Préfaces et manifestes littéraires
Part 9
J'offris un prix qui ne fut pas accepté, et d'assez mauvaise humeur, j'abandonnai l'écritoire,--toutefois avec le regret lancinant, qu'on a tout le long du chemin, en s'en allant, à l'endroit des objets ayant en eux une _attirance_ secrète, inexplicable. Et puis le regret de la chose manquée devint dans la nuit un si violent désir de la posséder, que le lendemain matin, je retournais chez M. Bing. L'écritoire était vendue à M. Marquis, le chocolatier, collectionneur d'un goût supérieur dans l'exotique, et qui a été un des premiers à posséder les plus beaux et les plus curieux objets japonais.
Deux ou trois années se passèrent, et un jour, M. Marquis se dégoûtait de sa collection de l'extrême Orient, et je retrouvai la petite écritoire de poche chez les Sichel, où je l'achetai. La pauvre écritoire restait des années chez moi, très peu regardée par les amateurs, très peu appréciée même par les Japonais, dont l'un cependant, M. Otsouka, reconnut que c'était une écritoire du XVIIe siècle--personne au monde n'ayant un soupçon de la main illustre qui avait fabriqué cette _curiosité_.
Enfin un jour, Hayashi, en train de visiter ma collection, tirait l'écritoire d'un tiroir, et je voyais ses doigts pris d'un tremblement religieux, comme s'ils touchaient une relique, et je l'entendais, le Japonais, me dire d'une voix émotionnée: «Vous savez, vous possédez là une chose... une chose très curieuse... une chose fabriquée par un des quarante-sept ronins!»
Et détachant une feuille de papier d'un cahier qu'il avait sur lui, il me traduisait incontinent dessus l'inscription gravée sur le fond du seau de l'écritoire.
Traduction qui peut se résumer ainsi: _Sculpté par Otaka Noboukiyo sujet du prince Akao, en 1683, à la fin du printemps._
Oui, vraiment, cette écritoire, ce petit objet de la vie usuelle, a été fabriqué par un vassal du prince Akao, par un de ces quarante-sept héros qui se vouèrent à la mort pour venger leur seigneur et maître, par un de ces hommes dont la mémoire est devenue une sorte de religion au Japon, en ce pays, adorateur du _sublime_, et qui, au dire d'Hayashi, n'accueille et n'aime de toute notre littérature européenne que les drames de Shakespeare et la tragédie du CID, de Corneille.
* * * * *
Un curieux fait dans l'histoire de l'humanité que ce grand acte de dévouement accompli dans une société féodale par toute une famille de vassaux, et que, depuis deux siècles, le Japon célèbre par le théâtre, le roman[55], l'image.
Un _daimio_, du nom de Takumi-no-Kami, portant un message du mikado à la cour de Yédo, fut cruellement offensé par Kolsuké, l'un des grands fonctionnaires du Shogun[56]. On ne tire pas le sabre dans l'enceinte du palais, sans encourir la peine de mort et la confiscation de ses biens. Takumi se contint à la première offense, mais à une seconde il ne fut pas maître de lui, et courut sur son insulteur, qui, légèrement blessé, put s'enfuir.
Takumi fut condamné à s'ouvrir le ventre. Son château d'Akô fut confisqué, sa famille réduite à la misère, et ses gentilshommes tombés à l'état de _ronins_, de déclassés, de déchus, d'_épaves_, selon l'expression japonaise.
Mais Kuranosuké, le premier conseiller du daimio et quarante-six des _samuraï_ attachés à son service, avaient fait le serment de venger leur maître. Et le serment prononcé, ces hommes, pour endormir les défiances de Kotsuké qui les faisait surveiller par ses espions à Kioto, se séparèrent et se rendirent dans d'autres villes, sous des déguisements de professions mécaniques.
Kuranosuké fit mieux pour tromper Kotsuké. Il simula la débauche, l'ivrognerie, à ce point, qu'un homme de Satzuma, le trouvant étendu dans un ruisseau, à la porte d'une maison de thé, et le croyant ivre-mort, lui cria: «Oh! le misérable, indigne du nom de Samouraï, qui, au lieu de venger son maître, se livre aux femmes, au vin!» Et l'homme de Satzuma, en lui disant cela, le poussait du pied et urinait sur sa figure.
Le fidèle serviteur poussa encore plus loin la sublimité de son dévouement. Il accablait d'injures sa femme, la chassait ostensiblement de sa maison, ne gardant auprès de lui que son fils aîné, âgé de seize ans.
Mais il faut lire le récit de cette comédie surhumaine dans le roman du Japonais Tamenaga Schounsoui, et qui laisse bien loin derrière elle la comédie de l'avilissement d'un Lorenzaccio, dans le proverbe d'Alfred de Musset.
* * * * *
«Ah! pauvre créature que je suis! Quels heureux jours que ceux d'autrefois, quand il ne trouvait à faire aucun reproche à sa femme!» s'écrie la malheureuse épouse qui attribue les mauvais traitements de son mari à un dérangement de la cervelle causé par la mort du prince.
Et la femme retirée, toute sanglotante après avoir jeté un regard d'ineffable tendresse sur l'apparent dormeur,--Kuranosuké se lève, sans aucune trace d'ivresse dans les manières et avec des traits exprimant la plus vive émotion.
«Ô dieux, dit-il en gémissant, quelle fidélité! C'est plus que je n'en peux supporter!»
Pendant qu'il parlait, les larmes ruisselaient sur ses joues.
«C'est le modèle des femmes. Au lieu de me blâmer de ce qui peut sembler un crime de ma part, elle invente des excuses à ma conduite et prend pour elle toute la faute. Je vais mettre un terme à cela sur-le-champ. Elle ne sera pas témoin du rôle que j'ai à jouer pour faire réussir mon plan. D'un autre côté, mes petits-enfants ne se souviendront pas de moi comme d'un ivrogne imbécile. Je vais la renvoyer. Mais encore, comment m'y prendrai-je?»
Cet homme énergique et brave arpentait la chambre, et dans son angoisse, il se tordait les bras et grinçait des dents. Tout sage qu'il était, il avait oublié, en entreprenant de jouer le rôle d'un débauché, qu'il lui serait impossible de fatiguer le dévouement de sa femme. Le seul parti qu'il eût à prendre, était de lui donner une lettre de divorce, et de l'envoyer avec ses plus jeunes enfants chez son père, lequel comprendrait, il en était certain, la véritable raison qui le poussait à agir ainsi et donnerait à la pauvre femme consolation et conseil.
À ce moment, il entendit la voix de ses enfants, et sa femme qui leur disait très bas:
--«Ne faites pas de bruit, mes petits; votre papa n'est pas bien, vous le dérangeriez.
--Est-ce qu'il a encore cette drôle de maladie de l'autre jour? demanda l'aîné.
--Chut! chut! dit la mère. Votre papa a beaucoup d'ennuis, et il ne faut pas parler ainsi.»
L'infortuné pensa à ses devoirs envers son prince mort, et s'armant d'un coeur d'acier contre tout sentiment, il se recoucha et recommença à faire semblant de sommeiller.
--«Honorable mari, votre bain est prêt.
--Mon bain? s'écria-t-il, en se levant et en prenant un flageolet, dont il se mit à jouer. Puis brusquement: Je sors.»
Il se dirigea vers la porte. Aussitôt sa femme ramassa son chapeau de _ronin_, et le lui présenta à genoux, en disant:
--«Honorable époux, mettez ceci. Vous avez des ennemis aux environs.»
Kuranoské se retourna et lui dit:
--«Assez. Vous causez trop. Je vous donnerai une lettre de divorce et vous aurez à retourner chez votre père. Je vous accorderai la permission de vous charger de nos deux plus jeunes enfants. Mon domestique vous accompagnera.»
Avant qu'elle eût pu répondre, il avait mis son chapeau et descendait le sentier, en chancelant. Sa femme le regarda s'éloigner comme si elle venait de s'éveiller d'un songe.
* * * * *
C'est alors que Kotsuké (_celui qui a commis un grand forfait, entend dans le trottinement d'une souris les pas du vengeur_), tout à fait rassuré par l'indignité de la vie de son ennemi, se relâchait de la surveillance qu'il faisait exercer autour de son habitation, renvoyait une partie de ses gardes.
La nuit de la vengeance était enfin arrivée, et la voici telle que nous la fait voir la suite des planches d'un album. Une froide nuit d'hiver (décembre 1701) à l'heure du boeuf (2 heures du matin), dans une tourmente de neige, les conjurés, vêtus d'un surtout noir et blanc pour se reconnaître, et en dessous de toile d'acier, marchent silencieusement vers le _yashki_ de l'homme dont ils se sont promis d'aller déposer la tête sur le tombeau de leur seigneur.
Ils escaladent la palissade. Ils enfoncent à coups de marteau la porte intérieure. Ils égorgent les samouraïs de Kotsuké, dans l'effarement grotesque de grosses femmes, se sauvant chargées d'enfants. Ils poursuivent les fuyards jusque sur les poutres du plafond, d'où ils les précipitent en bas.
Mais de Kotsuké, point. On ne le trouve nulle part, et on désespérait même de le découvrir, quand Kuranosuké, plongeant les mains dans son lit, s'aperçoit que les couvertures sont encore chaudes. Il ne peut être loin. On sonde les recoins à coups de lance et bientôt on le tire de sa cachette,--un coffre à charbon,--déjà blessé à la hanche.
Une planche en couleur nous montre le vieillard, habillé d'une robe de satin blanc, et traîné tout tremblant devant le chef de l'expédition.
À ce moment Kuranosuké se met à genoux devant le blessé, et après les démonstrations de respect dues au rang élevé du vieillard, lui dit: «Seigneur, nous sommes des hommes de Takumi-no-Kami. Votre Grâce a eu une querelle avec lui. Il a dû mourir et sa famille a été ruinée. En bons et fidèles serviteurs nous vous conjurons de faire _hara-kiri_ (s'ouvrir le ventre). Je vous servirai de second, et après avoir en toute humilité recueilli la tête de Votre Grâce, j'irai la déposer en offrande sur la tombe du seigneur Takumi.»
Kotsuké ne se rendant pas à l'invitation qui lui était faite, Kuranosuké lui coupait la tête avec le petit sabre qui avait servi à son maître à s'ouvrir le ventre.
Alors les 47 ronins se dirigeaient vers le petit cimetière du temple de la Colline-du-Printemps, où reposait le seigneur d'Akô sous trois couches de pierre, surmontées d'une plaque et de son épitaphe ainsi conçue:
_Le grand Samuraï, couché en paix... et qui durant sa vie jouit des titres honorables de Majordome général et de Grand-homme-ayant-le-privilège-d'audience-avec-le-Mikado_.
Et leur offrande faite de la tête de Kotsuké, se regardant déjà comme morts, ils demandaient aux bonzes de les ensevelir, et se rendaient au tribunal.
Condamnés sur l'avis de Hayashi Daigaku, chef des académiciens, consulté par le pouvoir exécutif, les quarante-sept ronins s'ouvraient le ventre, et enterrés autour du corps de leur maître, la sépulture du prince d'Akô et de ses fidèles serviteurs devenait un lieu de pèlerinage.
* * * * *
Telle est l'histoire de ces quarante-sept hommes dont faisait partie le fabricateur de la petite écritoire de poche. On conçoit, après le déchiffrement de l'inscription par Hayashi, l'intérêt que j'eus à savoir la part qu'il avait pu prendre à l'expédition contre la résidence de Kotsuké; part dont je ne trouvais trace ni dans le roman de Tamenaga Shounsoui, ni dans les légendes du vieux Japon de M. Mitfort; on comprend la curiosité que j'éprouvai même à faire connaissance avec la personne de mon artiste-héros, par un portrait, une figuration, une représentation quelconque.
Et je me mis à fouiller mes albums, et je trouvai le recueil qui porte pour titre: _Sei tû Guishi deu_ (LES CHEVALIERS DU DEVOIR ET DU DÉVOUEMENT), ou le peintre Kouniyoshi nous représente les ronins dans l'action de l'attaque du yashki de Kotsuké: l'un portant une bouteille d'alcool «pour panser les blessures et faire de grandes flammes afin d'épouvanter l'ennemi», l'autre «tenant deux chandelles et deux épingles de bambou pour servir de chandeliers», celui-ci éteignant avec de l'eau les lampes et les braseros, celui-là ayant aux lèvres le sifflet «dont les trois coups prolongés» doivent annoncer la découverte de Kotsuké; et presque tous dans des poses de violence et d'élancement, brandissant à deux mains des sabres et des lances, et tous enveloppés d'un morceau d'étoffe de soie bleue, avec leurs lettres distinctives sur leurs uniformes, leurs armes, leurs objets d'équipement, et tous ayant sur eux un _yatate_, écritoire de poche, et dans leur manche un papier expliquant la raison de l'attaque[57].
L'album, montré à Hayashi, en le priant de désigner Otaka dans les quarante-sept ronins représentés, et en lui demandant s'il ne connaissait pas quelque détail imprimé sur l'homme, il me dit en feuilletant l'album: «Le voici, Otaka!... ou plutôt Quengo Tadao... car il y a une défense d'indiquer les vrais noms des ronins, et ils sont représentés avec les noms _défigurés_ qu'ils ont au théâtre.» Et disant cela, Hayashi avait le doigt sur la planche, où est imprimé, en couleur, un guerrier au casque bleu, au vêtement noir et blanc doublé de bleu, la tête baissée, les deux mains sur le bois d'une lance, un pied en l'air, un autre appuyé à plat sur le sol, et portant un furieux coup de haut en bas.
Puis comme Hayashi cherchait dans sa mémoire, s'il connaissait quelque détail biographique sur Otaka, ses yeux s'arrêtant sur la demi-page de caractères gravés au-dessus du guerrier, il s'écria: «Mais sa biographie... la voici!» Et je la donne telle qu'il me l'a traduite d'après le texte d'Ippitsou-an.
_Tadao appartient héréditairement à une famille vassale de Akao. Dès sa jeunesse, il se fit remarquer par son dévouement au maître, tel qu'il n'y en a pas deux. Son talent dans la tactique et les manoeuvres de cavalerie lui fit un renom brillant. Après le désastre de la maison de son maître, il est venu à Yedo, en cachant au fond du coeur l'idée de la vengeance. Mais ouvertement il se présenta comme artiste, se fit appeler Shiyó dans la société de poésie, et fut ami de Kikakou, célèbre poète de ce temps. Il fut admis également à la société de thé de Tchanoyu et fut élève de Yamada Sôhen, célèbre maître de thé, qui connaissait Kira (Kotsuké) assez intimement. Il parvint ainsi à se mettre au courant des habitudes de son ennemi. Afin de se renseigner le mieux possible, il se déguisa en marchand d'objets de bambou[58], et de balais, qu'il offrait naturellement dans les meilleures conditions, et fréquenta la résidence de Kira. Il sut ainsi que le 14e jour du 12e mois, était le jour du grand nettoyage, et que ce jour le monde s'enivre et dort de fatigue. C'est ainsi qu'il indiqua à Oishi la nuit qu'il fallait choisir pour attaquer. Pendant ce combat, il fut blessé dans les ténèbres de la nuit, et l'on croit que c'est Kobayashi Heihati qui fut son adversaire._
On remarquera la phrase _se déguisa en marchand d'objets de bambou_, qu'il lui arrivait de fabriquer lui-même, ainsi que le prouve la petite écritoire de poche de ma collection.
EDMOND DE GONCOURT.
NOTES:
[1: Chez Dumineray, éditeur, 1851, un vol. in-18.]
[2: EN 18.. paraissait dans la première huitaine de décembre avec cette note au verso du titre:
_Ce roman a été livré à l'impression le 5 novembre._
Sauf les couvertures, il était complètement imprimé le 1er décembre.
Au reste,--qui le lira?]
[3: Ce roman portait pour titre dans la première édition: LES HOMMES DE LETTRES.]
[4: E. Dentu, libraire-éditeur, 1860, un volume in-18.]
[5: Édition illustrée de dix eaux-fortes, gravées par James Tissot, un volume grand in-8°, publié chez G. Charpentier, 1875.]
[6: Charpentier, libraire-éditeur, 1864. 1 vol. in-18.]
[7: Maison Quantin, 1886, un volume des _Chefs-d'oeuvre du roman contemporain_, illustré de dix compositions par Jeanniot, gravées par Muller, petit in-4°.]
[8: G. Charpentier, 1877. 1 vol. in-18.]
[9: Rapports des docteurs Lélut et Baillarger dans la _Revue pénitentiaire_, t. II, 1845.--Exemples de folie pénitentiaire aux États-Unis, cités par le _Dictionnaire de la politique_, de Maurice Block.]
[10: Charpentier, 1879, 1 vol. in-18.]
[11: À propos de la réalité que j'ai mise autour de ma fabulation, je tiens à remercier hautement M. Victor Franconi, M. Léon Sari, et les frères Hanlon-Lee qui ne sont pas seulement les souples gymnastes que tout Paris applaudit, mais qui raisonnent encore de leur art comme des savants et des artistes.]
[12: G. Charpentier, éditeur, 1882. 1 volume in-18.]
[13: Cette expression, très blaguée dans le moment, j'en réclame la paternité, la regardant, cette expression, comme la formule définissant le mieux et le plus significativement le mode nouveau de travail de l'école qui a succédé au romantisme: l'école du _document humain_.]
[14: G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1884. 1 vol. in-18.]
[15: La langue française, d'après le dictionnaire de l'Académie, est peut-être, de toutes les langues des peuples civilisés du monde, la langue possédant le plus petit nombre de mots.]
[16: Lettre de M. Taine, publiée dans l'ÉVÉNEMENT du 7 octobre 1883.]
[17: CHATEAUBRIAND ET SON GROUPE LITTÉRAIRE, par Sainte-Beuve, qui jette en note, au bas de mes citations: «La nouveauté, une nouveauté originale, c'est là, le point important et le secret des grands succès.»]
[18: Voir cette préface à l'autobiographie JOURNAL DES GONCOURT, _Mémoires de la vie littéraire_.]
[19: Librairie internationale A. Lacroix, Verboeckhoven et Cie, 1866. 1 volume in-8°.]
[20: Nous appelons l'attention du public sur cette date, qui a son importance pour l'originalité de notre pièce.]
[21: Dans la première édition d'HENRIETTE MARÉCHAL, nous avons dit, d'après l'annonce des journaux de théâtre, que nous avions été reçus à l'unanimité. C'est une erreur. Nous avons été simplement reçus, d'après le renseignement officiel que nous communique l'archiviste du Théâtre-Français, M. Léon Guillard.]
[22: Voir les deux pièces que nous donnons à l'_Appendice_.]
[23: Nous n'avons que le temps de remercier, en courant, MM. Jules Janin, Théophile Gautier, Nestor Roqueplan, Paul de Saint-Victor, Ernest Feydeau, Jules Vallès, Xavier Aubryet, Louis Ulbach, Francisque Sarcey, Jouvin, Jules Richard, Jules Claretie, Camille Guinbut, Henri de Bornier, et tous ceux que nous oublions.]
[24: À propos de ceci, M. Feydeau, dans un remarquable article, rappelait que ce fait d'une haute protection n'était pas nouveau; que M. Augier avait eu besoin de la volonté de l'Empereur pour se faire rendre par la censure le FILS DE GIBOYER; M. Alexandre Dumas fils, de l'intervention de M. de Morny, pour faire lever l'interdiction de la DAME AUX CAMÉLIAS.--Et puisque ici les noms de ces deux maîtres du théâtre moderne viennent sous notre plume, disons à M. Émile Augier et à M. Alexandre Dumas fils, combien nous avons été consolés par les bravos donnés par eux à une pièce, qu'honorait encore l'applaudissement de Mme Sand.]
[25: E. Dentu, 1873. 1 vol. in-8°.]
[26: Seul le titre a été changé. La pièce a été lue sous le titre de MADEMOISELLE DE LA ROCHEDRAGON. Mais le matin de la lecture, sur l'annonce des journaux, nous recevions la visite d'une personne qui nous apprenait l'existence d'une marquise de la Rochedragon, d'une vieille femme qui souffrait de l'idée de se voir affichée, imprimée. Nous n'avions pu nous refuser à un changement de nom.]
[27: M. Carvalho, alors directeur du Vaudeville, avait eu l'idée de monter LA PATRIE EN DANGER, dans le temps où il jouait l'_Arlésienne_ d'Alphonse Daudet.]
[28: (Note de la seconde édition.) Un journal nous a accusé de nous être inspiré pour le type de Boussanel du Cimourdain de M. Hugo; nous n'avons qu'à répondre ceci: l'impression de notre pièce a précédé la publication de QUATRE-VINGT-TREIZE. Mais un critique légitimiste ne nous a-t-il pas sérieusement reproché d'avoir plagié MADAME BENOITON dans RENÉE MAUPERIN, roman paru deux ou trois ans avant la représentation de M. Sardou?]
[29: G. Charpentier, 1879. 1 volume in-18.]
[30: La NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE a été publiée dans l'_Éclair_. C'est un petit proverbe spirituel, mais dont l'esprit a un peu trop la bouche en coeur.]
[31: Une lettre de M. Monval, archiviste de la Comédie-Française, qui a bien voulu, deux fois, faire la recherche, me dit que la pièce de LA NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE, et celle des INCROYABLES ET MERVEILLEUSES, peut-être présentée en dernier lieu, sous le titre du RETOUR À ITHAQUE, n'existent pas aux archives. Il se demande si les manuscrits n'auraient pas été remis directement aux examinateurs qui les auraient égarés.]
[32: Les journalistes qui me disaient que ma tentative était absurde, et que seules les moeurs de la bourgeoisie présentaient de l'intérêt, ne se doutaient guère, que plus de cent ans avant, quand paraissait MARIANNE, les gazetiers jetaient à Marivaux qu'il n'y avait uniquement que les aventures de l'aristocratie qui pouvaient intéresser le public, qu'au fond les moeurs des bourgeois étaient de basses moeurs, indignes de la lecture d'un homme qui se respecte.]
[33: Ma préface imprimée, j'apprends que la NUIT DE LA SAINT-SYLVESTRE, une des deux pièces déposées par moi au Théâtre-Français, et que je réclamais il y a trois mois, vient d'être vendue en vente publique, le 26 mai, à la vente de M. Aubry, libraire. Je signale le fait aux auteurs qui, dans le temps, auraient déposé des pièces au Théâtre-Français, et croiraient pouvoir les retirer à leur heure.]
[34: G. Charpentier et Cie, éditeurs, 1887, 3 vol. in-18.]
[35: Je refonds dans notre JOURNAL le petit volume des IDÉES ET SENSATIONS qui en étaient tirées, en les remettant à leur place et à leur date.]
[36: E. DENTU, libraire, 1854, 1 vol. in-8.]
[37: E. DENTU, libraire, 1855, 1 vol. in-8.]
[38: _Librairie académique_, DIDIER ET Cie, libraires-éditeurs, 1865, 2 vol. in-18.]
[39: E. DENTU (1857-1858), 2 vol. in-16.]
[40: Note de la seconde édition. Des changements ont été apportés à la première édition. Indépendamment de corrections et d'additions, des notices qui ont pris ou doivent prendre leur place naturelle dans d'autres livres, telles que les notices de Watteau, de la du Barry, de la Camargo, ont été remplacées par des études sur Lagrenée l'aîné, sur Collin d'Harleville, sur la comtesse d'Albany.]
[41: G. CHARPENTIER, éditeur, 1878, 1 vol. grand in-8, illustré d'encadrements de pages et de reproductions de tableaux, dessins, gravures du temps.]
[42: Librairie de FIRMIN DIDOT fils, frères et Cie, 1860, 2 volumes in-8°.]
[43: Addition à la préface de l'édition de 1860, qui se trouve dans l'édition en trois volumes in-18, publiés par G. CHARPENTIER, 1878-1879.]
[44: Librairie FIRMIN-DIDOT ET Cie, 1862, 1 volume in-8.]
[45: Ces trois volumes sont restés à l'état de projets.]
[46: POULET-MALASSIS et DE BROISE, 1861. 1 vol. in-18.]
[47: Addition à la préface de la première édition, publiée dans l'édition illustrée donnée par DENTU en 1877, petit in-4°.]
[48: Addition à la préface de la première et de la deuxième édition, donnée dans l'édition publiée par G. CHARPENTIER en 1885.]
[49: DENTU, 1882, petit in-8° carré illustré.]
[50: E. DENTU, libraire-éditeur, 1855. Brochurette tirée à 42 exemplaires.]
[51: Édition publiée chaque année par fascicules contenant quatre eaux-fortes gravées par Jules de Goncourt, et imprimés par Perrin à 200 exemplaires. DENTU, libraire-éditeur, 1859-1873.]
[52: HENRI PLON, imprimeur-éditeur, 1873, 1 vol. in-8.]