Quentin Durward

Chapter 48

Chapter 483,768 wordsPublic domain

Quentin n'entendit ces paroles que fort imparfaitement, à travers la visière du casque de Guillaume, mais il ne put se méprendre sur ses intentions, car à peine eut-il eu le temps de crier à son oncle et à ses camarades de se tenir en arrière, s'ils étaient hommes d'honneur, que de la Marck s'élança contre lui avec le bond d'un tigre, brandissant sa massue pour la lui laisser tomber sur la tête à l'instant où ses pieds toucheraient la terre. Mais Durward, dont le pied était aussi léger que l'œil vif, fît un saut de côté, et évita un coup qui lui eût été fatal.

Ils combattirent alors corps à corps, comme le loup avec le chien de berger qui l'attaque, leurs compagnons restant de chaque côté spectateurs immobiles du combat, car le Balafré criait de toutes ses forces;--Armes égales! armes égales! Fût-il aussi redoutable que Wallace, je ne craindrais pas pour mon neveu.

Sa confiance fut justifiée: quoique les coups du brigand tombassent sur le jeune archer comme ceux du marteau sur l'enclume, la vivacité des mouvemens de Durward et sa dextérité faisaient qu'il les évitait, et qu'il lui en portait d'autres avec la pointe d'une arme moins bruyante, mais qui produisait plus d'effet, car le terrain était tout couvert du sang de son antagoniste, dont la force extraordinaire commençait à céder à la fatigue. Cependant, soutenu par le courage et la colère, il combattait toujours avec la même énergie, et la victoire de Quentin paraissait encore douteuse et éloignée, quand la voix d'une femme se fit entendre derrière lui en l'appelant par son nom, et en s'écriant:--Au secours! au secours! pour l'amour de la sainte Vierge!

Il tourna la tête un instant, et il lui suffit d'un coup d'œil pour reconnaître Gertrude Pavillon. Sa mante avait été déchirée, et elle était entraînée par un soldat français, entré avec plusieurs autres dans la petite chapelle où s'étaient réfugiées des femmes épouvantées, qu'ils avaient saisies comme leur proie.

--Attends-moi seulement un instant, cria-t-il à de la Marck; et il courut délivrer sa bienfaitrice d'une situation qu'il regardait avec raison comme fort dangereuse pour elle.

--Je n'attends le bon plaisir de personne, dit de la Marck en brandissant sa massue, et il commençait à battre en retraite, n'étant sans doute pas fâché d'être débarrassé d'un si formidable adversaire.

--Vous attendrez pourtant le mien, s'il vous plaît, s'écria le Balafré. Je ne veux pas que la besogne de mon neveu reste à moitié faite. Et tirant son épée à double tranchant, il attaqua de la Marck à l'instant.

Cependant la tâche qu'avait entreprise Quentin de délivrer Gertrude ne se trouva pas aussi facile qu'il se l'était imaginé. Celui qui s'en était emparé refusa de renoncer à sa prise; quelques-uns de ses camarades le soutinrent; Durward fut obligé d'appeler à son aide deux ou trois de ses compagnons pour accomplir sa bonne œuvre, et pendant ce temps la fortune lui ravit l'occasion qu'elle lui avait présentée. Lorsqu'il eut enfin réussi à délivrer Gertrude, la rue était déserte; il s'y trouvait seul avec elle. Oubliant alors la situation de sa compagne restée sans défense, il allait se mettre à la recherche du Sanglier des Ardennes, comme le lévrier suit le lièvre à la piste; mais Gertrude au désespoir, s'attachant à ses vêtemens, s'écria:--Par l'honneur de votre mère, ne me laissez pas ici! Si vous êtes homme d'honneur, protégez-moi, conduisez-moi chez mon père, dans la maison qui vous a servi d'asile ainsi qu'à la comtesse Isabelle. Pour l'amour d'elle, ne m'abandonnez pas!

Cet appel était désespérant, mais irrésistible; disant adieu, avec une amertume de cœur inexprimable, aux espérances qui l'avaient soutenu pendant toute la bataille, et qui avaient été un instant sur le point de se réaliser, Quentin, comme un esprit qui obéit malgré lui à un talisman, conduisit Gertrude chez son père, et y arriva fort à propos pour protéger le syndic Pavillon et sa maison contre la fureur de la soldatesque.

Cependant le roi et le duc entrèrent à cheval dans la ville par une brèche. Tous deux étaient armés de toutes pièces; mais Charles, couvert de sang depuis son panache jusqu'à ses éperons, gravit la brèche au grand galop, tandis que Louis s'avança du pas majestueux d'un pontife en tête d'une procession. Ils envoyèrent des ordres pour arrêter le sac de la ville, qui avait déjà commencé, et pour réunir les troupes. Ils se rendirent ensuite dans la grande église, tant pour protéger les principaux habitans, qui s'y étaient réfugiés, que pour y tenir une sorte de conseil militaire après avoir entendu une messe solennelle.

Occupé, comme l'étaient les autres officiers de son rang, à réunir ceux qui servaient sous leurs ordres, lord Crawford, au détour d'une rue conduisant à la Meuse, rencontra le Balafré. Celui-ci marchait gravement vers la rivière, portant à la main la tête d'un homme, qu'il tenait par ses cheveux ensanglantés, avec autant d'indifférence qu'un chasseur porte une gibecière.

--Eh bien! Ludovic, lui dit son commandant, que voulez-vous donc faire de ce morceau de charogne?

--C'est une petite besogne que mon neveu a faite aux trois quarts, répondit le Balafré, et à laquelle j'ai mis la dernière main. Un pauvre diable que j'ai dépêché là-bas, et qui m'a prié de jeter sa tête dans la Meuse. Il y a des gens qui ont de singulières fantaisies, quand le vieux Petit-Dos[85] leur met la griffe dessus; mais nous avons beau faire, il faut qu'il nous fasse danser tous, chacun à notre tour.

--Et vous allez jeter cette tête dans la Meuse? dit Crawford en considérant avec plus d'attention ce hideux trophée de la mort.

--Oui, sur ma foi, répondit Ludovic; si l'on refuse à un mourant sa dernière demande, on risque d'être tourmenté par son esprit; et j'aime à dormir la nuit bien tranquillement.

--Il faut que vous couriez le risque de voir l'esprit, dit lord Crawford. Cette tête est plus précieuse que vous ne vous l'imaginez. Venez avec moi; pas de réplique, suivez-moi.

--Il est bien vrai que je ne lui ai rien promis, répondit le Balafré: car je crois que je lui avais déjà coupé la tête avant que sa langue eût fini de me faire cette demande. D'ailleurs, par saint Martin de Tours! il ne m'a pas fait peur pendant sa vie, et je ne le crains pas davantage après sa mort. Et puis, en cas de besoin, mon compère, le petit père Boniface de Saint-Martin, me donnera un pot d'eau bénite.

Lorsqu'une messe solennelle eut été célébrée dans l'église cathédrale de Liège, et qu'on eut rétabli un peu d'ordre dans la ville épouvantée, Louis et Charles, entourés de leurs pairs, se disposèrent à entendre la relation des hauts faits qui avaient eu lieu pendant l'action, afin de les récompenser suivant le mérite de chacun. Comme de raison, on appela d'abord celui qui pouvait avoir droit à réclamer la main de la belle comtesse de Croye et ses riches domaines; mais, à la surprise générale, on vit se présenter plusieurs prétendans, et chacun d'eux fut encore plus surpris de trouver des rivaux, quand il se croyait sur d'avoir mérité le prix. Cette circonstance jeta un doute mystérieux sur leurs prétentions. Crèvecœur produisit une peau de sanglier semblable à celle que de la Marck portait ordinairement; Dunois montra un bouclier criblé de coups, avec les armoiries du Sanglier des Ardennes; plusieurs autres réclamèrent également le mérite d'avoir vengé le meurtre de l'évêque, et en rapportèrent des preuves semblables, la riche récompense promise au vainqueur de de la Marck ayant attiré la mort sur tous ceux qui avaient pris son costume et des armes semblables aux siennes.

Le bruit et les contestations continuaient parmi les compétiteurs, et Charles, qui regrettait intérieurement la promesse inconsidérée qui avait confié au hasard le soin de disposer de la main et de la fortune de sa belle vassale, commençait à espérer qu'au milieu de ce conflit de réclamations il pourrait trouver quelque moyen de les éluder toutes, quand lord Crawford fendit le cercle, traînant après lui le Balafré; celui-ci s'avançait d'un air gauche et honteux, à peu près comme un mâtin suit malgré lui celui qui le tient en lesse:--Débarrassez-nous de vos cuirs et de vos morceaux de fer peints, s'écria-t-il; celui-là seul a tué le Sanglier, qui peut en montrer les défenses.

À ces mots, il jeta sur le carreau la tête sanglante, reconnaissable à la conformation singulière de ses mâchoires, qui avaient véritablement une sorte d'analogie avec celles de l'animal dont de la Marck portait le nom, et tous ceux qui l'avaient vu la reconnurent sur-le-champ.

--Crawford, dit Louis tandis que Charles gardait le silence avec un air de surprise et de mécontentement; j'espère que c'est un de mes fidèles Écossais qui a remporté ce prix.

--Oui, Sire, répondit le vieux commandant; c'est Ludovic Lesly, surnommé le Balafré.

--Mais quelle est sa naissance? demanda le duc. Est-il de sang noble? C'est une condition attachée à notre promesse.

--Je conviens qu'il est fait d'un bois assez mal taillé, répondit Crawford en regardant l'archer qui se redressait de toute sa hauteur, d'un air gauche et emprunté; mais je vous garantis qu'il n'en est pas moins de bon bois. C'est un rejeton sorti de la souche des Rothes, et les Rothes sont aussi nobles qu'aucune famille de France ou de Bourgogne, depuis qu'on a dit du fondateur de leur maison:

Entre Less-Lee et la prairie Il laissa son homme sans vie.

--Il n'y a donc pas d'objection, dit le duc; et il faut que la plus belle et la plus riche héritière de toute la Bourgogne devienne l'épouse d'un soldat mercenaire et grossier comme celui-ci, ou meure dans un couvent!... la fille unique de notre fidèle Reinold de Croye! Je me suis trop pressé!

Un sombre nuage couvrit le front du duc, à la grande surprise de tous ses conseillers, qui le voyaient rarement donner le moindre signe de regret d'une résolution qu'il avait une fois prise.

--Que Votre Altesse ait un moment de patience, dit lord Crawford, et elle reconnaîtra que l'affaire n'est pas aussi fâcheuse qu'elle se l'imagine. Ayez seulement la bonté d'écouter ce que ce cavalier veut vous dire. Eh bien! ajouta-t-il en se tournant vers le Balafré, parle donc, ou que la peste t'étouffe!

Mais le vieux soldat, quoique habitué à parler assez intelligiblement au roi Louis, à la familiarité duquel il était accoutumé, se trouva hors d'état d'exprimer sa résolution devant une assemblée si imposante. Tournant une épaule du côté des deux princes, et préludant par un sourire qui ressemblait à une grimace et par deux ou trois contorsions des moins gracieuses, les seuls mots qu'il put prononcer furent:--Saunders Souplesaw..., et le reste de son discours s'arrêta dans son gosier.

--Sous le bon plaisir de Votre Majesté et de Votre Altesse, dit Crawford, ce sera moi qui parlerai pour mon concitoyen. Il faut que vous sachiez qu'un devin lui a prédit, dans son pays, que la fortune de sa maison se ferait par un mariage. Mais comme, de même que moi, il n'est plus dans la première fleur de sa jeunesse, qu'il préfère le cabaret au boudoir d'une belle dame, en un mot, qu'il a certains goûts de caserne qui font que le rang et les grandeurs ne serviraient qu'à l'embarrasser, il suit l'avis que je lui ai donné, et cède toutes les prétentions que lui assure la mort de Guillaume de la Marck, à celui qui peut être regardé comme le véritable vainqueur du Sanglier des Ardennes, puisqu'il l'avait préalablement mis aux abois,--il les cède à son neveu, au fils de sa sœur.

--Je me rends garant de la prudence et des loyaux services de ce jeune homme, dit le roi, très-charmé de voir que le destin eût accordé un si beau prix à quelqu'un sur qui il pouvait espérer d'avoir quelque influence: sans sa vigilance et sa fidélité, cette nuit nous eût été fatale. C'est lui qui est venu nous avertir de la sortie projetée.

--En ce cas, dit le duc Charles, je lui dois une réparation pour avoir douté de sa véracité.

--Et je puis attester sa bravoure comme homme d'armes, ajouta Dunois.

--Mais, s'écria Crèvecœur, quoique l'oncle soit un _gentillâtre_ écossais, cela ne prouve pas que son neveu, le fils de sa sœur, soit issu de bonne race.

--Il est de la maison de Durward, dit Crawford, descendue de cet Allan Durward qui fut grand intendant d'Écosse.

--Ah! si c'est le jeune Durward, s'écria Crèvecœur, je n'ai plus rien à dire. La fortune se prononce trop décidément en sa faveur pour que je veuille lutter plus long-temps contre cette divinité capricieuse.

--Il nous reste à savoir, dit le duc d'un air pensif, quels pourront être les sentimens de la belle comtesse à l'égard de cet heureux aventurier.

--De par la messe! répondit Crèvecœur, je n'ai que trop de raisons pour pouvoir assurer Votre Altesse qu'elle la trouvera, en cette occasion, beaucoup plus docile à votre autorité qu'elle ne l'a été jusqu'ici.--Mais pourquoi l'avancement de ce jeune homme me donnerait-il de l'humeur? J'aurais grand tort, puisque c'est à l'esprit, au courage et à la fermeté qu'il doit la BEAUTÉ, le RANG et la RICHESSE.

CONCLUSION.

J'AVAIS déjà envoyé à l'imprimeur les feuilles qui précèdent, et dont le dénouement offre, à ce qu'il me semble, une excellente leçon morale, pouvant servir d'encouragement à tous émigrans aux yeux bleus, à cheveux blonds et à longues jambes, de mon pays natal, qui pourraient être tentés, dans quelques momens de troubles, d'embrasser l'honorable profession de cavalier de fortune. Mais un ami, un sage conseiller, un de ces gens qui aiment le morceau de sucre qui reste au fond d'une tasse de thé, autant que la saveur du meilleur souchong[86], m'a adressé, à ce sujet, une remontrance pleine d'amertume, et insiste pour que je donne une relation détaillée et circonstanciée des épousailles du jeune héritier de Glen-Houlakin et de l'aimable comtesse flamande; il veut que j'apprenne aux lecteurs curieux combien de tournois eurent lieu en cette occasion intéressante, et combien de lances y furent rompues; enfin, que je leur fasse savoir le nombre des vigoureux garçons qui héritèrent de la valeur de Quentin Durward, et celui des charmantes filles en qui Isabelle de Croye vit renaître ses charmes.

Je lui ai répondu par le même courrier que les temps étaient changés, et que la publicité des cérémonies du mariage était tout-à-fait passée de mode. Il fut un temps, et il n'est pas si éloigné que je ne puisse m'en rappeler les traces, où non-seulement les quinze amis de l'heureux couple étaient invités à être témoins de leur union, mais les musiciens, comme dans _l'Ancien Marinier_[87], continuaient à branler la tête jusqu'à l'aube matinale. On buvait le sak-posset[88] dans la chambre nuptiale, on jetait en l'air le bas de la mariée[89], et l'on se disputait sa jarretière en présence de l'heureux couple que l'hymen venait de rendre une seule et même chair. Les écrivains de cette époque en suivaient la mode avec exactitude, et ils avaient raison: ils ne vous faisaient pas grâce d'un des instans où la mariée rougissait, ni d'un de ceux où son mari jetait sur elle un regard d'amour. Ils comptaient les diamans qui ornaient les cheveux de la belle, et les boutons qui garnissaient la veste brodée de l'heureux époux, et ils ne finissaient qu'après avoir placé le héros et l'héroïne dans le lit nuptial: mais ces détails ne conviennent guère aux sentimens de modestie qui engagent nos mariées modernes, douces et timides créatures, à fuir l'éclat et la pompe, l'admiration et la flatterie, et à chercher, comme le bon Shenstone[90],

La liberté dans une auberge.

Sans contredit la relation fidèle des circonstances et de la publicité qui accompagnaient toujours la célébration d'un mariage au quinzième siècle ne pourrait qu'occasionner du dégoût à nos belles. Isabelle de Croye se trouverait placée dans leur estime bien au-dessous de la fille qui trait les vaches et de celle qui est chargée des plus vils emplois de la domesticité; car celle-ci, fût-elle sous la porte de l'église, refuserait la main du garçon cordonnier qu'elle va épouser, s'il lui proposait de _faire nopces et festins_ (comme disent les enseignes des faubourgs de Paris), au lieu de monter sur l'impériale d'une diligence, pour aller passer incognito à Detford ou à Greenwich, villages aux environs de Londres, la _lune de miel_. Je n'en dirai donc pas davantage, et je me retirerai sans bruit des noces de la comtesse de Croye, comme le fit l'Arioste de celles d'Angélique, laissant à mes lecteurs le soin d'ajouter à mon histoire, si bon leur semble, tous les détails que pourra leur suggérer leur imagination.

D'autres pourront chanter comment le vieux castel Ouvrit avec orgueil sa porte hospitalière, Quand un jeune Écossais eut au pied de l'autel Reçu la noble main de la riche héritière.

_E come a ritornare in sua contrada_ _Trovasse_ e _buon naviglio e miglior tempo_, _E dell'India a Medor desse lo scettro_ _Forse altri canterà con miglior plettro_.

_Orlando Furioso_, c. XXX, st. 16[91].

FIN DE QUENTIN DURWARD.

NOTES:

[Note 1: Dogberry est un officier de police ridicule dans la pièce d'où l'épigraphe est tirée: Conrade lui dit qu'il est un âne, ce qui fâche beaucoup cette espèce de Brid'oison.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 2: Édimbourg.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 3: Quartier de la _petite propriété littéraire_ à Londres, pour nous servir d'un terme honnête envers les petits auteurs.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 4: L'auteur fait ici un mot nouveau: _impecuniosity_.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 5: Ce vin de Portugal est généralement le _vin ordinaire_ des Anglais qui boivent du vin.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 6: L'orge personnifiée; figure souvent reproduite dans l'anglais.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 7: Grandes assemblées.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 8: L'Irlande.]

[Note 9: _Voyez_ plusieurs passages de l'Essai de Price sur le pittoresque, et surtout le détail plein de beautés poétiques de ce qu'il éprouva quand, suivant les avis d'un amateur d'améliorations, il détruisit un ancien jardin, ses baies d'ifs, ses grilles en fer, et lui fit perdre l'air de solitude qu'on y respirait.]

[Note 10: C'est le:--Vous êtes un orfèvre, M. Josse.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 11: Un des surnoms que la populace en France donne aux Anglais.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 12: La Fiancée de Lammermoor. _Bride_ signifie _fiancée;_ mais on prononce _Braïde_ et le marquis prononce mal.--(_Note du traducteur_.)]

[Note 13: Le W. Cette dernière phrase est supprimée dans la deuxième édition anglaise de _Quentin Durward_.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 14: Le jour de Saint-David les Gallois ornaient leurs chapeaux d'un poireau, en mémoire de la victoire d'Azincourt; leur poste dans cette bataille avait été dans un jardin potager, où ils s'étaient parés de cette espèce de cocarde. Dans la pièce d'_Henri V_, Shakspeare introduit le capitaine gallois Fluellen, qui tient aux usages nationaux et se voit en butte aux quolibets de Pistol, faux brave et vantard, qu'il force à manger le poireau dont il s'est moqué, on exprimant un dégoût prononcé pour ce végétal.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 15: Suivant l'usage des Anglais.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 16: _Shewing the code of sweet and bitter fancy_.]

[Note 17: _Chewing the cud of sweet and bitter fancy_. C'est-à-dire, «Se livrant aux prestiges tour à tour tristes et rians de l'imagination.» En fait de traduction, comme on voit, la lettre tue et l'esprit vivifie.--Je ne sais trop si ces passages sont même fort piquans en anglais. Du reste, il faut ajouter que l'erreur du marquis vient de ce que _shewing the code et Chewing the cud_ semblent prononcés à peu près de la même manière pour l'oreille d'un étranger.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 18: La soupe des Anglais (et ils n'en mangent pas tous les jours) est un consommé très-épicé qui brûlerait un gosier Français. On conçoit, quand on en a goûté, que nos soupes leur paraissent du _bouillon de grenouilles_. Nos soupes maigres surtout sont un texte éternel de plaisanteries sur le théâtre anglais.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 19: Les épinards en Angleterre, comme en général tous les légumes, sont servis sans être hachés, et simplement bouillis.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 20: La _Dame du Lac_. Mais il nous semble que l'auteur exagère un peu trop les bévues _philologiques_ de ce bon émigré.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 21: C'est le _Voyage Bibliographique_, qui vient d'être traduit par MM. Crapelet et Liquet. Nous avons surnommé ailleurs le révérend M. Dibdin un vrai Don Quichotte de bibliomanie, le Dr. Syntaxe des bouquinistes.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 22: Il est rare en effet que le café soit bien fait en Angleterre, où l'art de faire le thé est poussé si loin.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 23: Poète ridicule, personnage de _la Répétition_ (_the Rehearsal_,) comédie, par le duc de Buckingham.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 24: On nous permettra de rappeler ici à l'attention des lecteurs un ouvrage qui n'existait pas encore lors de la première édition de _Quentin Durward_, et qui leur offrira un thème curieux de comparaison, c'est l'_Histoire des ducs de Bourgogne_, par M. de Barante.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 25: Sic. (_Note du correcteur--ELG_.)]

[Note 26: Sic. (_Note du correcteur--ELG_.)]

[Note 27: Sandales à brodequins.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 28: Espèce de coupe. Ce vieux mot français est employé par l'auteur.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 29: Espèce de liqueur.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 30: Compositeur anglais, _célèbre en Angleterre_.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 31: Miss Stephens, cantatrice distinguée, que nous avons entendu louer par madame Pasta; elle est appelée le Rossignol de Covent-Garden dans le _Voyage historique et littéraire en Angleterre et en Écosse.--_ (_Note de l'éditeur_.)]

[Note 32: Jurement tout écossais. La croix de saint André est l'emblème national de l'Écosse.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 33: La même abbaye est mentionnée dans _l'Antiquaire_.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 34: _Broad arrow_. On appelle ainsi en Angleterre les lettres initiales H. M. _His Majesty_ (Sa Majesté), qui servent à désigner les caisses contenant les objets à l'usage du roi ou pour le service de l'État; c'est un symbole employé surtout dans les magasins de la marine, les entrepôts de douanes, etc.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 35: Poignard écossais.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 36: Jean des Montagnes.]

[Note 37: _To drive a spreagh_. En employant une expression locale l'Écossais croit justifier l'acte dont on accuse ses compatriotes. Les écoliers disent de même, _chiper_ n'est pas _voler_.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 38: Ce serment, qui pouvait déjà désigner le roi sous son costume de maître Pierre, n'appartient en quelque sorte qu'à Louis XI. Les rois et les grands personnage avaient fréquemment chacun son serment ou son juron particulier. On connaît ce quatrain chronologique rapporté par Brantôme:

Quand la _Pasques-Dieu_ décéda (Louis XI.) _Parle Jour-Dieu_ lui succéda; (Charles VIII.) _Le Diable m'emporte_ s'en tint près. (Louis XII.) _Foi de gentilhomme_ vint après. (François Ier.)--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 39: Le docteur Dryasdust remarque ici que les cartes, qu'on dit avoir été inventées sous le règne précédent pour amuser Charles VI pendant les intervalles de sa maladie mentale, semblent être devenues très-promptement communes parmi les courtisans, puisqu'elles fournissaient déjà une métaphore à Louis XI. Le même proverbe est cité par Durandard dans la _caverne enchantée de Montésinos_.]

[Note 40: Philippe de Crèvecœur des Cordes, ou de Querdes, qui passa dans la suite au service de Louis XI, et mourut maréchal de France en 1494.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 41: Auteur d'un traité d'équitation.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 42: Ville où se font les grandes courses de chevaux.--(_Note de l'éditeur_.)]

[Note 43: Allusion au sort de William VIII, comte de Douglas, poignardé par Jacques II.