Part 8
Une plaine argileuse, ondulée et nue, dont le sol est en général imprégné de sel, s’étend jusqu’à Biskra, éloignée d’environ 8 kilomètres ; elle est coupée de collines arides qui disparaissent à environ un kilomètre de l’oasis ; çà et là s’élèvent des cônes réguliers qui peuvent atteindre 15 mètres d’élévation, et qui sont souvent tronqués au sommet ; les plantes qui croissent sur les collines et sur ces _tumulus_, et qui sont le plus souvent mutilées par les troupeaux, appartiennent presque toutes à la végétation saharienne, et se présentent généralement par touffes espacées, comme la plupart des espèces de cette région.
Diplotaxis pendula DC.
Notoceras Canariense R. Br.
Helianthemum Cahiricum Delile.
Argyrolobium uniflorum Jaub. et Sp.
Gymnarrhena micrantha Desf.
Dœmia cordata R. Br.
Passerina hirsuta L.
*— microphylla Coss. et DR.
Forskalea tenacissima L.
Gagea reticulata Rœm. et Sch.
Arthratherum, diverses espèces, etc.
Dans les dépressions du sol où l’eau a séjourné l’hiver, on observe les :
Trigonella anguina Delile.
— Ægyptiaca Poir.
Leobordea lotoides Delile.
Cladanthus Arabicus Cass., etc.
Biskra[19], à 319 kilomètres de Philippeville, à 236 sud-ouest de Constantine, à 126 sud de Batna, à 34° 56′ latitude boréale et 3° 21′ longitude orientale, à 75 mètres d’altitude, est située, au sud des derniers contre-forts de la chaîne de l’Aurès, sur le cours de la rivière qui porte son nom, et qui résulte de la réunion de l’Oued El-Kantara et de l’Oued Abdi. Cette ville est pour ainsi dire par sa position la clef des oasis des Ziban dont elle est la capitale ; il suffit de jeter les yeux sur une carte pour comprendre son importance, car son occupation assure la soumission des populeuses vallées de l’Aurès méridional et des oasis qui en dépendent, en même temps que celle des nombreuses et importantes oasis des Ziban[20]. — Le fort Saint-Germain est construit à l’entrée de l’oasis de Biskra, vers la prise d’eau qui en alimente les nombreuses _saguia_, d’où le nom de Ras-el-ma (Tête de l’eau) donné par les indigènes aux constructions récentes qui sont groupées dans le voisinage du fort. — Une population assez nombreuse, et composée exclusivement d’indigènes, est agglomérée dans plusieurs villages situés dans l’intérieur de l’oasis. Ces villages sont composés de maisons construites en terre, couvertes en terrasse, généralement à un seul étage, et placées pour la plupart le long des ruelles qui sillonnent l’oasis, sur lesquelles elles n’ont souvent que la porte pour toute ouverture. Leurs murs sont composés d’espèces de briques, faites d’argile mêlée à du fumier, et séchées au soleil ; des poutres de Dattier, recouvertes des feuilles du même arbre, soutiennent la terre battue qui constitue la terrasse ; des planches grossières en bois de Dattier, et réunies par des traverses de Genévrier, en forment les portes. Un ruisseau longe habituellement l’un des côtés de la ruelle, et ses eaux, souillées par l’incurie des habitants, servent à tous leurs usages domestiques. Les villages sont entourés de toutes parts des jardins de l’oasis, dont quelques-uns sont assez étendus. Dans les clairières de l’oasis ou au bord des chemins, çà et là se trouvent réunies la tente en poil de chameau de l’Arabe nomade et la hutte en feuilles de Dattiers qu’habite le Nègre. A peu de distance du premier village arabe, au sud de Biskra, avait été construit en pisé l’ancien fort de Biskra, abandonné récemment depuis la construction du fort de Saint-Germain. Les jardins qui dépendent de l’ancien village européen qui était protégé par le fort, et dont il n’existe plus que des vestiges, sont encore cultivés par les soldats de la garnison qui, à l’ombre des Dattiers, y entretiennent des cultures potagères. — Plusieurs moulins arabes, d’une construction toute primitive, sont établis sur les principaux canaux dérivés de l’Oued Biskra, et seront probablement remplacés bientôt par des usines plus perfectionnées, dont le moulin à turbine et à deux tournants, bâti pour le caïd, ne tardera pas à démontrer tous les avantages aux indigènes. Les canaux de dérivation se ramifient en d’innombrables _saguia_ qui servent à l’arrosement de toutes les cultures, et permettent de faire arriver l’eau avec facilité au pied de chacun des arbres de l’oasis. Les eaux de ces _saguia_ tiennent en dissolution une assez grande quantité de sel marin et d’autres substances salines ; aussi partout où elles ne sont pas ombragées, voit-on généralement leurs bords se couvrir des plantes qui affectionnent spécialement les lieux salés : diverses Salsolacées, _Aizoon Hispanicum_, _Mesembryanthemum nodiflorum_, etc. Dans les endroits ombragés et au voisinage des _saguia_, les plantes salines font ordinairement place à une végétation rudérale presque entièrement européenne. Pour éviter d’inutiles redites, nous croyons devoir grouper dans une même liste toutes les plantes que nous avons observées dans les terrains cultivés des diverses oasis que nous avons visitées ; car ce sont à peu près les mêmes espèces qui se rencontrent dans toutes les cultures de la région saharienne.
_Liste des plantes observées dans les cultures et dans les endroits arrosés des oasis_.
=Renonculacées.=
ADONIS microcarpa DC. (Tun. Med. austr. Can.).
æstivalis L. (Eur.).
dentata Delil. (Tun. Trip. Æg. Or.).
RANUNCULUS arvensis L. (Eur. Or.).
muricatus L. (Eur. austr. Tauri. Can.).
trilobus Desf. (Hisp. Gall. austr. It. Græc. Can.).
DELPHINIUM cardiopetalum DC. (Eur. austr.).
=Papavéracées.=
PAPAVER hybridum L. (Eur. Or. Can.).
Rhœas L. (Eur. As. Can.).
RŒMERIA hybrida DC. (Med. Tauri. Æg. Arab.).
GLAUCIUM corniculatum Curt. (Eur. austr. Or. Can.).
HYPECOUM procumbens L. (Med.).
pendulum L. (Tun. Eur. austr. occ. Arab.).
=Crucifères.=
CLYPEOLA Jonthlaspi L. (Eur. austr. Or.).
CAPSELLA Bursa-pastoris DC. (Eur. As.).
IBERIS pectinata Boiss. (Hisp.).
MALCOLMIA Africana B. Br. (Hisp. Gall. austr. Cauc.).
SISYMBRIUM officinale Scop. (Eur.).
Irio L. (Eur. Or. Can.).
runcinatum Lagasc. (Hisp.).
erysimoides Desf. (Tun. Hisp. Sard. Can.).
ERYSIMUM strictum Fl. Wett. _var._ micranthum J. Gay. (Hisp.).
SENEBIERA Coronopus Poir. (Eur. As.).
SINAPIS geniculata Desf. (Tun. Syr.).
arvensis L. (Eur.).
MORICANDIA arvensis DC. (Tun. Med. austr.).
DIPLOTAXIS erucoides DC. (Med. Or.).
ERUCA sativa Lmk. (Eur. centr. et austr. Or.).
CARRICHTERA Vellæ DC. (Tun. Med. austr. Or.).
RAPISTRUM Linnæanum Boiss. et Reut. (Hisp. Gall.).
=Résédacées.=
RESEDA alba L. (Med. Or.).
Phyteuma L. (Eur. centr. austr. Azor.).
lutea L. (Eur. centr. austr.).
=Frankéniacées.=
FRANKENIA pulverulenta L. (Tun. Eur. austr. Or. Can.).
=Caryophyllées.=
SILENE inflata Sm. (Eur.).
rubella L. (Tun. Med. austr.).
nocturna L. (Med.).
muscipula L. (Tun. Med.).
SPERGULA arvensis L. (Tun. Eur.).
STELLARIA media Sm. (Eur. As. Can.).
SPERGULARIA media Pers. (Tun. Eur. occ. austr.).
=Linées.=
LINUM strictum L. (Tun. Eur. austr. Or.).
=Malvacées.=
MALVA sylvestris L. (Eur. Sib.).
— _var._ dasycarpa.
Nicæensis All. (Med.).
parviflora L. (Tun. Med.).
ALTHÆA Ludwigii L. (Sic. Æg.).
HIBISCUS Trionum L. (Med. austr. Or.).
=Hypéricinées.=
HYPERICUM tomentosum L. (Tun. Med. Or.).
=Géraniacées.=
GERANIUM dissectum L. (Eur. Or. Can.).
ERODIUM laciniatum Cav. (Tun. Med. Æg. Can.).
Ciconium Willd. (Tun. Eur. austr.).
Cicutarium L’Hérit. (Eur. Or.).
moschatum L’Hérit. (Gall. occ. Eur. austr.).
malachoides Willd. (Tun. Med. Can.).
=Zygophyllées.=
TRIBULUS terrestris L. (Gall. occ. Eur. austr. Or. Seneg.).
=Légumineuses.=
MEDICAGO Lupulina L. (Eur. Am. bor.).
apiculata Willd. (Eur. centr. austr.).
denticulata Willd. (Eur. centr. austr.).
pentacycla DC. (Eur. austr.).
tribuloides Lmk. (Tun. Med.).
ciliaris Willd. (Hisp. Gall. austr. It.).
TRIGONELLA Fœnum-Græcum L. (_subsp._).
Monspeliaca L. (Gall. Eur. austr. Or.).
MELILOTUS parviflora Desf. (Eur. austr. Æg. Can. Ind.).
Messanensis Desf. (It. Sic.).
sulcata Desf. (Med. Æg.).
TRIFOLIUM fragiferum L. (Eur. Or.).
tomentosum L. (Med.).
ASTRAGALUS hamosus L. (Tun. Med. Or.).
SCORPIURUS sulcata L. (Tun. Med. Can.).
ARTHROLOBIUM scorpioides DC. (Tun. Med. Or.).
VICIA calcarata Desf. (Tun. Hisp. Can.).
ACACIA Farnesiana Willd. (_subsp._).
=Cucurbitacées.=
ECBALIUM Elaterium Rich. (Med. Eur. occ.).
=Lythrariées.=
LYTHRUM Hyssopifolia L. (Eur. Am. Nov. Holl.).
=Paronychiées.=
PTERANTHUS echinatus Desf. (Tun. Æg. Arab. Cypr. Cauc.).
=Ficoïdées.=
MESEMBRYANTHEMUM nodiflorum L. (Tun. Med. austr.).
AIZOON Hispanicum L. (Tun. Hisp. Can.).
=Ombellifères.=
APIUM graveolens L. (Eur. Am.).
AMMI Visnaga Lmk. (Tun. Med. Or.).
*CARUM Mauritanicum Boiss. et Reut.
TORILIS nodosa Gærtn. (Eur. Or.).
SCANDIX australis L. (Med. Or.).
CORIANDRUM sativum L. (_subsp._).
=Rubiacées.=
RUBIA tinctorum L. — (_subsp._).
GALIUM saccharatum L. (Tun. Eur. austr.).
=Composées= (Cynarocéphales).
CALENDULA arvensis L. (Eur. Æg. As.).
CENTAUREA Melitensis L. (Tun. Eur. austr. Can.).
Nicæensis All. (Tun. Hisp. Sard. Sic.).
Calcitrapa L. (Eur. Or.).
KENTROPHYLLUM lanatum DC. (Eur.).
*SILYBUM eburneum Coss. et DR.
CARDUUS confertus Moris _var._ (Tun. Med. austr.).
pycnocephalus L. (Eur. occ. austr. Or.).
=Composées= (Corymbifères).
BELLIS annua L. (Med. Or. Can.).
MICROPUS supinus L. (Tun. Med. Or.).
bombycinus Lagasc. (Med. Or.).
PALLENIS spinosa Cass. (Tun. Eur. austr. Or. Can.).
PERIDEREA fuscata Webb. (Med.)
XANTHIUM antiquorum Wallr. (Or.).
ANACYCLUS tomentosus DC. (Tun. Med.).
CHRYSANTHEMUM segetum L. (Eur.).
coronarium L. (Med. Or. Can.).
FILAGO Jussiæi Coss. et Germ. (Eur. centr. austr.).
=Composées= (Chicoracées).
SCOLYMUS maculatus L. (Tun. Med. Or.).
Hispanicus L. (Tun. Eur. occ. austr. Can.).
grandiflorus Desf. (Tun. Med. austr.).
RHAGADIOLUS stellatus Gærtn. (Tun. Med. Or.).
KŒLPINIA linearis Pall. (Tun. Ross. austr. Or.).
HYOSERIS scabra L. (Tun. Med. Or.).
CICHORIUM divaricatum Schousb. (Tun. Med.).
PODOSPERMUM laciniatum DC. _var._ intermedium (Med.).
UROSPERMUM picroides Desf. (Tun. Med. Mad.).
HELMINTHIA echioides L. (Eur. centr. austr.).
PICRIDIUM Tingitanum Desf. (Tun. Med. austr. Or.).
SONCHUS tenerrimus L. (Tun. Med.).
maritimus L. (Tun. Eur. occ. austr.).
oleraceus L. (orbe fere toto).
ANDRYALA tenuifolia DC. (Tun. Med.).
=Primulacées.=
CORIS Monspeliensis L. (Tun. Med. Æg.).
ANAGALLIS arvensis L. (orbe fere toto).
SAMOLUS Valerandi L. (orbe fere toto).
=Gentianées.=
ERYTHRÆA spicata Pers. (Med. Or.).
=Convolvulacées.=
CONVOLVULUS arvensis L. (orbe fere toto).
=Borraginées.=
HELIOTROPIUM Europæum L. (Tun. Eur. As.).
supinum L. (Tun. Med. Or.).
NONNEA micrantha Boiss. et Reut. (Hisp.).
CYNOGLOSSUM pictum Ait. (Eur. austr. Or.).
=Solanées.=
NICOTIANA rustica L. (_subsp._).
=Scrophularinées.=
VERBASCUM sinuatum L. (Tun. Med. Or.).
LINARIA spuria Willd. (Eur. Mad. Am. bor.).
VERONICA Anagallis L. (Eur. Cypr. Or.).
=Verbénacées.=
VERBENA supina L. (Tun. Med. austr. Æg. Can.).
LIPPIA nodiflora Rich. (Tun. Trip. Eur. austr. Æg.).
=Labiées.=
MARRUBIUM vulgare L. (Eur. Or.).
Alysson L. (Tun. Hisp. Sard. It. Or.).
TEUCRIUM campanulatum L. (Tun. Hisp. Sic.).
Polium L. (Tun. Med. Or.).
=Plantaginées.=
PLANTAGO major L. (orbe fere toto).
albicans L. (Tun. Med.).
Lagopus L. (Med. Or.).
amplexicaulis Cav. (Tun. Hisp. Græc. Or. Can.).
Coronopus L. (Tun. Eur. Can.).
Psyllium L. (Tun. Med. Or. Can.).
=Salsolacées.=
BETA vulgaris L. (Tun. Eur. austr.).
BLITUM virgatum L. (Tun. Eur. austr. Or.).
ATRIPLEX patula L. (Eur. Azor.).
CHENOPODIUM murale L. (Eur. Or.).
=Amarantacées.=
AMARANTUS sylvestris Desf. (Eur. centr. austr.).
=Polygonées.=
POLYGONUM aviculare L. (Eur. Or. Sib.).
EMEX spinosa Campd. (Tun. Med. austr.).
RUMEX conglomeratus Murr. (Eur.).
pulcher L. (Eur. Tauri. Can.).
=Euphorbiacées.=
EUPHORBIA Chamæsyce L. (Tun. Eur. austr. Or.).
Peplus L. (Eur. Or.).
falcata L. (Eur. centr. austr.).
exigua L. (Eur.).
MERCURIALIS annua L. (Eur.).
=Urticées.=
URTICA urens L. (Eur.).
=Ulmacées.=
ULMUS campestris L. (_introduct._).
=Liliacées.=
ALLIUM roseum L. (Tun. Eur. austr. Or.).
ASPHODELUS fistulosus L. (Tun. Med. Or.).
=Joncées.=
JUNCUS bufonius L. (Tun. Eur. Sib. Æg. Arab. Am. bor.).
=Cypéracées.=
CYPERUS rotundus L. (Eur. Or.).
=Graminées.=
PHALARIS brachystachya Link (Med. Can.).
minor Retz (Tun. Eur. occ. austr. Arab. Can.).
AGROSTIS alba L. _var._ coarctata (Eur. centr. Med.).
verticillata Vill. (Med. Or. Can.).
POLYPOGON Monspeliensis Desf. (Eur. occ. austr. Can. Am. austr.).
AVENA sterilis L. (Tun. Med. Eur. austr.).
barbata Brot. (A. hirsuta Roth). (Tun. Eur. centr. Med. Cauc.).
fatua L. _var._ glabrescens (A. hybrida Peterm.). (Eur. centr. austr. Can.).
KŒLERIA phleoides Pers. (Tun. Med.).
BROMUS macrostachyus Desf. (Med.).
maximus Desf. _var._ Gussonii Parlat. (Eur. austr.).
HORDEUM murinum L. (Eur. Or. B. sp.).
ÆGILOPS ovata L. _var._ triaristata (Tun. Med. Or.).
LEPTURUS incurvatus Trin. (Eur. austr. Or.).
Le nombre des Dattiers (110,858) et des arbres fruitiers (6,046) qui composent l’oasis peut donner une idée de son étendue, et l’on peut juger de l’importance de ses produits par l’impôt considérable que prélève l’administration ; car pour chaque pied d’arbre les indigènes ne paient pas moins de 40 centimes. Outre le Dattier[21], base des cultures sahariennes, les jardins des oasis de Biskra présentent plusieurs espèces d’arbres dont l’introduction est antérieure à l’occupation française. Nous nous bornerons ici à dresser la liste de ces arbres, et celle des plantes cultivées par les indigènes ou récemment introduites ; car nous avons donné ailleurs[22] des détails qui permettent de comparer les ressources agricoles de la région saharienne avec celles des régions littorales et des hauts-plateaux dont nous avons parlé plus haut, et avec celle de la région montagneuse dont nous nous occuperons dans la suite de ce rapport.
_Liste des arbres plantés dans les oasis de Biskra, antérieurement à l’occupation française_.
Phœnix dactylifera.
Ficus Carica.
Olea Europæa.
Punica Granatum.
Citrus Aurantium.
Vitis vinifera.
Acacia Farnesiana.
Zizyphus Spina-Christi.
Ulmus campestris.
Cupressus sempervirens.
_Liste des végétaux cultivés dans les oasis de Biskra, antérieurement à l’occupation française_.
Hordeum vulgare.
Triticum durum.
Sorghum vulgare.
— cernuum.
Penicillaria spicata.
Allium Cepa.
Capsicum annuum.
Faba vulgaris.
Cucumis Citrullus, et autres espèces.
Cucurbita, diverses espèces et variétés.
Hibiscus esculentus.
Coriandrum sativum.
Cannabis sativa.
Nicotiana rustica.
Lawsonia inermis.
Le jardin d’acclimatation de Beni-Mora, bien que sa fondation soit toute récente (1852), a puissamment contribué aux progrès agricoles du pays, grâce au zèle et à l’activité de son directeur, M. P. Jamin. Ce jardin, heureusement situé pour l’instruction agricole des tribus, devrait être cependant, en raison de quelques conditions défavorables, moins un jardin d’acclimatation proprement dit qu’une pépinière où les plantes acquerraient le degré de rusticité nécessaire pour pouvoir être livrées, avec des chances de succès, aux indigènes, qui, d’ici à quelque temps du moins, ne sauront pas toujours leur donner les soins convenables. Les essais d’introduction de nouveaux végétaux doivent généralement être faits dans des terrains de choix où ces végétaux soient soustraits aux influences dangereuses qui peuvent les atteindre avant leur acclimatation complète. Or Beni-Mora, situé en dehors de l’oasis, planté d’un nombre insuffisant de Dattiers et dépourvu d’enceinte, est exposé par cela même à la violence des vents, contre lesquels les brise-vents, formés d’arbrisseaux plantés en ligne, ne sont qu’une protection bien insuffisante. Dans des localités mieux abritées contre le siroco et le vent du nord, et où les irrigations peuvent être pratiquées avec des eaux douces, et non chargées de principes salins, on obtiendrait avec moins d’efforts de meilleurs résultats. Quelques hectares bien choisis dans la grande oasis de Biskra, ou mieux encore dans celles de Branis ou de Mchounech, qui présentent ces avantages, permettraient très probablement de réaliser des acclimatations de végétaux, qui, à Beni-Mora, n’ont pas donné jusqu’ici de résultats satisfaisants.
_Liste des végétaux ligneux acclimatés à Beni-Mora_[23].
Morus nigra.
— alba.
— alba _var._ multicaulis.
Populus alba.
Salix Babylonica.
— pedicellata.
†Populus pyramidalis.
Cupressus sempervirens.
Tamarix, diverses espèces du pays.
†Pistacia Atlantica.
Schinus Molle.
— terebinthifolius.
Sambucus nigra.
Elæagnus angustifolia.
†Latania rubra.
†Eugenia uniflora.
†Jambosa Pseudo-malaccensis.
†Sapindus Indica.
Cordia Myxa.
Nerium Oleander.
Melia Azedarach.
†Gleditschia triacanthos.
†Ficus elastica.
†Pircunia dioica.
†Robinia Pseudoacacia.
Celtis australis.
†Pinus Halepensis.
†Bambusa, diverses espèces.
Acacia Nilotica.
— Verek.
— Arabica.
— Lebbeck.
†Pyrus communis.
†Malus communis.
†Persica vulgaris.
†Eriobotrya Japonica.
Zizyphus vulgaris.
†Psidium pomiferum.
†— pyriferum.
Musa paradisiaca.
_Liste des végétaux alimentaires acclimatés à Beni-Mora_.
Triticum durum.
— sativum.
Secale Cereale.
Avena sativa.
Céréales diverses d’Abyssinie.
Panicum miliaceum.
Sorghum vulgare.
— cernuum.
Oryza sativa, diverses variétés.
Convolvulus Batatas.
†Solanum tuberosum.
†Pisum sativum.
†Phaseolus vulgaris.
†Ervum Lens.
Cajanus flavus.
Brassica oleracea, et diverses variétés.
Sinapis Chinensis Hort.
Cynara Scolymus.
— Cardunculus.
Apium graveolens.
Asparagus officinalis.
Daucus Carota.
Raphanus sativus.
Tragopogon porrifolius.
Scorzonera Hispanica.
Brassica Napus.
Beta vulgaris _var._ rapacea.
Allium sativum.
— Porrum.
— Ascalonicum.
Cichorium Intybus.
Lactuca sativa.
— Endivia.
Valerianella olitoria.
— carinata.
— eriocarpa.
Nasturtium officinale.
Lepidium sativum.
Rumex Acetosa.
Atriplex hortensis.
Beta vulgaris _var._ Cicla.
Spinacia inermis.
Basella latifolia Hort.
Amarantus Chinensis Hort.
Petroselinum sativum.
Poterium dictyocarpum.
Chærophyllum sativum.
†Lycopersicum esculentum.
Capparis spinosa _var._ canescens.
_Liste des plantes fourragères acclimatées à Beni-Mora_.
Trigonella Fœnum-græcum.
†Medicago sativa.
Sinapis alba.
Lolium perenne.
_Liste des plantes industrielles acclimatées à Beni-Mora_.
Gossypium, diverses espèces et variétés.
Linum usitatissimum.
Cannabis sativa.
— Chinensis Hort.
Corchorus textilis Hort.
Arachis hypogæa.
Papaver somniferum.
Camelina sativa.
Sesamum Orientale.
Ricinus communis _var._
†Elæis Guineensis.
Indigofera argentea.
— Anil.
— tinctoria.
Carthamus tinctorius.
Rubia tinctorum.
Crocus sativus.
†Saccharum officinarum.
Lippia citriodora.
Helianthus annuus.
Dipsacus fullonum.
Nicotiana Tabacum.
Opuntia coccinellifera.
Agave Americana.
Opuntia Ficus-Indica.
Aloe, plusieurs espèces.
Indépendamment des nombreux végétaux utiles déjà introduits dans les cultures de Beni-Mora, il nous resterait encore à mentionner les plantes d’ornement qui y sont acclimatées, et dont nous avons donné la liste dans nos notes sur les cultures des oasis des Ziban.
Il ne faut pas juger par l’état actuel des cultures des oasis, toutes prospères quelles sont, de l’avenir qui leur est réservé ; car les guerres continuelles que se livraient autrefois les tribus, et qui les forçaient à porter plutôt leurs efforts sur la défense de leurs cultures que sur leur perfectionnement, ne permettaient pas les progrès qui pourront être facilement réalisés sous l’administration pacifique et la tutelle bienveillante de la France. Ceci n’est pas une simple hypothèse ; car nous avons vu les tribus soumises des environs de Biskra et de l’Aurès, recevoir avec empressement les instructions qui leur sont données, au jardin d’acclimatation et dans les tournées agricoles du directeur de la pépinière, pour l’amélioration de leurs cultures et l’introduction de nouvelles espèces végétales. L’influence des chefs, dont le dévouement a été récemment prouvé d’une manière si frappante par l’admirable expédition de Ouargla, viendra utilement se joindre aux efforts éclairés de l’administration de notre belle colonie pour combattre l’esprit de routine, heureusement moins tenace chez les Sahariens que chez certains peuples que leur civilisation plus avancée devrait rendre moins rebelles à l’esprit du progrès.
Le sol des immenses plaines qui entourent Biskra est composé de terrains argilo-calcaires, ordinairement plus ou moins salés et quelquefois pierreux, ainsi que nous l’avons déjà signalé pour la plaine étendue du Col-de-Sfa à Biskra. Le sable pur et mouvant ne se rencontre, au contraire, aux environs immédiats de Biskra que sur quelques points circonscrits. A 6 kilomètres à peu près au sud-ouest de la ville, des rochers élevés sont entourés et couverts en partie de sable ; ce massif est connu des indigènes sous le nom de Maouïa, et est désigné par les Européens sous celui de Montagne-de-sable. — Cette montagne est composée de deux chaînes de rochers parallèles se dirigeant de l’est à l’ouest, et séparées seulement par un ravin étroit où s’est accumulé un épais dépôt de sable. La plaine argileuse qui précède la montagne offre la plupart des espèces caractéristiques des plaines des environs de Biskra. Ainsi on y rencontre le _Neurada procumbens_ appliqué sur le sol ; le _Bubania Feei_ et le _Limoniastrum Guyonianum_ y croissent en grande abondance ; les petites touffes fructifères et hygrométriques de l’_Anastatica Hierochuntica_ n’y sont souvent fixées au sol que par l’extrémité de leur racine pivotante ; çà et là s’observent l’_Atractylis flava_ et le _Pennisetum dichotomum_ qui n’y est pas rare ; dans les ravins peu profonds dont la plaine est sillonnée, se rencontre le _Lonchophora Capiomontiana_. La zone sablonneuse à la base de la pente méridionale présente des touffes des : _Astragalus Gombo_, _Scrophularia deserti_, _Bubania Feei_, _Calligonum comosum_, _Euphorbia Guyoniana_, _Arthratherum pungens_ et _Danthonia Forskalii_, entre lesquelles croissent les :
Malcolmia Ægyptiaca.
Hussonia Ægiceras.
Silene Nicæensis.
Argyrolobium uniflorum.
Polycarpæa fragilis.
Centaurea polyacantha.
Catananche arenaria.
Asphodelus pendulinus.
Festuca divaricata _var._ Memphitica.
Arthratherum plumosum.
— obtusum.
Corynephorus articulatus.
Bromus tectorum, etc.
Sur la pente méridionale assez abrupte le sable ne se trouve qu’entre les anfractuosités des rochers ; aussi y observe-t-on des espèces rupestres mêlées aux plantes des sables, entre autres :
Rhus dioica.
Argyrolobium uniflorum.
Retama Duriæi.
Ononis angustissima.
Rhanterium adpressum.
Centaurea omphalotricha.
Antirrhinum ramosissimum.
Periploca angustifolia.
Bubania Feei.
Ephedra fragilis.
Pappophorum brachystachyum.
Andropogon laniger.
Digitaria commutata.
Arthratherum ciliatum.
Aristida Adscensionis.
Un peu au-dessous du sommet se rencontrent des débris de murailles, restes probablement de constructions romaines. A partir de ce point les rochers disparaissent sous une épaisse couche de sable, et sur cette pente mouvante croissent seulement l’_Arthratherum pungens_, de nombreuses touffes de _Cyperus conglomeratus_ var., l’_Astragalus Gombo_ et le _Calligonum comosum_ dont les troncs tortueux sont presque enfouis dans le sable que dépassent seules les sommités équisétiformes de l’arbuste. Le point culminant est formé d’un sable tellement mobile qu’il exclut toute végétation.