Souvenirs et anecdotes de l'île d'Elbe

Chapter 34

Chapter 34945 wordsPublic domain

[51: Mais il fait ici une restriction notable: «Napoléon ne demandait jamais deux fois la même chose, lorsque, après une première demande, on s'était mis à même d'obéir sans pourtant pouvoir exécuter. Mais alors qu'on lui répondait de suite que ce qu'il voulait n'était pas faisable, il s'irritait comme si on l'avait accusé de manquer de raison ou de jugement, et cette irritation s'exhalait quelquefois par un mot d'impatience et de mécontentement.» _(Fragment inédit.)_]

[52: Pons fait retomber sur le colonel Vincent une partie de ces choix malheureux: «Sa Majesté, dit-il, le prit pour son principal conseil; ce qui le conduisit à quelques choix qui auraient pu être plus dignes... Toutefois, ces quelques choix peu convenables n'appartenaient qu'aux fonctions d'apparat, au servage plus ou moins brodé des affaires privées du palais, et ce n'était que par l'intrigue qu'ils pouvaient influer sur les actes du gouvernement. L'Empereur savait que l'étoffe de la domesticité couvre mal un fonctionnaire public.»]

[53: Henri HOUSSAYE, _1815_, p. 144 et suivantes.]

[54: «L'idée d'avoir l'Impératrice avec lui à l'île d'Elbe n'était sans doute pas pour l'Empereur une idée de stabilité indéfinie, et il serait ridicule de le penser aveuglément. Mais cette idée de stabilité, sinon indéfinie, du moins prolongée, dans les combinaisons de l'Empereur, aura encore une plus grande probabilité, si l'Empereur traîne à sa suite une quantité d'équipages somptueux qui ne pourraient être qu'un embarras fastidieux et une dépense exagérée pour un établissement précaire.» Ces lignes se trouvent dans un chapitre sur les écuries impériales à l'île d'Elbe que j'ai jugé inutile de reproduire, Pons s'étant borné à y transcrire les mémoires du sellier Vincent que j'ai publiés dans la _Revue rétrospective_.]

[55: «Je m'empare de tout ce qui peut tendre à prouver moralement que les méfaits de la Sainte-Alliance ont fait partir l'Empereur de l'île d'Elbe bien plus tôt qu'il ne voulait en partir, si tant est qu'il voulût d'abord en partir.» (_Même chapitre_.)]

[56: Rien ne confirme la fameuse invention des fromages évidés dans l'intérieur desquels auraient circulé, de Marseille à Porto-Ferrajo, des lettres de Masséna à Pons ou autres. Je n'ai trouvé la preuve de cette imagination saugrenue nulle part, pas même dans l'enquête de police dirigée contre Masséna en 1816 par Decazes et le commissaire Caire, lesquels pourtant ont accueilli nombre d'inepties passionnées.]

[57: Il faut cependant observer qu'il dit le dimanche 6 février, et que le 6 février de l'année 1815 n'était pas un dimanche, mais un lundi. Y a-t-il erreur sur le jour ou sur le quantième? Cette date, dimanche 6 février, ne peut-elle pas être fausse tout entière? N'a-t-elle pas été suggérée à Pons par la date vraie du _dimanche 26 février_? Et alors comment conclure, et que croire?]

[58: Comme nous l'avons déjà dit, Sa Majesté avait déjà décidé que le drapeau serait blanc, traversé diagonalement d'une bande rouge qui le diviserait en deux triangles égaux, et que cette bande rouge serait parsemée de trois abeilles en or. Napoléon hésita pour adopter les trois abeilles jaunes: il les voulait bleues. Mais après avoir réfléchi, il dit: «Avec les abeilles bleues, nous aurions le drapeau tricolore, ce qui pourrait bien nous occasionner des désagréments.» Et les abeilles jaunes l'emportèrent.]

[59: Plusieurs de ces embarcations étaient remplies de musiciens qui jouaient des airs analogues à la circonstance. On remarquait aussi quelques improvisateurs qui chantaient _Apollon exilé du ciel et réfugié en Thessalie_.]

[60: Comme le prouve entre autres choses la lettre que je transcris ici. J'avais dû faire deux rapports financiers à l'Empereur. J'avais prié M. Peyrusse de les remettre. Il m'écrivit immédiatement:

«Mon cher Pons, vous avez toujours l'air en colère; votre premier rapport est trop sec, et le second est d'un style acerbe. On a déjà observé qu'il y avait trop de raideur dans votre caractère. Votre diction s'en ressent. Voilà, mon ami, ma manière de voir, et je vous la témoigne, parce que je voudrais que vous plussiez en tout point, etc.» ]

[61: M. Vauthier, employé à Florence dans l'administration militaire, sous les ordres de l'ordonnateur Mazade, se rendit à l'île d'Elbe en quittant la Toscane, et l'Empereur le plaça auprès de l'ordonnateur Boinod. Ce M. Vauthier fut ensuite nommé adjoint aux commissaires des guerres.]

[62: Il y avait quelque chose tout à la fois d'admirable et d'incompréhensible dans les discussions que l'Empereur soulevait; il allait jusqu'aux entrailles des questions les plus opposées et auxquelles on le croyait le plus étranger: il les tournait et les retournait; il les prenait sous toutes les formes et de toutes les façons; il ne les quittait que lorsque tous les raisonnements étaient épuisés. L'Empereur souffrait très bien la controverse, il soutenait son opinion, il cherchait à la faire prévaloir; mais il s'arrêtait dès qu'on l'avait convaincu. Un léger mouvement des épaules était l'indice le plus ordinaire de son mécontentement. Après ce mouvement on pouvait tout dire. Le mécontentement de l'Empereur dans les discussions d'affaires, quand on parlait de bonne foi, n'avait pas d'autre durée que celle d'un instant.]

[63: Le jour du départ de l'île d'Elbe, M. Noisot était commissaire pour le bal qui devait avoir lieu chez l'Empereur le jour même du départ. M. Franconnin était aussi l'un des commissaires.]

[64: Le capitaine Mompez voulait quitter l'île et avait déjà pris congé de ses camarades, par la raison que l'Empereur n'avait pas voulu admettre au cercle de la Cour une dame avec laquelle cet officier vivait. La réflexion fit que ledit officier changea de dispositions.]

[65: Ces paroles de l'Empereur lui étaient dictées par les prétentions d'un grand nombre des officiers ou des personnages corses qui se faisaient présenter à lui et qui, presque tous, croyaient ou prétendaient avoir des affinités de famille avec Sa Majesté. Ce qui faisait souvent dire à Napoléon: «Il n'en serait pas de même si je n'étais qu'un simple et pauvre vétéran.»]