Soeur Thérèse de l'Enfant-Jésus et de la Sainte Face Histoire d'une âme écrite par elle-même
Part 40
A partir de ce moment, elle ne cessa de s'affaiblir; et, durant les dix dernières semaines qui précédèrent sa guérison, elle ne put boire que de l'eau gazeuse, additionnée d'alcool, ou un peu de glace sucrée. Cette alimentation si légère lui causait des crises de vomissements. La tumeur, devenue énorme, pesait sur les organes intérieurs et en paralysait toutes les fonctions.
Sa vie semblait toucher au terme, et on était sur le point de lui administrer de nouveau les derniers sacrements.
Bien des neuvaines avaient été faites pour obtenir sa guérison; mais une de ses amies lui ayant fait connaître Sr Thérèse, «LA PETITE FLEUR DE JÉSUS», une neuvaine fut commencée le dimanche 22 août, en l'honneur de l'angélique sainte.
Durant les trois premiers jours la malade baissa rapidement, et le jeudi on s'attendait à ce qu'elle mourût dans la nuit. Ses douleurs étaient aiguës, ses yeux voilés.
A onze heures du soir elle eut un vomissement qui l'épuisa complètement, puis elle s'endormit et, pour la première fois depuis bien des années, reposa paisiblement jusque vers cinq heures et demie du matin. Elle fut réveillée par un léger attouchement sur les épaules, comme si quelqu'un se penchait sur elle; elle sentit en même temps une douce chaleur, telle qu'une respiration, et comprit qu'il y avait auprès d'elle une présence invisible...
Toute douleur, toute souffrance avait disparu.
Mme D. ne dit rien à personne du miracle dont elle venait d'être favorisée; elle attendait la visite du docteur pour qu'il s'en rendît compte lui-même. Pendant une heure, il l'examina, la palpa et avoua que tous les organes fonctionnaient bien; que l'enflure et la tumeur avaient disparu, ne laissant qu'une petite grosseur sur le côté, telle qu'une petite bille, comme pour prouver que la tumeur avait existé. Il ne restait plus trace de ces racines qu'on avait constatées auparavant jusque sur le dos de la malade.
Quand, à la fin de cet examen, une des filles de Mme D. rentra dans la chambre, elle trouva le docteur--un protestant--la tête dans ses mains, stupéfait: «Après tout, lui dit-il, je crois en Dieu; je sais qu'il peut faire des miracles: certes, en voici un!»
X.
Suit le certificat du médecin.
57.
X. (Maine-et-Loire), 15 octobre 1909.
Depuis de longues années, ma domestique souffrait de malaises d'estomac allant toujours s'aggravant. Finalement, le docteur dit: «Il n'y a plus qu'une chance de prolongement de vie: l'opération.»
La malade, ne pouvant plus se nourrir, s'y résigna. Il y avait rétrécissement et affection grave au pylore. C'était l'affaire de quelques jours, de quelques semaines au plus.
L'opération eut lieu un vendredi. Le dimanche j'allai voir la malade que je trouvai dans un état épouvantable. Des vomissements de sang à pleine cuvette l'avaient réduite à ce qu'il y a de pire: physionomie sans vie, yeux ternes. Comme voix, un souffle à peine perceptible, inconscience presque complète. Comme nourriture, une seule chose possible: de la glace trempée dans du lait. On croyait si bien à sa mort, que les démarches étaient faites auprès des municipalités pour obtenir les pièces nécessaires à l'inhumation.
Mais la fille de la malade m'avait envoyé une petite relique de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, me demandant avec instance de la faire appliquer à sa mère. Je la confiai à la religieuse qui la soignait, et elle lui fut appliquée.
A partir de ce moment, je reçus chaque jour des nouvelles de plus en plus rassurantes. Au cours de la neuvaine, la malade avait considérablement repris. Elle mourait de faim et avait grand'peine à s'en tenir au régime exigé.
Quinze jours après, je la ramenai chez moi. Depuis longtemps elle a repris son travail, ne sent point de malaises, mange bien, en un mot se sent guérie.
L'abbé B., _curé_.
58.
X., Turquie d'Asie, 18 octobre 1909.
Je soussigné, pour la plus grande gloire de Dieu et la glorification de ses saints, déclare ce qui suit:
Au mois de juin dernier, ma belle-sœur, se trouvant dans son cinquième mois, reçut un sérieux coup de la part de son premier enfant âgé de deux ans qui, tout en s'amusant, se précipita sur elle. Il s'ensuivit des douleurs tellement vives que le docteur, appelé en toute hâte, déclara qu'il y avait à craindre sur l'heure un terrible accident ou bien que l'enfant naîtrait estropié.
Je recommandai aussitôt la chère malade et son enfant aux prières des religieuses carmélites de cette ville, qui demandèrent à Dieu la guérison de la mère en même temps que le parfait état de l'enfant, par l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, morte en odeur de sainteté au Carmel de Lisieux. En même temps, elles me remirent pour la malade un morceau de vêtement de ladite sainte.
Aussitôt que la relique fut appliquée sur le mal, les douleurs cessèrent et la mère se leva le lendemain pour reprendre ses occupations habituelles.
Depuis, tout marcha bien et jamais plus douleur ne reparut. La mère était sauvée... Restait à examiner l'état de l'enfant.
Ce fut une fillette qui vint au monde le 13 octobre, dans un parfait état de santé et nullement estropiée, au grand étonnement du docteur. En signe de reconnaissance, toute la famille a décidé à l'unanimité que l'enfant portera le nom entier de «Thérèse de l'Enfant-Jésus».
Abbé X.
_Aumônier du Carmel de X._
59.
Rome, 30 octobre 1909.
En lisant la brochure des faveurs attribuées à l'intercession de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, j'ai pensé qu'un petit chapitre y manquait: celui de ma guérison spirituelle qui, à mon avis, est un grand miracle. Je vais le dire le plus brièvement possible:
Ma pauvre âme répondait en tout au portrait de ce qu'on pourrai appeler d'une manière générale, l'_âme moderne_: ténèbres de l'esprit et sentimentalité maladive et non moins pénible du cœur.
J'avais reçu une de ces formations si communes de nos jours, où tout est superficiel, où, comme le disait un religieux éminent, l'on croirait trouver l'élément du semi-pelligianisme. C'est une étude continuelle, énervée de soi, et un oubli complet de la grâce. Il arrive alors que les meilleures volontés succombent, se croyant seules à lutter contre la mauvaise nature.
Il faut connaître cet état par expérience, ma Révérende Mère, pour pouvoir s'en faire une idée exacte. Aujourd'hui que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus a donné la paix à mon âme, je puis jeter un regard sur ce passé et en comprendre toutes les misères.
Ce que j'ai souffert pendant ma première année de noviciat, je renonce à vous en parler. Je crois tout dire en vous assurant que ce fut un martyre perpétuel.
Le scrupule avait formé en moi comme une seconde nature, mon esprit voyait tout en noir. C'était la nuit, nuit horrible, nuit que je sentais et que je me voyais impuissant à éviter. On ne marche pas impunément dans les ténèbres, dans un chemin composé d'une suite de précipices; aussi ma pauvre âme tomba à diverses reprises dans des abîmes de misères. Jésus le permit sans doute pour mieux manifester un jour la puissance de sa petite épouse, car le salut devait me venir par elle.
Je souffrais toujours beaucoup lorsque «l'Histoire d'une âme» arriva providentiellement dans notre monastère. Je voulus la lire à mon tour, et cette lecture produisit en mon esprit une telle impression qu'un rayon d'espérance vint éclairer les ténèbres de mon âme.
Sachant que je ne pouvais garder le livre, je m'empressai de prendre des notes car je crus voir là comme l'aurore de ma délivrance. C'était bien cela en effet. Cette petite «reine» venait d'étendre son royaume jusque dans ma pauvre âme, et elle agit en vraie souveraine dans le royaume qu'elle venait de conquérir. Elle commença en moi un travail de transformation qui, en peu de temps, allait remplacer une vie de trouble et de souffrances par une autre toute de paix et de joie sainte.
La première parole qui sortit des lèvres de mon vénéré Père Abbé, en constatant par lui-même l'action toute divine de cette élue de Dieu sur moi, fut un conseil pressant de vous le faire savoir afin que cela pût servir à la gloire de celle que j'appelle ma libératrice, la vraie mère de mon âme...
Rd P. X.
60.
N. (Aube), 2 novembre 1909.
Le 2 août dernier, mon petit garçon, âgé de cinq ans, fut atteint d'une péritonite à la suite de la rougeole. Malgré les soins du médecin, l'enfant s'affaiblissait de jour en jour de sorte qu'on craignait pour la poitrine. Il avait une forte fièvre, un point douloureux au côté et était devenu d'une extrême maigreur.
Au bout de deux mois, le médecin ayant déclaré qu'il n'y avait ni médecin, ni médicament capable de le guérir, on eut recours à un spécialiste qui ne fit que confirmer le diagnostic du docteur, ne nous cachant pas que l'enfant était perdu, et que la seule chose à tenter était le grand air et la suralimentation. Nous comprenions qu'un miracle seul pouvait le sauver.
Madame la Supérieure du Carmel de X. nous conseilla de faire une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, dont elle avait éprouvé pour elle-même la puissante intercession.
Dieu nous a exaucés! Le huitième jour de notre neuvaine, le cher enfant se lève, l'appétit revient, et l'obstruction intestinale disparaît, c'est une véritable résurrection.
Quelle reconnaissance ne devons-nous pas à Sr Thérèse! Que Dieu nous accorde sa prompte béatification afin qu'elle soit connue et aimée de tous!
A. R.
Suit le certificat du médecin.
61.
Carmel de V. (Espagne), 7 novembre 1909.
Pour comprendre combien je suis redevable à votre chère petite Sainte, vous devez savoir de quel mal elle m'a guérie; je vous confierai donc mon secret afin que vous rendiez grâces à Dieu qui seul peut opérer de pareils changements.
Depuis plus de six années, je souffrais d'une tentation terrible qui semblait vouloir empoisonner toute ma vie religieuse. Si heureuse pourtant dans ma vocation, je me demandais souvent si je ne m'étais pas trompée et à quoi me servirait ma vie austère de Carmélite, si je n'avais en perspective qu'une éternité de tourments, car je croyais déjà mon arrêt de damnation prononcé!... Ces suggestions entravèrent mes élans vers Dieu que je n'osais plus regarder comme mon Père, mais comme un juge terrible et irrité.
Pendant cette dernière année 1909, à cet état d'âme si pénible vinrent se joindre des souffrances physiques continuelles qui rendaient les épreuves morales encore plus insupportables. C'est alors que je commençai une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus pour obtenir ma double guérison.
Au matin du deuxième jour, je la sentis près de moi, infusant dans mon âme, avec cette paix qui surpasse tout sentiment, un ardent désir de ma sanctification, une volonté ferme de ne plus vouloir que celle de Dieu. Ma céleste libératrice opérait en moi une transformation telle que, depuis lors, l'ombre même de la défiance ne m'a plus effleurée.
Cette grâce ne peut s'exprimer.
Sr X.
62.
S. M., Portugal, 14 novembre 1909.
Au commencement du mois de mai, mon frère s'était fait mal à la jambe et la blessure, d'abord insignifiante, devint de plus en plus grande et prit un aspect horrible: elle allait du genou au pied. Il souffrait de grandes douleurs, et tous les jours le mal devenait plus grave. Ce qui nous faisait perdre courage, c'était l'exemple de notre oncle, affligé, depuis bien des années, d'une semblable blessure qu'on n'a jamais pu guérir... Je me suis alors tournée avec confiance vers Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus. Nous fîmes trois neuvaines de suite, et, à la dernière, la jambe fut guérie.
J. M. de B.
63.
D., Sénégal, 18 novembre 1909.
Vers la mi-janvier 1909, je fus pris d'un chagrin immense, d'une tristesse et d'un abattement insupportables.
J'avais perdu tout appétit, toute gaieté, je maigrissais à vue d'œil, le temps me paraissait ne pas s'écouler; et, ne prenant de plaisir absolument à rien, la neurasthénie vraiment horrible qui m'étreignait me rendait l'existence d'une amertume que pourront comprendre seuls ceux qui ont subi les effets de cette mauvaise maladie...
Je m'adressai au Sacré-Cœur de Jésus, à Notre-Dame de Lourdes, les suppliant de faire cesser cet état de découragement si profond et cette lassitude dont je ne pouvais m'affranchir.
Pendant quatre longs mois, le ciel sembla demeurer sourd à mes prières et à mes supplications, et je songeais à me faire rapatrier du Sénégal, quand, vers les premiers jours du mois de Marie, je me pris à rougir de mon manque d'énergie, je me sentis pris d'un grand courage pour réagir contre mon état mental, cause de tous les maux dont je souffrais. Les forces me revinrent avec l'appétit: la neurasthénie avait totalement disparu. La vie me réapparut pour ainsi dire belle et pleine de charmes.
Le 17 mai, je reçus de ma famille une lettre où l'on m'annonçait que l'on avait commencé et même terminé, à mon intention, une neuvaine en l'honneur de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, carmélite, morte en 1897, en odeur de sainteté, au Carmel de Lisieux.
Je dois dire que mes souffrances morales ont pris fin vers les premiers jours de mai, c'est-à-dire précisément au moment où commençait la neuvaine en l'honneur de la sainte carmélite.
Je délivre cette attestation en reconnaissance de la faveur obtenue.
O. B., _officier_.
64.
N. (Alpes-Maritimes), 21 novembre 1909.
TRÈS RÉVÉRENDE MÈRE,
Je viens accomplir un devoir bien doux que m'impose ma conscience, en vous écrivant ces quelques lignes.
Atteint depuis plus de vingt ans d'une maladie d'estomac, je croyais être au terme d'une longue durée de souffrances, car, au mois de juillet dernier, mon mal empira d'une façon inquiétante et mon docteur ne conservait qu'un bien faible espoir. Les médications n'opéraient plus et ne m'apportaient aucun adoucissement. L'appétit était nul et je n'avais plus de sommeil. Les professeurs et élèves devaient partir, vers le 8 juillet, en colonie de vacances, et j'avais depuis longtemps renoncé au plaisir de les suivre, tant j'étais épuisé, puisque mon pauvre estomac ne pouvait plus supporter la moindre nourriture, même quelques gorgées de lait.
Je reçus alors la visite d'un jeune séminariste qui me parla, en termes très émus, de la dévotion à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus; il me proposa de m'associer à une neuvaine de prières faites au Carmel pour ma guérison. Je priai avec toute la confiance que m'avait inspirée mon ami, et le 6 juillet, au soir, je demandai à la «petite reine» de pouvoir dormir jusqu'au lendemain, cinq heures.
Moi qui ne dormais plus, je ne me réveillai le lendemain qu'à l'heure fixée. Mieux encore: l'appétit était revenu, et le 8 juillet, au matin, je partis pour un long voyage.
Quinze jours après, je pus suivre une excursion et faire 40 km. à pied dans une seule journée! Bien des amis qui m'avaient vu si près de la mort témoigneraient volontiers aujourd'hui du miracle de ma guérison.
Je fais des vœux pour que Sr Thérèse soit connue, vénérée et bientôt glorifiée sur nos autels.
A. H., _professeur_.
65.
A., 9 décembre 1909.
MA RÉVÉRENDE MÈRE,
Je suis chargée par une de mes amies de vous écrire le fait suivant.
Avant de commencer, permettez-moi de vous donner quelques détails pour vous la faire connaître:
Mme X. est protestante; sa fille, mariée à un Hollandais catholique, a fait son abjuration et sa première communion depuis son mariage; ce jeune ménage habite Buenos-Ayres.
Au commencement de cette année, mon amie vous écrivit, vous demandant un livre de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, car elle voulait faire une neuvaine à cette petite sainte; elle avait appris que sa fille était malade et, en même temps, elle recevait la nouvelle que son gendre se disposait à revenir en Hollande pour recevoir un dernier adieu de son père mourant. Cette pensée était pour elle une véritable épreuve, sachant loin d'elle sa fille restée seule et malade.
Chaque jour de la neuvaine, Mme X. lisait un chapitre de la vie de Sr Thérèse. Or, un jour qu'elle venait d'achever sa lecture, après avoir senti plusieurs fois une odeur de fleurs et d'encens, elle voit tout à coup devant elle une mer bleue, sur laquelle voguait un bateau qu'elle reconnut pour être un de ceux de la Compagnie hollandaise; en même temps elle entendit comme des bruits de cloches et des voix célestes qui la ravissaient. Cela dura quelques instants, puis tout cessa... «Qu'est-ce que ceci?!...» se dit-elle.
Elle ne parla d'abord à personne de ce qui venait de lui arriver; mais au bout de quelques jours, elle dit à son mari: «Nous avons la certitude que notre gendre est en route; mais si toute la famille revient, notre gendre, notre fille, notre petit-fils, je puis te dire que mes idées religieuses seront changées: je croirai à la communion des saints, car voilà ce que, pendant ma neuvaine, j'ai vu et entendu.»
Les choses s'étant réalisées à la lettre, Mme X. a tenu sa promesse, elle croit maintenant à la communion des saints.
Elle-même veut signer cette lettre que je vous écris en son nom.
Veuillez, etc...
C. TH. de C.
Après avoir lu la lettre de mon amie, j'affirme que c'est la vérité.
D. B.-P.
66.
L. (Calvados), 16 décembre 1909.
Voilà quinze jours, une jeune parente, âgée de vingt-deux ans, descendait chez moi pour se faire opérer d'une fistule. Je lui donne à lire les faveurs attribuées à votre petite sainte; et, profondément touchée de ces guérisons, elle se recommande elle-même avec confiance à votre chère sœur.
Nous commençons ensemble une neuvaine et, le jeudi 9 novembre, la malade voulut faire un pèlerinage sur sa tombe. A mesure que nous priions, il nous semblait qu'un petit oignon de fleurs sortait de terre; la malade le prit et, rentrée à la maison, je l'appliquai avec une grande foi sur la fistule qui était grosse comme un œuf.
Le dernier jour de la neuvaine, cette jeune fille était complètement guérie. Depuis, elle fait de longues marches sans se fatiguer et ne souffre plus du tout. Nous ne savons comment exprimer notre reconnaissance à la chère Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, si puissante auprès du bon Dieu.
V. L.
67.
R. R. (Orne), 10 janvier 1910.
En allant à Lisieux, le 4 août dernier, accomplir un pèlerinage à la tombe de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, je passai à Caen pour consulter un oculiste renommé, car je souffrais beaucoup des yeux. Il me les trouva, en effet, très malades et me condamna à subir une opération dans le délai d'un mois.
Sur la tombe de la petite sainte je fus délivrée de doutes cruels dont je souffrais depuis plusieurs années, je retrouvai la paix de l'âme et je passai des horreurs de l'enfer aux suavités du ciel. Pendant que Sr Thérèse soulevait ainsi la montagne de ma détresse d'âme, j'eus la pensée de lui demander de guérir aussi mes yeux. Je les appuyai sur la croix de sa tombe avec confiance. Il me sembla alors qu'elle y mettait du velours et le mal disparut... Je n'ai fait aucun remède et n'ai point eu à subir d'opération. Je travaille sans fatigue à la lumière, ce que je ne pouvais plus faire.
L. A.
68.
S. (Mayenne), Il janvier 1910.
Au mois de mai 1909, ma mère tomba très gravement malade et le médecin me dit en particulier: «Votre mère est perdue: elle est atteinte d'un ulcère à l'estomac.» J'étais désolée et ne savais à quel saint la recommander, quand une de mes amies me conseilla de faire une neuvaine à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
Ma mère avait vomi plusieurs fois un sang noir et fétide; depuis 15 jours, elle ne pouvait plus digérer ni les œufs, ni le lait, et passait des nuits épouvantables.
Le premier jour de la neuvaine, je fis tremper dans l'eau une relique de la petite sainte; ma mère en but et se trouva mieux; le troisième jour elle éprouva, au moment où elle buvait l'eau, quelque chose d'anormal, comme un resserrement subit à l'estomac. _Elle était guérie_, et, pleine de joie et de confiance, elle se mit à manger du pain et de la viande, ce qu'elle n'avait pas fait depuis quatre mois.
Aujourd'hui, 11 janvier 1910, son parfait état de santé s'est très bien maintenu. Je garde, ainsi que toute ma famille, une profonde reconnaissance à Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus.
M. H., _couturière_.
Suit la signature de M. le Curé et de plusieurs autres personnes.
69.
X., 17 janvier 1910.
J'étais souffrante depuis plusieurs jours d'un grand mal de tête, j'avais de plus mal aux jambes et ne pouvais me tenir debout, de sorte que ma maîtresse m'avait envoyée coucher. Bientôt je fus prise d'une sueur froide et, au bout de deux jours, me sentant de plus en plus malade, je mis la relique de votre chère petite sainte sur mon front. A l'instant même je me sentis guérie. Je me levai et je repris mon travail sans éprouver aucune fatigue.
Mais voici une autre grâce que j'estime bien autrement grande. J'ai demandé à mon confesseur si je pouvais vous la faire connaître. Il m'a répondu que non seulement je le pouvais, mais que c'était un devoir de le faire.
Depuis environ 22 ans, je n'avais pas cessé d'éprouver des doutes contre la foi. J'en étais réduite, la plupart du temps, à aimer le bon Dieu, à le servir, _au cas où il existerait_. En même temps, j'avais une grande soif de Dieu; de sorte que cette soif de Dieu, avec l'impossibilité de le trouver, me faisait quelquefois penser aux souffrances des damnés dans l'enfer.
Mais depuis que j'ai lu, dans la vie de Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus, ce qu'elle dit de l'Amour miséricordieux du Seigneur, les doutes se sont enfuis, la reconnaissance et la confiance ont pris tout mon cœur.
Pour remercier la chère petite sainte, j'ai l'intention de prélever sur mes gages ce qui me sera possible, pour aider à faire connaître sa «petite voie d'amour et d'abandon»; ce sera mon humble merci.
A. F., _servante à X_.
De la même; quelques mois plus tard.
Je viens de faire la donation complète de moi-même à votre chère petite sainte. Voici comment: je connais une âme qui, dans son enfance, s'est livrée au démon. Songeant à l'influence que celui-ci avait exercé sur elle, je me suis dit qu'en me donnant à Sr Thérèse, elle n'aurait pas moins de zèle pour ma sanctification que le diable n'en avait eu pour la perte de cette âme.
Après avoir soumis ce projet à mon confesseur qui l'a pleinement approuvé, je me suis livrée totalement et irrévocablement à ma chère sainte pour qu'elle me donne au bon Dieu.
Depuis ce jour, je ne cesse d'éprouver sa bienfaisante influence.
70.
N. (Oise), 17 janvier 1910.
Mon petit garçon avait été pris de fièvre, points dans le dos, vomissements et violents maux de tête.
Il était ainsi depuis deux jours, quand, lui ayant posé sur la poitrine la relique de votre chère sainte, il se trouva guéri _à l'instant même_. Il s'est mis alors à tousser et à chanter pour me prouver qu'il n'avait plus aucun mal. Depuis, il ne s'est ressenti de rien.
L. B.
71.
Monastère de X.. Canada, 18 janvier 1910.
Je venais à peine d'achever la lecture du récit des grâces extraordinaires que Sr Thérèse de l'Enfant-Jésus accorde de tous côtés, que l'occasion s'est présentée pour moi d'avoir recours à sa puissance sur le divin Cœur de Jésus.
Un de nos frères qui travaille au moulin s'était fait une blessure grave. Il venait de descendre au bas du moulin (à la turbine) lorsqu'il s'aperçoit que quelque dérangement se produisait à l'étage supérieur. Il remonte précipitamment l'escalier, quand tout à coup le couteau qu'il porte toujours suspendu à la ceinture est venu heurter le manche contre le degré de l'escalier, et la lame sur laquelle il a frappé de toute sa force est entrée profondément dans le genou, entre la rotule et le kondyle; cette lame, de 6 centimètres de long, était si fortement engagée que le pauvre frère ne pouvait la retirer. Mais le plus grand mal venait de ce que le sang, au lieu de sortir de la plaie, avait coulé à l'intérieur; le médecin, qui ne se dissimulait pas la gravité du coup, disait que la poche ou récipient à synovie était percé, et il eut grand'peine à faire sortir un peu de sang au dehors; il restait au fond du récipient, ce qui faisait craindre qu'il ne se corrompît et ne formât un abcès. Le docteur décida, que, dans quelques jours, il faudrait seringuer fortement la plaie.