Souvenirs et correspondance tirés des papiers de Mme Récamier (1/2)
Chapter 27
Philosophe profond et philosophe chrétien, Ballanche est en même temps un des prosateurs les plus éminents et les plus classiques de ce siècle. Son âme angélique, sa rêveuse imagination, la candeur et la vivacité de ses enthousiasmes ne le rendaient pas propre à l'action; aussi ne se mêla-t-il point aux événements du temps, bien qu'il fût lié d'intime amitié avec la plupart des hommes qui, sous la Restauration, eurent part aux affaires publiques.
Il fut un des plus constants amis de M. de Chateaubriand, qu'il avait connu en 1803, et il avait donné, avec son père, imprimeur à Lyon, la 2e et la 3e édition du _Génie du Christianisme_.
M. Ballanche avait publié, en 1800, un volume qui est devenu extrêmement rare et qu'il n'a point réimprimé dans ses oeuvres complètes: _Du Sentiment considéré dans ses rapports avec la littérature et les arts_. Ce livre, incomplet, sans doute, renferme pourtant des beautés du premier ordre, et fut comme le précurseur de l'ouvrage éclatant qui marqua la renaissance chrétienne en France.
On a de M. Ballanche:
_Fragments_, 1808, recueillis en 1 v. en 1819;
_Antigone_, 1814;
_Essai sur les Institutions sociales_, 1818;
_Le Vieillard et le Jeune Homme_, 1819;
_L'Homme sans nom_, 1830;
_Palingénésie sociale_, 1830;
_Orphée_, même année;
_Vision d'Hébal_, 1834;
_Formule générale de l'Histoire romaine_, ouvrage dont quelques extraits seulement ont paru dans la _Revue de Paris_.]
[28: Mme Mathieu de Montmorency.]
[29: Une réduction du buste de Mme Récamier, par Chinard.]
[30: Les _Vases peints_ de la collection de Sir J. Coghill ont été publiés par J. Milingen en 1817.]
[31: On lui offrait de grands avantages pécuniaires qu'il refusa, ainsi que la mission secrète.]
[32: Mme de Staël.]
[33: Curé de Clichy.]
[34: De l'Académie française, auteur d'un poëme de Philippe-Auguste.]
[35: De l'Académie française, auteur d'une traduction du Tasse.]
[36: M. de Chateaubriand.]
[37: Le prince de Polignac.]
[38: Monsieur le comte d'Artois.]
[39: L'Infirmerie de Marie-Thérèse, qu'elle avait fondée.]
[40: Ambassadeur de Russie à Berlin, que Mme Récamier avait connu en 1818, à Aix-la-Chapelle, lors du congrès.]
[41: Hyacinthe Pilorge, son secrétaire, dont le dévouement était absolu.]
[42: M. Lemoine était un ancien secrétaire de M. de Montmorin, légué par Mme de Beaumont à M. de Chateaubriand, et qui chaque soir venait passer quelques heures avec M. et Mme de Chateaubriand. Leur affection pour lui ne se démentit pas jusqu'à sa mort.]
[43: Il s'agit de l'acquittement du colonel Fabvier.]
[44: Avec le ministère.]
[45: Conspiration des carbonari piémontais, en février 1821.]
[46: Ministre des affaires étrangères.]
[47: Louis de Fontanes était né à Niort, le 6 mars 1757, d'une famille protestante ruinée par la révocation de l'édit de Nantes. Sa mère était catholique et avait élevé ses enfants dans sa religion.
Par ses opinions toutes monarchiques, par les qualités de son esprit que distinguaient et le bon sens et un goût exquis, M. de Fontanes, poëte d'un ordre élevé et prosateur élégant, appartenait au parti qui, au sortir de la révolution, s'efforça de relever en France les saines traditions sociales et littéraires. Condamné à la déportation au 18 fructidor, il chercha un asile en Angleterre où il retrouva M. de Chateaubriand émigré; ils s'étaient connus précédemment à Paris, en 1790.
Rentré en France, M. de Fontanes fut chargé par Bonaparte, premier consul, de l'éloge de Washington que le jeune et illustre général voulut faire prononcer dans le temple de Mars (chapelle des Invalides), le 20 pluviôse an VIII, février 1800. Cette fantaisie libérale du héros qui devait si peu imiter Washington fut l'origine de la fortune politique de M. de Fontanes.
L'amitié de M. de Fontanes et de M. de Chateaubriand formée dans l'exil ne se démentit et ne se refroidit pas un seul jour, quelle que fût leur diverse fortune. M. de Fontanes avait le premier deviné le génie de son ami. Sa muse pleine d'un dévouement étonné, c'est M. de Chateaubriand qui l'a dit, le dirigea dans les voies nouvelles où il s'était précipité.
Au moment où M. de Chateaubriand, nommé ambassadeur à Berlin, partait pour son poste, après avoir formé avec le duc de Richelieu le premier ministère royaliste où étaient entrés MM. de Villèle et de Corbière, il avait voulu faire rétablir, pour M. de Fontanes, la grande maîtrise de l'Université: la chose ne s'était pas arrangée à cause des combinaisons politiques qu'il avait fallu satisfaire, et M. de Fontanes lui écrivait ce dernier billet:
«Je vous le répète, je n'ai rien espéré, ni rien désiré. Ainsi, je n'éprouve aucun désappointement, mais je n'en suis pas moins sensible aux témoignages de votre amitié; ils me rendent plus heureux que toutes les places du monde.»
M. de Fontanes mourut le 17 mars 1821. Il a été remplacé à l'Académie française par M. Villemain.]
[48: Le prince de Polignac.]
[49: Il s'agit très-probablement ici de la duchesse de Cumberland. V. les _Mémoires d'Outre-Tombe_, t. VII, p. 321.]
[50: Benjamin Constant.]
[51: Le marquis de Catellan.]
[52: De Suède.]
[53: Mlle de Villeneufre, plus tard Mme Clary.]
[54: Sirejean.]
[55: Le duc de Blacas, ambassadeur de France à Rome, donna sa démission et fut remplacé dans ce poste par Adrien de Montmorency, duc de Laval.]
[56: La mort de lord Castlereagh, marquis de Londonderry, ministre des affaires étrangères d'Angleterre qui, le 12 août 1822, se coupa la gorge dans un accès de fièvre chaude. Voici le récit que le journal ministériel du temps, _the Courier_, donnait de ce funeste événement: «Les fatigues extraordinaires de la dernière session du parlement et les négociations importantes avec les différentes cours de l'Europe occupaient tellement le temps de lord Londonderry, que ses amis remarquaient avec une vive inquiétude que son esprit n'avait aucun intervalle de repos, et que l'effet d'une tension aussi continuelle commençait à opérer sur ses facultés morales et physiques. Vers la fin de la session, et alors que les occupations vinrent à diminuer, son esprit, qui avait été maintenu en haleine par le travail même, laissa apercevoir des symptômes de cette lassitude qui suit toujours les efforts trop prolongés. On désira pour lui un changement de scène et d'occupations, et il fut décidé qu'il représenterait l'Angleterre au congrès de Vérone; son départ avait même été fixé à la fin de la semaine. Lord Castlereagh espérait lui-même que le voyage lui procurerait de la distraction et quelque soulagement.
«Vendredi dernier, 9 août, en prenant congé de S. M., un tremblement nerveux et une extrême anxiété répandue sur la personne du noble lord frappèrent les yeux de tous ceux qui l'entouraient. Le docteur Bankhead, appelé le soir, trouva le marquis dans un état qui exigeait des soins; il y avait beaucoup de fièvre et la tête ne paraissait pas libre; il ordonna l'application de ventouses. Cependant lord Londonderry partit le même soir, accompagné de sa femme, pour sa maison de campagne de North-Cray. Le médecin alla le voir le samedi, et le trouva mieux, quoique obligé de garder le lit. Le dimanche, il paraît que les symptômes furent plus apparents, et que l'aliénation mentale, dont il avait été atteint par moments depuis le vendredi, devint plus caractérisée. On présume cependant qu'il se trouva mieux le soir, car il dormit dans sa chambre à coucher sans qu'on eût pris d'autres précautions que d'enlever ses pistolets, ses rasoirs et tous les instruments avec lesquels il aurait pu chercher à attenter à sa vie. Le médecin s'était retiré tard et reposait dans la chambre voisine. La nuit paraît avoir été calme. Vers sept heures du matin, un domestique appela M. Bankhead, et lui dit que le marquis désirait le voir. Le médecin se rendit aussitôt dans le cabinet de toilette où il trouva le marquis debout, en robe de chambre; il dit quelques mots, et au bout d'une seconde, tomba dans les bras de M. Bankhead. On s'aperçut alors qu'il s'était ouvert l'artère carotide avec un petit couteau. Cet instrument se trouvait dans un porte-lettre qui avait échappé aux recherches des domestiques.
«Le marquis de Londonderry était né le 18 juin 1769.»]
[57: Premier secrétaire de l'ambassade de France à Londres.]
[58: Celles de lord Castlereagh.]
[59: Probablement: _de M. de Villèle_. Il y a des mots oubliés dans l'original.]
[60: Les plénipotentiaires désignés par la France pour assister au congrès de Vérone étaient le vicomte Mathieu de Montmorency, ministre des affaires étrangères, le vicomte de Chateaubriand, le comte de La Ferronnays et le duc de Caraman, ambassadeurs de S. M. à Londres, à Saint-Pétersbourg et à Vienne.]
[61: L'empereur Alexandre.]
[62: Mme Récamier était avec sa nièce et M. Ballanche à la Vallée-aux-Loups.]
[63: Premier secrétaire de l'ambassade de France à Berlin.]