Part 33
[38] Qui étaient les _Izaes_, ou _Itzaex_, c’est ce qu’il est difficile de déterminer. Ils étaient maîtres de _Chichen-Itza_, lorsque les Tutul-Xius les en chassèrent au XIIIᵉ _Ahau-Katun_, c’est-à-dire vers l’an 270 de notre ère, et le document que nous publions plus loin les appelle _kuyen uinkob_, des hommes saints. Si nous pouvions hasarder ici une conjecture, nous dirions qu’ils pourraient être des restes de la grande famille des Xibalbaïdes, réfugiés dans le Yucatan, après la victoire des _Nahoas_, de la race desquels étaient les Tutul-Xius. Parlant des princes de Xibalba, le Livre Sacré les appelle _Ah-Tza_, _Ah-Tucur_, mot à mot: ceux du mal, ceux des hiboux; mais ces mots sont plutôt des dénominations anciennes de peuples, de qui ceux de _Tucurub_, dans la Vérapaz, et ceux du Peten-Itza seraient descendus. _Peten-Itza_, ou l’île des _Itzas_, dans le lac de _Tayazal_, aurait été peut-être le dernier refuge de cette antique nation, dont les Espagnols ne s’emparèrent qu’en 1697.
[39] _Cezal-couati_, c’est Quetzalcohuatl, le _c_ maya, ainsi que nous l’avons dit, devant se prononcer dur comme _q_ devant toutes les voyelles indistinctement.
[40] La question est de savoir si _Mayapan_ dut sa construction première à ce Cuculcan, et si celui-ci vint longtemps après, Zamnà qui parait, d’après les autres traditions, avoir été le premier législateur de cette contrée. Quelques indices sembleraient les faire contemporains; mais d’autres donneraient à penser que Zamnà était le chef d’une religion différente, peut-être de celle des Itzaex. Si Zamnà est plus ancien que Cuculcan, Izamal est aussi plus ancienne que Mayapan: cependant, au dire d’Ordoñez qui avait eu en sa possession des documents anciens des Tzendales, la fondation de Mayapan aurait été contemporaine de celle de _Nachan_ (Palenqué), de celle de _Tulhá_ (Ococingo) et de celle de _Copan_ (Chiquimula), et remonterait à 1000 ans environ avant l’ère chrétienne. Je laisse au docte chanoine de Ciudad Real toute la responsabilité de son assertion.
[41] Au Mexique on fait retourner Quetzalcohuatl à Tlapallan, et au Yucatan on le renvoie au Mexique. Mais il ne serait pas impossible que ce Cuculcan fût le même que le personnage plus ou moins mythologique, dont parle Sahagun, conducteur de la race nahuatl en Tamoanchan, qui paraît se confondre avec le Quetzalcohuatl du _Codex Chimalpopoca_ et le Gucumatz du Livre Sacré, l’un découvrant le maïs en Tonacatepetl et l’autre en Pampaxil et Pacayala.
[42] On sait que les marécages voisins de Champoton sont parsemés de ruines magnifiques qui s’étendent dans les îles et tout autour de la lagune de Terminos.
[43] _Cocom_ signifie écouteur, croyant. Il fut donné probablement à cette famille, comme une récompense pour avoir cru la première aux enseignements de Cuculcan.
[44] _Ahkin-Mai_, le prêtre de Mai ou _Ahau-Can-Mai_, le prince Serpent Mai. Qu’était _Mai_, une divinité ou un personnage des temps antiques, sans doute celui à l’occasion duquel le pays fut appelé _Maya_ et dont l’origine devrait peut-être se chercher dans les traditions religieuses de Haïti.
[45] Ces livres étaient appelés _Analté_, ou livre de bois, parce que le papier en était fabriqué de l’écorce d’un arbre, le même apparemment qu’on appelle _Amatl_ au Mexique: c’était une sorte de papyrus, préparé avec grand soin, en tout semblable à celui de la Bibliothèque impériale et recouvert d’un enduit glacé analogue à celui de nos cartes de visite. Les planches entre lesquelles on les renfermait, et qu’on garnissait avec soin, annonce une sorte de reliure.
[46] Il s’agit ici de l’émigration des _Tutul-Xius_, dont le document chronologique placé à la suite de cet ouvrage fixe la sortie du pays de _Tulapan_ ou de _Tula_ (Tulha), à l’an 143 ou bien à l’an 174 de notre ère; ce qui recule à plusieurs siècles en arrière le commencement de la dynastie _Cocome_. Ni Lizana, ni Cogolludo ne font allusion à l’entrée des Tutul-Xius dans le Yucatan.
[47] Cette identité se trouve en particulier dans les langues zotzile, tzendale et Chamho (Chamula), qu’Ordoñez prétend être de l’égyptien ou du cophte.
[48] Landa ferait-il allusion aux ruines de Palenqué? cequi est certain c’est que de bonne heure les religieux espagnols avaient signalé des débris considérables de villes, abandonnées déjà au temps de la conquête, entre autres ceux d’Ococingo, (Garcia, _Origen de los Indios_ lib. II, cap. 4.)
[49] Le nom des _Tutul-Xiu_ paraît d’origine nahuatl; il serait dérivé de _totol_, _tototl_, oiseau, et de _xiuitl_ ou _xihuitl_, herbe, etc. En ceci il n’y aurait rien d’extraordinaire, puisqu’ils sortaient de _Tula_ ou _Tulapan_, cité qui aurait été la capitale des Nahuas ou Toltèques, après leur victoire sur Xibalba.
[50] Il n’est pas probable que ces paroles puissent être prises à la lettre; le peu qu’on sait de l’histoire du Yucatan serait en opposition avec Landa.
[51] Ces paroles seraient une preuve de l’existence d’une société antérieure, possédant des institutions différentes de celles de Cuculcan qui étaient probablement d’origine toltèque. Cette société se rattacherait-elle à la civilisation apportée par Zamna et dont Izamal paraîtrait avoir été le centre?
[52] Sous le nom de Mexicains et de rois du Mexique, on comprend sans difficulté qu’il s’agit ici des petits princes qui gouvernaient les provinces soumises depuis au sceptre ou au vasselage des derniers rois de Mexico, mais non de ces rois eux-mêmes.
[53] Il s’agit ici d’une sorte de cotte de mailles en coton piqué, appelée _ichcahuipil_ en langue mexicaine. Quant au sel dont il est question ici, on comprend difficilement quel pouvait en être l’usage dans le piqué de ces sayes: j’avais cru d’abord voir une erreur du copiste dans le texte; mais ce détail est répété ailleurs, § XXIX. Peut-être ces sayes étaient-elles faites de manière à ce qu’on introduisît une couche de sel dans la doublure, chaque fois qu’on devait s’en servir.
[54] L’auteur, ainsi qu’on s’en aperçoit dans le cours de sa narration, copiée par Herrera, confond ici deux faits qui paraissent assez distincts: 1º la première révolte des Tutul-Xius et des autres grands vassaux de l’empire maya, à la suite de laquelle il se partage en trois royaumes, celui de Mayapan, celui de Chichen-Itza et celui d’Uxmal, qui d’après le document maya, déjà cité, aurait eu lieu du IXᵉ au Xᵉ siècle, ce qui ferait les cinq cents ans et plus dont il est question dans ce paragraphe; 2º la révolution qui chassa définitivement la dynastie des Cocomes, au milieu du XVᵉ siècle, de la ville de Mayapan qui fut abandonnée alors.
[55] D’après ce calcul, Mayapan aurait été abandonné en 1446, cent vingt ans avant l’année 1566, où écrivait Landa; date qui concorde admirablement avec celle donnée par le document chronologique ci-joint, où cet événement est placé au VIᵉ _Ahau Katun_, commençant en 1446 ou en 1461.
[56] Ces pierres de dix-huit pieds de long (de hauteur sans doute), et rondes par le bout, rappellent assez bien les monolithes de Copan et de Quirigua, assez semblables à des obélisques et recouverts d’inscriptions analogues à celles dont il est ici question.
[57] _Zilan_, que les Yucatèques écrivent _Ɔilan_, était une ville de la principauté des Chèles, à vingt lieues et demie de Mérida. Elle est à six lieues au nord d’Izamal dont elle est aujourd’hui le port sur l’Atlantique: il y reste les ruines d’un des plus grands _omules_ du Yucatan.
[58] Voici ce qu’ajoute à ce sujet Cogolludo: «Leurs lustres arrivant à cinq qui font vingt ans, ce qu’ils appelaient _katún_, ils plaçaient une pierre gravée sur une autre également gravée, incrustée avec de la chaux et du sable dans les murs de leurs temples et des maisons des prêtres, comme on le voit encore aujourd’hui dans les édifices en question, et dans quelques anciennes murailles de notre couvent de Mérida, sur lesquelles il y a quelques cellules. Dans une ville, nommée _Tixhualahtun_, qui signifie lieu où l’on met une pierre gravée sur une autre, se trouvaient, disent-ils, leurs archives, où tout le monde avait recours, pour les événements de tout genre, comme nous à Simancas.» (_Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 4.)
[59] La terre d’_Ulua_, dont il est question ici, située au delà de Salamanca, c’est-à-dire de Bacalar, ne saurait être le Mexique: il s’agirait donc du pays arrosé par le fleuve de ce nom dans le Honduras avec lequel les Mayas étaient en relations de commerce très-étendues: on sait du reste que les princes de ces contrées s’occupaient d’affaires commerciales tout autant que leurs sujets, témoin le roi d’_Acallan_ qui était toujours élu d’entre les marchands les plus expérimentés.
[60] Mot à mot: Au roulement, ou bien On a été joué, roulé _ti bulon_ ou _bolon_.
[61] _Zututa_, aujourd’hui _Sotuta_, est encore actuellement un arrondissement du département de _Tekax_, à peu près au centre nord de Yucatan.
[62] Ce nom s’écrit _Acanul_ ou _Ahcanul_; c’était une province au nord-est de Campêche, et touchant à la mer vers _Pocboc_.
[63] C’est-à-dire jusqu’à l’époque de la colonisation espagnole de Campêche en 1540. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. III, cap. 5.)
[64] Ces mots jetés comme par hasard nous donnent le nombre exact des chefs du sacerdoce de Mayapan, tel, probablement, qu’il avait été institué par Cuculcan. Le nom de _Chel_ qui est donné ici à l’une de ces familles paraît devoir se rattacher à quelque origine divine, _Ixchel_ qui signifie la femme Chel étant à la fois la déesse de la médecine et des accouchements.
[65] Ailleurs ce nom est écrit _Ahchel_, quoiqu’il serait plus exact de dire _H’chel_.
[66] Serait-ce un tatouage à la mode des marins ou des philactères comme ceux des Pharisiens de l’Evangile?
[67] Les Chèles étaient à la tête du sacerdoce dans la province d’Izamal, ville sacerdotale par excellence, ce qui devait leur donner une influence considérable dans tout le Yucatan.
[68] Ce terme de vingt ans paraît s’appliquer au premier abord à l’époque qui suivit immédiatement l’abandon définitif de Mayapan; mais les événements qui suivent la construction d’un si grand nombre d’édifices et de monuments de toute sorte, dont il est question ensuite, donneraient à penser que Landa confond de nouveau l’époque première de la ruine de Mayapan et sa ruine définitive.
[69] Les réflexions de la note précédente peuvent également s’appliquer ici. L’ouragan dont il est question est mentionné par Cogolludo, comme un événement très-ancien, trouvé par le docteur Aguilar dans les livres mayas. Il réfère l’événement comme «une inondation ou ouragan, qu’ils appelaient _Hun-Yecil_, ou summersion des forêts.» (_Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 5.) Ceci serait curieux à comparer avec le cataclysme dont il est parlé aux époques primitives des Quichés, des Mexicains et des Péruviens.
[70] Cogolludo parle de cette peste, et le document en langue maya l’attribue à certaines fièvres et à la petite vérole qui aurait été apportée par les Espagnols, lors de leur première tentative de conquête. Elle est marquée au XIIIᵉ _Ahau Katun_, commençant à l’an 1518 ou 1521.
[71] Il est parlé de ces prétendues prophéties dans tous les livres composés depuis la conquête. Ce que Landa nous apprend ici toutefois, c’est que _Chilan_ était le nom d’un office sacerdotal parmi les Mayas.
[72] Il est parlé dans Lizana et Cogolludo d’histoires analogues, toutes aussi peu fondées les unes que les autres, ou inventées par les vaincus pour plaire aux religieux, leurs maîtres. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. II, cap. 11.)
[73] Le précepteur de Charles-Quint, régent d’Espagne et depuis Pape sous le nom d’Adrien VI, en 1522.
[74] Cogolludo distingue entre _Cóni_ et _Conil_, celui-ci étant un port de mer sur la côte nord, situé en avant de _Cóni_, et dont le nom est resté aujourd’hui à une pointe de terre qui s’avance entre le Cap-Catoch et le Rio-Lagartos, à l’entrée de la lagune de _Yalahau_, où il y a tant de ruines intéressantes.
[75] Cogolludo appelle cette province _Chavacha-Háa_ ou _Choáca_, qui est, ainsi que toute la portion orientale de la péninsule, presque entièrement dépeuplée actuellement: Chichen-Itza en dépendait.
[76] _Tecoh_ est situé à moins de cinq lieues au sud-est de Mérida, dans l’arrondissement de cette ville.
[77] _Covoh_ parait avoir été le nom de la famille régnante à Champoton, au temps de la conquête.
[78] Ainsi les Chèles continuaient à exercer le sacerdoce à Tecoh, en 1565, malgré les efforts de Landa et des autres franciscains.
[79] Chichen-Itza paraît avoir continué à jouer un rôle important dans l’histoire jusque vers la fin du XIIIᵉ siècle. Le titre et la puissance royale seraient passés ensuite aux Chèles de Tecoh, qui possédaient le territoire de Chichen ainsi que celui d’Izamal, à la conquête. N’y aurait-il pas là encore une preuve d’antagonisme entre deux sectes religieuses, personnifiées dans les familles sacerdotales de Chichen et de Tecoh? Chichen, autant qu’on peut en juger, était en ruines et abandonné lorsque les Chèles en firent la cession à Montejo.
[80] Il manque probablement des mots dans ce texte; car il est intraduisible ici.
[81] Cogolludo écrit ce nom _Anamux-Chel_.
[82] _Yobaïn_ est aujourd’hui un village de l’arrondissement de _Motul_, département d’Izamal, à une lieue environ de la mer, sur la route de cette ville.
[83] L’audience royale dite des Confins, parce qu’elle avait été transférée à Gracias-à-Dios, ville du Honduras située sur les frontières de cette province, et tout près de celles de Guatémala, pour veiller aux intérêts de l’Amérique centrale, en particulier du Nicaragua et du royaume de Guatémala.
[84] Cogolludo ne raconte pas cette histoire de la même manière que Landa; mais celui-ci paraît être dans le vrai. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. III, cap. 6.)
[85] Ce sont les embouchures du Tabasco et la lagune de Terminos.
[86] Ti-Hoo et mieux T’Hoo, signifie la cité par excellence, _ad urbem_. La tradition en attribuait la fondation aux Tutul-Xius, et elle renfermait des monuments remarquables de son antique splendeur, lorsque les Espagnols y fixèrent leur résidence. (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. III, cap. 7 et 11.)
[87] Voici donc Landa, que l’on a si souvent accusé de fanatisme et de cruauté même à l’égard des Indiens, racontant lui-même les barbaries commises par les conquérants. Ce n’est pas ici l’enthousiaste déclamateur Las Casas; c’est Landa lui-même. Mais hâtons-nous de le répéter avec lui, les Espagnols eux-mêmes se révoltaient des cruautés exercées par quelques-uns de leurs chefs.
[88] C’était là la condition de la plupart des nations indigènes de ces contrées. Combien d’ouvrages de l’époque y a-t-il, cependant, où on les accuse de vivre comme des bêtes sauvages dans les bois et au fond des précipices! A qui la faute, sinon à ceux dont l’avidité et la barbarie les forçaient à se cacher et changèrent en solitudes les régions naguères les plus florissantes et les plus peuplées!
[89] Cette révolte eut lieu en 1546.
[90] Jacques de Testera était Français, natif de Bayonne et frère d’un chambellan de François Iᵉʳ, roi de France: le premier il arrêta la destruction des documents indigènes, si malheureusement et en si grand nombre déjà livrés aux flammes par Landa dans le Yucatan et par Zumarraga à Mexico et à Tetzcuco.
[91] Voici ce que dit à ce sujet Torquemada: «Ils comptaient les paroles de la prière qu’ils apprenaient avec des petits cailloux ou des grains de maïs, mettant à chaque mot ou période un caillou ou un grain, l’un après l’autre, comme après ces mots _Pater noster_ une pierre, après _qui es in cœlis_ une autre, et ainsi du reste. Puis, les signalant du doigt, ils commençaient avec le premier caillou, disant _Pater noster_, et continuaient ainsi jusqu’à la fin, recommençant aussi souvent qu’il le fallait pour se graver le tout dans la mémoire.» (_Mon. Ind._, lib. XV, cap. 36.)
[92] La grammaire maya du père Louis de Villalpando fut augmentée par Landa lui même; mais on ne sait ce que ces manuscrits sont devenus. Pinelo cite de Villalpando un _Arte, i Vocabulario_, qui auraient été imprimés, mais ne dit ni où ni quand.
[93] Landa parle ici d’après son expérience personnelle dans la matière.
[94] Ce mot est le même que les écrivains yucatèques, successeurs de Landa, écrivirent _than_, où le _th_ a un son tout particulier, et qui n’est pas le _th_ anglais.
[95] Si nous comprenons bien ce que veut dire l’auteur, c’est que les religieux adoptèrent les lettres latines pour les mots nouveaux que l’espagnol introduisit dans la langue maya; ou bien signifie-t-il qu’on ajouta à l’alphabet latin les lettres dont le son manquait en espagnol?
[96] L’auteur dit les trois Pàques, suivant l’usage espagnol, la Noël, Pàque et la Pentecôte.
[97] Cet _auto da-fé_, où personne toutefois ne fut brûlé, ce fut le père Landa lui-même qui le célébra, usurpant, comme on l’en accusa bientôt après, les droits épiscopaux. Voir à ce sujet, pour les détails, Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. VI, cap. 1 et 6.
[98] Dans le nouveau Royaume de Grenade.
[99] Il y a dans le texte _catedratico de Scoto_, qui tient la chaire de l’enseignement de _Scot_, le célèbre professeur de philosophie scolastique du moyen âge.
[100] On voit que ces seigneurs indiens savaient au besoin flatter leurs vainqueurs.
[101] C’est encore aujourd’hui de cette manière que se construisent à la campagne les maisons non-seulement des indigènes, mais encore de la plupart des autres habitants du pays, au Yucatan et ailleurs.
[102] On en verra plus loin la description.
[103] On en verra plus loin la description.
[104] Suivant d’autres auteurs ils auraient eu quelquefois des vêtements plus complets et de plus de luxe.
[105] Cette boisson est en effet fort rafraîchissante et aussi nourrissante qu’agréable: on l’appelle _tisté_ au Nicaragua.
[106] Celle-ci est une sorte de chocolat, tel que le préparaient les indigènes, de qui l’Europe l’a reçu.
[107] Ou plutôt les Espagnols et leurs descendants ont emprunté des Yucatèques et ceux-ci des Espagnols leurs coutumes mutuelles, surtout quant à la nourriture, ce dont s’aperçoivent fort facilement les voyageurs qui parcourent ces contrées.
[108] C’était un véritable hydromel, comme on le voit. Dans la suite de ce récit le mot _vin_, qui se représente souvent, ne doit pas être pris dans un autre sens.
[109] Ce livre est rempli de vieux provincialismes souvent introuvables et encore plus intraduisibles; il y a ici _cimitaras_, peut-être pour _cimitarras_, cimeterres, mais que veut-il dire? Nous avons traduit l’idée, sinon le mot.
[110] «Au temps de leur idolâtrie, ils dansaient et encore actuellement ils dansent et chantent suivant l’usage des Mexicains: ils ont un chanteur principal qui donne le ton et enseigne ce qu’il faut chanter; ils le vénèrent et le respectent, lui donnant sa place à l’église, dans les fêtes et assemblées. Ils le nomment _Holpop_, et c’est à ses soins que sont confiés les tambours ou _tunkules_ et autres instruments de musique, tels que flûtes, trompettes, conques marines et autres choses dont ils se servent. Le _tunkul_ (en mexicain _teponaztli_) est de bois creux, et il y en a de si grands qu’on en entend le son à deux lieues de distance, quand vient le vent du même côté. Ils chantent avec ces instruments leurs fables et leurs antiquités. Ils avaient et ils ont encore des comédiens qui représentent les fables et les histoires antiques, que je crois qu’il serait bon de leur ôter, au moins les costumes avec lesquels ils les représentent; car, à ce qu’il paraît, ils sont comme ceux de leurs prêtres idolâtres... Ils mettent de la grace dans les plaisanteries et les bons mots qu’ils adressent à leurs anciens et aux juges, figurant leur rigueur, leur ambition ou leur avarice, imitant leurs gestes et leurs manières, disant les vérités à leur propre curé, devant lui-même, souvent dans un seul mot. Mais pour les comprendre, il faut bien posséder leur langue et être très-attentif. Ces représentations sont d’ailleurs fort dangereuses, surtout si elles ont lieu de nuit dans leurs maisons; car Dieu sait ce qui s’y passe. _Balzam_ est le nom qu’ils donnent à ces comédiens et par extension à l’homme d’esprit, au bouffon; car ils imitent aussi fort bien les oiseaux dans ces représentations.» (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 5.)
[111] Il y a cependant quelques exceptions, comme on le verra plus loin au § XXXII.
[112] «La monnaie dont ils se servaient, c’étaient des clochettes et des grelots de cuivre, dont la grandeur fixait le prix, et quelques coquillages rouges qu’ils apportaient du dehors et qu’ils enfilaient comme les grains d’un chapelet. Les grains de cacao servaient également de monnaie; c’était ce qu’il y avait de plus en usage dans leurs achats et ventes, ainsi que certaines pierres de prix et de petites haches de cuivre qu’ils tiraient de la Nouvelle-Espagne, etc. (Cogolludo, _Hist. du Yucatan_, lib. VI, cap. 3.)
[113] On sait qu’en Espagne et dans les pays espagnols, les noms absurdes de _Pilar_, Pilier, _Soledad_, Solitude, etc. sont fort communs pour _Maria del Pilar_ ou de la _Solitude_, à cause des sanctuaires dédiés à la Sainte Vierge.
[114] Ceci est une erreur de Landa, qui ne paraît guère avoir été au courant des coutumes du Mexique où l’enfant était lavé quelques jours après sa naissance et purifié par l’invocation de la déesse Chalchiuhlicué, etc.
[115] _Chac_ ou _Chaac_, ainsi qu’on le verra plus loin, était aussi le nom générique des dieux protecteurs de la campagne et des moissons, comme les _tlaloque_ au Mexique.
[116] L’encens dont il s’agit ordinairement dans ce livre, c’est le _copal_, en usage encore dans toutes ces contrées.
[117] _Echuah_, signifie marchand; au dire de Las Casas, c’est la divinité que les Mayas invoquaient en chemin (Cogolludo, _Hist. de Yucatan_, lib. vi, cap. 6.)
[118] A l’exception des masques servant aux représentations scéniques, je n’ai jamais vu de ces idoles de bois, les missionnaires ayant brûlé toutes celles dont ils ont pu s’emparer.
[119] Le _Nacon_ dont le titre se donnait à deux différents chefs, se donnait aussi à la supérieure ou abbesse des vestales ou vierges consacrées au service des temples, laquelle prenait le titre de _Ixnacan_ ou _Xnacon Katun_. (Cogolludo, _Hist. du Yucatan_, lib. IV, cap. 2.)
[120] L’historien général des Indes dont il s’agit ici était Gonçalo Fernandez de Oviedo, dont l’erreur, si erreur il y a, comme l’affirme ici Landa, a été reproduite par Herrera et beaucoup d’autres écrivains. Cogolludo ajoute à son tour le témoignage de tous les moines de son ordre et de Las Casas qui n’ont jamais remarqué rien qui rappelât la circoncision; il dit aussi avoir interrogé un grand nombre de vieillards qui ne se souvenaient d’aucune coutume semblable. (_Hist. de Yucatan_, lib. IV, cap. 7.)
[121] Il s’agit ici de la pierre des sacrifices.
[122] A Tyr, et dans les pays chananéens, à Carthage, etc., des mères portaient leurs petits enfants en holocauste à Baal, à Moloch, etc. Quant aux sacrifices du sang humain, ils existaient chez la plupart des peuples de l’antiquité.
[123] Un sacrifice analogue avait lieu à Quauhtitlan, près de Mexico. (Torquemada, _Monarq. Ind._ lib. X, cap. 30.)
[124] On retrouve ce sacrifice avec tous ses détails barbares au Mexique où il parait avoir été apporté par une population étrangère, à Tollan, vers la fin de l’empire toltèque de l’Anahuac, au milieu du XIᵉ siècle. C’était ce qu’on appelait à Mexico la fête de Xipe-Totec.
[125] _Hostia, ab hoste sacrificato..._ Pour nous la victime la plus sainte n’est pas seulement un homme, c’est un Dieu, immolé pour nous sauver.