Part 10
Les Griset ne se découragèrent pas. Il leur restait des portes où frapper. Sapristi, tous les amis chauffeurs ne sont pas aussi durs à la détente. Ils passèrent en revue leurs réserves. Monsieur proposa les Brossard, des gens charmants, fanatiques d'auto, qui, chaque dimanche, suivaient des routes, sans cartes, au hasard, pour la joie de rouler. Mais Madame fit observer que les Brossard avaient les chiens en horreur. On ne pouvait pas leur demander de faire trente lieues en l'honneur d'un petit fox! Monsieur s'inclina.
Ah! par exemple, les Lentisque ne pourraient pas se dérober. Travaillés d'une frousse énorme dès la mise en marche, ils ne se servaient pour ainsi dire pas de leur voiture. Et, d'autre part, ils avaient une dette de reconnaissance à payer aux Griset. N'avait-on pas, par relations, pistonné leur cancre de fils au bachot? Il est vrai qu'il n'avait pas été reçu. On décocha un bleu aux Lentisque. Leur réponse fut rapide et brève. Ils partaient pour Vichy, par la route. Mille regrets.
Et les Tonot, qu'on avait un peu perdus de vue, ces temps derniers, mais qui naguère s'offraient sans cesse: «Vous savez, quand vous aurez besoin de notre voiture... elle est à vous.» On leur écrivit. Mais ils avaient vendu leur tacot, dans la terreur de la crise.
Griset ne voulut pas s'avouer vaincu. Il se rappela qu'un de ses camarades de collège, nommé Collinot, tenait une agence et un garage. Celui-là lui louerait une voiture à des prix d'ami. Il l'alla trouver, le tutoya, lui témoigna tout de suite de la confiance et de la cordialité. Mais Collinot était commerçant avant tout: «Ah! mon vieux, que veux-tu, mon affaire est en société. Je ne peux pas faire de rabais. Je n'en ai pas le droit. Et puis j'ai des frais généraux, des employés. Tout ce que je peux faire pour toi, c'est de te donner un mécanicien de confiance et une bonne voiture. Tu comprends, moi, je ne fais pas la location, en somme.» Bref, il eut l'air d'accorder une faveur à des prix dont Griset resta embouti.
Allons! il faudrait y renoncer. Mais c'est égal, ils étaient jolis, les amis propriétaires d'autos. Une satanée race. Dire qu'il n'en trouverait pas un, pas un seul, qui mettrait gentiment une voiture à sa disposition, une demi-journée! Et pourtant, il devait en trouver un.
Ce fut au café, à l'heure de l'apéritif. Il y avait là un quidam qui prêtait parfois la main à la manille, et qui, toujours vêtu de cuir, lunettes au front, parlait de la route comme d'une vieille amie qu'il ne quittait jamais. Griset s'épancha en aigres doléances. Ah! ils étaient propres, messieurs les chauffeurs. Des égoïstes, plus jaloux de leur auto que de leur femme! Et il conta ses déboires.
Le quidam s'indigna. Quoi? On lui avait refusé une demi-journée d'auto? Mais c'était infâme! Quant à lui, il était toujours prêt à rendre service sur l'heure. Griset s'élança, lui prit les mains. Il avait trouvé le merle blanc. Enfin! Mais il était dit que la malchance ne le lâcherait pas. Le généreux quidam n'avait qu'une motocyclette!
Et le petit fox a pris le train.
LE GABELOU
Le gabelou Ganachot, un doigt dans le nez, sondait l'horizon. On sonde ce qu'on peut. Il s'embêtait ferme, à cette porte. Pas dix voitures ni cent piétons par jour. Pourquoi ne l'avait-on pas laissé à la gare de Lyon? Là, au moins, on avait du plaisir. Aux messageries, on éventrait tout, on tripotait tout, le beurre, les poulets, les fruits, on renfournait tout ça à la va-comme-je-te-pousse, avec des doigts bien gluants. A la sortie des voyageurs, on palpait les paquets, on tripatouillait les petits sacs, on fouinait dans le linge sale des valises et des malles, on terrorisait, on traquait, on pinçait, on était des rois. Tandis qu'à cette sacrée porte, personne à se mettre sous la dent.
Ganachot eut un morne regard pour le poste installé dans l'épaisseur même du rempart, pour le mur de meulières où pendaient les sondes, les jauges, les vrilles, les pipettes, tout un arsenal qui rappelait le bon vieux temps de l'Inquisition, de la torture et de la question extraordinaire. Armes inutiles, hélas! et que la rouille envahissait.
Vrai, il crevait d'ennui. La fouille était devenue sa raison d'être. Dans toute autre carrière, il fût peut-être resté tout bêtement un brave homme à l'air bonasse. Mais ce pouvoir sans borne, ce droit absolu de suspicion, ce métier de flic et de voyeur, cette habitude de fourrer le doigt partout, cette mentalité de saint Thomas de barrière, lui avaient modelé une personnalité nouvelle. La moustache et le sourcil se hérissaient, l'œil soupçonnait, la bouche méprisait, toute la figure était d'une sombre brute. Et il ne connaissait plus qu'une joie sur terre: cambronner le monde.
De marasme, Ganachot s'explora le nez. Mais il en eut vite fait le tour. On n'a jamais que deux narines. A nouveau, il épia le boulevard, qui, parmi les masures et les dépotoirs de la zone, s'en allait droit vers la banlieue lumineuse. Soudain, dans la perspective, surgit la silhouette carrée d'une auto... Elle venait! Elle allait entrer dans Paris!
* * * * *
Ganachot pensa défaillir. L'amant au premier rendez-vous qui voit paraître la silhouette adorée ne trépide pas de plus d'impatience, ne se sent pas inondé d'un plus large flot de délices. Comme elle semblait lente!
Enfin elle approcha. C'était une limousine, noire et brillante comme une fine bottine vernie à roulettes. Le mécanicien était seul. Bonne affaire. L'auto stoppa au ras du trottoir, quelques mètres avant la grille de l'octroi. Sans attendre même qu'on demandât ses services, Ganachot se précipita.
Ah! ah! Il s'agissait de se donner de la satisfaction. Voyons. D'abord la question de l'essence. Le gabelou tendit la main:
--Votre bulletin de sortie?
Le mécanicien, un joli garçon, tout jeune, très correct, répondit:
--Je n'en ai pas. Je viens de Blois.
Tant mieux. L'opération serait plus longue. Ganachot reprit:
--Bon. Vous payez les droits d'entrée. Combien de litres?
--Je ne sais pas au juste. Une vingtaine.
Le gabelou se pourlécha:
--Nous allons voir.
Oh! la volupté de faire enlever des coussins et des planchettes, de dévisser des bouchons, d'enfoncer la jauge, d'aller chercher sous la voiture les dimensions du réservoir, d'inscrire, de multiplier. Nom d'une pipette! Que c'était bon! Il en tremblait. Les zéros, les virgules dansaient devant ses yeux. Tantôt il trouvait quinze cents litres et tantôt cinq décilitres. Par la magie des chiffres, le réservoir devenait tour à tour gazomètre et chopine.
Mais ce bafouillage même le ravissait. Le mécanicien pouvait bien attendre. D'autant que ce particulier-là vous avait un petit air de se ficher du monde... Ça lui apprendrait. Enfin, il décréta:
--Trente-cinq litres.
Puis il pénétra dans son antre, établit longuement un bulletin, tout en devisant avec ses collègues. Il fallait faire durer le plaisir. Quand il revint, sa feuille à la main, le mécanicien, au volant, attendait toujours, patient en apparence.
Ganachot décida de procéder à la visite, avant de réclamer son dû. Peut-être l'addition grossirait-elle. Il ouvrit la portière, entra dans la limousine, où ses semelles boueuses s'imprimèrent sur la carpette grise. Cristi! Ça sentait bon, là-dedans. Du nanan. Il sonda les capitons, souleva les tapis, les banquettes, renifla l'acoustique, tripota et fouilla le vide-poche.
Flegmatique, le mécanicien l'observait par-dessus son épaule, à travers les glaces.
* * * * *
Ganachot descendit. Il se fit ouvrir les coffres, tous les coffres. Ceux qui s'allongent sur les marchepieds, ceux qui se logent sous les sièges avant. Il développa les paquets de chiffons, dénoua les sacs à chambre à air, bouscula l'outillage, dans une frénésie concentrée.
Ah! ce mécanicien restait calme. On verrait bien qui aurait le dernier. Ganachot scruta les pneus--on en voit qui sont pleins d'alcool--flaira les phares, soupçonna l'innocente lanterne arrière, prit une échelle, grimpa, ouvrit la malle aux enveloppes de rechange. Sa joie culminait, touchait au paroxysme, au spasme.
Et, tout à coup, il s'aperçut que c'était fini... Alors, avec un soupir, il tira sa feuille:
--Sept francs.
Jamais on ne vit mécanicien plus candidement étonné. Ses sourcils, sa bouche, s'arrondirent. Il susurra:
--Vous désirez?
Mais Ganachot était triste, son plaisir tombé:
--Je vous dis que vous me devez sept francs.
Du doigt, le mécanicien se toucha la poitrine:
--Moi! je vous dois sept francs? Vous faites erreur, mon brave.
La stupeur de Ganachot fut indicible. L'auto, lui passant sur le corps, ne l'eût pas plus abruti.
Il ne pouvait pas deviner l'inspiration gamine qui venait d'illuminer le mécanicien, écœuré par l'odieuse inquisition, ravi de prendre enfin sa revanche et de donner une leçon au gabelou.
* * * * *
Ganachot en éructait. Il lâcha un terrible:
--Vous ne voulez pas payer?
Bon prince, accoudé au volant, le mécanicien se pencha:
--Écoutez, mon ami, vous êtes tout à fait aimable d'avoir bien voulu jauger mon réservoir, inspecter mes coffres, visiter ma limousine, examiner mes phares et vérifier mes pneus. Est-ce pour ces soins que vous me demandez sept francs? Voyons, voyons, vous ne voudriez pas. C'est excessif.
Ganachot grésillait:
--N'essayez pas de vous payer ma tête. Ça vous coûterait trop cher, mon garçon.
Amusé, le mécanicien haussa le ton:
--Je ne me paye rien. Mais c'est à vous qu'il pourrait en cuire... Comment, comment? Vous soulevez les jupes à ma voiture! Vous osez toucher au vide-poche de Madame! Vous me demandez sept francs que je ne vous dois pas! Parfaitement: _que je ne vous dois pas_... Mais qu'est-ce que c'est que ces façons-là? Savez-vous que vous vous êtes mis dans un très mauvais cas? Et je suis en train de me demander si je ne vais pas porter plainte contre vous...
Ganachot passait par toutes les couleurs du prisme: violet, indigo, bleu, vert, jaune, orangé, rouge. La rage, l'incrédulité, l'inquiétude tournoyaient en lui.
Le mécanicien l'acheva, décisif:
--Il me plaît, à moi, de m'arrêter ici, au long de ce trottoir. C'est mon droit, mon droit absolu. Et voilà que vous vous jetez sur ma voiture comme un satyre... Est-ce que je vous ai demandé quelque chose? Ai-je franchi la grille? Je ne vous ai jamais dit que j'entrais dans Paris...
Et tandis que Ganachot essayait en vain de se rassembler, le mécanicien mit prestement en route et partit en marche arrière.
LA PETITE FEUILLE MORTE
C'était une petite feuille de peuplier. Un beau matin de printemps, elle avait jailli au bout d'une branche, comme une flamme verte. Lasse d'être depuis si longtemps tenue en bourgeon, elle avait étiré ses fines nervures et défripé sa robe tendre au soleil. Et tout de suite, elle avait pris un goût extrême à la vie.
L'aimable existence! Une sève active lui courait dans les veines, lui donnait cet éclat, ce vernis dont elle était si fière. Pas besoin de se déranger. Tous les sucs de la terre montaient des racines jusqu'à sa tige. Elle déjeunait sur la branche. Puis elle était très bien placée. Ni trop haut, ni trop bas. Et comme le peuplier poussait au bord d'une route, on se distrayait, toute la journée, à regarder passer les piétons et les voitures.
Tous les chars des saisons défilaient devant elle. Ceux de la fenaison vous envoyaient au passage une bonne et fine odeur de foin coupé. Et dans ceux de la moisson, l'on s'amusait à cueillir au vol un brin de paille que l'on balançait ensuite au vent comme un fil d'or.
Un jour, deux amoureux avaient fait halte à l'ombre du peuplier. Qu'ils étaient charmants! Et quelle tristesse de leur départ! Longtemps, l'herbe foulée garda leur empreinte allongée au pied de l'arbre. Et cela rappelait ces tombes qui, au cimetière voisin, s'allongent au pied de chaque croix.
Ah! on en avait longtemps chuchoté, dans la verdure. Il avait passé, par tout le feuillage, comme un goût, comme un besoin de baisers. Car nous nous y trompons, nous autres hommes. Et ce que nous prenons pour le frémissement du vent dans les feuilles, le soir, c'est le frisson de plaisir des arbres qui enlacent leurs branches en d'immobiles et profondes caresses.
Nous n'imaginons pas tous les ébats des feuilles. Ainsi, par les nuits de lune, elles regardent danser leur ombre sur le velours blanc de la route. Et c'est à qui inventera la sarabande la plus éperdue. Ou bien, par les très beaux jours, dans une ivresse de joie reconnaissante, on s'érige, on se dresse, on se groupe, et l'on offre des bouquets au soleil. Ou encore, quand un vieux chemineau passe, dont les souliers font le même bruit que les cahots des charrettes, on s'élargit, on se rejoint, on s'ingénie à faire au-dessus de sa tête l'ombre meilleure et plus fraîche. Être coquette, être joyeuse, être bonne... Est-ce qu'on pourrait employer mieux la vie?
Mais le divin plaisir, c'est le passage d'une auto. L'amusant défilé de silhouettes cocasses ou gracieuses! Le comique intermède des pannes! On en voit, de ces autos, de toutes les tailles et de toutes les allures. Il y en a de si rapides, de tellement silencieuses, qu'à peine a-t-on le temps de les regarder. Elles aspirent l'espace. «Brouf!» Elles sont déjà loin. D'autres, plus vieilles, s'en vont avec un petit bruit rageur et régulier. Elles ont l'air de radoter. Et toutes soulèvent derrière elles un long sillage de poussière, un troupeau de blanches volutes, une meute qui semble leur courir après et les mordre aux pneus... Puis, las de sa vaine poursuite, le nuage hésite, erre un moment sur les feuillages, et retombe.
La poussière de la route... Vous croyez sans doute que les feuilles riveraines la détestent et la maudissent? Quelle erreur! Mais au contraire, elles l'attendent, elles la bénissent. Car ainsi, elles peuvent se mettre un peu de poudre sur la joue. Cela vous donne un petit air piquant, distingué. On ressemble aux jolies dames que l'on voit passer, souriantes dans leurs voiles légers, ou rêveuses derrière la glace des limousines. Non, non, rien n'est plus délicieux que la poussière fine et craquante, la poussière au goût vanillé, qui vous répand sur la face la même clarté blonde qu'un soir de lune.
Et quand la rosée du matin vous a débarbouillée, c'est dans l'impatience et la fièvre qu'on attend une nouvelle auto, pour vous remettre un peu de poudre au bout du nez. A tel point que les feuilles trop haut perchées ou nées trop loin du chemin en crèvent de jalousie. Elles en dessèchent sur pied. Ce sont des sauvages, des filles des bois. Si on les écoutait, elles voudraient toutes pousser au bord de la route.
Ah! je vous jure que la petite feuille de peuplier ne céderait sa place à personne. Et si l'auto lui donne les meilleures joies parmi toutes celles qui la font palpiter d'aise dans la brise, c'est moins pour l'amusement de la vitesse et du défilé des chauffeurs que pour ce fard léger qu'elle lui jette au passage.
Mais voilà que la petite feuille devient inquiète... On dirait que la vie ne circule plus en elle avec la même intensité qu'autrefois. Elle perd ses couleurs de santé. Elle tient moins solidement à la branche. Elle dépérit. Chaque rayon du soleil la blesse et laisse en elle sa trace d'or, comme un poignard dans une plaie. Est-elle seule atteinte? Mais non. Toutes ses sœurs changent aussi d'aspect. Est-ce qu'il va falloir mourir, déjà? Il y a là, sous bois, des feuilles, mortes avant sa naissance, qui achèvent de pourrir par terre. Il faudra donc les rejoindre, subir leur sort, tout quitter, se dissoudre, disparaître?...
Et c'est une sensation atroce, que de deviner en soi ce lent travail de ruine et de n'y pouvoir rien... On voudrait rester belle, éclatante, vernie, et on se dessèche. On voudrait rester aérienne, près du ciel, et le lien qui vous unit à la branche se détache un peu plus chaque jour. Il va falloir tomber sur la route, être broyée sous les pas ou sous les roues, devenir une chose sans nom.
Déjà, la chute commence autour d'elle, avec un bruit de pluie. Les feuilles tournoient. Elles essayent de lutter, de gagner du temps. Leur vol est suppliant comme une prière. Pas encore! Mais la terre les attire. Elle a faim. Elle veut s'engraisser. Et il faut enfin toucher le sol froid et s'y unir, et s'y coller, dans un affreux baiser.
La petite feuille ne tient plus que par une seule fibre. Un souffle en a raison... Elle tombe dans le vide. Ah! pouvoir échapper à la route, remonter vers le ciel, pouvoir se raccrocher à la branche, pouvoir vivre encore... Non, non. La terre la veut. Elle va la toucher. Elle est perdue. Elle est morte...
Mais que se passe-t-il? Un puissant remous la saisit, l'arrache à l'horrible étreinte, la soulève, l'emporte, la jette en spirale glorieuse dans l'espace. Et pendant un temps qu'elle n'ose apprécier, elle flotte, elle se balance, bercée par l'espoir merveilleux de remonter vers les branches...
Dernier bienfait, dernière aumône de l'auto qui passe et qui a donné à la petite feuille l'illusion suprême qu'ont rêvée tous les êtres, de renaître en s'élevant vers le ciel...
TABLE DES MATIÈRES
Les pneus 1
Excellentes références 9
Les billes 17
Les milliardaires 25
Le temps des pannes 33
Fumée 43
Les lettres 51
Le petit carnet 57
La beauté 65
Noms d'hôtels 73
La sous-commission Neigeblonde 79
La guigne 101
Le chauffeur est garanti 109
Lord Sheffield 117
L'homme aux petits cadrans 125
La mauvaise voie 133
Le chapeau 143
La contravention 151
La «Semeuse» 159
Conflit 165
Le témoin 173
La gloire 181
Grand tourisme 191
Paul 199
Illusions 207
L'autoyer 215
Curieuse suite d'un accident d'auto 223
Encore un accident d'automobile 231
La question délicate 239
Le ressort 247
A quoi rêvent les chauffeurs 255
Le petit fox 261
Le gabelou 269
La petite feuille morte 279
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Extrait du Catalogue de la BIBLIOTHÈQUE-CHARPENTIER
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