Robert Ier et Raoul de Bourgogne, rois de France (923-936)
Chapter 2
Après la défaite de Laon, Charles fut contraint, par suite de la dispersion totale de son armée, de chercher à nouveau un refuge au delà de la Meuse. Les rebelles profitèrent de l'absence du Carolingien pour secouer définitivement sa suzeraineté en se choisissant un roi parmi eux. Le 29 juin 922, le marquis Robert fut élu roi à Reims par les grands vassaux laïques et ecclésiastiques, puis couronné le lendemain, un dimanche, à Saint-Remy, par l'archevêque de Sens Gautier, le même qui avait déjà couronné le roi Eudes[45]. L'archevêque de Reims, Hervé, alors gravement malade, mourut trois jours après, et son successeur Séulf, choisi sous l'influence des révoltés, prit aussitôt une attitude nettement opposée à Charles[46].
La lutte reprit de plus belle. Robert la transporta en Lorraine. Son fils Hugues marcha sur Chièvremont, que Charles assiégeait, et le contraignit à lever le siège[47]. Au début de 923, Robert eut l'habileté de se ménager une entrevue, sur les bords de la Roer, avec le roi de Germanie Henri Ier qui, au mépris du traité de Bonn, noua des relations amicales avec l'usurpateur. Robert parvint à obtenir d'une fraction des Lorrains un armistice qui devait se prolonger jusqu'en octobre[48]. Puis il rentra en France, où il congédia les contingents bourguignons, ne gardant que peu d'hommes sous les armes.
Charles ne perdit point de temps. Mettant à profit l'instant de répit que lui laissait la trêve, il s'occupa hâtivement de lever en Lorraine de nouvelles recrues, et aussitôt qu'il eut réussi à constituer une armée assez puissante, rompant l'armistice, il traversa la Meuse, marcha rapidement sur Attigny et de là contre Robert qui séjournait à Soissons. Il arriva sur l'Aisne le 14 juin. Le lendemain, un dimanche, vers la sixième heure, au moment où les hommes de Robert ne s'attendant plus à être attaqués prenaient tranquillement leur repas, les Lorrains passèrent la rivière et une bataille décisive eut lieu dans la plaine voisine de l'abbaye de Saint-Médard de Soissons. Les troupes de Robert ralliées à la hâte se battirent avec l'énergie du désespoir. Le combat fut si violent que de part et d'autre les pertes furent considérables. Robert qui luttait vaillamment au plus fort de la mêlée, tomba frappé à mort par le comte Foubert, porte-enseigne royal, qui le reconnut à sa longue barbe, et il fut achevé par les lances de ses adversaires. Cette fin inattendue de «l'usurpateur» jeta le désordre dans les rangs de ses partisans, et la victoire du roi légitime semblait dès lors assurée quand parut, tout à coup, une armée conduite par Hugues le Grand et Herbert de Vermandois. Un changement complet s'opéra; les Lorrains lâchèrent pied et se retirèrent en désordre[49].
Charles était vaincu par les grands vassaux qui restaient unis dans leur rébellion, malgré la mort inopinée de leur chef. Il essaya cependant de se créer des intelligences parmi ses adversaires, espérant que leur obstination se trouverait peut-être brisée par la difficulté de remplacer Robert. Il envoya des messagers à Herbert, à Séulf et à quelques autres seigneurs pour les engager à le reconnaître de nouveau comme suzerain. Peine perdue. Les rebelles inébranlables persévérèrent dans leur ligue contre le Carolingien. Ils appelèrent à leur aide le duc de Bourgogne, Raoul, qui se décida à revenir en «France» à la tête d'une puissante armée (fin juillet).
Charles abandonné de ses plus puissants vassaux du nord, se tourna vers ses nouveaux sujets, les seuls qui parussent lui demeurer fidèles, les Normands. Il envoya des messages jusqu'à Rögnvald, qui dominait sur l'estuaire de la Loire. Les pirates se montrèrent immédiatement prêts à saisir un si beau prétexte pour recommencer leurs incursions et piller tout le plat pays.
Afin de les arrêter dès le début et de les empêcher d'opérer leur jonction avec Charles et les Lorrains, les grands vassaux vinrent s'établir sur les bords de l'Oise. Charles n'eut plus qu'à se retirer au delà de la Meuse[50]. Les rebelles profitèrent de cette nouvelle absence, comme l'année précédente, pour élire un roi de leur choix. On pouvait hésiter entre Hugues, fils du roi Robert et neveu du roi Eudes, Herbert de Vermandois, descendant du Carolingien Bernard d'Italie, et Raoul de Bourgogne, gendre de Robert, allié aux rois de Bourgogne et de Provence. Le chroniqueur Aimoin a donné plus tard des explications évidemment inadmissibles sur les causes qui amenèrent à écarter les deux premiers candidats, mais elles aident néanmoins à discerner des raisons plus plausibles[51]. Hugues avait été jusque-là un peu éclipsé par son père et son élection eût été un retour à l'hérédité en faveur d'une nouvelle famille royale. Herbert s'était toujours montré perfide, rapace, sans aucun respect pour les principes féodaux ou religieux de son temps; enfin il était en hostilité avec Baudoin de Flandre qui avait fait assassiner son père. Raoul se recommandait à la fois par la droiture de son caractère et par la puissance matérielle dont il disposait. Il était en excellents termes avec le clergé; récemment encore les moines fugitifs de Montiérender avaient trouvé un asile auprès de lui, en Bourgogne[52]. D'autre part les grands vassaux avaient absolument besoin de s'assurer son concours, sans lequel--on l'avait vu sous Richard le Justicier--ils ne pouvaient rien entreprendre contre le Carolingien; et ses domaines étaient suffisamment éloignés pour que Hugues et Herbert n'eussent pas à en prendre ombrage ni à craindre pour leur propre sécurité. Du récit de l'historien Raoul le Chauve (_Glaber_), postérieur de près d'un siècle, on peut inférer, avec une certaine apparence de vérité, que le choix fut hésitant, surtout entre Hugues et Raoul, et que l'intervention d'Emma, femme de Raoul et soeur de Hugues, finit par amener un accord[53].
Le dimanche 13 juillet 923, Raoul fut proclamé roi à l'unanimité par les grands réunis à Soissons, et couronné aussitôt à Saint-Médard par l'archevêque de Sens, Gautier, ce «faiseur de rois», qui avait déjà consacré successivement Eudes et Robert[54].
Cependant les esprits superstitieux vivement impressionnés par la mort imprévue du «puissant marquis» Robert, sur le champ de bataille de Soissons, envisageaient cette catastrophe comme une sorte de «jugement de Dieu»[55]. L'archevêque Séulf réunit à Reims un synode des évêques de sa province, vers la fin du mois suivant (après le 27 août), pour examiner la situation. Les évêques de Cambrai, Laon, Noyon, Senlis et Soissons y assistèrent en personne. Il fut décidé qu'une pénitence générale serait imposée à tous ceux qui avaient pris part au combat impie où les deux rois s'étaient trouvés en présence. La pénitence devait durer trois ans. Pendant le premier carême, ils devaient s'abstenir d'entrer à l'église. Les vendredis, toute l'année, et, en outre, pendant le carême et les semaines précédant la Saint-Jean et la Noël, les lundis et mercredis, un jeûne très rigoureux (au pain, à l'eau et au sel) leur fut imposé[56]. Que ces prescriptions sévères n'aient pas été observées à la lettre, surtout par les seigneurs qui, sous prétexte de maladie ou de service d'ost, pouvaient s'en faire dispenser moyennant des aumônes, cela n'est point douteux; mais il n'en est pas moins vrai que ces mesures prises par le haut clergé du nord, pour fragiles qu'elles nous paraissent, sont curieuses à enregistrer, parce qu'elles décèlent la préoccupation bien nette d'empêcher une nouvelle guerre civile et le désir d'assurer pour l'instant le pouvoir à l'usurpateur Raoul, tout en laissant régner en paix le roi Charles sur ses provinces demeurées fidèles.
Une telle solution était bien difficile a obtenir avec le caractère du Carolingien et la turbulence des grands vassaux, sans cesse prêts à saisir la moindre occasion pour augmenter leur puissance aux dépens de leurs voisins.
L'élection de Raoul était l'oeuvre d'un parti peu nombreux. Les grands vassaux ecclésiastiques de France et même de Bourgogne suivaient à contre-coeur la détermination de leurs suzerains immédiats. La Normandie, la Bretagne et surtout l'Aquitaine restèrent théoriquement soumises à Charles, sans toutefois prendre les armes pour défendre sa cause. En Lorraine, le duc Gilbert se tenait sur la plus grande réserve: seul le comte Boson osa se déclarer pour Raoul, son frère. Quelques-uns des diplômes délivrés par Charles sont accordés à Guy de Girone qui se trouvait auprès de lui, en Rémois, au moment le plus critique de la guerre civile[57]. Ainsi la Marche d'Espagne restait fermement attachée au descendant de Charlemagne[58].
En réalité, sous le dévoûment apparent des grands vassaux du midi au roi Charles se cachait un profond sentiment d'égoïsme: tout en se donnant les allures de défenseurs de la légitimité dynastique méconnue,--en faveur de laquelle, du reste, ils se gardaient bien d'intervenir effectivement,--ils saisissaient l'occasion favorable pour fortifier et développer leur autonomie naissante. C'était la tactique habituelle des seigneurs méridionaux, dont plusieurs auraient été cependant de force à se mesurer avec un Herbert ou un Raoul. En dépit de leur prétendu loyalisme, ils avaient longtemps refusé de reconnaître Charles après la mort d'Eudes; ils agirent encore de même, plus tard, vis-à-vis de Louis d'Outre-Mer et de Lothaire, sans souci de la question de légitimité.
Les documents diplomatiques conservés permettent, par leurs dates, de donner un peu de précision à l'époque où Raoul fut reconnu dans les différentes régions de la France.
En Bourgogne, la reconnaissance eut lieu immédiatement. Dès le mois de novembre, l'évêque d'Autun Anselme fait une donation à son église «pour l'âme du roi Raoul», et le roi intervient dans l'acte afin de l'approuver et d'en fortifier l'autorité[59]. Il existe bien des lacunes dans la série des chartes de l'abbaye de Cluny qui concernent surtout les comtés de Mâcon, Châlon et Autun: ce n'est qu'en 924 que commence la série des actes datés de l'an du règne de Raoul. Cette série s'étend de la 2e à la 13e année[60]. Sens, dont l'archevêque Gautier avait couronné Raoul, dut être une des cités les plus favorables au nouveau roi. Il en fut probablement de même pour Dijon et Auxerre, leurs vicomtes étant en relations étroites avec la famille ducale[61].
Beaucoup de Lorrains prêtèrent, comme Boson, l'hommage à Raoul, dans l'automne de l'année 923. On le sait expressément pour Metz et Verdun. Toutefois le duc Gilbert et l'archevêque de Trèves Roger refusèrent de faire leur soumission[62].
L'archevêché de Reims était entièrement tombé sous la domination d'Herbert de Vermandois, qui empêcha Séulf de répondre aux démarches que Charles essaya de faire auprès de lui[63]. La province de Reims, le Vermandois, Amiens, Troyes, les comtés de Brie et de Provins reconnurent donc Raoul; le comte de Laon, Roger, et l'évêque de Soissons, Abbon, l'ancien chancelier de Robert, se rallièrent aussi à lui[64].
Les habitants des vastes domaines du «marquis» Hugues furent assurément des premiers à accepter le nouveau souverain. A Tours, par exemple, dès le 18 décembre 923, on datait des années du règne de Raoul[65]. Pour Chartres, il existe un acte de la 8e année de Raoul[66]; pour Saint-Benoît-sur-Loire, des chartes de la 2e et de la 10e année de Raoul[67]; pour Angers une charte privée de la 2e année et une donation du comte Foulques, de la 7e année[68]; pour Blois, nous possédons un diplôme de Raoul lui-même de l'année 924, délivré à Laon, sur la requête du comte «palatin» Thibaud[69]; enfin pour Paris une charte du vicomte Thion datée de la 3e année[70].
Les Normands demeurèrent fidèles au Carolingien: nous le savons par l'hostilité qu'ils déployèrent contre Raoul. Mais il ne subsiste aucune charte qui nous le confirme. La Bretagne en pleine anarchie subissait leur influence. Le cartulaire de Redon, si riche en actes du IXe siècle, ne fournit malheureusement aucune date intéressante pour le début du Xe siècle.
En Berry, nous avons déjà eu l'occasion d'en toucher un mot à propos de la prise de Bourges, Raoul dut être reconnu presque aussitôt, et Guillaume d'Aquitaine qui fit défection au début finit, on le verra, par se soumettre.
Le Poitou paraît être resté fidèle à Charles, d'après certains documents[71]; il y existe cependant des actes datés des années du règne de Raoul depuis la 1ère et la 3e jusqu'à la 11e[72] et l'évêque de Poitiers, Frotier II, s'assura de l'assentiment de Raoul en même temps que de celui de Guillaume Tête d'Étoupe, pour donner tous ses biens à l'abbaye de Saint-Cyprien[73]. Le Limousin hésite comme le Poitou dont il dépendait[74]. Vers 930 le vicomte de Turenne Adémar fit approuver son testament par le roi Raoul[75].
A Tulle, au contraire, on reconnut immédiatement le roi Raoul qui fut appelé, plusieurs fois à intervenir dans les réformes de l'abbaye Saint-Martin[76]. Les chartes sont échelonnées entre la 6e et la 13e année: elles ont donc bien 923 comme point de départ[77]. Dans le cartulaire de Beaulieu, les derniers actes de l'époque de Raoul sont datés de sa 10e année de règne[78]. Une charte de 932 (indiction 5) porte la 7e année du règne, ce qui nous ramène pour le début à l'année 925 ou 926. Il en est de même en Quercy, où une charte du vicomte de Cahors, Frotard, pour Aurillac, datée de 930, porte la 7e année du règne. Mais les chartes de l'abbaye de Moissac, allant jusqu'à la 11e année du règne, amènent à supposer un point de départ antérieur à 926[79]. Cela nous prouve qu'il y eut bien des erreurs dans ces calculs d'années, et on peut se demander si parfois on ne prenait pas l'an réel du règne, compté depuis l'élection ou le couronnement, sans tenir compte de la date de reconnaissance dans la région. Le duc d'Aquitaine Guillaume portait aussi le titre de comte d'Auvergne, et son frère Affré ou Effroi (_Acfredus_) était avoué de la célèbre abbaye de Brioude: tous deux furent des adversaires acharnés de Raoul. Quelques chartes gardent de curieuses traces de cet état d'esprit: le nom de Charles y est cité comme celui du roi légitime, tandis que Raoul est flétri comme usurpateur. Les actes de Brioude montrent que Raoul ne fut reconnu partout dans la région qu'entre décembre 926 et octobre 927[80].
A côté des pièces où Raoul est si malmené, la plupart des autres portent les dates de son règne et la série s'étend depuis juillet de la 1re année jusqu'en octobre de la 13e[81].
Les comtés de Velay et de Gévaudan dépendant de l'Auvergne suivirent la politique du duc d'Aquitaine.
Tels sont les pays où l'on ne fit pas une opposition systématique à Raoul, et où, sauf exceptions, on le reconnut avant même la mort du roi Charles. Dans le reste du royaume on persista à considérer le règne de Charles comme se poursuivant, et on continua même après sa mort, à compter les années de son règne: ainsi dans la Marche d'Espagne[82].
En Languedoc, le comte de Toulouse, Raimond-Pons, son frère Ermengaud, comte de Rouergue, et en Gascogne Loup Aznar ne firent leur soumission qu'en 932. De nombreuses chartes de Narbonne, Elne, Béziers, Nîmes, Rodez, Vabres et Conques constatent l'interrègne[83].
L'attitude des petits vassaux dont les fiefs secondaires n'ont pas été cités, faute de textes, dut se régler sur celle de leurs suzerains immédiats ou de leurs voisins puissants, autour desquels ils gravitaient.
Raoul devenu roi n'investit personne des fonctions de duc en Bourgogne. Il s'occupa toujours lui-même de ses domaines personnels, de son duché et de ses comtés d'Autun, d'Avallon et de Lassois[84]. C'était là qu'il trouvait le plus solide point d'appui de son pouvoir, car la royauté n'était plus guère qu'une ombre de souveraineté. Le domaine royal que Raoul avait recueilli était extrêmement restreint: quelques résidences dans le nord, comme Compiègne et Attigny, avec les palais de Laon et de Reims. Des biens du fisc il semble qu'il ne restait presque plus rien[85]. Aussi les ressources de Raoul furent-elles principalement dans son duché, et ses sujets bourguignons formèrent-ils toujours le noyau de son armée, que les contingents des grands vassaux venaient très irrégulièrement encadrer. Enfin c'est en Bourgogne qu'il séjourna de préférence quand la tâche compliquée et astreignante qui lui incombait le lui permit, et c'est là naturellement qu'il se rendit tout d'abord de Soissons, aussitôt après son sacre[86].
FOOTNOTES:
[Footnote 36: Nous employons ici ce terme dans son sens territorial restreint. Ainsi entendu, il désigne la _Francia_, au nord de la Seine, plus les domaines propres du _dux Francorum_ compris entre Seine et Loire. Cf. Favre, _Eudes_, p. 228, et surtout Pfister, _Études sur le règne de Robert le Pieux (Bibl. de l'École des hautes-études_, fasc. 64, 1885), p. 131 et suiv.; P. Viollet, _Hist. des instit. polit. et admin. de la France_, I, p. 456.]
[Footnote 37: _Ann. Bertin._, a. 862; Réginon, _Chron._ a. 878; Flodoard, _Hist. eccl. Rem._, III, 19; Eckel, P. 1-2.]
[Footnote 38: Eckel, p. 85.]
[Footnote 39: Flod., _Ann_., a. 920: «quem de mediocribus potentem fecerat [Karolus]»; _Hist. eccl. Rem_., IV, 15; Richer, 1, 15.]
[Footnote 40: Flod., _Ann_., a. 920.]
[Footnote 41: Il fut inhumé le 1er septembre à Sainte-Colombe de Sens, en la chapelle de Saint-Symphorien. _Ann. S. Benigni Divion. (M.G.h., Scr._, V, 40); _Hist. Francor. Senon._ (ibid., IX, 366); _Ann. S. Columbae Senon._ (ibid., I, 104); _Chron. S. Petri Vivi Senon._ (Duru, _Bibl. hist. de l'Yonne_, II, 481); _Chron. S. Maxentii_, éd. Marchegay et Mabille, _Chron. des églises d'Anjou_, p. 375; Flod., _Ann._, a. 921.]
[Footnote 42: Seine-et-Marne, arr. de Meaux, cant. de Lagny.]
[Footnote 43: Flod., _Ann._, a. 922. Rohaut ne mourut que le 22 mars 925. Cf. _Obituaires de la province de Sens_, éd. A. Molinier et Longnon (_Recueil des historiens de France_, in-4), t. I, pp. xx, 254, 312 et 345.]
[Footnote 44: Flod., _loc. cit._]
[Footnote 45: Flod., _Ann._, a. 922; _Hist. Francor. Senon., Ann. S. Columbae Senon., Ann. S. Germani Parisiens., Ann. Lobienses, Ann. Masciacenses (M.G.h., Scr._, IX, 366; I, 104; III, 167; XIII, 233; III, 170); Adémar de Chabannes (_Chron._, III, 22, texte du ms. C², éd. Chavanon, p. 142) décrit la scène d'abandon du roi selon la forme «par jet de fétu». Richer (_Hist._, I, 40-41) prête un rôle important en cette circonstance à Gilbert. Cf. A. Luchaire, _Hist. des instit. monarchiques_, 2e éd., I, p. 8; Fustel de Coulanges, _Hist. des instit. polit. de la France. Les transformations de la royauté pendant l'époque carolingienne_, p. 700.]
[Footnote 46: Flod., ibid. et _Hist. eccl. Rem._, IV, 17,]
[Footnote 47: Flod., _loc. cit._]
[Footnote 48: Flod., _Ann._, a. 923]
[Footnote 49: Flodoard (_Ann._, a. 923), Richer (_Hist._, I, 45 et 46) et Folcuin (_Gesta abbat. Sith._, c. 109, _M.G.h., Scr._, XIII, 625) fournissent les détails du récit. La date est donnée par les sources suivantes: _Ann. S. Columbae Senon.; Hist. Francor. Senon.; Ann. S. Benigni Divion._, a. 922 (_M.G.h., Scr._, I, 104; IX,: 366; V, 40); _Necrol. Autissiodor_. (_Mém. concernant l'hist. d'Auxerre_, II, pr., p. 252); _Necrolog. beati Martini Turon_. (éd. Nobilleau, Tours, 1875, p. 25).--Hugues de Flavigny, _Chron. Virdun._, a. 923, et Hugues de Fleury, _Modernorum Francor. reg. actus_, c. 3 (_M.G.h., Scr._, VIII, 358, IX, 381), dérivent de Flodoard. Voy. aussi par ordre d'intérêt: _Miracula S. Benedicti_, I. II, c. 3; _Genealogiae Fasniacenses; Ann. S. Quintini Verom.; Ann. Lobienses_ («Dei juditio Rothbertus Occubuit»); _Ann. Prum._ (id.); _Ann. S. Maximi Treverensis_, a. 923; _Ann. Virdun._, a. 1001; _Ann. Laubienses et Leodienses_, a. 921; _Ann. Musciacenses_, a. 922 («rebellavit Rotbertus»); _Ann. S. Medardi Suession._, a. 922; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h., Scr._, IX, 375, XIII, 253, XVI, 507, XIII, 233, XV, 1292, IV, 6-8, 16, III, 170, XXVI, 320, 11, 254) et Widukind, I, 30 (éd. Waitz, p. 23) qui n'apportent aucun détail; Adémar de Chabannes (texte du ms. C), III, 22 (éd. Chavanon, p. 142) mentionne l'anecdote du comte Foubert, _signifier_ royal; le _Conlin. Reginon._, a. 922 (éd. Kurze, p. 156), fait périr Robert de la main de Charles; Odoran, _Chron._, a. 922 (_Recueil des historiens de France_, VIII, 237), n'ajoute rien aux autres sources sénonaises citées; Rodulf. Glab., 1, c. 2. §6 et III, c. 9, §39 (éd. Prou, p. 8 et 88), fait mourir Robert dans une bataille livrée aux Saxons. Richer, avec son exagération habituelle, prétend que plus de 18.000 combattants restèrent sur le champ de bataille. Sur le caractère légendaire des récits de la bataille de Soissons, voy. Kalckstein, _op. cit._, p. 482 (Excurs IV) et _Louis d'Outre-Mer_, p. 295.]
[Footnote 50: Flod., _Ann._, a. 923.]
[Footnote 51: Aimoin, _Miracula S. Rened._, II, 3 (éd. de Certain, P. 99).]
[Footnote 52: _Liber de diversis casibus coenobii Dervensis_ (_Acta sanctor. ord. S. Bened._, saec. II, p. 846).]
[Footnote 53: Rodulf. Glab., _Hist._, I, 2 (éd. M. Prou, p. 7-8).]
[Footnote 54: Flod., _Ann._, a. 923; _Ann. S. Medardi Suession._, a. 922; _Ann. S. Columb. Senon._, a. 923; _Hist. Francor. Senon._, a. 922; Folcuin, _Gesta abbat. Sith._, c. 101 (_M.G.h., Scr._, XIII, 623); _Ann. Blandin._, a. 925; _Ann. Floriac._, a. 917 (_M.G.h., Scr._, II, 24, II, 254). Cf. les sources angevines: _Ann. Vindocia._, a. 921; Rainald. Andegav. _Ann._, a. 921; _Ann. S. Florentii_, a. 920 (éd. Halphen, _Recueil d'annales angevines_, pp. 57, 84, 115). _Ann. Nivernenses_, a. 924 (_M.G.h., Scr._, XIII, 89). Voy. aussi Godefroy, _Cérémonial_ (2e éd.), t. 1, p. 413, et A. Luchaire, _Hist. des instit. monarchiques_, I, p.11.]
[Footnote 55: Même dans les _Miracles de saint Benoît_, écrits au coeur des possessions patrimoniales de Robert, on voit sa conduite à l'égard de Charles qualifiée de «nefaria temeritas» et même de «perfidia» (Lib. II, c. 3, éd. de Certain, p. 99). Le Continuateur de Réginon (_Chron._, a. 922, éd. Kurze, p. 457) s'exprime aussi en ces termes: «Karolus tamen ori _sacrilego_ Ruodberti ita lancea infixit, ut diffissa lingua cervicis posteriora penetraret.»]
[Footnote 56: _Concil. Rem._ (_Recueil des historiens de France_, IX, 324).]
[Footnote 57: _Recueil des historiens de France_, IX, 554-556, n° 87-89; _Marca Hispanica_, append., col, 842 et 843; _Hist. de Languedoc_, nouv. éd., V, p. 143, n° 46.]
[Footnote 58: Nous n'avons pas ici à retracer les tableaux de géographie historique féodale qu'on trouvera dans Eckel, p. 32 et suiv., Poster, _Robert le Pieux_, p. 130, Lot, _Fidèles ou vassaux_, passim, et, du même, _Études sur le règne de Hugues Capet_, p. 187 et suiv.]
[Footnote 59: _Gallia christiana_, XII, _instr._, col. 485: «praedicto rege Rodulpho laudante et omni sua auctoritate corroborante».]
[Footnote 60: _Recueil des chartes de Cluny_, I (Paris, 1876), nos 231, 233 à 236, etc. Le n° 232 mentionne Robert comme roi, et le no 243 (juin 924) Charles le Simple. cf. aussi _Cartulaire de Saint-Vincent de Mâcon_ (Mâcon, 1864), I, no, 8, 38, 310, 314, 480, 496, 501, et les diplômes de Raoul pour Autun, Châlon et Langres (_Recueil des historiens de France_, IX, 562-565, 569).]
[Footnote 61: _Vita S. Vicentii_ (_Recueil des historiens de France_, IX, 131; _Acta Sanctor. Boll., Januar. 1_, P. 813); Duchesne, _Hist. généal. de la maison de Vergy_, I, P. 40.]
[Footnote 62: Flod., _Ann._, a. 923.]
[Footnote 63: Flod., ibid.]
[Footnote 64: Flod., _Ann._, a. 927.]
[Footnote 65: Mabille, _La pancarte noire de Saint-Martin de Tours_ (Paris, 1866), n° 129.]
[Footnote 66: _Cartulaire de Saint-Père de Chartres_, I, n° 3.]
[Footnote 67: _Recueil des chartes de Saint-Benoît-sur-Loire_, publ. par M. Prou et Vidier (Paris, 1900) n° XL, XLI et XLII.]
[Footnote 68: _Cartulaire de Saint-Aubin d'Angers_ publ. par Bertrand de Broussillon (_Doc. hist. sur l'Anjou_, I, 1903), n° XXXVI et CLXXVII; _Cartulaire noir de la cathédrale d'Angers_, publ. par le chanoine Urseau (ibid., V, 1908), n° 33.]