Regles pour les officieres du monastere de l'Annonciade, fondé à Genes l'année de notre Salut 1604

Part 3

Chapter 33,807 wordsPublic domain

Et il ne sera pas nécessaire, que pour cette premiere année, elles suivent l'ordre des sujets de méditation que les autres observeront: mais celui que la Maîtresse leur donnera, laquelle suivant l'ordre des matieres mises au Chapitre précédent, les instruira sur chacune par ordre, les faisant bien exercer sur une avant que de passer à une autre, afin qu'au bout de l'année elles soient experimentées en toutes.

De plus, elle leur fera faire des conferences, tantôt sur ce qu'elle leur aura expliqué, tantôt sur quelque vertu dont elle connoîtra qu'elles ont besoin; dans un tems sur l'extirpation de quelque vice, & une autre fois sur la méditation passée, ainsi qu'elle jugera pour le mieux.

Puis après elle leur fera faire quelques exercices corporels par la maison; ou bien elle les fera travailler selon l'ordre que la Mere aura donné, observant les heures du Choeur, & les tems de la meditation avec les autres.

Et après la récreation, & l'examen du soir, ayant premierement demandé la benediction à la Maîtresse, elles s'en iront reposer, se recommandant à la bienheureuse Vierge, en récitant un _Ave Maris Stella_; avant que de se mettre au lit, la priant de leur obtenir la benediction de son très-cher Fils, & de leur donner la sienne.

Comme elle les doit instruire à la pratique des Coutumes Religieuses.

Chapitre XXVI.

Qu'elle ait soin de leur faire bien comprendre la grace que Dieu leur a accordée de les retirer de la bassesse & de la corruption du monde, & de les élever à la noblesse de l'état Religieux, & à la qualité d'épouses de Jesus-Christ; & par consequent qu'elle les exhorte à quitter toutes affections déréglées envers leurs parens, les aimant seulement avec l'amitié que la charité bien ordonnée demande, ne se souciant point d'en être visitées.

Qu'elle les exhorte à mépriser comme de la boüe toutes les richesses & toutes les vanités mondaines, ne faisant aucun cas de ce qu'elles auront quittées pour l'amour de Dieu, quand même elles auroient abandonnés tous les royaumes du monde.

Et qu'elles évitent de parler des biens, ni des autres vanités qu'elles auront laissé dans le monde, ni de peu estimer la moindre des Soeurs, les reconnoissant toutes pour Epouses de Notre-Seigneur, lequel tient comme fait à lui-même, ce qui leur est fait.

Qu'elle ait soin de les consoler & de les fortifier dans leurs tentations; de corriger leurs défauts, & de leur ôter les mauvaises habitudes qu'elles auront aporté du monde; de leur enseigner la bienséance, & la façon d'agir convenable à des Religieuses; comme elles doivent assister au Choeur avec une grande modestie & dévotion, observant les ceremonies prescrites & à rester à table avec la politesse Réligieuse.

Qu'elle leur aprenne à être humbles dans leur conversation, douces & modestes, se taisant lorsqu'il n'est pas convenable de parler, à être briéves en paroles, & à observer le silence aux tems ordonnés pour le garder.

Qu'elles ne fuyent pas le travail, mais qu'elles y soient des premieres, & qu'elles se portent volontiers à faire tous les exercices quelque bas & viles qu'il puissent être pour l'amour & l'honneur de Notre-Seigneur, lequel s'est si fort humilié, & a tant travaillé pour elles.

Qu'elles soient charitables envers toutes, principalement envers les malades & mortifiées dans toutes leurs façons de faire. Bien instruites des régles, des avis & des instructions qui sont donnés pour renoncer aux vices, & pour acquerir les vertus; qu'elle les exhorte souvent à la pratique de l'Oraison, à la dévotion envers la S. Vierge, à l'observance des voeux, leur montrant combien ils sont importans, & qu'elle leur fasse bien considerer ce qu'elles promettent, & tout ce que les Constitutions prescrivent pour le regard des voeux.

Qu'elle ne permette à pas une Novice de servir une autre en quelque chose que ce soit, & qu'entr'elles aucune familiarité ou amitié particuliere ne prenne naissance.

Si elle s'aperçoit que quelque Novice soit attachée à quelques petites choses, comme à un livre, à une image, ou reliquaire, ou autres semblables objets, qu'incontinent elle fasse en sorte qu'elle lui soit ôtée ou bien échangée contre une autre; lui enseignant combien il importe pour la perfection, d'avoir un parfait détachement de toutes les choses du monde.

Qu'elle aye soin que ses Novices ne fassent aucune mortification publique sans la permission de la Mere. Quoique elle soit libre de leur en donner au Noviciat avec la discretion & la prudence convenable.

Qu'elle les exerce souvent à l'anéantissement de leur propre volonté, aux fonctions les plus basses de la maison, & à la parfaite observance des régles communes & particulieres, leur faisant quitter quelque chose que ce soit, commencée & non achevée pour pratiquer l'obéissance. Leur montrant de quelle importance est cette sainte vertu. Et qu'elles ne doivent pas se contenter seulement de faire promptement & entierement les choses exterieures qui leur sont commandées; mais encore qu'elles les doivent faire volontiers & de tout leur coeur. Et de plus obéir avec simplicité, soumettant leur propre jugement à celui des Superieures, pensant toujours que ce que la Superieure commande est le meilleur, quand on n'y voit aucun peché manifeste, ayant continuellement Dieu en vûë pour l'amour duquel elles obéissent.

Qu'elle soit soigneuse de les fonder principalement dans la sainte humilité, leur faisant exercer les plus bas & plus viles offices du Monastere.

Leur faisant quelquefois dire en public leurs défauts par un autre, qu'elles écouteront en silence, quoiqu'elles se sentissent toucher en quelque chose qui ne leur semblât pas véritable, demandant pardon à toutes après la reprehension, remerciant la Soeur qui les aura reprises, & lui baisant les pieds.

Qu'elles parlent à genoux à la Mere Prieure jusqu'à ce qu'elle leur ait permis de se lever. Et qu'elles s'accoutument à lui découvrir leur coeur, & à la Maîtresse avec une grande sincerité pour la gloire de Dieu, & de sa sainte Mere, comme faisant un acte de grande humilité, de mortification & de grand profit pour elles-mêmes, afin qu'elles soient mieux, & plus assurément conduites & aidées.

Lorsque quelqu'une tombera dans quelque faute que la Maîtresse ne s'en trouble pas, ni ne s'en étonne point, mais agissant avec douceur & amour, qu'elle l'exhorte à quitter tel défaut, & à exercer la vertu contraire, plûtôt en vûë de plaire à Notre-Seigneur son Epoux, & à sa très-sainte Mere, que pour d'autre fin, celle-ci étant plus haute, plus noble, plus méritoire & plus efficace pour bien faire toutes choses, & avec plus de facilité, que toute autre; puisque l'amour surmonte toutes les difficultés.

Lorsque quelqu'une sera trop fervente, & remplie de trop grands désirs, elle la retiendra avec prudence autant qu'il sera nécessaire, la renvoyant souvent à la Mere Prieure.

Et encore qu'elle l'avertisse souvent de la façon dont se comportent les Novices, consultant avec elle sur les choses importantes, & principalement lorsque quelqu'une sera tentée, afin qu'elle fasse prier les Soeurs pour elle, sans la nommer, & que l'on lui donne les remedes nécessaires en avertissant encore le Confesseur.

Dans le tems de la consultation pour la profession d'une Novice, qu'elle n'y paroisse passionnée ni affectionnée; mais envisageant Dieu, qu'elle dise son avis avec bonnes raisons, & non pas ce qu'elle voudroit selon sa propre inclination parce que suposer à une Novice des vertus qu'elle n'a pas par quelque affection particuliere; & au contraire par quelque aversion, ou quelque mécontentement reçû par elle, l'accuser de ce qui n'est pas, ce seroit un grand peché.

Et ce qui se dit de la Maîtresse se doit encore entendre pour les autres Religieuses qui doivent donner leur voix pour la profession d'une Novice.

Régles des Portieres.

Chapitre XXVII.

1. Il y aura deux Portieres, lesquelles assisteront à la porte, dont la plus ancienne aura une des clefs; & lorsqu'il sera necessaire d'ouvrir la porte, la seconde Portiere ira demander celle de la Mere Prieure, & après s'en être servie elle la lui reportera.

2. Elles ne laisseront entrer aucune personne sans la permission par écrit de l'ordinaire, remise premierement à la Mere Prieure, & après avoir reçu d'elle sa permission.

3. Elles ne recevront que les choses qui ne pourront entrer par le tour, selon que disent les Constitutions.

4. Quand le besoin obligera de faire entrer quelque homme, elles donneront le signal avec la cloche avant qu'il entre, observant tout ce qui est ordonné par les Constitutions.

Il est à propos qu'il y ait toujours doubles clefs, pour plusieurs cas qui pourroient survenir; comme d'être rompuës ou perduës, & elles seront telles, qu'elles ne puissent ressembler à d'autres ou facilement être contrefaites.

5. Elles ne laisseront aller à la porte aucune des Soeurs sans la permission expresse de la Mere Prieure.

Régles de la Procureuse.

Chapitre XXVIII.

1. Elle recevra tous les deniers du Monastere sous quelque titre que ce soit qu'ils viennent à la maison.

Et elle aura soin de recevoir, de payer & de pourvoir aux necessités du Monastére, faisant tout par l'ordre de la Mere Prieure.

2. Il y aura trois clefs differentes à la caisse, dont la Mere en aura une, la Sous-prieure l'autre, & la Procureuse la troisiéme. Laquelle aussi aura trois livres, l'un pour demeurer dans la caisse, dans lequel elle doit marquer l'argent qui entre, & qui sort de ladite caisse. L'autre des dépenses journalieres du Monastere, qui s'apellera le journalier. Et le troisieme dans lequel sera raporté combien on aura dépensé en chaque espace de tems. 1. Pour le regard de l'Eglise. 2. Pour l'infirmerie. 3. Pour les provisions de la nourriture. 4. Pour les payemens & pour les dépenses de ceux qui servent au dehors, & pour les gages, ou apointemens du Chapelain & du Clerc.

3. Elle rendra compte tous les trois mois à la Prieure, & à deux Discrettes, de la recette, & de la dépense du Monastere, comme les Constitutions ordonnent: & deux fois l'année elle en rendra compte en presence du Chapitre.

4. Il y aura une personne pour acheter laquelle doit être devote, & propre à cet emploi, sçachant écrire, & au besoin intelligente pour la Sacristie, laquelle ne dépendra après la Mere, que de la Procureuse dans ce qui concerne les achats.

5. Elle lui ordonnera ce qu'elle devra acheter, & lui donnera de l'argent suffisamment, laquelle écrira sur le livre du Journalier la dépense qu'elle aura faite. Et la Procureuse se fera donner tous les soirs led. livre, ou bien de deux en deux jours, afin de le calculer & arrêter.

6. Et quand il lui arrivera d'acheter quelque chose au tour, elle le fera avec édification, parlant d'une voix basse, & avec modestie, ne disputant point sur le prix, mais après avoir répondu une fois ou deux, elle le prendra, ou bien elle le laissera. Et ce qu'elle aura acheté elle le remettra aux Officieres, comme les choses de la bouche à la dépensiere; & celles apartenantes au vêtir, à la Maîtresse du travail & à la robiere selon leurs Offices, & ainsi envers toutes les autres Officieres.

7. Elle aura l'oeil sur tous les besoins du Monastere; lorsque la saison sera de faire provision de bled, de vin, d'huile, de fromage, & de toutes autres choses qui se peuvent acheter en gros.

8. Et pour plusieurs occasions qu'elle a de parler au tour, on pourra voir s'il est à propos qu'elle soit une des tourieres.

Régles des Tourieres.

Chapitre XXIX.

1. Celles qui seront destinées pour Tourieres, ne seront pas moins de trois, dont deux y assisteront toujours.

2. Elles ne laisseront aprocher aucune Soeur du Tour, ni ne permettront en cet endroit des entretiens, ni des paroles inutiles.

3. Elles expedieront diligemment les commissions avec édifications, & avertiront la Mere, des presens, des aumônes & des autres choses qui seront envoyées, & puis elles en feront ce que la Mere leur dira. Mais pour les lettres elles les porteront toujours à la Mere.

4. Dans les tems que l'on ne peut pas parler aux Soeurs, elles congedieront modestement chacun, les contentant & les satisfaisant.

5. Pas une ne fera de commission de personne de dehors à aucune de la maison, ni de personne de la maison à aucun de dehors sans la permission de la Superieure.

6. Et quand on parlera au tour une d'elles y sera toujours pour entendre tout ce qui se dira.

7. On n'avertira aucune des Soeurs pour aller au Tour sans l'expresse permission de la Mere Prieure, observant parfaitement tout ce qui est ordonné par les Constitutions.

Régles des Assistantes au parloir.

Chapitre XXX.

1. Il y aura deux ou trois assistantes, lesquelles seront des personnes meures & sages; l'une d'elles assistera toujours aux discours que les Religieuses (avec la permission necessaire) tiendront aux personnes de dehors, faisant en sorte de bien entendre tout ce qui s'y dit, & qui s'y traite, afin de le raporter à la Mere. Et si les Ordonnances seront bien observées.

2. Elles ne manqueront pour aucun égard à bien faire leur office.

3. Et elles prendront garde de rompre toujours les discours quand on fera le signal de l'Office, ou bien de quelqu'autre action commune, auquel il est nécessaire de se trouver.

Régles de la Maîtresse du travail.

Chapitre XXXI.

1. La Maîtresse du travail doit être fort zelée pour assister les pauvres Eglises, se representant que Notre-Seigneur y habite dans une grande pauvreté, comme autrefois dans l'étable où il naquit, ayant besoin de couvertures & de quelques petits drapeaux, qu'il la prie elle & ses compagnes de lui vouloir fournir avec le travail des mains que lui-même leur a donné, & qu'elles considerent la singuliere faveur qu'il leur fait, de vouloir que par leur moyen sa divine Majesté soit couverte, laquelle couvre le Ciel d'étoiles, la terre de tant de belles & diverses fleurs, & tous les Anges & les Saints de gloire.

Et par consequent elle aura un soin singulier de tout ce qui est necessaire pour travailler aux Corporaux, & aux Purificatoires destinés pour les Eglises jusques à ce qu'ils soient entierement achevés pour les donner à Monseigneur l'Illustrissime Archevêque, faisant en sorte qu'il y ait toujours du lin pour filer, & lorsque toutes ne le pourront pas faire pour être occupées à quelqu'autre travail de la maison, qu'il y en ait au moins toujours quelques-unes, & le plus qu'il sera possible (conformément au Jugement de la Mere Prieure) qui soient occupées à cet Office.

2. Elle aura encore soin des ouvrages que l'on fera pour l'usage de notre Eglise, prenant garde que l'on n'excede en rien ce qui est prescrit à cet égard dans nos Constitutions, estimant qu'il est de la plus grande gloire de Dieu d'observer la modestie propre à notre Institut, en vûë d'honorer la pauvreté que Notre-Seigneur Jesus-Christ, notre Epoux, embrassa en toutes choses, & pour mortifier notre inclination qui nous porte toujours aux choses hautes & les plus honorables aux yeux du monde, quoique quelque fois elle soit couverte du prétexte de la plus grande gloire de Dieu.

3. Les ouvrages qui seront faits pour l'usage de la maison seront à ses soins, & elle donnera avis du necessaire prévenant les tems, afin que rien ne vienne jamais à manquer, conferant de tout avec la Mere; elle aura encore soin de rapiecer les vêtemens, tant ceux d'esté, que ceux d'hyver, ôtant ceux qui seroient trop vieux, & en faisant de neufs quand il sera besoin; ne donnant pourtant rien de neuf sans l'ordre de la Mere Prieure.

4. Et s'il arrive que la pauvreté contraigne à travailler pour les personnes de dehors, elle recevra elle-même les ouvrages, les rendra, & en recevra le prix en argent, marquant le tout ainsi qu'il convient sur un livre fait exprès à cet effet, & remettra l'argent à la Procureuse, comme les Constitutions ordonnent.

Régles de l'Infirmiere.

Chapitre XXXII.

1. L'Infirmiere doit être très-charitable, prudente, diligente, patiente, joyeuse & de bonne santé, avec une ou plusieurs compagnes sous elle, ainsi que la Mere jugera être necessaire.

2. Elle aura un grand soin des Infirmes, des Convalescentes, des Foibles & des Vieilles, comme disent les Constitutions.

3. Quand on donnera le signal pour faire entrer le Medecin, elle s'y trouvera presente avec la Mere Prieure, ou bien avec la Sous-Prieure, afin de prendre garde à tout ce qui sera necessaire.

Elle aura encore soin de tout ce qu'il ordonnera pour ce qui concerne les malades, tant par raport aux recettes que l'on doit envoyer à l'Apoticaire, comme pour les ordonnances qu'il laissera pour la façon de vivre & pour le gouvernement des infirmes, faisant en sorte que le tout soit bien accompli & au tems convenable. Elle prendra garde que pas une ne consulte le Medecin sans la permission de la Mere Prieure.

4. De même elle aura soin que les lits soient bien accomodés, & les chambres bien nettes, avec les bonnes odeurs dont quelquefois il est besoin.

5. Elle tiendra les infirmes joyeuses & dévotes, avec quelque livre spirituel qui sera toujours prêt à l'Infirmerie. Leur faisant observer les ordres du Médecin. Ne les laissant point lever sans permission, quand il y aura du doute que cela leur pourroit nuire; & elle en aura soin jusqu'au tems qu'elles seront remises avec la Communauté, selon le jugement de la Mere Prieure.

Elle sçaura d'elle quelles Soeurs elle doit apeller pour visiter les Infirmes; & que l'on prenne garde d'y parler avec édification, & de choses qui puissent réjoüir la malade, & que ce soit d'une voix basse afin de ne la point incommoder par le bruit & par le trop de paroles.

6. Lorsque l'infirmité sera dangereuse, elle fera en sorte avec la Mere Prieure que tous les Sacremens soient administrés à la Malade à propos.

7. Et si la maladie étoit contagieuse, elle verra avec la Mere Prieure comment elle & ses compagnes se doivent comporter, & qu'elle ne soit pas indiscrette à prendre plus grande peine qu'elle ne peut porter, afin de conserver sa santé, procurant les aides suffisantes, principalement quand on en doit veiller quelqu'une jour & nuit.

Elle aura soin avec ses compagnes du corps mort jusqu'à ce qu'il soit porté au Choeur.

Régles de la Sacristine.

Chapitre XXXIII.

1. Le devoir de la Sacristine est d'être fort dévote, en maniant des choses benites, & qui sont dévoüées au Très-Saint Sacrement; & conjointement amie du silence, ne parlant avec les Ministres de l'Eglise, que lorsqu'il sera nécessaire & avec la modestie convenable.

2. On mettra ordre autant qu'il sera possible que la Sacristine ne parle seulement qu'à celui qui aura soin de la Sacristie où les Prêtres s'habillent, ou bien à quelqu'autre qui sera nécessaire, & qui lui sera assigné par la Mere.

3. L'Office de la Sacristine sera d'avoir soin de tous les ornemens, & de tout ce qui apartient à l'Eglise. C'est pourquoi lorsqu'elle entrera en office elle les recevra par maniere d'inventaire, & de la même maniere elle les remettra à celle qui lui succedera. Elle aura un livre où tout sera écrit, & où elle écrira ce que elle aura acquis de nouveau pour l'Eglise avec le jour & l'année, effaçant celles qui par leur vieillesse ne pourront plus servir à cet usage.

4. Pour ce qui est des Messes ou autres choses, elle ne fera ni ordonnera rien à l'insçu de la Mere.

5. Elle fera en sorte autant qu'il lui sera possible que Notre-Seigneur soit servi avec propreté, tenant tous les ornemens de l'Autel, & ceux des Prêtres nettement, & bien accommodés; changeant souvent les Corporaux & les Purificatoires, lavant ceux qui auront servi après qu'ils auront été lavés la premiere fois par quelque personne qui soit _in Sacris_.

6. Elle aura soin que tant pour les ornemens, comme pour les Chasubles, les Etoles & les Manipules des Prêtres, il y en ait suffisamment, & que l'on mette au tems convenable les couleurs canoniques. Sçavoir le blanc, le rouge, le vert, le violet & le noir, tant pour les fêtes comme pour les jours de ferie.

7. Tous les matins elle donnera les Ornemens, avec le vin, & l'eau fraichement tirés peu auparavant, prenant garde que tout ce qu'elle donnera soit très-net.

8. Elle aura soin que le Clerc tienne la lampe allumée devant le Très-Saint Sacrement. Qu'il y ait de l'eau benite à l'Eglise & dans la maison, dans les chambres des Religieuses & autres endroits; & que tous les ans à Pâques les saintes Huiles soient renouvellées pour les Agonisantes.

9. Elle aura aussi soin de sonner ou de faire sonner dans leur tems, les Offices Divins, conformément à l'ordre de la Mere Prieure. Et de faire souvenir de l'intention pour laquelle on doit prier ou faire d'autres dévotions selon l'ordre que la Mere lui donnera; & s'il est nécessaire de mettre au Choeur une liste ou quelque avertissement, elle le fera.

10. Lorsque quelqu'une des Religieuses sera à l'agonie, elle aura soin que l'on prie continuellement, & que tous les secours spirituels ordonnés pour celles qui sont en cette extrêmité, lui soient administrés par ordre, si la Mere Prieure n'en donne pas soin à quelqu'autre. Et après qu'elle sera morte la Sacristine aura encore soin de tout ce qui apartient aux obséques & à la Sépulture. Et que l'on fasse pour elle les suffrages accoutumés.

11. Et parce que lorsque les Religieuses se confessent, il est nécessaire ordinairement qu'il y ait un arrangement entr'elles donnés par la Mere Prieure, pour sçavoir celle qui y doit aller la premiere, & celles qui la doivent suivre, elle aura soin de le faire observer, & de ne laisser aller aucune au Confessional sans permission si ce n'est celle qui sera assignée pour se confesser à cette heure là.

12. Quant à ce qui est de préparer le monument de la semaine sainte, elle fera attention de n'emprunter que le moins qu'il lui sera possible, faisant quelques choses qui sentent la modestie & le recueillement, & qui soit propre pour exciter les coeurs à la dévotion, sans y mettre divers ornemens qui ne servent qu'à donner de la distraction.

13. Elle aura soin que la fenêtre pour la sainte Communion soit toujours fermée, & que la Mere en ait la clef: La prenant d'elle dans le tems de la Communion. Comme aussi de porter tous les soirs à la Mere Prieure les clefs de l'Eglise & celles des grilles, les reprenant tous les matins dans le tems convenable. Elle aura encore soin de faire ouvrir l'Eglise au dehors au tems que la Mere l'ordonnera, & de la faire balayer une fois ou deux la semaine selon le besoin.

Régles de la Dépensiere.

Chapitre XXXIV.

1. La Dépensiere aura soin de tout ce qui est au Monastere concernant la nourriture, excepté des fruits qui ne sont pas de garde (comme en été) & du pain & du vin qui sont de l'Office, & au soin de la Refectoriaire.

2. Elle prendra tous les jours l'ordre de la Mere Sous-Prieure, si la Mere Prieure ne donnoit le sien, sur ce qu'elle doit faire pour les repas, tant pour les saines, comme pour les infirmes, ou de celles qui auroient besoin de quelque particularité. Faisant qu'elles ayent toutes ce qui leur est nécessaire, selon l'ordre des Superieures. Elle assistera à la cuisine durant le service de la premiere table, & sa compagne y sera pour la seconde, afin que toutes soient pourvuës.

3. Elle distribuera au Refectoire, à la cuisine, & à l'infirmerie tout ce qui sera nécessaire; tenant les viandes sous la clef bien conservées comme les biens de Jesus-Christ, les visitant souvent, afin que rien ne se gâte, & distribuant le premier ce qui sera en danger de se perdre.

4. Elle conservera diligemment les restes pour les employer en ce que la Mere ordonnera.

Régles de la Robiere.

Chapitre XXXV.

1. La Robiere doit avoir soin de tout le linge de la maison, des linceuls, des couvertures de lit, & les choses semblables, comme disent les Constitutions.

2. Et comme en entrant dans son office, elle doit recevoir le tout par maniere d'inventaire, de même en sortant de l'Office, elle le doit remettre de la même maniere à celle qui lui succedera, avec ce qui aura été fait de nouveau durant le tems de son Office, & de même elle en effacera ce qui ne pourra plus servir au jugement de la Mere Prieure.