Souvenirs de la maison des morts

Chapter 25

Chapter 252,978 wordsPublic domain

--Parbleu qu'il leur graissera la patte, fait un autre.--Il a assez volé d'argent, le brigand. Et dire qu'il a été major de bataillon avant de venir ici! il a mis du foin dans ses bottes, il n'y a pas longtemps, il s'est fiancé à la fille de l'archiprêtre.

--Mais il ne s'est pas marié: on lui a montré la porte, ça prouve qu'il est pauvre. Un joli fiancé! il n'a rien que les habits qu'il porte: l'année dernière, à Pâques, il a perdu aux cartes tout ce qu'il avait. C'est Fedka qui me l'a dit.

--Eh, eh! camarade, moi aussi j'ai été marié, mais il ne fait pas bon se marier pour un pauvre diable; on a vite fait de prendre femme, mais le plaisir n'est pas long! remarque Skouratof qui vient se mêler à la conversation générale.

--Tu crois qu'on va s'amuser à parler de toi! fait le gars dégourdi qui a été fourrier de bataillon.--Quant à toi, Kvassof, je te dirai que tu es un grand imbécile. Si tu crois que le major peut graisser la patte à un général-réviseur, tu te trompes joliment; t'imagines-tu qu'on l'envoie de Pétersbourg spécialement pour inspecter ton major! Tu es encore fièrement benêt, mon gaillard, c'est moi qui te le dis.

--Et tu crois que parce qu'il est général il ne prend pas de pots-de-vin? remarque d'un ton sceptique quelqu'un dans la foule.

--Bien entendu! mais s'il en prend, il les prend gros.

--C'est sûr, ça monte avec le grade.

--Un général se laisse toujours graisser la patte, dit Kvassof d'un ton sentencieux.

--Leur as-tu donné de l'argent, toi, pour en parler aussi sûrement? interrompt tout à coup Baklouchine d'un ton de mépris. --As-tu même vu un général dans ta vie?

--Oui, monsieur.

--Menteur!

--Menteur toi-même!

--Eh bien, enfants, puisqu'il a vu un général, qu'il nous dise lequel il a vu! Allons, dis vite; je connais tous les généraux.

--J'ai vu le général Zibert, fait Kvassof d'un ton indécis.

--Zibert! Il n'y a pas de général de ce nom-là. Il t'a probablement regardé le dos, ce général-là, quand on te donnait les verges. Ce Zibert n'était probablement que lieutenant-colonel, mais tu avais si peur à ce moment-là que tu as cru voir un général.

--Non! écoutez-moi, crie Skouratof,--parce que je suis un homme marié. Il y avait en effet à Moscou un général de ce nom-là, Zibert, un Allemand, mais sujet russe. Il se confessait chaque année au pope des méfaits qu'il avait commis avec de petites dames, et buvait de l'eau comme un canard. Il buvait au moins quarante verres d'eau de la Moskva. Il se guérissait ainsi de je ne sais plus quelle maladie: c'est son valet de chambre qui me l'a dit.

--Eh bien! et les carpes ne lui nageaient pas dans le ventre? remarque le forçat à la balalaïka.

--Restez donc tranquilles: on parle sérieusement, et les voilà qui commencent à dire des bêtises... Quel _léviseur_ arrive, camarades? s'informe un forçat toujours affairé, Martynof, vieillard qui a servi dans les hussards.

--Voilà des gens menteurs! fait un des sceptiques. Dieu sait d'où ils tiennent cette nouvelle! Tout ça, c'est des blagues.

--Non, ce ne sont pas des blagues! remarque d'un ton dogmatique Koulikof, qui a gardé jusqu'alors un silence majestueux. C'est un homme de poids, âgé de cinquante ans environ, au visage très-régulier et avec des manières superbes et méprisantes, dont il tire vanité. Il est Tsigane, vétérinaire, gagne de l'argent en ville en soignant les chevaux et vend du vin dans notre maison de force: pas bête, intelligent même, avec une mémoire très-meublée, il laisse tomber ses paroles avec autant de soin que si chaque mot valait un rouble.

--C'est vrai, continue-t-il d'un ton tranquille; je l'ai entendu dire encore la semaine dernière: c'est un général à grosses épaulettes qui va inspecter toute la Sibérie. On lui graisse la patte, c'est sûr, mais en tout cas, pas notre huit-yeux de major: il n'osera pas se faufiler près de lui, parce que, voyez-vous, camarades, il y a généraux et généraux, comme il y a fagots et fagots. Seulement, c'est moi qui vous le dis, notre major restera en place. Nous sommes sans langue, nous n'avons pas le droit de parler, et quant à nos chefs, ce ne sont pas eux qui iront le dénoncer. Le réviseur arrivera dans notre maison de force, jettera un coup d'oeil et repartira tout de suite; il dira que tout était en ordre.

--Oui, mais toujours est-il que le major a eu peur; il est ivre depuis le matin.

--Et ce soir, il a fait emmener deux fourgons... C'est Fedka qui l'a dit.

--Vous avez beau frotter un nègre, il ne deviendra jamais blanc. Est-ce la première fois que vous le voyez, ivre, hein?

--Non! ce sera une fière injustice si le général ne lui fait rien, disent entre eux les forçats qui s'agitent et s'émeuvent.

La nouvelle de l'arrivée du réviseur se répand dans le bagne. Les détenus rodent dans la cour avec impatience en répétant la grande nouvelle. Les uns se taisent et conservent leur sang-froid, pour se donner un air d'importance, les autres restent indifférents. Sur le seuil des portes des forçats s'asseyent pour jouer de la balalaïka, tandis que d'autres continuent à bavarder. Des groupes chantent en traînant, mais en général la cour entière est houleuse et excitée.

Vers neuf heures on nous compta, on nous parqua dans les casernes, que l'on ferma pour la nuit. C'était une courte nuit d'été; aussi nous réveillait-on à cinq heures du matin, et pourtant personne ne parvenait à s'endormir avant onze heures du soir, parce que jusqu'à ce moment les conversations, le va-et-vient ne cessaient pas; il s'organisait aussi quelquefois des parties de cartes comme pendant l'hiver. La chaleur était intolérable, étouffante. La fenêtre ouverte laisse bien entrer la fraîcheur de la nuit, mais les forçats ne font que s'agiter sur leurs lits de bois, comme dans un délire. Les puces pullulent. Nous en avions suffisamment l'hiver; mais quand venait le printemps, elles se multipliaient dans des proportions si inquiétantes, que je n'y pouvais croire avant d'en souffrir moi-même. Et plus l'été s'avançait, plus elles devenaient mauvaises. On peut s'habituer aux puces, je l'ai observé, mais c'est tout du même un tourment si insupportable qu'il donne la fièvre; on sent parfaitement dans son sommeil qu'on ne dort pas, mais qu'on délire. Enfin, vers le matin, quand l'ennemi se fatigue et qu'on s'endort délicieusement dans la fraîcheur de l'aube, l'impitoyable diane retentit tout à coup. On écoute en les maudissant les coups redoublés et distincts des baguettes, on se blottit dans sa demi-pelisse, et involontairement l'idée vous vient qu'il en sera de même demain, après-demain, pendant plusieurs années de suite, jusqu'au moment où l'on vous mettra en liberté. Quand viendra-t-elle, cette liberté? Où est-elle? Il faut se lever, on marche autour de vous, le tapage habituel recommence... Les forçats s'habillent, se hâtent d'aller au travail. On pourra, il est vrai, dormir encore une heure à midi!

Ce qu'on avait dit du réviseur n'était que la pure vérité. Les bruits se confirmaient de jour en jour, enfin on sut qu'un général, un haut fonctionnaire, arrivait de Pétersbourg pour inspecter toute la Sibérie, qu'il était déjà à Tobolsk. On apprenait chaque jour quelque chose de nouveau: ces rumeurs venaient de la ville: on racontait que tout le monde avait peur, chacun faisait ses préparatifs pour se montrer sous le meilleur jour possible. Les autorités organisaient des réceptions, des bals, des fêtes de toutes sortes. On envoya des bandes de forçats égaliser les rues de la forteresse, arracher les mottes de terre, peindre les haies et les poteaux, plâtrer, badigeonner, réparer tout ce qui se voyait et sautait aux yeux. Nos détenus comprenaient parfaitement le but de ce travail, et leurs discussions s'animaient toujours plus ardentes et plus fougueuses. Leur fantaisie ne connaissait plus de limites. Ils s'apprêtaient même à manifester des exigences quand le général arriverait, ce qui ne les empêchait nullement de s'injurier et de se quereller. Notre major était sur des charbons ardents. Il venait continuellement visiter la maison de force, criait et se jetait encore plus souvent qu'à l'ordinaire sur les gens, les envoyait pour un rien au corps de garde attendre une punition et veillait sévèrement à la propreté et à la bonne tenue des casernes. À ce moment arriva une petite histoire, qui n'émut pas le moins du monde cet officier, comme on aurait pu s'y attendre, qui lui causa, au contraire, une vive satisfaction. Un forçat en frappa un autre avec une allène en pleine poitrine, presque droit au coeur.

Le délinquant s'appelait Lomof; la victime portait dans notre maison de force le nom de Gavrilka: c'était un des vagabonds endurcis dont j'ai parlé plus haut; je ne sais pas s'il avait un autre nom, je ne lui en ai jamais connu d'autre que celui de Gavrilka.

Lomof avait été un paysan aisé du gouvernement de T... district de K... Ils étaient cinq, qui vivaient ensemble: les deux frères Lomof et trois fils. C'étaient de riches paysans, on disait dans tout le gouvernement qu'ils avaient plus de trois cent mille roubles assignats. Ils labouraient et corroyaient des peaux, mais s'occupaient surtout d'usure, de receler les vagabonds et les objets volés, enfin d'un tas de jolies choses. La moitié des paysans du district leur devait de l'argent et se trouvait ainsi entre leurs grilles. Ils passaient pour être intelligents et rusés, ils prenaient de très-grands airs. Un grand personnage de leur contrée s'étant arrêté chez le père, ce fonctionnaire l'avait pris en affection à cause de sa hardiesse et de sa rouerie. Ils s'imaginèrent alors qu'ils pouvaient faire ce que bon leur semblait et s'engagèrent de plus en plus dans des entreprises illégales. Tout le monde murmurait contre eux, on désirait les voir disparaître à cent pieds sous terre, mais leur audace allait croissant. Les maîtres de police du district, les assesseurs des tribunaux ne leur faisaient plus peur. Enfin la chance les trahit; ils furent perdus non pas par leurs crimes secrets, mais par une accusation calomnieuse et mensongère. Ils possédaient à dix verstes de leur hameau une ferme, où vivaient pendant l'automne six ouvriers kirghizes, qu'ils avaient réduit en servitude depuis longtemps. Un beau jour, ces Kirghizes furent trouvés assassinés. On commença une enquête qui dura longtemps, et grâce à laquelle on découvrit une foule de choses fort vilaines. Les Lomof furent accusés d'avoir assassiné leurs ouvriers. Ils avaient raconté eux-mêmes leur histoire, connue de tout le bague: on les soupçonnait de devoir beaucoup d'argent aux Kirghizes, et comme ils étaient très-avares et avides, malgré leur grande fortune, on crut qu'ils avaient assassinés les six Kirghizes afin de ne pas payer leur dette. Pendant l'enquête et le jugement leur bien fondit et se dissipa. Le père mourut; les fils furent déportés: un de ces derniers et leur oncle se virent condamner à quinze ans de travaux forcés; ils étaient parfaitement innocents du crime qu'on leur imputait. Un beau jour, Gavrilka, un fripon fieffé, connu aussi comme vagabond, mais très-gai et très-vif, s'avoua l'auteur de ce crime. Je ne sais pas au fond s'il avait fait lui-même l'aveu, mais toujours est-il que les forçats le tenaient pour l'assassin des Kirghizes: ce Gavrilka, alors qu'il vagabondait encore, avait eu une affaire avec les Lomof. (Il n'était incarcéré dans notre maison de force que pour un laps de temps très-court, en qualité de soldat déserteur et de vagabond.) Il avait égorgé les Kirghizes avec trois autres rôdeurs, dans l'espérance de se refaire quelque peu par le pillage de la ferme.

On n'aimait pas les Lomof chez nous, je ne sais trop pourquoi. L'un d'eux, le neveu, était un rude gaillard, intelligent et d'humeur sociable; mais son oncle, celui qui avait frappé Gavrilka avec une allène, paysan stupide et emporté, se querellait continuellement avec les forçats, qui le battaient comme plâtre. Toute la maison de force aimait Gavrilka, à cause de son caractère gai et facile. Les Lomof n'ignoraient pas qu'il était l'auteur du crime pour lequel ils avaient été condamnés, mais jamais ils ne s'étaient disputés avec lui; Gavrilka ne faisait aucune attention à eux. La rixe avait commencé à cause d'une fille dégoûtante, qu'il disputait à l'oncle Lomof: il s'était vanté de la condescendance qu'elle lui avait montrée; le paysan, affolé de jalousie, avait fini par lui planter une allène dans la poitrine. Bien que les Lomof eussent été ruinés par le jugement qui leur avait enlevé tous leurs biens, ils passaient dans le bagne pour très-riches; ils avaient de l'argent, un samovar, et buvaient du thé. Notre major ne l'ignorait pas et haïssait les deux Lomof, il ne leur épargnait aucune vexation. Les victimes de cette haine l'expliquaient par le désir qu'avait le major de se faire graisser la patte, mais ils ne voulaient pas s'y résoudre.

Si l'oncle Lomof avait enfoncé d'une ligne plus avant son allène dans la poitrine de Gavrilka, il l'aurait certainement tué, mais il ne réussit qu'à lui faire une égratignure. On rapporta l'affaire au major. Je le vois encore arriver tout essoufflé, mais avec une satisfaction visible. Il s'adressa à Gavrilka d'un ton affable et paternel, comme s'il eût parlé à son fils.

--Eh bien, mon ami, peux-tu aller toi-même à l'hôpital ou faut-il qu'on t'y mène? Non, je crois qu'il vaut mieux faire atteler un cheval. Qu'on attelle immédiatement! cria-t-il au sous-officier d'une voix haletante.

--Mais je ne sens rien, Votre Haute Noblesse. Il ne m'a que légèrement piqué là, Votre Haute Noblesse.

--Tu ne sais pas, mon cher ami, tu ne sais pas; tu verras... C'est à une mauvaise place qu'il t'a frappé. Tout dépend de la place... Il t'a atteint juste au-dessous du coeur, le brigand! Attends, attends! hurla-t-il en s'adressant a Lomof.--Je te la garde bonne!... Qu'on le conduise au corps de garde!

Il tint ce qu'il avait promis. On mit en jugement Lomof, et quoique la blessure fût très-légère, la préméditation étant évidente, on augmenta sa condamnation aux travaux forcés de plusieurs années et on lui infligea un millier de baguettes. Le major fut enchanté... Le réviseur arriva enfin.

Le lendemain de son arrivée en ville, il vint faire son inspection à la maison de force. C'était justement un jour de fête; depuis quelques jours tout était propre, luisant, minutieusement lavé; les forçats étaient rasés de frais, leur linge très-blanc n'avait pas la moindre tache. (Comme l'exigeait le règlement, ils portaient pendant l'été des vestes et des pantalons de toile. Chacun d'eux avait dans le dos un rond noir cousu à la veste, de huit centimètres de diamètre.) Pendant une heure on avait fait la leçon aux détenus, ce qu'ils devaient répondre et dans quels termes, si ce haut fonctionnaire s'avisait de les saluer. On avait même procédé à des répétitions; le major semblait avoir perdu la tête. Une heure avant l'arrivée du réviseur, tous les forçats étaient à leur poste, immobiles comme des statues, le petit doigt à la couture du pantalon. Enfin, vers une heure de l'après-midi, le réviseur fit son entrée. C'était un général à l'air important, si important même que le coeur de tous les fonctionnaires de la Sibérie occidentale devait tressauter d'effroi, rien qu'à le voir. Il entra d'un air sévère et majestueux, suivi d'un gros de généraux et de colonels, ceux qui remplissaient des fonctions dans notre ville. Il y avait encore un civil de haute taille, à figure régulière, en frac et en souliers; ce personnage gardait une allure indépendante et dégagée, et le général s'adressait à lui à chaque instant avec une politesse exquise. Ce civil venait aussi de Pétersbourg. Il intrigua fort tous les forçats, à cause de la déférence qu'avait pour lui un général si important! On apprit son nom et ses fonctions par la suite, mais avant de les connaître, on parla beaucoup de lui. Notre major, tiré à quatre épingles, en collet orange, ne fit pas une impression trop favorable au général, à cause de ses yeux injectés de sang et de sa figure violacée et couperosée. Par respect pour son supérieur, il avait enlevé ses lunettes et restait à quelque distance, droit comme un piquet, attendant fiévreusement le moment où l'on exigerait quelque chose de lui, pour courir exécuter le désir de Son Excellence; mais le besoin de ses services ne se fit pas sentir. Le général parcourut silencieusement les casernes, jeta un coup d'oeil dans la cuisine, où il goûta la soupe aux choux aigres. On me montra à lui, en lui disant que j'étais ex-gentilhomme, que j'avais fait ceci et cela.

--Ah! répondit le général.--Et quelle est sa conduite?

--Satisfaisante pour le moment, Votre Excellence, satisfaisante.

Le général fit un signe de tête et sortit de la maison de force au bout de deux minutes. Les forçats furent éblouis et désappointés, ils demeurèrent perplexes. Quant à se plaindre du major, il ne fallait pas même y penser. Celui-ci était rassuré d'avance à cet égard.

VI--LES ANIMAUX DE LA MAISON DE FORCE.

L'achat de Gniédko (cheval bai), qui eut lieu peu de temps après, fut une distraction beaucoup plus agréable et plus intéressante pour les forçats que la visite du haut personnage dont je viens de parler. Nous avions besoin d'un cheval dans le bagne pour transporter l'eau, pour emmener les ordures, etc. Un forçat devait s'en occuper, et le conduisait,--sous escorte, bien entendu.-- Notre cheval avait passablement à faire matin et soir; c'était une bonne bête, mais déjà usée, car il servait depuis longtemps. Un beau matin, la veille de la Saint-Pierre, Gniédko (Bai), qui amenait un tonneau d'eau, s'abattit et creva au bout de quelques instants. On le regretta fort; aussi tous les forçats se rassemblèrent autour de lui pour discuter et commenter sa mort. Ceux qui avaient servi dans la cavalerie, les Tsiganes, les vétérinaires et autres prouvèrent une connaissance approfondie des chevaux en général, et se querellèrent à ce sujet; tout cela ne ressuscita pas notre cheval bai, qui était étendu mort, le ventre boursouflé; chacun croyait de son devoir de le tâter du doigt; on informa enfin le major de l'accident arrivé par la volonté de Dieu; il décida d'en faire acheter immédiatement un autre.