Rodin à l'hotel de Biron et à Meudon
Part 5
«Les fleurs ont inspiré les toilettes, ont inventé les soies, les couleurs, les rubans, les ruchés, les nœuds, les volants, les étendards, les chapeaux et l’ensemble des pensées de la femme. Celle-ci leur rend des soins et ne les laisse pas loin d’elle. Elles ont tant de choses à se dire, des choses voluptueuses. Toutes les deux savent la valeur du temps; elles fleurissent avec ardeur longtemps dans les festins; leur grâce adoucit notre brutalité.»
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_Paysages_:
«...Je note ces belles choses pêle-mêle avec des éclats de soleil, avec des feuilles ensoleillées, gloire de l’heure déclinante...
«Tout à l’heure tout sera inondé, et le parc sera pareil aux femmes qui ne laissent que des éclairs dans l’esprit des hommes et qui les attirent par le mystère.
«L’allée est un tapis de velours vert, l’armature du jardin ne se voit plus. Ah! profondes après-midi passées ainsi!... Le vent s’élève, et près de moi des branches s’agitent, saluent, soupirent...
«Ma chienne plonge dans l’herbe comme dans l’eau, y fait un trou et s’y couche comme une œuvre sculptée...»
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«La mélancolie naturelle des herbes qui les prend après les premiers jours et les courbe les unes sur les autres...»
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«C’est une erreur de croire que les arbres peuvent croître et envoyer des branches au point de détruire les beautés du jardin; ils s’ordonnent eux-mêmes et malgré le jardinier. Ils couronnent la beauté sans y contredire.»
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«N’avez-vous jamais vu comme un jardin sans jardinier est joli de lui-même?»
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_Pensée détachée_:
«Dans l’univers, il y a des lois urgentes, fatales, immuables. Il faut! Il y a aussi mille grâces qui entourent cette fatalité.»
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_Pensée_:
«Aujourd’hui, c’est le printemps avec ses lointains, ses coteaux d’un gris heureux, les fleurs des arbres fruitiers; l’atmosphère est en fleurs.
«Mon cœur est une chapelle ardente; je suis plein de reconnaissance et, par un retour délicieux, mes souvenirs m’escortent ce matin. Je reprends mon passé, ces études charmantes qui devaient me faire aimer la vie terrestre, qui m’ont donné le goût et le secret de la vie.
«A quoi dois-je cette faveur? Evidemment à mes longues promenades qui m’ont d’abord fait découvrir le ciel.
«Au modèle terrestre, ensuite, qui, sans parler, pour ainsi dire, a fait naître mon enthousiasme et ma patience, et ma recherche et ma joie de comprendre la fleur humaine. Mon admiration s’est toujours élargie depuis et peut-être perfectionnée par de rares et chères affections, et aussi par de tels printemps où la terre envoie son âme fleurie à la surface, pour nous montrer sa bonté.
«Quel bonheur que j’aie eu un métier qui me permette d’aimer et de le dire!»
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_Femmes_:
«La femme, ce modèle, ce temple de vie où les plus tendres modelés peuvent se répéter, où les lignes, belles et difficiles, enflamment davantage, et où le fragment, le buste, est un chef-d’œuvre entier!»
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«Voilà le miel que j’ai amassé sans réserve dans mon cœur. Il me fait vivre dans la gratitude que je dois à Dieu et à ses créatures, ses éloquentes envoyées.»
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_Architecture_:
«Ce noir profond et éloquent, ce n’est plus noir, mais nourriture de haut goût.
«C’est la profondeur, ce principe actif qui a été la beauté du moyen âge et de tous les temps.»
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_Pensée détachée_:
«Le passant ne veut pas que cette fille soit belle; il a des modes, des instructions; mais elle, la nature, lui donne des gestes modestes triomphants.»
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_Ce croquis_:
«Une voiture chargée de légumes, chargée d’enfants; un petit âne traîne le tout.»
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_Cathédrales_:
«Voir ces œuvres à travers des larmes de joie.»
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_Pensées détachées_:
«Instinct qui retrouve l’instinct quand il y a eu des intervalles, et comme la race retourne à sa source!
«Comme je sens en moi la joie des artistes d’autrefois et leur naïveté féconde: cœurs sensibles où l’art était la vie, non le luxe.»
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«J’ai trop de richesses en admiration, aussi les barbares m’attaquent.»
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«Je propose que tout ce qui n’a pas été restauré: églises, châteaux, fontaines, etc., soit l’objet d’un pèlerinage.»
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«...Je m’étendrai dans la nature et ne regretterai rien...»
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«Je ne m’appelle pas une église, je m’appelle le Passé!»
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«Le vieillard s’écarte du bruit; il fait l’apprentissage du silence et de l’oubli.»
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_Paysages_:
«Ici, c’est la simplicité du Giotto; un bout de route blanche, le talus, un arbre roussi; la hauteur cache toute perspective; le vent seul passe sur la route...»
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«Comme nous imitons ou plutôt comme nous sommes la nature!
«Ces nuages n’ont pas plus de caprices que nous; nos âmes et nos pensées sont fuyantes aussi...»
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«La reconnaissance des matins où le monde sent la bénédiction de la lumière.»
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«Ce qui est beau dans le paysage, c’est ce qui est beau en architecture, c’est l’air; c’est ce que personne ne juge: la profondeur.»
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_Pensées détachées_:
«Quand j’étais jeune, je ne trouvais pas les enfants beaux; je regardais le nez, la lèvre, l’expression.
«J’étais un ignorant, il faut voir l’ensemble.»
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«La grâce est un aperçu de la force.»
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_Tanagras_:
«Ce qui est dans les Tanagras, c’est la nuance féminine; c’est la discrète grâce des membres drapés qui exprime le retrait de l’âme.»
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_Pensée détachée_:
«Un escargot est passé sur la route, a fait une trace humide. J’ai regardé; cet insecte avait fait un tracé d’une moulure superbe, sa trajectoire; ce qui fait penser que ce que nous appelons hasard est une loi comme celle qui fait vivre nos organes sans nous consulter.»
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_Sculptures_:
«Cette main sur la tête, cette statue qui ressent le choc de sa douleur.»
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«La douce vie qui serpente, coule le long de la robe ouverte, s’arrête à la gorge.»
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_Femmes_:
«Je ne savais pas que, méprisées à vingt ans, elles me charmeraient à soixante-dix ans.
«Je méprisais parce que j’étais timide.»
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_Hôtel Biron_:
«Appellation nouvelle: Les Charmettes de Paris.»
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_Femmes et statues_:
«Les yeux fermés, c’est la douceur des temps écoulés.»
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«Le tranquille beau temps de ces yeux.»
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«Cet œil d’enfant sous la paupière d’une femme.»
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«Tu as été moins barbare, femme grecque; plus simple dans ta politesse exquise!»
«Ces yeux dessinés purement comme un émail précieux.»
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«L’éblouissement d’une femme qui se déshabille fait l’effet du soleil perçant les nuages.»
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«Quel est ce chef-d’œuvre que je ne connais pas, du pur grec d’Olympie, la plus divine figure que j’aie jamais vue? Il faut que ce soit elle ou moi qui fussions barbares autrefois.»
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«Vénus, Eve, termes faibles pour exprimer la beauté de la femme.»
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_Parterre_:
«Toutes ces fleurs attendent le poète qui les marquera d’une qualité nouvelle, d’un nom nouveau.»
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_Danse_:
«La prodigieuse petite amie qui la danse est conquérante comme la flamme; Minerve archaïque, elle s’avance,--la gentille pose!»
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_Architectures_:
«Doucine est le nom de la moulure française.»
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«Les gracieuses maisons de Bruxelles, on les démolit. Il faut se distraire.»
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«Dire qu’il y a un pays qui a trois cathédrales qui peuvent s’apercevoir de loin, dont le «retentissement» de l’une n’est pas fini, que l’artiste aperçoit l’autre!»
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_Sculpture_:
«Le beau est comme un Dieu! Un morceau de beau est le beau entier.»
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_Pensée détachée_:
«Quel dommage que les fils osent défaire des œuvres des pères, mais c’est la vie des vivants! Quel abus de la force de vivre!...»
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_Cathédrale de Beauvais_:
«Où est la foule qui devrait être à genoux ici, les pèlerins du beau? Personne!
«Ce monument est seul, isolé, sans admiration, quelle époque traverse-t-il? Il parle, pour qui?... Le vent ne l’a pas quitté, lui, depuis des centaines d’années!...»
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_Sculpture_:
«J’ai cherché toute ma vie la souplesse et la grâce. La souplesse c’est l’âme des choses.»
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_Pensée détachée_:
«A l’Institut, ils ont empaillé l’Antique!»
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_Architecture_:
«Je n’affectionne plus les villes noyées dans leurs nouveaux quartiers insignifiants.»
«Bien des choses ont faibli, se sont désanimées par le formidable gothique. Je crois bien que l’on ne comprend pas tout, mais les sensibles reprennent où la science est trop courte.»
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_Sculpture_:
«Phidias, le plus sévère des sculpteurs.»
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_Cathédrales_:
«...Et notre pauvre société, qui paraît se briser en tout, reprendra peut-être son harmonie si la main des marchands du temple ne déchire plus ces voiles de pierre.»
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_Architecture_:
«Ces maisons de Gand sont des guipures, des dentelles sur le bord noir du fleuve.»
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_Pensées détachées_:
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«Dire que l’on changera tout cela, c’est l’aspect du bonheur, cette vie antique.»
«Comment voulez-vous qu’on déserte l’église qui a des siècles de beauté accumulés?»
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_Architecture_:
«Ce n’est pas une église, c’est un parfum; le ravissement, c’est son action. Ces chefs-d’œuvre de grâce française attendent la bonne volonté des Commissions historiques comme les chiens à la fourrière.»
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_Pensée_:
«Mon enthousiasme, ma patience, ma joie de comprendre la fleur humaine!»
_Sculpture_:
«Une chose est quelquefois moins à sa place au milieu que sur le côté. Figure dans un fronton...»
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_Architecture_:
«Ainsi, ce sont des valeurs de syntaxe. La tête, le bras, la jambe, le corps s’emploient comme des ornements, des refends, des guirlandes, des mascarons... Calculez ceux-ci et ceux-là pour la distance, pour la moulure; c’est un dosage d’architecture...»
«Michel-Ange, c’est la respiration de la vie. L’esprit humain touche ici le sublime, sans toujours le voir. Ces grandes maturités de la pensée.
«L’architecture de Michel-Ange est au point sans effort, ainsi que la beauté d’une femme. Cette beauté juxtaposée sans contraction enguirlande la courbe, s’avance, retombe, rejoint son point d’arrivée sans heurt. Tout se transmet, tout se réunit sans contact désagréable.
«Tout cela s’harmonise par mesure de beauté, les entournures des entablements sont à l’aise; toute la Renaissance, du reste, est de cette marque. Cet art ayant été longtemps tenu en ogive, s’est détendu en arc; on ne savait pas combien le gothique qui mène à la grâce en recélait... La Renaissance, son fruit, en est sorti tout naturellement...
«Michel-Ange respire la beauté.
«Le gothique est toujours un farouche architecte; mais c’est un arc sévère et brisé qui devient arc-en-ciel...»
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_Sculptures_:
«Je veille la beauté étendue comme une chère morte; elle est enfouie dans l’ombre; et, comme de l’eau, émerge quelque îlot de douces chairs.
«C’est la mélancolie des plus noirs tombeaux cette volupté couchée, tandis que les autres points du corps retournent au nocturne des fonds.
«Ah! Eurydice, je te retrouve et je repousse les ombres. Ah! est-elle parfaite cette forme que soutient la nuit, on dirait éternelle!
«Ah! ces reflets de bronze! Cette forme réjouit mon cœur et mes yeux. Ah! ce corps échoué, enlisé dans l’ombre, dans ce bain d’ombre!»
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«En somme, ce sont des vertus de profondeur, d’opposition, de légèreté, de puissance qui valent; mais non de ces détails qui ne sont bons que pour eux-mêmes, véritables fioritures inutiles s’ils ne sont rien par relation pour le mouvement.»
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_Antique_:
«La divinité du corps humain a été obtenue à cette époque, non parce qu’on était plus près de l’origine, car nos formes sont demeurées toutes pareilles, mais la servitude de maintenant a cru s’émanciper en tout, et nous sommes désorbités. Le goût manque.»
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_Sculpture_:
«Il y a une science profonde et qui ne se révèle ni en paroles ni en actions. Il y a quelquefois une forme qui nous est peu familière, mais qui, cependant, correspond à tout par le principe du modelé.»
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«Cette bouche gonflée, saillante, abondante dans ses expressions sensuelles.»
«Les bronzes de Pompéi dans leurs découpés les plus élégants, les profils de statues grecques du bon siècle, l’entente de l’effort le plus discret, la draperie la plus collée, la finesse gothique et égyptienne, autrement dire que ce n’est pas un art isolé; il apparente à l’antique de différentes nations cette arrivée presque en même temps de la perfection antique à la même mesure la plus rigoureuse. C’était l’originalité d’alors.»
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«Ce juste principe qui enveloppe le corps par une rigoureuse unité, une grâce des mouvements.»
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_Pensée_:
«Cette beauté fondamentale qui demande que l’intelligence de l’homme sauve les monuments et l’ornement, alors que, anonyme, il est un premier traducteur de l’homme.»
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_Sculpture_:
«La souplesse, c’est la loi actuelle vraie, c’est la vie; c’est la possibilité de plusieurs vies, de plusieurs mouvements de la vie. Mouvements se succédant et commandant.
«Musique délicieuse des membres.»
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«Ces soupçons de modelé! Le brouillard du corps. Comme dans une chose divinement réglée, il n’y a pas dans ces corps d’indice de révolte; l’on sent tout à sa place. On comprend la rotation du bras même au repos par l’examen de l’omoplate, par sa saillie, la cage, l’admirable attache des côtes reprise par les dentelés pour tenir fixés l’omoplate et son service. Et le flanc qui continue ce torse étranglé ici, serré là, puis se développant pour articuler deux cuisses, deux bielles, deux leviers, angles parfaits, jambes délicates qui jouent sur le sol...»
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«Il est inouï de penser ce que l’on peut faire en employant les règles inutiles des dessins, alors que la règle des plans est la seule règle utile qui ordonne tous les dessins. Le purisme est inutile, alors que le principe n’y est pas; et souvent ce n’était qu’une ornementation qu’on demandait.»
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«Ces quelques grands plans qui enferment la forme et le sujet; cette syntaxe, c’est la grandeur même comme sujet avant le sujet.»
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«Cette ombre va de proche en proche, travaille le chef-d’œuvre, lui donne ce qui charme, la morbidesse profonde venant de l’obscur,--cet endroit où elle reste si longtemps.»
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_Sculpture d’Extrême-Orient_:
«La tendresse de la bouche et de l’œil ont besoin d’être d’accord.»
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«Ces lèvres sont comme un lac de plaisir que bordent les narines palpitantes si nobles.»
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«La bouche dans des humides délices ondule sinueuse, en serpent; les yeux, fermés, gonflés, fermés d’une couture de cils.»
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«Les ailes du nez sur un plan rempli se dessinent tendrement.»
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«Les lèvres qui font les paroles, qui se meuvent lorsqu’elles s’échappent. Un si délicieux serpent en mouvement.»
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«Les yeux qui n’ont qu’un coin pour se cacher sont dans des puretés de lignes et dans des tranquillités d’astres blottis.»
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«Le tranquille beau temps de ces yeux, le tranquille dessin, la tranquille joie de ce calme.»
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«Cet œil reste à la même place avec son compagnon; il est dans un abri propice, il est voluptueux et lumineux.»
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«Ces jambes aux muscles allongés ne contiennent rien que la vitesse.»
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«Ces ondulations figées sont la statue. Les styles ont le plus ou moins de longueur dans les ondulations.»
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«Bouche, antre aux plus douces paroles, mais volcan pour les fureurs.»
«La matérialité de l’âme que l’on peut emprisonner captive dans ce bronze pour plusieurs siècles: désirs d’éternité sur cette bouche, les yeux qui vont voir et parler.»
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«Pour toujours la vie entre et sort par la bouche comme les abeilles rentrent et sortent continuellement,--douce respiration parfumée.»
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«Les cuisses rapprochées, double caresse, jalouses enfermant le ténébreux mystère; le beau plan d’ombre rendu plus marqué par la lumière des cuisses.»
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_Modèle_:
«Cette femme couchée, c’est le charme de sa silhouette, son huileux» profil qui retient une chaleur heureuse, telle une architecture divine, c’est le temple d’une architecture nouvelle.
La lumière a mordu sur le sein et s’y est appuyée, fondue.
Cette ombre sur la cuisse chasse la lumière et ne la laisse que sur le bord. Elle ressemble, alors, la jolie créature, à une statue tombée, la tête penchée, du Ve siècle archaïque.
Oui! il n’y a que la rigoureuse mesure du monde dans ce torse, ces cuisses et ces jambes. C’est l’expression des grands styles de l’humanité. Comme une feuille qui se retourne, tel apparaît le torse de cette femme couchée, dans la plus rigide et la plus simple loi.
La géométrie pouvait-elle épouser un plus jeune corps pour se faire valoir?
Cet œil, ce nez, ces joues, ces lèvres, cette grappe de fruits!
Ce n’est pas un corps qui se découvre, c’est la fraîcheur du temps, c’est l’entraînement de l’art.
L’ombre ondule de joie sur ce torse immobile. Après avoir présenté ses plans lumineux, ses cuisses et ses jambes, tout est perdu, le flanc boit maintenant la lumière.
«Mais j’ai découvert la cuisse, et la lumière s’est glissée le long d’elle, de la jambe et du pied également,--en demi-teinte.
«Qu’il faut peu de chose pour cacher un chef-d’œuvre!
«Cette cuisse est maintenant éclairée, et je découvre bien d’autres charmes dans cette corne d’abondance qu’est la vie. Que d’effets fulgurants qui sortent de ce corps!
«L’ombre s’avance de proche en proche sur la statue animée.
«Comme un serpent, l’ombre se couche au long du joli corps!
«Déjà le corps se refroidit et devient marbre.
«Ces étonnements prolongés!
«Cette cuisse, ce torse nourri de volupté; ce sein, fruit de la plus belle architecture!
«Comme un fruit tiré de sa gaine, le ventre s’endort au milieu de mes admirations!
«Ah! la pure volupté de ces modelés que l’on n’apprend nulle part, que devant le modèle! Ces ombres qui ne sont vues que par quelques-uns, dans des minutes de bonheur suspendues!»
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_Pensée_:
«L’on a pensé que ce qui était beau, c’était le nu; pour moi, c’est la vie,--merveille à laquelle la laideur ne résiste pas.»
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_Architecture_:
«La beauté de l’ancien Paris, c’était la proportion. La proportion ne se voit pas toujours du premier coup, mais c’est la qualité principale; car elle embrasse tout, et descend après à tous les détails qui sont ordonnés comme l’ensemble.»
_Paysages_:
«Le beau temps étouffe de joie.»
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«Ici, dans un fond épais de bonheur et qui se cache avec soin et ne laisse apercevoir que des coins heureux; sur lui, au premier plan, les lilas fleurissants bouclés de verts foncés. Le temple est là, organisation des colonnes, du beau fronton; on ne sait pas pourquoi c’est si beau!»
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_Pensées_:
«Comme ma mémoire s’éveille en parcourant l’atelier! Comme à ma vue les choses se réveillent!»
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«C’est beaucoup sur les routes que je ramasse l’expérience.»
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«J’aime le paysage seul, je jouis de cette sensibilité; mon âme n’est ni en automobile ni en chemin de fer.»
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_Sculpture_:
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«Modeler l’ombre, c’est faire surgir des pensées, c’est apprendre aux yeux et leur faire apprécier les nuances.»
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_Pensées_:
«Le mystère de l’art, c’est l’équilibre, l’unité qui assure la beauté.»
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«Comme ces fleurs qui nous donnent l’exemple en mourant, c’est peut-être une consolation de mourir au milieu des chefs-d’œuvre.»
«Quand le corps n’obéit plus à la grâce, c’est le commencement de la vieillesse.»
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«Le printemps charrie la vie, est couleur de la vie, est pénétrant comme la vie,--et quelle gloire de vivre!»
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«La tranquillité est tout un paysage.»
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«Rentrer dans le rang, le cœur à l’unisson; concourir à une grande chose sous un ciel commun, comme ces villages qui sont sous mes yeux.»
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_D’après Corot_:
«La forêt est douce comme si les nymphes y avaient dansé une heure, les arbres verts éclairant leurs ébats; conversation à voix basse de la forêt.»
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_Pensées_:
«Heureux ceux qui vivent dans le moment où le cœur dirige!»
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«Humus d’âmes endolories, antiques, où les douleurs du temps en ont écrasé tant et tant!»
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_Croquis_:
«Un petit oiseau fait plus de bruit au printemps que la somnolence de cette foule d’arbres rangés, sentant sourdre leurs entrailles à nouveau.»
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«Comme un bassin qui se vide insensiblement, ainsi dans le jardin le jour s’écoule.»
_Pensée_:
«La douce lumière tissée avec ces feuilles mortes. La douce pensée qu’elle fait naître a donc besoin de la mort pour régner!»
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_Paysage_:
«Ces maisons, ces arbres, ces jardins descendent la colline comme un troupeau qui va s’abreuver.»
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_Peinture_:
«Corot, une des âmes de la Nature.»
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_Paysage_:
«La sueur de la terre n’est pas réabsorbée au matin. Cette intimité de la terre et des maisons, des arbres, de la nuit, existe encore. Mais la colline dans ce lointain ne peut s’éloigner avec plus de grâce.»
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_Pensée_:
«L’esprit n’est pas l’intelligence; il est le détail, grandi.»
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_Sculpture_: