. Il est constaté que toutes ces constructions sont de ce temps-là, par le nécrologe de Paris et par les historiens contemporains[367].

[Note 367: Nécrol. Paris. ld. sept. Dans ces anciens bâtiments étoient les salles des officialités métropolitaine et diocésaine, du bailliage de la duché-pairie de l'archevêque, la chambre ecclésiastique du diocèse, et la bibliothèque des avocats[367-A]. Toute cette partie de l'archevêché a été abattue, à l'exception de la double chapelle. La vue pittoresque que nous joignons ici présente très-exactement l'état actuel de ce palais.]

[Note 367-A: Cette bibliothèque étoit située dans le pavillon à droite de l'avant-cour de l'archevêché. Étienne _Gabrian_, seigneur de _Riparfonds_, l'un des plus célèbres jurisconsultes de son temps, l'avoit léguée en 1704 à ses confrères, avec des fonds pour l'entretenir, et sous la condition de la rendre publique. On y faisoit, une fois par semaine, des consultations gratuites pour les pauvres; et, tous les samedis non fêtés, des avocats distingués y tenoient des conférences sur la jurisprudence.]

On arrive dans la seconde cour par une arcade placée sous le bâtiment du trésor; et c'est là qu'est le nouveau palais archiépiscopal. Il doit son agrandissement à plusieurs prélats qui ont gouverné l'église de Paris, et principalement au cardinal de Noailles, qui y fit faire de grandes augmentations et beaucoup d'embellissements en 1697. C'est un grand hôtel, dont la situation est belle et la vue agréable, mais qui n'offre dans toute sa construction qu'une architecture mesquine et sans caractère[368].

[Note 368: Voyez pl. 18.]

Le peu de séjour que nos premiers rois firent dans la ville de Paris fut cause que son siége épiscopal parut trop peu considérable pour qu'on l'érigeât en métropole, et qu'il fut long-temps soumis à la juridiction de l'archevêché de Sens. Les deux premières races ayant été le temps des grandes dotations, Paris, qui ne s'accrut que sous les rois de la troisième, étoit un des évêchés les moins riches de la France; toutefois, lorsque cette ville fut devenue la capitale du royaume, son siége acquit bientôt une grande importance, plutôt par la position que par l'étendue des propriétés de l'évêque[369]. Ajoutons ici quelques développements nouveaux à ce que nous avons déjà dit de la situation de l'Église de France, pendant les premiers siècles de la monarchie, et de ce que furent en effet, à cette époque, le crédit et l'autorité des évêques.

[Note 369: Dans un diplôme du roi Louis VI, de l'an 1110, les seigneuries de cet évêque, après celle de sa censive dans la Cité, sont dites être _Saint-Germain_, _Saint-Éloi_, _Saint-Marcel_, _Saint-Cloud et Saint-Martin-de-Champeaux en Brie_. Il avoit aussi, dès le sixième siècle, des possessions dans le diocèse de Sens, et une terre en Touraine, dans les environs d'Amboise. (LEBEUF.)]

Il ne paroît pas que, dans les premiers temps de la conquête, les évêques aient joui, sous les rois francs, d'une autorité plus grande que sous le gouvernement des empereurs. Or le caractère épiscopal étoit alors étranger à toutes les magistratures civiles[370]; et le seul privilége qu'eussent obtenu ces premiers pasteurs des églises, c'étoit de ne pouvoir être accusés que devant un tribunal ecclésiastique composé de leurs pairs, et d'être les premiers juges de leurs subalternes, qui ne pouvoient de même être accusés que devant eux[371].

[Note 370: _Cap. Sues._, an. 744.--C. 3.]

[Note 371: _Cod. Theod._, lib. XVI, tit. II, _Leg._ 2, 39, 41, 47. _Edict. Clot._, an. 615, c. 4.]