Rodin à l'hotel de Biron et à Meudon

Part 21

Chapter 213,277 wordsPublic domain

Dans ces conditions, ce serait faire injure au Sénat d’insister davantage. Le don que nous fait cet homme à la fin de sa vie, à l’heure où il pense à son pays, permettez-moi de dire qu’il vient à son heure. Je n’accepte pas le reproche que vous nous avez apporté que le projet viendrait à un moment particulièrement malencontreux. Permettez-moi de répéter ce que disait tout à l’heure, avec force et éloquence, M. le rapporteur de la Commission: ce n’est pas au moment même où l’art français, le goût français, la culture française ont été violemment attaqués de l’autre côté des frontières, où tant de chefs-d’œuvre français ont été détruits, où les obus pleuvent sur les chefs-d’œuvre de notre sculpture et de notre architecture, que la France va repousser du pied ce que n’importe quel pays du monde accepterait avec reconnaissance. (_Très bien! très bien! et vifs applaudissements._)

M. LE PRÉSIDENT.--Si personne ne demande plus la parole, je consulte le Sénat sur le passage à la discussion de l’article unique du projet de loi.

Il a été déposé sur le bureau une demande de scrutin signée de MM. Gaudin de Villaine, Charles Riou, Brindeau, Guilloteaux, Rouland, de Las Cases, Leblond, Brager de la Ville-Moysan, Martell, de la Jaille, de Lamarzelle, Audren de Kerdrel, Fabien Cesbron et Bodinier.

Il va être procédé au scrutin.

(Les votes sont recueillis.--MM. les secrétaires en opèrent le dépouillement.)

M. LE PRÉSIDENT.--Voici, messieurs, le résultat du scrutin:

Nombre des votants 235 Majorité absolue 118 Pour 209 Contre 26

Le Sénat a adopté.

M. LE PRÉSIDENT.--Je donne lecture de l’article unique:

«Article unique.--Sont acceptées définitivement, aux charges et conditions stipulées, les donations consenties à l’État par M. Auguste Rodin, statuaire, grand officier de la Légion d’honneur, suivant actes notariés des 1er avril, 13 septembre et 25 octobre 1916, dont copies sont annexées à la présente loi.»

Avant de mettre ce texte en délibération, je dois donner lecture de l’amendement suivant, déposé par M. de Lamarzelle:

«_Article unique._--L’hôtel Biron, situé à Paris, rue de Varennes, nº 77, ainsi que la chapelle annexée à cet immeuble et toutes ses dépendances, sont mis à la disposition du ministre de la Guerre pour y hospitaliser, dans les conditions que fixera un règlement d’administration publique, des mutilés de la guerre, incapables de rééducation physique, choisis parmi les plus méritants et les plus délaissés.»

M. LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION.--D’accord avec le Gouvernement, la Commission demande au Sénat de ne pas adopter le contre-projet de M. de Lamarzelle qu’elle a examiné et qu’elle repousse.

M. DE LAMARZELLE.--Je demande la parole.

M. LE PRÉSIDENT.--La parole est à M. de Lamarzelle.

M. DE LAMARZELLE.--Messieurs, il ressort manifestement de ces débats que, ce qui est en discussion, ce n’est pas le talent de M. Rodin, mais la question de savoir si l’on doit donner à son art un privilège absolument exorbitant.

J’aurais compris que l’État favorisât une fondation privée en faveur de M. Rodin et de ses partisans. M. Rodin, nous a-t-on dit, gagne 200.000 francs par an, il a énormément de partisans; qu’il fasse une fondation privée et que cette fondation soit privilégiée: pour mon compte, j’aurais voté ce projet avec enthousiasme. Le régime légal des fondations devra être certainement, je ne dis pas renouvelé ou fortifié, mais créé de toutes pièces.

Nous avons déjà des fondations de ce genre: l’Académie Goncourt, le musée Sully-Prudhomme. Je n’aurais fait aucune espèce d’opposition à cette création, j’aurais même appuyé de toutes mes forces un projet dans ce sens; mais quant à créer un musée d’État en faveur, non pas du talent de M. Rodin, mais de son école, de la cause artistique au service de laquelle il a mis son talent, c’est une autre question!

On dira là-dessus tout ce que l’on voudra, on apportera des signatures, il y a des signatures contre et s’il n’y en a pas de plus nombreuses, je vous ai démontré pourquoi. C’est parce que ce n’est pas impunément qu’on s’attaque à cette idole qu’est Rodin ou plutôt la conception d’art qu’il représente.

Il y a un moyen de nous arranger: il y a une question sur laquelle nous sommes tous d’accord: celle qui a trait aux secours aux victimes de la guerre. Il faut leur venir en aide tout de suite. Que les amis de Rodin et de sa conception d’art fassent une fondation, cela est parfait. Mais qu’un immeuble d’État leur soit donné, je dis non. Je demande que cette maison soit mise à la disposition du ministre de la Guerre pour la création d’un asile en faveur d’une classe de mutilés particulièrement intéressante, ceux qui sont incapables de rééducation physique, incapables, par conséquent, de gagner leur vie.

Vous avez parlé de statues qui élèveraient l’âme des visiteurs de cet hôtel Biron. Vous me permettrez à cet égard une métaphore qui est vraiment bien à sa place, en l’espèce.--Il y aurait là, dans ce jardin ouvert au public, comme des statues vivantes représentant le sacrifice à la patrie, avec lesquelles pourraient causer les enfants, et desquelles les générations à venir apprendraient comment on peut se sacrifier pour la patrie. (_Très bien! à droite._)

C’est là une cause sur laquelle nous sommes tous d’accord; et je voudrais qu’un vote unanime sur cette question des mutilés de la guerre confondît dans les urnes les voix de tous les bons Français! (_Très bien! très bien! à droite._)

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Je demande la parole.

M. LE PRÉSIDENT.--La parole est à M. le sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--L’adoption de la proposition de l’honorable M. de Lamarzelle aurait comme conséquence directe l’échec complet de l’acceptation, par le Parlement, de la donation Rodin. Il ne faut pas s’y tromper, en effet.

M. de Lamarzelle voudra bien croire que ceux de ses collègues qui voteront et les membres du Gouvernement qui ont déposé le projet Rodin ont, comme lui, le souci de l’avenir des mutilés de la guerre. Mais il ne faudrait tout de même pas, sous le prétexte d’assurer à ces derniers un abri que nous pouvons facilement leur trouver ailleurs, que l’on fît échouer d’une façon définitive la donation qui doit enrichir l’art français. J’ai confiance que le Sénat repoussera le contre-projet de M. de Lamarzelle. (_Très bien! très bien!_)

M. LE PRÉSIDENT.--Je consulte le Sénat sur l’amendement présenté par M. de Lamarzelle comme contre-projet.

(Le Sénat n’a pas adopté.)

M. LE PRÉSIDENT.--M. de Lamarzelle vient de me faire parvenir plusieurs dispositions additionnelles à l’article unique du projet de loi.

Avant de les mettre en délibération, je donne une nouvelle lecture de cet article:

«Sont acceptées définitivement, aux charges et conditions stipulées, les donations consenties à l’État par M. Auguste Rodin, statuaire, grand officier de la Légion d’honneur, suivant actes notariés des 1er avril, 13 septembre et 25 octobre 1916, dont copies sont annexées à la présente loi.»

Je mets aux voix l’article unique du projet de loi.

(Ce texte est adopté.)

M. LE PRÉSIDENT.--Je donne lecture de la première des dispositions additionnelles présentées par M. de Lamarzelle: «Ajouter à la fin de l’article la disposition suivante: A l’exception, toutefois, des clauses concernant la chapelle, laquelle ne sera pas comprise dans l’immeuble affecté au musée.»

M. LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION.--La Commission, d’accord avec le Gouvernement, demande au Sénat de ne pas prendre cet amendement en considération. (_Très bien!_)

M. LE PRÉSIDENT.--La parole est à M. de Lamarzelle, sur la prise en considération.

M. DE LAMARZELLE.--Messieurs, je suis un peu étonné, pas trop cependant, que le Gouvernement repousse mon amendement.

Le Gouvernement lui-même, en effet, dans l’acte de donation, s’est réservé le droit d’extraire de la donation, si je puis m’exprimer ainsi, les clauses relatives à la chapelle, c’est-à-dire de reprendre cette chapelle.

Il a fait preuve en cela d’un sentiment de délicatesse dont je ne saurais assez le louer. Eh bien, je lui demande d’aller jusqu’au bout et de décider que la chapelle ne fera pas partie de la donation.

Il serait superflu de revenir sur la nature et la cause des sentiments qui me guident; mais enfin la chapelle va recevoir certaines œuvres que vous savez (_Mouvements divers._), je laisse de côté le musée secret.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Il n’y en a pas.

M. DE LAMARZELLE.--M. Rodin lui-même, cependant, l’a reconnu dans une interview.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--L’interview est inexacte.

M. DE LAMARZELLE.--Je le veux bien; il n’y a donc pas de musée secret, mais il y a un musée qualifié par M. le rapporteur de la Chambre dans les termes que je vous ai dits...

M. LE RAPPORTEUR.--Il y a du nu!

M. DE LAMARZELLE.--Ce n’est pas la question!...avec le caractère indiqué dans les lignes que j’ai citées tout à l’heure et qui sont très caractéristiques.

M. LE RAPPORTEUR.--Ingres a dit: «Ce qui est indécent, ce n’est pas le nu, c’est le retroussé». (_Sourires approbatifs._)

M. DE LAMARZELLE.--C’est le rapporteur de la Chambre qui a commis l’exagération...

M. LE RAPPORTEUR.--Son admiration a exagéré son expression.

M. DE LAMARZELLE.--Je le veux bien, mais le document est authentique, il restera: le rapporteur, organe de sa Commission, a caractérisé l’œuvre de Rodin comme je l’ai indiqué.

M. LE RAPPORTEUR.--Il l’a fait avec éloquence!

M. DE LAMARZELLE.--Eh bien, je répète que l’introduction, dans la chapelle, des œuvres de Rodin, telles qu’elles sont décrites dans le rapport de M. Simyan, serait un acte blessant, non pas seulement pour tous les catholiques, mais pour tous ceux qui ont certains sentiments de délicatesse.

Tout à l’heure, on nous disait avec éloquence: «Alors que tant d’œuvres d’art sont détruites par la guerre, c’est le moment, pour l’État, d’en acquérir d’autres.» Je renverse l’argument et je dis: Ce n’est pas au moment où tant d’églises catholiques viennent d’être détruites par l’envahisseur--plus de trois mille!--qu’il faut, permettez-moi de prononcer le mot qui est sur mes lèvres et que je ne prends pas dans son sens mondain mais dans le sens religieux, qu’il faut déshonorer une chapelle!

M. LE RAPPORTEUR.--Les œuvres auxquelles il est fait allusion sont de petites œuvres; elles sont dans l’hôtel Biron. Mais, dans la chapelle, il n’y aura que la vingtaine des grands chefs-d’œuvre devant lesquels la mère, sans danger, pourra conduire sa fille.

M. DE LAMARZELLE.--Oui, tant que vous serez là, peut-être, mais c’est un musée pour toujours que vous créez!

Je dis que, dans ce moment où nous sommes si unis--nous venons de le constater une fois de plus tout à l’heure à l’audition du remarquable discours de M. le ministre des Finances--vous devez faire disparaître de ce projet cette cause de division.

Je ne vous demande que peu de chose: retirer la chapelle de la donation; admettez même, si vous voulez, qu’elle soit rendue au culte: vous devez bien cela aux catholiques de France, si unis avec vous sur tous les terrains, dans un patriotisme complet, comme M. le ministre des Finances vient de vous le dire. (_Très bien! très bien! à droite._)

M. LE PRÉSIDENT.--Je consulte le Sénat sur la prise en considération de l’amendement de M. de Lamarzelle, dont j’ai donné lecture.

(Le Sénat n’a pas adopté.)

M. LE PRÉSIDENT.--M. de Lamarzelle se proposait d’ajouter la disposition suivante:

«Toutefois, il sera ajouté à l’article 3 de la deuxième donation, après les mots «destiner par la suite» ceux-ci: «et qui auront été comptées par une commission nommée par le sous-secrétaire d’État des Beaux-Arts.»

Mais cet amendement portant, non sur l’article unique, mais sur le texte même de la convention, je ne puis le mettre en délibération. (_Assentiment._)

M. DE LAMARZELLE.--Je n’insiste pas.

M. LE PRÉSIDENT.--Je donne connaissance au Sénat du dernier amendement présenté par M. de Lamarzelle:

«Ajouter la disposition suivante:

«Toutefois, il sera ajouté aux actes de donation susvisés une clause aux termes de laquelle l’acceptation desdites donations, ainsi que les avantages qu’elles confèrent au donateur, seront révoqués purement et simplement, dans le cas d’inexécution dûment constatée d’un des engagements de M. Rodin.»

La parole est à M. de Lamarzelle sur la prise en considération.

M. DE LAMARZELLE.--Le premier acte de donation comporte, messieurs, des conditions résolutoires ainsi conçues:

«Dans le cas d’inexécution dûment constatée de toutes les conditions ci-dessous, ou de l’une d’elles seulement, la présente donation sera révoquée purement et simplement et M. Rodin reprendra la propriété des biens donnés.»

M. le rapporteur nous dit, à la page 5 de son rapport, que c’est là une clause de style; je lui en demande bien pardon: dans le régime des donations, on distingue les causes déterminantes de la donation, donnant lieu à des conditions résolutoires et les causes secondaires qui ne donnent pas lieu à la résolution, si la condition n’a pas été accomplie. C’est là une distinction classique en matière de donations.

M. LE RAPPORTEUR.--Bien entendu.

M. DE LAMARZELLE.--Par conséquent, votre clause est tout à fait exorbitante du droit commun.

En effet, en ce qui touche M. Rodin, si la moindre condition de la donation--il dit, par exemple, que le chauffage sera organisé de telle façon--n’est pas exécutée, si le chauffage n’est pas organisé comme il convient, si M. Rodin est mal chauffé--je prends cet exemple le plus topique, mais il y en a bien d’autres--M. Rodin aura le droit de dire: «Voilà une condition qui n’est pas importante, c’est vrai, mais comme la donation doit tomber pour inexécution de n’importe quelle condition, elle tombera!»

L’État, au contraire, lui, est soumis au droit commun; la donation, pour lui, n’est révocable que si les conditions résolutoires ne sont pas réalisées.

Je dis que si l’on sort du droit commun à l’égard de M. Rodin, il faut en sortir aussi à l’égard de l’État: c’est un principe formel de notre droit, que l’égalité des parties doit exister dans un contrat synallagmatique.

Je demande donc simplement que l’égalité soit maintenue, conformément au droit commun, entre les deux parties, l’État et M. Rodin. (_Très bien! à droite._)

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Je me permettrai de faire observer à l’honorable M. de Lamarzelle que M. Rodin donne et que l’État reçoit.

M. DE LAMARZELLE.--Pardon! L’État donne aussi de son côté.

M. LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION.--Que donne-t-il?

M. DE LAMARZELLE.--L’immeuble où l’on installe le musée; d’autre part, si, au bout de vingt-cinq ans, cet immeuble est désaffecté, l’État logera les œuvres de M. Rodin dans un autre immeuble.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Quelle clause M. Rodin pourra-t-il ne pas remplir?

M. DE LAMARZELLE.--Je ne puis répondre, n’ayant pas sous les yeux le texte de la donation: il pourrait vendre, par exemple, une de ses œuvres.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Il s’est interdit ce droit, par le texte de la donation, dès maintenant; c’est ainsi que depuis la première donation, c’est l’Administration des Beaux-Arts qui a la conservation de tous les objets compris dans la donation et que M. Rodin s’est interdit même le droit de faire faire des répliques sans le consentement de cette Administration. Dans ces conditions, je ne vois pas à quelle clause M. Rodin pourrait manquer. Voter ce texte serait injurieux pour lui.

M. DE LAMARZELLE.--Alors le texte de M. Rodin est injurieux pour l’État?

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--M. Rodin pose ses conditions.

M. DE LAMARZELLE.--L’État supporte de son côté des charges énormes: il donne l’hôtel Biron.

M. LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION.--Il le loue.

M. DE LAMARZELLE.--Si vous voulez, M. Rodin, dans ce contrat, se trouve donc dans une situation privilégiée.

M. LE SOUS-SECRÉTAIRE D’ÉTAT.--Les droits de reproduction sont, dès maintenant, acquis à ce musée. Je vous donne ce renseignement qu’il y a, dès maintenant, pour plus de 150.000 francs de commandes dont le montant tombera dans la caisse de ce musée. Il vivra donc par ses propres ressources, et si, un jour, il veut se transporter ailleurs, il en aura sans doute les moyens. Je ne vois pas en quoi M. Rodin pourrait manquer alors qu’il a le désir de nous apporter ses collections.

L’État a, en même temps, des droits de conservation, puisque, depuis le jour de la première donation, ce sont les gardiens nationaux qui surveillent les collections au dépôt des marbres et même à Meudon.

M. DE LAMARZELLE.--Je serais désolé de discuter, au sujet de cette question, une question de gros sous; mais, enfin, nous évaluons, d’un côté, ce que donne M. Rodin, d’un autre côté, ce que donne l’État. Si la valeur vénale des œuvres de M. Rodin peut être telle aujourd’hui, elle peut être différente dans vingt ans. Nous ne savons rien de ce que nous donne M. Rodin, au point de vue vénal, tandis que nous savons ce que donne l’État à M. Rodin, à l’heure actuelle.

M. LE PRÉSIDENT DE LA COMMISSION.--L’État prête son immeuble.

M. DE LAMARZELLE.--Il y a des conditions venant de causes déterminantes et des conditions venant de causes accidentelles. Pour toutes ces conditions M. Rodin a le droit de révoquer la donation. Au contraire, l’État reste sous l’empire du droit commun. Il n’y a que les conditions déterminantes pour lesquelles il puisse demander la révocation. L’État est donc dans un état d’infériorité vis-à-vis de M. Rodin, ce qui est contraire à l’équité. (_Aux voix! aux voix!_)

M. LE PRÉSIDENT.--Je consulte le Sénat sur la prise en considération de l’amendement de M. de Lamarzelle.

(Le Sénat n’a pas adopté.)

M. LE PRÉSIDENT.--En conséquence, l’article unique du projet de loi demeure adopté.

ADOPTION D’UN PROJET DE LOI OUVRANT UN CRÉDIT POUR LA CRÉATION D’UN MUSÉE RODIN.

M. LE PRÉSIDENT.--L’ordre du jour appelle la discussion du projet de loi, adopté par la Chambre des députés, portant ouverture, sur l’exercice 1916, d’un crédit de 10.813 francs en vue de la création d’un musée Rodin.

Si personne ne demande la parole dans la discussion générale, je consulte le Sénat sur la question de savoir s’il entend passer à la discussion de l’article unique du projet de loi.

(Le Sénat décide qu’il passe à la discussion de l’article unique.)

M. LE PRÉSIDENT.--Je donne lecture de cet article:

«Article unique.--Il est ouvert au ministre de l’Instruction publique, des Beaux-Arts et des Inventions intéressant la Défense nationale, au titre de l’exercice 1916, en addition aux crédits provisoires alloués par les lois des 29 décembre 1915, 30 mars et 30 juin 1916, et par des lois spéciales pour les dépenses du budget général, un crédit de 10.813 francs applicable à un chapitre nouveau de la deuxième section du budget de ce ministère (Beaux-Arts) portant le nº 55 bis et intitulé: «Musée Rodin.--Matériel.»

Si personne ne demande la parole sur cet article, je le mets aux voix.

Il va être procédé au scrutin.

(Les votes sont recueillis.--MM. les secrétaires en opèrent le dépouillement.)

M. LE PRÉSIDENT.--Voici, messieurs, le résultat du scrutin:

Nombre des votants 239 Majorité absolue 120 Pour l’adoption 212 Contre 27

Le Sénat a adopté.

TABLE

RODIN A L’HOTEL DE BIRON 1

NOTES D’ALBUM 53

RODIN A MEUDON 86

APPENDICE 129

NOTES:

[A] Le comte et la comtesse du Nord, Paul Pétrowitch, duc de Holstein-Gottorp, grand-duc de Russie, et Marie Federowna de Wurtemberg, son épouse, arrivèrent à Paris le samedi 18 mai 1782 et descendirent à l’hôtel de l’ambassadeur de Russie, Bariatinsky, rue de Gramont, au bout de nos anciens boulevards. Ils quittèrent Paris le 19 juin.

[B] Nous devons toutefois déclarer que Rodin, depuis quelques mois, se sert quelquefois d’une automobile.

[C] Écrit en 1914.

[D] Cette Commission est composée de MM. Simyan, président; Ellen Prévôt, Léon Bérard, Bouffandeau, Paul Beauregard, Arthur Dessoye, Pierre Dupuy (Gironde), vice-présidents, Pierre Rameil, Alexandre-Blanc, Labroue, Deshayes, Locquin, Lefas, Prat, Jean Lerolle, secrétaires; Louis Andrieux (Basses-Alpes), Maurice Barrès, Betoulle, Bouilloux-Lafont, Théo Bretin (Saône-et-Loire), Emile Constant (Gironde), Daniel-Vincent (Nord), Jules Delahaye (Maine-et-Loire), Deschamps, Dreyt, Lucien Dumont (Indre), Even, Henry Fougère, Henri Galli, Abel Gardey, Groussau, Abel Lefèvre (Eure), Malaviale, Mayéras, Merlin, J.-B. Morin (Cher), Pacaud, Patureau-Baronnet, Georges Ponsot, Roux-Costadau, Louis Simonet, Valière.