Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome I

Part 30

Chapter 303,014 wordsPublic domain

Témoin encore George le Syncelle, qui dit également, page 359: «Ainsi les Assyriens possédèrent l'empire pendant un espace de 1306 ans, comme le dit _Diodore, sur l'autorité et le témoignage de Ktésias_.» Les 1360 ans de nos imprimés doivent donc être une faute de copiste, par une méprise décimale de 60 pour 6. Le nombre de 1306 doit d'autant mieux être la vraie leçon, que Diodore, à la fin de ce fragment, va nous donner le nombre rond de 1300, comme son synonyme, ce qui ne pourrait se dire de 1360. Enfin Justin ou Trogue-Pompée n'a lu que 1300 ans.

A cette occasion, remarquons que nos premières éditions ont en général été une source d'erreurs, parce que les savants n'eurent pas alors toutes les facilités de consulter beaucoup de manuscrits; et que depuis lors, ces premiers imprimés, en faisant négliger et perdre les manuscrits mêmes, sont devenus le type défectueux de toutes nos copies.

[256] _Voyez_ à ce sujet un intéressant mémoire de M. de Guignes, qui prouve que la morale de Salomon, dans le Cantique, dans les Proverbes et dans l'Ecclésiaste, est absolument la même: il eût dû ajouter que le système appelé _épicurisme_ a, comme tous les autres systèmes des Grecs, été puisé en Asie, où il régnait depuis des siècles. (_Mémoires de l'Académie des Inscriptions_, tome XXXIV). Solon dit à Krœsus: «Ne donnez pas le titre d'heureux à un homme avant sa mort.» L'Ecclésiaste dit: _Ante mortem ne hominem laudes_.

[257] Le stade de Ktésias est celui de 833 et 1/3 au degré, ce qui donne ici environ 4782 toises, ou 2 lieues 1/4.

[258] Confrontez la page 383 [%%N° page] ci-devant.

[259] Tout ce prétendu extrait d'Hérodote est faux, comme nous l'allons voir ci-après.

[260] Par conséquent, 23 livres, qui, avec celui des _Indiens_, font 24, en imitation d'Homère.

[261] _Voyez_ page 433 [%%N° page]. Pour la fin du règne de Sardanapale, il cite Ktésias en son livre second: les Mèdes ont dû commencer avec le livre III.

[262] «J'avais ouï dire qu'il s'était fait quelque chose de semblable à Ninive, ville des Assyriens. Quelques voleurs, instruits du lieu souterrain où Sardanapale, roi de Ninive, conservait d'immenses sommes d'argent, formèrent le complot de les enlever. Pour cet effet, après avoir bien mesuré leur distance au palais du roi, ils ouvrirent une mine dans la maison qu'ils habitaient, et pendant la nuit, jetant les terres provenues de leur fouille dans le Tigre, qui baigne Ninive, ils finirent par arriver au but qu'ils désiraient.» _Hérodote_, _lib. II_, § CL.

[263] Larcher a traduit: y rendait la justice; ce terme ne se dit que d'un juge déja constitué: Deïokès, encore simple particulier, la _pratiquait_; il ne la rendit que lorsqu'ensuite il fut élu juge.

[264] _Voyez_ Photius, _Biblioth. historica_, pages 114 et 115.

[265] Cambyse règne 8 ans, dans le Kanon, parce que cette liste, qui n'admet point de fractions, lui donne les 5 mois de Smerdis.

[266] Lib. I, § CXXX.

[267] Ihouïkin, disent leurs annales, fut tiré de prison l'an 37 de sa captivité, première année d'_Aouil-Mérodak_:or il y avait été jeté l'an 8 de Nabukodonosar; donc, etc.

[268] Kalakène, Gauzanitèz et Kaboras de Ptolémée. Ces deux derniers situés en Mésopotamie, à 50 et 60 lieues de Ninive. Le Kalakène est à l'est du Tigre, sur le Grand-Zab, ou Lycus.

[269] Joseph. _Antiq. judaic., lib. XI, n° 2, initio_.

[270] Reg. II, chap. 18.

[271] _Voyez_ Josèphe, contre Appion, lib. I.

[272] Histoire des Juifs, partie II, lib. I, _in fine_.

[273] Le Syncelle, page 502; et ces 10 ans sont aussi la leçon du manuscrit alexandrin, qui ne lit point _deux_, mais _dix_.

[274] Vers 277 avant J.-C.

[275] _Voyez_ Prideaux, année 277.

[276] _Moses Chorenensis_ Historia Armeniaca, cap. VII, p. 20.

[277] Les Parthes des Grecs et des Romains ne sont pas autre chose que les _Kurdes_ et les Mèdes ressuscités.

[278] Fréret a voulu douter de ce fait, par la raison que _Ninive_ n'existait plus. Mais outre que le nom de Ninive, à cette époque, est encore mentionné par Tacite et Ptolomée, les Arméniens ont pu en donner le nom à une ville voisine, par exemple à celle que les Arabes ont appelée _Moussol_: Fréret a douté, parce que ce fait contrariait son hypothèse. Ammien-Marcellin dit positivement (lib. XVIII, cap. VII), «Sapor passe par Ninive, ville immense: (et page 355, il ajoute) dans l'Adiabène est Ninive.»

[279] Il ajoute que ce fut 80 ans avant Nabukodonosar; mais ce calcul, qui est de lui, est erroné.

[280] Il ne cite en aucun endroit le livre de Ktésias, mais seulement Diodore, page 231.

[281] L'initiale _Eu_ est ajoutée comme dans _Eu_-phrat-es, qui en syrien est seulement _pharat_.

[282] Mém. de l'Académ. des Inscript., tome XLV, pages 351-361 et suivantes, année 1783.

[283] L'un des généraux de _San-Harib_ est appelé _Rabb-Saris_, qui signifie littéralement _chef des eunuques_. Un autre est nommé _Rabb-Sakès_, ou plutôt _Rabb-Shaqeh_, _chef de ceux qui versent à boire_, _le grand échanson_: _phal_ ou _pal_ pourrait être une altération de _bal_ ou _bel_. _Teglat_ est le mot _Diglit_, nom du fleuve _Tigris_, que Pline nous apprend signifier une _flèche_, et tout ce qui est rapide..... _Ana-baxarès_ pourrait être _aïna-batsar_, _soleil d'or_, ou _source d'or_. Enfin, l'un des noms de _Sardanapale_, Thonos-Koun-Kolèros, s'explique en partie, _base et soutien_ (Koûn.) _de toute la terre_ (Kôl _arts_). _Memno_ lui-même, ce général de Teutam, est un mot pur chaldéen et arabe, signifiant _investi de confiance_; _m'amnou_, par emphase _m'amnoûn_.

[284] _Voyez_ le fragment cité en Diodore.

[285] Mosès, page 59.

[286] Il suffit de lire le chap. 4 avec quelque attention, pour être convaincu de ce fait. Kyrus permet de rebâtir...... on intrigue auprès de lui. L'effet de sa permission demeure _suspendu tous les jours de sa vie_. Ahshouroush (Cambyse) règne après lui; on lui écrit contre les Juifs dès le début de son règne; il empêche de bâtir. Artah-Shata (_Smerdis_) lui succède. Les Samaritains écrivent encore. Enfin Darius arrive; les Juifs réclament et obtiennent la permission de bâtir. Prendre _Artahshata_ pour Artaxerce, c'est tout confondre sans motif.

[287] Dictionn. de Castelli, page 28.

[288] Præp. evang., lib. IX.

[289] _Valesii excerpta_, in-4°, page 427.

[290] C'est la description qu'en fait Athénée, lib. XII.

[291] _Gar_ est un mot persan, qui signifie _faiseur_, et qui termine tous les noms de métiers. Nous ignorons ce que signifie _ag_.

[292] _Voyez_ Chronologie de Larcher, article _prise de Troie et rois de Lacédémone_.

[293] Le règne d'Agis est réduit à _un an_, quoiqu'il ait été, dit-on, le plus riche en grands événements.

[294] Clemens Alexandr. Strom., lib. I, pag. 402.

[295] Ces noms grecs sont évidemment la traduction des noms, tyriens, ayant le même sens.

[296] _Tatian. Orat. ad Grœcos_, I, pag. 273, n° 37.

[297] Lib. II, § LIII.

[298] Plutarque, vie de Lycurgue.

[299] Théopompe et _Satyrus_, historiens spéciaux des rois macédoniens, comptent _onze_ générations, comme Strabo. Velleïus en compte 16; mais Velleïus est un compilateur tardif, peu sûr en chronologie.

[300] Chronologie, art. des rois de Sparte.

[301] La prise, de Troie étant placée à l'an 1022, il s'ensuit que l'anachronisme de Virgile n'est pas de 400 ans, comme le veut le traducteur d'Hérodote, ni de 300 et plus, comme on l'inférerait des autres opinions. Il se réduit à 151 ans: car la fuite de Didon en Afrique étant arrivée 143 ans 8 mois après la _fondation_ du temple de Salomon, selon Josèphe, qui s'autorise des Annales de Tyr (contre Appion, lib. I, n° 17 et 18); et cette fondation répondant à l'an 1015 avant notre ère, il s'ensuit que l'arrivée de Didon en Afrique tombe à l'an 871, tandis que la prise de Troie répond à l'an 1022: différence 151.

[302] Lib. I, cap. 6.

[303] La liste de Mosès de Chorène ne porte pas de nombres; mais nous lui transportons ceux de l'Eusèbe vulgaire.

[304] Moses Chor., pag. 231.

[305] _Idem_, pag. 51.

[306] _Voyez_ Velleïus, liv. I, chap. VI.

[307] Larcher, Chronologie, page 144, assure que Diodore et Sura comptent 1310 ans, et l'on voit que cela n'est vrai ni pour l'un ni pour l'autre.

[308] _Voyez_ le Syncelle, page 167. A cette occasion, le Syncelle fait une remarque importante sur la manière dont Eusèbe a dressé ses tableaux comparatifs: «Eusèbe, dit-il, en approuvant l'opinion de Castor, qui renferme l'empire assyrien dans une durée de 1280 ans, ne lui en donne pas moins celle de 1300, avec le nombre de 36 rois. Son motif a été de couvrir l'erreur où il s'est laissé induire sur le temps écoulé entre le déluge et Abraham, par divers faux raisonnements, entre autres par l'omission qu'il fait du nom et des années du Caïnan, 13e depuis Adam, selon _Luc_ (st.), etc.»

Ici le Syncelle nous révèle son propre secret et celui de tous les anciens auteurs dits _ecclésiastiques_, qui, à l'exemple du prêtre _Africanus_, leur modèle, ont pris pour base de tous leurs calculs la création du monde selon les Juifs, et ont commis la faute ridicule de partir d'un point aérien par lui-même et non fixé dans leur propre système (puisque les textes grec et hébreu diffèrent de plus de 1500 ans), pour descendre, comme en ballon, d'un temps inconnu au connu, quand le plus simple bon sens prescrivait de partir des temps connus et certains, pour remonter, d'échelon en échelon, à ceux qui le sont le moins: dans le cas présent, ayant d'abord adopté sans examen le système de Ktésias, et trouvant que tel nombre d'années plaçait Ninus vers le temps d'Abraham, ces calculateurs mécaniques descendent tête baissée à travers toutes les difficultés, même celles de la période des juges, pour aboutir, sans savoir comment, aux rois de Ninive et de Babylone, cités par les Hébreux. Le Syncelle reproche à Eusèbe d'avoir substitué le nombre 1300 (et cependant notre liste d'Eusèbe porte 1239) aux 1280 _de Castor_, et lui-même, suivant la trace d'Africanus, a porté à 1460 ans la durée de l'empire assyrien, par l'introduction arbitraire de quatre rois inconnus de tous les anciens. Avec ces inexactitudes et ces infidélités renouvelées à chaque instant, et communes à tous les anciens auteurs ecclésiastiques, l'on ne peut avoir aucune confiance en leurs assertions, et l'on ne doit en avoir qu'une très-circonspecte dans les citations qu'ils nous donnent.

[309] Sync., page 167.

[310] _Ita ut vicennalis obiret nullus._ Si l'on disait que pas un _ne vécut_ 20 ans, le sens serait absurde, et _la succession impossible_... Képhalion continue: _Que si l'on veut savoir le nombre de ces rois, Ktésias en citera, je crois, 23 noms_. (Mais Diodore et Mosès en attestent 30)... _Or, environ 640 ans après Ninus, Bélimus s'empara de l'empire des Assyriens... Que si vous comptez 1000 ans depuis Sémiramis jusqu'à Methræus_... (Il y a ici une lacune). _A Methræus succéda Tautanès, vingt-deuxième roi._ (Mais si Ktésias n'a compté que 23 noms, Sardanapale ne saurait suivre Tautanès. Il y a évidemment ici mutilation du texte de la part du Syncelle). _Voyez_ page 167 de sa Chronographie.

[311] _Stephanus_, _de Urbibus_, au mot _Chaldæi_.

[312] _Voyez_ la note ci-devant, page 462 [%%N° page].

[313] _Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori... Hunc Sardanapalum vocat Polyhistor Alexander, qui ad Astyagem Mediæ satrapam misent et filiam ejus Aroïtem uxorem filio suo Nabuchodonosoro sumpserit. Hic traditis sibi copiis a Sarako Chaldæorum rege præpositus, in Sarakum ipsum, et Ninivem civitatem arma vertit; cujus impetum et adventum veritus Sarakus, incensa regia igne se absumpsit. Imperium vero Chaldæorum et Babylonis collegit Nabopolassarus, pater Nabuchodonosori_.

[314] Dans son commentaire sur le chap. 20 d'Isaïe, saint Jérôme remarque que _Sargoûn_ eut sept noms différents, et nous en trouvons sept à _Sennacherib_; savoir, _Anakindarax_, Anabachères, Acrazanes ou Acraganes, Épecherès, Ocrapazes et Sargoûn. Cet interprète doit avoir emprunté cette opinion des rabbins, ses maîtres; et il semble les désigner, lorsqu'il ajoute, chap. 36 du même Isaïe: _d'autres pensent qu'un seul et même roi d'Assyrie est appelé de plusieurs noms... Ces autres-là_ avaient raison contre lui dans le passage suivant:

«J'ai lu quelque part, dit-il, que Sennacherib fut le même roi qui prit Samarie: mais cela est faux; car l'Histoire sacrée nous dit qu'un premier roi, _Phul_, sous Manahem, dévasta les 10 tribus; qu'un second roi, _Teglat-phal-asar_, sous Phakée, vint à Samarie; qu'un troisième Salmanasar, sous Osée, prit cette ville; qu'un quatrième, _Sargon_, prit Azot; qu'un cinquième, Asaradon, après avoir déporté Israël, établit des Samaritains pour gardiens de la Judée; et qu'un sixième, Sennacherib, sous Ézéchias, après avoir pris Lachis et toutes les autres villes, assiégea Jérusalem... _D'autres pensent qu'un seul et même prince est appelé de plusieurs noms_.» Comment, sur Isaïe, chap. 36, tome III, page 286.

Il y a plusieurs fautes dans ce passage. _Sargon_ n'est point nommé dans les Chroniques, mais dans Isaïe, qui écrivit plus de 200 ans avant leur rédaction, et qui, de son côté, ne nomme point _Sennacherib_. Avant d'en faire deux rois, il eut fallu les discuter. 2° _Esdras_ ou son _rédacteur_, dit, lib. I, cap. 4, v. 2, qu'_Asar-Hadon_ déporta les tribus; mais la lettre originale des Samaritains, v. 10, dit que ce fut _Asnafar_; et d'après le témoignage exprès des _Chroniques_, cet _Asnafar_ fut Salmanasar. _Asar-Hadon_ doit être une interprétation du rédacteur. 3° Sennacherib ne fut pas roi _sixième_, postérieur à Asaradon; car l'Histoire sacrée dit positivement qu'Asaradon fut _son fils le plus jeune_. Il y a ici plus que négligence, il y a défaut de jugement et de critique; et tel a été le caractère de tous les écrivains ecclésiastiques: occupés uniquement d'objets qui n'exigeaient que la foi _implicite_, ils ont ignoré ou rejeté l'art de la discussion et de la critique.

[315] Dans la liste d'Eusèbe, nous avons un _Balétorès_ à l'an 659; ce qui ne diffère pas matériellement: et ce nom babylonien, _Bal-atsar_, va reparaître dans le _Bélitaras_ d'Agathias, bien clairement _Bélésys_.

[316] _Post Sardanapalum Assyriorum imperium Ninum obtinuisse alii asserunt, e quorum numero prodit Castor, qui hæc verba scribit: Primo quidem ordine reges Assyriorum generis et imperii seriem a Belo ducentes locavimus; quanquam de ejus imperii tempore certa et aperta notitia non constet, nominis equidem agimus memoriam. A Nino quoque Chronographiæ principium duximus, et in Ninum Sardanapali successorem desinimus._ Syncelle, page 206.

[317] _Ninus primo videtur imperium stabilisse, et post eum Semiramis, ac deinceps omnes horum posteri ad Belum Derketadæ filium. Cumque in hoc Belo Semiramicæ stirpis successio desineret, Belitaras quidam vir insitor et hortorum qui in regia erant curator et magister, imperium sibi mira ratione vindicavit, suoque generi inserit, prout Bion et Alexander Polyhistor memoriæ prodiderunt, donec, Sardanapalo regnante, ut illi scribunt, quum emarcuisset imperium, Arbakes Medus et Belesys Babylonius illud Assyriis eripuerunt interfecto rege, et ad Medos transtulerunt, sex et trecentis jam supra mille et paulo amplius annis elapsis ex quo Ninus primum summam rerum obtinuerat. Ita enim Ktesia Cnidio tempora describenti, Diodorus assentitur. Medi itaque rursum imperium sunt adepti_: Agathias, _lib. II, page_ 63.

[318] Quant au motif de cette faute, nous n'en apercevons qu'un seul qui nous semble plausible. Le médecin grec Ktésias, devenu prisonnier des Perses à la bataille de _Kounaxa_, l'an 401 avant Jésus-Christ, arriva à la cour d'Artaxerces, environ 13 ans après que les Égyptiens se furent _révoltés_, c'est-à-dire eurent recouvré leur indépendance nationale, ravie 112 ans auparavant, par Cambyse, fils de Kyrus. _Le Grand-Roi_ irrité leur faisait la guerre, mais avec peu de succès. Ses diplomates durent, selon l'usage, donner à cette guerre les motifs les plus légitimes, ou les plus adaptés à l'esprit des peuples. Dans tous les pays, l'antériorité de possession a toujours été considérée comme l'un des droits établissant la propriété. Selon les Égyptiens, leur roi Sésostris avait subjugué la Perse vers l'an 1354 avant notre ère; et quoiqu'il ne l'eût soumise qu'en passant, les Égyptiens pouvaient s'en prévaloir, pour dire que ce n'était pas eux, mais les Perses qui étaient des _rebelles_. Ce dut donc être une étude, un besoin de la part de ceux-ci, de prouver ou de rendre plausible, que les Assyriens, dont ils se prétendaient les héritiers et les représentants, avaient possédé l'Égypte long-temps avant cette époque; il devenait d'autant moins aisé de les refuter, que cette possession était plus antique. De là le système de falsification qui plaça Ninus à plus de 2000 ans avant notre ère, et qui lui attribua, ainsi qu'à Sémiramis, une étendue de conquêtes qui n'avait pas eu lieu. En attribuant à Ktésias le doublement des Mèdes, nous ne voudrions pas garantir qu'il ne fût l'ouvrage des _savants_, de la cour d'Artaxerces; mais nous croyons que celui des Assyriens leur appartient exclusivement, et que Ktésias lui-même a été induit en erreur: ce qui rendra croyable et même vraisemblable cette imposture historique de la part des Perses anciens, c'est que dans notre chapitre de Zoroastre, l'on verra l'exemple avoué d'une autre imposture semblable, commise par un roi de Perse, Sasanide, d'accord avec son clergé, relativement à la dynastie des Parthes.

[319] Specimen Historiæ Arabum

[320] Historia imperii vetustissimi Iectanidarum in Arabia felice. In-4°, Harderovici Gueldrorum, 1786.

[321] Le latin observe la même analogie de mots et d'idées car _vincere_ (vaincre) n'est qu'une modification de _vincire_, _lier_, _vinctus_, _victus_, _vinctor_, _victor_. L'historien Hamza déclare que l'étymologie de _Saba_ l'embarrasse; mais, elle est exacte dans l'hébreu, ou _sabah_ (shabah) signifie _emmener captif_. Ainsi l'antique homérite était analogue à l'hébreu, et nous en verrons un autre exemple dans les noms de _Zohák_.

[322] Idées sur les relations politiques et commerciales des anciens peuples de l'Afrique, _en allemand_; par A. H. L. Heeren, professeur de philosophie à Gœttingue, etc., l'un des meilleurs livres historiques publiés de nos jours, dont nous n'avons qu'une traduction bien incomplète publiée en l'an VIII (1800).

[323] _Voyez_ Étienne de Byzance, qui écrit _Télané_, probablement par l'altération de K en T, ou parce que les Syriens ont prononcé le _ké_, _tché_, comme les Arabes.

[324] _Voyez_ un Mémoire très-approfondi de M. de Sacy, sur la littérature des Arabes et sur les monuments, tome XLVIII des Mémoires de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, pages 247 et suivantes.

[325] Une maladie grave empêcha l'estimable Niebuhr d'avoir une copie qu'on lui disait prise sur une ancienne inscription; mais la main de qui il l'eût tenue, nous eût laissé des doutes légitimes.

[326] On a cru un instant que M. Grotefend avait eu ce bonheur; mais son explication n'a pas eu de suites, et elle ne devait pas en avoir, car elle est fondée sur deux mots dont nous croyons l'orthographe très-vicieuse. M. Grotefend dit que _Darios_ devait être écrit Darheusch, et _Xerces_, _Khsch-h-er-Sché_: il est très-probable que le _Xerces_ des Grecs n'a point eu pour type un mot si compliqué, et qu'il est seulement la double syllabe _shir shah_ qui, en persan moderne, signifie le _lion-roi_; et tout l'édifice s'écroule. Espérons que les planches d'airain trouvées à Cochin par les missionnaires anglais, et sur lesquelles ont été gravés au 3e ou 4e siècle, en lettres à clous, des privilèges accordés aux juifs ou aux chrétiens, nous donneront une clef plus heureuse. _Voyez_ sur cette matière une savante et judicieuse lettre de M. de Sacy, dans le Magasin encyclopédique, année 8, page 438; et pour les lettres hémiarites, _voyez_ le mémoire du même savant, tome XLVIII de l'Académie des Inscriptions.

End of Project Gutenberg's Oeuvres, Tome V, by C.-F.(Constantin-François)