Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome I
Part 28
[36] _Nihil in sacris litteris aut in historicis exteris satis expressum legi unde sciri possit, utrum jubileus etiam in Judæa ipsa, necdum in aliena regione ac deportatione, Judæi servaverint.--Primus est is quo Antiochus Eupator, Epiphanis filius, Hierosolymam obsedit._ (Voyez chap. 26, p. 59). Voyez aussi: _Johan. Davidis Michaelis Commentationes; Bremæ_, 1774, _Commentatio nona: de anno Sabbatico_, où ce savant auteur déclare aussi que cette loi n'a point eu d'exécution.
[37] Tom. I, p. 694.
[38] _Desvignoles_, tome I, p. 709, où il cite les solides raisons de Godefroi Vendelin.
[39] [Chap. 25, v. 11.] «Depuis 23 ans, je vous ai porté la parole de Dieu, vous ne m'avez point écouté; voici ce que dit aujourd'hui le Seigieur: J'amène Nabukodonosor, roi de Babylone; il va dévaster cette terre; elle restera déserte, et tous ses peuples seront en servitude 70 ans, et quand 70 ans seront écoulés, je visiterai Babylone à son tour, et je la détruirai».
[40] [Chap. 29, v. 5-10]. «Bâtissez des maisons à Babylone; plantez-y, semez-y; mariez-vous-y, etc.; car voici ce que dit le Seigneur: Lorsque 70 ans seront écoulés (pendant votre séjour) à Babylone, je vous visiterai et vous ramenerai ici».
[41] La différence de 2 ou 3 ans que nous avons citée n'aurait-elle point pour cause l'intercalation de quelques années, faite dans cet espace de près de 500 ans, par des procédés que nous ignorons; car, quoi que l'on en ait dit, nous ne connaissons pas exactement la forme de l'année juive avant la captivité de Babylone?
[42] _Samuel_, lib. II, cap. 24, v. 2.
[43] _Judic._, tout le chapitre premier.
[44] _Voyez_, entr'autres, le _Tractatus Theologico-Politicus_, publié en 1665, et l'_Histoire critique du Vieux-Testament_, in-4°, 1685.
[45] Plusieurs traductions latines altèrent ici et ailleurs le vrai sens des mots, et au lieu de dire _ultrà_, disent _in transitu_ ou _in ripâ_; mais il est avoué, de tous les hébraïsans, que _b'ăber_ signifie rigoureusement _au delà, ultrà_.
[46] _Deut._, chap. 4, v. 22, Moïse dit: «Voici que je meurs dans cette terre, et je ne passerai point le Jourdain».
[47] Cette phrase est repétée chap. 13, v. 7.
[48] _Voyez_ l'_Histoire critique du Vieux-testament_, par R. Simon, chap. 5 et 6, etc., et le _Tractatus philos. polit._, chap. 8, 9 et 10, traduit sous le nom de _Recherches curieuses d'un esprit desintéressé_, etc., Cologne, 1672, in-12.
[49] On sait, et le texte hébreu déclare, qu'un grand nombre ne sont pas de David: plusieurs chapitres d'Isaïe sont évidemment dans le même cas. Au chap. 12, v. 2, on trouve un demi-verset tiré du cantique composé à l'occasion du passage de la mer Rouge (_Exod._, chap. 15, v. 2); mais ce cantique, qui nous est indiqué par le texte même comme devenu _chant populaire_, a pu et dû se conserver en d'autres livres.
[50] Son père se nommait Helqiah, comme le grand-prêtre; ils ont pu être parents.
[51] Cet an 13 de Josiah est l'an 626 avant notre ère, ainsi que nous le prouverons par la suite.
[52] Les Paralipomènes.
[53] Depuis Alexandre on a peine à prouver l'existence des livres de Zerdoust. Quant aux Vedas, on a long-temps douté de la leur; et il a fallu toute la puissance des Anglais pour parvenir à compléter une copie de ces livres, réduits à un seul manuscrit dont rien ne garantit la parfaite pureté.
[54] _Voyez_ le chap. 33 et les précédents, livre des Nombres.
[55] _Deut._, ch. 29, v. 1er.
[56] Page 70.
[57] Une autre identité a été remarquée par les critiques. On lit, au chap. 21 du livre des Nombres, v. 26, 27 et 28: «Or, la ville de Hesbon avait été enlevée aux Moabites par Séhon, roi amorrhéen; c'est pourquoi il est dit dans le livre des _Moshalim_: Venez bâtir Hesbon, la ville de Séhon..... Un feu est sorti de Hesbon, une flamme de la ville de Séhon, pour dévorer les villages de Moab sur les hauteurs de l'Arnoun: malheur à toi, ô Moab! il a péri le peuple de Kámôs..., il a livré ses enfants à la fuite, et ses filles à la captivité».
D'autre part, le chapitre 48 de Jérémie, v. 44, 45 et 46, porte: «A l'ombre de Hesbon se sont arrêtés les fuyards de Moab; un feu est sorti de Hesbon, une flamme du milieu de Séhon pour dévorer les pierres angulaires et les sommets des enfants de Châoun. Malheur à toi, Moab! Le _peuple de Kámôs a péri_; car ses enfants sont emmenés en esclavage, et ses filles en captivité.».--On objecte que le livre _des Moshalim_ a pu être cité par l'auteur des Nombres, comme par Jérémie; mais dans un temps où un manuscrit était rare et souvent unique, sa citation par deux auteurs devient un indice de quelques relations habituelles entre eux, et appuie notre opinion sur celles de Jérémie avec le grand-prêtre Helqiah.
[58] Genèse, ch. 49.
[59] Les interprètes traduisent ce mot _au passé_, mais il n'en porte pas plus le signe dans l'hébreu que les autres traduits au futur. En général ils font arbitrairement l'échange de ces deux temps.
[60] Genèse, chap. 9.
[61] C'est un jeu de mots, car Iaphet signifie _dilaté, vaste_, comme le continent des races scythiques. _Ham_, le pays _chaud_, brûlé.
[62] Asiatick researches, tome IV.
[63] Mégasthènes fait une remarque expresse de cette ressemblance entre les Indiens et les Juifs pour les opinions théologiques (Eusèbe nous dit, _Præpar. Evang._, lib. IX, cap. 6), _Megasthenis..... clarissimus hic locus est libro suo de Indicis tertio: «Quidquid ab antiquis de naturâ dictum est, eorum etiam qui extra Græciam philosophantur, ut brachmanum apud Indos, et Judæorum in Syriâ sermone celebratur_». Un passage de Josèphe, dans son livre Ier contre Appion, est encore remarquable, § XXII: «Cléarque, disciple d'Aristote, en son livre du Sommeil, parlant d'_Hyperochides_, philosophe juif, observe que les Juifs tirent leur origine des Indiens. Chez les Indiens, dit-il, les philosophes se nomment _Kalani_, et chez les Syriens, _Judæi_, à raison du nom de la contrée qu'ils habitent».
[64] Le livre des Nombres, chap. 22, dit que Balaam vint du pays des Ammonites. Le livre du Deutéronome dit, chap. 23, v. 4, qu'il vint de la Mésopotamie (_Aramnahrim_).
[65] _Numeri_, chap. 24, v. 5 à 7 et 17 à 20.
[66] Voilà encore une phrase de Jérémie.
[67] Dans la Polyglotte de Walton, pas une des sept traductions grecque, syriaque, arabe, vulgate, chaldaïque, etc., ne ressemble à l'autre; ce qui démontre l'incertitude des auteurs: nous avons suivi le sens le plus littéral et le plus plausible.
[68] _Sam._, lib. I, cap. 15, v. 6.
[69] Environ 180 ans avant J.-C.
[70] Le texte hébreu porte _Dodanim_, par confusion de l'_R_ avec le _D_, qui en hébreu lui ressemble; mais le samaritain, qui n'est pas susceptible de cette confusion, porte _Rodanim_, et c'est la vraie leçon.
[71] _Voyez_ Isaïe, chap. 23.
[72] En hébreu, tout pays au-delà de la mer s'appelle _Ile: Ai_. La même chose a lieu en sanscrit.
[73] _Hérodote_, liv. II, § CLIX.
[74] Supposez qu'en 638, 1re année de Josiah, Helqiah eût 40 ans, il en aura eu 74 en 604.
[75] Sous le règne d'Artaxercès, vers l'an 452 avant J.-C.
[76] Le livre célèbre intitulé, _Tractatus theologico-politicus_, publié en 1670, est le premier qui ait traité tout ce qui concerne les livres hébreux avec la liberté d'esprit convenable pour y porter la lumière..... Le lecteur y trouvera beaucoup de détails intéressants sur le sujet que nous traitons; mais son auteur, qui a cru qu'Ezdras composa le Pentateuque, nous paraît s'être trompé dans plusieurs de ses raisonnements; son grand mérite est d'avoir ouvert une route où presque personne n'avait osé mettre le pied avant lui.
[77] Exod., chap. 9, v. 23, 31, 32.
[78] Chap. 3, v. 1, 15.
[79] Chap. 4, v. 19.
[80] _De Bello judaico_.
[81] Censorinus, _de Die natali_ par Lindenbroq. _Cantabrigiæ_, 1695, in-12, chap. 19. _Et in Ægypto antiquissimum ferunt annum bimestrem fuisse; deinde a Pisone rege quadrimestrem factum_. Dîodore, liv. I, pag. 22, dit, d'_un_ mois, d'accord avec Plutarque, Pline, Augustin, Varro et Proclus. _Item in Achaiâ, Arcades trimestrem habuisse; Cares autem et Acarnanes semestres habuerunt annos, et inter se dissimiles quibus alternis dies augescerent aut senescerent, eosque conjunctos veluti trieterida annum magnum_.
[82] _Hist. nat._, lib. VII, cap. 49.
[83] _Voyez_ Plutarque, _de Numa_; Diodore, lib. I, Varron; _Proclus_, _Comment. in Timeum_.
[84] Cela serait d'autant plus naturel, que n'étant point laboureurs, mais pâtres errants, ils n'avaient pas besoin du calendrier écliptique.
[85] Lorsque ce roi, fuyant Absalon, passe le Jourdain, il est accueilli par un vieillard de 85 ans, que l'historien peint décrépit, tel qu'il serait de nos jours.
[86] Genèse, chap. 15.
[87] Josèphe, _Antiq. jud._, liv. II, ch. 6 et 15.
[88] _Voyez Mémoires de l'Acad. des Inscrip._, tome XXXIV, un _Mémoire de Gibert sur les années des Juifs_.
[89] Contre Appion, liv. I, § XIX.
[90] Ce mot _noux_ est la meilleure orthographe de l'hébreu _nouh_ (Noé), parce que les Grecs n'ayant point l'aspiration _h_, la remplacent par χ, qui est le _ch_ allemand et latin.
[91] Voyez _le Syncelle_, pages 38 et 40, ligne 8. Cet auteur cite quelquefois le nom de Bérose; mais tous les passages qu'il produit, finissant par être rapportés à Polyhistor, Abydène et autres copistes de Bérose, il nous semble que déja l'original de Bérose n'existait plus.
[92] _Prœpar. Evang._, lib. IX, cap. 12.
[93] _Nec me fugit Berosum et sequaces ejus Alexandrum Polyhistorem, et Abydenum_, etc., page 14.
[94] Le _Syncelle_, page 30, semble d'abord tirer ce passage de Bérose; mais en le terminant, il dit: _Voilà ce qu'écrit Alexandre Polyhistor_.
[95] En Égypte ces oiseaux ne quittent pas la maison pendant que le sol est couvert d'eau: quand ils s'absentent, c'est le signe qu'ils trouvent à vivre et que la terre se découvre.
[96] _Arcturus_, Bootes.
[97] Pline, lib. VI, cap. 27.
[98] _Moses Chor._, ch. 9. Ce Haïk a tous les caractères d'Apollon, chassé du ciel par Jupiter, qui, de l'aveu des Grecs, est identique au Belus babylonien.
[99] _Voyez_ Dupuis, _Origine des Cultes, Table des matières_, tome III, in-4°, art. _Déluge, Orion, Titan, Géants, Belus_, et sa _Dissertation sur les grand cycles_.
[100] Pluton même est noir comme Cham.
[101] _Antiq. jud._, liv. I, chap. 7, § II.
[102] Nicolas de Damas, dans son propre texte, ajoute ici: «Son nom est encore célèbre à Damas, où l'on montre un faubourg qui l'a retenu.»
[103] Eusèbe, _Præpar. evang._, liv. IX, chap. 17.
[104] Probablement l'écriture chaldaïque.
[105] Josèphe, liv. I, chap. 7.
[106] _Voyez_ Moses Maimonides, _More Nebuchim_, et le livre intitulé _Dabistan_, publié à Calcutta, 1789, dans le _New-Asiatick Miscellany_, tome Ier. Ce livre contient à ce sujet des détails qui se lient très-bien avec ceux de Maimonides.
[107] _Voyez_ le fragment de _Sanchoniaton_, Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. I, cap. ult.
[108] _De Religione veter. Persarum_, pag. 77, 78.
[109] Genèse, chap. 13, v. 3.
[110] Genèse, chap. 23, v. 6.
[111] _De Relig. veter. Persarum_, pag. 77, 78.
[112] _Voyez_ Moïse de Chorène, _Histoire armén._, page 16, note 2.
[113] Josèphe, _Antiq. jud._
[114] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. II, page 37.
[115] Selon la Genèse, chap. 17, v. 5, Dieu changea le nom d'_Abram_ en _Abraham_, comme signifiant _père de la multitude_; mais ce mot _Rahm_ manque dans les lexiques.
[116] Or quand Moïse entrait dans le tabernacle, la nuée descendait à l'entrée et parlait à Moïse, en présence de tout le peuple prosterné en adoration; et Dieu parlait à Moïse comme un ami à son ami; et quand il revenait au camp, le jeune Josué, fils de Noun, qui l'assistait dans le tabernacle, y restait et n'en sortait point. (_Exode_, chap. 33, v. 10.).
[117] Il est encore dit, au chap. 32, v. 17, que lorsque Moïse descendit du mont Sinaï, Josué l'accompagnait: preuve qu'il y fut avec lui pendant les 40 jours que Moïse y resta; qu'il y fut l'interlocuteur et le scribe de la loi attribuée à Dieu; et l'on a le droit de dire qu'il y prépara tout l'appareil de pyrotechnie dont l'Exode nous montre les effets, en même temps qu'il y porta les provisions dont Moïse et lui vécurent pendant les 40 jours du prétendu jeûne, également raconté et cru sans preuves ni témoins.
[118] Il y a une exagération, palpable dans le nombre de _six cent mille hommes_ portant les armes, qui, selon le texte, sortirent d'Égypte avec Moïse. Ce nombre suppose une quantité proportionnelle d'enfants, de femmes et de vieillards invalides; il est même ajouté qu'une populace innombrable suivit avec des troupeaux. (_Exode_, chap. 12, v. 37).
Cette quantité ne peut pas être évaluée moins de trois têtes pour chaque homme armé; ainsi ce serait une masse de 2,400,000 âmes, sans les troupeaux. Pour qui connaît l'Égypte et le désert, cela est une pure absurdité, et cette absurdité est décelée par plusieurs circonstances. 1° Dieu est censé dire (_Exode_, chap. 24): «Je n'exterminerai point les Kananéens devant votre face en une seule année, de peur que le pays ne soit réduit en un désert, et que les bêtes féroces ne se multiplient contre vous.» Nous remarquons que le pays de Kanaan n'a pas plus de 30 lieues de long sur autant de large, faisant 900 lieues carrées environ, dont beaucoup en terres rocailleuses et désertes; ce serait près de 3,000 âmes par lieue carrée, ce qui ne se voit en aucun pays. 8 à 900 âmes par lieue carrée sont une forte population: toute la Syrie, toute l'Égypte, qui ont plus de 3,000 lieues carrées chacune, ne contiennent pas plus de 2,000,000 d'âmes chaque. 2° Au Deutéronome, chap. 7, v. 1, il est dit «que la terre de Kanaan contenait 7 peuples, plus _forts_ et plus _nombreux_ chacun que le peuple hébreu.» Ce petit pays de 900 lieues carrées aurait donc contenu 16,800,000 âmes! On voit l'extravagance. Mais quel peut être le nombre vrai? Nous croyons qu'il y a erreur décimale, et qu'au lieu de 600,000 il faut lire 60,000: le calcul décimal paraît avoir été très-usité chez les Chaldéens, les Perses et les Mèdes; l'on trouve répétées dans le Zend Avesta les progressions décuples: «Ormusd, y est-il dit, donne-moi 100 chevaux, 1,000 bœufs, 10,000 lièvres, 9 bénédictions, 90 bénédictions, 900 bénédictions, etc.» Dans le cas dont nous traitons, le signe décuple se serait introduit mal à propos. 60,000 hommes armés supposeraient 240,000 âmes en tout, ce qui est déjà trop de monde à nourrir dans le désert: ce nombre eût donné 266 têtes par lieue carrée au pays de Kanaan, qui en aurait eu déjà plus de 1,700. (C'est trop). Un passage du livre de Josué indique un nombre plus modéré, et ce témoignage à d'autant plus de poids, que ce livre, étranger au Pentateuque, a été hors de l'influence de Helqiah. Il est dit chap. 7 et 8, «que Josué voulant attaquer la ville de _Haï_, ses _éclaireurs_ lui rapportèrent que le nombre d'hommes qu'elle contenait ne méritait pas la peine de faire marcher toute l'armée, et que 2 ou 3,000 hommes suffiraient.» Josué envoya 3,000 hommes qui furent battus avec perte de 36 hommes. Cet échec, tout léger qu'il était, effraya beaucoup les Hébrèux. Pour les rassurer Josué imagina l'expiation dont Achan fut victime; puis, il dressa, pendant la nuit, une embûche de 30,000 hommes en un ravin près la ville, avec l'instruction que le lendemain, lorsqu'il aurait attiré au dehors le roi et ses gens armés par une fuite simulée, ils eussent à y entrer et à la saccager. Cela fut fait; la ville fut prise: tout fut égorgé, et le nombre total, y compris vieillards, femmes et enfants, fut de _douze_ mille. Ces 12,000 ames supposent au plus _trois_ mille hommes en état de combattre. Les premiers 3,000 que Josué envoya supposent encore moins, puisqu'ils furent regardés comme _plus forts_. L'embuscade de _trente_ mille est improbable; ce dut être aussi _trois_ mille. Il est encore dit que Josué embusqua 5,000 hommes entre Haï et Bethel, et qu'il se présenta avec tout le reste: il ne dut pas présenter un nombre beaucoup plus fort que la veille, de peur d'effrayer trop le roi et son monde: supposons encore 3 ou 4,000 hommes, cela ne produit pas plus de 12,000 hommes. Josué n'a pas dû avoir une réserve plus considérable, et tout ce récit n'indique pas 30,000 combattants. Il est étonnant que la perte de _trente-six_ hommes ait pu effrayer cette armée; c'était encore moins pour _soixante_ mille. Si toute l'armée de Josué né fut que de 25 à 30,000 hommes, sa population totale ne dut être que de 120 à 130,000 têtes. Les 7 peuples plus nombreux donneraient alors 1,050,000 ames, c'est-à-dire, plus de 1,000 ames par lieue carrée. Au lieu de 600,000 hommes armés, ne serait-ce pas plutôt 60,000 ames qui seraient sorties de l'Égypte, et qui ensuite se seraient recrutées dans le désert arabe? Les exemples de ces exagérations décimales se reproduisent dans les 1,000 livres d'argent qu'Albimelek donne à Sara (au lieu de 10), les 1,000 Philistins que tue Samson, les 3,000 qu'il précipite de la terrasse d'un temple; les 50,000 Betsamites qui périssent pour avoir regardé dans l'arche (peut-être 50); les 300,000 guerriers que Saül mena contre Nahas, roi des Ammonites (sans doute 30,000), et voilà comme s'écrit l'histoire! et l'on y croit!
[119] Pages 17 à 18.
[120] _Annus, annulus_. En arabe, _aïn_ désigne le _rond_ de l'œil, le _rond_ du soleil, le _rond_ d'une fontaine.
[121] Voyez _Asiatik researches_, tome II, pages 111 et suivantes.
[122] _Aristot. Meteor._, lib. I, chap. 14, et _Julius Firmicus_, lib. III, chap. 1, page 47, et _Epiphan. hæres._, chap. 19.
[123] _Deut._, chap. 32, v. 8.
[124] Alexandre Polyhistor remarque (dans Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. IX, chap. 17), qu'_Enoch_, selon plusieurs savants, est le même qu'_Atlas_, par conséquent le même que _Bootes_, sur les épaules de qui tourne le pôle, et qui, par cette raison, a été peint comme portant le globe. C'est saint Christophe. _Voyez_ Bochart, sur _Sem_, _Cham_, _Seth_, etc.
[125] _Voyez_ la sphère de Coronelli.
[126] A proprement parler, le système _des deux principes_, considéré relativement à l'hiver et à l'été, ne convient point au climat de l'Égypte, où l'hiver est une saison douce et agréable: l'on peut dire qu'il n'y est point un système primitif et naturel..... Mais lorsque les prêtres furent parvenus à la connaissance générale des phénomènes du globe, tant par leurs propres recherches que par les relations des Phéniciens et des Scythes; alors, embrassant sous un seul point de vue les opérations de la nature végétante et animée, ils imaginèrent l'hypothèse de la diviser en un principe de _vie_, qui fut le _soleil_, et un principe de _mort_ qui fut le froid et les ténèbres; et c'est sur cette base, vraie à bien des égards; que se sont échafaudées des fictions qui ont tout défiguré! Quant au changement des signes du Zodiaque par la précession des équinoxes, on l'estime à 2130 ans par signe, à raison de 71 ans pour chaque degré, et de 50 secondes par an.
[127] Genèse, chap. 3, v. 15. La Vulgate dit: _elle_ (la femme) _écrasera_; mais le texte hébreu porte le genre masculin _lui_, relatif au rejeton (Zara).
[128] Voyez _Alphabetum thibetanum_, in-4°, page 186. L'auteur missionnaire fait cette remarque intéressante, que le système des Boudhistes du Thibet diffère de celui des Brahmes, en ce que, dans ce dernier, les figures des 7 mers et des 7 montagnes qui sont les 7 sphères célestes, et leurs intervalles, sont elliptiques ou ovales, tandis que dans le premier elles sont purement circulaires: c'est une raison de penser (ajoutée à plusieurs autres), que la secte de Boudha est plus ancienne que celle des Brahmes, les formes elliptiques étant un perfectionnement des premières idées, qui furent les _circulaires_ pures.
[129] De là, le mot latin _fretum_.
[130] _Voyez_ Bailly, _Astronomie indienne_, et l'_Histoire de l'astronomie ancienne_. Voyez aussi les Mémoires asiatiques.
[131] Ce nom de _Iahouh_ n'est employé, pour la première fois, qu'au 4e verset du chap. 2; le latin le rend par _Dominus_, il devrait dire _existens per se_.
[132] Flavius Josèphe, _Antiq. jud._, liv. I, chap. I.
[133] Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. I, pag. 37.
[134] Article _Tyrrhenia_.
[135] Les peintures découvertes par nos savants français dans les catacombes des rois de Thèbes, achèvent de certifier cette opinion. Les vases, les meubles et les ornements que représentent ces peintures, sont absolument du même style que ceux des vases étrusques;_voy_. le tom. II de la Commission d'Égypte; et relativement à Moïse, son arche d'alliance a totalement la forme du coffre ou tombeau d'Osiris.
[136] Asiatick researches, tome I.
[137] Ce mot signifie, dit-il, _racine donnée_ ou _donné par la racine_, c'est-à-dire _origine, Genèse des choses_.
[138] Hérodote, liv. III, § XCIV.
[139] Mémoire de M. Joinville, page 413.
[140] _Voyez_ Mémoires de l'Académie des Inscriptions, tome 31, page 254, Mémoire de l'abbé Mignot.
[141] _Voyez_ Legentil, Mémoires de l'Académie des Sciences, 1772, tome II, page 190; Abraham Roger, Mœurs des Brahmines, part. II, chap. 5, page 179; le Père Beschi, Grammaire tamoulique.
[142] Syncelle, pages 28 et 29.
[143] _Voyez_ Dupuis, t. II, in-4°, p. 208 et 228; t. III, pag. 186.
[144] Alphab. thibet., page 184.
[145] Phaleg et Kanaan.
[146] Commentaires sur la Bible.
[147] Histoire du Ciel.
[148] _Geographiæ Hebræorum exteræ spicilegium_.
[149] _Roush_ montre sa trace dans l'_Erusheti_ de Danville, canton à l'ouest de Gokia.
[150] Hérodote, liv. VII.
[151] Selon la plupart des chronologistes modernes, 1130 ans avant J.-C.: comment concilient-ils cette date avec la composition de la Genèse par Moïse 300 ans avant?
[152] Hérodote, lib. VII.
[153] _Scholiast. Aristophanis in Acharn._
[154] Page 49.
[155] Hérodote, lib. II, § XLIV.
[156] Phaleg., lib. IV, chap 27.
[157] Le nom de Kush semble s'être conservé dans _guiz_ ou _guis_, qui est le nom antique du langage éthiopien; l'_idiome guiz_.
[158] _Odyss._, lib. I, v. 22. Strabon entend ce vers d'Homère des Éthiopiens sur la rive ouest, et des Arabes sur la rive est du golfe arabique, et c'est l'idée de la Genèse.
[159] _Voyez_ Ptolomée, _Geog. in-fol._, _Tabula Asiæ sexta_.
[160] Danville, carte d'Asie première.
[161] _Voyez_ Danville, carte d'Arabie; _hagiar_ ou _hagar_ signifie _pierre_, _pierreux_, et tels sont les rochers de Hidjar.
[162] _Sam._, lib. I, chap. 15, v. 7.
[163] Paralipomènes, liv. II, chap. 14.
[164] Strabon aurait donc eu raison d'interpréter en ce sens le vers d'Homère qui partage les _Éthiopiens en deux pays_ (par la mer).
[165] Tom. II, col. 1239 et 1240. Voyez aussi Assemani, Biblioth. syriac., tom. III, pars II, pag. 744.
[166] _Voyez_ ci-après page 278.
[167] _Hieronym. Quest. in Genes._, cap. 10, nº 10.
[168] Plusieurs divinités chez les Chaldéens ont eu le nom de _Bel_ ou _Baal_, qui signifie _Dieu_ et _Seigneur_. Alexandre Polyhistor parle de Bélus l'_ancien_, appelé _Kronos_ (ou Saturne), de qui naquirent un second Bélus ou Bélus le jeune, ayant pour frère _Kanaan_. Il ajoute que Kanaan fut père des Phéniciens et eut pour fils _Chum_, appelé par les Grécs _Asbolos_, c'est-à-dire _couleur de suie_, lequel Chum eut pour frère _Mesraim_, père des Éthiopiens et des Égyptiens: l'on voit ici une autre version des mêmes idées, des mêmes traditions que la Genèse. Voyez Eusèbe, _Præpar. evang._, lib. IX, chap. 17. Dans la Chronique d'Alexandrie, page 17, un premier Bélus est Saturne; après lui Picus règne 30 ans; après Picus un second Bélus règne 2 ans: celui-ci est la planète de Mars, dont la révolution dure effectivement 2 ans; c'est par erreur que l'auteur attribue les 30 à Picus-Jupiter, puisqu'ils appartiennent à Saturne, dont la révolution dure cet espace de temps.
[169] Zend-Avesta, tome II, pages 402 et 456; et tome I, partie II, page 272, note 3.
[170] Phaleg. et Chanaan, lib. II, cap. 6.
[171] _Geographia Hebræorum extera_, page 114.
[172] _Sam._, lib. II, cap. 8, v. 5 et 6.
[173] Le psaume LX a commis la même faute.