Sésame et les lys: des trésors des rois, des jardins des reines
Part 18
[Note 204: Comparez la Couronne d'Olivier sauvage: «La véritable épouse dans la maison de son mari est une servante. C'est dans son cœur qu'elle est reine.» (Note du traducteur.)]
[Note 205: Isaïe, IX, 5, Ruskin fait souvent allusion à ce verset, notamment: _Bible d'Amiens_, IV, 52, Unto this last, § 44, la Couronne d'Olivier sauvage, § 31. (Note du traducteur.)]
[Note 206: J'emprunte cette allitération, qui rend assez bien le «rule» et «mis-rule» du texte, à l'Union pour l'action morale (Bulletin du 15 février 1896).]
[Note 207: Allusion à cette réponse d'Othello à Emilia: «Si elle avait été fidèle--quand le ciel m'aurait offert un autre univers--formé d'une seule topaze massive et pure--je ne l'aurais pas cédée en échange.» (_Othello_, scène XVI.) (Note du traducteur.)]
[Note 208: Tennyson, Maud. (Note du traducteur.)]
[Note 209: Tennyson, nous dit la «Library Edition», se montra piqué de cette interprétation. «Le jour même, dit-il à Thomas Wilson, où j'écrivis cela, je vis les marguerites toutes roses à Maidens Croft et j'avais envie d'en envoyer une à Ruskin avec cette suscription: «un mensonge pathétique.» Sur ces derniers mots, voir la note page 222. (Note du traducteur.)]
[Note 210: Cité de la description d'Ellen Douglas dans la Dame du Lac de Walter Scott, nous dit la «Library Edition». (Note du traducteur.)]
[Note 211: Cantique des Cantiques, IV, 16.]
[Note 212: Voir la note de la page 138. (Note de l'auteur.)]
[Note 213: «Et là m'apparut... une Dame seule, laquelle s'en allait chantant, et cueillant l'une après l'autre les fleurs dont sa route était émaillée. Comme une femme en dansant tourne à terre sur elle-même et les pieds serrés, mettant à peine un pied devant l'autre, ainsi sur les petites fleurs vermeilles et jaunes, elle se tourna vers moi, semblable à une vierge qui baisse ses yeux modestes.» (Divine Comédie, Purgatoire, chant XXVIII). Selon Mme Lucie Félix-Faure Goyau, Shelley, qui cite un fragment de la rencontre avec Mathilde, dans sa correspondance, s'est peut-être souvenu «des pages légers de Mathilde sur le sol embaumé pour évoquer la dame du Jardin, dans le poème de la Sensitive, celle dont le pied semblait avoir compassion de l'herbe qu'il foulait». (Lucie Félix-Faure, les Femmes de l'œuvre de Dante, page 218.) Voir donc assemblés Dante, Tennyson, Ruskin et Shelley. (Note du traducteur.)]
[Note 214: Tennyson, Maud.]
[Note 215: L'Union pour l'action morale dit «avec l'essor d'un clocher béni», ce qui est très acceptable; j'invoque en faveur du sens que j'ai adopté, non d'ailleurs sans hésitation, l'autorité de M. de la Sizeranne. (Cf. La Religion de la Beauté, p. 148.) (Note du traducteur.)]
[Note 216: Ces vers de Maud sont cités par Ruskin comme exemple «exquis» de «mensonge pathétique» dans le chapitre de Modern Painters qui porte ce titre (volume III). (Note du traducteur.)]
[Note 217: Cantique des Cantiques, II, 15. (Note du traducteur.)]
[Note 218: Saint Jean, XX, 15. Ruskin a fait des mêmes versets un bel usage dans Fors Clavigera: «Rappelez-vous seulement des jours où le Sauveur des hommes apparut aux yeux humains, se levant du tombeau pour rendre manifeste son immortalité. Vous pensiez sans doute qu'il était apparu dans sa gloire, d'une surnaturelle et inconcevable beauté? Il apparut si simple dans son aspect, dans ses vêtements, que celle qui, de toute la terre, pouvait le mieux le reconnaître, l'apercevant à travers ses larmes, ne le reconnut pas. Elle le prit pour «le jardinier». (Fors Clavigera, lettre XII). Comparez Victor Hugo, la fin de Satan: «Madeleine croira que c'est le jardinier.» (Note du traducteur.)]
[Note 219: Genèse, III, 24. Voir une belle application de ce texte dans Modern Painters: «Et il mit à l'orient du jardin un chérubin à l'épée flamboyante.»--«Ces flammes sont-elles inextinguibles et vraiment ne peut-on plus passer à travers les portes qui gardent le chemin? Ou plutôt n'est-ce pas que nous ne désirons plus y entrer?... Tant que nous aimerons mieux combattre notre prochain que nos fautes, etc.; en vérité l'épée flamboyante se mettra en travers de tout chemin et les portes de l'Eden resteront fermées, jusqu'au jour où nous aurons rentré au fourreau les pointes plus enflammées encore de nos passions, etc.» (Modern Painters, partie VI, § 51.) (Note du traducteur.)]
[Note 220: Allusion à saint Luc, IX, 58: «Mais Jésus lui répondit: Les renards ont des tanières et les oiseaux du ciel des nids, mais le Fils de l'Homme n'a pas où reposer sa tête.» Comparez avec la Couronne d'Olivier sauvage: «ces Chasses gardées grâce auxquelles... a été réalisé mot à mot ou plutôt en fait dans la personne de Ses pauvres ce que leur Maître disait de lui-même, que les renards et les oiseaux avaient des demeures, mais que Lui n'en avait point.» (Conférence I, Le Travail.) (Sur le même verset encore, voir Eagles Nest.) Avec cette ingéniosité merveilleuse qui, commentant les Évangiles à l'aide de l'histoire et de la géographie (histoire et géographie d'ailleurs forcément un peu hypothétiques), il donne aux moindres paroles du Christ un tel relief de vie et semble les mouler exactement sur des circonstances et des lieux d'une réalité indiscutable, mais qui parfois risque par là-même d'en restreindre un peu le sens et la portée, Renan, dont il peut être intéressant d'opposer ici la glose à celle de Ruskin, croit voir dans ce verset de saint Luc comme un signe que Jésus commençait à éprouver quelque lassitude de sa vie vagabonde. (Vie de Jésus, page 324 des premières éditions.) Il semble qu'il y ait dans une telle interprétation, retenu sans doute par un sentiment exquis de la mesure et une sorte de pudeur sacrée, le germe de cette ironie spéciale qui se plaît à traduire, sous une forme terre à terre et actuelle, des paroles sacrées ou seulement classiques. L'œuvre de Renan est sans doute une grande œuvre, une œuvre de génie. Mais par moments on n'aurait pas beaucoup à faire pour voir s'y esquisser comme une sort de Belle Hélène du Christianisme. (Note du traducteur.)]