Part 7
«D'ailleurs, la mère elle-même du sultan n'est pas Arabe, mais Circassienne. Elle fut achetée sur le marché de Constantinople par un marchand d'esclaves marocain et offerte gracieusement au père du sultan actuel.»
(_Le Matin_, numéro du 14 janvier 1906.)
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Le correspondant du journal français aurait pu ajouter que l'aïeul du sultan régnant avait consacré comme épouse favorite une Française, Jeanne Lanternier, dont on vient de lire les aventures romanesques. Il y avait donc un précédent plus moderne à opposer aux allégations contestables des écrivains allemands attachés à la politique mondiale.
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_Lettre de M. Victor Waille, professeur à l'École des lettres et à l'École nationale des beaux-arts d'Alger._
Alger, 12 novembre 1905.
Mon cher ami,
L'_Annuaire_ n'indique pas de vignerons du nom de _Lanternier_ à Dely-Ibrahim. Les dossiers du Gouvernement Général, relatifs aux colons qui ont obtenu des concessions, sont également muets en ce qui concerne notre compatriote, dont la descendance dans ce pays est, sans doute, éteinte. Quant à sa fille, qui était, paraît-il, fort belle, elle fut enlevée, non par des pirates, mais par les réguliers d'Abd-el-Kader (sur le cimetière de Dely-Ibrahim) et conduite à Nedroma, puis offerte par l'émir au jeune sultan du Maroc (alors prince impérial). Joli cadeau à faire à un jeune homme, à l'occasion du jour de l'an! Ci-joint l'extrait qu'un de mes amis a bien voulu copier dans un livre datant de 1837...
Bien à toi.
Victor WAILLE.
Ce livre ne faisait que reproduire les articles de _la Presse_ de 1848, cités par nous.
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_Lettre du maire de Châtelay, commune natale de Jeanne Lanternier._
Châtelay (Jura), le 17 décembre 1899.
Monsieur Noël Amaudru,
En réponse à votre lettre du 12 décembre courant, je vous fais connaître qu'on ne sait pas plus à Châtelay qu'ailleurs si jamais notre commune a fourni une impératrice du Maroc.
Quoi qu'il en soit, ce qu'il y a de certain, une famille de Châtelay, en 1833, du nom de _Lanternier_, est allée habiter l'Algérie, lors de la colonisation. Quelques années plus tard, cette famille, travaillant dans les champs, a été capturée par les Bédouins (?) et on ne sait ce qu'elle est devenue.
La personne dont vous parlez comme impératrice, enfant de cette famille, est née en 1820. La maison natale n'existe plus.
Le dernier frère du père Lanternier est décédé il y a deux ou trois ans. Il n'était pas plus renseigné que nous sur la situation.
Veuillez bien agréer, monsieur, les respects de votre très humble serviteur.
_Le maire du Châtelay_,
BLANC.
Les souvenirs du vénérable M. Blanc, contemporain de la «sultane française», l'avant-dernier maire de Châtelay, ne paraissent pas très précis, et il convient de n'attacher qu'une valeur relative à ses allégations. D'autres habitants de la commune se sont montrés plus explicites que lui.
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_Les dynasties arabes au Maroc._
Bou-Hamara est-il ou n'est-il pas le frère aîné d'Abd-el-Aziz? Question de pure forme, car, toutes les fois que l'islamisme marocain s'est senti menacé dans son intransigeance dogmatique, dans son attachement à une civilisation archaïque, il s'est tourné vers les saints de sa religion et a cherché à établir, sous une nouvelle étiquette, une sorte de Restauration musulmane. Les chefs des dynasties qui se sont succédé à Fez et à Marrakech n'étaient que des prétendants sans autres titres que la pureté de leur foi.
La première dynastie est celle des Ommiades, qui a laissé dans l'histoire une trace si éblouissante. Elle fonda le grand empire des Maures et soumit l'Espagne à son joug, mais ne réussit pas à réduire les montagnards berbères. C'est en 783 qu'Édriss, le chérif vénéré dont le nom est invoqué comme celui des saints chrétiens qui mirent l'influence religieuse au service des premiers efforts des rois francs vers l'unité nationale entrevue, se réfugia à l'extrémité de l'Afrique. Il descendait de Fatime, fille de Mahomet, et du pieux Ali. On l'accueillit en maître; il substitua la théocratie islamique à l'impérialisme des califes ommiades et son œuvre dura trois siècles.
Suivit une période de luttes. Les Maures, chassés d'Espagne, perdirent pied en Europe et le Maroc commença à être l'objet d'une «pénétration» inquiétante de la part des Espagnols et des Portugais. Le fanatisme religieux s'enflamma de nouveau à l'approche des «barbares» et les chérifs fournirent au pays une jeune dynastie, la dynastie saadienne, représentée à l'origine par Mouley-Mohammed, dit le Mahdi (1620). Enfin, la dynastie régnante est celle des chérifs alaouites, venus du Tafilalet au milieu du dix-septième siècle. Le chérif qui la fonda fut ramené de la Mecque; il s'appelait Mouley-Ali. Le Maroc était excédé du souvenir atroce de Mouley-Achmet (1647), dont la luxure et la cruauté sont restées légendaires. Il périt dans une sédition et fut remplacé par l'usurpateur Crom-el-Hadji, qui assura son autorité en exterminant la race chérifienne et remit l'administration aux mains des juifs. La nièce d'une de ses victimes, Mouley-Labir, autre Judith, épousa le tyran et lui fit subir le sort d'Holopherne. Elle lui fit avaler un narcotique et le poignarda dans son sommeil. Puis, elle épousa le fils de l'usurpateur, Mouley-Cheik, qui ne tarda guère à être renversé du trône.
Mouley-Ali, le chef de la dynastie actuelle, était né à Iambo, près de Médine. La légende auguste qui rattachait sa généalogie à celle du Prophète fut confirmée par un heureux événement au début de son élévation. A son arrivée, la bonne saison étant venue, les palmiers reverdirent subitement et l'on s'empressa de crier au miracle.
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_Vincent Franceschini_
(pp. 116 et suiv.)
Vincent Franceschini, frère de _Davia_, qui fut sultane au Maroc sous Mouley-Soliman, semble avoir largement bénéficié auprès de Napoléon de la recommandation de son impérial beau-frère. En l'an X, le _Moniteur_ signale sa nomination de sous-commissaire des relations commerciales au Maroc, succédant, sans doute, à diverses missions officieuses. (Voir la collection du _Moniteur_, p. 921, an X.)
TABLE DES MATIÈRES
Pages.
A S. Pichon, sénateur du Jura, ancien ministre plénipotentiaire à Pékin, ancien résident général de France à Tunis, ministre des Affaires étrangères I
La naissance d'une sultane au «Val d'Amour» 1
Les voix de Jeanne Lanternier, la pastoure franc-comtoise 21
Le rapt 41
La mort de M. Lanternier 61
Sur la route de Fez 69
La gitane 83
A la cour d'Abd-er-Rhaman 91
Les sultans marocains ont toujours désiré des sultanes françaises 103
Isly 129
Le trompette Escoffier 153
Au harem 165
Sultane! 185
Qu'est devenue Jeanne Lanternier? 199
Documents annexes 211
PARIS
TYPOGRAPHIE PLON-NOURRIT ET Cie
Rue Garancière, 8.