Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome I
Part 29
[174] _Voyez_ Assemani, Biblioth. syriac., tome I, pag. 533 à 539; tome III, part. 1, page 3.
[175] _Sam_., lib. I, chap. 14, v. 4.
[176] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. IX, chap. 30.
[177] Reg. II, cap. 18.
[178] Jérémie, chap. 49, v. 23.
[179] Ce pays de _Qir_, prononcé Koïr par les Arméniens, doit être celui du fleuve _Kur_, au nord de l'Arménie: à moins que l'on ne préfère le pays des _Karhi_, peuples belliqueux, mentionnés par Polybe, lib. V, chap. 10, comme habitant les vallées de l'ouest du lac de _Van_. Isaïe, chap. 22, et Amon, ch. 1, v. 5, parlent de _Qir_ au _grand bouclier_.
[180] Peut-être _un jour des dieux_ (un an).
[181] Jérémie, chap. 39 et 49.
[182] _Numeri_, 33, v. 23.
[183] _Specimen historiæ Arabum_.
[184] _Agatharçhides, de mari Rubro_, page 59; _Artemidorus in Strabone_, lib. XVI; _Diodor. Sicul._, lib. III, § XLV.
[185] Recherches sur la Géographie des anciens, par M. Gosselin, in-4°, tome I, page 124.
[186] Mémoire de M. Tychsen, _De commerciis et navigatione Hebræorum_, page 165.
[187] Eusèbe, _Præpar. evang_., lib. IX, cap. 30.
[188] M. Seetzen, dans la Correspondance de M. le baron de Zach, nomme celui-ci _Ophir_, en toutes lettres, ut énonce la même opinion d'identité. (_Note communiquée_).
[189] C'est la valeur des 540 stades allégués par Hérodote, lib. II, § CVI, de l'espèce de ceux dont on comptait 1620 entre Héliopolis et la mer Scylax, qui compte un jour et demi de navigation entre la Corse et l'Italie, nous donne la même mesure, puisqu'il y a 23 lieues.
[190] Hérodote, lib. IV, § XLIV: ce Scylax est l'auteur même du Périple qui porte son nom, comme l'a démontré Sainte-Croix.
[191] Arrien, _Rerum Indicarum_, chap. 43; et _De expeditione Alexandri_, lib. 7, chap. 20: il est étonnant qu'Arrien, homme d'esprit, n'ait pas vu que la prétendue impossibilité alléguée de sortir du golfe Persique eut la même cause que le découragement qui, sur les bords de l'Indus, s'opposa à ce que le conquérant poussât plus loin les expéditions guerrières dont son armée était excédée.
[192] _Voyez_ Thévenot, Voyage, liv. II, chap. 24; Niebuhr, Voyage, tome I, page 172: et Volney, Voyage en Syrie, t. I; tous témoins oculaires de ces transports.
[193] L'hébreu autorise également le futur et le présent.
[194] Liv. II, chap. 9, v. 22; chap. 20, v. 36.
[195] Et aussi du mot _Almogim_, qu'il altère en _Algomim_, comme il a fait _Argoun_ au lieu d'_Argmoun_ dans Ezéqiel, chapitre 28. Un autre exemple d'altération et d'erreur de la part des Paralipomènes, est le pays de _Parvaim_ ou _Pherouim_, dont ils vantent l'or. Quelques paraphrastes n'ont pas craint d'y voir le _Pérou_; nous y voyons tout simplement l'altération du mot _Sapherouim_, dont l'_s_ initial a disparu, et qui désigne l'un des peuples cités par Sennachérib, et connu des Grecs sous le nom de _Sapires_ et _Saspires_, voisin de la Colchide, et riche en or natif recueilli dans les torrents.
[196] Des savants modernes sont du même avis. En rendant hommage à leur talent, nous ne pouvons souscrire à cette opinion, parce que ses principaux motifs pèchent dans leurs bases. «Les Phéniciens, dit Hérodote, ayant navigué dans la mer australe, quand l'automne fut venu, abordèrent à l'endroit de la Lybie où ils se trouvèrent, et ils semèrent du blé. Ils attendirent le temps de la moisson, et après la récolte ils se remirent en mer.»
L'on attaque ce récit: on nie que les Phéniciens aient connu l'état des saisons de l'autre côté de l'équateur, et qu'ils aient pu semer en temps opportun: l'on veut même que cette expression de semer en automne, prouve un mensonge de leur part.
Laissons à part leurs connaissances possibles qui sont des conjectures: quant aux mots _semer en automne_, ils ne viennent pas des Phéniciens, mais d'Hérodote qui, écrivant 150 ans après eux sur le récit des prêtres, et qui n'ayant aucune idée de ce qui se passait de l'autre côté de la ligne, y a supposé l'ordre physique et rural de celui-ci: il a même supposé qu'ils semèrent du blé, et cela par le préjugé des Européens, qui croient qu'on ne vit pas sans blé, tandis que chez les Asiatiques, tels que les Égyptiens et les Syriens, il n'est qu'une très-petite portion dés comestibles: l'on peut assurer que les navigateurs qui ont eu l'idée d'une telle entreprise, auront préféré toute autre espèce de grain, exigeant le moins de temps possible pour être récolté, tel que les lentilles, les pois, les haricots, le doura, le maïs et l'orge, auxquels 2 ou 3 mois de terre suffisent, et sur la convenance desquels les Phéniciens auront eu des connaissances préliminaires acquises dans leurs voyages antérieurs sur les côtes d'Éthiopie et d'Arabie.
«A leur retour en Égypte, ils racontèrent qu'en faisant voile autour de la Libye, ils avaient eu le soleil à leur droite. Ce fait, ajoute Hérodote, ne me paraît pas croyable: peut-être le paraîtra-il à quelque autre.»
L'on veut que cette circonstance soit une preuve de fausseté, parce que, dit-on, les Phéniciens ne pouvant se guider que par les étoiles de l'un ou de l'autre pôle, n'ont pu avoir le soleil qu'au visage ou au dos, et que pour l'avoir à main droite, il aurait fallu qu'ils prissent leur point de direction au couchant, ce qu'on ne peut admettre. Nous pensons, tout au contraire, voir ici une preuve de vérité d'autant plus lumineuse qu'Hérodote n'y croit point. Cet auteur, comme tous les Grecs, a cru que l'on ne pouvait passer sous la ligne à cause d'une prétendue chaleur excessive; il a donc conçu que les Phéniciens avaient fait le tour de l'Afrique sans avoir passé l'équateur; que dans ce cas, naviguant vers l'occident, ils ont dû avoir toujours le soleil sur leur gauche; mais puisque les Phéniciens traversèrent l'équateur, alors ils arrivèrent au cap de Bonne-Espérance; forcés par la direction de cette côte de _se diriger au couchant_ pendant plusieurs semaines, ils eurent réellement le soleil sur leur droite; et toutes ces circonstances, combinées avec le temps suffisant qu'ils employèrent, nous paraissent mettre leur navigation hors de doute.
[197] Notice des manuscrits orientaux, tome I, extrait du Moroudj-el-Dahab, page 28.
[198] Si les Phéniciens sont vraiment originaires du _Tehama_, ils seraient de cette race, et cela est indiqué par la _parenté_ de Kanaan avec _Kush_
[199] Le mot _Éthiopie_ n'est point connu des Arabes, qui le remplacent par le mot _Habash_, dont les Européens ont fait Abissin, Abissinie; mais ce mot _Habash_ a précisément le sens du mot _Arab_, car l'un et l'autre signifient _mélange d'hommes divers_. En hébreu _Arab_ signifie _turba mixta_, en arabe _Habash_ aussi _turba mixta_. Voyez les Dictionnaires.
[200] L'on ne saurait douter qu'à l'époque où écrivit Helqiah, 620 ans avant notre ère, les livres sacrés des Indiens désignés sous le nom de _Pouranas_, ne fussent connus des Assyriens, qui avaient des relations de commerce avec la Syrie. Or, il est vraiment remarquable que les conditions établies pour la composition d'un Pourana se trouvent exactement observées dans le Pentateuque. «Les savants Brahmes (dit Sr W. Jones, tome VI de ses Œuvres in-4°, page 445) disent que cinq conditions sont requises pour constituer un véritable _Pourana_:
«1° Traiter de la création de la matière en général;
«2° De la création ou production des êtres secondaires matériels et spirituels;
«3° Donner un abrégé chronologique des grandes périodes du temps;
«4° Un abrégé généalogique des grandes familles qui ont régné dans le pays; «5° Enfin l'histoire de quelques grands personnages en particulier.»
N'est-ce pas là précisément le sommaire de la Genèse et des quatre autres livres; et n'est-il pas probable que le grand-prêtre a été guidé et encouragé dans son travail par des modèles accrédités et par le succès de tout livre de ce genre?
[201] _Voyez_ surtout l'Art de vérifier les Dates, par les Bénédictins de Saint-Maur.
[202] Ciliciens.
[203] Les Thraces.
[204] Vie de Pittacus.
[205] Larcher a disposé assez bien toutes les dates de Pisistrate et de ses enfants. Voyez sa chronologie, tome 7; mais comme il calcule à la manière des chronologistes, il compte une année de trop, attendu que dans le véritable calcul, selon les astronomes, l'an Ier avant Jésus-Christ et l'an Ier de Jésus-Christ exigent que cette dernière année soit, comptée zéro.
[206] Et lorsqu'ensuite nous voyons au siége de Sardes que ce prince avait aussi un traité avec les Égyptiens, il devient évident que la députation en Lybie n'avait encore été qu'un prétexte.
[207] Et réellement plusieurs de ses contes sur les vertus magiques et talismaniques de certaines pierres, de certains poissons, se retrouvent dans les Orientaux, et indiquent pour source ancienne et commune les Indiens et les Perses.
[208] [_Solinus Polyhist._, page 8]. Memoriam perimit metus, interdum vice versa vocem excitat. Quum olympiade octava et quinquagesima (58) victor Cyrus intrasset Sardis Asiæ oppidum, ubi tunc latebat Crœsus, Atys filius regis mutus ad id locorum in vocem erupit vi timoris: exclamasse enim dicitur: _Parce patri meo, Cyre_, et hominem te esse vel casibus disce nostris.
[209] Cette phrase est mal construite dans la traduction: _muet à la vue du Perse_: on croirait qu'il est devenu muet à cette vue.--Saisi d'_effroi_, fit un _effort; effroi, effort_. Il fallait dire: Le jeune prince muet, saisi d'effroi à la vue du Perse; mais Larcher a tellement su le grec, qu'il a un peu moins su le français.
[210] Ce Périandre, _fils de Kypselus_, gouverna Corinthe 44 ans, comme nous l'apprend Aristote dont le témoignage ici n'est pas récusable (Politic., lib. V, ch. 12). Néanmoins Larcher, contre toute autorité, argumentant d'un vers du poète Théognis contre la race de Kypselus, veut que ce tyran ne soit mort qu'en 563, après un règne de 70 ans. Malheureusement pour cette hypothèse, un critique judicieux a remarqué{*} qu'outre le Corinthien _Kypselus_, père de Périandre, il avait existé un autre Kypselus, Athénien, père de Miltiade, et que c'était à la famille de celui-ci que le vers de Théognis convenait par les rapports de temps et d'affaires. Aussi l'hypothèse de Larcher a-t-elle été rejetée par l'abbé Barthélemy et par M. de Sainte-Croix, qui ont préféré l'autorité d'Aristote et de Sosicrates, confirmée par les rapports de cette famille avec les rois de Rome, en la personne de Lucumon.
{*} (_Voyez_ Mélanges de géographie et de chronologie ancienne, par M. de Fortia-d'Urban, in-8°, page 16.)
[211] Malignité d'Hérodote.
[212] C'est absolument la même doctrine théologique que celle des Hébreux..... _Je poursuivrai le crime d'Israël jusqu'à la 3e et 4e génération._ C'est aussi la théologie de tous les sauvages, et cette identité dérive de ce que l'état sauvage a été l'état primordial de tous les peuples anciens, sans exception.
[213] _Voyez_ note 73, première édition, et note 75, deuxième édition.....
Larcher nous assure aussi dans sa préface, _qu'il a commencé par se mettre Hérodote dans la tête_; mais l'on voit en suivant sa métaphore, qu'Hérodote a fini par s'en tirer heureusement, et qu'il en est sorti _intact comme Jonas_..... Ces expressions triviales _se mettre dans la tête_, Crésus _se mettant_ à rire (note 62), _mettre la plume à la main_, et autres semblables qui se trouvent dans le livre de Larcher, nous feraient hésiter sur un fait que l'on nous garantit certain: ce fait est que depuis que Larcher fut reçu membre de l'Académie des Inscriptions, jamais aucun de ses écrits ne fut imprimé sans que, par un esprit de corps raisonnable, quelqu'un de ses confrères n'eût rendu à son style _hellénique_ le service de le _franciser_; mais il est quelquefois arrivé que, fidèle à son propre esprit, Larcher a _recorrigé_ ses correcteurs; et cela explique, tout.... Il nous révèle dans sa note 177 que le savant Barthélemy dut beaucoup à M. de _Sainte-Croix_, qui a dressé entre autres la table chronologique du jeune Anacharsis..... Qui nous révélera ce que Larcher doit à l'abbé Barthélémy, à M. de Sainte-Croix, à M. Dacier, etc.?
[214] _Voyez_ la table des époques du jeune Anacharsis, tome 7.
[215] _Voyez_ les tables de Barthélémy et de Sainte-Croix; Voyage d'Anacharsis, tome VII.
[216] Lorsque l'on considère à quels hommes les anciens Grecs appliquèrent le nom de _Sage_ (_Solon_, _Pittacus_, _Périandre_ même), l'on s'aperçoit qu'ils ne l'entendaient pas dans le sens de nos modernes _correcteurs_ moralistes:--_Soyez sage, petit garçon, asseyez-vous, et ne faites pas de bruit_; mais dans le sens de _habile_ et _savant_, c'est-à-dire dans le sens précis du mot oriental _kakîm_ qui a pour racine _kakam_, _gouverner_, d'où _kakem_, _gouvernant_ (_soi_ et les _autres_ avec _habileté_ et _science_), et par extension _kakim_, _médecin_, savant, habile dans les _sciences physiques_ et _naturelles_: c'est par ces motifs réunis qu'il fut donné à Salomon, dont nous autres occidentaux avons peine à concilier la _sagesse_ avec son _harim_ de 700 femmes. Cette conformité d'idées est digne d'attention chez les anciens. Après ces hommes célèbres, Pythagore, _savant_ pour son temps, et de plus modeste, ne voulut point accepter le titre de _Sage_; il prit et institua celui d'_ami_ ou _amant_ de la _sagesse_: _philosophos_. Il ne se doutait pas qu'un jour ce nom deviendrait un _nom odieux_, une _injure atroce_; comme nous l'apprend Larcher, page 231, ligne 8; et cela parce que les _incrédules se le sont attribué_..... De manière que si les habitués de Bicêtre s'attribuaient, par cas très-possible, le titre d'honnêtes gens, il deviendrait aussi une injure atroce. Avec cette logique, nos dictionnaires tourneront comme nos têtes. En 1787 Larcher nous assurait qu'il était _philosophe plus que Voltaire_, c'était la mode, personne ne le contraria: en 1802 il proteste qu'il n'est pas _philosophe_; la mode a changé; personne ne réclame; et il se fâche; A qui en veut-il? Qu'a de commun la philosophie avec ses notes? Puisse-t-il nous donner une troisième édition en 1817!
[217] En remarquant qu'il y eut deux Damasias archontes, et que le premier le fut en 640, ne serait-ce pas quelque équivoque de cette date qui aurait induit Apollodore en erreur?
[218] Il est très-probable que relativement à _Pittacus_, l'opinion de Lucien et de Suidas s'est formée par les mêmes moyens, la vie de ce sage ayant été mêlée à celle de Crésus; dans tous les cas l'avis de ces auteurs n'est pas une autorité équivalente aux citations très-expresses de Diogène qui articule positivement que Pittacus mourut âgé de plus de 70 ans, accablé de vieillesse et sous l'archontat d'Aristomènes, l'an 3 de la 52e olympiade (570). Au compte de Suidas, c'est 82 (né en 652): Lucien aura calculé ses 100 ans en le supposant mort l'an 552.
[219] _Voyez_ tome I, note 190 de la première édition, page 308 et note 204 de la deuxième édition, page 331.
[220] _Solin._, pag. 25: _bello quod gestum est olympiade_ 49 (584) _inter Alyattem et Astyagem, anno post Ilium_ 604.
[221] Transact. philos.; année 1753, pages 17 et 221.
[222] _Voyez_ à ce sujet la note 72, page 223 de la première édition; et note 75, § XXX de la deuxième, page 236, second alinéa.
[223] Traduction de Larcher, tome I, liv. I, § CII. Nous observons au lecteur que presque toutes nos remarques vont porter sur ce tome et sur ce livre premier; que tous nos renvois y seront relatifs; et parce que les pages des deux éditions diffèrent de chiffres arabes, nous ne citerons le texte que par les §§ dont les chiffres romains ne diffèrent pas.
[224] Larcher traduisant immédiatement du grec, aurait dû conserver l'orthographe grecque, sans faire passer les noms par l'orthographe latine qui en défigure pour nous la prononciation: nous les rétablirons partout.
[225] Mais nous ne nous servirons point avec lui de la période julienne, dont il embarrasse tous ses calculs d'autant plus mal à propos, que cette période inventée par Jules Scaliger, en l'an 1582 de notre ère, et composée de 7980 années, de 365 jours 6 heures précises, selon le calendrier de Jules-César, est un système aussi idéal en chronologie, que celui de Fahrenheit en barométrie, et de plus, compliqué, inutile et inexact en astronomie, ne se liant à aucun événement, comme l'a démontré un savant académicien, Louis Boivin, dans sa dissertation de 1703. Le choix seul d'une mesure aussi vicieuse est d'un fâcheux augure pour le goût et le genre d'esprit d'un chronologiste. On supprimerait 30 pages entières de Larcher, si l'on en retirait toutes les citations: nous n'emploîrons que l'échelle ascendante avant notre ère, dont le seul inconvénient est de calculer en sens inverse; mais l'on y est bien vite accoutumé, et l'on a des idées toujours nettes du temps.
[226] _Voyez_ Mémoires de l'Académ. des Inscript., tome 42, page 115 de la partie de l'Histoire.
[227] 625 selon les astronomes, et 626 selon le vulgaire des chronologistes.
[228] Voyez _Abrégé d'Astronomie_, in-8°, 1813, par M. _Delambre_, qui dit, page 335: «Hérodote en indique l'année d'une _manière si vague_, que l'on doute si elle est arrivée en l'an 581, 585, 597 ou 607 avant J.-C.; encore aucune de ces éclipses n'a-t-elle dû être totale et ramener cette _obscurité_ qui n'est peut-être qu'une fiction d'Hérodote ou de ceux qui lui en parlèrent.» Nous répondons qu'Hérodote ne paraît vague qu'à ceux qui ne l'ont pas lu attentivement. Notre analyse démontre sa précision; mais M. Delambre, à qui nous l'avions soumise, n'en a tenu compte.
[229] _Voyez_, à ce sujet, la _critique des Observations astronomiques_ de Ptolomée, faite par Riccioli, dans son _Astronomia reformata_, in-fol., livre III, chap. 4, pages 108 et suivantes; chap. 5, pages 115 et suivantes; et plus particulièrement celle des 19 éclipses de lune rapportées dans l'Almageste, livre III, chapitre 9, pages 133 et 134; et chapitre 7, page 129, article _Eclipses ex mera conjectura_.
[230] On sait à quel point les Brahmanes chez les Indiens modernes sont jaloux de leurs notions astronomiques. Ils sont en cela, comme en bien d'autres choses, l'image des anciens savants, c'est-à-dire, des prêtres dont la puissance était fondée sur la possession _exclusive_ des sciences parmi lesquelles la _prédiction_ des phénomènes célestes tenait le premier rang. Aussi Julius Firmicus nous apprend-il que même les adeptes _prêtaient serment de ne point communiquer les principes_; et Albaténius se fait un mérite de dire clairement ce que les anciens n'ont dit que par _énigmes, quæ ab antiquis per involucrum dicta sunt explicavi_. Nous connaissons un savant critique qui par des compensations de 3 ou de 5 ou de 7 minutes, tantôt en plus, tantôt en moins, ramène toutes les anomalies de Ptolomée à l'état vrai, à commencer par la mesure de l'année solaire qu'il a évidemment altérée.
[231] Il faut d'ailleurs convenir que les anciens avec leurs manuscrits non collationnés et difficiles à lire, ont eu bien moins de commodités que nous avec nos imprimés.
[232] D'après les indications d'Hérodote, Kyaxarès en 625 n'ayant encore que 9 ans de règne, son fils Astyages dut être âgé d'environ 20 ans; par conséquent il dut en avoir 85 environ, lorsqu'il fut détrôné par son petit-fils. Ce grand âge explique très-bien la clémence du vainqueur qui lui laissa la vie, et qui voulut brûler vif Crésus, âgé de 50 ans, et jouissant d'un grand crédit en Asie. Grâce aux Juifs, Cyrus est devenu un héros de roman; mais lorsque l'on connaît les mœurs de l'Asie et de l'antiquité, l'on sent qu'Hérodote qui nous le représente avec le caractère et le génie de Tamerlan, a peint le véritable chef insurgé des Perses _sauvages vêtus des peaux crues_ de leurs troupeaux et de leurs chasses.
[233] _Voyez_ le tome VII contenant la chronologie, page 152: Jérémie cité chap. 4--6, et chap. 6--22--24.
[234] _Excerpta Valesii_, page 452.
[235] Krœsus, âgé de 35 ans lorsqu'il règne en 570, est par conséquent né en 605: nous le retrouvons en Égypte à la suite de Kambyse en 525: par conséquent il était âgé de 80 ans. Xanthus de Lydie et Plutarque en observant qu'Alyattes son père eut plusieurs femmes, nous indiquent assez qu'il fut d'un autre lit que cette fille d'Alyattes.
[236] Note 19, page 183.
[237] Les amateurs d'antiquités keltiques ou celtiques savent que _Kimr_ est le nom national que se donnent les _Gâlois_ ou peuple du pays de _Galles_, qui, comme les Bas-Bretons, sont les descendants des anciens Keltes, et les restes de la souche keltique: le nom de Kimr a fait aussi _Kimbri_ ou les _Cimbres_.
[238] Voyez sa _Chronologie_, page 355.
[239] _Voyez_ la note à la fin de ce chapitre.
[240] Note 20 sur le § VII.
[241] Quamquam apud Herodotum patrem historiæ, et apud Theopompum sunt _innumerabiles fabulæ_. Cicero, de Legibus, lib. I, § 1.
[242] Traité de la malignité d'Hérodote.
[243] Directes en plusieurs passages, indirectes au sujet de la mer Caspienne et du voyage des Phéniciens à Cadix.
[244] En faveur d'Hérodote sont Denys d'Halicarnasse, Ussérius, Conringius, Marsham, Prideaux, Newton, Bossuet, Montfaucon, Dom Calmet, etc. En faveur de Ktésias sont Diodore, Justin, Eusèbe, Scaliger, Petau, Pezron, Desvignoles, etc.
[245] Bibliothèque grecque, page 107.
[246] Lucien, Traité de la manière d'écrire l'histoire, _vers la fin_.
[247] D'après la remarque de Pamphilia, savante dame romaine, citée par Aulugelle, Hérodote avait 53 ans lors de la première année de la guerre du Péloponèse; par conséquent il était né l'an 484 avant J.-C. Xercès passa en Grèce en 480. Pamphilia fut célèbre à Rome, sous Néron, pour divers écrits sur l'histoire et sur la musique. Elle avait fait un abrégé de Ktésias, en trois livres.
[248] _Voyez_ lib. II, §§ III, IV et XLIV; lib. I, § CLXXXIII; lib. IV, §§ XLIII, CLXV et CLXXXVI.
[249] Il commet d'ailleurs une fausse citation, en le plaçant sous _Darius_ au lieu de _Nékos_. _Voyez_ Strabon, Géogr., liv. II, pages 98 et 100.
[250] Nous en avons un bel exemple récent, dans les pierres tombées du ciel, sur lesquelles _Fréret_ écrivit, il y a un demi-siècle, un mémoire alors peu goûté: l'on ne croyait, pas à ce prodige... Il est prouvé: comment s'opère-t-il? Les savants prononcent.. Nous disons: _Il faut douter et observer_. Ce genre de grêle métallique finira par s'expliquer.
[251] Ce qui n'empêche pas Cicéron d'en parler avec éloge, en quatre autres endroits; par exemple, il dit, _lib. II, de Oratore: Namque et Herodotum, qui princeps hoc genus ornavit, in causis nil omnino versatum esse accepimus. Atqui tanta est eloquentia, ut me quidem quantum ego græce scripta intelligere possum magnopere delectet_
[252] _Voyez_ Hornemann, _Voyage en Afrique_. Hérodote a cité pour ses autorités les voyages et négociants carthaginois. lib. IV, § XLIII--CLXV--CLXXXVI.
[253] Nous n'employons point la traduction française de Terrasson, parce que depuis Rhodoman, qu'il a suivi, M. Wesseling a donné une traduction latine bien plus correcte, et parce que Terrasson, pour rendre son style plus français, a écarté une foule d'images et de termes techniques très-importants au sujet. Lorsque l'on traduit des historiens, surtout anciens, l'on peut dire que c'est un mérite au style, d'avoir la physionomie quelconque de l'original.
[254] En persan moderne, _Bag_ signifie jardin. _Bag-Estan_, pays ou _lieu du jardin_.
[255] Ce nombre de 1360 est certainement une erreur de nos imprimés et du manuscrit qu'ils représentent. Les anciens n'ont point lu ainsi; ils ont lu 1306 ans, et cela, en citant ce même passage de Diodore.... Témoin Agathias, qui, après avoir dit qu'Arbakes et Bélésis enlevèrent à Sardanapale l'empire de l'Asie, ajoute que, «à cette époque, il s'était écoulé, depuis que Ninus avait fondé l'empire, une durée totale de _treize cent six ans, comme en convient Diodore de Sicile, d'accord avec les calculs de Ktésias_.»
/* _Agathias, lib. II, p. 63_. */