Part 30
_Art._ 6. Qu'il estime que la difficulté qu'ilz font procède plus de la persuasion d'aultruy et de l'espérance qui leur est donnée de ne debvoir estre habandonnez, que de volonté qu'ilz ayent de se rebeller, car il a sceu et a veu, par aulcunes lectres qui ont esté naguières interceptées, comme le comte de Montgommery et aulcuns aultres françoys, qui sont par deçà, leur mandent et les asseurent bien fort qu'ilz auront, soubz main, tout le secours qu'ilz voudront de la Royne d'Angleterre, et toute l'assistance qui leur sera nécessaire de son royaulme, sans que; pour cela, elle se déclare à la guerre contre luy. Ce qu'il n'a creu en façon du monde, ains a jugé incontinant que cela procédoit de la passion de ceux qui escripvoient les lectres, et plustost s'asseure il de tirer toute ayde et faveur d'elle en ce qu'il aura besoing; ny pareillement n'a creu que ce soit par sa commission que aucuns capitaynes de mer, françoys, ayent, ainsy qu'on luy a dict, équipé en guerre quelques vaisseaux par deçà, et se soient associez avec d'aultres capitaynes de mer, angloix, pour conduire ceste praticque, et pour empescher la navigation, comme desjà ilz la troublent beaucoup ez costes de Normandie et Bretaigne, ainsy que plusieurs plainctes luy en viennent tous les jours.
Sur quoy il suplie la Royne, sa bonne sœur, et la conjure, au nom de la parfaicte et loyalle amitié que, devant Dieu et les hommes, ilz se sont sainctement et fort solemnellement jurée l'un à l'autre, que, comme il a eu, et a, et ne veult cesser d'avoir, durant tout son règne, ung singulier respect à tout ce qui pourra en quelque sorte concerner Sa Majesté et tous les poinctz de leur mutuelle ligue et le repos de son royaulme, qu'il luy plaise, de son costé, avoir le mesmes esgard vers luy; et que, sans s'arrester aux persuasions des gens passionnez, ny aux inventions controuvées pour luy engendrer des scrupules et deffiances dans le cueur, elle veuille persévérer ez bons termes de la vraye et inthime amitié qui est commancée entre eux, comme, de sa part, il y demeurera immuable à jamais, et qu'elle vueille passer oultre à l'aultre unyon qui s'en fera indissoluble par ceste plus estroicte alliance, laquelle luy et la Royne, sa mère, et tous ceux de leur couronne persistent de desirer plus instamment que jamays, et y ont plus d'affection qu'à chose qui soit aujourdhuy au monde.
_Réponse._--Sur le 6e, qu'ayant le comte de Montgommery escript à Sa Majesté, dez le commancement, bien au long, son infortune et callamité, et prié de permettre qu'il vînt devers elle, Sa dicte Majesté le luy auroit reffuzé, et qu'estant cejourduy venu le dict comte en ceste dicte ville, il ne sçayt pourquoy ni à quelles fins;--Et pour le regard de ces capitaynes françoys, qui ont équipé en guerre quelques vaysseaulx par deçà, que Sa Majesté n'en a rien sceu, et que icelluy milord de Bourgley prie Monsieur l'Ambassadeur de luy nommer tant les dicts capitaines que les portz et hâvres où ilz se sont équipez, pour en fère fère telle poursuyte et punition contre les gardiens et aultres qui auroient baillé faveur ou permission de ce fère que le dict Sieur Ambassadeur en sera contant.--En ce qui concerne l'aultre unyon, que Sa Majesté entend du mariage, qu'elle a naguières receu lettres, et le dict Sr Bourgley aussi, de Mr de Walsingam, par lesquelles il mande que, en une audience qu'il a eu de la Royne Mère, parlant de ce faict, et expressément de l'entreveue, il a trouvé la dicte Dame si réfroydie sur ce point qu'il luy semble le faict estre à n'en plus parler.
_Art._ 7. Qu'il est très marry qu'on ayt rapporté aux seigneurs du conseil d'Angleterre qu'il ayt commandé faire ny le massacre de Rouan ny les aultres qui ont suivy depuis ez aultres lieux; car c'est la plus grande imposture et la plus faulce calomnye qui ayt esté jamais mise sus à nul prince, ayant au contraire, par plusieurs foys, escript à ses lieutenantz et gouverneurs et nommément au Sr de Carouges à Rouan, qu'ilz eussent à prendre très soigneusement garde que ces désordres n'advînsent; lesquelz l'on craignoit assez, veu l'insolence d'aucunes meschantes personnes qui avoient le cueur au sang et au pillage, et qui n'ont espargné les biens des Catholicques non plus que des Huguenotz; et que Dieu, devant lequel il chemyne, luy est tesmoing qu'il a ung mortel regret que pas ung de ceulx qui n'avoient intelligence avec les chefz de la conspiration ayent souffert, et que bientost l'on onyra parler de la punition exemplaire qui sera faicte à Rouan et aultres lieux contre les autheurs de ces violances.
_Réponse._--Sur le 7e que Sa Majesté s'en remect au Roy.
_Art._ 8. Que, au regard de ce que Mr le cardinal de Lorrayne a faict inscripre à Romme sur la porte de l'hostel Sainct Louys[142], ce n'est chose où l'on doibve avoir esgard, car l'on sçayt assez que ce n'est ny du sceu ny du commandement du Roy, qui n'a accoustumé de négocier ses affaires au dict lieu que par son ambassadeur.
[142] Voyez le texte de cette pièce, ci-dessus, page 341.
_Réponse._--Sur le 8e, que Sa Majesté trouve ceste responce fort froyde, toutesfoys qu'elle la reçoit, puisqu'elle vient du Roy; et qu'elle ne peult croyre qu'estant le dict Sr cardinal de Lorrayne le premier éclésiastique, premier du conseil du Roy, et premier de la noblesse de France, qu'il ayt tant présumé de soy que d'ozer rien faire publier à Rome sans le sceu et commandement du Roy.
_Art._ 9. Et quant aux françoys qui ont passé en ce royaulme, lesquelz monstrent s'y estre retirez pour cause de leur religion, qu'il desire qu'ilz s'en retournent paisibles en leurs maisons, et qu'ilz y seront bien traictez, et que, sur son honneur et sur la foy et vérité qu'il doibt à Dieu, il ne le leur sera faict aucun tort ny desplaisir.
_Réponse._--Sur le 9e, que Sa Majesté desire infinyement qu'ilz s'en retournent en leurs maysons et qu'ilz rendent toute obéyssance au Roy; mais que, de les y contraindre, elle s'en sentiroit grandement chargée en sa conscience, si ilz y avoient mal, et en penseroit estre cause; mais qu'elle gardera bien que eulx ny aultres, quelz qui soyent, ny attempteront ny pratiqueront rien contre le Roy et son honneur, ny de faict ny de parolle.
_Art._ 10. Qu'il a faict expédier au Sr de Walsingham les lectres patentes et provisions qu'il luy a demandées pour l'accommodement des affaires des Angloix en son royaulme, et qu'il prie la Royne d'Angleterre, sa bonne sœur, de croire qu'en nulle part de la terre habitable, ses marchandz et subjectz ne trouveront de plus seur accez, plus de faveur, plus de bon recueil, plus de bon et libre commerce, plus de bonne expédition de justice et tout bon traictement qu'ilz feront en la France et en tous les endroictz d'icelle; et qu'il a plaisir que la flotte pour les vins soit allée à Bourdeaux, y ayant mandé de la bien et favorablement recueillir; et il suplie aussi la dicte Dame, sa bonne sœur, de commander une semblable bonne expédition de justice à ses subjectz par deçà; car il en reçoit tous les jours beaucoup de plainctes.
_Réponse._--Sur le 10e, que Sa Majesté n'a encores rien entendu de ses merchandz, qui sont allez à Bourdeaux, comme ilz ont esté traictez, et qu'estans de retour, sellon ce qu'ilz rapporteront à Sa Majesté du trettement qu'ilz y auront receu, elle randra responce au dict Sieur Ambassadeur.
CXXXVIII
LE ROY A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--du XIXe jour de novembre 1572.--
Remerciemens à raison de l'acceptation qu'a faite Élisabeth du titre de marraine.
Très haulte, etc., nous avons tousjours tant estimé de la bonne affection que vous nous portés et au bien de noz affaires, que vous ne recepvrés jamais que plaisir de ce qui nous pourra apporter contantement; mais encores en avons nous tant plus de témoiniage par la démonstration de l'aize que vous avés faicte sur la nouvelle que vous avés eue que Dieu nous a donné une fille, ainsi que nous avons sceu par les dernières lettres que nous a escriptes le Sr de La Mothe Fénélon, nostre ambassadeur par dellà, qui nous faict croire que vous feriés tenir en vostre nom, avec l'Impératrice, sur les sainctz fondz de batesme nostre dicte fille, et en donnerés la charge à personne convenable; dont nous vous prions tant et si affectueusement que fère pouvons, ne desirans rien davantage que la continuation et fortiffication de nostre mutuelle amityé; à quoy nous adjousterons, de nostre part, tout ce que nous penserons y pouvoir servir, ainsi que vous dira plus particullièrement le Sr de Mauvissière, chevallier de nostre ordre, que nous envoyons exprès par dellà, lequel nous vous prions croire de ce qu'il vous en dira de nostre part comme feriez à nous mesmes; priant Dieu, très haulte, etc.
Escript à Paris, le XIXe jour de novembre 1572.
Vostre bon frère et cousin.
CHARLES. PINART.
CXXXIX
LA JEUNE ROYNE A LA ROYNE D'ANGLETERRE.
--du XIXe jour de novembre 1572.--
Prière à la reine d'Angleterre pour qu'elle consente à tenir l'enfant du roi sur les fontz de baptême.
Très haulte, etc., le Roy, nostre très honnoré Seigneur et espoux, envoyant le dict Sr de Mauvissière, chevallier de son ordre, présent porteur, par delà, pour vous prier, de sa part, d'estre contante de faire tenir en vostre nom, sur les sainctz fonds de batesme, la belle petite fille qu'il a pleu à Dieu nous donner, nous avons bien voulleu par luy mesmes vous faire pareille requeste, de nostre costé, avec ceste asseurance que vous l'aurés bien agréable. Nous vous prions donc que vous veuillés estre l'une des marraines de nostre dicte fille, et envoyer de deçà personne convenable pour cest effect. En ce faisant, nous recepvrons ceste faveur à grand et singullier plaisir pour nous en revancher en toutes les occasions qui s'en pourront jamais présenter, oultre que ce sera pour, de plus en plus, fortiffier ceste vraye et parfaicte amitié qui est de présent, et espérons en Dieu que continuera à tousjours, entre ceste couronne et la vostre, comme vous entendrés plus avant du dict Sr de Mauvissière, sur lequel nous en remettant, nous prierons Dieu, très haulte, etc., vous avoir en sa très saincte et très digne garde.
Escript à Paris le XIXe jour de novembre 1572.
CXL
LE ROY A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du IIIe jour de décembre 1572.--
Prochaine arrivée du seigneur envoyé d'Allemagne par l'empereur et l'impératrice pour le baptême.--Desir du roi qu'Élisabeth envoie promptement le seigneur qui doit la représenter.--Arrivée du légat du pape; protestation du roi que la reine d'Angleterre n'a rien à craindre de la négociation dont il est chargé.--Délibération au sujet de l'Écosse.--Envoi fait à l'ambassadeur d'un livre pour être distribué secrètement.
Monsieur de La Mothe, en attendant que je vous renvoye Sabran, j'accuseray la réception de voz deux dépesches, des IXe et XVe du mois passé[143], et vous diray par ceste cy qu'ayant ci devant envoyé devers l'Empereur, Monsieur mon beau père, et l'Impératrice, Madame ma belle mère, pour les advertir de la grâce qu'il a pleu à Dieu me faire de me donner une belle fille, et pour prier ma dicte belle mère de la tenir sur les sainctz fondz de baptesme, j'ay eu nouvelles qu'ilz ont dépesché et envoyé par deçà le Sr de Caen, grant escuyer du dict Sieur Empereur, pour faire cest office en son nom; lequel est party et s'achemine pour estre bientost icy; qui me faict desirer et prier que vous faciés en sorte que la Royne d'Angleterre, Madame ma bonne sœur et cousine, envoye aussy, pour ce mesme effect, bientost par deçà, celluy qu'elle advisera pour y arriver ainsi et en mesmes temps que le dict grand escuyer, affin que le baptesme de ma dicte fille se face, comme je desire, incontinent après la prochaine feste des Roys; auquel jour j'ay aussy escript à mon oncle, Monsieur de Savoye, se trouver pour estre le compère.
[143] Voyez CCLXXXIVe et CCLXXXVe dép., tom. V, pag. 196 et 200.
Je vous diray, au demeurant, que le léguat de Nostre Sainct Père le Pape est, despuis huict ou neuf jours, arrivé en ceste ville. Il me vint hier veoir, l'ayant honnorablement receu, estant le respect que mérite la personne de celluy de la part de qui il est envoyé. Je m'asseure que son arrivée pourra bien apporter quelque nouveau doubte à ma bonne sœur et cousine, la Royne d'Angleterre, pour les discours et faulx bruictz que font courrir ceux qui desirent altérer nostre amityé; mais je vous prie l'asseurer, et ses ministres, que je suis si fermement résolu à persévérer en l'amityé d'entre elle et moy, et entrettenir entièrement nostre dernier traicté, qu'elle se peut asseurer que, de mon costé, il ne sera jamais faict chose qui y puisse rien diminuer ni innover.
Je feray bientost une résolution sur les affaires d'Escosse et vous renvoyeray incontinant le dict Sabran; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le IIIe jour de décembre 1572.
CHARLES.
Monsieur de La Mothe, je vous envoyé une douzaine de livres d'une espistre faicte par Carpentier, que je desire qui soit secrètement publiée et faicte courir de main en main, sans que l'on saiche que cella vienne de vous ny de moy; mais que l'on dye et croye qu'elle a esté imprimée en Allemaigne. Je vous y en envoyerai, d'icy à quelque temps, qui seront en françois, dont il faudra que faciés de mesme.
CHARLES. PINART.
NOTA.--A partir de cette époque, la correspondance du roi avec la Mothe Fénélon se trouve imprimée dans les _Additions aux Mémoires de Castelnau_, tom. III, pag. 263 à 283. Nous ne donnerons, ici, que les lettres inédites. On peut consulter, dans le recueil précité, les lettres du roi des 9, 10, 19, 22 et 23 décembre 1572, et une lettre du duc d'Anjou, en date du 19 décembre, pièces nos I à VIII.
CXLI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du Xe jour de décembre 1572.--
Espoir que le baptême sera l'occasion d'un renouvellement d'alliance.--Desir de Catherine de Médicis pour que l'ambassadeur fasse tous ses efforts afin de ramener à la soumission les protestans réfugiés en Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, j'espère, comme vous, que, s'il y a espérance que la Royne d'Angleterre, ma bonne sœur et cousine, doibve demeurer en amitié avec nous, qu'il se verra aisément en l'occasion qui se présente d'envoyer par deçà pour le baptesme de ma petite fille, que je prie Dieu qui soit ocazion de renouer, à bon essiant, le propos du mariage d'elle et de mon filz le Duc, qui en est infiniment servitteur affectionné, et est devenu grant et fort, de sorte qu'il est tout homme et ne dispariroit plus, comme elle craignoit, auprès d'elle; car il est fort changé depuis qu'elle disoit que l'on l'eust prins pour son filz. Je vous prie, Monsieur de La Mothe, adviser, par ous les bonst moyens que pourrés, remettre si bien ce propos que nous y puissions voir clair bientost, car, si elle veult espérer d'avoir des enfans, il est temps de se résouldre à se marier.
Nostre baptesme ne se peust faire qu'ung peu après les Roys, d'autant que Monsieur de Savoye, qui y viendra en personne, ne sauroit estre guières devant ce temps là par deçà, et cepandant, si vous pouviés remettre le dict propos de mariage, et que celluy qui viendra par deçà pour cest effect eust quelque charge pour en négocier avecque nous, ce seroit ung grand bien et ung grand heur que deux si bonnes œuvres se peussent faire ensamble. Je vous asseure que nous ne faudrions pas de vous envoyer moyen de fère force présentz et grâces à ceulx qui nous y aideront, si nous cognoissons que l'on y marche de bon pied et franchement.
Je vous prie de fère, aussy dextrement que avés acoustumé, ce que vous est commandé envers ceulx des subjectz du Roy, Monsieur mon filz, qui sont par deçà, qu'ilz reçoivent les honnestes et raisonnables conditions qui leur sont offertes, et que s'asseurent, sur nostre honneur, qu'il ne leur sera faict mal ny déplaisir ez personnes ny biens, et aussy que la dicte Royne n'assiste ceux de la Rochelle. Vers les susdictz l'on uze tousjours de tous les honnestes et gracieux moyens dont l'on se peust asseurer pour les atirer à se recognoistre et à accepter les asseurances qu'il est possible de desirer de leurs vies et biens et repos, à jamais, se conformant à la volonté du Roy, Mon Seigneur et filz.
Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
CATERINE PINART.
CXLII
LE DUC D'ALENÇON A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(_Lettre escripte de la main de Monseigneur le Duc._)
--du Xe jour de décembre 1572.--
Vive assurance de reconnaissance envers l'ambassadeur.--Protestation de dévouement envers la reine d'Angleterre.
Monsieur de La Mothe Fénélon, je n'auray jamais tant de bien que celluy, que j'attendz tous les jours, d'avoir cest heur que je puisse sçavoir que la Royne d'Angleterre m'ait en sa bonne grâce, et qu'elle pregne en bonne part l'afection et délibération que j'ay de luy faire toute ma vie service. Vous pouvés beaucoup en cella; car j'ay esté asseuré qu'elle et ses principaux ministres, vous aymans et estimans comme ilz ont occasion, pour avoir esté ung sy honneste et agréable ministre du Roy, Mon Seigneur et frère, auprès d'elle, feront beaucoup pour vous, si vous voulés soigneusement, comme je vous en prie, à toutes occasions asseurer ceste princesse de ma grande et perfectement vraye affectionnée bonne volonté envers elle, et la supplier de me départir ses bonnes grâces et me recepvoir en icelles, comme son bon et loyal serviteur, et à ce propos, luy baiser les mains de ma part, toutes et quantes foys qu'en verrés l'occasion; et je prieray Dieu, etc.
Escript à Paris, le Xe jour de décembre 1572.
Votre bien bon amy. FRANÇOIS.
NOTA. Les lettres suivantes, datées de 1573, étaient inédites. Elles complètent la correspondance publiée par Le Laboureur, dans les _Additions aux Mémoires de Castelnau_. Voyez ce que nous avons déjà dit à ce sujet dans les prolégomènes, tom. 1, pag. XLI, et dans l'avis qui précède ce volume.
Voici la liste des lettres datées de 1573, et imprimées par Le Laboureur, tom III, pag 283 à 372, nos VIII à LXXXII.
_Lettres du roi_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; 1er, 4, 17, 19, 21, 26, 29 mars; 21, 24, 25, 29 avril; 18, 24, 25 mai; 23, 29 juin; 1er, 6, 15, 20 juillet; 5 août; 15 octobre; 4, 11, 24, novembre; 2, 5, --, 14 et 29 décembre 1573.
_Lettres de la reine-mère_ des 23 janvier; 5, 7, 13, 23 février; 30 mars; 21, 29 avril; 23 juin; 15 juillet; 28 novembre; 22 et 29 décembre 1575.
_Lettres du roi de Pologne_ des 18, 20 juillet; 23 septembre et -- _novembre_ 1573.
_Lettres du duc d'Alençon_ des -- _avril_; -- _septembre_; 4 novembre; 22 et 29 décembre 1573.
CXLIII
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
(_Post-scriptum inédit._)
--du XXIIIe jour de janvier 1573.--
Vive assurance d'amitié de Catherine de Médicis à l'égard d'Élisabeth.
(_Adjousté de la main de la Royne._)
Je vous prie faire mes recommandations à la bonne grâce de la Royne d'Angleterre, et luy dire que je ne croyrai jamais que, pour avoir le Roy, mon filz, mis sa vie et son royaulme en seuretté, qu'elle ne nous ayme et ne nous soit la bonne sœur et asseurée amie que nous luy voullons estre, et que je la prie que, à ce coup, nous cognoissions, par sa résolution sur le propos de mon fils le Duc, sa bonne volonté.
CATERINE.
CXLIV
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XXIIe jour de febvrier 1573[144].--
Instances pour que l'ambassadeur empêche Élisabeth de déclarer la guerre.--Recommandation pour les affaires d'Écosse.
Monsieur de La Mothe, le Roy, Monsieur mon filz, vous esclarsit si amplement de son intention qu'il n'est besoin vous en faire redire. Aussy ne sera ceste ci que pour vous prier presser le plus que vous pourés le faict du mariage, et toutesfois si à propos que nous y puissions voir clair le plus tost qu'il sera possible; et au demeurant, entretenir si bien la Royne d'Angleterre que, si elle estoit persuadée, et qu'elle eust quelque mauvaise volonté de nous faire entretenir à la guerre, qu'elle puisse changer sa délibération, et se résouldre à nous aymer comme nous l'aymons, de nostre part, de tout bon cueur, et qu'elle et nous observions et entretenions nostre dernier traicté entièrement. Je vous recommande aussy les affaires d'Escosse, à quoy il est nécessaire qu'ayés soigneusement l'œil, et nous sera plaisir que nous donniés incontinent advis de l'estat où s'y retrouvent toutes choses; priant Dieu, etc.
Escript à Paris, le XXIIe jour de febvrier 1573.
CATERINE. PINART.
[144] Le Laboureur n'a donné, sous cette date, que le post-scriptum de cette lettre.
CXLV
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du Ier jour de mars 1573.--
Desir du roi de conserver la paix avec Élisabeth et les princes protestans d'Allemagne.--Nécessité de découvrir leurs projets afin de se tenir prêt à la guerre, si elle devenait nécessaire.
Monsieur de La Mothe, voz deux dernières dépesches des XIIIe et XVIe du mois passé[145], nous mettent en peyne pour ce que, par l'une, nous ne sçaurions desirer plus d'honnestes parolles de la continuation de l'amitié d'entre la Royne d'Angleterre et le Roy, Monsieur mon filz, et, par l'aultre, qui est la dernière, vous nous représantés beaucoup de choses qui nous font craindre le contraire; avecque les autres advis que nous avons d'ailleurs.
[145] Voyez CCCe et CCCIe dép., tom. V, pag. 253 et 258.
Voilà pourquoy Mon dict Sieur et filz vous faict entandre le desir qu'il a d'en estre esclairsi; et, de ma part, je vous prie mettre peyne de voir clair, et nous en advertir incontinent; car, si la dicte Royne se vouloit déclairer, ou que, sans y mettre son nom, elle y employât ses subjectz, vaysseaulx et moyens, soubs prétexte de noz subjectz mal affectionnés, il seroit très nécessayre que pourveussions d'heure à l'armement de quelques vaysseaulx, oultre ce qui est du costé de la Rochelle, pour l'expugnation de laquelle il ne se pert une seule minute d'heure de temps, comme vous escript bien amplement Mon dict Sieur et filz, qui me gardera de vous en faire redite. Mais, vous priant, pour la fin, que vous regardiés surtout le moyen qu'il y a de mettre quelque bonne fin en la négociation du propos de mariage; car, continuant, il n'y a chose que nous desirions plus, ni qui soit tant nécessaire pour le bien des affaires de la dicte Royne et de ses principaulx ministres, que cella, ny aussy, à vous dire vray, qui nous confirme plus d'amitié avec les princes de la Germanye comme nous desirons, délibérant Mon dict Sieur et filz de faire aussy envers eux, pour establir une vraye et parfaicte amitié, ce qu'il pourra, affin de leur oster l'oppinion mesmes qu'avoit icelle Royne que ayons faict ligue pour leur coure sus; chose à quoy je ne consentiray jamois, desirant l'amitié des princes et princesses, noz voisins et voysines, plus que nul aultre chose. Mais aussy, après que nous avons faict tout ce qui se peut pour ceste occazion, si nous recognoissions que l'on contemnast nostre dicte amitié, je ne serois pas d'advis de nous soucier guières de ceux qui n'en feroient poinct de cas.
Pénétrés le plus avant que vous pourrés ez occazions des voyages que se font fère si fréquentement, de l'ung à l'aultre, la dicte Royne et les dictz princes, et nous en donnés advis et aussy des aultres occazions; priant Dieu, etc.
Escript à Saint Léger, le premier jour de mars 1573.
CATERINE. PINART.
CXLVI
LA ROYNE MÈRE A Mr DE LA MOTHE FÉNÉLON.
--du XIVe jour de mars 1573.--
Affaires d'Écosse.--Nécessité de protéger Édimbourg.--Inquiétudes sur le silence de Mr de Vérac.--Recommandation de la négociation du mariage.