Part 36
En effet, on dit que du côté de l’orient il débarqua peu de monde dans ce pays, mais que du côté de l’occident il en vint beaucoup. A l’aide de cette syllabe, ils entendaient ou peu ou beaucoup, au levant ou au couchant; mais quoi qu’il en soit du peu d’un côté, et du beaucoup de l’autre, quelles que soient encore les nations arrivées alors, je remets le lecteur qui en voudra savoir davantage, au père Torquemada dans son _Histoire indienne_[9], où il verra que les Mexicains sortirent du Nouveau-Mexique, d’où ils vinrent par ici. Or, comme l’île espagnole se peupla de Carthaginois, et que de ceux-ci se peupla aussi Cuba, et ensuite cette contrée (car eux seuls furent en état de construire de si somptueux édifices et de s’assujettir les nations), les communications venant à manquer avec Carthage, ces populations, avec le temps et le climat, se changèrent en des gens rudes et barbares[10].
4. Il existe, dans cette ville d’Ytzamal, cinq pyramides sacrées ou collines très-élevées, entièrement édifiées de pierre sèche, avec leurs soutiens et contreforts, au moyen desquels la pierre se dresse jusqu’en haut; mais on ne voit aucun édifice en son entier aujourd’hui, quoiqu’il y ait des traces et des vestiges de ce qu’ils étaient, dans l’un d’entre eux qui se trouve du côté du midi. Les anciens avaient une idole qui était parmi eux la plus renommée, appelée _Ytzmat-ul_, ce qui signifie «celui qui reçoit et possède la grâce ou la rosée, ou la substance du ciel.» Cette idole n’avait pas d’autre nom, ou du moins on ne lui en donnait aucun; mais on ajoute que c’était un roi puissant dans cette région, à qui on obéissait comme au fils des dieux[11]. Quand on lui demandait comment il se nommait, qui il était, il ne répondait que par ces paroles: _Ytzen caan, ytzen muyal_, ce qui voulait dire: «Je suis la rosée ou la substance du ciel et des nuages.»
Ce roi étant mort, on lui érigea des autels, il fut un oracle, et on verra plus loin comment et pourquoi on lui éleva un autre temple. Au temps où ce roi-dieu vivait, les peuples venaient le consulter sur les choses à venir, des contrées les plus lointaines; et il le leur disait, ainsi que d’autres choses futures. On lui portait aussi les morts, et on disait qu’il les ressuscitait et qu’il guérissait les malades: c’est pourquoi on avait pour lui une grande vénération, et non sans raison, s’il eût été avéré qu’il fût le dieu véritable, qui seul peut donner la vie aux morts et la santé aux malades; ce qui est impossible de la part d’un gentil ou d’un démon, Dieu seul pouvant le faire, puisqu’il est le maître de la vie et de la mort. Mais ces peuples le croyaient ainsi, et ils ne connaissaient point d’autre dieu, et c’est à cause de cela qu’ils disaient qu’il ressuscitait et guérissait.
Ces mêmes Indiens érigèrent encore un autre autel avec un temple, durant la gentilité, à cet _Ytzmat-ul_, leur roi ou leur faux dieu: ils y mirent la figure d’une main qui était là pour le leur rappeler à la mémoire; car ils disent que c’était là qu’ils lui portaient leurs morts et leurs malades, et qu’il les ressuscitait et les guérissait, en les touchant de la main. Ce temple était celui qui est du côté du couchant, et il s’appelle et se nomme _Kab-ul_, ce qui signifie «la Main opératrice.» Là ils offraient des aumônes considérables et portaient des présents; on y venait de toutes parts en pèlerinage; c’est pourquoi ils avaient fait aux quatre vents quatre routes ou chaussées qui s’étendaient à toutes les extrémités du pays, allant jusqu’à la terre de Tabasco, de Guatémala et de Chiapa, de quoi l’on voit encore aujourd’hui des restes et des vestiges en beaucoup d’endroits. Tel était le concours de monde qui accourait à ces oracles d’Ytzmat-ul et de Kab-ul pour qui on avait fait ces routes[12]. Une autre pyramide ou colline sacrée existait du côté du nord, et c’est aujourd’hui la plus élevée: elle s’appelait _Kinich-Kakmó_, parce que à sa cime se trouvait un temple avec une idole qui s’appelait de ce nom, ce qui signifie dans notre langue «Soleil avec visage aux rayons de feu,» lequel descendait à midi pour brûler le sacrifice, de la même manière que descend en volant l’Ara aux plumes de couleurs diverses[13].
On avait beaucoup de respect pour ce dieu ou cette idole; car on disait que lorsqu’il y avait de la mortalité, des pestes ou autres calamités publiques, tout le monde s’adressait à lui, hommes et femmes, portant un grand nombre de présents, qu’ils offraient, et qu’à la vue de tous, un feu descendait (comme je l’ai dit) à l’heure de midi, et consumait le sacrifice[14]. Alors le prêtre leur disait ce qui devait arriver au sujet de ce qu’ils désiraient savoir, des maladies, de la famine ou de la mortalité, et suivant ces choses, ils demeuraient instruits du bien ou du mal à venir, quoiqu’il leur arrivât quelquefois le contraire de ce qu’on leur avait annoncé.
Il y avait une autre pyramide, nommée encore aujourd’hui par les naturels, _Ppapp-Hol-Chac_, qui est la même où est fondé actuellement le couvent de notre père saint François, et ce nom signifie en castillan «Maison des Têtes et des Éclairs[15]»: car c’était là que demeuraient les prêtres des dieux, où on les respectait et tenait pour seigneurs, d’où ils châtiaient et récompensaient, où on les servait avec l’obéissance la plus entière; c’était de là qu’ils déclaraient leurs oracles, auxquels on croyait avec une foi absolue, rien ne pouvant sortir de leur bouche qui ne fût croyable au dernier degré. En opposition à ces choses, les prêtres s’intitulaient et s’intitulent encore aujourd’hui, dans la langue de Maya, _Ahkin_, mot qui vient de _Kinyah_, qui signifie «jeter au sort ou tirer des présages.» Or, comme les prêtres d’autrefois les tiraient dans leurs sacrifices, lorsqu’ils voulaient savoir ou déclarer les choses qu’on leur demandait, on les appelait _Alakin_[16], et actuellement au prêtre du Christ, les Mayas disent dans leur langue _Ahkin_, de la même manière qu’anciennement ils disaient à ceux de leurs faux dieux.
Une autre pyramide était la maison et la demeure d’un grand capitaine nommé _Hunpictok_, qui est située entre le midi et le couchant. Le nom de ce capitaine signifie en castillan, le «capitaine qui a une armée de huit mille silex»[17], parce que c’étaient là les pointes des lances et des flèches avec lesquelles ils combattaient dans les guerres; sa charge était la principale, cette armée servant à tenir les vassaux dans la soumission, et à les obliger à maintenir le roi ou le dieu, ainsi que les prêtres[18], comme à défendre les sujets de ce royaume, et à garder leurs temples. Tels étaient les oracles les plus renommés d’Ytzmat-ul, ou Ytzamal, ainsi qu’on l’appelle aujourd’hui.
NOTES
[1] Voici le titre de ce livre, aujourd’hui si rare, tel que je l’ai trouvé dans Pinelo: _Devocionario de Nuestra Señora de Itzmal, Historia de Yucatan i conquista espiritual_, 1663.
[2] Il est douteux que la puissance de Montézuma se fit sentir au delà de la lagune de Terminos; mais l’auteur, ainsi que Landa, comprenant Tabasco dans les limites du Yucatan, on peut dire que sous ce rapport il avait raison. Les documents existants donnent tous à penser que les princes de la Péninsule étaient parfaitement indépendants.
[3] Il est fort douteux également que les Mayas eussent des étoffes de laine, quoiqu’ils en fabriquassent qui pussent à première vue passer pour telles.
[4] C’est à cause de ces élévations pyramidales que l’auteur donne aux monuments d’Izamal le nom d’_Omul_, dans le titre de ce chapitre. Voir Landa, §, note.
[5] Stephens, en plusieurs endroits de son ouvrage, parle de ces linteaux en bois, sculptés d’ordinaire, et qu’il trouva dans un état parfait de conservation. (_Incidents of travel in Yucatan_, vol. I, chap. 8, etc.)
[6] Il ne paraît pas qu’il en fût de même pour toutes les provinces du Yucatan. Voici ce qu’écrit, d’abord en parlant de Cozumel, l’aumônier de la flotte de Grijalva: «Nous entrâmes dans le village dont toutes les maisons étaient bâties en pierres. On en voyait entre autres cinq fort bien faites et dominées par des tourelles. La base de ces édifices est très-large et massive; la construction est très-petite dans le haut; ils paraissent être bâtis depuis longtemps, mais il y en avait aussi de modernes..... Ce village ou bourg était _pavé en pierres concaves_; les rues élevées sur les côtes descendaient en pente dans le milieu, qui était _pavé entièrement de grandes pierres_. Les côtés étaient occupés par les maisons des habitants; elles sont construites en pierres depuis les fondations jusqu’à la moitié de la hauteur des murailles et couvertes en paille. A en juger par les édifices et les maisons, ces Indiens sont très-ingénieux: si l’on n’avait pas vu plusieurs constructions récentes, on aurait pensé que ces bâtiments étaient l’ouvrage des Espagnols.» (_Itinéraire du voyage de la flotte du roi catholique à l’île de Yucatan dans l’Inde, fait en l’an 1518_, etc. Trad. Ternaux. Recueil de pièces relatives à la conquête du Mexique.) Dans le même document, l’auteur parle de villes sur la côte du Yucatan, d’une aussi belle apparence que Séville, etc.
[7] Autrefois les Mayas disaient _Itzmat-Ul_; aujourd’hui on appelle cette ville purement _Izamal_, quoique je trouve le mot fréquemment écrit _Itzmal_, qui paraît en être la vraie prononciation.
[8] Ces paroles prouvent que malgré les auto-da-fé de Landa, il était resté de ces livres au temps de Lizana, qui écrivait en l’an 1626. Ils existèrent d’ailleurs chez les Itzas du Peten jusqu’à l’époque de la destruction de ce peuple, en 1697, le dernier qui fût demeuré en corps de nation dans l’Amérique centrale. Il est probable même qu’on en trouverait encore parmi les Lacandons avec qui se mêlèrent les derniers restes des Itzas, qui refusèrent de se soumettre aux Espagnols.
[9] _La Monarquia Indiana._
[10] Ceci est tout simplement une hypothèse du père Lizana. Il parait certain, toutefois, que l’île Espagnole ou Haïti, aussi bien que Cuba, furent anciennement habitées par des nations analogues à celles de Yucatan, avec qui ces îles furent toujours en relation. On trouve dans les montagnes de Cuba, dans l’intérieur de Haïti, et même de la Jamaïque, des débris de constructions cyclopéennes et des rochers sculptés, où ceux qui les ont vus ont cru reconnaître des caractères du même genre que les lettres hébraïques.
[11] «Avec les populations qui vinrent du côté de l’Orient, il y eut un homme qui était comme leur prêtre, appelé _Zamná_, qui, à ce qu’ils disent, fut celui qui donna les noms par lesquels on distingue aujourd’hui, dans leur langue, tous les ports de mer, les pointes de terre, les estuaires, les côtes et tous les parages, sites, montagnes et autres lieux de ce pays, que, certes, c’est une chose admirable, s’il en fut ainsi, qu’un tel partage de toute la terre où tout avait son nom, au point qu’il y a à peine un pouce de terrain qui ne l’ait dans leur langue.» (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 3.) Ailleurs cet auteur ajoute: «Les Indiens de Yucatan croyaient qu’il y avait un Dieu unique, vivant et véritable, qu’ils disaient être le plus grand des dieux, qui n’avait point de figure et ne pouvait se représenter, parce qu’il était incorporel. Ils l’appelaient _Hunab-Ku_ (seul saint).... Ils disaient que de lui procédaient toutes choses...... et qu’il avait un fils, qu’ils nommaient _Hun Ytzamna_ ou _Yax-Coc-Ahmut_.» (_Id. ibid._, cap. 6.) Quant à ce fils du Dieu unique, qu’ils reconnaissaient avoir, comme je l’ai dit, et qu’ils appelaient _Ytzamna_, je tiens pour certain que c’était l’homme qui le premier parmi eux inventa les caractères qui servaient de lettres aux Indiens, parce que celui-ci aussi ils l’appelaient _Ytzamna_ et l’adoraient comme un dieu...... (_Id. ibid._, cap. 8.)
[12] Voir encore au § XLII, etc., ainsi que la note 2, page 352, de ce chapitre, à propos des rues pavées de grandes pierres.
[13] J’ai déjà dit que ce nom, écrit ailleurs _Kinich-Kakmó_, signifie plus littéralement «visage ou œil du soleil de l’ara de feu.»
[14] L’ara est un symbole du soleil dans des parties fort distinctes de l’Amérique, où il parait être opposé à celui du serpent, Lizana ajoute ailleurs à ce sujet: «.... Quant à ses rayons (ceux du soleil), quelques poëtes les appellent des cheveux ou des plumes dorées, d’où il semble y avoir une allusion à ce que disaient ces naturels des rayons du soleil, en adorant les plumes, aux couleurs variées de l’ara, comme aussi en faisant consumer leurs offrandes; je crois donc qu’ils symbolisaient par là l’embrasement des bois et le desséchement de la verdure, occasionnés par sa chaleur et ses rayons, puisque c’était pour eux le seul moyen de les brûler, afin d’ensemencer ensuite, cela étant l’unique charrue à leur service; n’en pouvant user d’autre que le feu, la terre n’offrant que de la pierre en tous lieux.» (Hist. de Nª. Sª. Ytzamal, cap. 10.) En effet, dans cette contrée comme dans beaucoup d’autres, quand les Indiens veulent préparer leurs semailles, ils mettent tout simplement le feu au bois et aux broussailles, sèment entre les cendres après la première pluie et laissent à l’incomparable fertilité du climat le soin de faire le reste.
[15] Cogolludo, rapportant l’idée de Lizana, dit que ces mots sont métaphoriques et doivent s’entendre par «Maison des prêtres des dieux.» Je crois que ni l’un ni l’autre n’a réfléchi au nom de _Chac_, qui, suivant Landa, était celui des dieux de l’orage, de la pluie et conséquemment des moissons, ce mot ayant le sens d’_éclair_ ou de _tonnerre_. Le mot _hol_ signifie tête ou chef, dans l’idée de principal, et doit se joindre à _chac_, ce qui donne au nom de ce temple le sens complet de Maison du Dieu principal des éclairs, et conséquemment de la pluie. Ce devait être le temple correspondant à celui de _Tlaloc_, au Mexique, dieu des orages et des moissons, représenté lançant la foudre. (Torquemada, _Monarq. Ind._, lib. VI, cap. 23.)
[16] _Alakin_ me paraît être une faute d’impression qui doit se corriger par _ahkin_.
[17] _Hunpic_ est la même mesure ou nombre, appelé en langue nahuatl _xiquipilli_, représenté par un sac de 8,000 noix de cacao. _Tok_ est le silex. Cette divinité paraît être la même que le _Tihax_ des Quichés et Cakchiquels, le _Tecpatl_ des Mexicains, la lance ou la flèche, adorée par un grand nombre de populations, entre autres par la plupart des nations chichimiques du Mexique.
[18] Dans le _Livre sacré_ (Popol Vuh) et dans le _Codex Chimalpopoca_, il est fait plus d’une fois allusion, lors de la création de l’homme (du noble, du guerrier), à ce qu’il doit être, le soutien, le nourricier des dieux. Le _Manuscrit Cakchiquel_ donne, à ce sujet, une tradition fort remarquable; on y voit clairement la création de la noblesse guerrière, faite uniquement dans le but de soutenir le sacerdoce: «Ici _Hunpictok_, la noblesse guerrière est figurée sous le nom de _Chay-Abah_, l’Obsidienne: Chay-Abah est sorti de Xibalbay, du riche et du puissant Xibalbay. L’homme (le guerrier) est l’œuvre de son créateur et formateur, et celui qui soutient le Créateur, c’est Chay-Abah.... Et l’homme ayant été créé, fut perfectionné. Treize hommes et quatorze femmes furent ainsi faits... Ils se marièrent, et deux femmes furent les épouses d’un seul. C’est pourquoi l’homme commença à s’unir, l’homme supérieur (ou des temps antiques?)...... Ils eurent des filles et des fils, et ce fut là la première humanité. Ainsi se fit cette race, ainsi fut formé Chay-Abah qui protège l’entrée de Tullan (le premier royaume nahuatl) où nous étions. Ensemble sont les Zotzils qui ferment l’entrée de Tullan, où nous vînmes à être engendrés et mis au monde...» _Zotzil_ ou _Zotzlem_ est le nom antique de _Cinacantlan_, ville située à l’entrée de la vallée de Ghovel au Ciudad-Real de Chiapas, chemin d’Ococingo et de Palenqué.
CRONOLOGIA ANTIGUA DE YUCATAN Y EXAMEN DEL METODO CON QUE LOS INDIOS CONTABAN EL TIEMPO, SACADA DE VARIOS DOCUMENTOS ANTIGUOS, POR DON JUAN PIO PEREZ, JEFE POLITICO DE PETO, YUCATAN.
CHRONOLOGIE ANTIQUE DU YUCATAN ET EXAMEN DE LA MÉTHODE A L’AIDE DE LAQUELLE LES INDIENS COMPUTAIENT LE TEMPS, TIRÉS DE DIVERS DOCUMENTS ANCIENS, PAR DON JUAN PIO PEREZ, CHEF POLITIQUE DE PETO, YUCATAN.
§ I.—_Origen de las Triadecatéridas._
Los indios que poblaban esta peninsula yucateca que á la llegada de los españoles se llamaba _Mayapan_ y mucho antes _Chacnouitan_, dividian el tiempo para contar y calcularlo casi del mismo modo que los tultecos sus ascendientes, diferenciandose solamente en la distinta coordinacion de sus grandes siglos.
La triadecatérida ó periodo de trece dias, resultado de sus primeras combinaciones, fué su numero sagrado en lo sucesivo, y procuraron usarlo y conservarlo ingeniosa y constantemente, sometiéndole todas las divisiones que imaginaron para concordar y arreglar sus calendarios al curso solar: asi es que dias, años y siglos fueron contados por periodos de trece partes.
Es muy probable que los indios ántes de la correccion de su computo usasen de neomenías para arreglar el curso anual del sol, señalando á cada neomenía veinte y seis dias, que es poco mas ó menos el tiempo en que la luna se deja ver sobre el orizonte en cada una de sus revoluciones. Dividieron este periodo en dos triadecatéridas que les sirvieron de semanas; señalando á la primera los trece primeros dias en que la luna nueva se dejaba ver hasta la llena; y á la segunda, los otros trece en que decreciendo se ocultaba á la simple vista.
Pasádose algun tiempo y con mejores observaciones conocieron que los veinte y seis dias ó las dos triadecatéridas no daban una lunacion completa, en que el año podia arreglarse con exactitud por lunaciones; por que las revoluciones solares no coinciden con las de la luna sino á largos espacios de tiempo. Seguros de esto y con mejores principios compusieron definitivamente su calendario, arreglandolo al curso del sol; mas conservando siempre sus triadecatéridas, no ya para concordarlas al curso aparente de la luna, sino para que les sirviesen como semanas para sus divisiones cronológicas.
§ I.—_Origine des périodes de treize jours._
Les Indiens qui peuplaient cette péninsule appelée _Mayapan_, et plus anciennement _Chacnouitan_, divisaient le temps pour le computer et le calculer, à peu près de la même manière que les Toltèques, leurs ancêtres, n’y ayant de différence que dans la coordination particulière de leurs grands cycles.
Les triadécaterides ou périodes de treize jours, résultat de leurs premières combinaisons, devinrent ensuite leur nombre sacré[1]; ils s’efforcèrent donc de s’en servir ingénieusement et de le conserver avec non moins de constance, en y subordonnant toutes les divisions qu’ils inventèrent, pour concorder et régler leurs calendriers au cours du soleil; c’est ainsi que les jours, les ans et les cycles furent computés par périodes de treize parties.
Il est fort probable qu’avant la correction de leur comput, les Indiens se servaient de néoménies, pour régler le cours annuel du soleil, assignant à chaque néoménie vingt-six jours, ce qui est un peu moins que le temps où la lune se laisse voir à l’horizon en chacune de ses révolutions. Ils partagèrent cette période en deux treizaines qui leur servaient de semaines, assignant à la première les premiers treize jours où la nouvelle lune se montrait jusqu’à ce qu’elle fût pleine, et aux seconds les autres treize, où, en décroissant, elle se cachait à la simple vue.
Avec le temps et des observations constantes, ils reconnurent que les vingt-six jours ou les deux treizaines ne donnaient pas une lunaison entière, et que l’année pouvait d’autant moins se régler par néoménies, que les révolutions solaires ne coïncident pas avec celles de la lune, excepté à de longs intervalles. En ajoutant cette connaissance à des principes plus corrects, ils finirent par mettre leur calendrier d’accord avec le cours du soleil, en conservant toujours, néanmoins, leurs périodes de treize jours, non plus pour les faire concorder avec la marche apparente de la lune, mais bien afin de s’en servir comme de semaines pour leurs divisions chronologiques.
§ II.—_Del dia y de sus divisiones._
Al dia llamaban _Kin_, es decir sol, y en esto se parecen á otras naciones que cuentan los dias por soles: lo dividian en dos partes naturales, á saber la noche y el tiempo en que aquel astro está sobre el orizonte. En este distinguian la parte que antecede al nacimiento del sol, expresándola con las palabras _hach hatzcab_, muy de mañana, ó con la de _malih-okoc kin_, antes que salga el sol, ó con la de _pot akab_ que señala la madrugada. Con la palabra _hatzcab_ designaban el tiempo que corre de la salida del sol al medio dia, á este lo llamaban _chunkin_ que es contraccion de _chumuc-kin_, centro del dia ó medio dia; aunque en la actualidad designan con esta palabra las horas que se acercan al media dia. _Tzelep-kin_ llamaban la hora en que el sol declina en el arco diurno aparentemente, esto es, á las tres de la tarde. _Oc-na-kin_ es la entrada de la noche ó puesta del sol. Para significar la tarde, dicen que cuando refresca el sol y lo espresan diciendo _cu ziztal kin_. La noche es _akab_: su mitad ó media es _chumuk-akab_, y para señalar el tanto del dia ó de la noche intermedio á los puntos dichos, señalan en el arco diurno del sol lo que este habia corrido ó correrá, y por la noche la salida ó estado de alguna estrella ó planeta conocida.
Los dias son veinte, que por lo regular se dividen de cinco en cinco, para la mejor inteligencia de las reglas que se darán despues.
Primera quinterna. Segunda. Tercera. Quarta.
Kan. Muluc. Gix (ó hix). Cauac. Chicchan. Oc. Men. Ajau (ó ahau). Quimij (ó cimij). Chuen. Quib (ó cib). Ymix. Manik. Eb. Caban. Yk. Lamat. Been. Edznab (ó Eɔnab). Akbal.
Es necesario advertir que la traducion de estos nombres no es tan facil como podia considerarse, ya porque se han anticuado, ya porque las palabras se tomaron de alguna lengua estraña; ó finalmente por que como no están en uso, y su escritura no está bien arreglada á la pronunciacion tienen varios significados sin poderse atinar él que tenian verdaderamente. 1. _Kan_, en la actualidad significa el mecate ó hilo de henequen torcido.—2. _Chicchan_, si fuera _chichan_ se entenderia pequeño, mas del modo escrito no es conocida su significacion.—3. _Cimi_: asi es el pretérito del verbo _cimil_ morirse.—4. _Manik_, es perdida su verdadera acepcion; pero si se divide la espresion _man-ik_ viento que pasa, quizá se entenderia lo que fué.—5. _Lamat_, este se ignora lo que debe significar; entre los nombres de los dias que Boturini hallo en Oaxaca se halla escrito Lambat.—6. _Muluc_, se halla igualmente entre los del referido Chiapas: aunque si es raiz del verbal _mulucbál_, pudiera entenderse por reunion á amontonamiento.—7. _Oc_ es lo que cabe en el hueco de la mano encogida, formando concha.—8. _Chuen_: antiguamente se decia para significar tabla _chuenché_; tambien hay un árbol llamado _zac chuenché_, ó chuenché blanco.—9. _Eb_, se dice por la escalera.—10. _Been_ tambien es nombre chiapaneco como los dichos anteriormente, y solo se halla en el idioma maya el verbo _beentah_ gastar con economia.—11. _Gix_ ó _Hix_ esta entre los de Chiapas; en el uso actual se encuentra el verbo _hiixtah_ bajar toda la fruta de un árbol, quitar todas las hojas de una rama; y el nombre _iixcay_ como antiguamente se escribia; que significa levisa ó lija, cuero de un pez, y la palabra _hihixci_ aspero.—12. _Men_, artifice.—13. _Quib_ ó _cib_ cera, vela ó copal.—14. _Caban_, de significacion desconocida.—15. _Edznab_ ó _Eɔnab_, del mismo modo desconocida.—16. _Cauac_, idem.—17. _Ahau_, el rey ó el periodo de 24 años.—18. _Ymix_, desconocido.—19. _Yk_, viento, aire.—20. _Akbal_ desconocido: tambien se halla entre los dias chiapanecos, escrito _Aghual_.