Rapport sur un voyage botanique en Algérie, de Philippeville à Biskra et dans les Monts Aurès, entrepris en 1853 sous le patronage du Ministère de la guerre

Part 17

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Le Cèdre (_Cedrus Libani_ Barrel. ; _Pinus Cedrus_ L.), qui, dans la province de Constantine, forme presque exclusivement la végétation forestière de la zone montagneuse supérieure, occupe une surface de plusieurs milliers d’hectares. Il existe également sur d’autres points de l’Algérie : on le rencontre dans la chaîne du Djurdjura, mais, dans ces montagnes plus abruptes, il n’y a que quelques pentes favorables à son développement ; une forêt de Cèdres d’une certaine étendue couvre la partie supérieure de la montagne d’Aïn-Telazit au-dessus de Blidah ; c’est surtout dans la magnifique forêt de Teniet-el-Haad que le Cèdre atteint les dimensions les plus considérables. — Cet arbre, qui, d’après les faits historiques, paraît avoir couvert les sommités du Liban, n’y est plus, au dire de tous les voyageurs, représenté que par un petit nombre d’individus de grande dimension, généralement mutilés et quelques centaines de jeunes pieds ; dans la chaîne du Taurus, il forme des massifs importants. Nous réunissons dans nos indications de géographie botanique le Cèdre d’Algérie et le Cèdre du Liban, que nous considérons comme appartenant à une même espèce. Le Cèdre d’Algérie (_Cedrus Atlantica_ Manetti ; _Pinus Atlantica_ Endl.) ne diffère, en effet, du Cèdre du Liban (_Cedrus Libani_ Barrel., Loud. ; _Pinus Cedrus_ L., Endl.) que par les feuilles ordinairement plus courtes. Quant à la forme et au volume des cônes, ils ne fournissent aucun caractère distinctif ; pour nous, le Cèdre d’Algérie ne serait donc qu’une variété du Cèdre du Liban, dont nous avons reçu des échantillons authentiques du Liban et du Taurus ; notre manière de voir est confirmée par l’opinion de MM. Antoine et Kotschy, qui rapportent également comme variété au Cèdre du Liban le Cèdre d’Algérie, nous avons vu des échantillons de cette variété recueillis dans le Taurus par MM. Kotschy et Balansa. — Le Cèdre d’Algérie se présente sous deux formes : l’une, la plus répandue, est caractérisée par des feuilles plus courtes, généralement arquées et presque conniventes, et surtout par leur teinte glauque-argentée (_Cedrus argentea_ V. Renou _Ann. forest._ III, 2, pl. 2) ; l’autre, est caractérisée par les feuilles un peu plus longues, généralement droites, divergentes et vertes (_Cedrus Libani_ V. Renou, _loc. cit._, pl. 1). L’étude des Cèdres dans les diverses forêts de l’Algérie nous a amené à ne considérer les _C. Libani_ et _argentea_ V. Renou, que comme des modifications ou sous-variétés dues à des circonstances locales : en effet, généralement, les jeunes arbres et les individus abrités offrent des feuilles vertes et droites, tandis qu’elles sont au contraire glauques et conniventes chez les arbres adultes et exposés à l’influence des vents et de la chaleur ; nous devons ajouter que quelquefois nous avons trouvé les deux sortes de feuilles réunies sur un même pied. Sous l’influence des conditions locales que nous venons de signaler, le Cèdre se présente sous deux aspects très différents : pendant sa jeunesse ou dans les ravins, il affecte souvent la forme pyramidale, tandis que sur les versants il se couronne plus communément, et s’étale en parasol. Le _Pinus Halepensis_, qui s’est également offert à nous sous ces deux états, démontre encore le peu d’importance qu’il faut y attacher.

Dans la relation de notre voyage, nous avons donné sur la composition des broussailles et des pâturages, ainsi que sur les cultures de la région, des détails qui nous dispensent d’y revenir ici.

Nous n’indiquerons pas les espèces caractéristiques de la région, car il suffit de consulter nos notes sur les montagnes de Batna, de Lambèse, de la vallée de l’Oued Abdi, et en particulier sur les Djebel Tougour, Itche-Ali, Mahmel et Cheliah, qui ont été étudiés d’une manière spéciale, pour se faire une idée de la nature de la végétation et des ressources forestières et agricoles de la région (voir spécialement les listes des plantes observées dans les bois de Lambèse, aux Djebel Tougour, Mahmel et Cheliah).

Le nombre total des espèces et des principales variétés est de 674.

Sous le rapport de leur durée, elles peuvent être partagées en deux groupes, dont l’inégalité est en sens inverse de celle qui se présente dans les autres régions ; en effet, le nombre des espèces annuelles ou bisannuelles n’est que de 238, tandis que celui des espèces vivaces est au contraire de 436. — Parmi les espèces vivaces, 85 sont frutescentes ou ligneuses ; le nombre des espèces réellement arborescentes est de 17 ; les détails que nous avons donnés plus haut sur leur distribution dans la région où les forêts tiennent une si large place nous dispensent d’en répéter ici l’énumération. — La relation de notre voyage fournit des renseignements suffisants sur les arbres introduits dans la région (voir la partie de cette relation concernant les jardins et les vergers de la partie inférieure de l’Oued Abdi et les cultures des environs de Batna et de Lambèse).

Si l’on considère les plantes de la région montagneuse au point de vue de leur classification en familles naturelles, on trouve que le nombre des Dicotylédones est de 569, et celui des Monocotylédones de 105. — Les familles principales rangées d’après leur importance relative dans la région, donnent le tableau suivant :

Espèces. Espèces.

1 Composées 98 18 Conifères 8

2 Légumineuses 68 19 Valérianées 7

3 Graminées 64 20 Cypéracées 7

4 Crucifères 46 21 Fumariacées 6

5 Ombellifères 37 22 Rhamnées 6

6 Labiées 31 23 Papavéracées 5

7 Rosacées 26 24 Campanulacées 5

8 Caryophyllées 23 25 Primulacées 5

9 Scrophularinées 22 26 Plantaginées 5

10 Rubiacées 19 27 Polygonées 5

11 Renonculacées 16 28 Daphnoïdées 5

12 Borraginées 14 29 Orchidées 5

13 Liliacées 14 30 Dipsacées 4

14 Paronychiées 13 31 Convolvulacées 4

15 Cistinées 12 32 Salsolacées 4

16 Géraniacées 10 33 Joncées 4

17 Crassulacées 8

Sur les 674 espèces de la région, 533 n’ont pas été vues par nous dans la région littorale, 492 n’ont pas été observées dans la région méditerranéenne intérieure, 320 n’ont pas été rencontrées sur les hauts-plateaux. — Sur les 85 espèces spéciales, 36 sont propres à la région, 4 seulement lui sont communes avec la région littorale, 16 avec la région méditerranéenne intérieure, et 41 avec la région des hauts-plateaux.

Si l’on fait la somme des espèces appartenant aux diverses parties du bassin méditerranéen, on voit que cette somme est de 329 ; si l’on y ajoute les 228 espèces d’Europe, on obtient le total de 557, tandis que les autres éléments de la végétation sont représentes par 117.

L’examen de la statistique botanique comparée de la région montagneuse démontre que cette région, tout en présentant d’étroites affinités avec les hauts-plateaux, en est suffisamment distincte par le nombre des espèces qui lui sont propres, et par la végétation forestière qui y est très largement représentée, tandis que les hauts-plateaux sont presque dépourvus d’arbres. — Le nombre des espèces européennes est plus considérable dans la région montagneuse que dans aucune des autres régions ; celui des espèces méditerranéennes y est au contraire relativement moindre. Les affinités avec le centre de l’Europe sont encore attestées par la prédominance du nombre des espèces vivaces sur celui des espèces annuelles. — Les influences qui se produisent selon la latitude sont démontrées par la présence de 46 espèces espagnoles, celle de 25 espèces orientales, et de 20 espèces qui se trouvent à la fois en Espagne et en Orient. — Les cultures de cette région prise dans son ensemble sont nécessairement celles de l’Europe centrale ; mais la région montagneuse inférieure, participant au caractère des régions voisines, présente au moins en partie les ressources agricoles de ces régions elles-mêmes.

RÉGION SAHARIENNE.

La région saharienne[43] est, comme nous l’avons déjà dit, limitée à El-Kantara de la manière la plus naturelle par la chaîne de montagnes qui s’étend de l’est à l’ouest comme une immense muraille, la sépare de la région des hauts-plateaux et n’en permet l’accès que par l’étroite brèche creusée par l’Oued El-Kantara. A peu de distance au-dessus du défilé dominent encore les plantes des hauts-plateaux et l’ensemble de la végétation présente l’aspect uniforme qui caractérise cette dernière région ; à l’autre extrémité du défilé s’étendent les plaines sahariennes, dont l’aridité forme un contraste saisissant avec la riche végétation de l’oasis. La magnificence des dattiers attire seule les regards et fait bientôt oublier la monotonie des hauts-plateaux que l’on vient de quitter. L’influence désertique se révèle immédiatement, et à El-Kantara, malgré l’altitude (534 mètres), se trouvent un grand nombre de plantes sahariennes. La moisson est déjà faite, alors que dans les plaines des hauts-plateaux les plus voisines, et situées presque à la même altitude, les céréales sont loin d’être arrivées à maturité. Plus à l’est, dans les vallées de l’Aurès qui débouchent dans le Sahara, la limite de la région est moins brusquement tranchée ; le vent du sud s’engouffrant dans ces vallées y exerce sa puissante influence qui n’est atténuée que d’une manière insensible par la distance et les contours des vallées elles-mêmes ; la végétation suit les mêmes dégradations et, sur des points déjà éloignés, existent des oasis et se retrouvent un grand nombre des plantes caractéristiques du Sahara.

Nous avons déjà indiqué plus haut la limite probable de la région saharienne au sud, mais le Sahara est trop imparfaitement connu pour que nous puissions rien préciser à cet égard. Nous ne pouvons pas davantage exposer les caractères physiques de la région ; les environs de Biskra constitués surtout par des plaines argilo-calcaires, généralement salées, où le sable n’est qu’un accident, situées au pied de montagnes élevées, possédant des cours d’eau relativement abondants et des sources assez nombreuses, sont évidemment loin de pouvoir représenter l’ensemble du Sahara, où la plupart des conditions sont toutes différentes. Aussi croyons-nous devoir renvoyer aux renseignements généraux donnés dans la relation de notre voyage, sur les environs de Biskra.

Nous n’énumérerons pas ici les espèces caractéristiques de la région, car il suffit de consulter la partie de notre travail qui concerne la région saharienne pour se faire une idée de la nature de la végétation et des ressources de la région au point de vue de la culture (voir spécialement la liste des plantes observées aux environs et au sud de Biskra, et nos Notes sur la culture du Dattier et les cultures des oasis des Ziban).

Le nombre total des espèces et des principales variétés est de 560. Sous le rapport de leur durée elles peuvent être partagées en deux groupes, le nombre des espèces annuelles ou bisannuelles étant environ de 322, et celui des espèces vivaces de 238. Parmi les espèces vivaces 70 environ sont frutescentes ou ligneuses ; la végétation arborescente spontanée, ainsi que nous l’avons dit dans la relation du voyage, n’est guère représentée que par les diverses espèces et variétés de _Tamarix_ ; ces arbres peuvent atteindre d’assez grandes dimensions, et ils constituent à Saada une véritable forêt. Le _Pistacia Atlantica_, qui n’est pas rare dans la vallée de l’Oued Abdi, à la limite de la région saharienne et de la région montagneuse inférieure, n’existe pas aux environs de Biskra, quoique sur d’autres points du Sahara il forme de véritables massifs. Bien que le Dattier, l’arbre par excellence du désert, ait été évidemment introduit par l’homme dans la région saharienne, nous ne pouvons omettre de le mentionner ici. — Dans la relation de notre voyage nous nous sommes bornés à donner l’énumération des arbres introduits dans la région (consulter pour plus de détails nos Notes sur les cultures des oasis des Ziban).

Si l’on considère les plantes de la région saharienne au point de vue de leur classification en familles naturelles, on trouve que le nombre des Dicotylédones est de 467, et celui des Monocotylédones de 93. — Les familles principales, rangées d’après leur importance relative dans la région, donnent le tableau suivant :

Espèces. Espèces.

1 Composées 99 17 Plantaginées 9

2 Graminées 62 18 Plumbaginées 8

3 Légumineuses 53 19 Polygonées 8

4 Crucifères 48 20 Résédacées 7

5 Salsolacées 23 21 Malvacées 7

6 Ombellifères 19 22 Rubiacées 7

7 Caryophyllées 16 23 Liliacées 7

8 Borraginées 16 24 Papavéracées 6

9 Paronychiées 14 25 Cistinées 6

10 Labiées 13 26 Orobanchées 6

11 Euphorbiacées 12 27 Zygophyllées 5

12 Renonculacées 10 28 Ficoïdées 5

13 Géraniacées 10 29 Frankéniacées 4

14 Scrophularinées 10 30 Solanées 4

15 Cypéracées 10 31 Urticées 4

16 Tamariscinées 9

Sur les 560 espèces de la région, 4, en raison de leur patrie, n’ont pu figurer dans le tableau où nous avons groupé les principales affinités géographiques. Sur les 556 autres espèces, 440 n’ont pas été vues par nous dans la région littorale ; 441 n’ont pas été observées dans la région méditerranéenne intérieure ; 294 n’ont pas été rencontrées sur les hauts-plateaux, et 387 manquent dans la région montagneuse. Sur les 74 espèces spéciales, 45 sont propres à la région, 1 seulement lui est commune avec la région littorale, 5 seulement avec la région méditerranéenne intérieure, 26 avec la région des hauts-plateaux et 18 avec la région montagneuse.

Si l’on fait la somme des espèces appartenant aux diverses parties du bassin méditerranéen, on voit que cette somme est de 285 ; si l’on y ajoute les 99 espèces d’Europe, on obtient le total de 384, tandis que les autres éléments de la végétation sont représentés par 205.

En faisant abstraction des plantes, qui, dans la région saharienne, ne se rencontrent que dans les cultures et les endroits arrosés des oasis, le nombre des espèces est réduit à 416, et ce chiffre est évidemment encore trop fort, car aux environs de Biskra les eaux ont amené dans la plaine saharienne des espèces étrangères à la région, et les alluvions des cours d’eau présentent également un assez grand nombre d’espèces des régions montagneuse et des hauts-plateaux. En opérant la réduction que nous venons d’indiquer, le nombre des espèces d’Europe n’est plus que de 37 au lieu de 99 et la somme des espèces appartenant aux diverses parties du bassin méditerranéen n’est plus que de 170 au lieu de 285, les autres éléments de la végétation restant au contraire représentés par les mêmes nombres.

Pour compléter les données fournies par nos tableaux, nous devons ajouter que 211 espèces sont communes aux environs de Biskra et aux environs de Gabès, partie méridionale et littorale du désert de la régence de Tunis ; sur les 74 espèces spéciales des environs de Biskra 50 se retrouvent aussi à Gabès. — Si l’on compare de même la végétation des îles Canaries à celle du désert de Biskra, on voit que 55 espèces existent à la fois dans les deux pays, et que 3 espèces qui n’avaient encore été signalées qu’aux Canaries appartiennent également à notre région saharienne.

La région saharienne est non-seulement la plus nettement tranchée sous le rapport de la géographie botanique, mais elle est encore caractérisée par l’importance qu’y acquièrent certaines familles (Frankéniacées, Zygophyllées, Tamariscinées, Ficoïdées, Asclépiadées, Plumbaginées, Salsolacées, etc.) au point de vue du nombre des espèces, ou de l’abondance des individus ; et il est à remarquer que ces familles ne sont pas ou sont à peine représentées dans les autres régions. — L’examen de la statistique botanique comparée de la région saharienne démontre que les plantes d’Europe et celles du bassin méditerranéen y jouent un rôle beaucoup moins important que dans les autres régions ; ses analogies avec l’Italie sont complétement nulles. Les affinités dominantes du Sahara sont avec l’Orient désertique représenté par l’Égypte, une partie de la Palestine, l’Arabie, et une partie de la Perse méridionale. — Le nombre des espèces qui se retrouvent à la fois en Espagne et en Orient y est relativement considérable. C’est surtout pour la région saharienne que nous trouvons la confirmation de la loi que nous avons déjà énoncée, d’après laquelle les influences selon la latitude sont dominantes dans l’intérieur ; cette loi, pour rendre notre pensée d’une manière plus saisissante, peut encore être exprimée de la manière suivante : sous le rapport de la géographie botanique, en Algérie, s’éloigner du littoral dans le sens du méridien, c’est moins se rapprocher du tropique que de l’Orient. La comparaison de la région saharienne de la province de Constantine avec celles de la province d’Alger et d’Oran, d’après les faits qui nous sont déjà connus, confirmerait notre manière de voir ; mais cette comparaison, pour laquelle il n’existe encore que des documents insuffisants, trouvera mieux sa place dans un autre travail pour lequel nous espérons être à même de recueillir des données plus complètes. — Ainsi que nous l’avons déjà dit ailleurs (_Notes sur la culture du Dattier dans les oasis des Ziban_), la culture en grand du Dattier est l’expression d’un concours de conditions physiques et climatologiques qui dominent dans toute la vaste zone presque privée de pluies, s’étendant de l’Océan jusque vers la vallée de l’Indus, et qui impriment à cette zone un caractère spécial révélé par l’uniformité de la végétation. La présence simultanée sur la côte orientale de l’Espagne et dans les déserts de l’Orient d’un certain nombre d’espèces qui, en Europe, manquent dans les points intermédiaires, est une nouvelle preuve de l’importance des influences désertiques auxquelles la culture du Dattier est subordonnée. — De l’ensemble des considérations que nous venons d’exposer, il nous paraît résulter, de la manière la plus manifeste, que les cultures du Sahara algérien doivent être celles du sud-est de l’Espagne, et surtout celles des régions comprises dans la zone désertique ; quant aux cultures tropicales, elles ne constitueront jamais, selon nous, qu’une exception, même dans les localités qui semblent devoir leur être le plus favorables, et elles seront peut-être plutôt un objet de curiosité qu’une source réelle de richesse pour notre belle colonie.

* * * * *

Notes :

[Note 1 : Depuis le voyage qui fait l’objet du présent rapport, nous avons, en 1854, grâce à la bienveillante protection du Ministère de la Guerre, exploré les montagnes de l’Ouarsenis, de Teniet-el-Haad, du petit Atlas, et surtout les montagnes les plus élevées de la partie occidentale de la chaîne du Djurdjura, à la suite de l’expédition dirigée par M. le Gouverneur général, et sous l’appui d’un détachement de troupes indigènes commandé par M. le capitaine Beauprêtre. — Pour pouvoir compléter le rapport que nous avons déjà publié sur la province d’Oran en l’étendant à la région saharienne, ainsi que pour étudier la végétation de la province d’Alger dans ses diverses régions naturelles, et en faire l’objet d’un travail parallèle à celui que nous publions sur la province de Constantine, il nous reste à explorer, dans les provinces de l’Ouest et du Centre, les points extrêmes de l’occupation française, la région des hauts-plateaux de la province d’Alger, ainsi que les montagnes situées à la limite du Sahara. Un quatrième voyage que nous nous proposons d’entreprendre cette année nous mettra à même de réaliser le projet que nous indiquons, et de recueillir en même temps des documents qui nous permettront de donner à la publication de la _Flore d’Algérie_ une nouvelle impulsion. En effet, par ces explorations, les diverses régions naturelles de chaque province se trouvant suffisamment connues, nous serons à même de publier un _Catalogue raisonné de la Flore d’Algérie_, catalogue indispensable pour diriger les recherches des botanistes qui s’occupent de l’exploration du pays, et qui ne sera pas moins utile aux auteurs eux-mêmes de la _Flore d’Algérie_ en servant de cadre à la rédaction d’un ouvrage aussi étendu.]

[Note 2 : Toutes les plantes que nous avons recueillies dans nos voyages, et qui ne se trouvent pas encore au Muséum dans l’herbier spécial d’Algérie, dont M. Ad. Brongniart a bien voulu nous confier le classement, seront ajoutées par nous à cette importante et riche collection.]

[Note 3 : Voyez, dans le présent rapport les articles sur les cultures des environs de Philippeville, de Constantine, de Batna, et de la vallée de l’Oued Abdi, ainsi que les considérations agricoles, tirées de la géographie botanique, et consignées dans le résumé. — Voyez également, dans le _Bulletin de la Société Botanique de France_, t. II, p. 36 et 599, les notes sur la culture du Dattier, et les autres cultures des oasis des Ziban, par MM. E. Cosson et P. Jamin.]

[Note 4 : Voyez l’article déjà cité : Notes sur la culture du Dattier.]

[Note 5 : Rapport sur un voyage botanique en Algérie d’Oran au Chott El-Chergui (_Ann. sc. nat._, 3e sér., XIX, 83, et 4e sér., I, 220).]

[Note 6 : Le nom des espèces qui n’ont encore été observées qu’en Algérie ou dans les deux États voisins, Maroc et Tunis, est précédé du signe *.]

[Note 7 : La vallée de Bou-Merzoug, d’après les _Annales de la Colonisation algérienne_, contiendrait plus de 20,000 hectares, qui, pour être mis en culture, n’auraient besoin que de quelques travaux de dessèchement.]

[Note 8 : La végétation arborescente n’est guère représentée, dans la partie de la vallée du haut Rummel voisine de la ville, que par le Laurier-Rose qui couvre les bords des ruisseaux, et qui fournit à la ville son principal combustible, en attendant que la viabilité des routes mette à bas prix à sa disposition les richesses forestières de la région montagneuse.]

[Note 9 : Nous avons groupé dans cette liste les plantes qui croissent, à diverses localités, dans les décombres et les lieux vagues qui avoisinent la ville.]

[Note 10 : On a dû remarquer qu’un assez grand nombre d’espèces se trouvent, sur le versant occidental de la montagne de Sidi-Mecid, à la fois dans les pâturages et dans les moissons. Ce fait s’explique facilement par le mode de culture des Arabes : les mêmes terrains ne sont cultivés par eux que d’une manière intermittente et incomplétement défrichés ; généralement ils respectent les touffes de broussailles et de plantes vivaces qu’ils contournent par le sillon de la charrue ; ces touffes forment ensuite des espèces d’îlots au milieu des champs. De cette culture encore toute primitive, il résulte nécessairement que les plantes des terrains cultivés peuvent se retrouver dans les pâturages, et celles des terrains incultes dans les moissons.]