Recherches nouvelles sur l'histoire ancienne, tome I

Part 2

Chapter 23,181 wordsPublic domain

«_Saül_ [dit ce texte[5]] _était âgé d'un an lorsqu'il régna, et il régna deux ans_.» D'abord nous observons que le texte mot à mot ne dit pas d'_un an_, mais de..... _an_, laissant le nombre en lacune; et il n'est pas permis de traduire _un_ sans le mot _ahad_, qui l'exprime. La première de ces données est si choquante, que personne n'a osé la défendre, au sens littéral: quelques interprètes ont recouru à des sens mystiques et allégoriques, qui ne signifient rien. La seconde est si contraire à tout l'historique du règne de Saül, qu'il est incontestable qu'une altération, ou plutôt une lacune existe ici dans le texte. Or, telle est l'antiquité de cette lacune, que la version grecque d'Alexandrie n'osant admettre deux données si absurdes, a préféré de supprimer le verset entier. Aucun manuscrit grec connu n'y supplée, et ceci fait peu d'honneur à l'exactitude des prétendus 70 _docteurs_: pour remplir l'omission et surtout pour corriger l'erreur seconde, les chronologistes ont invoqué deux écrivains juifs; l'un est l'historien Fl. Josèphe, qui dans ses Antiquités judaïques, dit[6]: _que Saül régna 18 ans du vivant de Samuël, et 22 ans après la mort de ce prophète_.... Par conséquent Saül aurait régné 40 ans; mais plusieurs graves objections s'élèvent contre cette donnée: tous les critiques sont d'accord que les manuscrits de Josèphe ont subi des altérations considérables dans leurs chiffres, de la part des copistes qui y ont porté des motifs de piété. Or, dans le cas présent, outre que les manuscrits dans l'idiome grec sont trop peu nombreux pour faire autorité, nous avons la version latine que le prêtre _Rufin_, ami de saint Jérôme, fit du texte grec de Josèphe, vers le temps du concile de Nikée; et cette version, qui sert de contrôle à nos manuscrits actuels, les dément ici...., car elle porte: «Saül régna 18 _ans_ du vivant de _Samuël_ et 2 _ans_ (seulement) après la mort de ce prophète;» ce qui ne fait en tout que 20 ans.

De plus, Josèphe dans un autre passage[7] des mêmes manuscrits grecs, corrige l'erreur des 22 _ans_, lorsque, récapitulant la durée des rois de Jérusalem, il dit: «Et ces rois régnèrent pendant «un espace de 514 ans, 6 mois, 10 jours, _sur lesquels Saül, premier roi, mais qui ne fut point du sang de David_, régna 20 ans.» La version de Rufin porte les mêmes nombres de 514 et 20: par conséquent les 22 du premier passage sont évidemment une erreur, ou plutôt une altération du copiste, qui a eu un motif que nous allons bientôt voir.

On peut demander où Josèphe a puisé cette instruction: nous ne dirons pas, dans les écrits des Juifs de son temps, qui furent très-ignorants; mais nous pensons qu'ici et dans plusieurs autres cas, il a emprunté d'un historien grec qui paraît avoir été bien instruit de ce qui concerne les Juifs. Cet historien est _Eupolème_, qu'il cite avec éloge dans son livre contre Appion[8], et dont Eusèbe, parmi plusieurs fragments[9], cite celui-ci: «Eupolème dit que _Saül mourut_ vers la 21e année de son règne, _que David régna 40 ans_, etc.....» Eupolème nous est désigné comme la source où Alexandre Polyhistor puisa la plupart de ses récits sur les Assyriens et sur les Juifs; et Alexandre Polyhistor ayant vécu du temps de Sylla, il s'ensuit qu'Eupolème a pu vivre un siècle avant lui; et comme il paraît avoir beaucoup voyagé, il aura visité Alexandrie, y aura conversé avec des docteurs juifs qui, dans ce foyer de la traduction grecque, exécutée peut-être un siècle avant eux, ont pu avoir recueilli de bonnes traditions ou des notes marginales tirées de manuscrits anciens. Toujours est-il vrai que les fragments d'Eupolème portent un cachet particulier d'instruction sur les Juifs. Quant à la durée totale des rois de cette nation, que nous évaluons à 473 ans, non compris Saül, et à 493 en y ajoutant ce prince, cette somme ne diffère de celle du texte hébreu, qu'en ce qu'il ôte au roi _Amon_ 10 _ans_ que nous verrons lui appartenir dans l'article des Assyriens, et qu'il double les 10 ans premiers de Joathan que nous simplifions; cette identité autorise à croire que notre calcul est l'ancien et véritable; et il semble avoir été celui de l'historien Josèphe, en écartant les altérations et les contradictions de ses principaux passages. Par exemple, sa liste détaillée que nous présentons dans le tableau ci-joint, donne, selon la traduction latine de Rufin, un total de 492 ans; et si l'on compte pour 40 ans _Joas_ qu'il ne compte que pour 39, l'on a juste 493 ans.

Il est vrai que sa liste grecque diffère beaucoup puisqu'elle compte 533 ans, Saül n'étant porté que pour 20..... Mais il y a erreur manifeste sur Salomon, qu'il porte pour 80, et qui, selon tous les textes, n'a que 40 ans. Supprimez ces 40 de 533, il vous reste 493, nombre vrai.

Nous avons vu que dans un autre passage Josèphe donne aux rois[10] de Jérusalem 514 ans de durée, y compris les 20 de Saül: voilà une contradiction palpable avec les 533 de sa liste grecque, et un excès de 20 ans sur les 493 de sa liste latine. N'est-il pas à croire qu'ici il a compté Salomon pour les 40 ans qui lui appartiennent, mais que les copistes ont ajouté à Saül les 20 ans nécessaires à compléter les 40 qu'ils ont voulu établir? Alors cette altération serait antérieure à Rufin même, et l'on voit quels embarras des copistes infidèles jettent dans les textes des écrivains. Eh! comment cette audace n'aurait-elle pas existé dans des temps de barbarie, et dans le secret des copies écrites à la main, quand de nos jours _Havercamp_ a osé introduire dans son édition imprimée, une altération choquante, un faux matériel, en écrivant 522 dans sa traduction latine, au lieu de 532 que porte le grec imprimé à coté[11]!

Le second écrivain invoqué par les chronologistes pour soutenir les 40 ans de Saül, est l'auteur des Actes des Apôtres. Cet anonyme fait dire (ch. XIII) à saint Paul, haranguant dans Antioche de Pisidie, que «Dieu ayant livré à nos pères le pays de Kanaan, leur donna des juges pendant _environ_ 450 ans jusqu'à Samuel; puis, lorsqu'ils lui demandèrent un roi, il leur donna Saül pendant 40 ans.»

Ces deux nombres ont causé beaucoup d'embarras aux écrivains ecclésiastiques, parce que le premier est en contradiction formelle avec le _Livre des Rois_, qui dit que «depuis la sortie d'Égypte jusqu'à la fondation du temple, il ne s'écoula que 480 _ans_.» Saint Paul en supposerait plus de 570; et parce que le second ne se trouve dans aucun autre livre canonique, l'on ne conçoit pas d'où saint Paul l'a tiré. Cette difficulté, traitée théologiquement, nous paraît réellement insoluble; mais si nous l'examinons selon les principes naturels et généraux de la critique historique, nous demanderons d'abord quel est _cet auteur des Actes_, inconnu de temps et de lieu; quelles preuves fournit-il de l'authenticité de son livre, de l'époque même où il a paru, de la présence de son auteur au discours de saint Paul, de son exactitude à recueillir et à coter les nombres donnés par l'Apôtre? et parce que l'on ne peut rien répondre de satisfaisant à toutes ces questions, nous disons que ces nombres reposent uniquement sur la garantie personnelle d'un inconnu, sans date ni titre; que ces 450 ans résultent d'une manière d'évaluer le temps des juges que nous exposerons à leur article; et que les 40 _ans_ de Saül semblent venir de la même source talmudique que les 80 ans de Salomon, système de doublement dont il existe encore d'autres exemples: néanmoins nous ne dirons pas que l'anonyme ait copié Josèphe; au contraire, nous sommes persuadés que c'est pour se conformer à ce passage _des Actes des Apôtres_, que les copistes dévots ont altéré celui de Josèphe, où le grec porte 22 au lieu de 2. Quoi qu'il en soit de l'origine de ces fautes, une analyse exacte de la vie de Saül achevera de démontrer que ce prince n'a pu et dû régner que 20 _ans_ et non pas 40.

David avait trente ans lorsqu'après la mort de Saül il commença de régner à Hébron. (_Sam._ lib. II, c. V.) Il dut en avoir au moins 20 lorsqu'il fut présenté à ce roi pour combattre le géant; car lorsque Saül lui représente qu'il _est jeune_, tandis que son rival est un homme fait et expérimenté[12], David lui répond que _déja_ il a de ses mains étranglé un ours et un lion. Et peu auparavant l'officier, qui le _recommande_ à Saül, avait dit que David était _un jeune homme grand et fort_[13], propre à la guerre; ce qui ne saurait se dire d'un jeune garçon de 15 ou même de 18 ans. De là il s'ensuit que David vécut environ 10 ans avec Saül; donc Saül a dû commencer sa règne 10 années auparavant; et lorsqu'on lit attentivement son histoire depuis les chapitres VIII et IX, l'on est convaincu, que ces 10 années ont suffi à tous les événements, qui sont: 1º la guerre contre _Nahas_, roi des Ammonites, guerre qui fut la cause de l'élection de Saül: «Au bout d'un mois», est-il dit (ch. XI), «il marche au secours de la ville de _Iabès_, bat les Ammonites; et parce que sa première élection avait eu des opposants, Samuel profite de l'enthousiasme des Hébreux vainqueurs pour sacrer Saül une seconde fois...[14]» Après cette guerre d'une seule campagne, vient celle des Philistins, où, dès le début, son fils Jonathas se montre un guerrier aussi vigoureux que brave, ce qui comporte au moins 20 ans: par conséquent _Saül_, quand il régna, dut avoir au moins 41 ans; et si le texte actuel nous dit qu'il était âgé de 1 an, c'est sûrement parce que le premier chiffre 4 a disparu, et qu'originairement il y avait 41. Cette première donnée, qui se fonde sur des faits positifs, exclut les 40 ans de règne; car Saül aurait eu 80 ans lorsqu'il périt, tandis que le récit de sa mort le représente encore comme un guerrier plein de vigueur, et peint son fils Jonathas (qui aurait dû à cette époque avoir 60 ans), comme un homme d'environ 40 ans qui venait d'avoir un enfant (_Miphiboseth_). Ajoutez que _Nahas_, ce roi ammonite contre qui marche Saül, ne meurt que vers l'an 12 ou 15 de David (lib. II, c. X), en sorte qu'il eût régné plus de 55 ans, chose presque impossible dans un siècle où, pour être roi, il fallait étre déjà un homme de guerre. La guerre des Philistins occupe un ou tout au plus deux étés (ch. XIV); Saül, pour s'affermir, laisse tranquilles les Philistins trop puissants; mais pour tenir son peuple en haleine, il attaque 1º les Moabites, 2º les Ammonites, 3º les Iduméens, tous peuples pasteurs assez faibles; 4º les Syriens de Soba (au nord de Damas, vers Halep); puis il revient aux Philistins, et enfin à son expédition contre les Amalékites, par suite de laquelle l'impérieux Samuel le disgracie et sacre le jeune David. Or, si l'on fait attention qu'alors chez les Hébreux organisés à la manière des Druses de nos jours, il n'y avait point de troupes soldées subsistantes, mais que la guerre se faisait par convocation et levée en masse à chaque printemps, qu'elle ne durait ordinairement qu'une campagne, et n'était qu'une incursion de pillage pour récompenser les combattants; ces six ou sept guerres n'ont pu emporter plus de 9 à 10 ans, et par conséquent Josèphe paraît avoir eu raison de n'évaluer le règne total de Saül qu'a 20 années. Or, comme réellement c'est vers la fin de son règne qu'arrive la mort de Samuel[15], tout concourt à prouver la vraisemblance des assertions de l'historien juif.

Les douze années de judicature qu'il attribue à _Samuel_, sont également très-probables; car supposons que ce prophète soit mort à 70 ou 72 ans, il aura abdiqué de 52 à 54; à cette époque (ch. XII), Samuel demandant au peuple assemblé un témoignage solennel de la pureté de sa gestion, il dit qu'il a les cheveux déja blancs: pour un homme d'État, usé d'affaires et de soucis depuis sa jeunesse, cette circonstance convient à cet âge. Ce serait donc vers 40 ou 42 qu'il aurait commencé de juger, et cela à l'époque de l'assemblée de _Maspha_. Or, 20 ans et 7 mois avant cette assemblée, avait eu lieu la bataille d'Aphek[16], où les Philistins prirent l'arche, tuèrent les deux fils d'Héli, qui lui-même périt en apprenant ces désastres. Samuel à cette époque aurait eu environ 20 ans; et réellement lorsque l'on compare avec attention divers faits de sa jeunesse contenus dans les premiers chapitres; lorsqu'on examine avec défiance par quelles manœuvres habiles et secrètes, il parvint à supplanter la famille d'Héli; comment les vexations des enfants de ce grand-prêtre leur ayant suscité un parti ennemi, ce parti jeta ses vues sur Samuel pour les écarter du sacerdoce; comment _un homme inspiré de Dieu_, et protecteur secret du jeune Samuel, fit d'abord des remontrances à Héli, et lui annonça que Dieu écarterait sa maison du sacerdoce pour y placer un étranger qui serait l'objet de l'envie de sa famille; comment peu de temps après, Samuel prétendit avoir entendu la voix de Dieu qui lui tint exactement le même discours[17]; comment cette _apparition ébruitée_ le fit regarder comme l'_élu_ de Dieu et le successeur désigné d'Héli; enfin lorsque l'on considère dans tout le cours de sa vie, combien son caractère fut impérieux, dissimulé et jaloux de puissance, l'on pensera que dans l'anecdote _de la vision_ du chapitre III, il joua un rôle habile et profond qui exige au moins l'âge de 20 ans.... Chez les Juifs, où il fallait 30 ans pour être sacrificateur, il fut encore trop jeune pour remplacer le grand-prêtre; mais il employa ce temps à se faire des partisans et à augmenter son crédit contre la famille puissante d'Héli: quand il se crut assez fort, il leva l'étendard à _Maspha_, âgé alors de 40. Dix ans après, vers l'âge de 50, il établit ses deux fils juges en une petite ville, pour accoutumer le peuple à leur obéir, et il put déjà avoir des enfants de 25 ans; mais leurs prévarications ayant excité des murmures, son ambition fut déçue, et il fallut que malgré lui il nommât un roi, d'où il résulta, dans l'organisation politique des Hébreux, un changement tout-à-fait semblable à celui qui, au Japon, substitua le _Cubo_ au _Daïri_; c'est-à-dire, que tout le pouvoir exécutif passa de la main des prêtres aux mains laïques et militaires.

CHAPITRE II.

Durée des Juges.

/*[2] Nous venons d'obtenir, pour la durée totale des rois hébreux, y compris Saül, une somme de................................... 493

Si nous la joignons à celle de.......... 586 ------ écoulée depuis la ruine du temple de Jérusalem jusqu'à notre ère, nous aurons, pour première année de Saül, l'an............ 1079 ------

Alors la judicature de Samuel, évaluée à 12 ans, aura commencé l'an.............. 1091

Quant à celle d'Héli, si l'on considère que ce grand-prêtre était en place dès avant la naissance de Samuel; que déja ses enfants étaient des hommes faits, ayant des enfants, et que les diverses autorités s'accordent à lui donner 78 ans quand il mourut; l'on regardera comme probable et convenable le nombre de 40 ans que le texte hébreu assigne à sa judicature. Héli aura donc commencé de gouverner l'an...... 1131{av. J.-C.} */

De combien d'années cette date est-elle postérieure à Moïse! Ici se présentent de grandes difficultés; car dans cette période de temps, que l'on nomme _les Juges_, nos deux seuls guides et autorités sont _le livre de ce nom_, et le livre dit _Josué_. Or, le récit de ces deux livres sur la durée et la succession des juges est si vague; leur calcul des sommes partielles d'années est si contradictoire avec le résultat d'addition totale, et avec le résumé du _Livre des Rois_, qu'il est impossible d'en déduire une série régulière et fixe de temps. Les chronologistes avouent ce déficit, mais ils n'avouent pas également la conséquence qui en résulte et qui est qu'_au-dessus d'Héli_, il y a _interruption_, _fracture absolue_ dans le système juif, de manière que tous les événements antérieurs à ce grand prêtre flottent dans le vague et ne sont classés que par conjecture. Notre intention constante étant de donner au lecteur, non pas notre opinion propre, mais les moyens d'établir la sienne, nous allons lui offrir, dans un tableau raccourci et sous un coup d'œil facile, tous les passages chronologiques des _Livres de Josué et des Juges_, en le prévenant qu'il a besoin de beaucoup de patience et d'attention dans cette discussion aride et compliquée qui nous a coûté encore plus de peine qu'à lui. (_Suivez le tableau, page suivante_).

L'on voit dans ce tableau, que l'addition des sommes partielles donne une durée totale de 495 ans; et cependant, outre le temps inconnu de Samagar, il faut encore porter en compte celui de Moïse (40); celui de _Josué_, et de la _génération des Vieillards_ qui jugèrent après lui. Supposons pour ces deux objets 30 années: plus 40 pour Moïse == 70, plus 12 pour Samuel et 18 pour Saül, autre 30, total, 100. Nous avons depuis la sortie d'Égypte jusqu'à l'an 4 de Salomon, exclusivement, une durée totale de....... 595 ans.

Ce résultat authentique, et qui ne peut se nier, chagrine beaucoup les chronologistes catholiques et même protestants, parce qu'il est en contradiction formelle avec deux autorités non moins infaillibles pour eux que les _Livres des Juges et de Josué_. La première est celle de l'anonyme, auteur des _Actes des Apôtres_, qui dit, chapitre XIII:

«Le Dieu de nos pères supporta leurs maux au désert durant l'espace d'_environ_ 40 ans....

«Après cela, pendant environ 450 ans, il leur donna des juges jusqu'à Samuel le prophète.

«Ayant ensuite demandé un roi, Dieu leur donna Saül pendant 40 ans.» (Act., chap. XIII, v. 18.)

D'abord, dans les deux premières sommes les mots _environ_ doivent paraître singuliers: ils donnent à penser que l'auteur n'était pas sûr de son calcul.

Ensuite, si nous calculons depuis Josué jusqu'à Samuel, nous trouvons bien réellement.. 450 ans.

Ici nous avons la preuve matérielle que _l'auteur inconnu_ des Actes des Apôtres n'a pas eu d'autres monuments ni d'autres documents que les nôtres; mais son calcul n'en est pas moins erroné, en ce qu'il ne compte rien pour _Josué_, ni pour les Vieillards, ni pour Samgar, dont les temps réunis exigent au moins 30 ans et feraient... 480 ans. Or, si cet auteur s'est trompé, dans le _premier calcul_, nous avons droit de conclure qu'il n'a pas plus d'autorité dans celui sur _Saül_...; et nous avons démontré plus haut qu'à cet égard il est en erreur positive. Son calcul total, pris depuis Moïse jusqu'à la fondation du temple, en excluant _Josué_, les

/*[2] Vieillards et Samuel, supposera une durée de 573 ans............... 573

Et si nous ajoutons 42 pour ces trois articles omis................... 42

Cet auteur admettrait une durée totale ------- de......................... 615 ans. */

La seconde autorité contradictoire aux résultats des _Juges_ et de _Josué_, est celle du rédacteur des _Rois_, qui résumant le temps écoulé depuis la sortie d'Égypte jusqu'à la fondation du temple par Salomon, dit que cet intervalle fut de... 480 ans. Cette autorité est d'autant plus grave, que, selon l'opinion commune et raisonnable, la rédaction des Rois fut faite peu après le retour de la captivité, et que l'auteur quelconque eut à cette époque plus de moyens de s'éclairer qu'aucun autre écrivain postérieur:

/*[2] Cependant, en n'admettant avec le texte hébreu que _deux_ ans pour Saül; en tenant pour nuls _Moïse_, _Josué_, les _Vieillards_ et _Samuel_, nous avons 495 ans. auxquels on ne peut refuser de joindre les 40 de Moïse, total 535 Il y a excès de 55 sur ses 480. */