Reconnaissance au Maroc, 1883-1884 (Texte)
Part 58
[Note 129 : Les altitudes ont été calculées par M. Raymond, à qui je dois de vifs remerciements pour ce travail. Voici, sur la manière dont il a procédé, les éléments qui lui ont servi et l’approximation obtenue, une note qu’il a composée.
« Pour la détermination des altitudes, on a fait usage d’un petit baromètre anéroïde construit avec soin et compensé des variations de la température. Cet instrument a été considéré comme exact au départ, mais il est résulté de comparaisons faites par le voyageur, avec deux autres baromètres, que vers le milieu d’août 1883 il a éprouvé un dérangement qui lui a fait marquer 2mm en plus ; cette erreur instrumentale s’est conservée jusqu’à la fin du voyage. On a tenu compte de cette correction, ainsi que de celle due à l’oscillation diurne du baromètre, que l’on a supposée être de 2mm, dans les régions explorées.
« Les calculs des altitudes ont été faits en employant la formule de Laplace et en négligeant les décimales peu importantes.
« La détermination de la pression au niveau de la mer, à chacune des observations, a constitué une des difficultés principales pour l’exactitude des calculs. Pour avoir les hauteurs du baromètre au niveau de la mer, on a fait usage des observations relatées dans le Bulletin météorologique du gouvernement de l’Algérie et dans le Bulletin météorologique international.
« Tant que le voyageur a été dans le voisinage des côtes, les données des Bulletins ont pu être utilisées avec profit, mais dans l’intérieur du Maroc la tâche a été plus difficile et les valeurs obtenues pour certains jours se sont peut-être éloignées de la vérité de plusieurs millimètres. Du reste, quelques altitudes ont pu être vérifiées et, dans les localités où le voyageur a passé plusieurs fois, on a pris des moyennes qui, dans certains cas, ont servi à corriger les hauteurs des points voisins qui ont paru défectueuses.
« Nous ferons aussi remarquer que, pendant le cours de ce voyage, la pression au niveau de la mer a presque toujours été bien au-dessus de 762mm, nombre admis pour la hauteur barométrique de ce pays au niveau de la mer.
« Nous pensons que les erreurs principales proviendront de la difficulté de se rendre compte de la pression atmosphérique au niveau de la mer, et de la correction (_a_/1.000)2 (_t_ + _t′_) de la formule de Laplace, qui a été laissée le plus souvent à l’appréciation du calculateur, la température n’ayant pu être notée aussi souvent que les hauteurs barométriques. »
Les observations de température ont été faites avec des thermomètres fronde et des thermomètres à minima construits par M. Tonnelot.]
NOTE SUR LES MATÉRIAUX QUI ONT SERVI A DRESSER L’ITINÉRAIRE DU VOYAGE.
Les matériaux qui ont servi à tracer l’itinéraire de mon voyage sont :
1o Les positions de Tanger, d’Agadir Iṛir et de Mogador, données par les cartes marines ; la position d’El Qçar, déterminée astronomiquement par MM. François et de La Porte ; la position de Fâs, déterminée astronomiquement par Ali Bey et vérifiée par MM. François et de La Porte ; la position d’Oudjda, fournie par la carte de l’Algérie dressée en France, en 1876, au Dépôt de la Guerre ; la longitude de Tétouan, donnée par Tofiña.
2o Les points dont j’ai moi-même déterminé astronomiquement les positions, savoir :
En latitude et en longitude : Zaouïa Sidi Reḥal, Tagmout (Glaoua), Tikirt, Tazenakht, Agadir Tisint, Tintazart, Afikourahen, Tamnougalt, Taourirt (Todṛa), Gelmima, Qcîra el Ihoud (Tiallalin), Qaçba el Makhzen (Qçâbi ech Cheurfa). En latitude : Tétouan, Tâza, Mạder Soulṭân, Ouṭat Oulad el Ḥadj. En longitude : Sfrou et Demnât.
3o Mon cheminement et mes tours d’horizon faits à la boussole. (Tout mon itinéraire a été relevé à la boussole.)
Sur deux points, je suis en désaccord avec les observations faites avant moi. Je n’admets ni la latitude de Tétouan proposée par Tofiña, ni la position de Tâza donnée par Ali Bey.
J’adopte pour Tétouan la latitude fournie par mes observations astronomiques, latitude qui concorde avec mon levé à la boussole et avec ceux de M. Tissot.
Pour Tâza, la longitude déterminée astronomiquement par Ali Bey place, selon moi, la ville trop à l’est ; elle la met à une distance de Fâs qui me paraît exagérée et inadmissible. L’erreur me sembla évidente dès mon arrivée à Tâza ; j’y pris plusieurs angles horaires du soleil, dans l’espoir de la corriger ; malheureusement, des arrêts du chronomètre rendirent ces observations inutiles. De retour, la construction de mon itinéraire montra que je ne m’étais pas trompé : Tâza d’Ali Bey était trop vers l’est ; jamais, placée ainsi, je n’eusse pu y parvenir dans le temps que je mis. En relisant Ali Bey, je vis que sa longitude avait été observée dans des conditions peu favorables, le même jour qu’une latitude où il reconnut dans la suite une erreur de 21′. En outre, l’erreur que je crois exister dans la longitude de Tâza a été trouvée, égale et de même sens, dans celle d’Oudjda, qu’Ali Bey détermina quelques jours plus tard. Je rejette donc cette longitude et j’adopte provisoirement celle que fournit mon levé.
Ali Bey détermina aussi la latitude de Tâza. Il y fit, à peu de distance, deux observations qui présentent un écart de 21′. Cette différence jette des doutes sur leur exactitude. J’ai pris à Tâza plusieurs hauteurs de l’étoile polaire ; les résultats qu’elles ont fournis concordent entre eux et avec mon itinéraire à la boussole. J’adopte comme latitude celle qui ressort de mes observations astronomiques.
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INDEX DES NOMS GÉOGRAPHIQUES CONTENUS DANS LE VOLUME ET DANS L’ATLAS.
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