Part 31
Monsieur de La Mothe, je vous prie, suivant ce que le Roy, Monsieur mon filz, vous escript[146], regarder de faire tout ce que pourrés pour conforter ceux qui sont dedans le chasteau de Lislebourg, car il est bien à craindre que le comte de Morton les force, s'ilz n'ont esté secoureus de ce que le frère du lair de Granges a receu pour leur porter, dont je vous prie nous escripre au vray des nouvelles; et pareillement de l'arivée de Vérac, auquel vous ne devés faire difficulté d'escripre que nous sommes bien esbahis d'estre si longtemps sans avoir de ses nouvelles et que nous en sommes en peyne. J'estime que la Royne d'Angleterre ne vous refuzera pas ung passeport pour envoyer quelqu'ung qui ayt entendement devers les Anglois. Vous manderés, de bouche, ce que verrés qui sera à propos, et luy vous en mandera aussy, de sa part; ou bien, si voyés qu'il n'y eût poinct de danger, vous vous escriprés l'ung à l'aultre en chiffre. Il est très nécessaire d'avoir l'œil de ce costé là, suivant ce que vous mesmes escripvés. Voylà pourquoy je vous prie de rechef y fère tout ce qu'il vous sera possible, et nous escripre, le plus tost et le plus souvant que vous pourrés, les responces que vous avés eues sur les lettres que vous avons escriptes par Vérac pour le faict du mariage, pour lequel je vous prie uzer de tous les moyens qu'il vous sera possible affin que en ayons l'heureuze fin que desirons, car toutz les aultres affaires ne sauroient que bien aller si cestuy là réussist; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le XIIIIe jour de mars 1573.
CATERINE. PINART.
[146] Voyez Castelnau, tom. III, pag. 309.
CXLVII
LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXIIIe jour d'apvril 1573.--
Audience accordée au docteur Dale, nouvel ambassadeur.--Audience de congé donnée à Walsingham.--Nouvelles de l'expédition de Montgommery.--Plaintes contre les secours qui lui ont été fournis en Angleterre.--Surveillance qu'il importe d'exercer sur les projets des protestans.--Desir du roi que Mr de Vérac ou Sabran puissent passer en Écosse.
Monsieur de La Mothe Fénélon, le Sr Valentin Dale, nouveau ambassadeur de la Royne d'Angleterre, me vint trouver avant hier, après disner, et la Royne, Madame et Mère, aussy, avec lettres de croyance qu'il nous présenta de la part de la dicte Dame Royne, et visitta aussy la Royne, ma femme. Son propos ne fut que de la bonne et syncère affection que icelle Dame, sa Maistresse, porte à l'entrettènement de nostre mutuelle amitié, selon nostre dernier traicté. Sur quoy je n'oubliay à luy déclarer bien expressément combien j'y avois de bonne et droicte intention. Par mesme moyen, le Sr de Walsingam qui y estoit aussy, print congé de moy, et, en ce faisant, me dict qu'il avoit une vollonté très parfaicte de faire tous bons offices non seullement pour voir continuer l'amitié d'entre icelle Dame Royne et moy, mais aussy pour l'augmenter aultant qu'il sera possible; et me promit qu'il tiendra la main, de tout son pouvoir, à ce que les propos du mariage d'elle et de mon frère, le Duc d'Alençon, puissent réheussir à l'heureuse fin que nous desirons; voyant le dict Sr de Walsingam, comme il nous a déclaré, qu'il n'y a point de meilleur et plus certain moyen pour estreindre l'amitié et l'union entre ces deux couronnes et rendre noz amitiés parfaictes et indissolubles, que le dict mariage.
Ce que nous luy avons bien confirmé pour estre cella très véritable, et, sur ce, faict fort expresse démonstration de la droicte intention que nous y avons, affin qu'il en asseure la dicte Dame Royne, sa Maistresse, quand il sera par delà, comme, de luy mesmes, il s'y est offert; disant à ma dicte Dame et Mère qu'il espère bientôt revenir avec une bonne occasion, en ce royaulme, de nous faire un bon servisse: qui s'entend pour le faict du dict mariage et entretènement de nostre dict dernier traicté.
Nous avons baillé au dict Sr de Walsingam la responce que nous faisons aux lettres que nous avons receues d'elle, desquelles je vous envoye les doubles, enclos avec la présente. Le dict Sr de Walsingam s'en retourne fort content et bien affectionné, comme il démonstre, à faire, quand il sera par delà, tous bons offices. Aussy en a il toutes les occasions qu'il est possible; car il a receu, pendant sa résidence, toutes les honnestes faveurs qu'il pouvoit desirer par deçà, et, à son partement, il luy a esté faict présent d'une fort belle chaine de mil escus, oultre les deux présents qu'il a eus à la conclusion et fermement de nostre dict traicté.
Au demeurant, Monsieur de La Mothe Fénélon, je vous diray comme le comte de Montgomery arriva près de la Rochelle dès dimanche dernier, sur les quatre heures du soir, où il pareust avec environ cinquante vaisseaux, et mouilla l'ancre à la portée du canon de mon armée navalle et de la terre, du costé du dict lieu de la Rochelle, pour essayer de secourir la ville; mais, à ce que m'escript mon frère, le Duc d'Anjou, j'espère qu'il n'en rapportera que la honte; mes gallères et vaysseaulx estant fort bien pourveus d'hommes, et de tout ce qui leur est nécessaire, et attiltrés à la faveur de deux forts, que mon frère a faict édiffier aux deux costés de l'embouscheure du hâvre de la dicte Rochelle; de sorte que je ne redoubte pas beaucoup le dict Montgomery. Mais l'occasion, pour laquelle j'ay advisé vous faire incontinent ceste dépesche, est pour ce que je sçay entièrement que Me Hacquins et pleusieurs anglois sont avecque luy, ayants la Prime Rose et plusieurs aultres vaisseaulx appartenants, ou qui ont appartenu à la Royne d'Angleterre; et davantage que tous les dictz vaysseaulx ont arboré et portent les croix rouges droictes, comme ont accoutumé les gens de guerre de la dicte Royne d'Angleterre, chose dont je croy bien qu'elle désavouera le dict de Montgomery, et les anglois qui sont avecque lui. Toutesfois cela luy touche grandement, et ne puis que je n'en demeure fort mal édiffié, comme estant cella directement contre nostre dernier traicté, la foy et promesse que nous nous sommes jurée, et expressément promise l'un à l'aultre, et qu'elle et ses ministres vous ont, ces jours icy, si souvent encores réittérée.
Voilà pourquoy je vous prie aller incontinent trouver la dicte Royne et le luy faire entendre, taschant, aultant qu'il vous sera possible, à vous esclercir sur ce avec elle, et apprendre le plus que vous pourrés de ses délibérations pour m'en donner incontinent advis par ce porteur; et pour ce que, tout ainsy que l'on vous a par delà tousjours asseuré que icelle Royne ne se mesloit poinct des entreprinses du dict Montgomery, mais au contraire qu'elle avoit, suivant la bonne amitié d'entre elle et moy, faict tout ce qu'elle a peu pour luy traverser et nuire, ayant empesché ses subjects de se mettre avec luy pour me venir faire la guerre, le dict Walsingam m'en a, de mesme, tousjours ainsy parlé et à la Royne Ma dicte Dame et Mère, et fort affirmativement asseuré.
Au surplus, encore qu'il ait prins congé de moy, et que je luy aye faict faire le présent de mille escus, ainsi que je vous ay escript, je luy ay escript, et au docteur Dale son successeur, la lettre de laquelle je vous envoye le double, espérant qu'il sera icy demain, et que je parleray à luy de tout cessy, affin qu'il le puisse faire entendre, de ma part, à icelle Royne, sa Mestresse; dont cepandant je vous ay bien vouleu advertir par ce porteur exprès, affin que, s'il en escrivoit quelque chose par delà qu'il pensât que je le voulleusse rettenir, que vous, asseuriés bien qu'il est en toute liberté, et que, aussytost que j'auray parlé à luy de cest affaire, il pourra, quand il voudra, s'acheminer en Angleterre, sans qu'il luy soit faict aulcun tort ny desplaisir, ni donné davantage de retardement.
J'ay veu l'ordre qu'avés donné pour faire advertir mon frère, le Duc d'Anjou, des délibérations du comte de Montgomery; mais ce n'est pas assés que cella. Je desire et vous prie de n'espagner deux ni trois cens escus, pour envoyer gens aux ports et hâvres, où s'assemblent les vaisseaux qui doivent aller avec le dict Montgomery, et en y ayés plusieurs qui ne sçachent rien les uns des autres, comme je vous ay cy devant escript; affin que soyez mieux et plus seurement adverty et que me puissiés donner advis de tout. Il en faudra aussy envoyer au lieu où s'arment les dictz grands vaisseaux d'icelle Royne, et seroit bon que en eussiés pareillement du costé de Varwich pour voir quel équipage il s'y faict pour l'entreprise d'Escosse; où je desire bien que Vérac s'achemine pour le bien de mon servisse, ou, si la dicte Royne ne veut qu'il y aille, d'en estre résolleu pour y en envoyer quelque aultre. Et cependant je desirerois que y fissiés passer Sabran bien instruict de vous et du dict Vérac, affin qu'il y fist le mieux qu'il pourroit pour le bien de mon servisse, sellon les dépesches que nous vous avons cy devant faictes et la charge qu'avons donnée au dict Vérac; priant Dieu, etc.
Escript à Fontainebleau, le XXIIIe jour d'apvril 1573.
Il est très nécessaire que vous fassiés toute la plus grande dilligence que pourrés pour envoyer Vérac ou Sabran en Escosse, car il importe grandement, pour le bien de mon service, que je y aye quelqu'un, affin d'entrettenir tousjours ceux qui me sont bien affectionnés de la bonne vollonté qu'ilz ont aux affaires qui me concernent, et à tout ce qui dépend des traictés et alliances d'entre les Escossois mes prédécesseurs et moy.
CHARLES. PINART.
CXLVIII
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXVe jour de may 1573.--
Nouvelle de l'élection du duc d'Anjou comme roi de Pologne.
Monsieur de La Mothe Fénélon, nous avons présentement eu advis que mon filz, le Duc d'Anjou, a esté esleu Roy de Poloigne, les Ve et VIe de ce moys, par la commune voix et vœux par escript de trois parts, dont les quatre font le tout, de tous les évesques, palatins et noblesse du dict royaulme, de sorte qu'il ne restoit plus que les vœux à publier, comme il se debvoit faire dedans trois jours après. Et, ainsi que l'on nous escript, il n'y a poinct de difficulté que la dicte élection ne soit publiée et résolue, dont je vous ay bien voullu advertir en dilligence, affin que, si cella peut servir, comme je ne doubte pas qu'il ne fasse, à l'affaire de mon fils le Duc, et pour nous faire avoir la bonne responce de la Royne d'Angleterre que nous espérons pour le faict du mariage, vous usiés de ces bonnes nouvelles envers la dicte Royne et ses principaux ministres, comme vous verrés qu'il sera à propos, pour leur représenter la grandeur et moyen qu'ont ceux de ceste maison de la maintenir et assister, vous estendant sur ce subject, comme je m'asseure que sçaurés très bien faire, ainsi que verrés qu'il sera à propos: et de tout je vous prie nous escripre le plus tôt que vous pourrés de bonnes nouvelles que nous attandons aussy de ce costé là en bonne dévotion; priant Dieu, etc.
Escript à Fontainebleau, le dimanche, XXVe jour de may 1573.
CATERINE. PINART.
CXLIX
LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXIXe jour de may 1573.--
Négociation du mariage.--Espoir de la prochaine réduction de la Rochelle.--Affaires d'Écosse.--Méfiance du roi contre sir Arthus Chambernon.
Monsieur de La Mothe Fénélon, il n'est pas possible de desirer propos plus honnestes que ceux que la Royne d'Angleterre, ma bonne sœur et cousine, vous a tenus en la dernière audience qu'elle vous a donnée, comme j'ay veu par vostre dépesche du XXIIIe de ce moys[147], sur le faict de l'entrevue de mon frère le Duc d'Alençon et d'elle. Toutesfois elle a différé d'acorder la dicte entrevue que premièrement elle ne feust satisfaicte et esclercie des deux doubtes où elle est, comme particulièrement vous avés entendu en la dicte audience, et que vous m'avez bien amplement discouru par vostre dicte dépesche, ainsi que nous avons veu aussi par les lettres qu'elle en a escriptes à ceste fin à la Royne, Madame et Mère; laquelle luy faict si claire responce, et a, oultre cella, si expressément faict entendre à son ambassadeur, en l'audience qu'elle luy a donnée, ceste après dînée, nostre droicte intention, comme vous verrés par le double que je vous envoye de la lettre de ma dicte Dame et Mère, que j'estime que, si icelle Royne a aussy bonne vollonté à la dicte entreveue et au dict mariage que nous avons tous, qu'il n'y aura plus de difficulté qui empesche qu'elle ne se fasse, et que, s'il plaict à Dieu qu'ilz se soient agréables l'un à l'aultre, comme je le desire, que bientost après nous ne voïons une heureuse fin de ceste négociation par la résollution du dict mariage; pour lequel vous la pouvés tousjours fermement asseurer que nous procédons avec toute syncérité, et sans que la poursuitte qu'en faisons soit à aultre intention (et Dieu en est le tesmoing), que pour fortiffier et rendre parfaicte l'amitié d'entre elle et nous et nos communs subjectz, et qu'elle se puisse si bien establir par le moyen du dict mariage, comme aussy n'y a il rien qui y soit plus propre qu'elle demeure perdurable, nette et entière, et que les deffiences, qui naissent entre elle et moy depuis quelque temps, puissent estre du tout déracinées et amorties, ayant advisé de vous renvoyer Vassal expressément en la meilleure dilligence qu'il pourra; d'aultant que son dict ambassadeur a asseuré Ma dicte Dame et Mère que, pour estre bien certain que icelle Royne, sa Maistresse, aura ces nouvelles bien agréables, il les luy escript dès aujourdhuy par courrier exprès. Et il sera bien à propos qu'incontinent après vous luy présentiés la lettre de Ma dicte Dame et Mère pour, par mesme moyen, résouldre les seurretés du voyage et passage de mon dict frère, que je desire que vous obteniés les meilleures que pourrés, et que vous m'en advertissiés incontinant, affin que, quand nous en serons d'accord, vous en rettiriés les expéditions;
Espérant cepandant que la Rochelle se réduira bientost en mon obéissance, car estant les Suisses arrivés dans mon armée et ceux de dedans la dicte ville se trouvans en très grande nécessité et hors d'espérance de secours, j'estime que bientost ils seront forcés, s'ilz ne sont si sages que d'accepter les raisonnables conditions qui leur sont offertes pour évitter leur ruine et la désolation qui se peut attandre d'un assault, que mon frère, le Roy esleu de Pouloigne, faira donner le plus tard qu'il pourra, suivant mon intention, pour le desir qu'il a, comme aussy ay je de ma part, de les conserver; et estant pour ceste occasion bien d'advis, suivant ce que nous avés escript par le dict Vassal que, si le cappitaine Franchotti a de si bons et grands moyens qu'il vous a dict, et accès parmi ceux de la religion, pour composer les troubles, qu'il vienne, le plus tost qu'il pourra, suivant le passeport que je vous ay dernièrement envoyé pour luy, et il se peut assurer que je luy donneray toute favorable audience et telle qu'il la peut desirer. Et encores, s'il veut, pour le plus court, s'acheminer par mer, comme il me semble que sera bien à propos, droict en ma dicte armée, et s'adresser à mon dict frère, auquel j'en ay escript présentement, je m'asseure qu'il luy donnera aussy toute favorable audience, et les moyens d'exécuter sa bonne vollonté, car il a tout pouvoir général et particullier de moy pour cest effaict.
[147] Voyez CCCXVIIIe dép., tom. V, pag. 330.
J'ay veu ce que me mandés pour le faict d'Escosse, et comme, à la fin, la dicte Royne a laissé passer Vérac et Sabran, mais je n'ay pas opinion qu'il leur soit permis, ny à l'un ni à l'aultre, d'entrer en Escosse; car il se voit bien clairement que icelle Royne a faict tout ce qu'elle a peu, despuis quelques moys, pour nous amuser et esblouir les yeux, affin que cepandant elle peût faire ses affaires en Escosse, ce que je m'asseure vous aurés bien cogneu; et suivant ce que je vous ay si souvant escript et comme vous me mandés avoir faict, vous aurés si bien et si souvent adverti ceux du chasteau de Lislebourg, qu'ilz auront courage; et quelque batterie que l'on fasse, ilz tiendront pour le moins jusques en septembre, ainsi que j'ay entendu d'aulcuns de deçà qui sçavent leurs intentions. Voilà pourquoy je desire que vous me mandiés en quel estat ilz se trouvent à présent, s'il vous est possible de le sçavoir, comme j'estime qu'il vous a et sera tousjours aisé, et si vous n'aurés pas moyen de leur faire tenir ce que je vous ay ces jours icy escript, car, encores que je sçache bien que les Escossois soient fort légers et que aulcuns de ceux, qui sont dans le dict chasteau, soient soubçonnés d'estre de ceste condition, si m'asseurai je principallement au lair de Granges, que je croy, l'ayant tousjours si bien traicté comme j'ay faict et veux faire, qu'il ne permettra poinct que les anciennes alliances que mes prédécesseurs et moy avons en Escosse, et les moyens que j'ay accoustumé d'y avoir aussy, soient diminués comme sans doubte ilz seroient, si le dict comte de Morthon, qui ne faict rien qu'en faveur et pour la Royne d'Angletere, s'impatronisoit du dict chasteau de Lislebourg. Et, pour ceste cause, en les confortant tousjours secrettement, et en l'affection qu'ilz ont jusques icy déclarée me porter pour le bien de leur patrie et de leur souveraine, il fault aussy que vous continuiés à faire instance, envers la dicte Royne d'Angleterre et ceux de son conseil, à ce que, suivant nostre dernier traicté, il ne se poursuive ni fasse aulcune chose qu'avec le consentement des Srs de Vérac ou Sabran, s'ilz y peuvent passer. Autrement j'auray juste occasion de m'en sentir.
Quand aux onze premiers articles de l'instruction que vous avez baillé à Vassal, je desire que vous ayés tousjours l'œil aux poinctz contenus par iceulx, et que journellement vous me teniés adverti de ce qui se faira et tramera en cella, y donnant par vous, soubz main, comme sçaurés très bien faire, toutes les traverses que vous pourrés, affin que, surtout, le Prince d'Escosse ne puisse estre transporté comme il est déclaré par les dictz articles que l'on propose.
J'ay veu aussy ce que vous a dict le Sr Chambernon, visadmiral d'Angleterre. Tout ce qu'il vous a faict entendre n'est qu'artifice: voylà pourquoy il n'y eschet aulcune responce, si ce n'est que, quand les effectz suivront ses parolles, je les auray bien agréables, et cependant je vous diray que, comme vous verrés par un extraict que je vous envoye, aulcuns des anglois qui estoient avec Montgomery, son beau frère, ont esté bien battus, ayans perdu quattre des meilleurs vaisseaux qu'ilz eussent, et esté contrainctz de quitter et abandonner l'isle de Belle Isle. J'espère que, si le dict Montgomery se peut rencontrer et descouvrir en mer, qu'il sera par les miens, qui sont allés après, battu et traicté comme il mérite.
J'ay pareillement veu ce que me mandés des recherches et impositions excessives qui se font et que l'on a mis sur les marchandises qui arrivent à Calais. C'est chose que j'ay remise à ceux de mon conseil pour y adviser. Quand la résolution en sera prinse, je vous en advertiray; priant Dieu, etc.
Escript à Fonteinebleau, le XXIXe jour de may 1573.
CHARLES. PINART.
CL
LA ROYNE MÈRE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--du XXIXe jour de may 1573.--
Consentement donné à l'entrevue sous les conditions proposées par Élisabeth.--Déclaration que le duc d'Alençon pourra se rendre en Angleterre aussitôt après la réduction de la Rochelle.--Communication de l'élection du roi de Pologne.--_Réponse des seigneurs du conseil d'Angleterre_ sur la négociation du mariage et la proposition de l'entrevue.