Relation d'un voyage dans la Marmarique, la Cyrénaïque, et les oasis d'Audjelah et de Maradèh

Part 37

Chapter 373,179 wordsPublic domain

LE BOIRE. Tesoua. تسوه

PAILLE. Loum. لوم

LAIT. Akhi. اخي

FÈVES. Yéouawoum[392]. يوواون

TURBAN. Alfaf. الفاف

COUVERTURE DE BÉDOUIN. Ahram. اهرام

PLACE, ENDROIT. Ankan. انكان

FIÈVRE. Tazaqt. طزقت

LONG. Athouïl. اطويل

SOULIERS. Zarabin. زربين

PEU. Ahibba. اهيبّا

BEAUCOUP. Koma. كوما

RASOIR. Terhosat. تغصات

HUILE. Dahan. دهان

OLIVIER. Azemmour. ازمّور

RAISIN. Tezrhaine. تزغاين

BOIS. Sarharhine. سغاغين

DATTES VERTES. Ghaouene. غاوين

DATTES MURES. Tena. تنا

PIED. Thar, pl. Techka. طار طشكا

LIVRE. Tekhtemet. تختمت

TAISEZ-VOUS. Sisem. سسم

ÉCOUTE. Sell. سلّ

TÊTE. Akhfi. اخفي

CHEVAL. Agmar. اقمار

JUMENT. Tegmert. تقمرت

NOUVEAU. Atrar. اترار

POUSSIÈRE. Ejdan. ازدان

NEZ. Tanezert. تنزرت

VOIS, REGARDE. Hommar. حمّار

HABIT. Kebraouêne. كبراوين

BRAS, COUDÉE. Fous. فوس

ŒIL. Thoth, pl. thaouene. طوط طاوين

FEMME. Taltan. تلتان

PÈRE, MÈRE. Abba, Omma. ابَّ امَّ

* * * * *

[Note 392 : Pour la conformité des deux orthographes, il faudrait remplacer la lettre _m_ par un _n_, ou le ن par un م ; mais nous n’avons rien voulu changer au manuscrit de M. Müller. Si ce _Fragment_ eût été plus étendu, il aurait été l’objet d’un travail semblable à celui que nous devons à M. Agoub sur le _Vocabulaire d’Audjelah_ ; il suffit de dire ici qu’il contient une vingtaine de mots arabes et que le غ y est presque toujours représenté par les lettres _rh_.]

* * * * *

EXPLICATION DES PLANCHES QUI ACCOMPAGNENT CETTE RELATION.

* * * * *

_Carte de la Marmarique et de la Cyrénaïque, comprenant les Oasis voisines de ces contrées, dressée par l’auteur, d’après ses observations astronomiques et ses itinéraires, et appuyée en plusieurs points sur les cartes et les observations les plus récentes._

Privé durant son voyage de garde-temps, l’auteur n’a pu déterminer la position des lieux en longitude, qu’en suivant les rumbs de vent de la boussole, et en supputant les heures de marche. Quant à la fixation de la latitude de ces lieux, et relativement à ceux situés dans l’intérieur des terres, il s’est servi d’un octant et d’un horizon artificiel, avec lesquels il a pu faire de fréquentes observations, mais seulement jusqu’au mois de février, c’est-à-dire, jusqu’à ce que la hauteur du soleil n’eût pas dépassé quarante-cinq degrés. Les principaux lieux observés sont :

Noms des lieux. Latitude septentrionale.

Boumnah (ruines d’un château), vallée Maréotide 30° 51′ 35″

Ghattadjiah (ruines de Marée) 30 40 50

Abousir (ruines d’) 30 57 40

Lamaïd (château), fond du golfe des Arabes 30 52 00

Abdermaïn, puits 30 45 57

Dresièh (ruines de la ville de) 30 54 00

Maktaéraï, bourgade troglodyte 30 59 00

Puits d’El-Heyf 31 9 50

Djamernèh (ruines de), bourgs d’Antiphræ 31 6 00

Mahadah (port de) 31 11 57

Zarghah-el-Ghublièh, tombeau 31 7 40

Parætonium (extrémité orientale du port de) 31 18 00

Boun-Adjoubah, ruines de l’ancienne Apis 31 20 35

Chammès, tour d’Alchemmas 31 30 35

Zemlèh, puits au-dessus du plateau de Za’rah 31 38 00

Djédid, ruines dans la vallée des Lauriers 31 45 30

Combous, ruines 31 50 00

Toubrouk (côté septentrional du port de) 32 5 30

Klekah, ruines 32 4 50

Ain-el-Gazal, source située à l’extrémité orientale 32 10 30 du golfe de Bomba

Ersen ou Erasem, source située à l’extrémité 32 31 20 orientale du plateau cyrénéen

Derne 32 47 30

Ghardam, ruines d’Hydrax, ancien village situé sur 32 35 55 les confins méridionaux des terres fertiles

Bou-Hassan, tour 32 37 5

Koubbèh, ruines d’anciens thermes 32 46 10

Maârah, château 32 49 00

Massakhit, ruines d’une ville 32 50 5

Lameloudèh, ruines de Limniade 32 46 15

Natroun, ruines d’Erythron 32 55 00

Village au fond du golfe Naustathmus 32 54 00

Hal-Al, extrémité du promontoire Naustathmus 32 56 20

Boumnah (château de), Cyrénaïque 32 44 20

Lemlez, château 32 50 30

Téreth (Thintis) 32 46 00

El-Hôch, sanctuaire 32 49 20

Ouma-Bneib, ruines d’un village 32 51 50

Zaouani (mausolées de) 32 53 50

Ghernès, ruines d’une ville 32 46 2

Saf-Saf, ruines 32 47 30

Cyrène 32 47 30

Magharenat, magasins souterrains 32 50 00

Apollonie 32 54 25

Ptolémaïs 32 44 00

Teuchira 32 34 00

Ben-Ghazi (Bérénice) 32 8 5

_Carte de la partie orientale de la Pentapole libyque, dressée par l’auteur._

La lisière blanche, qui suit les sinuosités de la côte, doit représenter la petite plaine d’un quart de lieue environ de largeur qu’on y rencontre partout, entre les bords de la mer et les premiers escarpements de la montagne, depuis Derne jusqu’au cap Phycus. Le travail topographique de la partie septentrionale donne une idée de la disposition des terrasses boisées qui s’élèvent en échelons depuis le littoral jusqu’au sommet des montagnes ; et celui de la partie méridionale représente une portion du plateau cyrénéen, ondulé en tous sens de vallées peu profondes.

_Plan des ruines de Cyrène, levé en 1825._

Ce plan a été dessiné et réduit au 8000e, sous la direction de M. le chevalier Lapie, par M. Dufour, que recommandent déja plusieurs importants travaux géographiques. Le dessin répond exactement aux mesures géométriques prises à Cyrène, et explique suffisamment la disposition du petit nombre de débris qui existent encore de cette ville célèbre. Il suffit d’ajouter que la partie inférieure du plan représente le point le plus culminant du plateau cyrénéen, la plaine sur laquelle fut bâtie la ville ; et que la partie supérieure, sillonnée par les eaux de la fontaine d’Apollon, doit figurer un terrain inégal, rocailleux, couvert çà et là de quelques genévriers, qui s’étend au bas de la Nécropolis. Quant à la Nécropolis elle-même, presque totalement taillée dans le revers de la montagne, on a essayé d’en indiquer le gisement et la disposition par des ombres, selon la méthode adoptée pour la cartographie.

PLANCHE I[393].

VUE D’UN TEMPLE ANTIQUE SITUÉ A ABOUSIR.

Ces ruines se trouvent sur une crête rocailleuse, couverte de sables, à quelques pas des bords de la mer, et au nord de l’ancienne ville de Taposiris, dont elles font partie. Les dimensions générales du mur d’enceinte sont de quatre-vingts mètres de chaque côté ; celui qui forme la façade dans le dessin est tourné vers l’orient. Selon toutes les apparences, elles sont les débris d’un temple égypto-grec. MM. de Chabrol, Lanout, Faye et Lepère, qui ont visité ce monument, y ont trouvé dans l’intérieur des chapiteaux d’ordre dorique.

PLANCHE II.

FIG. 1.

_Ruines d’une mosquée située aux environs du lac Maréotis._

Ce petit édifice, construit avec les débris de monuments plus anciens, est situé sur la lisière qui sépare les terres labourables de la vallée Maréotide du désert de sables. D’après une assez grande quantité de ruines parsemées aux environs de cette mosquée, et portant la plupart des signes de réédification, on pourrait croire que ce lieu offre l’emplacement de la ville de Marée, capitale du nome Maréotide.

FIG. 2.

_Vue d’un ancien phare, à Abousir._

Ce monument, vulgairement appelé _Tour des Arabes_, sert aux marins actuels, à défaut d’autre élévation sur cette côte, à reconnaître la position d’Alexandrie. Sa situation sur une petite colline qui domine les ruines de _Taposiris_, plus que sa propre élévation, lui donne cette utilité qui, d’ailleurs, fut sa véritable destination dans l’antiquité. La plaine qui forme le second plan du dessin, peut donner une idée de l’aspect de la vallée Maréotide, en y ajoutant toutefois plus de végétation fruticuleuse que n’en offre la planche.

PLANCHE III.

VUE DU CHATEAU LAMAÏDE.

Ce château est situé sur les bords de la mer, au fond du golfe des Arabes, et auprès d’une dune de sables qui côtoie une grande partie du littoral de la Marmarique. Entre les frises de l’ogive en relief qui décore la façade, on voit une inscription en grands caractères sculptés en relief, par laquelle on apprend que cet édifice fut construit par le sultan Bibars, contemporain de saint Louis. (_Voyez_ la traduction de cette inscription, par M. A. Jaubert, insérée dans la _Relation_, p. 12.)

PLANCHE IV.

FIG. 1.

_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Baharièh._

Ce mausolée fut construit, ainsi que le dessin l’indique, sur un petit plateau calcaire, éloigné de deux portées de fusil environ des bords de la mer. Le côté septentrional du plateau contient des excavations sépulcrales ; et sa surface, si ce n’est en totalité, du moins en partie, fut pavée en larges blocs de pierres équarris. Ces divers tombeaux faisaient infailliblement partie du cimetière de la petite ville de Zygis, dont les débris sont épars sur la plaine, couverte de flaques d’eau salée, qui sépare ces monuments des bords de la mer, et dont le port, actuellement nommé Mahadah, se retrouve aussi à peu de distance vers l’est.

FIG. 2.

_Vue d’un édifice antique, à Kassaba-Zarghah el-Ghublièh._

Quoique ce petit monument, qui servit comme le précédent de tombeau, en soit éloigné d’une heure vers le sud, sa situation sur le point le plus élevé du canton, et son isolement, portent à croire qu’il fut de même construit par les habitants de Zygis, mais probablement à une époque antérieure, ce que semble attester la diversité du style de leur architecture. Les rangées de pierres disposées en forme elliptique, que l’on voit auprès de cet ancien édifice, donnent une juste idée de l’architecture de la plupart des tombeaux bédouins.

PLANCHE V.

PLANS, COUPES ET DÉTAILS DE DIVERS MONUMENTS DE LA MARMARIQUE.

FIG. 1, 2.

Places de deux grottes sépulcrales du mont Bomboa, décrit par Synésius.

FIG. 3.

Coupe et distribution du fond d’une pièce d’une des précédentes grottes sépulcrales.

FIG. 4.

Place de la mosquée, dite Ghettadjiah, située dans la vallée Maréotide.

FIG. 5.

Coupe de la façade d’un tombeau égypto-grec, nommé Kassaba el-Chammamèh, situé aux environs du golfe des Arabes.

FIG. 6.

Côté intérieur des murs de l’enceinte de la ville de Toubrouk.

PLANCHE VI.

VUE DU CÔTÉ ORIENTAL DE LA VILLE DE DERNE.

Le village qui occupe la majeure partie du dessin est Mansour-el- Tahatâni, un des cinq qui composent collectivement la ville de Derne. C’est sur la plaine qui règne au bas de ce village que se trouve le cimetière général de la ville. Il est remarquable que les habitants choisissent l’opuntia pour orner leurs tombeaux préférablement au cyprès, si commun dans le pays, et que les Orientaux ont l’habitude, comme on sait, de placer auprès de leurs sépultures. Le château, flanqué de quatre tours, qui domine, la ville, fut construit par les Américains durant le court espace de temps qu’ils furent maîtres de Derne.

PLANCHE VII.

GROTTES SÉPULCRALES, DITES KENNISSIÈH, SITUÉES AUPRÈS DE L’ANCIENNE DARNIS.

On parvient à ces grottes par des marches taillées dans les endroits les plus abrupts d’un ravin situé aux bords de la mer. Les grandes niches creusées aux côtés de l’entrée principale, et les emblêmes du christianisme qu’on y trouve dans l’intérieur, justifient le nom d’église que leur donnent les Arabes.

PLANCHE VIII.

VUE D’UN PONT, DANS LE VALLON DE DERNE.

Le principal objet de ce pont est de servir d’aquéduc au ruisseau Bou- Mansour, dont le cours actuel, à travers les petites terrasses cultivées du vallon de Derne, était interrompu par le ravin el-Brouis, représenté dans cette planche. Cet édifice a été élevé, il y a peu d’années, par les ordres et aux frais de Mohammed-el-Gharbi, envoyé des États barbaresques auprès du vice-roi d’Égypte ; ce qui peut donner une idée du goût pour la civilisation et les établissements utiles, que Mohammed Aly communique à ceux qui l’entourent, lors même qu’ils sont indépendants de son pouvoir.

PLANCHE IX.

RUINES DE KOUROUMOUS. — INTÉRIEUR DU CHATEAU EL-HARAMI.

FIG. 1.

Ce monument, situé aux confins méridionaux des terres fertiles de la Cyrénaïque, faisait partie des tombeaux de l’ancien village d’Hydrax.

FIG. 2.

Le nom de ce château sarrasin répond à l’usage auquel il servit pendant long-temps. Situé à dix lieues de Derne, et à l’extrémité des gorges étroites et boisées de Maârah et de Tarakenet qui conduisent à cette ville, il offrait aux bandits un lieu de repaire très-favorable pour dépouiller les voyageurs qui se rendaient à Derne. Les tribus des environs se sont réunies, il y a peu d’années, et en démolissant le château elles ont rendu leur contrée plus praticable.

PLANCHE X.

VUE, COUPE ET PLAN D’ANCIENS THERMES SITUÉS DANS LA VALLÉE DE KOUBBÈH.

Il paraît qu’indépendamment des différentes pièces dont ces thermes étaient subdivisés, ils contenaient un nombre considérable de cuves monolithes qui en faisaient le tour, et étaient situées sur un plan inférieur à celui du reste de l’édifice ; apparemment pour recevoir plus facilement les eaux par des rigoles. Celles de ces cuves qu’on tailla dans le roc même y existent encore à leur place ; et d’autres, formées séparément de blocs détachés, se trouvent dispersées çà et là au milieu des ruines, et servent aux Arabes d’abreuvoirs pour leurs troupeaux.

FIG. 1.

Coupe d’une galerie intérieure des thermes, adossée contre la colline, et se trouvant actuellement à découvert. En confrontant cette élévation avec la vue en perspective, on reconnaîtra les parties qui ont été restaurées.

FIG. 2.

Plan de la même galerie : la grotte que l’on voit dans le massif d’ombres est taillée autour de la source qui alimentait les thermes, et dont les eaux passaient au-dessous de la galerie par un canal souterrain.

PLANCHE XI.

FIG. 1.

Vue de deux hypogées funéraires, situés dans la vallée de Koubbèh : les niches de formes diverses qui en entourent les entrées, indiquent qu’ils ont servi aux chrétiens de la Cyrénaïque.

FIG. 2.

Plans des deux hypogées précédents : leur position sur la planche relativement au dessin de perspective, désigne l’hypogée auquel ils appartiennent.

FIG. 3.

_Plan du château de Chenedirèh._

_a._ Chapelle chrétienne.

_b._ Entrées voûtées du château.

_c._ Mur de revêtement décrivant un talus, et arrondi à chaque angle.

_d._ Communications intérieures par de petites portes carrées.

_e._ Corridor.

_f._ Puits comblé.

FIG. 4.

_Plan des ruines du temple de Vénus, situé auprès de l’ancienne station d’Aphrodisias._

_a._ Entrée du temple, située au sud.

_b._ Grand corridor qui paraît avoir régné tout autour de l’enceinte générale.

_c._ Porte de ce corridor formée de deux pilastres d’ordre dorique.

_d._ Colonnes accompagnées d’un mur d’entre-colonnement.

_e._ Ouverture qui conduit à un réservoir souterrain.

PLANCHE XII.

VUE DES GROTTES SÉPULCRALES DE MASSAKHIT.

Tel est l’aspect qu’offrent un grand nombre de petites Nécropolis des anciens bourgs de la Cyrénaïque : une falaise irrégulière dans laquelle sont creusées en tous sens des grottes sépulcrales. Sur le devant, comme dans celle-ci, s’étend ordinairement un beau tapis de verdure ou un champ de céréales ; et sur le sommet sont épars les débris du bourg. Le grand nombre de niches de toutes formes que l’on voit, soit dans les métopes et les entre-colonnements de la façade, soit isolément sur le mur de la falaise, appartiennent au moyen âge.

PLANCHE XIII.

PLAN ET INTÉRIEUR D’UN HYPOGÉE CHRÉTIEN, A MASSAKHIT.

Ce tombeau fait partie de la même Nécropolis. Les emblèmes chrétiens et le arabesques qu’il contient, confirment évidemment l’opinion émise relativement à l’époque à laquelle on vient d’attribuer les niches qui couvrent la falaise sépulcrale de la planche précédente.

PLANCHE XIV.

VUE D’UN CHATEAU ANTIQUE, SITUÉ DANS LA PLAINE DE CHENEDIRÈH, ENTRE LES ANCIENNES VILLES D’ERYTHRON ET DE LIMNIADE.

Tel est le coup d’œil que présentent constamment, à plus ou moins de conservation près, ces nombreux châteaux romains que l’on trouve sur chaque élévation qui avoisine la moindre bourgade de la Cyrénaïque. Les Arabes les désignent tous indistinctement par le nom de _Sirèh_, mot remarquable qui offre une analogie palpable avec celui de _Cyré_ ou _Cyra_, que les anciens Libyens donnaient à la montagne sur laquelle fut bâtie Cyrène, et qui signifiait peut-être dans leur langage _montagne_ ou _élévation_.

PLANCHE XV.

VUE DU KASSR SENNIOU. — CIMETIÈRE ANTIQUE A SAFFNÈH.

FIG. 1.

Ce château fut construit par les Sarrasins avec les débris d’un ancien monument. Le souterrain dont on aperçoit l’entrée sur la planche, contourne une partie de l’édifice, et fut destiné à contenir des tombeaux. Cette disposition se rencontre souvent dans la Cyrénaïque auprès d’autres ruines semblables à celles-ci, telles que Maârah, Chenedirèh et autres.

FIG. 2.

Ce cimetière, malgré l’ogive des voûtes, appartient à une époque antérieure à l’invasion des Sarrasins dans la Cyrénaïque. On sait d’ailleurs que les monuments sarrasins de cette période contiennent des voûtes en fer à cheval : les ruines de Ladjedabiah (Voy. _Planche_ LXXXIX) nous en offrent des preuves, même dans cette contrée.

PLANCHES XVI, XVII, XVIII.

VUES DES MAUSOLÉES SITUÉS DANS LA PLAINE DE ZAOUANI, AUX ENVIRONS DU GOLFE NAUSTATHMUS.

Ces tombeaux, les plus élégants et les mieux conservés de tous ceux que l’on trouve dans la Cyrénaïque, joints à un grand nombre d’autres en partie détruits et à de belles grottes sépulcrales ornées de façades doriques, formaient la Nécropolis d’une ville très-considérable, inconnue des anciens géographes. Les ruines de cette ville ont même conservé chez les Arabes une désinence grecque : elles sont appelées _Ghertapoulous_ ; on les rencontre à un quart d’heure de distance des tombeaux vers le nord, et au sommet d’un profond ravin qui correspond au fond du golfe Naustathmus. Il faut aussi faire remarquer que, de même que la plupart des ruines des villes et villages de la Cyrénaïque, celles-ci offrent des témoignages marquants du séjour qu’y ont fait les Chrétiens. On est donc en droit d’être surpris que les auteurs de cette dernière période aient, comme ceux de la haute antiquité, négligé de parler de cette ville, qui, d’après sa situation auprès de la plus belle rade de la Cyrénaïque et ses magnifiques débris, dut infailliblement jouer un rôle important dans l’histoire de cette contrée.

PLANCHE XIX.

COUPES, PLANS ET DÉTAILS DES MAUSOLÉES DE ZAOUANI.

FIG. 1.

_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVI.

1. _a._ Plan de ce mausolée.

1, _b._ Détail des sculptures de la façade du même monument.

FIG. 2.

_Coupe de la façade du mausolée de la_ PLANCHE XVII.

2. _a._ Plan de ce mausolée.

2, _b._ Détail des sculptures de la façade.

FIG. 3.

_Coupe du Mausolée, formant un carré rectangle, de la_ PLANCHE XVIII.

L’intérieur de cet élégant édifice est subdivisé en trois cloisons, sans ouverture extérieure, et remplies chacune d’ossements d’enfants en bas âge.

PLANCHE XX.

VUE D’UN ÉDIFICE ANTIQUE NOMMÉ GHABOU-DJAUS.

Ces ruines, pittoresquement situées sur le penchant d’une belle colline, faisaient partie d’un monument plus considérable, et un des plus anciens de la Cyrénaïque parmi ceux dont il existe encore des débris, mais dont il serait difficile d’assigner la véritable destination.

PLANCHE XXI.

RUINES DU CHATEAU DIOUNIS, SITUÉ DANS LA PLAINE DE L’ANCIENNE THINTIS.

Ce château offre un exemple du système qui paraît avoir été adopté de tous temps en Cyrénaïque pour la construction des châteaux, consistant dans une double ou triple superposition de pièces voûtées. Le témoignage des ruines actuelles permet de dire que ce système fut établi par les Grecs, adopté par les Romains et imité par les Sarrasins. Les châteaux évidemment grecs de Lemschidi et de Lemlez auprès du golfe Naustathmus ; ceux de Chenedirèh, d’Ay-Thas, de Tebelbèh, de Thaoughat, de Boumnah, de l’époque romaine, caractérisée par les voûtes en plein cintre ; et enfin, ceux de Mouchedachieh, d’El-Harâmi, de Bénéghdem et de Diounis, évidemment sarrasins, offrent des preuves encore existantes de ce système de superposition adopté successivement par les divers peuples qui ont occupé la Cyrénaïque.

PLANCHE XXII.

VUE DES RUINES DE DIABORAH.

Le mur d’enceinte dessiné sur le premier plan de cette planche appartient à un vaste édifice funéraire, le seul de ce genre que l’on trouve dans la Cyrénaïque. Les tombeaux qui l’entourent sont la plupart taillés dans le roc vif, et peuvent donner une idée de l’aspect qu’offrent en Cyrénaïque un grand nombre de petites Nécropolis dépendant des villes ou des villages situés dans les plaines, dépourvues d’élévations suffisantes pour y creuser des grottes sépulcrales.

PLANCHE XXIII.

VUE DE LA PARTIE SEPTENTRIONALE DES RUINES DE GHERNÈS.

Le principal édifice que renferme cette planche paraît être d’anciens thermes, dont les voûtes en plein cintre indiquent l’époque romaine. Les petits soupiraux que l’on voit à la partie supérieure des voûtes, offrent une analogie marquante avec la disposition des bains actuels de l’Orient.

PLANCHE XXIV.

VUE D’UN TOMBEAU CIRCULAIRE, SITUÉ SUR UNE COLLINE AUPRÈS DE GHERNÈS.